Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 2 – Chapitre 7

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Chapitre 7 : Sacrifiez le Prunier afin de préserver le Pêcher

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Chapitre 7 : Sacrifiez le Prunier afin de préserver le Pêcher

Partie 1

— 1er jour du 10e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — Cité du Dragon Rouge

Nous nous trouvions le matin suivant de la bataille où les wyvernes avaient volé dans les cieux et les canons d’un cuirassé avaient rugi.

Liscia et moi mangions notre petit déjeuner avec la fille de Castor, Carla, dans le bureau des affaires gouvernementales du Château du Dragon Rouge.

Aisha se tenait derrière une Carla épuisée, la main prête sur la poignée de sa grande épée, comme pour dire : « Si vous faites des mouvements suspects, je suis prête à vous couper en deux à tout moment. »

Tout cela était arrivé, car Aisha était encore ma "garde du corps autoproclamée".

Compte tenu de ses réalisations dans la bataille de la Cité du Dragon Rouge, j’avais pensé que ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de créer formellement un titre comme le capitaine de la garde personnelle du roi afin de le lui attribuer.

... Eh bien, cela pourrait attendre après la guerre.

Après avoir capturé Castor Vargas et pris le contrôle de l’Armée de l’Air, nous restâmes à la Cité du Dragon Rouge alors que nous attendions que les Forces Aériennes se réunissent toutes.

En ce moment, Hakuya, qui était arrivé après la bataille, et Tolman devaient être occupés à appeler ceux qui n’avaient pas encore répondu et organiser ceux qui avaient déjà été rassemblés.

J’avais fait transporter Castor jusqu’à la capitale avec un certain nombre de cavaliers-wyvernes rebelles.

Ils n’auraient jamais accepté que nous les emmenions avec nous, ainsi que le fait que Castor portait le collier d’esclave. Ce collier possédait un sort attaché qui le rendrait plus serré s’il faisait quelque chose de fâcheux. Et, dans le pire des cas, le décapiterait. Tant qu’il portait ce collier d’esclave, personne ne tenterait de le libérer pendant le transfert.

Par ailleurs, la fille de Castor, Carla, était la seule que j’avais laissée ici, et je la tenais près de moi. C’était parce que je pensais que le fait d’avoir un otage visible aiderait à réduire la résistance indésirable de l’Armée de l’Air. J’avais aussi placé un collier d’esclave sur elle, et Aisha la surveillait attentivement, donc elle ne pourrait probablement pas faire tout ce qu’elle ne devrait pas faire.

Je ne savais pas si c’était à cause de cela, mais son tempérament violent d’hier avait totalement disparu, et Carla était restée silencieuse. Pour compenser son amie taciturne, Liscia était encore plus bavarde que d’habitude.

« Carla peut ne pas sembler être ainsi, mais elle est en fait du genre très attentionné, » dit-elle. « Elle possède beaucoup d’intégrité, donc peu importe combien elle n’aime pas quelque chose, elle aidera toujours quand on le lui demande. Je pense qu’elle est une superbe fille. »

Je ne répondis rien.

Tout ce qu’elle avait dit était comme si elle essayait de me vendre les vertus de Carla. Elle ne me parlait de rien d’autre que des nombreux charmes de Carla en tant que femme, et cela depuis un bon moment maintenant.

Nous étions assis dans le bureau de l’homme qui avait été jusqu’à hier le commandant ennemi, mangeant des repas en boîte que nous avions apportés de Parnam. (Comme cette ville avait été un territoire ennemi jusqu’à hier, j’avais pris soin d’en apporter afin de ne pas être empoisonné) Alors, quand ma fiancée et aussi la future reine primaire me recommandaient de prendre la fille d’un général ennemi (qui portait actuellement un collier d’esclaves et qui était assise à côté de nous) en tant que reine secondaire, cela donnait une scène quelque peu surréaliste.

En passant, pour expliquer la différence dans ce pays entre les reines primaires et secondaires était que les reines primaires étaient celles dont les enfants avaient un droit de succession, alors que ceux qui n’avaient pas ce droit étaient les enfants des reines secondaires.

Il était possible d’avoir n’importe quel nombre de reines primaires ou secondaires (le classement dans les deux catégories serait exprimé comme 1re Reine X, 2e Reine X. et ainsi de suite), cependant, pour devenir une reine primaire, une femme devait naître dans l’aristocratie, dans la noblesse ou supérieure.

À l’inverse, toute personne de toute classe sociale pourrait devenir une reine secondaire. Si l’on ne se souciait pas des apparences, même une esclave pourrait devenir une reine secondaire.

« O-Oh ! Et vous savez quoi ? » continua Liscia. « Quand Carla se déshabille, elle montre clairement qu’elle possède un corps de tueur. Peut-être que vous ne pouviez pas dire quand elle portait une armure, mais elle possède une carrure bien plus impressionnante que moi. Les Dragonewts possèdent une longue durée de vie, et donc elle restera très longtemps avec une apparence jeune. »

« Liscia, que dites-vous ? » s’écria brusquement Carla.

Il semblait qu’une fois que Liscia avait commencé à déclarer en détail les proportions de Carla, même Carla ne pouvait pas rester silencieuse. Et pourtant, Liscia se retourna vers elle, et devint même plus en colère que Carla l’était.

« Carla, reste tranquille ! Hé ! Souma, Carla n’est-elle pas une femme attrayante... ? » Déclara Liscia.

« ... Liscia, » avais-je dit avec un ton légèrement sévère. Ceci avait fait que Liscia avait brusquement pris une grande respiration, puis elle avait cessé de parler. Quand je vis le regard inquiet qui était clairement visible sur son visage... ceci me fendit le cœur. Je ne voulais pas qu’elle soit ainsi. J’avais alors vigoureusement gratté ma tête. « Liscia, je peux tout à fait comprendre ce à quoi vous pensez. Mais avez-vous correctement examiné les risques ? »

Elle resta silencieuse.

Aucune reine primaire ne demanderait ainsi au roi de prendre une reine secondaire. Pourtant, Liscia, la 1re Reine primaire, suggérait vivement que je prenne Carla comme ma reine secondaire, parce qu’elle essayait de tout son cœur de la sauver.

Les officiers et les soldats de l’Armée de l’Air qui avaient suivi Castor étaient soupçonnés de participer eux aussi à la rébellion, qu’ils aient pris part à la bataille ou non. Mais, bien sûr, il ne serait pas possible de tous les punir en tant que rebelle, et donc, formellement, j’allais devoir les traiter comme "n’ayant agi que sous les ordres du Général de l’Armée de l’Air, Castor, et d’un certain nombre d’officiers de haut rang," sous la condition qu’ils acceptent d’être sous les ordres de l’Armée Interdite.

Pour cette raison, Castor devrait assumer ses responsabilités.

En tant que fille de Castor, et après avoir elle aussi pris part aux combats, on voyait comme une certitude que Carla serait confrontée au même jugement que son père au moment où la guerre finira. Dans l’état actuel des choses, leurs exécutions semblaient inévitables.

Parce que Liscia avait déjà pensé à cela, elle essayait de pousser Carla dans le harem royal.

Dans ce pays, le roi avait beaucoup de pouvoir. En principe, ce pays était censé posséder un pouvoir judiciaire indépendant, mais si le roi exerçait ses pouvoirs, il était possible de protéger un criminel vis-à-vis des poursuites qu’il encourait. Liscia avait donc essayé de me convaincre d’apprécier Carla afin que je fasse tout pour éviter qu’elle ne monte sur l’échafaud. Mais tout ça... n’était pas quelque chose qui devrait être fait à la légère.

« Où pourrait être le maître, quand la justice est le domestique ? » Dis-je. « Si un roi ne défend pas la loi, les personnes que la loi protège perdront leur respect pour ce roi. Si nous n’agissons pas de façon logique, nous payerons le prix plus tard. Liscia, vous devez comprendre cela, n’est-ce pas ? »

« Eh bien... oui... mais... » (Liscia)

Bien sûr, j’étais sûr que Liscia savait ça. Pourtant, elle ne pouvait pas abandonner son amie sans dire quelque chose. Franchement... être un roi était un rôle souvent si désagréable.

« Pourtant, je... » Commença Liscia.

« Liscia, il n’est pas nécessaire de mendier pour sauver ma vie, » déclara Carla alors que Liscia cherchait toujours ses mots. « Tu m’as envoyé des lettres encore et encore, nous demandant de prêter allégeance au roi, mais nous avons quand même choisi de refuser. J’ai suivi mon père sachant que cela pourrait arriver si nous devions perdre. Je n’obtiens donc que ce que je mérite. Je me considère comme un guerrier. Maintenant qu’on en arrive là, je ne regretterais pas de perdre ma vie. »

Carla semblait déjà avoir accepté son destin. J’avais alors senti comme si je pouvais comprendre pourquoi elle et Liscia étaient si proches. Sa personnalité était semblable à celle de Liscia, sérieuse et obstinément inflexible une fois qu’elle se décidait. C’était pourquoi tout ce que je pouvais faire était de soupirer.

« J’aurais aimé que vous ayez dirigé cette détermination dans quelque chose qui ne rendrait pas Liscia triste. » (Souma)

« Il n’y a rien que je puisse dire en réponse à cela, » déclara Carla. Puis elle rajouta d’un ton discourtois, « Ne vous avisez pas... Arg ! »

« Carla !? » Cria Liscia.

Au milieu de sa phrase, Carla se mit à gémir à cause d’une importante douleur. Le collier d’esclave s’était resserré d’un coup. Il semblait que cet objet ne tolérerait aucun manque de respect envers le maître. Il semblait assez sévère.

Quelques secondes plus tard, une fois qu’elle avait été libérée de la douleur, Carla se tourna vers Liscia, qui la regardait avec inquiétude, et elle déclara. « J-Je vais bien. »

Puis, après s’être tournée vers moi, elle baissa la tête. « Certes, je n’étais pas aussi poli que j’aurais dû l’être. Permettez-moi de reformuler cela. Roi Souma, je demande que vous n’attristiez pas Liscia comme je l’ai fait. »

« ... Je le sais déjà, » dis-je.

Alors que nous parlions, Hakuya et Tolman entrèrent dans le bureau. Tolman se plaça devant moi, effectuant un salut de style militaire avant de commencer son rapport. « Votre Majesté, nous avons fini de faire venir l’Armée de l’Air. »

« Bien, » dis-je. « Eh bien... allons-y. »

Je m’étais alors levé de mon siège avant de donner à tous mes ordres. « Hakuya, je vais vous laisser gérer le nettoyage ici. Aussi, utilisez le joyau de cette place pour entrer en contact avec Excel alors qu’elle s’occupe des Amidoniens à Altomura. Dites-lui qu’elle doit seulement tenir jusqu’à ce soir. »

« Cela sera fait selon votre volonté, » Hakuya s’inclina.

« Tolman, dirigez une unité de l’Armée de l’Air afin de bombarder Randel dans le Duché de Carmine, » continuai-je. « Cependant, vos seules cibles devraient être les lanceurs de carreaux à répétition antiaériens sur les murs du château et le château de Randel lui-même. Ne laissez surtout pas tomber le moindre baril de poudre sur l’une des maisons des résidents ! Si quelqu’un devait tuer un civil, alors je veillerais à ce qu’il soit puni après la guerre. Suis-je clair ? »

« Parfaitement Sire ! J’ai compris ! » dit-il avec fermeté.

« Liscia et Aisha, vous venez avec moi, » ajoutai-je. « Nous rejoindrons Ludwin et son groupe. »

« D’accord. » Déclara Liscia.

« C’est compris, Sire. » Accepta Aisha.

Bon. Après avoir donné des ordres à tous les autres, je m’étais tourné vers Carla. « Carla, vous venez aussi avec nous. »

« À l’heure actuelle, je ne peux pas avoir autant de valeur pour vous en tant que prisonnière, » dit Carla. « Je vous prie donc de me jeter dans n’importe quelle cellule. »

Elle semblait ne plus avoir de force, mais je secouai la tête en silence.

« Vous devriez bien voir comment cela se termine. Alors, voyez qui tirait les ficelles qui vous ont fait danser. » (Souma)

« Hein !? » Elle avait l’air surprise. « Qu’est-ce que vous racontez ? Personne ne me faisait danser... »

« Oh ! non, vous dansiez ! » dis-je. « Et après tout, moi aussi. »

« Quoi !? » Demanda Carla, me donnant un regard douteux, auquel j’avais répondu avec un soupir.

« Ce n’est pas comme si nous avions une compréhension complète du scénario. Pourtant, si nous jouons nos rôles jusqu’à la fin, je pense que nous allons commencer à le voir en entier. » Dis-je. « Nous verrons exactement qui a écrit ce script pour cette bataille. »

***

— Le même jour, quelques heures plus tard, dans la cité de Randel se trouvant dans le Duché de Carmine.

Il y avait une atmosphère détendue sur les murailles du château de Randel, la ville centrale du Duché de Carmine. L’Armée de Terre et l’Armée Interdite étaient engagées dans des hostilités, mais cette bataille était entièrement faite autour de la forteresse que l’Armée Interdite avait construite près de Randel.

De ce fait, il n’y avait pas un grand nombre de flèches passant par dessus les murs de Randel.

« ... Franchement, c’est ennuyeux, » l’un des soldats de l’Armée de Terre se murmurant à lui-même.

L’un de ses compagnons de guerre était passé à portée d’écoute et l’avait regardé avec un froncement de sourcils. « Tu sais que nous sommes actuellement dans une bataille contre l’Armée Interdite. »

« C’est ce qu’ils nous disent, mais... tous les combats se déroulent proche cette forteresse, n’est-ce pas ? » se plaignit-il. « Y a-t-il une raison pour laquelle nous sommes de garde ici ? »

Après qu’il ait dit ça, son autre de ses camarades se mit à rire avec enthousiasme avant de dire. « Qu’est-ce qui ne va pas si c’est ennuyeux ? Souhaites-tu être en première ligne face à l’Armée Interdite ? »

« Je n’ai jamais dit ça. »

« En tout cas, je parie que les gars en première ligne souhaitent échanger avec nous, » continua l’autre soldat. « S’ils résistent face à l’Armée Interdite, ils seront par la même occasion déclarés comme étant des rebelles et faisant partie d’une armée rebelle. Et pour couronner le tout, j’ai entendu dire qu’il y avait un certain nombre de soldats de l’Armée de Terre dirigés par Sire Glaive Magna, qui s’est séparé d’avec le Duc Carmine, du côté de nos ennemis. Qui voudrait se battre contre les hommes avec qui nous avons partagé tant de repas. »

« Tu as raison, » avait déclaré un autre soldat se joignant à la discussion. « J’ai aussi entendu dire que les Amidoniens se déplacent vers le sud. À quoi pense le Roi ou le Duc Carmine en agissant ainsi ? »

« Lorsque tu le regardes de cette façon, rien ne peut protéger les murs du château, » déclara le deuxième soldat.

« ... Tu dois avoir raison, » le soldat qui s’était plaint en premier avait dit ça, commençant à se convaincre de ce fait. Puis cela se produisit.

« He ! Regardez dans le ciel en direction de l’Est ! Quelque chose est en approche ! » Cria une personne se trouvant sur la muraille.

En entendant ça, tous les regards se tournèrent vers les cieux se trouvant à l’est.

Après avoir plissé leurs yeux afin de mieux voir, ils purent constater que c’était vrai. Ils pouvaient maintenant voir ce qui ressemblait à un essaim de moustiques dans le ciel en direction de l’est. Pendant un moment, ils pensaient que ce n’était qu’un vol d’oiseaux, mais il y en avait bien trop. Il y en avait plus d’un millier dans le ciel.

Au fur et à mesure que la nuée s’approchait, ils se rendirent compte qu’il s’agissait de la cavalerie-wyverne des Forces Aériennes.

Dès que tout cela fut connu, une vague de soulagement se rependit parmi les soldats.

« ... Super. Le Duc Vargas est notre allié. »

« Les Forces Aériennes sont venues nous aider ! »

« Si c’est le cas, la bataille est déjà terminée. La forteresse de nos ennemis tombera facilement sous un bombardement aérien. »

Tout le monde hocha la tête avec sagesse en accord à ces paroles.

... C’était exact que la fin de la bataille était très certainement proche. Cependant, cette fin devait être précisément le contraire de ce que prévoyaient ces soldats.

L’Armée de l’Air était alors passée au-dessus de la forteresse construite à l’extérieur de Randel, où l’Armée Interdite était retranchée, puis elle avait jeté des barils remplis de poudre à canon sur les lanceurs de carreaux anti-air se trouvant sur les murs de Randel.

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Partie 2

La cavalerie-wyverne survola les murs de Randel. Leur chef, Tolman, regardait vers le bas alors qu’une explosion se produisait. Des flammes apparurent rapidement, et de la fumée noire s’éleva dans le ciel. Leurs cibles, les lanceurs de carreaux à répétition antiaériens, avaient toutes disparu, ainsi que des morceaux de mur où ils s’y trouvaient avant.

Les barils de poudre utilisés par l’Armée de l’Air étaient de conception analogue aux flèches incendiaires que les pirates avaient utilisé pendant la période de Sengoku afin de couler des navires ennemis. Donc en gros, il s’agissait de munitions explosives.

Le temps qu’il fallait avant d’exploser pouvait être ajusté avec la longueur de la corde imbibée d’huile utilisée comme mèche. Une fois que la mèche était allumée et que la bombe était larguée, elle s’arrêterait après le temps réglé. Ils n’étaient pas comme des bombes incendiaires, qui explosaient avec la force de l’impact, mais les Forces Aériennes pouvaient ajuster leur longueur de la mèche en fonction de l’altitude à laquelle elles allaient être utilisées, de sorte qu’elles pourraient être utilisées de la même manière.

Cependant, comme la poudre à canon des barils qui n’avaient pas été correctement réglés et qui avaient frappé le sol sans exploser avait été dispersée dans la zone, une fois qu’un baril de poudre réussissait à se déclencher au bon moment, l’ampleur de l’explosion produite était bien plus importante que ce qu’elle aurait dû être avec un seul baril.

Combien de soldats de l’Armée de Terre sont morts dans cette dernière explosion... Non ! Tolman secoua la tête, obligeant les sentiments négatifs qui l’entravaient à rester à l’intérieur de lui. Je ne demanderai pas le pardon pour ça. Je le fais pour mon maître et la princesse.

Afin d’alléger la situation dans laquelle se retrouveraient Carla et Castor à la fin de la guerre, il avait besoin de la Force Aérienne afin d’atteindre aussi vite que possible cette fin. Comme s’il essayait d’augmenter son moral, Tolman avait crié des ordres au reste de l’Armée de l’Air.

« Les lanceurs de carreaux se sont tus ! Maintenant, que commence le bombardement du Château de Randel ! Ne touchez sous aucun prétexte à l’une des résidences ! Afin de maintenir la fierté de l’Armée de l’Air, nous ne pouvons autoriser la moindre mort inutile ! »

« « « Oui !!! » » »

Les hommes et les officiers répondirent tous en entendant les paroles de Tolman.

Et ainsi, une formation de cavaliers-wyvernes commença le bombardement aérien du château de Georg Carmine qui se trouvait au centre de Randel.

***

— À ce moment-là, en dehors de Randel.

Nous nous trouvions au moment même où la cavalerie-wyverne commandée par Tolman commençait son bombardement contre les murs du Château de Randel.

Une wyverne portant une nacelle contenant Liscia, Aisha, la captive Carla et moi-même descendait vers la forteresse où Ludwin et les autres étaient retranchés. Il était dangereux d’atterrir dans une forteresse qui était assiégée, mais l’Armée de Terre était bien étonnée lorsque le bombardement de Randel avait commencé. Grâce à ce fait, nous avions pu entrer facilement dans la forteresse.

Au moment où nous étions sortis de la nacelle de la wyverne, Ludwin, Hal et Kaede étaient là pour nous accueillir. Alors qu’ils affichaient tous des signes d’épuisement, j’avais été soulagé de voir qu’ils étaient tous indemnes. Alors qu’ils se défendaient seulement contre un siège depuis un jour et demi, je savais que des accidents inattendus pouvaient toujours se produire.

Je frappai mon poing contre le poing de Hal avant de dire. « Comme prévu, j’ai apporté la Force Aérienne. »

« Et bien, comme prévu, nous nous sommes opposées à l’Armée de Terre pour vous, » me répondit-il.

Nous étions tous deux très fiers de ce que nous avions pu accomplir.

« Même si cela n’a été qu’un jour et demi, » dis-je. « Si vous n’aviez pas réussi à tenir un tel laps de temps, je ne saurais pas quoi faire de vous. »

« Espèce d’idiot, » grogna-t-il. « Est-ce que vous savez que l’ennemi a même amené des canons sur le champ de bataille ? Si les Elfes sombres n’étaient pas venus nous soutenir, nous aurions pu subir de sérieuses pertes. »

« Je vois... Je saurais récompenser leurs renforts après la fin de cette guerre, » dis-je. « Quoi qu’il en soit, je suis content de voir que vous allez tous bien. »

« Vous aussi, Souma, » dit-il. « Vu que vous êtes très faible, alors vous ne devez pas pousser trop loin vos efforts ! »

« Et vous, Hal, vous êtes très fort, mais comme vous ne réfléchissez jamais, je m’inquiétais que vous décidiez de charger aveuglément et d’ainsi être bêtement tué. »

Pour une raison inconnue, Hal et moi, avions fait part de nos réalisations avant de changer de sujet et de parler de nos défauts.

Liscia, Aisha et Kaede nous avaient toutes regardés, levant les yeux vers le ciel.

« Qu’est-ce que ces deux-là font ? » murmura Liscia.

« Eh bien, peut-être que vous pourriez appeler cela comme étant une certaine sorte d’amitié virile ? » suggéra Aisha.

« Vous savez, c’est juste une certaine forme de rivalité de Hal envers Sa Majesté, » déclara Kaede.

Les filles étaient actuellement en train de dire tout ce qu’elles pensaient à propos de nous. Carla était la seule qui ne savait pas à quoi ressemblait notre relation, alors elle restait là, silencieuse, puis elle demanda. « Cet homme... N’est-il pas un peu trop amical avec le roi ? »

« L’officier Halbert a été autorisé à le traiter en tant qu’ami. Fondamentalement, il est pareil que nous, » lui expliqua Liscia.

Puis, Ludwin s’agenouilla devant moi avant de me faire son rapport.

« Sire, nous avons construit et défendu avec succès la forteresse, telle qu’ordonné, » déclara-t-il.

« Vous m’avez admirablement servi, » dis-je. « Je veillerai à ce qu’après la guerre, vous et vos troupes soyez dûment récompensées pour votre effort. »

Il m’avait adressé la parole avec un ton formel, alors j’avais répondu sur le même ton. En me voyant soudainement passer à ce ton indiquant une certaine importance, Hal et les autres avaient souri, mais j’avais fait de mon mieux pour l’ignorer. Le temps était désormais précieux.

« Ludwin, rassemblez les troupes et préparez-vous à bouger, » ordonnais-je.

« D’accord Sir ! Allons-nous attaquer Randel ? » me demanda-t-il.

« Non... La bataille ici est déjà terminée, » lui répondis-je.

« Hein !? Que faites-vous... » commença-t-il.

« J’ai un rapport à vous transmettre ! » Au même moment, un soldat de l’Armée Interdite se précipita vers nous tout en criant ça.

Il avait l’air incroyablement agité. Il était venu vers nous si vite qu’Aisha et Ludwin avaient tous deux dégainé leurs épées.

Le soldat se jeta pratiquement sur le sol afin de se prosterner devant moi, puis il haussa la voix avant de dire. « Le drapeau blanc a été dressé sur le château de Randel ! N-Notre armée est donc victorieuse ! »

***

Un peu avant ça, il y avait eu un tumulte dans le château de Georg Carmine au sujet de l’attaque-surprise. Il y avait beaucoup de rumeurs différentes au cœur du château.

Est-ce que Castor Vargas les avait trahis ?

Le Roi et Castor Vargas avaient-ils fait collusion dans les coulisses ?

Non, ce n’était pas lui qui avait réussi à faire ça, mais plutôt Excel Walter, cette femme capable et vétéran de nombreuses batailles.

... Voilà donc comme cela se déroulait dans le château, avec diverses théories échafaudées, mais personne n’avait pu deviner la vérité. Cette vérité qui était que Souma avait conçu un plan si bien ficelé qu’il avait pu vaincre l’Armée de l’Air en une seule journée.

Ceux qui avaient causé le plus de bruit à propos de ces événements étaient ceux qui hier, avaient épuisé leurs troupes personnelles lors de la bataille contre la forteresse et qui aujourd’hui, avaient été retirés de la ligne de front. Les nobles corrompus qui avaient pris leur repos dans le château de Randel. Dès qu’ils avaient découvert que la grande explosion avait été produite par un bombardement aérien effectué par l’Armée de l’Air, ils s’étaient tous précipités vers le bureau des affaires gouvernementales, où Georg Carmine faisait son travail de gestion malgré la situation en cours.

« Duc Carmine ! Que faites-vous là, à agir de manière si décontractée alors que nous sommes en pleine crise ? » s’exclama l’un d’eux.

« La Force Aérienne nous a trahis ! L’un après l’autre, nous devrions proposer un plan d’action, » déclara un autre.

« S’il vous plaît, donnez-nous vos ordres ! Que devons-nous faire ? » demanda un troisième.

Alors que les nobles étaient tombés en pleine frénésie et qu’ils lui criaient tous avec diverses formes de violence verbale, le lieutenant homme-loup de Georg, Beowulf, qui était présent en ce moment afin de faire un rapport sur le bombardement, plissa son front dû à la colère. Il était sur le point de dégainer l’épée se trouvant à la hanche afin de corriger à l’affront, mais...

« Beowulf, » déclara Georg en s’adressant à lui.

« Oui, Sire ! » répondit-il, plaçant toute son attention vers Georg.

Georg lui demanda dans un ton calme, « À l’heure actuelle, quelle est l’étendue des dommages causés par le bombardement aérien ? »

« Sire, » dit-il. « Le bombardement sur le château n’a fait exploser qu’une partie du toit et des tours. Heureusement, il y a eu peu de victimes. Cependant, nous avons perdu tous les lanceurs à carreaux anti-air se trouvant sur les murs du château. Les soldats affectés à la garde des murs sont actuellement dans un état de panique et de confusion. »

« Je vois... » répondit Georg.

Georg n’avait montré aucun signe de changement dans son expression alors qu’il écoutait le rapport de Beowulf, mais les nobles qui écoutaient étaient devenus d’une horrible pâleur. La perte des lanceurs de carreaux antiaériens signifiait la perte de toute capacité à s’opposer à la cavalerie-wyverne. L’Armée de Terre n’avait maintenant aucun moyen d’arrêter le bombardement effectué par la Force Aérienne. En d’autres termes, même s’ils tentaient de se réfugier à l’intérieur du château, ils seraient unilatéralement bombardés jusqu’à ce qu’ils meurent.

Georg caressa sa barbe qui avait fusionné avec sa crinière. « Bref, tout le monde dans ce château est maintenant son otage. »

« C’est exact, Sire. Cela semble être le cas, » répondit Beowulf.

Quand il entendit la réponse de Beowulf, les coins de la bouche de Georg se levèrent alors qu’il disait, « Donc, cette bataille est perdue pour nous. »

Il avait accepté sa défaite si facilement que les nobles corrompus n’avaient pas compris pendant un bon moment ce qu’il avait dit.

Ils avaient perdu.

Au moment où ils avaient enfin réussi à traiter l’information, leurs visages devinrent rouges ou bleu alors qu’ils s’agglutinèrent tous autour de Georg.

« Duc Carmine, qu’est-ce que vous avez dit !? Nous n’avons pas encore perdu ! » cria l’un des nobles.

« Effectivement ! L’Armée est encore pratiquement indemne ! Il y a encore de nombreuses occasions de changer la situation ! » cria un deuxième noble.

« Si nous n’avons pas de lanceurs à carreaux antiaériens, il nous suffit de nous retirer dans une ville qui en possède ! Prévoyons notre retour en force et faisons face là-bas au roi et à l’Armée Interdite ! » proposa un troisième.

« ... Voulez-vous me faire abandonner Randel ? » Georg dit cela avec un ton d’exaspération alors qu’il regardait les nobles qui disaient qu’ils résisteraient jusqu’au dernier instant.

« Qu’est-ce qu’un souverain qui rejette ses sujets ? Si un seigneur fuit et abandonne son peuple, il est sûr que la population d’une autre ville ne l’acceptera jamais, » continua Georg.

« Qu’est-ce que vous avez dit ? » S’exclama l’un des nobles. « Les sujets sont ceux qui n’ont d’autre choix que d’obéir face au vainqueur ! Même si pendant un certain temps, ils seront mécontents, tant que vous gagnez à la toute fin, ils céderont face à vous ! »

« Tout à fait ! Les platitudes ne valent que si nous vivons ! Tout d’abord, nous devons penser à un moyen de survivre ! » Cria un autre.

En écoutant les nobles qui, même maintenant, n’étaient concernés que par leur propre bien-être, Georg lâcha un soupir.

« En fin de compte, les seuls pour qui vous ressentez de la crainte sont uniquement vous-mêmes, » déclara Georg. « Ha ! Mais maintenant que j’y pense, vous étiez déjà ainsi dès le départ. Franchement... dans le court laps de temps depuis la dernière fois où nous avons combattu un ennemi venant de l’étranger, je n’aurais jamais pensé que nos racines devinssent si pourries. Comme je l’avais imaginé, pour que les nouveaux bourgeons puissent prospérer, il faut qu’en premier lieu, les feuilles et les branches pourries soient éliminées. »

« Duc Carmine !? Qu’êtes-vous en train de dire... ? » demanda un noble.

Les nobles étaient déconcertés par le brusque changement de comportement de Georg.

Georg ne leur prêta pas la moindre attention, ordonnant à son lieutenant, « Beowulf. Faites comme nous avions prévu. »

« ... Oui, Sire, » répondit Beowulf.

Soudainement, quand Beowulf leva la main droite, des soldats se précipitèrent dans la pièce, leurs épées dégainées, avant d’entourer les nobles. Avec entre vingt à trente soldats qui les bloquait à la pointe de leurs épées, les nobles qui ne pouvaient fuir se rendirent finalement compte qu’ils avaient été trompés par Georg. Les uns après les autres, ils avaient été rapidement dépouillés de leurs armes et forcés de porter des colliers d’esclaves.

« Duc Carmine, quel est le sens de vos actes ? » S’exclama l’un d’eux.

« Duc Carmine, vous ne pouvez pas faire ça ! Voulez-vous envoyer nos têtes afin de demander au roi d’épargner la vôtre !? » S’écria l’un d’eux.

« C-Ce n’est pas juste ! » cria un troisième.

« Soyez maudit ! Georg Carmine, vous êtes une ordure ! » cria un autre noble.

Alors qu’il entendait les nobles qui lui parlaient encore ainsi, Georg poussa de nouveau un profond soupir de déception. « Ceci m’énerve quand vous suggérez que je suis quelque chose comme vous... Emmenez-les loin de moi ! »

Les nobles liés furent sortis de la salle par les nombreux soldats présents. Certains avaient quand même essayé de résister, mais ayant déjà leurs cous entourés par des colliers d’esclaves, et leur maître, Beowulf activa simplement les colliers qui les contraignaient, les rendant immédiatement inconscients.

Même une fois que la porte fut fermée et qu’ils étaient hors de vue de Georg, ils pouvaient encore être entendus qui maudissaient Georg depuis le couloir. Après un petit moment, ces voix cessèrent et enfin Georg retourna s’asseoir sur son siège.

Puis, exhalant profondément, il pose une question à Beowulf. « Que sont devenus leurs troupes personnelles et les mercenaires zemishs ? »

« Sire, ils sont détenus par nos troupes au moment où nous parlons, » répondit Beowulf.

En entendant la réponse de Beowulf, Georg hocha la tête avec satisfaction. Puis, comme s’il enlevait le masque de sévérité qu’il avait porté tout ce temps, un doux sourire s’afficha sur son visage.

« J’ai fait ce que je devais faire. Maintenant, je n’ai plus aucun regret dans ce monde, » déclara-t-il.

Contrairement à Georg, qui avait l’air lumineux et joyeux, Beowulf avait l’air d’agoniser. Quand il pensa à ce qu’il devait faire maintenant, tout cela pesa lourdement sur lui. Georg comprenait parfaitement ce que Boewulf ressentait, alors il donna l’ordre aussi calmement qu’il pouvait le faire.

« Il est temps, Beowulf. Pourrais-je vous demander de faire de même pour moi ? » demanda Georg.

« ... Oui, Sire. » Répondit simplement Beowulf.

Après avoir eu un petit moment d’hésitation, Beowulf attacha aussi un collier d’esclave autour du coup de Georg. Même s’il recevait un collier mortel qui l’obligerait à une obéissance absolue envers son nouveau maître, Georg avait une expression de calme, comme s’il demandait à sa femme d’ajuster la cravate chic qu’il avait l’intention de porter lors d’une réception de mariage.

Avec ce collier d’esclave entourant son cou, Georg donna maintenant son ordre final en tant que Général de l’Armée de Terre. « Dépêchez un messager afin d’annoncer notre capitulation à l’Armée Interdite et placez-vous sous les ordres de Sa Majesté. Tous les soldats et les officiers, à l’exception des nobles corrompus et de leurs troupes, n’ont agi que sous mes ordres. Je suis responsable de tous leurs crimes. À partir de maintenant... Je vous laisse la suite à Glaive et à vous. Me suis-je bien fait comprendre ? »

« ... Oui, Sire. Je vais le faire tout de suite, » déclara Beowulf.

Beowulf le salua avant de quitter la pièce. Après l’avoir regardé partir, Georg ouvrit le tiroir inférieur de son bureau.

À l’intérieur se trouvait une bouteille de vin provenant de l’année où la princesse Liscia était née. Elle lui avait été donné par l’ancien roi, Albert, alors qu’il lui avait demandé, « Peu importe ce qui devrait arriver, je veux que vous protégiez ma fille. » Et il avait tenu sa promesse depuis ce jour.

Après la graduation de Liscia dans l’académie des officiers, au moment où il l’avait gardée à ses côtés, il lui avait souvent dit. « Le jour de votre mariage, j’ai l’intention de me prendre une bonne cuite avec ce vin. » Tout en riant.

Son mariage... hehe, pensa-t-il. Ne pas pouvoir voir la princesse le jour de son mariage est mon seul regret, mais je pense qu’il s’agit là du meilleur cadeau de mariage que quiconque puisse lui offrir. Alors je n’ai pas à me sentir mal vis-à-vis de ça. Quant à ce vin... Je devrais peut-être demander à quelqu’un de voir si cela ouvre de nouvelles voies à ce jeune roi. Cependant, comme il est l’homme qui m’a volé la princesse, je serais un peu méchant de le faire.

Avec un rire d’autodérision, il s’imagina Souma et Liscia debout l’un à côté de l’autre le jour de leur mariage.

Le roi viendra-t-il dans ce château, je me le demande ? J’aimerais beaucoup le rencontrer personnellement et au moins lui parler une fois.

C’était le souhait de Georg, mais ce qui vint à sa place fut un messager.

« Voici un rapport ! Le Roi Souma n’est pas entré dans Randel et est déjà parti avec l’Armée Interdite en direction de l’ouest ! » c’était ce que disait son rapport.

Puis, après ça, il lui fut également signalé que des ordres étaient arrivés alors que le messager lui annonçait, « Une fois que l’Armée de Terre sera réorganisée sous le commandement de Beowulf et de Glaive Magna, elle doit également suivre le même trajet que l’Armée Interdite. »

Quand il reçut ce rapport, les yeux de Georg s’écarquillèrent pendant un moment.

« Si vous voulez être un grand arbre bloquant mon chemin, je passerais par-dessus vous. »  Il se souvint du visage de Souma quand le jeune roi lui avait dit ces mots.

Et alors, Georg comprit tout à ce moment-là. « Gya ha ha ! Je vois, alors c’était ça ! Le roi cherchait juste à appâter un gros poisson ! »

Tout à coup, après qu’il ait tout compris de la situation dans laquelle il était, il s’était mis à rire sans interruption.

« Je comprends ! J’ai simplement été utilisé comme un tremplin ! Était-ce le plan du roi ? Ou était-ce celui du Premier ministre à la robe noire ? Quoi qu’il en soit les jeunes, c’était vraiment sublime ! Il s’agit donc bien de l’aube de la nouvelle génération ! Mon temps est maintenant terminé. Maintenant, mon roi, ma princesse ! Main dans la main, passez par dessus le vieil arbre que je suis et suivez votre propre chemin ! Gloire aux nouveaux bourgeons et gloires à Elfrieden ! » déclara Georg.

Alors qu’il était témoin de la fin de sa propre ère, Georg les avait bénis de tout son cœur.

« Sacrifiez le Prunier afin de préserver le Pêcher. »

Il s’agissait du stratagème que Georg avait suivi, atteignant ainsi une plus grande victoire en se sacrifiant.

☆☆☆

Partie 3

Examinons les détails de la bataille jusqu’à ce moment-là.

Tout d’abord, cette série de batailles avait commencé lorsque les trois ducs s’étaient opposés à l’abdication de l’ancien roi, en choisissant de ne pas me jurer fidélité. Depuis que j’avais reçu le trône, les trois ducs s’étaient retranchés dans leurs duchés avec les armées qu’ils contrôlaient.

Les trois ducs n’étaient pas coopératifs pendant la période où je rassemblais du personnel et essayais désespérément de remettre le pays sur pieds. Ensuite, un certain nombre de nobles sur qui il y avait une enquête pour corruption dans le cadre de ma reconstruction de l’économie avaient fui. Après qu’ils furent réfugiés dans le Duché de Carmine, il s’agissait clairement de l’événement qui nous avait poussés vers un état d’opposition encore plus marqué.

Puis, quand l’autre jour, j’avais lancé un ultimatum, les choses s’étaient finalement développées au point où le roi et les trois ducs étaient en conflit ouvert.

Cependant, l’un des trois ducs, l’Amiral de la Marine, Excel Walter, avait juré loyauté envers moi lors de l’ultimatum. Ceci avait empêché l’Armée Interdite et la Marine d’entrer en conflit.

Après cela, Georg, qui avait rejeté mon ultimatum, et Castor, qui était prêt à devenir lui-même un martyr pour son amitié avec Georg, avait levé le drapeau de la rébellion contre moi. C’était ce qui avait causé cette actuelle guerre. Eh bien ! Dans tous les cas, il s’agissait du scénario que non seulement mon peuple, mais aussi la Principauté d’Amidonia croyaient.

— Cependant, ce scénario n’était que la surface. La vérité derrière cette affaire était complètement différente.

Tout d’abord, les gens pensaient qu’Excel m’avait juré sa loyauté quand j’avais lancé mon ultimatum. Mais en vérité, elle l’avait fait bien avant ça. Excel avait envoyé sa petite-fille Juna pour être à mes côtés afin de juger si j’avais ce qu’il fallait pour être roi. Après qu’elle ait reçu des rapports de Juna lui disant ce que j’avais fait, elle m’avait juré de sa loyauté et nous avions utilisé Juna comme intermédiaire.

Cependant, afin de surveiller Georg, qui avait fait des démarches inquiétantes, ainsi que pour tenter de persuader Castor, nous avions caché ce fait, et elle avait continué à travailler aux côtés des deux autres Ducs jusqu’à l’ultimatum.

En plus, la raison pour laquelle ce conflit avait éclaté était également très différente de ce que le monde pensait.

Le plan sur lequel Hakuya et moi avions travaillé était quelque chose de complètement différent, et nous n’avions pas songé à neutraliser les trois ducs.

Quand Liscia m’avait dit quel genre de personne était Georg, je pensais qu’il était le genre d’homme qui serait possible de raisonner. Même avec Castor, je savais qu’il avait un tempérament un peu direct, mais si Excel et Georg travaillaient tous à le persuader, j’avais pensé qu’il se conformait de bonne grâce.

Cependant, parce que Georg avait abrité les nobles corrompus, mes projets avaient été gâchés.

Cela dit, ni Hakuya ni moi-même n’avions jamais vu les nobles corrompus comme de graves conséquences pour le futur. Ils avaient déjà été chassés de leurs positions. Vu que nous avions fermé la frontière et que nous pouvions simplement saisir leurs biens, je ne me souciais pas de leur destination finale. Cependant, Georg avait gardé ces nobles à portée de main, ajoutant leurs forces à ses propres troupes.

Au début, quand j’avais vu qu’il agissait tellement différemment de ce que Liscia m’avait dit à propos de lui, j’en fus indigné.

C’était alors que Glaive Magna, qui avait dit avoir quitté l’Armée de Terre, était apparu devant moi.

***

Sur le plan technique, il était venu chez moi pour s’excuser de la grossièreté de son fils, Hal. Mais même si cela n’avait pas été le cas, j’étais sûr qu’il aurait comparu devant nous. Car Glaive s’était vu confier une mission secrète par Georg lui-même.

Une fois qu’il avait fini de s’excuser pour l’impolitesse de Hal, il avait commencé par dire. « Maintenant Votre Majesté, je me rends compte que c’est incroyablement grossier, mais je voudrais vous dire quelque chose de plus. »

Quand je lui avais demandé ce que c’était, il m’avait répondu. « Et bien... ce serait beaucoup mieux que cela ne soit pas entendu par beaucoup de personnes. » Et il m’avait demandé de faire vider la pièce de ses occupants.

J’avais donc fait rester Liscia, Aisha, Hakuya, Hal et Kaede, et j’avais fait sortir les autres personnes. Après avoir fait ça, Glaive avait finalement commencé à parler du plan de Georg. « Le duc Carmine a l’intention de rassembler tous les nobles corrompus en un seul endroit, de lancer une rébellion avec leur soutien. Puis, Votre Majesté, vous pourrez ainsi tous les capturer d’un seul coup. »

Il s’agissait donc d’un plan afin d’attraper tous les nobles corrompus en une seule opération. Car ils seraient dangereux si je les laissais rester n’importe où. Georg avait donc pris clairement une position d’opposition, afin d’attirer ces éléments déstabilisateurs tels des papillons attirés par une flamme.

Puis il avait fait que Glaive et ses hommes, ceux qui lui faisaient le plus confiance dans l’Armée de Terre, rompent leurs relations avec lui en raison de « la méfiance vis-à-vis du fait d’avoir décidé d’abriter les nobles corrompus. »

Ils rejoindraient l’Armée Interdite pour qu’il y ait des personnes pouvant réorganiser l’Armée de Terre après la guerre. Après cela, il rejetterait mon ultimatum, et une fois que les éléments déstabilisateurs se seraient rassemblés chez lui, nous nous retrouverons sur le champ de bataille. Son plan était d’amener les nobles avec lui.

L’Armée de Terre était un puissant ennemi avec ses 40 000 soldats, mais si l’Armée Interdite, l’Armée de l’Air et la Marine travaillaient tous ensemble, elles pouvaient facilement la battre.

En fait, même dans cette bataille récente avec l’Armée de Terre, tout ce qu’il avait fallu faire avait été de détruire leurs lanceurs de carreaux antiaériens avec une attaque-surprise effectuée par l’Armée de l’Air afin de préparer le terrain. Puis, en même temps qu’il se rendait, la garde personnelle de Georg arrêterait les nobles et leurs armées personnelles, y compris les mercenaires provenant de Zemish.

Voilà le plan de Georg.

Après avoir entendu le plan par l’intermédiaire de Glaive, j’avais sans le vouloir crié de colère. « C’est quoi ce bordel !? Qui lui a demandé de faire cela !? »

« Votre colère est compréhensible, mais... il s’agit de la propre idée du Duc Carmine, » répondit Glaive.

Même si Glaive avait incliné la tête, il semblerait qu’il n’avait pas l’intention de céder.

« Pourquoi ferait-il ça ? Les nobles corrompus ont déjà été renvoyés de leurs fonctions. Nous avons aussi déjà saisi leurs biens. Laissez ces cafards partir ! » criai-je.

« Si vous le demandiez au Duc Carmine, alors il vous répondrait qu’il estime que votre manière d’agir est naïve. » Glaive haussa la voix due à la colère, mais il réussit quand même à se contrôler. En tant que sujet, il ne pouvait pas se permettre une bataille avec son roi quant à savoir qui crierait le plus fort.

Après avoir entendu ce qu’il disait, ceci m’avait rendu un peu de mon calme. « ... Et en quoi suis-je naïf ? »

« Sire, lorsque les racines pourrissent, la pourriture se propage sur les racines voisines, » déclara Glaive. « Le problème avec ces nobles est leurs grands nombres de connexions. Afin de préserver leurs influences, ils font marier à maintes reprises leurs filles afin de créer de nouveaux liens familiaux. Très probablement que si vous les jugez pour quelque chose de mineur comme la corruption, d’autres maisons vont intervenir afin de l’en empêcher. De plus, même s’ils perdaient leurs propres maisons, il est possible qu’ils aillent se réfugier dans d’autres maisons où ils ont des proches. En tant que tel, il est nécessaire de faire d’eux des traîtres envers l’état afin de les empêcher de faire ça. »

Je devins silencieux.

Je comprenais parfaitement ce que Glaive voulait dire.

Afin de pouvoir juger ces nobles corrompus avec tous leurs liens, je devrais leur faire commettre un crime qui rendrait responsables également leurs familles. Puis, craignant qu’ils ne soient pris au piège, les autres nobles couperaient leurs liens avec eux. Il semblerait que cela avait du sens. Il semblerait que ce soit le cas, mais...

« ... Avons-nous vraiment besoin d’aller aussi loin ? » Demandai-je.

« Oui, » répondit-il. « Il y a une autre raison... »

« Quoi, il y en a encore en plus ? » Demandai-je.

« Vous dites que vous avez saisi leurs biens, Sire, mais vous n’avez pris que ce qui était visible, » dit-il. « Ces personnes de l’ombre ont de l’argent et de l’influence dans des endroits que personne ne remarquera. En fait, les nobles qui sont déjà venus se réfugier dans le Duché de Carmine ont utilisé cet argent dissimulé afin d’embaucher des mercenaires de Zemish. Je crois qu’il s’agit là d’une preuve que vous n’avez pas encore tout saisi. »

Après qu’il ait souligné ce fait, je pressai ma paume contre mon front.

Bien sûr. J’avais regardé tous les livres de comptes et je m’étais donc trompé en pensant que je savais d’où provenaient tous leurs fonds. Il m’avait laissé entendre qu’il était possible d’accumuler de la richesse de manière à ne pas apparaître sur les livres.

Alors que j’avais regardé Hakuya, je vis qu’il avait une expression similaire visible sur son visage.

Pour moi, qui n’avait jamais eu d’interaction avec les nobles avant ça, et pour Hakuya, qui avait été reclus jusqu’à tout récemment, nous n’avions pas pleinement apprécié comment les nobles pourraient être et agir.

Dans ces moments-là, ceci me faisait me rappeler que j’avais besoin de personnes capables autour de moi.

« Est-ce que Georg a l’intention de faire en sorte que les nobles utilisent ces financements obscurs ? » Demandai-je. « Même s’il le fait, l’argent ira juste à Zem afin de leur envoyer des mercenaires... »

C’était à ce moment-là que j’avais compris la façon de secouer Zem et de récupérer les fonds qui tombaient dans leurs coffres.

« L’argent de rançons ! » m’écriai-je.

« Tout à fait, » déclara Glaive. « En même temps que nous capturerons les nobles corrompus, nous capturerons également tous les mercenaires zemishs qu’ils auront embauchés. »

Comme au Japon pendant la période de Sengoku, il existait un système en place, pour les soldats qui avaient été fait prisonnier, permettant d’être libérés en échange d’une rançon. Les rançons étaient augmentées selon le statut d’une personne, et si personne ne payait la rançon, ce captif serait vendu en tant qu’esclave. Dans la plupart des cas, ceux de faible statut seraient libérés au sein d’un grand groupe lorsque leur pays payait une somme forfaitaire, mais ceux de plus grand statut verraient leurs rançons payées par les membres de leur maison. Il y avait eu de nombreux cas où une maison avec une capacité de paiement limitée s’était ruinée en faisant ça.

« Georg veut-il que les nobles utilisent leurs financements de l’ombre afin d’embaucher des mercenaires de Zem, puis de récupérer l’argent de Zem en leur faisant payer la rançon pour leurs mercenaires capturés ? » demandai-je.

« C’est exact, » répondit-il.

Les mercenaires Zem envoyés n’auraient pas de personnes de haut statut dans leurs rangs, mais le montant qu’ils devaient payer sous forme d’une somme forfaitaire serait considérable.

Franchement... il s’agissait d’un plan très bien ficelé. Ceci l’avait rendu d’autant plus irritant.

« Pourquoi dois-je gaspiller un homme qui peut réfléchir à ce point à un tel plan ? » protestai-je amèrement. « Je suis déjà à court de personnes capables, alors s’il est déterminé à m’aider, il devrait simplement m’aider d’une manière un peu plus normale ! »

« S’il vous plaît, Sire, veuillez le comprendre, » déclara Glaive, me regardant directement dans les yeux. « Le Duc Carmine vous a confié le futur du royaume. »

Je déglutis à ce moment-là. « ... Comment pourrait-il croire autant en moi ? Nous ne nous sommes jamais rencontrés. »

« Cela, je ne le sais pas du tout. Lorsque vous rencontrerez vous-même le Duc Carmine, je vous suggère de le lui demander. »

Je devins silencieux.

***

À cette époque, je n’avais eu aucune réponse. Mais plus tard, lors de l’ultimatum, j’avais essayé de demander subtilement à Georg quelles étaient ses motivations. « Qu’est-ce qui vous a poussé à faire cela ? »

En réponse à ma question, Georg avait répondu, « Ma fierté en tant que guerrier. »

Il avait continué à parler, « Ayant plus de cinquante ans, mon corps me fera que s’affaiblir à partir de maintenant, mais actuellement, je possède la plus grande des circonstances opportunes qui m’ait été présentée. Je déciderai du destin d’Elfrieden avec mes propres talents. Une fois dans sa vie, c’est le désir de chaque guerrier d’accomplir quelque chose dont se souviendra chacune des générations suivantes. »

En fonction de la façon dont vous les avez interprétées, ces mots pouvaient ressembler à quelque chose comme un usurpateur ayant l’intention de faire un pari sur une vie. Cependant, le fait important dans cette affaire était qu’il avait déclaré qu’il était prêt à donner sa vie à ce pays.

Déterminer le sort d’Elfrieden avec ses propres talents et accomplir quelque chose qui resterait dans la mémoire des prochaines générations. C’était pourquoi il voulait détruire les nobles corrompus, même s’il devait se sacrifier afin de le faire.

Je ne savais pas si ces mots étaient la vérité. Cependant, je pouvais dire que sa résolution était inébranlable. La résolution de Liscia était peut-être venue de cet homme, son professeur.

Revenons maintenant au sujet principal.

Les informations qui nous avaient été apportées par Glaive avaient été cachées dans les cœurs de tous ceux qui étaient présents ce jour-là. Il y avait eu six personnes présentes : moi-même, Liscia, Hakuya, Aisha, Kaede et Hal.

Si un seul mot concernant cette vérité avait fuité, alors tout le plan aurait pu ne jamais voir le jour. C’est pourquoi nous ne pouvions pas communiquer ce plan à Excel, qui coopérait déjà avec nous à ce moment-là, ou même à Ludwin, le commandant en chef de l’Armée Interdite. Pour cette raison, Excel restait méfiant de Georg, et il y avait eu une autre erreur de calcul.

La rébellion de Castor.

Parce que le plan s’était mis en place dans le secret absolu, Castor abritait des doutes envers moi, et donc son Armée de l’Air avait fini par se ranger du côté de Georg. Pour nous, et pour Georg, cet événement était complètement en dehors de nos prédictions. Peu importe à quel point Castor pouvait être simpliste, cela ne m’était pas venu à l’esprit qu’il se rangeait du côté de Georg alors que Georg agissait d’une manière aussi suspecte.

Je n’avais jamais pensé qu’il ne prendrait qu’une centaine d’hommes de ses troupes personnelles et qu’il rejoindrait Georg, prêt à devenir lui-même un martyr afin de respecter leur amitié.

Grâce à cela, la bataille de la Cité du Dragon Rouge avait été une situation complètement improvisée, qu’on ne trouvait pas dans le scénario de Georg. Bien que cela soit correct, puisque nous avions gagné, il s’agissait d’une situation qui aurait pu transformer l’intégralité du script prévu en une scène d’improvisations.

Peut-être qu’Excel aurait pu prévoir que Castor agirait comme ça. Cependant, parce que nous avions gardé le plan de Georg secret vis-à-vis d’Excel, il n’y avait aucune possibilité de la consulter. En ce qui concerne les résultats finaux, mon incapacité à utiliser les personnes que j’avais à ma disposition avait provoqué une confusion dans toute cette situation, alors j’avais probablement beaucoup de choses à considérer maintenant.

Eh bien, cela avait été une bataille avec de nombreux virages, mais en quelque sorte, je pensais que nous avons réussi à exécuter le scénario de Georg jusqu’à la fin. Et enfin, le rideau pouvait tomber sur la scène écrite dans les plans de Georg.

Maintenant, c’était là que cela allait vraiment commencer. Enfin, nous pouvons arriver à l’événement principal.

Hakuya et moi étions les scénaristes de cette nouvelle étape sur le point de commencer. À cause de Georg, nous avions dû prendre une longue route afin d’arriver ici. Mais, enfin, nous pouvions maintenant lever les rideaux sur notre propre scène.

« Maintenant, que commence l’assujettissement ! » C’était ce que j’avais déclaré.

L’assujettissement était un mot utilisé pour décrire la neutralisation d’une révolte se trouvant dans son propre pays, mais, plus largement, il pouvait également se référer à la répression d’une puissance étrangère hostile.

Ici, je voudrais que vous vous souveniez d’une chose.

La Principauté d’Amidonia allait envahir le pays en passant par le sud-ouest en raison de leur correspondance avec Georg, et ils avaient prévu de faire coïncider leur invasion avec le début de la révolte.

Cependant, Georg lui-même ne s’était concentré que sur les affaires intérieures.

Bien sûr, cela signifiait que dès le départ, il n’avait jamais été vraiment en contact avec la Principauté d’Amidonia.

Et maintenant, on peut bien se demander qui avait pu être celui qui avait pris le nom de Georg et qui avait envoyé des lettres à Gaius VIII.

— Mais maintenant, laissez-moi commencer le véritable assujettissement.

☆☆☆

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