Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 20 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Le couple royal pendant le séjour de Remus dans l’ancienne capitale de la principauté

Partie 2

La ville de Van se trouve dans la région d’Amidonia du royaume de Friedonia.

À l’époque où elle était la capitale de la principauté d’Amidonia, Van avait un caractère résolument militariste. Cependant, après que le royaume d’Elfrieden, sous le règne du roi Souma, eut pris la ville, ce dernier encouragea les arts dans le cadre de sa politique d’occupation. Libérée de son ancien militarisme, Van renaquit alors en tant que ville des arts.

Cette tendance s’est poursuivie même après l’unification d’Elfrieden et d’Amidonia au sein du Royaume de Friedonia. Les habitants ont commencé à peindre leurs toits de couleurs vives et des artistes de toutes disciplines sont venus s’y installer pour travailler. Une réserve naturelle a également été créée dans les montagnes voisines afin de protéger les shoujous qui récoltaient le lys envoûtant, ingrédient clé des boulettes aux racines de lys. Il en résulta une ville, ainsi qu’une région environnante, empreintes d’un certain chaos animé.

L’essor de Van en tant que pôle artistique influença les villes et villages voisins et bientôt, toute la région fut connue sous le nom de « région A -Van-Garde », un nom inventé par Souma lui-même.

Sur l’aire d’atterrissage des wyvernes, près des portes de Van, Lombard et Yomi descendirent de la gondole royale qu’ils avaient empruntée à Souma.

« Yomi, laisse-moi te prendre la main. »

« Merci, seigneur Lombard. »

Alors que Lombard aidait Yomi à descendre, une silhouette encore plus grande que lui s’approcha. La nouvelle venue s’arrêta devant eux, se redressa et fit un salut militaire impeccable.

« Vous êtes le roi et la reine du royaume de Remus, je présume. Je suis Margarita Wonder, chargée par Sa Majesté d’assurer votre sécurité. Merci d’être venus. »

Il s’agissait ni plus ni moins que de Margarita, l’ancienne générale amidonienne devenue chanteuse (le terme « chanteuse » désignait ici une artiste musicale qui ne se présentait pas comme une idole, à la manière des Loreleis). Souma l’avait choisie pour cette mission, car elle faisait le lien entre les mondes militaire et culturel, et parce qu’elle était originaire de l’ancienne principauté d’Amidonia.

« Nous nous en remettons à vous, madame Margarita. »

« Veuillez prendre bien soin de nous. »

Lombard et Yomi tendirent chacun la main et Margarita les serra tour à tour. Lombard jeta un coup d’œil autour de lui.

« Monsieur Souma a mentionné qu’il nous attribuerait à la fois un garde et un guide. Je suppose que vous êtes le garde. Où est le guide ? »

L’expression de Margarita se figea l’espace d’un instant. « Ah… Oui, il y a bien un guide, mais… », commença-t-elle d’un air gêné. « C’est aussi le seigneur de la ville, alors… Eh bien… »

« Hum ? Avait-il une affaire urgente à régler ? »

« Non… C’est juste que, comme nous accueillons des invités, il voulait s’occuper de la présentation. »

« La présentation ? »

Lombard et Yomi échangèrent des regards perplexes, jusqu’à ce que…

« Hahhh, ha ha ha !!! »

Un éclat de rire tonitruant résonna soudain dans les environs. Ils se tournèrent vers la source du bruit : tout en haut des remparts, un homme prenait une pose exagérée et dynamique.

« Vous devez être le couple royal du royaume de Remus ! Bienvenue dans mon domaine de Van ! En tant que seigneur de ces lieux, je vous adresse mes salutations les plus chaleureuses ! Allez-y ! »

Sur ces mots, l’homme se jeta du haut des remparts.

Lombard fut stupéfait par ce qui ressemblait à un suicide soudain, tandis que Yomi se couvrait la bouche, sous le choc. Margarita, en revanche, semblait simplement essayer de contenir sa colère.

L’homme effectua deux pirouettes dans les airs avant d’atterrir en position accroupie, le poing droit enfoncé dans le sol : l’atterrissage classique d’un héros.

« … »

Malheureusement, l’impact avait été trop violent pour ses genoux. Il resta figé dans cette posture pendant un moment qui lui parut interminable, des perles de sueur perlant sur son front. Enfin, il serra les dents, se redressa et leur adressa un sourire radieux en levant le pouce.

« Bienvenue ! Dans ma ville de Van ! »

Kaboom ! Une explosion de feu éclata derrière lui, libérant des nuages de fumée blanche.

Tout cela n’avait duré que quelques secondes, mais Lombard et Yomi avaient déjà l’air de s’être fait voler leur âme. Margarita, quant à elle, s’avança d’un pas décidé vers l’homme et lui asséna un coup de poing en pleine joue.

« Quelle “bienvenue” ! »

Smack !

« Gwagh !!! »

Il fut projeté contre le mur, y laissant un cratère qui en disait long sur la force du coup.

Alors que Lombard et Yomi commençaient à craindre qu’il ne soit réellement mort, l’homme rebondit et se remit debout.

« Aïe, aïe, aïe… Tu ne te retiens jamais, madame Margarita. »

« Tu t’amuses un peu trop avec ça. Tu vas même jusqu’à utiliser une illusion pour faire croire que tu étais enfoui dans le mur. »

L’homme grimaça, visiblement en proie à la douleur, mais par ailleurs débordant d’énergie. Tandis qu’ils parlaient, le feu, la fumée et même l’enfoncement dans le mur disparurent comme s’ils n’avaient jamais existé. Lombard et Yomi échangèrent des regards perplexes.

Margarita attrapa l’homme par l’oreille, le tira vers elle et le força à s’incliner à ses côtés.

« Je suis vraiment désolée ! Tout ce que vous venez de voir n’était qu’une illusion. Rien de tout cela n’était réel. »

« Aïe, aïe, aïe ! M-Mon oreille ! Madame Margarita, cette douleur est bien réelle ! »

« Tais-toi ! Tu nous mets dans l’embarras devant la famille royale. »

« Non, Sa Majesté m’a demandé de surprendre nos invités, alors je faisais simplement de mon mieux pour… »

« Assez d’excuses ! Va donc les saluer ! »

« D’accord ! Je vais le faire ! »

Enfin libéré de l’emprise de Margarita sur son oreille, l’homme s’éclaircit théâtralement la gorge, puis s’inclina devant Lombard et Yomi.

« Ah… Bienvenue à Van. Je suis Ivan Juniro, seigneur de la ville et des terres environnantes. Sa Majesté m’a ordonné de vous faire visiter les lieux. »

« Alors, tu en es capable quand tu t’y mets. » Margarita se pressa une main contre le front et soupira.

À ce moment-là, Yomi tira sur la manche de Lombard.

« Seigneur Lom… N’est-ce pas le monsieur qui apparaît dans Charge ! Silvan ? »

« Silvan… Oh, cette émission de héros. Maintenant que tu en parles, avant qu’il ne se transforme, on l’appelait “Grand Frère Ivan”. Je vois. Alors c’est donc vous ? »

Pendant leur séjour à Parnam, ils s’étaient souvent rendus sur la place de la fontaine pour regarder les émissions publiques. La programmation était variée, allant des concours de chant aux émissions de héros, en passant par les comédies. Au départ, ils voulaient simplement en savoir plus sur l’industrie audiovisuelle, l’une des politiques phares du Royaume de Friedonia, mais très vite, ils se mirent à regarder ces émissions uniquement pour le plaisir.

En entendant la question, Ivan esquissa un sourire.

« Si vous connaissez Silvan, ça rend les choses plus simples. Ma famille, la Maison de Juniro, est réputée pour créer des illusions comme celle que vous venez de voir. À la demande de Sa Majesté, nous avons mis ces compétences au service de l’industrie audiovisuelle. Comme Van a conservé ses rues historiques et abrite une communauté d’artistes florissante, on m’a confié la ville et ses environs pour en faire un plateau de tournage. »

Il bombait le torse de fierté.

C’était vrai. La forte concentration d’artistes à Van facilitait la préparation des décors et autres accessoires de scène. Et avec la croissance régulière de l’industrie pour « une certaine raison », la production avait été répartie entre plusieurs villes : les journaux télévisés et les émissions de variétés dans la capitale, Parnam, et les séries, les programmes éducatifs et les séries de super-héros à Van.

Ivan claqua des doigts.

« Bon, plutôt que de vous en parler longuement ici, il serait plus simple de vous montrer le plateau lui-même. Ils devraient être en train de tourner tout près d’ici en ce moment même. »

Sur ces mots, il guida Lombard, Yomi et Margarita à travers les rues.

Alors qu’ils marchaient, les toits vifs et colorés attirèrent leur attention. Certains étaient peints dans des teintes d’aspect si toxique qu’on aurait pu s’attendre à trouver des champignons vénéneux de la même couleur, mais les habitants ne semblaient pas s’en soucier le moins du monde.

« Ce sont des maisons plutôt… originales », dit Lombard, choisissant ses mots avec soin pour ne pas offenser le seigneur local.

Ivan, visiblement habitué à ce genre de remarques, rejeta la tête en arrière et éclata de rire.

« Beaucoup d’habitants ici sont des artistes. Ils sont libres de peindre leurs maisons comme bon leur semble. Mais Van ne ressemble pas entièrement à ça. Il y a des quartiers protégés que le pays conserve dans leur état d’origine pour les tournages. »

« Les vieilles rues ont donc été délibérément préservées ? »

« Oui, c’était l’idée de Sa Majesté. Selon lui, “Elles auront un jour une valeur historique, mais même aujourd’hui, elles sont utiles pour le tournage de séries historiques”. »

Souma pensait sans doute à des lieux comme le château de Himeji ou Uzumasa, qui servaient également de décors de cinéma. En tant qu’ancienne ville militaire, Van et bon nombre de villes et villages environnants possédaient encore des rues à l’ancienne, ce qui en faisait des décors parfaits pour les romans chevaleresques.

En entendant cela, Lombard croisa les bras d’un air pensif. « Nous pourrions nous inspirer de sa philosophie consistant à exploiter pleinement le potentiel des choses. »

« Je me demande ce que nous avons dans notre propre pays », songea Yomi.

« Je suppose que nous avons beaucoup de donjons inexploités. Je les ai toujours considérés comme des nuisances, mais… si nous suivions l’exemple de Sire Souma, nous pourrions peut-être en faire une sorte de projet national. »

« Hi hi, tu as raison. »

Alors qu’ils continuaient à marcher et à discuter…

« Attendez un peu ! »

Soudain, une voix de femme retentit. Yomi sursauta à ce bruit inattendu, mais Ivan fit un geste désinvolte pour lui signifier de ne pas s’en faire.

« Oh, n’y prêtez pas attention. Je vous l’avais dit, non ? Ils tournent un film dans le coin. »

Il désigna deux femmes vêtues de tenues à froufrous dans le style Lorelei, mais les leurs étaient ajustées pour faciliter les mouvements, clairement conçues pour des scènes d’action intenses.

Face à elles se tenait un homme-morse vêtu d’une tenue punk rock couverte d’épines.

L’une des femmes, une femme-animal féline, le désigna d’un air accusateur. « Le voleur fantôme Todoashikan ! Tu mijotes encore un coup, à ce que je vois ! On va te punir ! »

Sa partenaire, une femme humaine, acquiesça fermement.

« Oui ! Pour l’amour, nous nous battons. Allons-y, Pure Honey ! »

« D’accord, Pure Bunny ! »

Elles prirent une pose théâtrale.

« Les soldates de l’amour, Honey Bunny, sont arrivées !!! »

Pure Honey, la femme-chatte vêtue d’un costume jaune, garda son doigt pointé vers l’homme-morse tout en déclarant : « Voleur fantôme Todoashikan ! Comment oses-tu transformer toutes les crêpes de la crêperie préférée des enfants en calamars frits ? Je veux dire, bien sûr, j’adore les calamars frits, mais j’en ai assez de tes bêtises ! »

Pure Bunny, vêtue d’un costume blanc, se mit en position de combat.

« Les douceurs nourrissent le cœur. Le Ciel pardonnera peut-être tes crimes, mais pas nous ! Nous nous battrons tant que les enfants auront des rêves. Jusqu’à ce que notre dernière goutte de sang se soit séchée ! »

« Quelle insolence ! Attrape-les, bête démoniaque Gesogeson ! »

La voix de baryton inutilement séduisante de Todoashikan retentit tandis qu’un énorme calmar bipède — manifestement quelqu’un déguisé — surgissait derrière lui.

« Gesogeson ! »

En criant son propre nom, le calmar fit tournoyer deux tentacules comme des fouets (les six autres se balançaient simplement maladroitement au rythme des mouvements de l’acteur).

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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