Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 20 – Prologue

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Prologue : Proposition

Après la mort du grand Fuuga Haan, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à ce que le monde sombre dans le chaos.

Cependant, Souma, roi de Friedonia et chef de l’Alliance maritime, élimina rapidement Krahe, le traître responsable de la mort de Fuuga, puis prit les rênes lors du sommet des dirigeants mondiaux qui s’ensuivit. En divisant le Grand Empire du Tigre en trois nations distinctes et en équilibrant habilement les intérêts de chacun, il parvint à minimiser les troubles qui en résultèrent.

Avec le temps, tous les pays — à l’exception du domaine autonome des dragons de la chaîne de montagnes du Dragon Étoilé et du Royaume des Chevaliers-Dragons de Nothung — rejoignirent la nouvelle Union du Continent du Sud, émanation de l’Alliance maritime du Sud. Ces nations se réunissaient lors de la Conférence de l’Union du Continent du Sud, organisée dans le royaume neutre des Chevaliers-Dragons de Nothung, afin de discuter des enjeux internationaux et de prévenir l’apparition de catastrophes de grande ampleur telles que la guerre ou la famine (le royaume des Chevaliers-Dragons, agissant en tant que partie neutre, présidait la conférence et avait reçu une invitation spéciale à y participer).

Maria avait autrefois appelé le monde à s’unir sous ses idéaux. Fuuga avait tenté de l’unifier par sa seule volonté et sa force martiale. Mais, ironiquement, le monde avait fini par se rassembler — de manière lâche — sous l’Union du Continent du Sud, guidé par Souma, l’homme même qui avait anéanti les ambitions de Fuuga.

Les générations suivantes décriraient les choses ainsi : Maria posa les fondations, Fuuga construisit le château, et Souma y vécut avec sa famille.

Si l’on avait l’impression que Souma s’était accaparé tous les honneurs, c’était sans doute dû à la rancœur de ceux qui avaient soutenu Maria et Fuuga.

Néanmoins, comme la famille de Souma comprenait Maria elle-même ainsi que Yuriga, la sœur cadette de Fuuga, ce sentiment recelait également une certaine magnanimité.

Alors que l’hémisphère nord allait se forger une histoire passionnante et pleine d’aventures, l’hémisphère sud entra dans une longue période de paix et de stabilité qui allait durer des siècles.

Ce monde vaguement unifié finit par être désigné, avec un mélange de sarcasme et d’envie, sous le nom d’« Empire de Souma ». Même en l’absence de couronne impériale ou de trône, le peuple avait commencé à le considérer comme un empereur à tous égards, sauf de nom.

 

◇ ◇ ◇

Je m’appelle Carla Vargas et je suis femme de chambre au château de Parnam.

En tant que femme de chambre en chef, je supervise les autres femmes de chambre et gère les affaires quotidiennes du personnel du château. J’ai hérité de ce poste de l’ancienne femme de chambre en chef, Madame Serina, après son départ à la retraite, et cela fait maintenant plusieurs années que je forme les jeunes femmes de chambre, tout en accomplissant mes tâches habituelles. Bientôt, j’aurai passé plus de temps à occuper cette fonction qu’à servir dans l’armée de l’air.

Quand j’ai été nommée chef de service pour la première fois, certaines des autres femmes de chambre ont levé les yeux au ciel et brandi le poing en signe de triomphe… Ouais. Des victimes comme moi de cette sadique, sans aucun doute.

Même après avoir pris sa retraite, Serina continue de se rendre au château pour des goûters avec Sa Majesté Liscia et ne rate jamais une occasion de nous regarder avec malice lorsque nous sommes obligées de porter des tenues vraiment humiliantes. Elle a peut-être quitté ses fonctions, mais elle n’a clairement pas perdu de son mordant. Elle prend de l’âge après tout — elle n’est pas un dragonewt à la longue vie comme moi —, alors j’aimerais qu’elle ralentisse un peu le rythme et qu’elle se ménage.

Cette pensée me traversa l’esprit un après-midi alors que je ramassais les draps qui avaient séché dehors, quand…

« “Lady Carlaaa !” »

Deux voix pleines d’énergie retentirent, suivies d’un cliquetis de pas. Je me retournai juste à temps pour voir deux jeunes servantes identiques courir vers moi.

« L’équipe de nettoyage des escaliers de la tour est a terminé ! »

« L’équipe de nettoyage des escaliers de la tour ouest a terminé ! »

Les deux jeunes filles, qui semblaient être au début de l’adolescence, s’arrêtèrent net et saluèrent à l’unisson. Non seulement leurs visages, mais aussi leurs voix, leur ton et leurs gestes étaient tout à fait identiques. Il était difficile de croire qu’elles n’étaient pas jumelles.

Souriante, je tendis la main et posai une main sur chacune de leurs têtes. « Bravo, Marin, Maron. »

Ces deux-là étaient Marin et Maron Panacotta, les filles de Sire Poncho, le ministre de l’Agriculture et des Forêts. Elles travaillaient au château en tant que servantes afin de suivre une formation au savoir-vivre. Marin était la fille de Madame Serina, et Maron celle de Madame Komain.

Elles avaient toutes les deux le même adorable visage rond, mais Maron avait hérité du teint plus foncé de sa mère, ce qui permettait de les distinguer facilement.

Lorsque les autres servantes avaient appris que la fille de Madame Serina allait rejoindre le personnel du château, elles s’étaient préparées au pire, inquiètes de découvrir quel genre de sadique elle pourrait bien être. Mais une fois la vérité révélée, Marin s’avéra tout aussi sérieuse et travailleuse que sa sœur Maron. Les deux jeunes filles gagnèrent rapidement le cœur de leurs collègues.

Tout le monde pensait que leurs bonnes manières étaient dues à l’autre épouse de Panacotta, Madame Komain, dont la réputation — bien que peu de gens l’aient réellement rencontrée — s’était considérablement améliorée à leurs yeux.

Je repensais à tout cela en disant aux filles : « Bon, alors, vous deux. Dites aux équipes de nettoyage de passer à leurs prochaines tâches. »

« Oui, madame ! »

Elles saluèrent à l’unisson, puis s’élancèrent pour exécuter mes ordres.

À strictement parler, ce n’était pas très convenable pour des femmes de ménage, mais elles n’étaient encore qu’apprenties. Et, à vrai dire, les voir s’affairer dans tout le château faisait sourire tout le monde, alors je ne disais rien.

Une fois que j’eus fini de plier les draps, je rentrai dans la bâtisse.

Ils sèchent vite par un temps pareil… Cette pensée futile me traversa l’esprit tandis que je marchais dans un couloir baigné par la lueur chaude du soleil de l’après-midi.

« Carla. »

Cette voix soudaine me fit me retourner. Mon suzerain se tenait là.

« Votre Majesté ? Qu’y a-t-il ? » répondis-je. Il devrait être au travail à cette heure-ci. Que fait-il ici ?

Tandis que je m’interrogeais, Sa Majesté se gratta la tête d’un air mal à l’aise, cherchant manifestement ses mots. Il semblait incapable de me regarder dans les yeux, son regard errant partout sauf sur mon visage.

« Euh… Eh bien… Tu sais… »

« Hum ? Aviez-vous quelque chose à me dire ? »

À ces mots, une expression de détermination traversa son visage. Puis…

« Euh… Carla ! »

« O-Oui ? »

Il s’agenouilla soudain devant moi.

Le souverain d’une nation était agenouillé devant une femme de ménage qui apportait le linge. Si quelqu’un avait assisté à la scène, il aurait été complètement déconcerté. Moi-même, j’étais abasourdie, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour reprendre mes esprits.

Je lui demandai ce qu’il faisait et l’exhortai à se relever, mais au lieu de cela, Sa Majesté sortit une petite boîte de sa poche et me la tendit. Le couvercle s’ouvrit d’un clic.

« Hein ?! »

À l’intérieur se trouvait une bague.

Un homme à genoux offrant une bague à une femme.

Même un individu d’aussi ignorant en matière de romance que moi avait compris ce que cela signifiait.

Sa Majesté insista d’une voix ferme et sincère : « S’il te plaît, épouse-moi ! »

« … »

J’en restai sans voix. La soudaineté de la scène m’avait figée sur place. Mais il continua, le désespoir se glissant peu à peu dans le ton de sa voix :

« Ma fiancée Sharan m’a dit qu’elle pouvait l’accepter — “Si c’est Lady Carla”, m’a-t-elle dit ! Et même Kazuha m’a dit : “Je sais depuis qu’on est gamins que tu es fou amoureux de grande sœur Carla, mais si jamais tu commences à négliger Sharan à cause de ça, je te mettrai une raclée !” Donc j’ai (en quelque sorte) aussi sa permission ! Je le jure sur mon honneur… Je jure que je te rendrai heureuse ! Alors s’il te plaît, je t’en supplie : deviens ma reine ! »

« R-Roi Cian… »

Ce jour-là, je reçus un honneur bien plus grand que je ne l’avais jamais mérité : une demande en mariage du roi Cian, le fils de ma meilleure amie Liscia.

 

 

(À suivre dans l’épilogue…)

 

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