Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 1 – Chapitre 6 – Partie 2

Bannière de Genjitsushugisha no Oukokukaizouki ☆☆☆

Chapitre 6 : Les Secours

Partie 2

« J’ai reçu un message de mon père, le chef du village des elfes sombres, » dit Aisha. « “La nuit dernière, un glissement de terrain soudain a emporté près de la moitié du village”, a-t-il déclaré. Récemment, il y a eu beaucoup de pluie dans la Forêt Protégée par Dieu. Oui. Il y a... beaucoup de personnes disparues... Ohh... » La voix d’Aisha dérailla.

Sa patrie et sa famille venaient d’être touchées par un terrible désastre. C’était sûr que ce serait un choc pour elle.

... Je suis préoccupé, mais je n’ai pas le temps de la réconforter, pensai-je. Dans cette situation, en tant que roi, que devrais-je faire ?

Pendant que je pensais à cela en silence, Hal déclara. « Hé, vous pourriez au moins la réconforter... » Mais Kaede le tirait déjà par l’oreille avant que je puisse dire quelque chose en réponse.

« Actuellement, le roi réfléchit. » Elle lui fit un sermon. « Tu sais, tu ne dois pas l’interrompre. »

Je l’avais alors vue traîner Hal. Quelle bonne amie d’enfance, elle était !

... D’accord, je dois mettre de l’ordre dans mes pensées. Je levai la tête, et immédiatement, je m’étais mis à agir.

« Cette unité va aider le village des elfes sombres ! » Déclarai-je.

Hal s’arrêta avant de cligner des yeux à plusieurs reprises. « Cette unité ? Nous ne sommes qu’une cinquantaine. »

« Un désastre est une bataille contre le temps, » lui ai-je dit. « Nous n’avons pas le temps de retourner à la capitale. Heureusement, la Forêt Protégée par Dieu est plus proche que la capitale. Tout d’abord, je vais expédier cette unité comme une équipe de première urgence ! »

Je leur avais donné des ordres.

« Liscia, retournez à la capitale et demandez-leur d’envoyer une unité de secours. Parlez également à Hakuya et demandez-lui d’envoyer de la nourriture, des vêtements, des tentes et d’autres fournitures de secours jusqu’au village des elfes sombres. » (Souma)

« J’ai compris, mais... n’avez-vous pas une “conscience” en train de travailler dans la capitale ? Si vous l’utilisiez, ne serait-elle pas plus rapide afin de contacter Hakuya par ce biais ? » Me demanda Liscia.

« Je ne peux pas. Les Poltergeists Vivants ne sont effectifs que sur une portée d’une centaine de mètres. Les poupées peuvent ignorer cette limitation de portée, mais elles ne peuvent pas faire de la paperasse, donc je n’en ai pas laissé là-bas. » (Souma)

Si j’avais su que cela se produirait, j’aurais laissé au moins une poupée à la capitale. Si je l’avais fait, j’aurais au moins pu communiquer ce qui s’était produit.

... Je suppose qu’il est trop tard pour avoir des regrets. Pensai-je.

« Donc voilà. » Disais-je. « Quelqu’un doit faire la demande en personne. »

« J’y vais. » Déclara-t-elle. « Laissez-le-moi. »

« Quand vous irez là-bas, prenez avec vous les gardes du corps que nous avons amenés ici ! Ce ne serait pas du tout drôle si quelque chose devait vous arriver en chemin. »

« Je pense que tout va bien se passer, mais... j’ai compris. Vous aussi, faites également attention à vous. » Déclara Liscia avant de se mettre à courir juste après.

Si je m’étais arrêté pour y réfléchir, il était très étonnant que je fasse de la princesse de cette nation une femme messagère, mais Liscia ne semblait pas troublée par ça. Nous étions en phases sur ces choses-là.

« Aisha, à quelle distance sommes-nous de la Forêt Protégée par Dieu ? » Lui demandai-je.

« À une demi-journée avec un cheval rapide, » répondit-elle. « Avec une marche normale, il faudra deux jours, peu importe comment nous nous dépêchons. »

« Deux jours... Et quand est-ce que la catastrophe s’est produite ? » Demandai-je.

« C’était pendant l’heure des sorcières, du moins, c’est ce que j’ai compris. » (Aisha)

« Cela fait déjà près d’une demi-journée ? Donc le plus tôt envisageable pour arriver là bas est deux jours et demi après la catastrophe. Le fait d’avoir seulement une demi-journée avant que nous atteignions la marque de 72 heures sera vraiment très limite. » (Souma)

Hal avait l’air confus. « Qu’est-ce que c’est ? Qu’entendez-vous par “la marque de 72 heures” ? »

« Lors de catastrophes naturelles comme celle-ci, il s’agit de la ligne temporelle après laquelle le taux de mortalité augmente fortement concernant ceux qui ont besoin de sauvetage. Et c’est exactement trois jours après la catastrophe. C’est ce qu’on appelle “le mur de 72 heures”. » (Souma)

« Je suis désolé. Pourriez-vous dire cela d’une manière qui soit plus facile à comprendre ? » Demanda-t-il.

« Cela signifie que beaucoup de vies peuvent être sauvées si nous agissons avant ces 72 heures. » (Souma)

« J’ai compris. Attendez. Dans ce cas, nous ne pouvons pas attendre ici ! Mais dans ce cas, ne devrions-nous pas faire bouger nos fesses jusqu’à la Forêt Protégée par Dieu ? Cela prendra deux jours complets, n’est-ce pas ? » Me demanda-t-il.

« Je sais déjà cela. » Dis-je. « Avons-nous un chariot ? »

« Le plan original nous demandait de seulement utiliser des chariots lorsque nous sommes venus ici et quand nous allions repartir d’ici. Si nous devons obtenir suffisamment de chariots pour cinquante personnes, alors cela prendra du temps. » (Hal)

« Merde ! » Dis-je. « Il n’y a pas d’autre moyen de nous déplacer ? »

J’avais remarqué quelque chose. Hal et les autres avaient alors regardé pour voir ce que je regardais, puis déglutirent tous.

Je regardais les bêtes tirant les conteneurs. Si vous prenez un rhinocéros, ajoutez un dragon Komodo, divisez-le en deux, puis multipliez la taille par dix, les rhinosauruses. Ils étaient gros, mais ils pouvaient fonctionner en permanence à des vitesses élevées comparables à celle d’une locomotive à vapeur.

« ... Hé, Hal, Kaede. » Dis-je.

« Quoi ? » Répondit Hal avec précaution.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda Kaede.

« Ceci nous causera peut-être à tous des nausées, mais êtes-vous prêt à le faire ? » Demandai-je.

« Vous savez, je suis assez résistante au mal du transport. » Répondit Kaede.

« ... Je peux faire avec. » Murmura Hal.

« D’accord. Alors, je vais aussi y résister. » (Souma)

J’avais immédiatement donné l’ordre aux cinquante membres de l’Armée Interdite présents en ces lieux.

« Décharger tout ce qui se trouve sur les chariots à conteneurs ! Heureusement, la route est proche de la Forêt Protégée par Dieu, mais une fois que nous entrerons dans les bois, nous allons devoir voyager à pied ! Plus notre charge est légère, mieux c’est ! Déchargez les matériaux là où ils sont présents ! Même s’ils sont perdus, vous ne serez pas blâmés pour ça ! Je vous écrirais une explication à fournir à Hakuya qui me vaudra sûrement quelques remontrances de sa part. Et aussi ! Prenez avec vous tous les aliments disponibles ! Dans une telle situation, nous ne pouvons pas faire quelque chose de boiteux afin d’offrir de l’aide aux demandeurs, puis aller quémander de la nourriture aux gens du coin ! » (Souma)

« « Oui, Monseigneur. » »

À la suite de mes ordres, les soldats de l’Armée Interdite avaient rapidement déchargé les conteneurs.

Comme vous pouviez vous attendre de personnes qui n’avaient fait que des travaux de construction, ils avaient rapidement agi. La façon dont ils avaient travaillé ensemble avec efficacité afin de s’occuper des matériaux prouvait qu’ils étaient tout à fait rodés. On pouvait voir qu’ils étaient vraiment fiables.

« Non, nous sommes des soldats, est-ce que vous vous en souvenez ? » Se plaignit Hal.

« Hal, arrête de radoter et mets-toi au travail, » Répliqua Kaede.

Kaede utilisait sa magie afin de déplacer facilement des matériaux qui auraient normalement pris quelques hommes forts travaillant ensemble pour juste le lever.

La magie de la terre était, en fin de compte, la magie de la manipulation de la gravité. Il n’y avait pas de création de terre ou de pierre, rien de ce genre. Elle pouvait juste manipuler ce qui existait déjà. C’était probablement pourquoi elle pouvait faire des actions comme celles-ci. Il s’agissait là d’une contribution énorme.

À l’heure actuelle, j’étais probablement la personne la moins utile présente ici. Comme j’avais une force inférieure à la moyenne, même si je me joignais aux soldats, je serais probablement une gêne pour eux.

Alors que je l’étais là, les regardant travailler par manque de pouvoir faire quelque chose, Aisha s’approcha de moi. « Votre Majesté... »

Elle avait l’air faible, comme si elle pouvait se briser à tout moment. Depuis que je l’avais recrutée, Aisha avait toujours été à mes côtés en tant que mon garde du corps, alors j’avais l’impression que j’avais vu beaucoup de ses expressions. Son visage déterminé quand elle m’avait demandé de me parler directement, son imposant visage de guerrier, son visage enfantin quand elle mangeait quelque chose, son visage tel un chien abandonné qu’elle faisait quand elle devait attendre de la nourriture... J’avais vu beaucoup d’expressions, mais celle-ci était nouvelle.

Voir une fille qui était tellement plus puissante que moi, mais qui là avait l’air si faible me faisait mal au cœur. Aisha me protégeait toujours en tant que mon garde du corps, mais maintenant il était temps pour moi de la protéger. J’avais alors mis ma main sur le dessus de sa tête, qui était à peu près à la même hauteur que la mienne.

« S-Sire ? » Demanda-t-elle.

« Laissez-moi m’occuper de ça. » Je la pris contre moi, lui faisant ainsi reposer son front sur mon épaule. « Je n’ai pas de pouvoir, et je suis beaucoup plus faible que vous, Aisha, mais je suis en mesure de faire déplacer beaucoup de personnes. Alors, laissez moi m’en charger. S’il y a des vies qui peuvent être sauvées, alors je sauverai tout ce que je pourrai. »

« Sire... Siiiiiiiire! » Enfouissant son visage dans mon épaule, Aisha commença à pleurer.

Je caressai doucement sa tête. Jusqu’à ce que nous soyons prêts à partir, j’avais réconforté Aisha qui pleurait.

La Forêt Protégée par Dieu était une zone forestière au sud du pays. Le nom provenait apparemment de la légende selon laquelle un dieu-bête qui prenait la forme d’une antilope protégeait cette forêt.

Cela dit, il n’y avait eu aucune observation de ce fait qui avait été faite ces dernières années, et actuellement, la seule preuve de son existence était que sa protection divine empêchait les sauterelles d’attaquer la forêt, empêchait les sécheresses de la dessécher, empêchait les vagues de froid de la congeler et il gardait la verdure en tout temps verte. Ce dieu-bête qui avait seulement montré qu’il existait en raison de sa protection divine. Est-ce qu’il existait vraiment ?

Les elfes sombres étaient ceux qui clamaient que leur forêt était sous la protection de Dieu-Bête.

La forêt devait être approximativement aussi grande que la mer d’arbres se trouvant autour du mont Fuji. Ils l’appelaient en tant que forêt, mais c’était en fait le domaine autonome des elfes sombres, et cette race xénophobe n’avait jamais laissé les autres races entrer dans leur forêt. Même Aisha était venue me faire une demande afin de réprimer ces intrus.

Mais cette fois-ci, il y avait près d'une cinquantaine (des centaines, une fois que vous considérez les unités qui allaient suivre), d’humains qui venaient fournir une aide, et nous entrions dans la forêt, mais c’était à la demande de la fille du chef, Aisha, et donc apparemment, nous serions traités en tant que cas spéciaux. Les elfes sombres vivant dans la forêt défendaient leur indépendance et détestaient les étrangers.

En fait, malgré le glissement de terre catastrophique qu’ils venaient de subir, ils n’avaient apparemment pas envoyé de demande d’aide à la capitale. Si Aisha n’avait pas été contactée, nous n’aurions jamais su que la catastrophe s’était produite. Il était admirable d’essayer de résoudre leurs problèmes par eux-mêmes, mais c’était stupide pour eux d’augmenter le nombre de morts à cause de cela.

« Ils sont devenus têtus parce qu’ils n’essaient même pas de regarder le monde extérieur, » Aisha, toute triste, avait discuté avec moi lors du voyage jusqu’à la Forêt Protégée par Dieu. « Parce que j’ai pris contact avec vous, sire, et vous avez écouté mon opinion, il y avait des signes de changements, mais... »

Sa voix était alors devenue inaudible.

« Ce n’est pas une époque où nous pouvons vivre seuls dans la forêt. Avec la menace du Domaine du Seigneur-Démon, on ne sait jamais quand ils commenceront à se déplacer vers le sud ! Si nous nous réfugions dans notre forêt, croyez-vous que le dieu nous sauvera vraiment quand le moment viendra ? Le dieu-bête est le protecteur de la forêt, il n’est pas le protecteur de la race des elfes sombres ! » (Aisha)

« Oui... » Dis-je, déconcerté.

« C’est pourquoi nous, les elfes sombres, devons étudier et connaître le monde entier ! » Aisha semblait être passionnée quand elle disait ça. J’avais alors l’impression de la voir comme la première fois alors qu’elle avait l’air si respectable.

« De plus, si je restais dans la forêt, comment pourrais-je manger les plats délicieux de Votre Majesté ? » Rajouta-t-elle.

... Voilà, elle est revenue comme avant. Aisha restera toujours Aisha. Eh bien, il vaut mieux qu’elle soit ainsi que de l’avoir tendue et anxieuse comme avant. Pensai-je.

Peu après, nous arrivâmes dans le village des elfes sombres. Là-bas, nous avions été accostés par un bel homme qui avait l’air d’être dans sa vingtaine.

« Oh ! Votre Majesté ! » Cria-t-il. « Que c’est gentil que vous soyez venu ici personnellement ! »

Son beau visage avait une certaine ressemblance avec Aisha. Est-ce que c’était son grand frère ?

Il était grand, probablement au moins un 1m90. Je pourrais dire aux accessoires qu’il portait sur sa tête et ses bras qu’il était d’un haut rang, mais la superbe robe qu’il portait était couverte de terre. Et aussi qu’il avait l’air quelque peu fatigué.

Alors qu’elle se plaçait devant ce jeune elfe, Aisha frappa sa poitrine une fois avec sa main. « Père. J’ai amené Sa Majesté ici avec moi. »

« Bien joué ! » Dit-il. « Ton amitié avec Sa Majesté doit provenir des chemins offerts par notre dieu protecteur. »

« Père !? » M’écriai-je alors.

Ma surprise fit venir un sourire sur le visage épuisé du jeune elfe.

« Mon roi, c’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis le chef des elfes sombres et le père d’Aisha, Wodan Udgard. Merci de prendre soin de ma fille. » (Wodan Udgard)

« Oh, bien sûr. Hum... mais vous semblez terriblement jeune. » (Souma)

« Les elfes de sang pur arrêtent de vieillir une fois que leurs corps arrivent à maturité, et cela jusqu’à un certain point de leur existence. » M’expliqua-t-il. « Nous vivons trois fois plus longtemps que les humains, ainsi, bien que je puisse paraître jeune, j’ai quand même déjà vécu 80 ans. »

Je comprends. Pensai-je. C’est à peu près la même chose que les elfes et les elfes noirs que vous voyez dans les histoires, n’est-ce pas ? Celles-ci disent que les elfes ont une longue vie, restent jeunes pendant longtemps, et qu’ils sont tous beaux. Cependant, mon chambellan, le demi-elfe Marx, était un vieil homme, alors qu’en est-il d’eux ? Ou alors, c’est que les demi-elfes vieillissent différemment, je me le demande ?

En mettant ça de côté, je murmurai à Aisha, « Il semble accueillant. Je pensais que les elfes sombres étaient censés être xénophobes ? »

« Mon père est le chef de la faction prônant la libéralisation culturelle, donc ceci comprend l’échange culturel avec l’extérieur. Mon Père était aussi le seul qui ait approuvé le fait que je fasse appel à vous. » (Aisha)

« Je vois. La raison pour laquelle vous ne vous inquiétez pas des règles est en raison de son influence, hein ? » Dis-je. Je serrai alors la main de Wodan. « Je suis le roi, Souma Kazuya. Je suis ici à la demande d’Aisha afin de vous fournir de l’aide. »

« C’est bien que vous soyez venu. » Dit-il. « De plus, vous êtes le roi, alors s’il vous plaît, vous n’avez pas besoin d’être si formel avec moi. »

« D’accord. Est-ce mieux ainsi ? » (Souma)

« Oui. Pourtant, je ne m’attendais jamais à ce que le roi en personne vienne ici. » (Wodan Udgard)

« À ce moment-là, j’étais en cours d’une inspection. » Expliquai-je. « J’ai donc amené avec moi les cinquante membres de l’Armée Interdite qui étaient à portée de main en tant que premier groupe d’intervention. Dans quelques jours, un deuxième groupe avec des fournitures de secours devrait arriver. »

« Je vous en suis reconnaissant. La vérité est que j’aimerais que le village entier vienne vous accueillir, mais compte tenu des circonstances, j’espère que vous comprendrez que cela ne soit pas possible. » (Wodan Udgard)

« Je comprends. » Dis-je. « C’est vraiment une horrible situation. »

Le village des elfes sombres était au centre d’un cercle épais d’arbres de protection. Il y avait des villages comme ça parsemés dans toute la forêt, et les elfes sombres y vivaient. Si vous regardiez la Forêt Protégée par Dieu en tant que pays, ce village en serait la capitale, et il y avait une grande différence quant au nombre d’elfes sombres qui vivaient ici par rapport aux autres endroits. Le tiers oriental de ce village avait été comme découpé par le glissement de terrain. Il semblait qu’une pente légèrement surélevée se trouvant sur un côté était ce qui s’était effondré. Peut-être qu’en raison d’un long épisode de pluie, il y avait eu une grande quantité d’eau qui avait coulait sur la surface exposée. Le terrain s’était un peu affaissé à la suite de ça. Notre seul salut était que maintenant, il faisait beau. S’il avait encore plu, nous aurions dû nous soucier de subir un autre effondrement pendant que nous travaillions.

« Quels sont les dommages ? » Demandai-je.

« Nous avons déjà dénombré près d’une centaine de victimes. Il y a encore plus d’une quarantaine de disparus. » (Wodan Udgard)

C’est beaucoup. Pensai-je. Ce sera vraiment une bataille contre le temps pour voir combien nous pourrons en sauver.

« Commençons immédiatement l’opération de secours, » dis-je. « Cependant, il y a un risque de catastrophes secondaires, donc il serait judicieux de faire évacuer les femmes. Et aussi, s’il vous plaît, demandez à certaines personnes afin qu’elles surveillent en permanence la montagne. Si la montagne se déplace, même légèrement, ou s’il y a des bruits étranges, demandez-leur de nous le signaler. Si cela s’effondrait alors que nous effectuons des opérations de secours, ce serait un sérieux problème. »

« Je vais le faire tout de suite. » Acquiesça-t-il. « Y a-t-il autre chose que vous voudriez me demander ? »

« Veuillez me fournir une liste des personnes portées disparues. Nous allons les effacer de la liste une fois qu’elles seront en sécurités. » (Souma)

« Compris. » (Wodan Udgard)

Une fois que j’avais dit à Wodan ce dont j’avais besoin, j’avais donné des ordres à Aisha et à l’Armée Interdite.

« Aisha. » (Souma)

« Oui, Sire ! » (Aisha)

« Demandez aux femmes d’évacuer vers un endroit qui ne semble pas prêt de s’effondrer. Consultez votre père pour décider où serait le meilleur endroit. Vous les escorterez et vous vous assurerez qu’elles arrivent là-bas en toute sécurité. » (Souma)

« Oui, Sire ! Compris. » (Aisha)

« Bien. » Dis-je. « À partir de maintenant, l’Armée Interdite commencera ses opérations pour rechercher ceux dont la sécurité n’est pas confirmée. Je suis sûr que vous êtes très compétent pour creuser. Écoutez attentivement, et si vous entendez des voix qui demandent de l’aide en provenance de dessous la terre, alors sauvez-les en prenant toutes les précautions possibles ! »

« « Oui, Sire ! » »

« Cependant, soyez absolument sûr que vous ne faites rien que vous ne pouvez pas gérer. S’il vous semble qu’il va y avoir un autre effondrement, alors retirez-vous, et cela même si vous êtes en train de sauver quelqu’un. Les secouristes ne peuvent pas se permettre de subir une seule perte. Compris ? » (Souma)

« « Oui, Sire ! » »

Puis, à la tête des soldats de l’Armée Interdite, je criai mon dernier ordre. « Nous allons maintenant commencer les opérations de secours ! »

L’effort afin de porter secours était une bataille totale.

Tous s’étaient réunis, faisant tout ce qu’ils pouvaient. Ils appelaient les noms des disparus, écoutant le sol, et s’il y avait même la moindre réponse, ils déplaceraient sur le côté et avec précaution la terre et le sable. Peu importe qui c’était, un soldat ou un homme du village, ils avaient travaillé ensemble en déplaçant la terre et en coupant les arbres tombés, puis en retirant les gens piégés se trouvant en dessous. Kaede utilisait sa magie pour déplacer d’énormes roches. Alors que les femmes du village nourrissaient les personnes sauvées et leur faisaient les premiers soins.

Quant à moi, j’avais fait équipe avec Hal, et nous menions des opérations de recherches.

« Hal, sous cet arbre épais ! Quelqu’un respire encore ! » L’appelai-je ainsi.

« Hein !? Je n’entends aucune voix. » Me répondit-il.

« Et bien, il est ici ! Alors, creusez ! » (Souma)

Hal avait un regard sceptique sur son visage, mais quand il creusa où je lui avais dit de faire, il trouva rapidement la main d’une petite fille.

« Sérieusement... ? Attends un peu, tu seras bientôt en sécurité. » (Hal)

Hal déplaça la terre sur le côté, puis tira la jeune elfe sombre hors de là.

Elle avait déjà la peau brune, donc c’était difficile à dire, mais son teint avait l’air malsain. Après avoir été piégé dans une terre humide pendant si longtemps, c’était à prévoir.

C’était bien que la chaleur de l’été persistait encore. Si nous avions été un peu plus tard dans l’automne, elle aurait pu mourir du froid pendant qu’elle était enterrée.

Quand je revins vers elle avec une couverture, Hal tenait la jeune fille dans ses bras et lui tapotait le dos. « Tout va bien, oui, tout va bien maintenant. »

« ... Wah... Wahhhhhhhhhh! » (Jeune elfe sombre)

« C’est bon. Tu es en sécurité maintenant ! » Hal essaya désespérément de calmer la fille qui pleurait.

Si vous me le demandez, les hommes étaient parfois inutiles comme maintenant. Hal et moi étions tous deux perdus vis-à-vis de ce qu’il fallait faire, alors, tout simplement nous répétions. « C’est bon ! » encore et encore.

J’avais enveloppé la jeune fille dans une couverture, attendant qu’elle se calme un peu avant d’appeler un soldat de l’Armée Interdite. « Emmenez cette fille dans un lieu sûr. »

« Oui, sire ! À vos ordres ! » Dis le soldat.

Une fois que nous avions vu la fille partir, Hal m’avait dit. « Je suis étonné que vous sachiez qu’elle était là. Je ne pouvais pas du tout entendre sa voix. »

« Alors même que nous parlions, je cherchais en même temps. » Dis-je.

« Connaissez-vous quelque chose comme un sort de recherche ? » Demanda-t-il.

« Nullement... J’utilisais juste ça. » Après que j’avais ouvert ma paume devant Hal, une petite chose sortit hors du sol et sauta dessus.

Hal regarda cela surpris. « Est-ce que c’est... une souris ? »

« Oui, c’est une souris fabriquée en bois. » (Souma)

Il s’agit d’une souris taillée en bois d’environ 10 cm de long. Je l’avais manipulée avec ma capacité poltergeist vivant afin de chercher des survivants sous les décombres. Ma capacité était capable de fonctionner à de longues distances si j’utilisais des poupées, mais il semblerait qu’elles n’avaient besoin que d’être façonnées comme une créature vivante, mais pas nécessairement un humanoïde. Même si j’étais en train de montrer celle-ci à Hal, il y avait encore quatre souris en bois qui se déplaçaient presque comme de vraies souris et qui cherchaient ceux qui avaient besoin d’aide.

« Il est étonnant que vous transportiez quelque chose comme ça avec vous, » dit-il.

« Je les ai trouvées dans un magasin alors que j’étais à mon rendez-vous avec Liscia, » dis-je. « Je pensais pouvoir les utiliser pour quelque chose, alors je les ai mises dans la valise roulante avec mes autres objets d’autodéfense. »

Soit dit en passant, cette valise contenait aussi deux petites poupées Petit Musashibo que j’avais maintenant placées en patrouille dans la région. Même dans les endroits où le glissement de terrain avait endommagé les routes, ces petites choses légères pouvaient sauter assez facilement sans cause de nouveaux glissements.

« Votre capacité est plus incroyable que je ne l’aurais jamais imaginé... » Dit-il.

« Oui. Je pense que c’est la première fois en dehors des tâches administratives que je peux l’utiliser efficacement. Arggg! » Je me pliai et commençai à vomir.

« Wow, que se passe-t-il pour avoir agi ainsi si soudainement ? » Hal m’appela, semblant déconcerté. « Hé, Souma »

« Beuu... » J’essayai de me contrôler, mais je toussais encore violemment.

« Allez-vous bien ? Que s’est-il passé pour que vous soyez ainsi ? » (Hal)

« ... D-Désolé. Pendant qu’elle cherchait, une de mes souris en bois... a soudainement trouvé un corps très endommagé... » (Souma)

« Endommagé... ? » (Hal)

« Les globes oculaires étaient — » (Souma)

« Non, arrêtez ! Je ne veux pas entendre ça ! » Hal détourna les yeux et se boucha les oreilles.

Je regardai alors la terre se trouvant devant nous.

Lorsque les nouvelles couvraient ce qui se passait dans des zones sinistrées, elles se concentraient toujours sur les tragédies des personnes touchées et les espoirs des survivants. Cependant, maintenant que je l’éprouvais en personne, c’était un enfer plus grand que ce que j’avais imaginé. Cette réalité était trop sévère pour un public non averti. Ceci briserait leurs cœurs.

Pourtant, je n’avais pas le temps de penser à cela.

« Hal ! J’ai trouvé deux autres personnes qui ont besoin d’aide. À l’ombre de ce rocher à 50 mètres de nous. Et un peu sur la gauche. » (Souma)

« Dessous ça ! » (Hal)

— Pour l’instant, j’avais juste dû refréner mes émotions.

Nous avions dès lors poursuivi avec diligence nos efforts afin de porter secours aux elfes. Nous avions réussi à sortir un grand nombre d’elfes sombres de la terre et des décombres où ils se trouvaient avant.

Tous avaient été blessés d’une manière ou d’une autre, et beaucoup avaient subi des blessures graves qui ne pouvaient être prises à la légère même une fois qu’ils avaient été sauvés. Mais souvent aussi, au moment où nous avions réussi à les sortir de là, ils avaient déjà rendu leur dernier souffle.

Au début, le rapport entre les vivants et les morts que nous sortions de là était de cinquante pour cent, mais maintenant, la balance se penchait davantage vers les morts. Quand j’avais considéré les centaines de décès que Wodan avait mentionnés lorsque nous étions arrivés au village, une partie des disparus avait pu être sauvée. Mais il était clair que les choses s’aggraveraient lorsque le temps s’écoulera.

Et aussi, les secouristes montraient des signes d’épuisement intensif. Ils s’étaient reposés lors de leurs quarts de travail, mais cela faisait maintenant trois jours depuis la catastrophe. Bien sûr, c’était dur pour les elfes, mais aussi pour les soldats qui avaient parcouru un long chemin et avaient passé une journée à chercher. Ils avaient déjà creusé un bon nombre de trous, trouvant ainsi beaucoup de ceux qui avaient été portés disparus (certains vivants, certains non).

Je pensais alors qu’il serait judicieux de vérifier auprès de Wodan pour confirmer combien de personnes manquaient encore. Si nous pouvions réduire la liste des victimes, nous pourrions concentrer notre main-d’œuvre afin de rechercher dans les régions où nous pensions qu’elles seraient.

C’était ce que je pensais quand...

« Ho Dieu-Bête ! Pourquoi avez-vous laissé cela se produire ? »

... J’entendis un cri de désespoir.

Quand je regardai d’où provenait ce cri, je vis un jeune homme de la race des elfes sombres qui ressemblait beaucoup à Wodan et qui pleurait alors qu’il frappait ses poings et sa tête contre le sol.

Aisha était maintenant revenue après avoir évacué les femmes et les enfants, alors je lui avais demandé à propos de lui. « Aisha, qui est-il ? »

« C’est... mon oncle. Robthor Udgard. Il s’agit du frère cadet de mon père. » (Aisha)

« De la façon dont il pleure et crie, je suppose que cela signifie que... » (Souma)

« Oui. » Me confirma-t-elle. « Sa femme et son enfant, en d’autres termes, ma tante et ma nièce, n’ont pas encore été trouvés. »

« Ça doit être... dur. Aisha, allez-vous bien ? » (Souma)

« Et bien, vous voyez... Si mon père est le chef des libéraux, mon oncle est le chef des conservateurs. Je n’avais donc pas beaucoup de contact avec eux. Sa fille était encore jeune et mignonne, et ça me fait mal de voir ce qui lui est arrivé. » (Aisha)

« Je comprends... » (Souma)

Nous étions bien après la date limite de 72 heures. Si elles n’avaient pas encore été trouvées, cela signifiait que...

Puis, Robthor regarda dans notre direction. Quand il nous vit, il se dirigea vers nous, trébuchant comme s’il était saoul.

« Roi... ô Roi... Pourquoi ? » (Robthor Udgard)

Robthor m’avait saisi par les revers de ma veste, ce qui avait mis Aisha en position défensive, mais je lui avais alors fait signe de se retirer. Plutôt que de les serrer fortement et d’essayer de me soulever, il les saisissait simplement, comme s’il voulait avoir un appui sur moi. Si je l’avais simplement repoussé, il se serait probablement effondré.

« Ô Roi. J’ai fait tout mon possible pour protéger cette forêt. Alors pourquoi est-ce que ma famille a été emmenée loin de moi ? » (Robthor Udgard)

Je ne savais pas quoi répondre. Je regardai alors Aisha.

« Mon oncle s’opposait à l’éclaircissement périodique, » dit-elle. « Il a dit qu’il était impensable que les elfes sombres, en tant que protecteurs de la forêt, coupent inutilement des arbres. L’endroit qui s’est effondré était celui où nous ne pouvions pas faire un éclaircissement périodique à cause des objections de mon oncle, » m’expliqua-t-elle.

C’est pour... Je ne sais pas trop quoi lui dire...

« Ô Roi ! Dites-moi pourquoi ! Pourquoi la forêt que j’ai protégée a-t-elle tué ma famille ? Si j’avais abattu des arbres comme Wodan et les autres, est-ce que ma famille aurait été épargnée ? » (Robthor Udgard)

« À cela... je n’ai aucune possibilité de vous répondre. » Dis-je.

« Non ! » Se mit-il à hurler.

« C’est vrai. Si vous effectuez un éclaircissement périodique, que vous prenez soin des sous-bois et augmentez la capacité de la terre à contenir de l’eau, il est possible de créer des conditions qui réduisent la probabilité d’un glissement de terrain. Cependant, ceci ne le rend que moins probable. Dans un cas comme celui-ci, où la forte pluie au cours d’une longue période était la cause... Cela aurait pu arriver n’importe où. » (Souma)

« Non... Vous dites donc que nous avons eu de la malchance... » Murmura-t-il.

« En ce qui concerne l’endroit où le glissement de terrain s’est produit, oui. Cependant, l’éclaircissement périodique signifie qu’il y a toujours des travaux à effectuer dans la forêt. Les travailleurs peuvent entendre des bruits suspects, voir la forêt sembler se déplacer et remarquer d’autres signes avant-coureurs qu’un glissement de terrain est sur le point de se produire. S’ils le remarquent, alors il y a des choses qui peuvent être faites. Les personnes auraient pu être évacuées. » (Souma)

C’était également l’avantage d’utiliser des montagnes pour les transformer en rizières.

Vous penseriez que réduire les arbres pour créer de la place pour les rizières rendrait les glissements de terrain plus susceptibles, mais cela réduirait réellement les risques de glissements de terrain qui entraîneraient des pertes humaines. Parce que les personnes devaient aller dans les champs tout le temps, ils remarqueraient rapidement les signes avant-coureurs, ce qui facilitait une réponse appropriée. La contre-mesure la plus performante contre les glissements de terrain était de regarder la forêt en tout temps. Les elfes n’avaient pas de systèmes de détection de ce genre de phénomène comme dans le Japon moderne, de sorte que les personnes qui surveillaient étaient d’autant plus importantes.

« J’ai protégé la forêt tout ce temps. Est-ce que j’ai eu tort de le faire ? » Gémit-il.

« Votre conviction que vous protégiez ainsi la forêt était fausse, » dis-je. « La nature n’est pas si fragile qu’elle a besoin de personnes afin de la protéger. »

Aisha m’avait dit avant que les arbres dans la Forêt Protégée par Dieu vivaient très longtemps. C’est pourquoi ils n’avaient pas remarqué qu’il s’était transformé en une forêt vulnérable et que le sol avait été affaibli. Comme ils avaient eu la chance que rien ne se soit produit jusqu’à maintenant, ils s’étaient eux-mêmes convaincus qu’ils protégeaient efficacement la forêt.

« S’il est égoïste pour l’homme de détruire la forêt, il est aussi égoïste d’essayer de la protéger, » dis-je. « La nature est destinée à passer par des cycles de mort et de renaissance, mais nous essayions de la garder dans un état qui nous convienne. Toutes les personnes peuvent faire ce genre de chose grâce à un éclaircissement périodique, en gardant ainsi la forêt dans un état où nous pouvons coexister avec elle. Nous essayions simplement de ne pas la réveiller de son sommeil. »

Il semblait sans voix.

À ce moment-là, une de mes souris en bois découvrit quelque chose.

« Là-bas ! J’ai trouvé une mère et son enfant ! » Criai-je.

« O-Où !? » (Hal)

« Attendez... Elles sont dans une maison effondrée à gauche de nous, à deux mètres de la crête de la montagne ! » (Souma)

Nous nous étions alors précipités sur place, avant de déplacer le sable et la terre qui se trouvaient là. Après l’avoir fait, nous avions trouvé une petite fille et une femme qui selon mes suppositions était sa mère. Elles se trouvaient dans un espace entre des poutres effondrées. La mère tenait fermement sa fille, essayant de la protéger. Quand Robthor les vit, il lâcha un soupir haletant. De toute évidence, il s’agissait bien là de sa femme et de sa fille.

Lorsque nous les avions sortis de là, la femme avait déjà rendu son dernier souffle. Alors que je pensais que tous les espoirs étaient perdus. Aisha haussa la voix. « Sire ! L’enfant respire encore ! »

« Apportez-là immédiatement à l’équipe chargée des premiers soins ! » Criai-je. « Dépêchez-vous ou elle va mourir ! »

« Compris ! » (Aisha)

Après avoir enveloppé l’enfant dans une couverture et après l’avoir vu partir avec Aisha, je regardai Robthor qui pleurait à côté du corps de sa femme. Je pensais peut-être que je devais le laisser faire, mais cet homme avait encore des choses dont il avait besoin de protéger. Je ne pouvais pas le laisser s’arrêter là.

Mettant une main sur son épaule, je lui dis calmement. « Elle a protégé votre fille jusqu’à la toute fin... »

« ... Oui... » (Robthor Udgard)

« Alors, ressaisissez-vous immédiatement ! Car c’est maintenant à votre tour de le faire  ! » (Souma)

Il sembla surpris avant de dire. « Oui... Oui... ! »

Parlant tout en sanglotant, Robthor hocha la tête à plusieurs reprises.

Quelque temps après, la deuxième équipe de secours que Liscia avait appelée arriva. Après avoir fini la recherche de toutes les personnes disparues, la première équipe fut relevée de ses fonctions. Pour le travail de reconstruction, la deuxième équipe, la plus nombreuse et la mieux équipée, reprendrait la tâche.

Après avoir offert une dernière prière silencieuse aux morts, la première équipe retourna à la capitale. Les membres couverts de terre et épuisés de la première équipe furent entassés dans les chariots à conteneurs comme du thon congelé sur le point d’être expédié à l’usine. Mais à l’heure actuelle, Hal était probablement en train de poser sa tête sur les genoux de Kaede alors qu’il dormait.

J’étais dans un état similaire, transporté dans le carrosse avec lequel Liscia était venue me chercher.

Nous avions laissé Aisha dans son village. Avec sa patrie dans un tel état, il n’y avait aucune chance qu’elle puisse se concentrer correctement sur ses tâches. Pour l’instant, je lui avais dit d’attendre dans la Forêt Protégée par Dieu.

Alors que je me penchais pour voir par la fenêtre, je somnolais...

« Cette fois-ci, je n’ai rien pu faire pour aider. » Déclara Liscia avec de la tristesse dans sa voix.

« Vous êtes bien celle qui est allée chercher une partie de secours, n’est-ce pas ? » Demandai-je. « Tout le monde a vraiment travaillé très durement. En vérité... s’il y a quelqu’un qui ne pouvait rien faire, c’était bien moi. »

« Pas si sûr. J’ai entendu dire que vous aviez été très utile là-bas, » Liscia essaya de me rassurer, mais je secouai négativement la tête.

« Je suis le roi. En temps de crise, donner des ordres sur le terrain n’est pas le devoir du roi. Le devoir du roi est de se préparer à une crise avant qu’elle ne se produise. Je... n’ai pas su faire cela. » (Souma)

« Ce n’est pas... » (Liscia)

« Je pense que l’Armée Interdite a bien fonctionné en tant qu’unité de secours. Pourtant, il y a beaucoup de points où nous sommes trop faibles. Les moyens de communication, l’expédition sur de longues distances, l’accumulation de fournitures afin de pouvoir fournir une aide dans chaque zone, des équipes médicales rattachées aux secouristes, des psychiatres afin de traiter les patients atteints du trouble de stress post-traumatique... j’ai manqué de toutes ces choses-là. Parce que j’étais tellement concentré sur la crise alimentaire et la question concernant les trois ducs, j’ai été laxiste concernant mes préparatifs. »

J’avais alors regardé mon reflet dans la fenêtre, couvert de boue et affichant clairement une expression d’épuisement.

Liscia me regardait avec inquiétude, mais j’avais prétendu ne pas le remarquer.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

5 commentaires

  1. Merci pour le chapitre, il ne pouvait tout simplement pas penser à tout, trop de chose à faire/régler/créer

  2. Merci pour le chapitre.

  3. 2 chap riches en émotions aujourd'hui, merci

  4. cette serie est vraiment trop bien . le hero est enfin un mec intelligent est bon . contrairement a beaucoup d autre ou il est ou con mais juste et sympa , ou intelligent mais vengeur et inutilement dark ( ou n as tout simplement aucune personnalité a part la paresse
    ca fait plaisir a lire et chacune des ses phrases est un apprentissage. continue stp

Laisser un commentaire