Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 7 – Partie 1

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Chapitre 7 : Sacrifiez le Prunier afin de préserver le Pêcher

Partie 1

— 1er jour du 10e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — Cité du Dragon Rouge

Nous nous trouvions le matin suivant de la bataille où les wyvernes avaient volé dans les cieux et les canons d’un cuirassé avaient rugi.

Liscia et moi mangions notre petit déjeuner avec la fille de Castor, Carla, dans le bureau des affaires gouvernementales du Château du Dragon Rouge.

Aisha se tenait derrière une Carla épuisée, la main prête sur la poignée de sa grande épée, comme pour dire : « Si vous faites des mouvements suspects, je suis prête à vous couper en deux à tout moment. »

Tout cela était arrivé, car Aisha était encore ma "garde du corps autoproclamée".

Compte tenu de ses réalisations dans la bataille de la Cité du Dragon Rouge, j’avais pensé que ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de créer formellement un titre comme le capitaine de la garde personnelle du roi afin de le lui attribuer.

... Eh bien, cela pourrait attendre après la guerre.

Après avoir capturé Castor Vargas et pris le contrôle de l’Armée de l’Air, nous restâmes à la Cité du Dragon Rouge alors que nous attendions que les Forces Aériennes se réunissent toutes.

En ce moment, Hakuya, qui était arrivé après la bataille, et Tolman devaient être occupés à appeler ceux qui n’avaient pas encore répondu et organiser ceux qui avaient déjà été rassemblés.

J’avais fait transporter Castor jusqu’à la capitale avec un certain nombre de cavaliers-wyvernes rebelles.

Ils n’auraient jamais accepté que nous les emmenions avec nous, ainsi que le fait que Castor portait le collier d’esclave. Ce collier possédait un sort attaché qui le rendrait plus serré s’il faisait quelque chose de fâcheux. Et, dans le pire des cas, le décapiterait. Tant qu’il portait ce collier d’esclave, personne ne tenterait de le libérer pendant le transfert.

Par ailleurs, la fille de Castor, Carla, était la seule que j’avais laissée ici, et je la tenais près de moi. C’était parce que je pensais que le fait d’avoir un otage visible aiderait à réduire la résistance indésirable de l’Armée de l’Air. J’avais aussi placé un collier d’esclave sur elle, et Aisha la surveillait attentivement, donc elle ne pourrait probablement pas faire tout ce qu’elle ne devrait pas faire.

Je ne savais pas si c’était à cause de cela, mais son tempérament violent d’hier avait totalement disparu, et Carla était restée silencieuse. Pour compenser son amie taciturne, Liscia était encore plus bavarde que d’habitude.

« Carla peut ne pas sembler être ainsi, mais elle est en fait du genre très attentionné, » dit-elle. « Elle possède beaucoup d’intégrité, donc peu importe combien elle n’aime pas quelque chose, elle aidera toujours quand on le lui demande. Je pense qu’elle est une superbe fille. »

Je ne répondis rien.

Tout ce qu’elle avait dit était comme si elle essayait de me vendre les vertus de Carla. Elle ne me parlait de rien d’autre que des nombreux charmes de Carla en tant que femme, et cela depuis un bon moment maintenant.

Nous étions assis dans le bureau de l’homme qui avait été jusqu’à hier le commandant ennemi, mangeant des repas en boîte que nous avions apportés de Parnam. (Comme cette ville avait été un territoire ennemi jusqu’à hier, j’avais pris soin d’en apporter afin de ne pas être empoisonné) Alors, quand ma fiancée et aussi la future reine primaire me recommandaient de prendre la fille d’un général ennemi (qui portait actuellement un collier d’esclaves et qui était assise à côté de nous) en tant que reine secondaire, cela donnait une scène quelque peu surréaliste.

En passant, pour expliquer la différence dans ce pays entre les reines primaires et secondaires était que les reines primaires étaient celles dont les enfants avaient un droit de succession, alors que ceux qui n’avaient pas ce droit étaient les enfants des reines secondaires.

Il était possible d’avoir n’importe quel nombre de reines primaires ou secondaires (le classement dans les deux catégories serait exprimé comme 1re Reine X, 2e Reine X. et ainsi de suite), cependant, pour devenir une reine primaire, une femme devait naître dans l’aristocratie, dans la noblesse ou supérieure.

À l’inverse, toute personne de toute classe sociale pourrait devenir une reine secondaire. Si l’on ne se souciait pas des apparences, même une esclave pourrait devenir une reine secondaire.

« O-Oh ! Et vous savez quoi ? » continua Liscia. « Quand Carla se déshabille, elle montre clairement qu’elle possède un corps de tueur. Peut-être que vous ne pouviez pas dire quand elle portait une armure, mais elle possède une carrure bien plus impressionnante que moi. Les Dragonewts possèdent une longue durée de vie, et donc elle restera très longtemps avec une apparence jeune. »

« Liscia, que dites-vous ? » s’écria brusquement Carla.

Il semblait qu’une fois que Liscia avait commencé à déclarer en détail les proportions de Carla, même Carla ne pouvait pas rester silencieuse. Et pourtant, Liscia se retourna vers elle, et devint même plus en colère que Carla l’était.

« Carla, reste tranquille ! Hé ! Souma, Carla n’est-elle pas une femme attrayante... ? » Déclara Liscia.

« ... Liscia, » avais-je dit avec un ton légèrement sévère. Ceci avait fait que Liscia avait brusquement pris une grande respiration, puis elle avait cessé de parler. Quand je vis le regard inquiet qui était clairement visible sur son visage... ceci me fendit le cœur. Je ne voulais pas qu’elle soit ainsi. J’avais alors vigoureusement gratté ma tête. « Liscia, je peux tout à fait comprendre ce à quoi vous pensez. Mais avez-vous correctement examiné les risques ? »

Elle resta silencieuse.

Aucune reine primaire ne demanderait ainsi au roi de prendre une reine secondaire. Pourtant, Liscia, la 1re Reine primaire, suggérait vivement que je prenne Carla comme ma reine secondaire, parce qu’elle essayait de tout son cœur de la sauver.

Les officiers et les soldats de l’Armée de l’Air qui avaient suivi Castor étaient soupçonnés de participer eux aussi à la rébellion, qu’ils aient pris part à la bataille ou non. Mais, bien sûr, il ne serait pas possible de tous les punir en tant que rebelle, et donc, formellement, j’allais devoir les traiter comme "n’ayant agi que sous les ordres du Général de l’Armée de l’Air, Castor, et d’un certain nombre d’officiers de haut rang," sous la condition qu’ils acceptent d’être sous les ordres de l’Armée Interdite.

Pour cette raison, Castor devrait assumer ses responsabilités.

En tant que fille de Castor, et après avoir elle aussi pris part aux combats, on voyait comme une certitude que Carla serait confrontée au même jugement que son père au moment où la guerre finira. Dans l’état actuel des choses, leurs exécutions semblaient inévitables.

Parce que Liscia avait déjà pensé à cela, elle essayait de pousser Carla dans le harem royal.

Dans ce pays, le roi avait beaucoup de pouvoir. En principe, ce pays était censé posséder un pouvoir judiciaire indépendant, mais si le roi exerçait ses pouvoirs, il était possible de protéger un criminel vis-à-vis des poursuites qu’il encourait. Liscia avait donc essayé de me convaincre d’apprécier Carla afin que je fasse tout pour éviter qu’elle ne monte sur l’échafaud. Mais tout ça... n’était pas quelque chose qui devrait être fait à la légère.

« Où pourrait être le maître, quand la justice est le domestique ? » Dis-je. « Si un roi ne défend pas la loi, les personnes que la loi protège perdront leur respect pour ce roi. Si nous n’agissons pas de façon logique, nous payerons le prix plus tard. Liscia, vous devez comprendre cela, n’est-ce pas ? »

« Eh bien... oui... mais... » (Liscia)

Bien sûr, j’étais sûr que Liscia savait ça. Pourtant, elle ne pouvait pas abandonner son amie sans dire quelque chose. Franchement... être un roi était un rôle souvent si désagréable.

« Pourtant, je... » Commença Liscia.

« Liscia, il n’est pas nécessaire de mendier pour sauver ma vie, » déclara Carla alors que Liscia cherchait toujours ses mots. « Tu m’as envoyé des lettres encore et encore, nous demandant de prêter allégeance au roi, mais nous avons quand même choisi de refuser. J’ai suivi mon père sachant que cela pourrait arriver si nous devions perdre. Je n’obtiens donc que ce que je mérite. Je me considère comme un guerrier. Maintenant qu’on en arrive là, je ne regretterais pas de perdre ma vie. »

Carla semblait déjà avoir accepté son destin. J’avais alors senti comme si je pouvais comprendre pourquoi elle et Liscia étaient si proches. Sa personnalité était semblable à celle de Liscia, sérieuse et obstinément inflexible une fois qu’elle se décidait. C’était pourquoi tout ce que je pouvais faire était de soupirer.

« J’aurais aimé que vous ayez dirigé cette détermination dans quelque chose qui ne rendrait pas Liscia triste. » (Souma)

« Il n’y a rien que je puisse dire en réponse à cela, » déclara Carla. Puis elle rajouta d’un ton discourtois, « Ne vous avisez pas... Arg ! »

« Carla !? » Cria Liscia.

Au milieu de sa phrase, Carla se mit à gémir à cause d’une importante douleur. Le collier d’esclave s’était resserré d’un coup. Il semblait que cet objet ne tolérerait aucun manque de respect envers le maître. Il semblait assez sévère.

Quelques secondes plus tard, une fois qu’elle avait été libérée de la douleur, Carla se tourna vers Liscia, qui la regardait avec inquiétude, et elle déclara. « J-Je vais bien. »

Puis, après s’être tournée vers moi, elle baissa la tête. « Certes, je n’étais pas aussi poli que j’aurais dû l’être. Permettez-moi de reformuler cela. Roi Souma, je demande que vous n’attristiez pas Liscia comme je l’ai fait. »

« ... Je le sais déjà, » dis-je.

Alors que nous parlions, Hakuya et Tolman entrèrent dans le bureau. Tolman se plaça devant moi, effectuant un salut de style militaire avant de commencer son rapport. « Votre Majesté, nous avons fini de faire venir l’Armée de l’Air. »

« Bien, » dis-je. « Eh bien... allons-y. »

Je m’étais alors levé de mon siège avant de donner à tous mes ordres. « Hakuya, je vais vous laisser gérer le nettoyage ici. Aussi, utilisez le joyau de cette place pour entrer en contact avec Excel alors qu’elle s’occupe des Amidoniens à Altomura. Dites-lui qu’elle doit seulement tenir jusqu’à ce soir. »

« Cela sera fait selon votre volonté, » Hakuya s’inclina.

« Tolman, dirigez une unité de l’Armée de l’Air afin de bombarder Randel dans le Duché de Carmine, » continuai-je. « Cependant, vos seules cibles devraient être les lanceurs de carreaux à répétition antiaériens sur les murs du château et le château de Randel lui-même. Ne laissez surtout pas tomber le moindre baril de poudre sur l’une des maisons des résidents ! Si quelqu’un devait tuer un civil, alors je veillerais à ce qu’il soit puni après la guerre. Suis-je clair ? »

« Parfaitement Sire ! J’ai compris ! » dit-il avec fermeté.

« Liscia et Aisha, vous venez avec moi, » ajoutai-je. « Nous rejoindrons Ludwin et son groupe. »

« D’accord. » Déclara Liscia.

« C’est compris, Sire. » Accepta Aisha.

Bon. Après avoir donné des ordres à tous les autres, je m’étais tourné vers Carla. « Carla, vous venez aussi avec nous. »

« À l’heure actuelle, je ne peux pas avoir autant de valeur pour vous en tant que prisonnière, » dit Carla. « Je vous prie donc de me jeter dans n’importe quelle cellule. »

Elle semblait ne plus avoir de force, mais je secouai la tête en silence.

« Vous devriez bien voir comment cela se termine. Alors, voyez qui tirait les ficelles qui vous ont fait danser. » (Souma)

« Hein !? » Elle avait l’air surprise. « Qu’est-ce que vous racontez ? Personne ne me faisait danser... »

« Oh ! non, vous dansiez ! » dis-je. « Et après tout, moi aussi. »

« Quoi !? » Demanda Carla, me donnant un regard douteux, auquel j’avais répondu avec un soupir.

« Ce n’est pas comme si nous avions une compréhension complète du scénario. Pourtant, si nous jouons nos rôles jusqu’à la fin, je pense que nous allons commencer à le voir en entier. » Dis-je. « Nous verrons exactement qui a écrit ce script pour cette bataille. »

***

— Le même jour, quelques heures plus tard, dans la cité de Randel se trouvant dans le Duché de Carmine.

Il y avait une atmosphère détendue sur les murailles du château de Randel, la ville centrale du Duché de Carmine. L’Armée de Terre et l’Armée Interdite étaient engagées dans des hostilités, mais cette bataille était entièrement faite autour de la forteresse que l’Armée Interdite avait construite près de Randel.

De ce fait, il n’y avait pas un grand nombre de flèches passant par dessus les murs de Randel.

« ... Franchement, c’est ennuyeux, » l’un des soldats de l’Armée de Terre se murmurant à lui-même.

L’un de ses compagnons de guerre était passé à portée d’écoute et l’avait regardé avec un froncement de sourcils. « Tu sais que nous sommes actuellement dans une bataille contre l’Armée Interdite. »

« C’est ce qu’ils nous disent, mais... tous les combats se déroulent proche cette forteresse, n’est-ce pas ? » se plaignit-il. « Y a-t-il une raison pour laquelle nous sommes de garde ici ? »

Après qu’il ait dit ça, son autre de ses camarades se mit à rire avec enthousiasme avant de dire. « Qu’est-ce qui ne va pas si c’est ennuyeux ? Souhaites-tu être en première ligne face à l’Armée Interdite ? »

« Je n’ai jamais dit ça. »

« En tout cas, je parie que les gars en première ligne souhaitent échanger avec nous, » continua l’autre soldat. « S’ils résistent face à l’Armée Interdite, ils seront par la même occasion déclarés comme étant des rebelles et faisant partie d’une armée rebelle. Et pour couronner le tout, j’ai entendu dire qu’il y avait un certain nombre de soldats de l’Armée de Terre dirigés par Sire Glaive Magna, qui s’est séparé d’avec le Duc Carmine, du côté de nos ennemis. Qui voudrait se battre contre les hommes avec qui nous avons partagé tant de repas. »

« Tu as raison, » avait déclaré un autre soldat se joignant à la discussion. « J’ai aussi entendu dire que les Amidoniens se déplacent vers le sud. À quoi pense le Roi ou le Duc Carmine en agissant ainsi ? »

« Lorsque tu le regardes de cette façon, rien ne peut protéger les murs du château, » déclara le deuxième soldat.

« ... Tu dois avoir raison, » le soldat qui s’était plaint en premier avait dit ça, commençant à se convaincre de ce fait. Puis cela se produisit.

« He ! Regardez dans le ciel en direction de l’Est ! Quelque chose est en approche ! » Cria une personne se trouvant sur la muraille.

En entendant ça, tous les regards se tournèrent vers les cieux se trouvant à l’est.

Après avoir plissé leurs yeux afin de mieux voir, ils purent constater que c’était vrai. Ils pouvaient maintenant voir ce qui ressemblait à un essaim de moustiques dans le ciel en direction de l’est. Pendant un moment, ils pensaient que ce n’était qu’un vol d’oiseaux, mais il y en avait bien trop. Il y en avait plus d’un millier dans le ciel.

Au fur et à mesure que la nuée s’approchait, ils se rendirent compte qu’il s’agissait de la cavalerie-wyverne des Forces Aériennes.

Dès que tout cela fut connu, une vague de soulagement se rependit parmi les soldats.

« ... Super. Le Duc Vargas est notre allié. »

« Les Forces Aériennes sont venues nous aider ! »

« Si c’est le cas, la bataille est déjà terminée. La forteresse de nos ennemis tombera facilement sous un bombardement aérien. »

Tout le monde hocha la tête avec sagesse en accord à ces paroles.

... C’était exact que la fin de la bataille était très certainement proche. Cependant, cette fin devait être précisément le contraire de ce que prévoyaient ces soldats.

L’Armée de l’Air était alors passée au-dessus de la forteresse construite à l’extérieur de Randel, où l’Armée Interdite était retranchée, puis elle avait jeté des barils remplis de poudre à canon sur les lanceurs de carreaux anti-air se trouvant sur les murs de Randel.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire