Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Histoire courte en prime 4

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Histoire courte en prime : Se faire habiller par Liscia

— Fin du 9e mois, 1 546e année, Calendrier Continental — Capitale Royale Parnam —

Ce jour-là, dans la chambre de Liscia au château de Parnam, moi, le roi provisoire de ce pays, j’étais en train de revêtir un uniforme. Cela se faisait dans la chambre de Liscia parce que je n’avais toujours pas de chambre à moi et parce que la chose que je devais porter était un uniforme militaire.

La lutte contre le général de l’Armée de Terre, Georg Carmine, ainsi que contre les forces d’Amidonia qui s’étaient rassemblées le long de la frontière, approchant, je préparais donc l’uniforme que je porterais sur le champ de bataille. Bien sûr, vis-à-vis des troupes, je ne pouvais pas apparaître dans ma tenue décontractée habituelle sur le champ de bataille. C’est pourquoi un uniforme militaire avait été préparé pour moi, mais il était si complexe avec toutes sortes de fioritures que je n’avais aucune idée de la façon de l’enfiler.

À l’origine, les servantes devaient m’habiller, mais Liscia s’était proposée : « Laissez-moi-le faire. Je veux dire, je suis... votre fiancée. »

J’avais donc décidé de laisser Liscia le faire à la place des servantes. Même si c’était leur travail, je me sentais beaucoup plus à l’aise d’avoir Liscia, que je connaissais bien qui le ferait pour moi plutôt qu’un groupe de femmes de chambre.

« ... Ça ne me ressemble pas, » m’étais-je plaint.

Pendant que Liscia m’aidait à m’habiller, j’avais vu mon reflet dans le miroir, et ces mots étaient sortis de ma bouche.

L’uniforme, qui m’avait été préparé, était semblable à celui que Liscia portait habituellement, mais la couleur était majoritairement noire avec des boutons dorés, des broderies et des courroies, eux aussi dorés.

Cela avait vraiment l’air..., d’une glorification de son ego.

« J’ai presque l’impression d’être maintenant devenu roi, » avais-je dit.

« Qu’est-ce que vous racontez ? Vous êtes le roi depuis un moment maintenant, » déclara Liscia avec consternation. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais l’impression que cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu un tel échange. Liscia était revenue devant moi, m’avait regardé de près et m’avait fait signe qu’elle était satisfaite.

« Mais, c’est vrai, vous ressemblez enfin à un roi, » déclara Liscia.

« Ne trouvez-vous pas que c’est un peu dur de le dire comme ça ? » lui avais-je demandé.

« Le problème, c’est la façon dont vous vous habillez d’habitude. Ce n’est pas du tout propice à un roi, » déclara Liscia.

« Vous dites ça, Liscia, mais vous n’avez pas non plus l’air d’une princesse, » déclarai-je.

Même depuis notre première rencontre dans le bureau des affaires gouvernementales, Liscia portait presque toujours son uniforme militaire. Je ne l’avais jamais vue dans une robe à froufrous, comme celle que l’on attendrait à voir porter par une princesse. Lorsque je lui avais dit cela, les joues de Liscia avaient un peu rougi. Elle avait croisé les bras et avait regardé ailleurs.

« C-C’est n’importe quoi. Il s’agit de la tenue qui me convient le mieux, » déclara Liscia.

On aurait dit qu’elle se cherchait des excuses, mais... c’était vrai. Pour Liscia, avec ses proportions bien équilibrées, l’uniforme militaire ajusté lui allait bien.

Et maintenant, qu’en est-il de moi ? J’avais tendu mon bras devant moi, comme si je donnais un semblant d’ordre. La broderie dorée sur les poignets donnait à mes mouvements un éclat qu’ils n’avaient pas d’habitude.

« ... Ouais, je ne pense vraiment pas que ça me convienne, » avais-je dit. « J’ai l’impression d’essayer de paraître plus important que je ne le suis. »

« Je vais le répéter, mais vous êtes important, » déclara Liscia. « Vous ne pouvez pas diriger une armée si vous n’en avez pas l’air. Réfléchissez un peu à l’effet que cela aurait sur le moral de vos subordonnés et de vos troupes si vous étiez habillé de haillons. »

« Mais c’est Ludwin et ses hommes qui donneront les ordres, » dis-je.

Les devoirs d’un roi étaient principalement de décider des objectifs avant la guerre, puis de s’occuper de remettre les choses en ordre dans l’après-guerre. Le prince Gaius d’Amidonia dirigerait probablement lui-même ses troupes, mais un néophyte comme moi ne pouvait espérer imiter cela. Quand les combats allaient commencer, j’aurais probablement laissé le commandement de l’armée à Ludwin et aux autres officiers supérieurs.

« Pour le dire simplement, mon seul travail est d’être une figure de proue dans le camp principal, » avais-je dit.

« Si vous êtes une figure de proue, alors raison de plus pour que vous soyez habillé correctement pour l’occasion, » déclara Liscia. « Vous devez être le genre de roi magnifique que tout le monde voudra porter sur ses épaules, n’est-ce pas ? »

« Je suppose que c’est logique..., » déclarai-je.

« C’est le cas. En plus, cet uniforme est aussi là pour vous protéger. » Liscia s’était déplacée derrière moi et avait posé sur moi le manteau qui n’était pas obligatoire dans la tenue réglementaire.

Dans ce monde, il y avait ce qu’on appelait des « sorts attachables ». Pour l’expliquer rapidement, même une tenue en tissu pourrait vous défendre contre la magie et les flèches si elle était renforcée par la magie.

Cependant, même si vous attachiez le même sort à deux objets différents, l’armure qui était plus solide au départ se verrait affectée par un plus grand effet. D’un autre côté, l’armure était lourde et réduisait la mobilité, de sorte que ceux qui n’aimaient pas cela se tenaient sur les champs de bataille dans un uniforme. Les préférences personnelles de l’individu et la section de l’armée à laquelle il appartenait (les chevaliers à cheval choisissaient l’armure, tandis que ceux qui étaient sous le feu indirect, comme les archers et les mages, portaient l’uniforme) influenceraient cette décision.

Le manteau appartenant à cet uniforme comportait un sort qui y était placé.

« Mais vous ne pouvez pas être négligent, » déclara Liscia en me frappant au visage avec un doigt alors qu’elle regardait le manteau qu’elle m’avait mis. « Cet uniforme peut vous protéger d’une flèche perdue, mais il ne peut pas bloquer une magie trop puissante ou une attaque directe d’un soldat compétent. Ne pensez même pas à aller en première ligne. »

Liscia semblait inquiète. J’avais posé une main sur sa tête. « Je n’irai pas. Je connais mes faiblesses mieux que quiconque. »

J’avais doucement caressé Liscia sur la tête. Cependant, Liscia semblait encore incertaine.

« Mais, vous vous forcez trop parfois... Hé, Souma ? » demanda Liscia.

« Hm ? » lui avais-je demandé.

« Devez-vous vraiment aller sur le champ de bataille ? » demanda Liscia, son visage frémissait d’angoisse. « Vous êtes une figure de proue, comme vous l’avez vous-même déjà dit. Il n’y a pas beaucoup de rois qui vont sur le champ de bataille, vous savez ? Il y a des rois comme Gaius qui veulent mener leurs troupes dans une expédition, mais habituellement un roi possède des individus qui servent sous ses ordres et qui vont en son nom. Ne pouvez-vous pas laisser ça à Ludwin et aux autres ? »

« ... Vous devez déjà savoir que je ne peux pas faire ça, non ? » lui avais-je demandé.

Lorsque j’avais donné cette réponse, Liscia ne pouvait rien dire.

« Cela fait encore trop peu de temps depuis que l’on m’a confié le trône, » avais-je dit. « En plus de ça, je ne suis encore qu’un enfant. Si je ne vais pas sur le champ de bataille, même si ce n’est qu’en tant que figure de proue, les troupes me regarderont de haut. Si je veux que Ludwin puisse commander les troupes à ma place sans avoir de problème, je dois être là. »

« Je le sais bien ! » Liscia avait crié, puis avait enfoui son visage dans ma poitrine. « Je le sais, mais... quand même, je suis inquiète ! Quand je pense à ce qu’on ferait si on vous perdait... Je... non, tout le monde... ! »

En plaçant mes bras autour de Liscia pendant qu’elle luttait pour trouver les mots, je l’avais délicatement rapprochée de moi. « Merci de vous inquiéter pour moi. »

« ... Souma, » quand Liscia leva la tête, ses yeux étaient humides.

J’avais essayé de lui faire un sourire. « Mais je pense qu’on devrait tous les deux s’inquiéter, non ? N’avez-vous pas, vous aussi, l’intention d’aller sur le champ de bataille ? Et, contrairement à moi, vous avez l’intention de donner des ordres sur la ligne de front. »

« Cela va sans dire, » déclara Liscia en hochant la tête comme si c’était naturel. Ça m’avait fait un peu mal à la tête.

« Pour ma part..., j’aimerais que vous restiez assise dans le camp principal, » avais-je dit. « Quand je pense à ce que je ferais s’il vous arrivait quelque chose, je deviens inquiet. »

« Non. Ce pays fait face à une crise. Laissez-moi faire ma part, » avait affirmé Liscia.

Franchement... quelle princesse garçon manqué !

« ... J’envoie dans tous les cas Aisha avec vous, compris ? » avais-je dit.

« Cela n’affaiblira-t-il pas les défenses du camp principal ? » me demanda-t-elle.

« Si j’avais Aisha, notre combattante individuelle la plus forte, à l’arrière, je gâcherais ses talents. Je suis sûr qu’Aisha veut aussi être en première ligne. Alors, s’il vous plaît, assurez-vous que toutes les deux... vous rentriez saines et sauves à la maison, » déclarai-je.

Quand j’avais dit ça, Liscia avait souri et m’avait fait un câlin. « Vous aussi, Souma. Je ne veux pas rentrer à la maison pour découvrir que je n’ai plus personne vers qui retourner. »

« Ah... Cette conversation commence à ressembler à un drapeau de mort, » avais-je dit.

« Un drapeau de mort ? » demanda-t-elle.

« Des phrases comme “Quand je reviendrais de la guerre, je me marierais” ou “Quand je reviendrai du champ de bataille, cela sera à votre tour de prendre soin de moi”, comprenez-vous ? » demandai-je.

« ... Cela devrait être des choses tout à fait ordinaires à dire, mais elles semblent étrangement inquiétantes. Hee hee, » déclara-t-elle.

Nous nous étions regardés et puis nous avions ri, comme pour pouvoir chasser nos soucis.

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5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre !

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