Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 10 – Histoire bonus – Partie 2

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Histoire bonus : La plus heureuse des reines

Partie 2

Afin de construire une nation capable de s’opposer à l’Empire du Gran Chaos sur la partie occidentale du continent, mon père avait mené des guerres pour étendre le territoire du pays. Il avait annexé un certain nombre de petites et moyennes nations au nord, creusé une grande partie du territoire de la Principauté d’Amidonia à l’ouest, et tenu des affrontements répétés avec la République de Turgis au sud et l’archipel du Dragon à Neuf Têtes dans la mer orientale.

Cette expansion rapide avait engendré des frictions, et notre pays en était venu à contenir les conquérants et les conquis, les pillards et les pillés, les tueurs et les tués, tous en même temps. Ces graines d’agitation avaient rapidement germé lorsque mon père était mort sans désigner d’héritier.

Qui deviendrait le prochain roi et hériterait du pays ?

Parce que le pays était devenu si grand, il y en avait beaucoup qui levaient la main.

Les luttes à l’intérieur de la maison royale s’entrelacèrent avec les intrigues des chevaliers et des nobles, et les étincelles s’amplifièrent.

Puis les graines de l’agitation avaient fini par germer.

« Si la Chambre se range de leur côté, elle se joindra à leur opposition. »

« Nous ne pourrons jamais pardonner à cette personne, donc nous ne nous joindrons pas à la faction qu’ils soutiennent. »

Ainsi, les échelons supérieurs de la société s’étaient divisés en camps, et ces camps en étaient venus à s’opposer les uns aux autres.

Ces étincelles étaient aussi tombées très vite sur moi.

« Choisir un fiancé, dit-on…, » murmurai-je.

J’avais regardé les portraits de prétendants entassés sur mon bureau et j’avais poussé un soupir.

J’étais la fille de la troisième reine primaire et j’avais plus d’une poignée de demi-frères et demi-sœurs qui étaient au-dessus de moi. J’étais environ dixième sur la ligne de succession au trône, et avec ma mère déjà décédée, et sans le soutien d’une famille, je n’aurais jamais dû être impliquée dans la crise successorale.

C’était la raison pour laquelle, au départ, j’avais été laissée sur la touche.

Toutefois, à mesure que le conflit s’était intensifié, un certain nombre de successeurs étaient morts dans des circonstances suspectes (très probablement assassinés par des requérants rivaux). Maintenant, je ne pouvais plus rester sans rien faire.

J’étais une fille insignifiante, sans soutien financier, mais j’avais quand même porté le sang de mon père, alors il y avait des gens autour de moi qui commençaient à penser qu’ils devraient m’amener dans leur camp pour le petit bénéfice que cela pourrait apporter. Ou peut-être qu’en pensant que… pour m’empêcher d’être emmenée par un autre camp, il vaudrait mieux qu’ils me suppriment.

C’est à cette époque que ma magie avait commencé à s’activer souvent.

J’étais sur le point de boire du thé, et j’avais alors vu une image de moi-même souffrir pour cela.

Je marchais sur un balcon, et je voyais l’image d’un lustre tomber.

Je voyageais en calèche, et je voyais une image de moi-même entourée d’hommes armés.

C’était sûrement des avertissements d’un futur « moi ».

Pour éviter que ces avenirs ne deviennent ma réalité, je ne boirais pas le thé, ou je prendrais une autre route, et je pourrais ainsi réussir à éviter cet avenir d’une façon ou d’une autre.

Mais il y avait des limites à la durée pendant laquelle cela suffirait. Aux yeux de ceux qui me regardaient éviter crise après crise, je devais paraître un peu bizarre. Il faudrait que je gagne mes propres soutiens, et rapidement.

C’est alors qu’on m’avait parlé d’un mariage arrangé.

En faisant un choix, il déciderait de ma faction et de mes bailleurs de fonds. En tant que membre de la famille royale, je m’étais depuis longtemps résignée à ne pas chercher à me marier par amour. Dans ma situation actuelle, je savais que je devais trouver un partenaire qui pourrait surmonter la crise de succession et survivre avec moi.

En y pensant, j’avais pris un des portraits, et puis…

« Eeeeek ! »

J’avais été frappée par une image intense de la mort.

Il n’y en avait pas qu’une : d’innombrables visions de ma mort fatale courraient à l’intérieur de ma tête.

C’était arrivé d’un coup, et à cause de ça, je m’étais évanouie.

Quand je m’étais réveillée, j’étais au lit.

Il semblait qu’une de mes servantes avait entendu mon cri, s’était précipitée à mon aide et s’était occupée de moi.

J’avais dit à la bonne à mes côtés. « Merci, ça va aller maintenant, » puis j’avais quitté ma chambre en pensant aux visions avec ma tête encore boueuse.

Ils venaient de nombreux avenirs dans lesquels « j’avais fait le mauvais choix ».

Un « moi » s’était fiancée à un homme d’une famille militaire accomplie.

Il était lui-même un guerrier impressionnant, et ses partisans étaient forts. J’espérais qu’un homme comme lui serait capable de me protéger.

Cependant, il avait profité de ses prouesses militaires, agissant d’une manière fière qui se distinguait et se faisant, il s’était fait plus d’ennemis. Dans le château, plein d’alliés et d’ennemis, ces actions lui avaient coûté la vie. À la fin, il avait été trompé avec une facilité surprenante, et tué avant même que « nous » puissions nous marier. Le souvenir s’était terminé par « moi » et ses serviteurs à la pointe de l’épée ennemie.

Un « moi » s’était fiancée à un homme qui était un excellent intrigant.

Il avait tramé des complots pour éliminer les membres des factions adverses. Cependant, il avait gagné le ressentiment de beaucoup de monde, perdu leur confiance, et finalement subi la trahison, tombant aux mains de ses propres compagnons.

Ce souvenir s’était terminé par le fait que « moi » avait été prise dans le même incident.

L’une d’elles s’était fiancée à un homme qui faisait partie de la plus grande faction à l’époque.

Cette faction comptait actuellement de nombreux membres et submergeait l’opposition, mais lorsque toutes les autres factions avaient disparu, elle se fracturait en raison d’une lutte de pouvoir interne, et cela se transformerait en un bourbier sans fin.

C’était peut-être l’avenir où il y avait eu le plus de sang versé.

Ce souvenir s’était terminé comme les autres.

Un « moi » avait tenté de fuir le conflit.

Si le résultat était le même, peu importe qui j’épousais, j’avais décidé de n’épouser personne et de me cacher. Cependant, pour quelqu’un comme moi, sans l’appui d’une famille, se cacher en ville était la seule option.

Dans un environnement sans la sécurité du château, j’avais été rapidement découverte, et à cause de l’atmosphère de suspicion, on avait supposé que je préparais quelque chose et que j’avais donc été considérée comme une menace.

Ce souvenir s’était effacé quand j’étais sur le point d’être éliminée parce que j’étais une fauteur de troubles.

Les choix de tous les autres « moi » n’avaient pas non plus conduit à un avenir brillant.

Même dans les futurs où je survivrais de justesse à la crise successorale, après tout le sang versé, le royaume d’Elfrieden ne pourrait pas s’unir. Les invasions qui avaient suivi, les attaques de monstres, les complots de nobles et les soulèvements populaires avaient tous contribué à affaiblir le royaume.

En fin de compte, les souvenirs de chaque « moi » semblaient s’achever avec l’incendie du château.

Une dizaine de ces visions m’avaient traversé l’esprit.

C’était comme si le temps était revenu sans cesse en arrière, mais je pouvais toujours dire que les souvenirs n’étaient pas les miens.

J’avais été forcée d’être témoin des résultats des choix que les « moi » qui n’étaient pas moi avaient faits.

En me souvenant de ces scènes, je m’étais précipitée dans les toilettes et j’avais vomi.

Quand mon estomac avait été vide, je m’étais effondrée impuissante sur place, appuyée contre le mur pour me soutenir.

« Je… ne peux plus faire ça. » C’était les mots qui s’étaient échappés de la bouche.

J’avais échoué dix fois.

Il se pouvait qu’on ne s’entende pas sur la question de savoir si ce chiffre était élevé ou faible, mais c’était plus que ce que je ne pouvais supporter.

Même si je recevais les souvenirs, je n’étais encore que moi-même.

Même si j’avais pris une décision, que j’avais échoué et que j’avais transmis mon expérience au « moi » suivant, cela ne voulait pas dire que je pouvais retourner dans le passé. Ce serait la fin pour le moi qui avait échoué.

Le prochain « moi », ou le « moi » après le prochain « moi », pourrait atteindre un avenir heureux.

Mais ce n’était pas moi.

Je ne pouvais devenir heureuse qu’ici, dans ce monde où j’étais. Si j’échouais, la mort m’attendait, comme elle l’avait fait pour tous les « moi » jusqu’ici.

Quand j’y avais pensé de cette façon, j’étais terrifiée à l’idée même de choisir.

C’était effrayant que les souvenirs que j’avais reçus aient été envoyés juste avant ma mort. J’avais été envoyée au bord de la mort encore et encore, sans savoir à quoi ressemblait la mort.

Pour faire une analogie, c’était comme s’il y avait une infinité de cordes suspendues devant mes yeux, l’une d’elles attachée à une épée suspendue au-dessus de ma tête, et je regardais les cordes se couper une par une. Je vivais dans la peur de l’épée qui allait finir par tomber et me tuer. Même s’il ne tombait pas cette fois, je ne pourrais jamais me détendre.

Je me sentais coincée, et je m’étais serré les genoux contre moi.

Non ! Je ne veux plus faire de choix !

Si rien de ce que j’avais fait ne marchait, je ne ferais rien.

Mon cœur avait été complètement brisé.

À partir de ce moment, j’avais passé encore plus de temps à regarder dans le vide.

J’errais dans un labyrinthe dans lequel je ne voyais aucune issue, et j’étais dans une impasse. Je n’avais pas la volonté de résister au destin, et j’attendais simplement la fin inévitable.

J’avais donc fait tout ce que je pouvais pour ne pas y penser, et je passais mon temps allongé au soleil.

Je pense qu’à ce moment-là, ma pensée était déjà celle d’une vieille femme.

Puis, un jour, quand j’avais choisi le jardin pour mes errances étourdies…

« S’il te plaît ! Je t’en supplie ! » cria la voix d’un homme.

« Je t’entends, mais je ne peux pas… »

Deux hommes parlaient.

Je sortis la tête de derrière la haie, me demandant de quoi il s’agissait, et je vis un homme d’une vingtaine d’années incliner la tête devant un jeune homme encore jeune (sa crinière était courte, donc il avait l’air jeune), un homme bête, un homme-lion.

L’homme bête avait l’air troublé. « Lève la tête, Albert. Il y a des choses que je ne peux pas faire, même pour toi. »

« S’il te plaît, fais quelque chose, Georg ! »

Georg… Oh ! Je m’en étais souvenue.

Cet homme-lion était Georg Carmine, le fils aîné de la Maison de Carmine, l’une des trois familles ducales qui contrôlaient l’armée, la marine et les forces aériennes de ce pays. Je me souvenais qu’il était venu au château avec son père, l’actuel chef de la maison, à l’époque où mon propre père était encore vivant et en bonne santé.

L’autre homme, Albert, d’un autre côté… Qui était-il ? Je le connaissais de quelque part, mais je ne savais plus où.

Il était encore jeune, mais son visage épuisé et sa barbe lui donnaient l’air plus vieux que ses années.

« S’il te plaît, Georg ! Laisse-moi au moins rencontrer ton père ! » Albert l’avait supplié.

« Je te le dis, je ne peux pas, » répondit Georg.

Ils se disputaient à propos de quelque chose, mais leur ton informel impliquait une amitié qui avait duré de nombreuses années.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

3 commentaires

  1. Ethan Nakamura

    Merci pour le chapitre.

  2. Et bien, je m'attendait pas a une guerre de succession aussi rude.

Laisser un commentaire