Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 1 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Un jour de Congé à Parnam

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Chapitre 4 : Un jour de Congé à Parnam

Partie 1

Nous sommes maintenant quelques semaines après que le premier épisode de "Le Génial Déjeuner du Roi" ait été diffusé.

Ce jour-là, une pétition venait d’être remise au Premier ministre Hakuya Kwonmin.

Le département du personnel avait été le seul à s’être occupé de cela, mais la pétition comprenait des noms de personnes provenant de la Garde Royale, des femmes de ménage ainsi que de tous les autres groupes du palais. Marx, qui était maintenant le chambellan, et Ludwin, le chef de la Garde Royale, avaient tous deux également été mentionnés dessus.

Se demandant ce que cela pourrait être, Hakuya examina rapidement le contenu pour trouver...

« ... Ha, je vois. » (Hakuya)

Hakuya était d’accord malgré lui avec cette pétition.

◇ ◇ ◇

« Vous savez tout. Je vais insister jusqu’à ce que vous preniez un congé, Votre Majesté. » Déclara Hakuya.

« Qu’est-ce qui se passe exactement ? » Demandai-je. « Tout ce que vous m’avez dit est vraiment sans queue ni tête. »

Alors que je travaillais dans le bureau des affaires gouvernementales, Hakuya était soudainement entré et il m’avait dit sans préambules : « Prenez un congé. » Puis, il avait abandonné le paquet de papiers qu’il tenait dans ses mains sur le bureau sur lequel je travaillais.

« Ceci est une pétition que je viens de recevoir en provenance directe du département du personnel. » M’informa-t-il. « Selon ce document, “Lorsque ceux se trouvant au sommet ne se reposent pas, ceux qui sont en dessous ont du mal à prendre un congé”. Vous trouverez dans ce document les signatures de Messieurs Marx et Ludwin. Quant à moi, votre humble serviteur, j’ai aussi ajouté mon propre nom à cette longue liste. »

Ah. Maintenant qu’il le mentionne, je crois que je n’ai pas pris de repos depuis que j’ai été convoqué ici, n’est-ce pas ? pensai-je.

Ce n’était pas comme si je ne me reposais pas du tout. Récemment, comme j’étais devenu habitué à utiliser mon pouvoir de Poltergeist Vivant, j’avais pu parfois laisser la paperasse à ma capacité et j’avais pu faire des choses comme coudre des poupées dans la chambre de Liscia. Si je laissais une partie de mon esprit fonctionner pendant qu’une autre partie de celle-ci se reposait, je pouvais travailler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sans me sentir le moins du monde épuisé... Cependant, selon Hakuya, il semblerait que ce n’était pas le problème ici.

« Même si vous vous reposez, vous êtes toujours dans le palais. N’est-ce pas ? » Me demanda-t-il.

« Oui. Pour le cas où quelque chose se passerait. » (Souma)

« Je vous dis simplement qu’il semblerait que vous ne vous reposiez pas quand vous agissez ainsi. Et, parce qu’il semblerait que vous ne vous reposiez pas, toutes les personnes du palais ont elles aussi, du mal à se reposer. Veuillez prendre cela en considération. » (Hakuya)

« C’est facile pour vous de dire cela... » Dis-je.

« Normalement, je voudrais que vous preniez plusieurs jours de repos pour pouvoir pleinement vous reposer. » Dit-il. « Mais... »

« Avons-nous ce genre de temps à disposition ? » Demandai-je.

« Nous ne l’avons pas. » (Hakuya)

« C’est bien ce que je pensais. » (Souma)

En fait, il y avait une montagne de choses à faire. Sans parler du développement et du renforcement de l’armée, de rencontrer des VIP, de créer des documents à usage externe, de faire avancer toutes sortes de réformes. La liste pourrait durer pour toujours. Même la demande d’Aisha d’aller à la Forêt Protégée par Dieu dès que possible était encore en attente. Je leur avais au moins expliqué comment l’éclaircissement périodique fonctionnait, donc j’espérais que leur situation soit devenue meilleure depuis. Dans ce pays assailli par des problèmes internes et externes, il n’y avait pas de temps que nous pouvions nous permettre de gaspiller.

« Cependant, si cela réduit le moral et, par conséquent, l’efficacité du travail, je crois que votre travail acharné pourrait être autodestructeur en soi. » M’expliqua Hakuya.

« Eh bien ! Dans ce cas, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? » Demandai-je.

« D’une manière ou d’une autre, je vais trouver le temps de vous donner un jour de congé. » Dit-il. « Pourquoi ne pas l’utiliser pour une sortie quelque part ? »

Hein ? Une sortie...

« Puisque je n’ai pas beaucoup de jours de congé, que se passerait-il si je disais que je voulais l’utiliser pour me reposer dans ma chambre ? » Demandai-je.

« Votre requête est rejetée. Je dois vous demander de prendre vos vacances de manière à ce que vos sujets puissent vous voir heureux de les prendre. » (Hakuya)

« ... Et vous appelez toujours cela des vacances ? » (Souma)

À mon avis, il s’agit d’un jour de congé seulement quand vous êtes en mesure de faire ce que vous voulez avec. Je tentai de faire à Hakuya un regard éloquent pour tenter de lui transmettre cela, mais il l’encaissa avec une totale indifférence.

« N’est-ce pas l’occasion parfaite ? Vous pourriez utiliser ce temps pour visiter la ville du château avec la Princesse Liscia. » (Hakuya)

« Vous désirez donc que j’aie un rendez-vous galant ? » Demandai-je.

« Vous êtes tous deux fiancés, alors, s’il vous plaît, veuillez montrer à la population à quel point vous êtes proche l’un de l’autre. » (Hakuya)

« Oh, allez ! Maintenant, tout cela se transforme en quelque chose qui fait partie de mes devoirs officiels. » Protestai-je.

Voulez-vous que nous fassions des trucs comme ils l’ont fait à l’émission sur l’album Famille Impériale ?

« ...Et que ferez-vous pour me protéger ? » Rajoutai-je.

« N’avez-vous pas Aisha pour ce genre de situation ? » Me répondit-il.

« D’abord, vous me dites d’avoir un rendez-vous gallant, et maintenant, vous me dites d’apporter une autre femme avec moi ? » (Souma)

« Quel est le problème ? Ce sera comme avoir une belle fleur dans chaque main. » Commenta Hakuya. « Juste à y penser, je suis très jaloux de vous. »

« Vous ne le pensez pas vraiment... » (Souma)

*Soupir*... Eh bien, c’est certainement un moment très intéressant pour me détendre. Je suppose que je pourrais l’apprécier en me disant que je vais simplement aller m’amuser avec des amis. Je pourrais aussi aller dans tous les endroits de la capitale qui m’intéresse. Voyons voir... je pourrais visiter le café chantant dans lequel Juna travaille. Cela pourrait être sympa.

« ... D’accord. Vous avez gagné. Je vais prendre un jour de congé. » Dis-je.

« Votre compréhension est appréciée. » (Hakuya)

Alors qu’Hakuya s’inclinait de façon révérencieuse, je lui fis un regard froid.

« Actuellement, où est Liscia ? » Me demandai-je.

Je voulais lui faire savoir que nous avions un jour de congé, mais elle n’était pas dans sa chambre. Habituellement, cela signifiait qu’elle était quelque part dans les installations de formations du palais. Quand j’étais monté sur le trône, la position de Liscia en tant que membre de la royauté était partie en fumée. Maintenant, tout ce qui lui avait été laissé était son grade dans l’armée, alors agir en tant que mon conseiller (ce qui, selon vous, était un travail très difficile) était le seul travail qu’elle avait maintenant. Et dernièrement, ne s’était-elle pas plainte du fait qu’elle n’avait plus rien à faire autre que de se joindre aux gardes royaux pour s’entraîner ?

En premier, j’allai visiter le champ de tir, puis les terrains d’entraînement intérieur. Et finalement, lorsque je vérifiai dans les jardins intérieurs, je trouvai Liscia avec Aisha au milieu d’une des cours intérieures.

« Haaaaaaaaaaa! » (Aisha)

Avec un grand cri, Aisha balança une épée aussi grande qu’elle.

En revanche, Liscia avait lu silencieusement les attaques de son adversaire, frappant rapidement à l’aide de sa rapière.

Il était difficile pour un amateur de dire laquelle des deux avait l’avantage. Était-ce Aisha, qui relâchait une attaque qui écraserait tout ce qui serait touché par elle. Ou était-ce Liscia qui esquivait avec grâce cette attaque, libérant trois attaques consécutives avec sa rapière ?

Était-ce Aisha, qui avait pu créer ces poussées sur le côté en n’utilisant rien de plus que le gantelet qu’elle portait ? Ou était-ce Liscia qui avait utilisé l’ouverture créée par Aisha pour marcher sur la grande épée d’Aisha, empêchant Aisha de la soulever ?

... Est-ce vraiment un match d’entraînement ? Leurs tactiques à l’épée étaient si intenses, que je ne pouvais pas être sûr qu’elles ne soient pas sérieuses.

« Vent Sonique ! » (Aisha)

« Épée de la Montagne de Glace ! » (Liscia)

Maintenant, elles commencent à utiliser la magie et leurs compétences !

Le Vent Sonique d’Aisha était apparemment une compétence qui libérait un "vent tranchant" depuis son épée à deux mains. Quand Liscia l’esquiva, elle coupa sans difficulté l’arbre qui se trouvait derrière elle. L’arbre avait été coupé en deux, en diagonale.

Pendant ce temps, l’Épée de la Montagne de Glace de Liscia semblait être une compétence qui gelait instantanément le sol au point ou il devenait une sorte de patinoire, puis elle lui permettait de projeter des pieux de glaces sur son adversaire, mais Aisha avait alors facilement coupé tous les projectiles qui semblaient pouvoir la frapper en utilisant son épée.

... Pourquoi sont-elles dans une lutte qui ressemble étrangement à une bataille à mort ?

J’avais déjà vu la magie en action dans ce monde. Récemment, pour pratiquer ma capacité à manipuler des poupées, j’avais utilisé un mannequin pour sortir et chasser des monstres, alors j’avais souvent rencontré des aventuriers lors de ces sorties qui utilisaient la magie (bien que c’était généralement lorsque mon mannequin était vu comme un monstre et qu’ils l’attaquaient).

Cependant, avec la magie utilisée par les aventuriers ordinaires, ce qu’ils pouvaient faire était de simples projectiles de flammes, de glaces ou des soins des blessures mineures. Je n’avais jamais pensé que la magie utilisée par quelqu’un d’expérimenté soit si incroyable.

Aisha était forte, mais Liscia semblait elle-même assez capable. Alors que les deux combattaient, leurs yeux étaient remplis de vie, étincelants même, comme si elles avaient découvert une rivale digne d’elles.

Donc voici ce qu’est un véritable guerrier. Attendez, si je les laisse se battre ainsi, elles vont finir par détruire tout le château !

« Vous deux... Arrêtez ça ! » (Souma)

« « Oui Monseigneur ! Attendez, quoiiiiiiiii !? » » (Les deux)

Les deux qui reprirent ainsi conscience de leur environnement atterrirent sur le sol gelé, puis, totalement synchronisées, elles glissèrent toutes deux sur la plaque de glace et tombèrent à l’unisson sur leurs fesses.

*

« Un-Un-Un rendez-vous tous les deux !? » s’exclama Liscia.

« Oui ! » (Souma)

Quand je lui avais expliqué que j’avais un jour de congé obligatoire et qu’Hakuya m’avait recommandé d’avoir un rendez-vous avec elle, Liscia avait l’air stupéfaite.

« Attendez... Est-ce quelque chose que nous devrions faire parce que quelqu’un d’autre nous a dit de le faire ? » (Liscia)

« Je ressens la même chose que vous, mais... Dans l’esprit de Hakuya, les rendez-vous royaux font probablement partie de nos tâches à accomplir. » (Souma)

« Quelle façon inhumaine de penser ! » Murmura-t-elle.

« "Avant d’être un être humain, je suis le Premier ministre." C’est très probablement ce qu’il nous dirait si on lui faisait la remarque. » (Souma)

« Hahaha ! » À la suite de ma réplique, elle se mit à rire. « Oui, sans aucun doute ! »

« Alors pour lui, fondamentalement, avant même que nous soyons des êtres humains, il veut que nous soyons le roi et la reine. » (Souma)

« ... Pardon. De cela, je ne peux vraiment pas en rire. » (Liscia)

Tous les deux, nous avions alors soupiré à l’unisson à cette pensée.

Hakuya était brusque, fiable, et il avait pris dès le départ son travail très au sérieux. Mais il pouvait quelques fois aller bien trop loin à cause de sa fidélité sans faille qui le caractérisait. Eh bien, ce n’était pas pour dire qu’il n’avait pas quelques fois un certain côté empli de douceur. Récemment, il avait commencé à s’occuper personnellement de Tomoe en lui donnant des cours à la suite de la demande de Tomoe.

« Eh bien ! je suis heureux d’avoir un jour de congé, et je pense que c’est correct si j’en profite pour ainsi aller visiter divers endroits, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

« Je suppose que oui. » Accepta-t-elle.

« Oh, oh ! Dans ce cas, s’il vous plaît, venez dans ma forêt ! » Aisha leva la main, essayant d’attirer notre attention, mais je secouai la tête.

« J’ai encore une tonne de travaux officiels à finir pour pouvoir y aller. Il ne peut se faire que des choses que nous pouvons faire lors d’une excursion d’une seule journée. » (Souma)

« Ohh... Même à cheval, il faut trois jours pour arriver jusqu’à la Forêt Protégée par Dieu... » (Aisha)

Oui, c’est pourquoi c’est hors de question d’y aller maintenant.

« Vous devrez abandonner cette idée pour cette fois-ci. Mais je vous ai appris comment faire des éclaircissements périodiques, n’est-ce pas ? » (Souma)

« Oui. Cependant, il y a parmi les elfes sombres des individus qui sont aveuglément têtus... qui dirait à coup sûr. "Quelle est cette absurdité ? Comment pouvez-vous suggérer que nous, les elfes sombres, les protecteurs de la forêt, nous abattions les arbres ?" » (Aisha)

Ah. Ouais, vous pouvez facilement trouver des types de ce genre dans tous les endroits possibles.

Je respectai grandement leur désir de protéger la nature, mais quand cette envie allait trop loin, elle atteignait un niveau d’arrogance et là, cela pouvait devenir un réel problème. La nature n’était pas si faible qu’elle nécessiterait que les humains la regardent de haut et la "protègent". Si quelque chose...

« C’est pourquoi je veux que vous veniez, Monseigneur. » M’expliqua-t-elle. « Pour leur donner un coup de pied au cul. »

« ... Je comprends. Quand j’aurai le temps, j’irai. » (Souma)

Il me semble que le nombre de choses que je devais faire était en constante augmentation, mais... dire cela ne serait de toute manière d’aucune aide, n’est-ce pas ? pensai-je.

« Je vous en prie. Si cela vous aide, utilisez mon corps, ainsi que ma vie, de quelques manières que vous pourrez trouver utiles. » Annonça Aisha en inclinant sa tête.

« Eh bien, j’ai actuellement une faveur à vous demander... » (Souma)

« Oui, Monseigneur ! Voulez-vous que je réponde à vos besoins physiques ? » Me demanda-t-elle immédiatement.

« Pourquoi est-ce la première chose qui vous vient à l’esprit ? » (Souma)

« Eh bien, je viens juste de vous offrir mon corps ! » (Aisha)

« Souma... » Liscia se mit à parler à côté de moi, très agressive.

« Bien sûr, ce n’est pas ce que je vous demande ! Liscia, arrêtez de me regarder avec ce visage ! » (Souma)

Quand Aisha était excitée, il semblerait qu’elle se contrôle bien moins, et qu’elle devenait souvent quelque peu sauvage.

« Je voulais simplement vous demander d’être mon garde du corps pendant que nous irons dans la ville du château. » Lui expliquai-je.

« V-Vous voulez que je me joigne à vous pour votre rendez-vous ? » Me demanda-t-elle.

« Eh bien ! Si nous étions juste Liscia et moi, nous serions en difficulté si quelque chose venait à se produire. » Dis-je ?

Après quelques secondes, je rajoutai. « Nous pouvons bien l’appeler un rendez-vous, mais en vérité, nous allons juste marcher ensemble dans la ville, et donc vous ne devriez pas être dérangée par cela. »

« ... Mais dans mon cas, cela me dérange quand même. » Pour une raison quelconque, Liscia faisait la bouche en cœur.

Peut-être qu’elle aurait voulu être seule à ce rendez-vous ? ... Non, cela ne pouvait pas être cela. Je veux dire, même si nous étions fiancés, il s’agissait juste d’une formalité.

« Eh bien, c’est comme ça. » Dis-je. « Je compterai sur vous deux quand ce jour viendra. »

« Oui, Monseigneur ! Compris ! » Déclara Aisha avec enthousiasme.

« ... Bien, j’ai compris. » Contrairement à l’enthousiasme d’Aisha, Liscia semblait peu satisfaite.

*

Et ainsi, notre jour de congé arriva enfin.

Liscia, Aisha et moi marchions alors le long d’une rue commerçante dans la ville du château de Parnam. Hakuya nous avait dit. « S’il vous plaît, sortez et montrez aux gens du peuple à quel point vous êtes proche l’un de l’autre. » Mais apparemment, cela avait été juste une blague. Car quand le jour fut enfin venu, il nous avait demandé de rester discret. Eh bien, dans le cas où le roi descendît dans la ville du château, après tout, Aisha seule n’était probablement pas assez sécuritaire.

Donc, je portais en ce moment l’uniforme de l’Académie Royale des Officiers de Parnam et je me faisais passer pour un de ses étudiants... Ce qui était plus ou moins vrai, étant donné que j’étudiais encore à l’université avant d’être invoqué ici.

En passant, Aisha et moi portions tous deux des uniformes scolaires, mais nous nous étions rapidement rendu compte que les gens reconnaîtraient Liscia, et donc, en tant que déguisement, elle avait ses cheveux en tresses et portait des lunettes de soleil, lui donnant une apparence d’étudiante d’honneur. Avec cela, si quelqu’un nous regardait, tout ce qu’ils verraient était simplement trois étudiants se baladant dans la ville lors d’un jour de congé.

« Houla, mon pote, vous avez de vraies beautés avec vous ! Si vous êtes un vrai homme, alors vous devez obligatoirement m’acheter certaines marchandises en tant que cadeau pour les leur offrir sur le champ, cela leur montrera ainsi comme vous êtes généreux. » L’homme qui venait de m’interpeller était un homme d’âge moyen se trouvant devant une étale de marchandises avec des accessoires posés dessus. Il m’avait dit cela dans un accent du Kansai. Apparemment, l’argot marchand de ce monde était automatiquement traduit, pour mes oreilles, en tant qu’un faux accent du Kansai.

En répondant à l’homme d’un sourire plein de tact, je parlai à Liscia. « Liscia, vous avez une belle apparence avec ces lunettes. Elles vous vont bien ! »

« V-Vraiment ?... Merci. » (Liscia)

« Monseigneur ! Et pour moi ! Que pensez-vous de moi dans un uniforme scolaire ? » Aisha leva rapidement sa main. Dernièrement, elle avait été très agressive à ce sujet.

« ... Euh, oui, ça ne vous convient pas vraiment. » Dis-je.

« Pourquoi, pas vraiment !? » (Aisha)

Parfaitement... L’uniforme des officiers de l’Académie était quelque chose comme un blazer, et cela ne correspondait pas à sa peau brune et à ses cheveux d’argent. Je ne savais pas trop comment le lui dire, mais il me semblait que je regardais quelqu’un qui se déguisait en un personnage (cosplay) qu’on trouverait dans un animé scolaire. À l’instar de la façon dont il n’y avait pas de filles aux cheveux roses dans la vie réelle, et même lorsque les filles teignaient leurs cheveux de cette façon, ça n’avait pas l’air totalement naturel ? Vous pourriez parfaitement dire qu’il y avait ici un affrontement entre le réaliste et le fantasme.

« Personnellement, je ne pense pas que cela a l’air si mauvais sur elle, vous savez ? » Dis Liscia.

« Princesse ! » S’exclama Aisha.

« Oui, c’est possible. Eh bien, je suis sûr que c’est probablement juste parce que je la jugeais selon les normes de mon monde. » Dis-je.

Vraiment, il s’agit d’un monde diversifié avec de nombreuses races. Ainsi devrais-je essayer de m’y habituer aussi vite que possible.

*Bruit de roulettes, Bruit de roulettes, Bruit de roulettes*...

« Et, de toute façon, Souma, ce n’est pas Aisha qui me dérange là, mais cette chose que vous traînez derrière vous. » Annonça clairement Liscia, pointant du doigt la chose en question.

« Hmm ? Vous voulez dire, cette valise à roulettes ? » (Souma)

« C’est une valise ? Et elle a des roues sous elle ! » Répliqua Liscia, étonnée.

« Oui. » Dis-je. « Il y a des roulettes en dessous, ce qui facilite le transport de lourdes choses. »

« Ma parole, qu’est-ce qu’il est commode de l’avoir avec nous ! » Les yeux d’Aisha étaient largement ouverts dus à la surprise. Pas surprenant, car ce n’était pas du tout courant dans ce pays.

J’avais demandé spécialement la fabrication de celui-ci à un artisan de la ville du château. La personne qui l’avait fait pour moi avait dit qu’il voulait en faire plus pour en vendre à tous. Je l’avais autorisé à le faire tant qu’il n’essayait pas de garder le monopole sur ce concept. S’il s’avérait qu’il y avait de la demande pour en acheter, ils se pourraient bien qu’il ne soit plus si inhabituel d’en voir dans quelques années.

« Mais Monseigneur, si vous voulez que vos bagages soient transportés, il vous suffisait de me demander... » Protesta Aisha.

« Nous sommes censés être déguisés en camarades de classe. Ce serait hors de propos qu’un garçon laisse une fille porter ses affaires. » Lui expliquai-je. En outre, une bonne partie de mon équipement d’autodéfense était là-dedans. Je ne pouvais pas le laisser loin de moi. « De plus, Aisha, arrêtez de m’appeler Monseigneur. Techniquement, nous sommes censés être incognito ici. »

« D’accord ! Monseigneur. Heuu... Monsieur ! Mais dans ce cas, comment dois-je vous appeler... ? » (Aisha)

« Adressez-vous à moi normalement, mais sans le titre. Si vous le souhaitez, vous pouvez même utiliser mon prénom, 'Kazuya'. » (Souma)

« « Hein ? » » Les deux filles s’exclamèrent de concert, emplies de confusion.

Hein ? Pourquoi Liscia est-elle aussi confuse ?

« Mais... Souma, n’est-ce pas votre prénom 'Souma' ? » Me demanda Liscia.

« Hein !? Souma est évidemment mon nom de famille. Kazuya est mon prénom. » (Souma)

« Mais le premier jour, vous avez dit que vous étiez Souma Kazuya, n’est-ce pas ? » (Liscia)

« ... Ha ! » (Souma)

Zut ! Dans ce pays, ils suivent le style européen, où le prénom arrive en premier. J’aurais donc dû me présenter en tant que Kazuya Souma. Oh ! Je vois ! C’est pourquoi tout le monde m’appelle le roi Souma. Maintenant que j’y pense, il est étrange d’avoir le titre de "roi" attaché avec le nom de famille. Dans un système héréditaire, vous auriez alors un grand nombre de rois avec le même nom si vous l’aviez fait de cette façon.

« E-Est-il trop tard pour corriger cela ? » Demandai-je.

« Probablement ? Tout le monde pense que vous êtes Souma, et je pense que toute votre correspondance externe a été faite sous le nom Souma Kazuya. » (Liscia)

« Arggg! Quand je pense que j’ai fait un terrible quiproquo... » Me lamentai-je.

« Eh bien, ce n’est pas si grave ? » Dis Aisha. « Pourquoi ne pas utiliser un nom en public et l’autre en privé ? Donc, à des occasions privées comme aujourd’hui, je vous appellerai 'Sir Kazuya'. »

Avec Aisha en train de chercher des moyens de couvrir mon erreur, je me sentis tout simplement encore plus déprimé. « Maintenant, j’ai Aisha, de toutes les personnes présentes, qui essaie de couvrir mes erreurs.. »

« Et que pensez-vous de moi, Sir Kazuya ? » (Aisha)

« Qu’est-ce que vous me demandez... ? Une elfe sombre qui me semble très déçue ? » (Souma)

« C’est méchant ça ! » S’exclama-t-elle.

« Franchement, vous deux, arrêtez avec ces stupides plaisanteries, et allons-y. » insista Liscia alors que j’étais encore confronté à une Aisha aux yeux larmoyants.

Ouais... Il est bien de dire que nous devons continuer, mais nous n’avions pas encore choisi une destination particulière. Pensai-je. « Est-ce qu’il y a un endroit où vous, les filles, souhaitez aller ? »

« Non. » Répondit Liscia.

« Partout où vous irez, je vous suivrais, Sir Kazuya. » Rajouta Aisha.

« Ouais. Au moins, vous deux, vous pourriez faire semblant d’y réfléchir. » (Souma)

Si elles repoussaient vers moi la décision, je ne saurais pas quoi faire. Maintenant que j’y pense, c’était la première fois que je marchais par mes propres moyens dans la ville du château. Après tout, la dernière fois que j’étais venu ici, nous étions passés uniquement en galopant à dos de cheval.

Hmm. Dans ce cas, peut-être que c’est d’autant plus une raison pour laquelle je devrais jeter un coup d’œil dans les environs. Même si nous nous promenons, tout cela sera encore nouveau pour moi.

« Et bien ! Allons-y alors doucement. » Dis-je.

*

Parc Central de Parnam.

Un grand parc au centre de la capitale royale, Parnam.

Même si on l’appelait parc, il n’y avait pas de terrain de jeux ou quelque chose du genre. Il y avait juste des arbres, des arbustes et des fleurs qui avaient été plantés là-bas. Mais ce terrain était trois fois plus grand que le Dôme de Tokyo. Au centre du parc, il y avait une fontaine impressionnante avec un récepteur de Joyau de Diffusion de la Voix. Quand une émission était diffusée, il pouvait projeter une image si massive qu’elle était assez grande pour être vue à plus de 100 mètres. Il y avait donc des sièges dans le style d’un amphithéâtre qui avait été placé tout autour de la fontaine, et d’après ce que je savais, lors de la dernière diffusion du Joyau de Diffusion de la Voix, une foule qui comptait plus d’une dizaine de milliers de citoyen s’était rassemblée ici.

En y pensant, ceci pourrait être intéressant de faire un concert en direct depuis ici. Pensai-je. Dès que le programme de diffusion de Juna utilisant le Joyau de Diffusion de la Voix sera prêt et mis en place, j’aimerais vraiment planifier quelque chose comme ça. Un jour, cette place possédant une fontaine pourrait devenir une scène pour tous les chanteurs d’Elfrieden qui aspirent à se tenir debout, comme l’est le théâtre extérieur de Budokan ou de Hibiya.

... Eh bien ! C’est assez proche de mon fantasme de l’oisiveté. De toute façon, nous étions venus dans le Parc Central.

« C’est un endroit si charmant qui est plein de beauté de la nature. » Déclara Aisha.

« C’est vrai que même si nous sommes encore au milieu de la ville, l’air est tellement pur ici. » Commenta Liscia. « Mmmm. »

Aisha regarda tout autour d’elle avec curiosité tandis que Liscia s’étirait de tout son long.

« Hein !? Mais je ne me souviens pas que l’air était si pur avant... » murmura-t-elle.

« Eh bien, c’est vrai que j’ai travaillé dur pour arranger ça. » Dis-je.

« Vous avez arrangé ça ? Avez-vous fait quelque chose de particulier dans ce parc ? » Demanda-t-elle, intriguée par ma remarque.

Alors que Liscia semblait toujours perplexe, je gonflai fièrement le torse avant d’expliquer. « Pas seulement à ce parc. J’ai fait installer de nombreuses infrastructures dans tout le sous-sol de Parnam, et je pourrais aller plus loin en disant que j’ai aussi fait des préparatifs en ce qui concerne les lois concernant cela. Si vous comparez ces choses-là il y a quelques mois, je pense que vous verrez que la qualité de l’environnement et l’hygiène se sont considérablement améliorées. »

Pour être franc, avant mes actions, l’hygiène et la qualité de l’environnement dans ce pays étaient au même niveau qu’en plein milieu du Moyen Âge européen. Ce qui veut dire que c’était déplorable.

Le fumier de cheval était laissé en plein milieu des rues comme si cela était parfaitement normal, et les habitants jetaient leurs eaux usées domestiques dans des fossés se trouvant le long des routes. J’avais entendu dire que tout cela sentait une odeur absolument infecte lors des chaudes journées d’été.

Comme le concept d’hygiène n’existait pas, ces problèmes étaient délaissés. De même que lorsque le fumier des chevaux séchait, il se transformait alors en poussière qui s’élevait dans l’air. Lorsque cela pénétrait dans les poumons des personnes, cela provoquait alors une variété de maladies respiratoires.

C’était pourquoi la première chose que j’avais faite dès le début de mon règne fut la mise en place d’un aqueduc et d’un système d’égout, partout dans la capitale.

« Un aqueduc et un système d’égout. » Répéta Liscia estomaquée. « Quand avez-vous eu le temps de faire faire ce genre de chose !? »

« En vérité, il n’a pas fallu tant d’efforts que ça. » Lui répondis-je en haussant les épaules. « Pour commencer, il y avait déjà des passages souterrains qui parcouraient l’ensemble des sous-sols de Parnam. Le saviez-vous ? Presque tout ce que j’avais à faire était de faire passer un cours d’eau proche dans certains passages de ce réseau. »

« Attendez, ne serait-ce pas les tunnels d’évacuation pour la famille royale !? » Cria-t-elle, scandalisée.

Comme Liscia l’avait dit, dans le cas où la capitale était attaquée, et que la chute de la famille royale devenait incontournable, ces tunnels avaient été destinés à la famille royale afin qu’elle puisse s’échapper en les utilisant. Et même si les ennemis les découvraient, ils avaient été construits sur le principe d’un labyrinthe afin d’entraver la poursuite, et de plus, ils couvraient l’intégralité de Parnam. De plus, ils avaient été construits en trois couches. Tout cela avait été très pratique pour les réutiliser afin de les transformer en un aqueduc et un système d’égout. Ceci n’avait nécessité que très peu de travaux finalement.

Pour commencer, l’eau de la rivière qui coulait près de Parnam avait été conduite jusqu’à arriver dans la première couche, qui servait d’aqueduc souterrain. Cette eau était maintenant utilisée par les puits et les salles de bains publics qui dépendaient autre fois de l’eau souterraine présente dans la nappe phréatique. La troisième couche, quant à elle, était utilisée en tant qu’égout, se vidant finalement dans des étangs de sédimentation se trouvant à l’extérieur de la capitale où les eaux usées seraient finalement entièrement filtrées avant de retourner une fois de plus dans la rivière. Le système avait été conçu de telle sorte que l’eau qui avait fait le tour entier de la ville dans la première couche serait automatiquement drainée dans la troisième couche. Nous avions rempli la deuxième couche et avions modifié les accès de manière à ce que les mauvaises odeurs de la troisième couche ne se propagent jamais dans la première.

« Comme vous les avez transformés en un système d’aqueduc et d’égout, alors que prévoyez-vous de faire en cas d’urgence !? » Me demanda Liscia.

« Si nous arrivons au point où la famille royale doit fuir la capitale, le pays est dans ce cas déjà fini, n’est-ce pas ? » Lui répondis-je. « Si cela dépendait de moi, je me rendrais vraisemblablement au point où l’ennemi arriverait proche de la capitale. »

« Si facilement ? » S’écria-t-elle.

« Liscia, tant qu’un roi a son peuple à ses côtés, il est en sécurité. » (Souma)

C’était une autre leçon provenant de Machiavel. Selon lui. La meilleure forteresse possible était de ne pas être détestée par son peuple.

Un prince doit faire face à deux types d’ennemis [1]. Des traîtres provenant de l’intérieur et des ennemis étrangers venant de l’extérieur.

Et donc, si vous avez le soutien de votre peuple, les traîtres ne peuvent pas rassembler de partisans ou inciter la population à se rebeller. Donc ils devront tout simplement abandonner. D’autre part, si vous êtes détesté par votre peuple, il n’y aura jamais de pénurie de citoyens désireux d’aider des étrangers pour vous conduire à votre éventuelle chute. Voilà ce que Machiavel avait déclaré.

« Même si je perdais mon titre, tant que les habitants du royaume sont encore là, il y aura toujours une chance de reprendre le trône. » Dis-je. « D’autre part, si le roi venait à être le seul à survivre, sans aucun peuple qui le soutenait, il sera alors lui aussi tout simplement dévoré par son prochain ennemi qui se présentera devant lui. »

« ... Hein !? C’est vraiment un monde difficile. » Murmura Liscia.

« C’est tout simplement la réalité. Eh bien ! De toute façon, les systèmes d’aqueduc et d’égout étaient assez faciles à réaliser, mais quand il a été nécessaire de créer les étangs de sédimentation... Ah ! Allons nous asseoir à l’ombre. » (Souma)

Il n’y avait pas vraiment de problème à rester dans le coin un peu alors que nous discutions, donc nous sommes allés nous asseoir sous l’ombre fournit par quelques arbres se trouvant dans le parc.

Peu de temps après, nous pûmes nous asseoir dans un coin tranquille, et Aisha s’appuya quant à elle contre un arbre avant de commencer à s’assoupir. Elle ne pouvait probablement pas suivre cette conversion concernant un sujet si compliqué. Je devrais me demander si c’était acceptable pour quelqu’un qui était censé être mon garde du corps de faire cela, mais, bon, en connaissant Aisha, elle pourrait probablement même me protéger durant son sommeil. Je continuai donc à parler.

« Je ne pouvais pas laisser les eaux usées non traitées s’écouler directement dans la rivière. Les eaux usées domestiques ont souvent des bactéries pathogènes et des parasites, le saviez-vous ? Afin de nous protéger contre ceux-ci, nous devons laisser l’eau s’accumuler dans un endroit où elle peut être filtrée en passant à travers du sable et des cailloux... En d’autres termes, un étang de sédimentation. » (Souma)

« B-b-bactéries patho—gènes ? » bégaya Liscia tout en penchant la tête sur le côté. Il semblerait que ces mots soient inconnus pour la population de ce monde.

Eh bien, il n’était probablement pas nécessaire de se révéler trop sensible à ce sujet. Les habitants de ce pays ne connaissaient pas le concept de la pollution. C’était probablement parce qu’avec le niveau de vie et le niveau technologie de ce pays, même s’ils déversaient toutes leurs eaux usées non traitées dans la rivière, cela ne provoquerait pas beaucoup de différences.

Cependant, à mesure que le pays allait s’agrandir et que sa technologie allait progresser, il y aura automatiquement des problèmes de pollution qui apparaîtront. Plus tôt, j’aborderais ce problème, et mieux cela vaudra. Les Japonais avaient appris beaucoup sur les effets de la pollution après avoir subi la maladie de Minamata [2], la maladie d’Itai-Itai [3] et l’asthme d’Yokkaichi [4]. Il n’y avait aucun besoin pour les personnes de ce pays de vivre quelque chose de si horrible que ça.

« Alors, est-ce que quelque chose s’est produit avec ces étangs de sédimentation ? » Me demanda-t-elle.

« C’est vrai, ainsi j’ai utilisé l’Armée Interdite pour creuser des trous pour créer les étangs de sédimentation. » (Souma)

« Qu’avez-vous fait faire à Sir Ludwin et à ses hommes ? » S’exclama-t-elle.

Eh bien ! Si j’avais embauché des travailleurs, cela aurait coûté cher. De plus, j’avais envie d’enseigner aux soldats de l’Armée Interdite des techniques du domaine du "Génie Militaire". Creuser des trous, les remplir, et les renforcer. C’était l’entraînement parfait pour savoir comment creuser des tranchées. Il semblerait que les batailles dans ce monde étaient toujours orchestrées sur des champs de bataille en plein air, alors un groupe qui pouvait utiliser des tactiques de guerre de tranchées comme dans la Première Guerre mondiale pourrait tout à fait se tenir au sommet.

Quoi qu’il en soit, je divaguais.

« Pendant que je les faisais creuser, nous avons rencontré une grande pile d’os de monstre. » (Souma)

« Des Os ? » Me demanda-t-elle.

« Oui, j’ai bien dit des os. Des os de dragons, ainsi que de géants et de plein d’autres espèces. » (Souma)

L’un des soldats qui avaient été affectés aux travaux avait dit. « C’est comme si nous nous trouvions au milieu d’un cimetière de monstres. »

Des dragons, des géants, des gargouilles et bien d’autres. Il y avait eu une grande quantité d’os clairement non humains tout simplement dispersés au hasard dans toute la zone.

Soit dit en passant, des créatures que je venais d’énumérer, les dragons étaient les seuls qui n’étaient pas des monstres.

Les dragons avaient un degré de puissance magique incomparablement supérieur à ce que les wyvernes avaient, ils étaient intelligents, et apparemment ils pouvaient même prendre forme humaine. Ils avaient fait, depuis des temps immémoriaux, un pacte de non-agression mutuelle avec la race humaine et avaient construit leur propre pays dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon. La dirigeante de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, la Matriarche Dragon, était bien plus forte même par les normes des dragons. Elle était considérée comme un spécimen incroyablement beau et elle était même adorée par certains peuples. Fondamentalement, les dragons étaient des Bêtes Divines terribles, mais ils étaient aussi l’une des races de ce monde, tout comme l’étaient les humains et les dragonewts.

Quoi qu’il en soit, revenons à notre histoire.

Selon les chercheurs qui avaient alors enquêté sur ces os, ils se trouvaient dans une strate géologique depuis des milliers d’années.

« Alors, cela veut-il dire qu’il y avait un donjon là-bas ? » Liscia inclina la tête due à la curiosité, mais je hochai négativement la tête.

« N’ai-je pas dit qu’ils étaient dans une certaine strate géologique ? Il y a des milliers d’années, cet endroit était lui-même, la surface. » (Souma)

« La surface... ? Non, vous ne pouvez pas vouloir dire cela. Parfois, des monstres sortent d’un donjon, mais jamais sur une si grande échelle. En dehors du Domaine du Seigneur-Démon, les monstres ne se montrent jamais à la surface comme ça... Ah ! » Liscia haleta, secouant la tête comme si elle essayait de dégager la pensée qui était venue dans son esprit. « Halte-là ! Le Monde des Démons n’est apparu pour la première fois qu’il y a dix ans ! »

« En d’autres termes, cela signifie que même avant cela, il y eut une époque où des monstres erraient à la surface. » Dis-je. « Si vous y réfléchissez bien, il existe actuellement des donjons dans tout ce continent avec des monstres qui vivent à l’intérieur d’eux. Pour une raison quelconque, les monstres qui vivaient sur ce continent, il y a des milliers d’années, ont disparu, et une petite partie d’entre eux ont survécu en s’isolant dans les donjons. C’est l’idée que les savants ont eue en analysant cela. »

C’était un peu comme découvrir qu’il y avait encore des dinosaures vivant dans une région inexplorée du monde. Ou comme la pandémie d’un virus dont on pensait qu’il était éradiqué. Bien que cette hypothèse ait été juste émise, et qu’il restait à la confirmer.

« Eh bien, alors !? Les monstres et les démons qui ont détruit les pays du Nord ne sont pas "venus ici", ils sont "revenus", n’est-ce pas ? » (Liscia)

« Cela, je ne le sais pas encore. » Lui répondis-je. « C’est dangereux de sauter à cette conclusion avec le peu de connaissances que nous avons. »

Contre quoi essayions-nous de lutter ? Quels étaient nos ennemis ? C’était une question où les possibles réponses faciles n’allaient pas se réduire si aisément.

« De plus, il y a encore une chose qui me dérange... » Annonçai-je, sans prendre des gants.

« Encore une autre !? » (Liscia)

« Même en mettant de côté la question concernant les os, je devais faire construire ce bassin de filtration d’eau. Donc, les savants ont conservé des archives archéologiques de tous les os qui ont ainsi été découverts. La chose qui me dérange est que la quantité représentant un squelette complet d’os de dragons, l’un des plus grands et les mieux conservés a totalement disparu. Et cela même si je sais qu’il était censé être démonté pour une présentation et qu’il avait donc été envoyé pour être stocké au Musée Royal de Parnam... » (Souma)

« Alors, il aurait donc été volé ? » Me demanda Liscia.

« Dans ce cas, ce serait une bonne nouvelle... Eh bien, non, toujours pas de bonne nouvelle. Le squelette entier d’un dragon de plus de 20 mètres de haut, même si vous le désassemblez, il ne sera en aucun cas facile à transporter. Malgré cela, il n’y a aucun signe qu’il a été sorti de Parnam. Et pourtant, les os sont toujours portés disparus. C’est comme si l’ensemble complet avait soudainement commencé à bouger, avait battu des ailes avant de s’envoler au loin. » (Souma)

« Ha ! Non, ce n’est pas possible ! Un dragon squelette !? » Se mit-elle à crier.

« C’est ce que les érudits suspectent. » (Souma)

Un dragon squelette. Apparemment, il y avait des monstres comme ça en ce monde.

On disait qu’un dragon en colère peut oblitérer un royaume. Les dragons avaient accès à de vastes réserves de pouvoirs magiques au plus profond de leur corps, et ces réserves restaient dans leur corps après la mort. Normalement, le pouvoir magique diminuait progressivement, mais quand un dragon mourait en ayant encore des regrets (ou plutôt, quand son corps était laissé dans un mauvais environnement pendant trop longtemps), en de rares occasions, il se transformait en un dragon squelette.

Ces dragons squelettes étaient désignés par les pays comme étant des créatures particulièrement dangereuses appartenant à la classe spéciale de catégorie A. Pouvant quand même voler, bien qu’ils n’y aient plus de membranes entre leurs os de leurs ailes, ils répandaient un miasme qui apportait rapidement la mort à tous les êtres vivants se trouvant dans son rayon d’action. Ils pouvaient également utiliser la technique du Souffle du Dragon comme quand il était vivant. Alors quand un seul de ces individus apparaissait quelques parts, il était vu comme une catastrophe vivante (qui en réalité ne vivait pas) qui nécessitait la mobilisation complète des militaires d’un pays pour espérer pouvoir le vaincre. C’était aussi la seule raison qui faisait que les pays les plus petits allaient dans la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon, où vivaient les dragons, pour y chercher de l’aide.

Cependant, cette fois, les choses étaient différentes.

« Si c’était le cas, Parnam serait déjà enveloppé par le miasme. » Dis-je. « Après tout, les érudits ont effectué, dès la découverte, un test magique pour s’assurer qu’il n’y avait aucun risque que cela se produise. Il ne devrait plus y avoir assez de magie dans ce fossile pour cela. »

« Je vois... C’est une bonne chose alors. » (Liscia)

« C’est pourquoi je n’ai pas compris ce qui s’est passé. Actuellement, où est-ce que les os du dragon disparu sont ? » (Souma)

Ceci faisait déjà près d’un mois depuis que les os du dragon avaient disparu. Malgré cela, il n’y avait toujours aucun signe d’eux, alors, cela signifiait-il qu’ils avaient été transportés à l’extérieur des murs d’une manière ou d’une autre ? Ils avaient dès le départ perdu leur valeur en tant que catalyseur magique. La meilleure chose qui pourrait être faite avec eux était de les mettre dans un musée (bien sûr, j’aurais besoin de la permission de la dirigeante de la Chaîne de Montagnes de l’Étoile du Dragon pour cela) et ainsi les utiliser comme attraction touristique.

Je n’avais donc pas compris la raison derrière tout cela. C’était pour ça que cela me dérangeait tant.

Je me couchai alors sur mon côté. Liscia fronça les sourcils en me voyant faire, mais je ne m’en souciais pas.

« Vous allez avoir vos vêtements sales après cela. L’avez-vous réalisé ? » Commenta-t-elle.

« Ils peuvent être lavés. D’ailleurs, compte tenu de mon poste, je peux demander à quelqu’un d’autre de les laver pour moi. » (Souma)

« Un roi ne peut se laisser se salir ainsi. » Dit-elle.

« Oui, je suis sûr que la dignité est importante et tout, mais... qu’est-ce que c’est pénible. » (Souma)

« En tant que l’une des personnes qui vous a contraint à le faire, ce n’est peut-être pas à moi de vous le dire, mais vous devriez céder et finalement, accepter tout cela. » (Liscia)

« C’est vrai. Vous avez raison. Wow ! Avoir du temps où je suis complètement détendu est aussi très agréable. » Dis-je tout en étendant mes bras et mes jambes écarquillés. Comme il était agréable de ne pas avoir une seule partie de mon esprit en train de travailler.

Maintenant que j’y pense, je travaillais constamment depuis mon arrivée dans ce monde. Il y avait des choses à faire, des choses que je devais faire, des choses que je n’avais pas d’autre choix que de faire, des piles et encore des piles d’entre eux, et donc, j’avais utilisé ma tête pendant tout ce temps. J’avais actuellement un moment différent où je n’avais pas besoin de penser à quoi que ce soit. Finalement, c’était vraiment merveilleux.

« Ahh. J’aimerais pouvoir me disperser et revenir dans la terre. » Murmurai-je.

Liscia resta silencieuse pendant un petit moment. Après m’avoir vu ainsi, elle semblait réfléchir, puis, hésitante, me demanda. « Si vous le voulez... vous pouvez mettre votre tête sur mes genoux !? »

◇ ◇ ◇

Notes

  • 1 En parlant de Prince, c’est une référence directe au livre de Machiavel, Le Prince.
  • 2 La Maladie de Minamata : On appelle hydrargyrisme toutes les formes d’intoxication par le mercure, mais en référence à une maladie qui a touché durant des décennies des milliers d’habitants des pourtours de la baie de Minamata, on parle de la maladie de Minamata pour désigner les symptômes et syndromes subis par ces malades (en particulier les symptômes physiques et neurologiques graves et permanents induits par l’intoxication in utero aux composés de mercure (monométhylmercure principalement). Il s’agit là d’un des exemples les plus souvent cités pour évoquer les "maladies industrielles".
  • 3 La maladie d’Itai-Itai : La maladie Itai-Itai (イタイイタイ病, Itai-Itai byō, littéralement : maladie aïe aïe) est un cas documenté d’intoxication massive au cadmium survenu dans la préfecture de Toyama, au Japon. L’intoxication au cadmium provoque un ramollissement des os et une insuffisance rénale. La maladie est ainsi nommée à cause des violentes douleurs (痛い, itai), localisées à la colonne vertébrale et aux articulations. Le terme de maladie Itai-Itai a été inventé par la population locale. Le cadmium avait été déversé dans les cours d’eau des montagnes par les industries minières. Les compagnies minières ont été poursuivies pour les préjudices subis. La maladie Itai-Itai est connue comme l’une des quatre grandes maladies provoquées par la pollution au Japon.
  • 4 L’asthme d’Yokkaichi : De 1960 à 1972, les résidents de la ville d’Yokkaichi ont souffert de problèmes de santé provoqués par l’émission du SOx dans l’atmosphère par les usines chimiques d’huile locale. Au Japon, une maladie appelée le zensoku d’Yokkaichi (asthme d’Yokkaichi) dérivé du nom de la ville, et elle est considérée comme l’une des quatre grandes maladies dues à la pollution au Japon.

☆☆☆

Partie 2

Je m’assis donc avec mes genoux pliés, faisant reposer la tête de Souma sur mes cuisses.

Quand quelqu’un repose sa tête sur vos genoux, il peut soit le faire avec leur corps horizontalement ou verticalement à partir de votre point de vue. Dans mon cas, c’était le type vertical.

Alors que je l’observais discrètement, je pus voir que mon visage se reflétait à l’envers dans ses yeux. La tête de Souma reposait actuellement entre mes deux cuisses, et cela me chatouillait un peu.

« C-c’est... un peu embarrassant. » Le visage de Souma possédait une certaine nuance de rouge clairement visible.

... J’étais sûre que le mien aussi devait être dans cet état.

« Pour qui pensez-vous que cela soit le plus embarrassant ? » Lui demandai-je. « La personne qui sert de coussin ou la personne qui l’utilise ? »

« Je ne sais pas trop... Peut-être que cela l’est plutôt pour les personnes qui regardent cela, n’est-ce pas ? » Me répondit-il.

« Hahaha ! Vous pourriez tout à fait avoir raison. » Lui répondis-je.

Et si Aisha ne s’était pas endormie, quelle expression ferait-elle actuellement ?

Quand elle nous verra agir comme un couple, son visage deviendra-t-il rouge ? Ou alors elle dira, « Princesse, je ne peux pas vous permettre de faire ça ! Si quelqu’un doit devenir son oreiller, alors cela doit être moi ! » Ou quelque chose d’étrange comme ça ?

Quand je voyais l’affection que cette fille affichait envers Souma, parfois je sentais comme s’il y avait quelque chose de plus fort que de la fidélité envers lui...

D’une certaine façon, je soupçonnais que, parmi ces deux possibilités, ce serait bien le cas.

« ... Pensez-vous que nous ressemblons à un couple ? » Lui demandai-je.

« Et bien, seulement de nom. » Me répondit-il.

« Seulement de nom... » (Liscia)

À chaque fois que c’était nécessaire, Souma disait toujours à tous ceux qui étaient proches de lui que notre engagement mutuel était juste quelque chose de temporaire, et qu’il n’avait accepté la couronne que pour une période plus ou moins longue. Selon lui, une fois que le royaume serait devenu suffisamment stable et prospère, il avait déjà prévu d’abdiquer. Je sentais que ceci était la raison pour laquelle il prenait toujours son temps pour m’expliquer en détail toutes les réformes qu’il menait ainsi que celles qu’il avait prévu de faire. Je pense avoir bien saisi le caractère de Souma depuis que je l’avais rencontré il y a quelques mois, et maintenant, j’étais capable de comprendre de telles intentions ainsi que ses désirs.

Souma ne désirait pas une richesse excessive ou une renommée. Il voulait simplement vivre en paix et dans la tranquillité. Pour Souma, être un "roi" lié par "ses obligations de noblesse" était exactement le contraire de ses désirs. Même si c’était mon père qui avait pris la décision, je me sentais très mal que nous devions lui faire peser un tel fardeau sur ses seules épaules.

... Mais, en ce moment, ce royaume changeait pour se centrer entièrement tout autour de Souma.

Ce pays, qui avait toujours été considéré par les nations environnantes comme étant un vieux royaume entièrement pourri qui jamais ne changerait et qui était figé dans des concepts désuets, était en train de radicalement changer. Et c’était aussi grâce à Souma que nous avions pu faire face à l’aggravation de la crise alimentaire. Si l’on y réfléchit bien, que ce soit Hakuya, Poncho et les autres, ils s’étaient portés volontaires pour servir le royaume uniquement parce que Souma était là. Même si le trône m’était donné après son abdication, est-ce que je pourrais les garder tous avec moi ?

Mais en plus de cela, plus que toute autre chose à mes yeux, je voulais moi-même que Souma reste dans ce royaume. Et donc...

« Souma... Est-ce que cela vous dérange de m’avoir comme fiancée ? » Ces mots venaient ainsi naturellement de sortir de mes lèvres.

Les yeux de Souma s’écarquillèrent à la suite de mes mots, et il fit rapidement pivoter son visage d’un rouge vif sur le côté. « ... Il n’est pas très juste pour vous de le dire comme ça. »

« O-Oh, vraiment ? » Balbutiai-je.

« Liscia, est-ce que tout cela vous convient ? Je veux parler du fait de m’avoir moi en tant que votre fiancé ? » (Souma)

« Cela ne me dérange pas. » Je me surpris moi-même d’être ainsi capable de dire cela si facilement. Cependant, après ce que je venais de dire, je me sentis quand même un peu embarrassée. « Souma, vous savez, je pense que vous êtes bien mieux adapté pour gouverner ce pays que moi. »

« Même si je conviens mieux à cela... Est-ce que vous allez accepter d’être ainsi engagé avec quelqu’un que vous n’aimez même pas ? » (Souma)

« N’est-ce pas ce que cela signifie d’être quelqu’un de la famille royale ? » Lui demandai-je.

« Je ne suis nullement quelqu’un de la famille royale. En outre... je voudrais me marier par amour. » (Souma)

« Alors... est-ce que vous me haïssez, Souma ? Pouvez-vous dire avec certitude que vous ne deviendrez jamais amoureux de moi ? » Lui demandai-je.

« Urgh...Je vous le dis, ce n’est pas correct quand vous dites des choses comme ça. La chose à propos des êtres humains est que, si une fille a, ne serait-ce que le moindre soupçon que quelqu’un l’aime, alors elle tombera amoureuse de lui. C’est le genre de créatures que nous sommes. Si une beauté telle que vous me dit cela, Liscia... Alors il n’y a vraiment aucune chance que je ne me sente pas conscient de vous. » (Souma)

Souma avait dit quelque chose qui ressemblait vraiment à une excuse. Il était étonnamment calme et réaliste lorsqu’il s’agissait de ses devoirs, alors c’était quelque peu drôle de le voir gêné dans une situation comme celle-ci.

Je gloussai un peu avant de dire. « Vous pouvez faire bouger tout le pays, mais vous devenez désespéré quand il s’agit de cela. »

« ... Je manque d’expérience. De bien des manières. » (Souma)

« Quant à moi, vous savez, j’ai passé tout mon temps en études et pour mes devoirs militaires, alors je n’ai pas eu beaucoup d’expériences non plus. » Lui dis-je.

« Ne dites pas cela comme si cela était le même pour les garçons et les filles. Nos spécifications de base en matière d’amour sont complètement différentes. » (Souma)

Alors que nous en parlions, une voix hésitante se mit à parler. « Hum... »

Quand je me retournai pour faire face à cette voix, je vis qu’Aisha devait s’être réveillée depuis un petit moment. Et en ce moment, elle nous regardait avec un sourire ironique qui semblait au moins trois fois plus intense que son attitude habituelle.

« Combien de temps ai-je encore besoin de prétendre que je m’étais endormie ? » Nous demanda-t-elle.

« « ... » »

En entendant cela, nous avions tous deux bondi.

◇ ◇ ◇

Après avoir quitté le parc, nous nous promenâmes dans la ville du château. Il était midi et comme nous avions faim, nous avions donc décidé de nous diriger vers le café chantant où Juna travaillait.

Alors que nous marchions dans un chemin pavé, Liscia déclara. « À propos du sujet dont nous avons parlé plus tôt... » et me posa une question. « Vous avez aussi parlé de modifier les lois, n’est-ce pas. De quoi s’agissait-il ? »

« Oh ! Voilà ce que j’ai fait. J’ai tout d’abord converti les petites routes en paradis pour les piétons et nationalisé l’élimination des ordures. » (Souma)

« ... Je suis désolée. Je n’ai aucune idée de ce que tout cela veut dire. » (Liscia)

Je pense que j’aurais dû y penser. Nous étions tous deux retournés à la discussion concernant le problème de l’hygiène et de l’assainissement.

« Eh bien, permettez-moi d’expliquer ce que j’entends par paradis pour les piétons. C’est simple. J’ai interdit aux chariots l’utilisation de toutes les routes sauf les plus grandes. Les chariots qui transportent des marchandises reçoivent une exemption spéciale, mais seulement pendant quelques heures au cours de la matinée. Ne sommes nous pas passés tout ce temps dans des rues de moyennes tailles, et n’avez vous pas constaté que nous n’en avons croisé aucun ? » (Souma)

« Maintenant que vous le mentionnez... » Liscia regarda alors autour de nous, ne voyant pas un seul cheval.

« Ceci permet de réduire facilement le nombre d’accidents causé par les chevaux, créant ainsi un environnement sécurisé pour permettre à la population de commercer, ce qui par la même occasion, pousse l’économie sur la bonne voie, mais... Le but principal de tout cela étant de nettoyer tout le crottin des chevaux présent dans les rues. » (Souma)

« Le crottin des chevaux ? » Répéta Liscia.

« Quand un cheval est en déplacement, il laisse généralement ses excréments au sol, n’est-ce pas ? Eh bien ! Quand ce crottin devient sec, il est emmené par le vent, et cela nuit aux poumons de ceux qui l’inhalent. Plus une zone est devenue insalubre et plus elle doit contenir de cette poussière de crottin que les nombreux chevaux ont laissé là. Si nous limitons les chevaux aux routes principales, cela facilite la collecte de leurs excréments. Et ainsi, cela devrait réduire considérablement le nombre de personnes qui contractent une pneumonie. »

« Hein !? C’était tout ce qu’il fallait faire !? » S’exclama Liscia.

« ... Oui. » Lui répondis-je. « C’est tout ce qu’il aurait fallu faire pour sauver des vies. »

« Arg... » (Liscia)

Ma manière de décrire les faits était peut-être un peu difficile à encaisser, mais je ne pouvais pas oublier que ce quelque chose signifiait la différence entre la vie et la mort pour les personnes qui n’avait pas eu la chance d’être après ce « C’est tout ce qu’il aurait fallu faire ».

« Eh bien ! À certains égards, je ne peux pas vous le reprocher. » Dis-je. « Le concept d’hygiène n’existe pas encore dans ce pays. Si l’on regarde les faits, seuls deux professionnels de la santé que j’ai rencontrés l’ont compris alors que tant d’autres... »

Je pense que je l’avais déjà mentionné, mais à cause du fait que ce pays possédait la magie, ses connaissances en matière de technologies et de concepts étaient emplies de nombreuses lacunes. Eh bien, c’était aussi le cas dans le domaine de la médecine.

Comme vous pouvez vous attendre d’un monde fantastique, cet endroit possédait ce qu’on appelait la magie de soin. En convertissant la magie en une certaine longueur d’onde que vous injectiez dans le corps, elle augmentait de manière significative la capacité de guérison naturelle du corps. Et c’était aussi efficace pour traiter les blessures externes, telles que les perforations, les coupures et les bleus. Des pratiquants de la magie vraiment remarquable pouvaient même rattacher un bras qui venait d’être coupé.

En voyant de telles actions, vous seriez sûr d’avoir assisté à un miracle.

Mais en contrepartie, la magie de soins ne pouvait pas traiter les virus et les infections que la capacité naturelle du corps ne pouvait pas traiter. Toutes les personnes devaient diminuer les symptômes en demandant à des hommes et des femmes médecins qui pouvaient préparer des herbes médicinales. En outre, pour les personnes âgées, dont la capacité de guérison naturelle avait diminué, la magie n’était presque plus efficace dans le traitement des blessures externes, et donc...

Une fois que vous saviez comment quelque chose fonctionnait, il pourrait être facile de penser, "Ho ! mais c’était aussi simple que ça." Mais la plupart des personnes de cette contrée ne savaient rien à propos des microbes et encore moins des virus. Lorsque les gens essayaient de trouver des réponses aux questions, s’ils n’avaient pas les connaissances nécessaires pour y répondre, alors ils étaient plutôt enclins à trouver des réponses qui relevaient simplement du bon sens.

"La magie de soins ne fonctionne pas" était équivalent à dire "Alors même qu’un miracle ne peut pas la sauver de cela" devenait rapidement un "Il s’agit donc de la malédiction du diable".

Les personnes faisaient naturellement ce genre de cheminement dans leur tête. Et tout cela finissait le plus souvent comme une sorte de résultat occulte et bizarre quand il s’agissait de traiter une maladie.

"Si vous achetez ce pot, vous ne serez jamais malade" était actuellement un argument de vente infaillible en ce monde, mais ce n’était pas du tout quelque chose qui vous poussait à en rire. Si vous pensiez à acheter quelque chose comme ça, alors vous pourriez tout aussi bien vous envelopper le cou avec un poireau avant d’aller vous coucher.

Cependant, il y avait quand même des cris d’espoir venant des deux médecins que je venais de mentionner. Si je pouvais faire que ces deux dirigent une réforme concernant la pratique médicale dans ce pays, alors...

« Hey ! Souma ! Qu’est-ce que vous marmonnez là ? » Me demanda Liscia, me faisant ainsi revenir à la réalité.

« Désolé. » Dis-je. « Je réfléchissais en ce moment. »

« Bon sang... D’accord ! Mais qu’est-ce que vous vouliez dire lorsque vous avez déclaré que vous avez nationalisé l’élimination des ordures ? » (Liscia)

« Exactement ce que cela sous-entend. » Lui répondis-je. « Liscia, savez-vous qu’est-ce qui était fait des déchets présents dans ce royaume ? »

« Les déchets sont récoltés avant d’être triés en ‘brûlable’ et ‘Non brûlable’ en fonction de ce que c’est. N’est pas cela ? » (Liscia)

« Wow, vous avez répondu si facilement à ma question. » Dis-je.

« Avez-vous vraiment pensé que j’étais ignorante de la vie de mon peuple simplement parce que je suis une personne de la famille royale ? Ne m’insultez pas ! Je vous ferais savoir que je vivais dans un dortoir alors que j’étais à l’académie militaire ! » Me déclara-t-elle, indignée de ma remarque.

Je vois. Donc, elle n’est pas aussi ignorante vis-à-vis de ce genre de chose que je le pensais.

« Mais ce que vous dites est faux ! » (Souma)

« Hein !? » S’exclama-t-elle.

« Je devrais plutôt dire ‘Généralement’, n’est-ce pas ? Car votre réponse est uniquement représentative des classes supérieures de la société. Mais pour le reste du monde, ce n’est nullement leur façon de penser. » (Souma)

« M-Mais, qu’est ce que la façon de pensée du peuple a à voir avec tout cela ? » Me demanda-t-elle.

« Aisha, comment est-ce que votre peuple dispose des ordures dans la Forêt Protégée par Dieu ? » Questionnai-je Aisha.

« Hm ? Les déchets ? » Les yeux d’Aisha montraient clairement qu’elle était surprise d’avoir ainsi été rajoutée à la conversation, mais elle fut capable de répondre rapidement. « Laissez-moi y réfléchir... Selon moi, tout est brûlé. »

« Est-ce que c’est tout ? » Demandai-je.

« Oui, c’est tout. » (Aisha)

« Cela ne peut pas être vrai ! Mais que faites-vous des choses qui ne peuvent pas brûler ? » Objecta Liscia, mais Aisha se retourna pour lui faire face.

« Voulez-vous parler de rejeter les choses qui ne sont pas susceptibles de brûler ? » Demanda Aisha.

« Bien sûr que vous devez le faire ! Que pouvez-vous bien faire avec des outils brisés ? » Demanda Liscia.

« Nous le réparons et ainsi, nous pouvons continuer à l’utiliser. » (Aisha)

« ... Hein ? » (Liscia)

« Par exemple, nous utilisons des déchets de cuisine comme engrais. Avec la poterie qui est trop endommagée pour être capable d’être réparée, nous la brisons en petits morceaux avant de les répandre sur les chemins. Si les outils métalliques se brisent, alors nous les réparons afin qu’ils puissent être utilisés à nouveau. S’ils ne peuvent pas être réparés, alors nous les vendons à un marchand spécialisé dans l’achat du métal usagé. Les seules choses que nous nous débarrassons sont le bois brisé ainsi que les armures en cuir trop endommagées, mais... dans ce cas, nous les brûlons dans nos feux de camp. » (Aisha)

Cette fois, il s’agissait du tour de Liscia d’avoir les yeux écarquillés, surprise par la tournure de la discussion. Je ne pus pas m’empêcher de rire un peu en voyant leur échange.

« Haha ! Aisha a réussi cette fois-ci. » (Souma)

« Soumaaaaa... » Liscia gémissait.

« Ne vous laissez pas atteindre par si peu. » Dis-je. « Pour les classes supérieures qui doivent conserver des apparences somptueuses, et pour les militaires dont l’équipement peut signifier la différence entre la vie et la mort, il est probablement préférable pour eux si leurs possessions sont pratiquement toujours de nouveaux objets. Toutefois, pour les ménages ordinaires, ce n’est pas le cas. Après cela, l’exemple d’Aisha nous emmène jusqu’au plus extrême, mais les personnes de la capitale agissent avec les objets d’une manière assez similaire. Je suppose que la principale différence entre eux serait qu’ils brûlent aussi leurs déchets de cuisine. » (Souma)

Dans ce monde, il n’y avait rien en plastique ou en styromousse qui nécessitait un traitement spécial avant de pouvoir être réutilisée. La plupart des outils étaient en fer, en pierre, ou issu directement du sol (ce qui comprend le verre et de la céramique) ou alors en bois. Ils pouvaient donc réutiliser le fer en le fondant, et s’ils abandonnaient la pierre, alors elle se fonderait dans le paysage naturel qui l’entourait. La seule exception était les substances artificielles créées par les mages en utilisant la magie (substances magiques), mais elles étaient précieuses en elles-mêmes, donc elles n’étaient presque jamais jetées.

Et en ce qui concerne les objets en métal, ils étaient certainement aussi très chers, de sorte que les gens du peuple faisaient tout pour les réparer. Remettre en forme un objet était après tout très facile. Et quand il n’y avait vraiment rien qu’ils pouvaient faire, et qu’il semblait moins cher d’en acheter un nouveau, alors ils le vendaient à un marchand de métal usagé contre une petite somme. Les revendeurs de métaux usagés récoltaient donc ce métal avant de le refaire fondre. Et avec cela, il confectionnait de nouveaux produits en métal.

Cependant, quand cela était réalisé par de tels individus, qui n’avaient finalement pas les bonnes installations ni la possibilité de consacrer beaucoup de temps, les objets produits étaient par conséquent toujours de piètre qualité.

Dès le départ, ce qu’ils avaient fait était de faire fondre tous les objets ensemble, puis de laisser tout cela se durcir, mais ce faisant, un grand nombre d’impuretés étaient mélangées au cours du processus. En conséquence, des objets en métal de très mauvaise qualité avaient fini par circuler partout dans le royaume.

Pour couronner le tout, ce pays était pauvre en ressources. Si le métal de mauvaise qualité était tout ce qui pouvait être obtenu localement, alors les personnes qui avaient besoin d’une meilleure qualité, seraient forcés d’importer du métal de haute qualité en provenance d’autres pays. Je voulais limiter autant que possible les dépenses. Cependant, si je tentais de dire aux marchands de métaux usés, qui agissaient en tant qu’individus, de refondre le métal pour en faire un métal sans impuretés et donc de haute qualité, alors cela ne fonctionnerait jamais.

« Donc, voilà pourquoi j’ai nationalisé l’élimination des ordures... Fondamentalement, j’ai fait que le pays prenne le contrôle de tout cela. Même si tout cela est très difficile pour un individu de le faire correctement, l’État, lui, doit le faire s’il en est capable, alors nous pouvons dans ce cas nous permettre de dépenser de l’argent afin d’organiser des installations spécialisées ainsi que d’allouer le temps requis pour faire le travail correctement. Par exemple, nous pouvons nous permettre de retirer tous les clous des panneaux de bois que la population a jeté pour ainsi pouvoir recycler le maximum de fer. » (Souma)

« C’est vraiment génial, mais tout cela... Mais qu’en est-il des vendeurs de métaux usagés ? Ne leur volez-vous pas leurs emplois ? » (Liscia)

« Oh, cela c’est correct. » Dis-je. « Pour réussir cette opération, j’ai simplement recruté tous les vendeurs de métaux pour en faire des officiers du service public. »

À la base, ils étaient des salariés ayant un faible revenu. Ils payaient un petit montant pour acheter de la ferraille, puis le fondaient pour ensuite aller la revendre en grosse quantité aux guildes marchandes. Cependant, étant donné qu’ils ne pouvaient produire que du métal de mauvaise qualité, leurs prix n’étaient jamais importants et donc ils ne pouvaient pas se faire de gros profits. En fait, les revendeurs de métaux usagés étaient tout en bas de la hiérarchie de ce monde. Et parce qu’ils s’occupaient des ordures, les personnes les regardaient toujours dédaigneusement.

« Cependant, comme maintenant il s’agit d’une entreprise du secteur public qui s’occupe de cela, le coût de l’achat du métal sera payé par le pays. » Dis-je. « Les articles à fondre peuvent être refondus en métal de haute qualité dans de bonnes installations fournies par le pays, et le pays négociera lui-même avec les guildes commerçantes, et donc il n’est pas nécessaire de s’inquiéter de ce que leurs prix sont l’équivalent d’une bouchée de pain. De plus, ils recevront un salaire mensuel égal au revenu mensuel moyen dans ce pays. Si vous comparez cela à ce qu’ils se recevaient auparavant, il s’agit probablement d’une augmentation de près de dix fois leur revenu, n’est-ce pas ? »

« Et bien... je doute qu’ils aillent se plaindre après cela. » Admit Liscia.

En fait, nous n’avions pas reçu une seule plainte. Bien au contraire : lorsque le ministre d’État qui avait reçu la charge de l’élimination des ordures était allé enquêter dans l’installation de retraitement, il avait été salué chaleureusement et avec beaucoup de remerciements de la part de tous les travailleurs présents.

« Mais, si vous ne faites pas attention, ne serait-il pas plus coûteux que de l’importer d’un autre pays ? » Me demanda Liscia.

En réponse à la question de Liscia, je hochai la tête avant de dire. « Ouais, un petit peu. »

Pour développer un peu ma réponse, je rajoutai donc. « À ce stade, nous ne somme probablement pas dans la bonne situation pour le faire de cette façon. Cependant, l’argent dépensé à l’intérieur du pays possède une signification complètement différente de l’argent dépensé à l’extérieur du pays. Si nous dépensons de l’argent à l’extérieur du pays, il s’agit donc d’une fuite de capitaux, mais si nous le dépensons à l’intérieur du pays, cela va stimuler notre propre économie. »

« H-Hein!? E-Encore et toujours cette économie... » Pour Liscia, avec son passé de militaire, il semblerait qu’elle ne soit pas aussi bonne pour traiter ce genre de sujet. L’armée avait sa propre bureaucratie, de sorte que les officiers n’avaient probablement qu’à penser à maintenir leurs lignes d’approvisionnement en fonction.

« D’accord alors, dans ce cas, je vais vous donner une explication en utilisant le point de vue des militaires. » Dis-je. « Parlons de la diplomatie. Si nous pouvons conserver les ressources dans notre pays, d’autres pays ne pourront donc pas utiliser les ressources que nous leur importons comme élément clef dans leur négociation. Par exemple, que ferions-nous si la Principauté d’Amidonia, qui regarde avec impatience les territoires de notre pays, devait subitement arrêter leur exportation de fer ? »

« ... Cela nous mettrait dans l’embarras. » Me répondit Liscia. « On ne saurait pas ce qu’ils nous demanderont pour rouvrir ce marché. »

« Vous avez raison ! Je l’ai donc aussi fait en vue d’éviter ce genre de situation. » (Souma)

Je ne voulais pas donner des noms, mais même dans mon monde, il y avait bien eu un pays qui avait utilisé des ressources rares qu’ils produisaient, en tant qu’outil diplomatique pour faire pression sur d’autres nations. Cependant, une fois qu’un certain pays insulaire était devenu sérieux, il avait ainsi pu trouver de nouvelles routes d’importation vers d’autres pays possédant ces ressources, et il avait par la même occasion, développé des technologies alternatives, ce qui avait finalement entraîné une perte importante de valeur des ressources rares produites par cet autre pays.

« Si nous pouvons être économes avec nos ressources, cela limiterait les dégâts si un autre pays arrêtait ses exportations, et si nous stockons l’excédant que nous pouvons acquérir en temps de paix, nous pouvons encore mieux nous préparer à cela. » Lui expliquai-je.

« Je vois. » Répondit Liscia. « Donc, même si cela nous met dans le rouge, il y a toujours un intérêt à la nationalisation de ce secteur. »

Liscia était apparemment capable d’assimiler rapidement les informations et les concepts quand il s’agissait de questions militaires et diplomatiques. Elle était probablement le type de personnes dont la capacité ou l’incapacité à apprendre sur un sujet reflétait fidèlement ses préférences personnelles.

Par ailleurs, alors que nous parlions de ces choses-là, Aisha annonça. « Oublions tout cela pour le moment. Moi, je veux manger ! »

Elle avait tout l’air d’être prête à pleurer, tel un chien qui avait dû attendre trop longtemps la venue de son maître.

Le café chantant, la Lorelei, était là, devant nous, au coin d’une rue ensoleillé. C’était l’endroit où Juna travaillait.

Quand j’avais entendu, pour la première fois, les mots "Café Chantant", je m’étais imaginé un endroit avec une machine à karaoké, où les clients pouvaient chanter librement, mais les cafés chantants dans ce pays étaient un endroit où vous alliez pour profiter de votre thé de l’après-midi, tout en écoutant les loreleis chanter.

Et dans la soirée, il restait aussi ouvert et se transformait en quelque chose proche d’un bar de jazz. Est-ce que cela ressemblait à ce qu’on avait aussi au Japon ?

« Vous allez là-bas pour montrer votre visage, n’est-ce pas ? » Me demanda Liscia. « Alors, dépêchez-vous et entrez. »

« Je suis si affamée... » se lamenta Aisha.

☆☆☆

Partie 3

Les deux filles me poussèrent ainsi à me dépêcher et donc, je passai rapidement la porte avant d’entrer dans le café Lorelei.

Dès l’instant où nous arrivâmes dans les lieux, je pus percevoir la voix de Juna qui chantait. Quand je l’entendis, j’eus comme une faiblesse dans mes jambes.

Ha oui ! C’est vrai ! C’est moi qui lui avais appris cette chanson après tout. Réalisai-je ainsi.

C’était tout à fait dans les cordes de Juna de faire cela. Après tout, elle avait été capable de maîtriser un chant dont les paroles étaient en anglais alors que moi-même suis si mauvais en cela.

« Oh, quelle merveilleuse chanson que voilà et une si belle voix. Il faut vraiment rendre justice sur cela envers madame Juna. » Déclara Liscia.

« Je ne sais pas ce que signifient ces mots, mais il s’agit d’une belle mélodie. » Rajouta Aisha.

Aisha et Liscia semblaient profondément impressionnées. Eh bien, c’était normal qu’elles le soient. Car après tout, il s’agissait d’une bonne chanson.

J’avais promis d’enseigner à Juna des chansons provenant de mon monde. Mais après avoir réfléchi à cela plus attentivement, j’avais constaté que je ne connaissais que les anciennes chansons que j’avais apprises à la suite de l’influence de mon grand-père, ainsi que des chansons qui avaient marqué le monde de l’animé ainsi que les tokusatsu [1] parce que j’étais fan des deux.

Vous pourriez tout à fait mieux connaître la chanson que Mami Ayukawa avait utilisée comme OST pour Z Toki wo Koete, l’ouverture de l’anime de Mecha Mobile Suit Zeta Gundam. Après ça, ce n’est que mon opinion personnelle, mais je pensais que la musique d’Hiroko Yakushimaru, et celle pour les chansons d’anime de Hiroko Moriguchi correspondaient bien à la voix de Juna. Je voulais entendre "Tantei Monogatari" et "Mizu no Hoshi ni Ai wo Komete" avec sa voix.

Le café avait un style relaxant et rétro. En nous arrêtant à l’une des tables, nous avions alors écouté Juna chanter pendant un moment. Quelques minutes plus tard, Juna qui venait de finir sa chanson vint jusqu’à nous.

« Pourquoi votre... » Commença-t-elle.

« Bonjour Juna. » Dis-je rapidement. « Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi, mais je suis Kazuya, le successeur d’un marchand de crêpe d’Echigo ! »

Afin de couper les paroles de Juna, je commençai à parler à haute vitesse. Juna, étant la femme intelligente et talentueuse qu’elle était, comprit immédiatement ce qui se passait. « Ha oui !, Kazuya. C’est vrai, cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus. Et comment va votre père ces derniers temps ? »

« Et bien, il est un peu trop énergique pour son propre bien. Tout récemment, ma mère a découvert qu’il avait une liaison. Mais maintenant, ce n’est plus un problème. » (Kazuya)

« Je vois. Kazuya, faites attention à la façon dont vous-même vous manipulez les femmes. » Déclara-t-elle afin d’accompagner mon histoire.

Après tout, je ne serais pas très bien si elle s’inclinait devant moi et m’appelait "Votre Majesté" dans un endroit comme celui-ci avec tant de gens qui regardaient. Je devais donc être déguisé. Pourtant, j’étais impressionné par sa capacité à créer instantanément une réponse à mes absurdités déclarée au hasard. Je la voulais absolument dans mon château.

« Je vous paierai cinq fois ce qu’ils vous paient ici, alors viendriez-vous pour être ma secrétaire personnelle ? » Lui demandai-je alors.

« J’apprécie l’offre, mais je pense que ce travail où je peux laisser les clients profiter de mes chansons est ma vocation, alors je vais devoir refuser. » Lâcha-t-elle avec légèreté.

Ouais. Même la façon dont elle m’a rejeté avait de la classe.

« C’est bien dommage. Mais, ils disent que plutôt que de mettre des fleurs sauvages à l’affiche dans votre chambre, les fleurs sont plus belles lorsqu’elles sont en pleines floraisons dans les champs. » (Kazuya)

« Oh ! Mais si vous les aimez et les adorez, alors il ne faut pas seulement les mettre en évidence, car les fleurs brillent même dans un vase. » Rétorqua-t-elle.

« Je vois. Alors dans ce cas, je dois m’efforcer d’être digne de les aimer et les adorer. » (Kazuya)

« Oui ! Assez digne pour convaincre les fleurs qu’elles veulent que vous les butiniez vous-même. » (Juna)

« Ha ha ha ha ha. » (Kazuya)

« Hee hee hee hee hee. » (Juna)

Juna et moi avions alors eu le même rire.

Alors qu’elle nous regardait, Liscia semblait légèrement surprise. « D’une façon ou d’une autre, lorsque vous vous parlez, c’est vraiment comme si vous étiez chacun en train de sonder les intentions de l’autre. »

... Ou alors elle pensait cela. Vous avez tort, Liscia, me dis-je dans la tête. C’est plus probablement comme un frère cadet qui veut agir d’une manière plus mature qui se fait réprimander avec douceur par sa grande sœur.

... Je parie que c’est plus ainsi, alors même que nous avions pratiquement le même âge.

« Slurrrrrp... le gelin udon est vraiment délicieux, n’est-ce pas ? » Déclara Aisha toute contente.

Nous avions décidé de rester au Lorelei et de déjeuner là-bas.

Finissant rapidement son gelin udon aussi vite qu’on pouvait réellement boire un bol de nouille, Aisha se mit alors à crier. « Un second, s’il vous plaît. » Tout en poussant son bol vers notre serveur.

Vous savez, un café n’est pas l’endroit où manger comme ça... Pensai-je.

« Pourtant, du gelin udon est quand même disponible dans un café ? » Me demandai-je.

« N’avez-vous pas aimé ? » (Juna)

Juna avait l’air inquiète, alors j’ai secoué la tête avant de dire. « Oh, non. Je pensais juste que c’était étrange d’être, pour ainsi dire, envahit par de l’udon même dans un endroit chic comme celui-là. » (Kazuya)

« Depuis cette émission, il y a eu beaucoup de personnes désireuses d’en goûter. » M’expliqua-t-elle. « En outre, nous n’avons pas encore passé à travers la crise alimentaire, alors nous sommes tous reconnaissants d’avoir ces sortes d’ingrédients peu coûteux que nous pouvons utiliser. » (Juna)

« Je travaille énormément là-dessus, mais... désolé de n’avoir pas fait assez contre cela. » Dis-je.

« Oh non, Votre... Kazuya. Je pense que vous avez très bien agi. » (Juna)

Quand Juna me fit un doux sourire, ceci me fit me sentir tout chaud et flou à l’intérieur.

Boum ! Boum !

OK ! OK ! Liscia, s’il te plaît, arrêtez ces coups de pied sous la table,

« Ne pensez-vous pas que Souma traite Juna différemment de la façon dont il traite les autres ? » Demanda Liscia.

« Haaa, slurp... J’ai... slurp... aussi remarqué cela. » Acquiesça Aisha.

« ... He ! Je ne peux rien y faire. » Protestai-je. « Je suis juste très nerveux quand je parle à une belle fille plus âgée. Et en plus Aisha, mangez ou parlez, mais choisissez-en un seul. » (Kazuya)

« Slurp. » (Aisha)

Quoi, avez-vous choisie de manger ? J’aurais pu me moquer d’elle, mais ce classique de la comédie était trop exagéré, alors je laissai simplement tomber.

« ... Juste après m'avoir dit que j'étais belle. » Murmura Liscia.

« En fait, Liscia, je pense que vous êtes belle d’une manière différente de celle de Juna, comprenez-vous ? » Dis-je.

« Co-Comment avez-vous pu m’entendre !? » S’exclama-t-elle.

Hein ! Si vous ne voulez pas être entendu, alors baissez votre volume encore un peu plus, d’accord ?

... Mais une partie de cela était aussi due au fait que j’étais étrangement conscient d’elle parce qu’elle m’avait laissé utiliser ses genoux comme un oreiller.

« V-Vous auriez pu faire semblant de n’avoir rien entendu. » Balbutia-t-elle.

« Comment pourrais-je laisser passer cela ? » Rétorquai-je. « Je suis un jeune homme en pleine santé. Alors, ne dites pas aussi ouvertement des choses qui vont me rendre encore plus conscient de vous. » (Kazuya)

« Oh, mon dieu. Vos visages deviennent à tout les deux tout rouges. Vous êtes tous deux si innocents. » Déclara Juna alors qu’elle nous observait avec un sourire sur les lèvres.

À côté de nous, Aisha entortillait son udon comme si elle boudait. « Slurp... Pourquoi remarque-t-il les sentiments de la princesse... Slurp... alors que les miens sont ignorés... ? Slurp. Ah ! Je voudrais un autre bol, s’il vous plaît. » (Aisha)

« Ce n’est peut-être pas mon rôle de le dire... Mais peut-être qu’il ne vous prend pas au sérieux parce que vous agissez comme ça ? » Suggéra Juna.

« Madame Juna !? Qu’est ce que j’ai mal fait ? » S’exclama Aisha.

« Cet appétit de votre part. Quand je vous ai vu dans le château, vous étiez telle une femme courageuse et digne qui souhaitait s’adresser directement au roi, mais récemment, vous êtes une déception qui mange tout le temps. »

« Q-Quoiiiiiiii !? » S’écria Aisha avant de commencer à nous regarder avec des yeux qui semblaient nous supplier. « Dites-moi que ce qu’elle vient de dire est un mensonge, Votre Majesté, Princesse. » (Aisha)

Liscia et moi avions alors souri, puis nous avions levé les bras devant nous pour former un X.

Après tout, j’étais entièrement d’accord avec Juna.

« Poncho a clairement volé l’attention de chacun dans le peuple. » Déclara Liscia.

« Où est-ce que cette digne Aisha est-elle allée, je me le demande ? » Demanda Juna.

« Wahhh! C’est la faute de la forêt qui fait que nous n’avons pas autant de types de nourriture ! » Se défendit Aisha.

« Et d’ailleurs, que pensez-vous du fait que vous essayez de séduire un gars qui possède déjà une fiancée... ? » Rajoutai-je.

« « « Hein !? » » » Toutes les trois me regardaient d’un air ébahi.

Ai-je dit quelque chose de si étrange ?

« Heu... Souma ? Dans ce pays, la polygamie est acceptée tant que vous avez la richesse pour soutenir plusieurs épouses, est-ce que vous comprenez ? » Me dit Liscia.

Juna hocha la tête avant d’ajouter. « Ceci fonctionne également dans l’autre sens. Des arrangements polyandriques sont aussi possibles pour les femmes puissantes. » (Juna)

« Car après tout, si les hommes étaient limités à une seule femme, la maison pourrait mourir si quelque chose n’allait pas. » Rajouta Aisha.

Liscia, Juna et Aisha m’avaient alors déclaré cela avec des visages sérieux.

Êtes-vous sérieuse... ? Ah non ! Je suppose qu’elles sont probablement très sérieuses.

Après tout, la société de ce monde n’était pas encore sortie de l’Âge des Ténèbres. Ils n’avaient pas de taux de natalité stable et leurs connaissances médicales et au sujet de l’hygiène étaient sous-développées. Et pour couronner le tout, ils vivaient dans des temps troublés, donc il y avait probablement peu de personnes qui arrivaient à vivre jusqu’à atteindre l’espérance de vie moyenne. En outre, dans une société de type Moyenâgeuse, où la « maison » était un concept important, et pourvu que vous ayez la richesse pour supporter cela, alors posséder un plus grand nombre d’héritiers potentiels était la meilleure des situations. C’était probablement la raison pour laquelle ils avaient permis la polygamie. Mais même si je pouvais comprendre ça...

« Mais la mère de Liscia est la seule reine que j’ai rencontrée... » Objectai-je alors.

S’il s’agissait d’un système polygamique, le père de Liscia, le roi, n’aurait-il eu plus de femmes ? Je veux dire que comme j’étais toujours poussé par Hakuya de me dépêcher et de produire rapidement un héritier, alors...

« Oh ! En fait, c’est ma mère qui était celle qui détenait l’autorité royale. » M’expliqua Liscia. « Voyez-vous, elle est la fille de l’homme qui était le roi avant mon père. » (Liscia)

« Attendez ! Ce roi s’est donc marié dans la famille !? » M’écriai-je.

« Oui. Cependant, après leur mariage, elle lui a laissé la direction du pays. C’est pourquoi mon père n’a jamais voulu blesser ma mère en prenant une autre femme en tant que sa reine... Cependant, je ne peux pas dire avec certitude qu’il n’a pas eu de bâtards. » Déclara calmement Liscia.

« Hein !? Est-ce que c’était d’accord dans ce cas que je prenne le trône quand il a abdiqué ? » Me demandais-je.

« Il n’y a aucun problème. Mon Père était celui qui s’est mis en avant à propos de cela, mais il n’aurait pas pu abdiquer sans l’accord de ma mère. » Me répondit-elle.

Hein ? En d’autres termes, cette abdication n’avait pas été une décision arbitraire du roi, mais quelque chose qui avait été mûrement réfléchit avec la reine.

« D’ailleurs, j’étais la seule avec le droit de succession, et donc de toute façon, j’aurais dû prendre un mari, alors ce n’était vraiment pas une grande différence. » Rajouta Liscia. « Il était juste question de savoir si je garderais l’autorité royale ou si c’était mon partenaire qui l’aurait. » (Liscia)

« ... Eh bien ! Liscia, n’auriez-vous pas voulu être la dirigeante dans ce cas ? » Lui demandai-je.

« Dans ce cas-là, vous auriez dû demander mon approbation pour chacune de vos réformes, comprenez-vous ? Ne serait-ce pas un calvaire de devoir agir ainsi ?  » (Liscia)

« Et bien.. Oui. » (Kazuya)

Maintenant, Liscia n’était pas quelqu’un de borné sur ce genre de chose, mais si j’avais eu besoin de son approbation pour chaque petite chose, alors mes réformes auraient été beaucoup plus lentes. En outre, si la personne ayant le pouvoir de décision ultime et la personne qui conduisait la réforme étaient des personnes différentes, alors il n’y aurait aucune garantie que des membres d’une faction opposée à ces réformes n’essayeraient pas de s’immiscer entre les deux afin de susciter des problèmes inutiles.

« He oui ! Votre père a pris une décision courageuse en me transférant tout cela. » Déclarai-je.

« Vous avez raison... Maintenant, je suis sincèrement capable de voir combien il était impressionnant. » (Liscia)

Cependant, ceci signifiait que le fardeau nous avait été transféré à nous.

Nous avions alors tous deux soupirés à l’unisson.

« Donc, si vous le vouliez, Souma, une relation polygamique est... possible. » Déclara Liscia.

« Liscia, vous seriez vraiment d’accord avec ça ? » Lui demandai-je alors.

« Je ne serais pas très contente, mais si cela vous faisait rester sur le trône, alors... » (Liscia)

« Ceci est un cheminement bien trop compréhensif... » Murmurai-je.

« Cependant, je ne pourrais pas tolérer plus de huit, moi y compris. » Rajouta-t-elle.

« C’est vraiment beaucoup trop ! Je ne peux pas prendre la responsabilité pour autant de fille ! » M’exclamai-je, totalement surpris par sa réplique inattendue.

Et bien, quand elle m’avait dit que je pourrais avoir un harem avec son consentement, ce n’était pas comme si l’idée n’était pas attrayante, cependant... je ne savais pas trop. Je pouvais déjà imaginer la quantité de travail que tout cela représenterait. Après tout, je n’étais pas le genre d’homme qui pourrait être en désaccord avec les femmes, et je pouvais vraiment dire que plus j’en avais à mes côtés, et plus j’aurais des contraintes vis-à-vis de mes actions.

« Mais à ce propos, pourquoi avez-vous choisi ce nombre ? » Lui demandai-je.

« Car comme ça, je pourrais vous avoir pour moi toute seule pendant un jour par semaine. » Me répondit-elle.

Les semaines dans ce monde comptaient huit jours. Par ailleurs, il y avait quatre semaines dans un mois, ce qui faisait 32 jours pour un mois. Et il y a douze mois dans l’année, donc ce monde avait une année qui durait 384 jours.

Attendez, c’est quoi cela !? Je me suis rendu compte alors que j’analysais ce qu’elle m’avait dit précédemment. Quand elle avait dit cela, Juna et Aisha avaient alors commencé à chuchoter à propos de quelque chose.

« Si nous étions huit, alors pensez-vous que nous ne l’aurions avec nous qu’une fois par semaine ? » (Aisha)

« Je pense que cela ne devrait pas être comme ça ? Si vous et une autre femme invitiez, à chaque fois, une autre alors que c’était vos jours... » (Juna)

« J’ai compris. Alors il ne serait plus nécessairement de ne l’avoir qu’une seule fois par semaine ! Madame Juna, vous êtes vraiment brillante. » (Aisha)

« ... Mais ne voudriez-vous pas l’avoir pour vous seule ? » (Juna)

« Ooh. C’est vraiment un casse-tête tout cela. » (Aisha)

Non, non, Aisha, Juna, pourquoi est-ce que vous parlez à propos de ça ?

Les avoir toutes en même temps... Je ne pouvais pas dire que je ne serais pas partant pour ça, mais j’avais besoin de rester le roi pour cela. J’étais déchiré entre ma personnalité réaliste, qui voulait éviter le travail acharné qui était obligatoire si je gardais le trône, et mon désir de poursuivre vers cet idéal masculin.

À ce moment-là, alors que je commençais à me sentir incroyablement maladroit...

« Non, vous ne pouvez pas faire ça ! C’est absolument impossible ! Haa ! »

« Pourquoi ne comprenez-vous pas cela !? »

À une table un peu plus loin de la nôtre, un jeune couple en tenue militaire avait une dispute.

L’homme était un humain grand avec des cheveux roux distinctifs. Il avait l’air de faire plus de 190 centimètres de haut. Il possédait de larges épaules, et même à travers son uniforme, je pouvais dire qu’il avait une solide carrure.

La fille, d’autre part, avait des cheveux blond coupé court, avec deux oreilles triangulaires sur le sommet, et était vraiment petite à côté de lui.

Est-ce que cette jeune fille est un loup mystique, je suppose que oui ?

« Cette fille est un renard mystique. » M’avait alors dit Liscia. Mais je ne pouvais vraiment pas voir de différences entre eux. « Vous pouvez le savoir grâce à leur queue. Elle a une queue de renard, la voyez-vous ? » (Liscia)

« Ils sont tous les deux des canins, alors ne pouvons-nous pas les regrouper ensemble en tant que chiens mystiques ? » Lui demandai-je.

« Si vous dites ça. Alors vous obtiendrez qu’à la fois les loups mystiques et les renards mystiques soient en colère. Les Kobolds sont les chiens mystiques, donc ce serait comme mettre ensemble les humains avec les singes. » (Liscia)

« ... Plus tard, s’il vous plaît, veuillez me parler de toutes ces choses que je ne devrais jamais dire à certaines races. » (Kazuya)

C’est un autre monde pour moi. Vous ne savez jamais quand vous marcherez sur une mine terrestre comme celle-là. Pensai-je alors.

Comme je le pensais, la fille renarde mystique était en train d’implorer l’autre. « Je t’en supplie, Hal. Actuellement, tu ne peux pas aller au duché de Carmine ! Le Général de l’Armée de Terre, le Duc Georg Carmine, est hostile au nouveau roi. Il pourrait tout à fait y avoir prochainement une guerre civile ! »

« C’est exactement pourquoi je veux y aller. S’il y a des combats, alors c’est une chance parfaite pour moi d’être promu, n’est-ce pas ? » Celui qui s’appelait Hal, qui semblait être un jeune homme d’environ 18 ans, lui fit alors un sourire intrépide.

De l’autre côté, la fille de la race des renards mystiques affichait une expression emplie d’anxiété. « Hal, la façon dont tu penses à la guerre est bien trop simpliste. Votre père vous a rappelé à la maison parce qu’il était inquiet que vous agissiez ainsi ! »

« Ce ne sont pas les affaires de mon vieillard de père ! Il a servi sous les ordres du duc Carmine pendant des années, mais maintenant que les choses ne semblent plus si bonnes, il se cache désormais dans la capitale, le lâche ! Je n’ai nul besoin de l’écouter ! » (Halbert)

« Votre père comprend parfaitement ce qui se passe. Le Duc Carmine se rebelle sans posséder une cause juste. » (jeune fille)

Les deux continuèrent ainsi à se quereller.

Alors qu’elle les regardait, Liscia fit claquer ses mains montrant qu’elle venait de le reconnaître. « Je pensais bien le reconnaître ! Cet homme est l’Officier Halbert Magna. »

« Est-ce quelqu’un que vous connaissez ? » Lui demandai-je alors.

« Il est le fils aîné d’une famille distinguée de la coterie de l’armée. Lors de son passage à l’académie, ses capacités de combat l’ont placé au-dessus du reste de ses pairs. Il est entré au sein des forces terrestres après avoir obtenu son diplôme, mais... Je suppose qu’il est depuis rentré chez lui. »

« Il semble étonnamment bien connu. » Dis-je. « Eh bien ! Alors, qu’en est-il de la fille ? »

« Je ne sais pas... Je ne l’ai jamais vue dans l’armée... » (Liscia)

« Cette fille est Kaede Foxia. » Juna répondit à la place de Liscia.

Hein ? Comment ceci se fait-il qu’elle la connaisse ? Me demandai-je.

« C’est parce qu’elle vient régulièrement ici. » Déclara Juna sans que je ne le demande. « Si je me rappelle bien, elle a mentionné qu’elle est une mage servant dans l’Armée Interdite. » (Juna)

« Si elle est dans l’Armée Interdite, alors cela veut dire qu’elle est un mage de type Terre, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

Dans ce monde, la magie pouvait être divisée en six éléments. Le feu, l’eau, la terre, le vent, la lumière et pour finir, les ténèbres.

Le feu, l’eau, le vent et la terre manipulaient leur élément respectif pour pouvoir ainsi créer des sorts d’attaques. La lumière était généralement une magie de type curatif. Et les ténèbres étaient uniques, car elle n’était pas à proprement parler un pouvoir de manipulation des ténèbres. Tous les sorts uniques qui ne relevaient pas des cinq éléments précédents avaient été regroupés sous la catégorie "type ténèbres".

En matière de type magique, mes "Poltergeists Vivants" étaient une magie de type ténèbres.

Chaque personne dans ce monde était alignée selon l’un de ces éléments, et ils pouvaient utiliser cette magie dans une certaine mesure. Comme vous l’aviez appris au cours de la formation de Liscia et Aisha, les gens pouvaient aussi imprégner leurs armes ou leurs attaques avec la magie de leur élément. Et ceux qui pourraient créer de plus grands effets magiques que les gens ordinaires s’appelaient les mages. Les mages pouvaient manipuler les flammes, provoquer des tourbillons, former des cratères dans le sol et couler les cuirassés avec leurs incroyables pouvoirs.

Lorsque des mages décidaient de rejoindre l’armée, leur type de magie déterminait où ils allaient être envoyés. Les mages de feu rejoignaient les rangs de l’armée de terre. Les mages de l’air étaient affectés aux forces aériennes, les mages d’eau étaient bien sur envoyé dans la marine et les mages de terres ainsi que ceux maîtrisant la magie de l’obscurité étaient quant à eux affectés à l’Armée Interdite. Pour le dernier type de mage, ils étaient répartis équitablement entre les différentes forces armées et jouaient donc le rôle de force mobile de soins.

Honnêtement, je m’opposerais si je le pouvais à cette façon inflexible de distribuer les mages, mais l’armée, la marine et les forces aériennes étaient sous le contrôle des Trois Ducs, et donc je ne pouvais pas faire grand-chose à l’heure actuelle.

Toutefois, je souhaite dès que possible réformer ce stupide système.

Alors que je pensais à tout cela, Kaede et Halbert continuaient à se disputer.

« Le Duc Carmine ne perdra jamais face à ce roi si inexpérimenté ! » (Halbert)

« Mais ces derniers temps, le Duc Carmine agit de manière étrange ! Si nous commençons à nous battre entre nous, alors seuls nos voisins en profiteront ! Amidonia veut absolument récupérer les terres qu’ils ont perdues face à Elfrieden. Et quant à la République de Turgis, plus de la moitié de leur territoire se trouve en permanence gelé, ils veulent donc plus de terres fertiles ainsi qu’un port en eau chaude. S’il y a une guerre civile dans notre pays, alors ils vont sans aucun doute intervenir dans le conflit. Le Duc Carmine doit bien se rendre compte de cela... » (Kaede)

Hehe, il semblerait que Kaede ait une bonne compréhension de la situation vis-à-vis des pays voisins.

Le pays à l’ouest du nôtre sur la carte du monde, la Principauté d’Amidonia, avait vu environ la moitié de leur territoire leur être volé sous la politique expansionniste du grand-père de Liscia. Cela s’était produit il y a environ 50 ans, mais ils regardaient toujours ce pays pour avoir l’occasion de retrouver leurs terres perdues. Pour ce pays, il s’agissait clairement d’un pays ennemi.

Au sud d’Amidonia, sur l’extrémité sud de ce continent, se trouvait la République de Turgis, qui, comme Kaede l’avait dit, était une terre glaciale qui était en tout temps gelée.

Lorsque vous analysiez la carte de ce monde, vous constateriez que plus vous allez au sud et plus la température chutait de manière draconienne. Je ne savais pas si c’était parce que (parlant du point de vue d’une personne japonaise) ce continent était dans l’hémisphère sud, ou si leur concept de nord et de sud était inversé, ou même s’il s’agissait d’un effet magique mystérieux, mais dans tous les cas, plus vous alliez au sud d’Elfrieden, et plus il faisait froid. Et plus vous alliez au nord, et plus il faisait chaud.

En raison du genre de pays dans lequel ils vivaient, "Aller vers le nord" était la politique nationale principale pour la République de Turgis.

Cependant, des pays avec qui ils avaient des frontières communes, l’Empire Gran Chaos était bien trop massif, de sorte qu’ils ne pouvaient se permettre un conflit avec eux, avec en plus le fait que l’état mercenaire de Zem était leur allié. Ce qui signifiait qu’ils ne pouvaient non plus les envahir. Ceci réduisait donc leurs cibles potentielles pour une expansion qu’en prenant des terres à Amidonia ou à Elfrieden.

En d’autres termes, Amidonia et Turgis étaient comme des loups affamés, prêts à se jeter sur ce pays à la moindre occasion.

« Que pensera le duc Carmine quand les pays voisins auront des visées sur notre territoire ? » (Kaede)

« ... C’est quand même du Duc Carmine que tu parles. Il a sûrement déjà un plan. » (Halbert)

« Hal, ne peux-tu pas penser aussi par toi-même !? » (Kaede)

« Les faits sont aussi que de nombreux nobles ont abandonné la cause du roi et ils sont allés servir sous le duc Carmine, n’est-ce pas ? Son incapacité à les garder avec lui est bien la preuve de l’incompétence de ce roi. » (Halbert)

« Je ne sais pas si le nouveau roi est compétent ou pas, mais jusqu’à maintenant, je n’ai vu aucune erreur commise de sa part ! En outre, la plupart de ces nobles réunis sous le duc Carmine sont ceux qui ont perdu des droits dans le cadre des réformes financières du nouveau roi ou qui ont fait l’objet d’une enquête pour corruption et sont mécontents d’avoir eu leurs biens saisis pour leurs crimes. Est-ce que tu te rends bien compte de tout cela ? Même si tu allais rétablir leurs droits, alors penses-tu vraiment que cela ferait de ce pays un meilleur endroit ? » (Kaede)

Quand Kaede le mit sous pression de cette manière, le regard de Halbert se fit comme fuyant. « Je suis sûr que le Duc Carmine a déjà pensé à tout cela. »

« C’est parti ! Encore à parler du Duc Carmine de cette manière. Hal, n’aurais-tu pas ta propre opinion à propos de tout cela ? » (Kaede)

« T-Tais-toi, d’accord ! C’est quoi ça ? Kaede, penses-tu pouvoir voir l’avenir ? Le peux-tu ? » (Halbert)

« Je le peux ! » Halbert lâcha cela tel un défi, mais Kaede lui répondit alors avec fermeté. « Je peux tout à fait voir comment cela va devenir ! Cet homme me fait peur. Je suis sûr que le nouveau roi va... »

« OK, OK ! Arrêtez-vous maintenant ! » Coupai-je ainsi la parole à Hal, m’insérant par la même occasion entre les deux.

Les deux paires d’yeux s’ouvrirent largement à cette soudaine intrusion.

Note

1 Ce sont des séries japonaises très riches en effets spéciaux.

☆☆☆

Partie 4

J’avais ignoré un Halbert étonné qui me disait « Hé toi ! Tu te prends pour qui ? », puis, je fis un sourire à Kaede alors qu’elle me regardait bouche bée.

« Si vous continuez à ouvrir la bouche, j’utiliserai mon autorité afin de vous faire arrêter, vous comprenez ? » Dis-je.

« Vous êtes... ! » Kaede semblait avoir immédiatement compris qui j’étais.

« Oui, je le suis. Mais gardez le silence, d’accord ? » Dis-je. « Honnêtement, je ne sais pas quelle est votre compréhension de la situation, mais si vous parlez avec tant de confiance sur un tel sujet et cela dans un endroit comme celui-ci, alors vous pourriez tout à fait nuire au pays. »

« Je suis désolée. » Balbutia-t-elle. « Mais... pourquoi êtes-vous ici... ? J’espère que vous n’êtes pas venu ici pour saisir Hal pour sa rébellion ? Ce n’est pas ce que vous croyez. Hal est juste un peu léger quand il s’agit de penser, il ne se rebellera jamais... »

Kaede avait complètement mal compris ce que je faisais ici et elle commençait déjà à faire des excuses. Qui sait jusqu’où allait sa capacité analytique qu’elle avait plus tôt démontrée, mais elle essayait quand même désespérément de défendre Halbert.

« Non, je me moque de ce qu’un seul soldat pense. » Dis-je.

« M-Mais alors pourquoi êtes-vous ici ? » balbutia-t-elle.

« Simplement parce que j’ai soudainement eu un congé à disposition. » Expliquai-je. « Je venais juste ici afin de voir la place où travaille Juna. »

« J-Je vois... » Kaede était clairement soulagée.

Halbert, d’autre part, m’avait regardé fixement pendant tout ce temps. « Hé toi ! Pour qui te prends-tu pour t’immiscer ainsi dans notre conversation et menacer Kaede ? »

« Hein !? Hal ? Il ne me menace nullement, tu vois... » (Kaede)

« Tais-toi ! Kaede, veux-tu bien te taire !? » (Halbert)

« Ah ! » (Kaede)

Quand Halbert fit claquer ses mains sur la table et se leva. Par la même occasion, il effraya Kaede.

« Qu’est-ce qu’il y a de bon à effrayer tout le monde ici ? » Demandai-je.

« Je te l’ai dit, ta gueule ! » Il tendit la main, essayant de m’agripper par le col, quand...

« Urkh! » (Kaede)

... il fut arrêté à mi-chemin. En un instant, Halbert fut entouré par les trois femmes qui étaient avec moi.

Normalement, être entouré de trois beautés serait une situation fantastique, mais... Dans tous les cas, je n’étais pas jaloux de sa position. Après tout, Liscia avait dégainé sa rapière se trouvant avant ça à son flanc et pointait le bout de celle-ci contre le cou d’Halbert, Aisha (qui avait dû laissé sa grande épée dans le château parce qu’elle était trop volumineuse) avait agrippé le visage de l’autre, et Juna, toujours souriante, avait un couteau à fruits qu’elle pressait dans le dos de l’homme.

Wow... leur niveau de force est vraiment très haut...

« Attendez, même vous, Juna ? » Demandai-je, surpris.

« La violence est strictement interdite dans cet établissement. » Dit-elle avec un sourire.

« Heu, c’est vrai... » (Kazuya)

S’étant retrouvé dans telle situation, même Halbert, sûr de lui, transpirait à grosse goutte. Il ne pouvait pas bouger d’un pouce, alors il me regarda avec frustration par l’écart entre les doigts d’Aisha.

« Hé toi... c’est vraiment dégueulasse ! Si tu es un homme, alors pourquoi restes-tu planqué derrière un groupe de femmes !? » (Halbert)

« Plaignez-vous tant que vous voulez, mais c’est en quelque sorte leur tâche de me protéger. » Dis-je. « En fait, si je devais me tenir en première ligne sans avoir de gardes du corps, je pense que ce serait un problème bien plus grave. »

Après avoir énoncé ce fait, les filles hochèrent toute la tête en accord à mes paroles.

« Si vous comprenez ça, alors j’aimerais que vous ne placiez pas votre cou dans des difficultés comme celle-là. » Liscia me gronda par la même occasion.

Hum. Bien sûr, désolé, je serai plus prudent à l’avenir.

Le regard irrité de Halbert semblait me poignarder. « Hé toi, qui es-tu en vérité ? »

« Hm. Permettez-moi de répondre avec cette excellente ligne provenant d’un drame de la période des samouraïs. “Halbert, avez-vous oublié mon visage ?” » (Kazuya)

« Hein !? » (Halbert)

« Pourquoi est-ce que vous semblez soudainement si fier de vous ? » Liscia me fit alors une tape sur la tête.

Arg, bon, j’ai toujours voulu le dire.

Et c’est alors Aisha haussa la voix, parlant en mon nom. « À genoux ! À qui pensez-vous vous en prendre ? »

Oui, c’est une autre ligne que je voulais utiliser un jour. Attendez, qu’est-ce qu’Aisha vient de dire là ?

« Vous êtes en présence du 14e roi provisoire d’Elfrieden, Sa Majesté Souma ! » Déclara Aisha.

Je pensai à ce moment-là que je pouvais même entendre la musique de ce spectacle, mais j’étais sûr que ce n’était que mon imagination.

Quoi qu’il en soit, j’avais donné à l’elfe sombre très décevante une légère tape sur la tête. « Vous êtes trop bruyante. Nous étions censés être ici incognito. Vous ne vous en rappelez pas ? »

« Ha... ! J-Je suis désolé, Votre Majesté ! » (Aisha)

« Majesté... ? Ne me dites pas que vous êtes le roi ? » Halbert avait alors agi d’une façon surprenante après avoir compris. Il était le seul présent qui n’avait pas découvert cette information à ce moment-là. Donc il semblait être très lent à la détente. Quoi qu’il en soit, avec lui-même étant menacés d’une rapière, une main posée sur son visage et un couteau, nous ne pourrions pas avoir une discussion calme, alors je demandai à tout le monde d’arrêter.

Fixant mon regard sur Halbert qui était debout, je lui posai alors une question. « Alors, Halbert Magna, vous parliez avant ça de vouloir vous en prendre à moi, n’est-ce pas ? »

« C-C’est... » Halbert écartait les yeux.

Oh, allons donc ! Est-ce que votre détermination était-elle si faible ?

« Devrais-je considérer qu’il s’agit là de la volonté de la Maison des Magna dans son ensemble ? » Demandai-je.

« Quoi !? Mon vieux n’a rien à voir avec ça ! » (Halbert)

« Bien sûr qu’il l’est. » Dis-je. « Alors que je pourrais tout à fait négliger un soldat en le forçant à suivre les ordres, les nobles qui trahissent doivent être jugés en vertu de la loi. Surtout ceux qui montrent une volonté claire de se rebeller. Vous savez, dans ces cas-là, l’accusation sera “trahison contre l’État”... Il s’agit là d’un crime très sérieux. Et dans ce genre de cas, ceux qui sont à moins de trois degrés de filiations seront tous considérés comme des complices. »

« Quoi... !? » Halbert était en perte de mots. Car après tout, tout ce que je faisais était de l’obliger à faire face aux faits.

« Non... C’est un peu trop dur... » Kaede essaya d’intervenir, mais je levai la main afin de l’arrêter.

« Maintenant, permettez-moi de vous le dire, mais je ne fais ces actes nullement parce que j’ai une rancune personnelle contre vous, » dis-je. « Il s’agit là simplement ce que dictent les lois de ce pays. Honnêtement, je sais que, avec ces races ayant une longue durée de vie, il n’est pas rare qu’ils aient des arrière-petits-enfants ainsi que des arrière-arrière-arrière-petits-enfants, mais, dans ce genre de situation, le nombre de personnes impliquées dans ce crime est bien trop grande. Personnellement, face à une loi comme celle-ci qui punit même de jeunes enfants innocents, j’aimerais la réformer tout de suite, mais j’ai tellement de choses à faire que je n’ai pas encore réussi à le faire. »

Il était devenu sans voix.

« Halbert Magna, » dis-je formellement. « Vous êtes né dans la Maison de Magna, une noble maison tout à fait adéquate. Donc, si vous êtes avec les Trois Ducs, s’ils se rebellent, et je gagne, alors tous les parents ayant trois degrés de parenté avec vous seront exécutés. C’est ce que dit exactement la loi, alors il n’y a rien que je puisse faire à ce sujet, n’est-ce pas ? »

Ce serait la loi qui l’aura jugé et punit, et non pas moi. Il n’y aurait pas de place à mes propres souhaits dans une telle situation.

« Maintenant, considérons ce qui se passera si les Ducs gagnent. » Continuai-je.

« Hé ! Oui, c’est vrai ! Aussi longtemps qu’ils gagnent, alors cela sera correct ! » (Halbert)

« Dans le cas où ce fait se produirait, qu’est-ce qui lui arrivera selon vous ? » Je posai en même temps une main sur l’épaule de Kaede.

Halbert fut clairement ébranlé. « Non, vous n’oserez jamais prendre Kaede en otage ! »

« Oh, je ne ferais jamais quelque chose comme ça. Cependant, elle est membre de l’Armée Interdite. Si les Trois Ducs se rebellent, elle sera envoyée au front de “mon côté”. En d’autres termes, elle serait votre ennemie. » Je regardai alors attentivement Kaede. « Au fait, quelle est votre relation avec Halbert ? »

« N-Nous sommes justes des amis d’enfance. » (Kaede)

« Amis d’enfance... je vois. » (Kazuya)

De par la manière qu’ils avaient parlé et interagi entre eux, j’avais vu des signes de leurs affections l’un envers l’autre, mais... eh bien, je n’avais aucune raison de le souligner dans cette situation.

« Si vous êtes des amis d’enfance, alors vous devez vous motiver davantage pour elle que pour toute autre personne, » dis-je. « Et alors ? Si vous vous joignez aux forces des trois Ducs, qu’est-ce que vous envisagez de faire à propos d’elle ? »

« Que voulez-vous dire, que ferai-je... ? À propos de quoi ? » (Halbert)

« Si nous imaginons que les Trois Ducs gagnent. Dans ce cas, j’aurais peut-être été abattu, et vous seriez peut-être celui qui aura pu me couper la tête. » (Kazuya)

« Haha ! Et ce fait d’armes me garantirait une promotion ! » (Halbert)

« ... Je suppose que vous l’auriez sûrement, » dis-je. « Alors, qu’en est-il de Kaede ? Une fille mignonne comme elle, se trouvant dans l’armée des perdants. Quand ils la découvriront, que feront selon vous les soldats du côté des gagnants... ? Vous-même, en tant que soldat, je pense que vous pouvez parfaitement l’imaginer, n’est-ce pas ? »

Au moment où je soulignai ces faits, Halbert avait visiblement pâli. Très probablement, il se l’imaginait parfaitement. Après la conclusion d’une guerre, il n’était pas rare de voir les vaincus ravagés par les vainqueurs. Les pillages, les incendies volontaires, les viols, les massacres... La folie de la guerre incitait à ce que ces actes de barbarie se produisaient à chaque fois.

Mais même alors, Halbert haussa la voix, comme s’il essayait d’effacer ses doutes. « Les forces de Duc Carmine sont bien disciplinées ! Elles ne feraient jamais quelque chose de si indécent ! »

« Je ne sais pas quelle est la situation au sein de l’armée, mais le Duc Carmine a bien plus que les forces régulières dans son duché. » Dis-je. « Il y a aussi ceux que j’ai dépouillés de leurs droits ou sur qui j’ai enquêté pour corruption. Des nobles qui ont levé le drapeau de la rébellion contre moi. Ils n’ont rien à perdre. S’ils perdent, la mort pour eux et leur lignée familiale les attendent. Alors ils vont mettre en jeu tous leurs biens personnels, embauchant ainsi un grand nombre de mercenaires Zemish. »

L’État Mercenaire de Zem.

À l’ouest d’Amidonia et au nord de Turgis, il s’agissait d’un pays de taille moyenne, fondé par le commandant mercenaire Zem. Il avait utilisé son intelligence et son charisme pour détruire le pays qui l’avait engagé et ensuite construit à sa place sa propre nation de mercenaires. Il s’était déclaré "éternellement neutre", mais leur industrie principale consistait à envoyer des mercenaires dans d’autres pays. Et donc, en vérité, cette attitude signifiait en vérité : « Si l’on nous le demande, alors nous expédierons des mercenaires dans n’importe quel pays. » Leurs mercenaires étaient ridiculement forts, de sorte que la plupart des pays reconnaissaient qu’il valait mieux les avoir comme allié qu’en tant qu’ennemi, et ils avaient donc passé des contrats afin d’obtenir des mercenaires.

« C’est absurde ! Il y a aussi des mercenaires zemishs sous contrat avec l’Armée Interdite ! S’ils envoient des mercenaires face aux Trois Ducs, ils se battront contre eux-mêmes ! » (Halbert)

« Oh, ça n’arrivera pas, » l’ai-je rassuré. « Il y a quelque temps, j’ai fait terminer leur contrat de travail avec l’Armée Interdite. »

Maintenant, ça me semblait être le bon moment, alors laissez-moi vous parler du système militaire de ce pays.

Ce royaume avait une ressource en hommes totale d’environ 100'000 soldats. Ils étaient divisés selon la répartition si dessous :

40'000 dans l’armée de terre, dirigée par le Duc Georg Carmine.

10'000 dans la marine, dirigée par Duchesse Excel Walter.

1'000 dans l’armée de l’air, dirigée par Duc Castor Vargas.

(Cependant, un Chevalier Wyvern était équivalent à 100 soldats de l’armée de terre.)

Parmi ceux-ci, seule l’armée de l’air avait un titre de chevalier accordé à chacun de ses membres (il était composé entièrement d’unités de Chevalier Wyvern, selon le schéma suivant : "1 wyverne + 1 ou 2 chevaliers" donc c’était évident), mais plus de la moitié de l’armée de terre et de la marine étaient constituées de soldats de carrière. Ils étaient formés le jour et la nuit dans les Trois Duchés, et ils percevaient un salaire en provenance des Trois Duchés.

Vous pourriez tout à fait dire que le droit à l’autonomie gouvernementale et l’exonération fiscale sur les bénéfices de leurs terres, ainsi que les nombreux autres droits spéciaux accordés aux Trois Duchés, étaient là pour soutenir ces troupes.

Maintenant, les troupes restantes, qui comptaient un peu plus de 40'000 personnes, appartenaient à l’Armée Interdite, mais elles étaient encore divisées encore plus après ça.

Il y avait la Garde Royale, qui était assignée directement au roi, et les soldats de carrière qui étaient attachés à l’Armée Interdite. Ensuite, il y avait les nobles domaines (qui avaient moins de droits que les Trois Duchés) et leurs forces personnelles en plus de ça. En outre, en raison de notre contrat avec l’État Mercenaire de Zem, il y avait avant ça une unité de mercenaires sous le commandement de l’Armée Interdite, mais j’avais déjà mis fin à leur contrat.

La raison pour laquelle l’Armée Interdite était plus petite que les forces des Trois Duchés était directement en rapport avec le concept derrière ce pays.

À l’origine, ce pays était né à travers de nombreuses races travaillant de concert. En conséquence, un membre de la race ayant eu la plus grande population, un humain, était devenu le roi, mais pour protéger les droits des autres races, les commandants de l’armée, de la marine et des forces aériennes seraient toujours choisis parmi les autres races.

Donc, si un tyran prenait le trône et commençait à opprimer les autres races, le système avait été mis en place afin que les armées des Trois Ducs, qui possédaient une plus grande armée que l’Armée Interdite, puissent le détrôner. En retournant ce principe, si l’un des Trois Duchés prévoyait d’usurper le trône, le système avait été mis en place de telle sorte que, même si l’une des armées était en face du roi, la rébellion pouvait être écrasée.

Dans une époque pacifique, ce principe aurait pu être une bonne configuration. Cependant, maintenant que le Domaine du Seigneur-Démon était apparu, et ces temps étaient devenus troublés avec tous ces pays à la recherche d’occasions afin de se jeter sur nous, ce système devenait un problème. Avec ce genre de structure de commandement divisée, il était possible que nous ne puissions pas réagir rapidement à une soudaine crise. En fait, j’essayais d’aller de l’avant avec des réformes, mais les Trois Ducs refusaient le moindre contact avec moi.

Maintenant, revenons à la façon dont j’avais libéré les mercenaires de leurs contrats de travail.

« Attendez, qu’est-ce que vous venez de dire ? Avez-vous libéré les mercenaires zemishs de leurs contrats qui nous liaient ? » Me cria Liscia.

« Oh, oui ! Je ne vous ai pas encore parlé de ça ou l’ai-je fais ? » J’avais alors souri avec ironie du fait que, plutôt que Halbert, ce fut cette fois-ci Liscia qui avait exprimé sa surprise.

« C’est exactement ce à quoi ça ressemble. Les mercenaires sont inutiles et ils ne font que consommer des tonnes d’argent. Est-ce que vous vous rendez compte de ça ? » (Kazuya)

Machiavel avait dit. « Les mercenaires et les armées mixtes ne doivent pas se faire confiance, » et j’étais d’accord avec lui. « Les mercenaires ne sont liés à vous que par leur propre profit. Et donc, même lorsqu’ils se battent pour vous, ils ne protègent leur employeur que pour leur propre bénéfice, de sorte que leur loyauté n’est pas à prévoir. Il n’y a aucune raison d’embaucher des mercenaires incapables, et pourtant, ils sont capables d’utiliser leur intelligence pour saisir un poste chez leur employeur. »

Dans les romans fantastiques et les JDR, les protagonistes ayant un travail mercenaire apparaissent souvent, mais la façon dont un système de mercenaires fonctionnait réellement était très différente de l’image que vous aurez vue ici et là.

Fondamentalement, ce sont des gens qui sont là pour se faire de l’argent en allant sur le champ de bataille. Ils n’avaient aucune fidélité envers le pays ou le prince, changeant rapidement de camps lorsque la balance des avantages changeait.

Après une bataille perdue d’avance, ils étaient du genre à fuir immédiatement. Et même quand ils étaient victorieux, ils se déchaîneraient sur ce qui était à leurs portées. Par rapport aux armées permanentes de même taille, leur entretien pourrait coûter moins cher, mais ils étaient très négatifs sur le long terme vis-à-vis du pays lui-même.

« Nous n’avons pas d’argent que nous pourrions utiliser pour payer des gens inutiles comme eux. » Expliquai-je.

« Même ainsi, le contrat avec les mercenaires était aussi une preuve de nos relations amicales avec Zem, vous vous en rendez compte !? » Cria-t-elle.

« C’est vrai. Les choses sont devenues tendues avec eux depuis lors, même vous m’aviez dit “Mettez toujours tout en défense, et ne donnez jamais de tributs”, n’est-ce pas ce que vous m’aviez dit, Liscia ? Contrairement à l’empire, ils ne peuvent pas se permettre de nous envahir par eux-mêmes. Leur donner un tribut afin de gagner du temps est donc inutile avec eux. » (Kazuya)

Bien que le pays me causait en retour des problèmes en envoyant des mercenaires aux Trois Ducs.

Je regardai alors directement Halbert. « Ces mercenaires assoiffés de sang sont donc du côté des Trois Duchés. Pensez-vous qu’ils vont laisser une fille dans l’armée vaincue tel que Kaede sans lui causer du tort ? Alors, quand Kaede sera tourmentée par les mercenaires, et qu’ils seront sur le point de la tuer parce qu’ils auront fini de s’amuser avec elle, où serez-vous et que ferez-vous ? »

« C’est... » Halbert semblait hésitant.

Cette attitude indécise me rendit en colère. « Voulez-vous pouvoir encore lever la tête avec fierté ? Voulez-vous chanter des chansons afin de célébrer votre victoire ? Pendant ce temps, votre ami d’enfance sera peut-être en train d’être utilisé en tant que jouet, puis laissé morte au bord d’une route ! »

« Arg... » (Halbert)

Après que je lui ai crié ça, les jambes de Halbert semblaient cesser de le soutenir et il dut mettre ses mains sur la table afin de se soutenir. Il n’avait pas répondu à ma question, et sa bouche était totalement fermée. Kaede le regardait avec inquiétude.

Quand je vis qu’il réagissait ainsi, je m’étais alors un peu calmé. « Halbert Magna. Le cheminement que vous étiez sur le point de choisir abouti sur une impasse. Si je gagne, vous serez exécuté. Si les Trois Duchés gagnent, Kaede sera... Eh bien ! Après tout, elle ne peut pas s’en sortir. Si vous voulez faire le pari d’une vie, alors assurez-vous au moins que l’avenir que vous voulez soit sur la table de jeu. »

Il ne répondit rien.

« Avant de faire quelque chose d’imprudent, réfléchissez toujours avant, » lui ai-je dit. « Pensez d’abord à ce que vous voudriez, pour quoi et pour qui ? Regardez autour de vous, et réfléchissez-y. »

« Pourquoi... Et pour qui... » Halbert regarda autour de lui.

Ses yeux rencontrèrent alors Kaede, qui le regardait avec inquiétude. Il n’y avait pas eu de mots entre eux, mais Halbert ressemblait fortement à un homme libéré de tout ce qui l’avait possédé jusqu’à présent.

... Ce qui se passe ici, c’est à eux de le décider, pensai-je.

« Désolé, Juna. Nous causons des tumultes dans votre café, n’est-ce pas ? » Demandai-je. « Nous allons donc maintenant partir. »

Juste avant de partir, je m’étais excusé pour avoir fait une scène dans son café, mais Juna secoua la tête. « Non... Votre Majesté. Vos mots ont directement été au plus profond de mon cœur. »

Après avoir dit cette phrase, Juna sembla hésiter un instant. Elle avait clairement quelque chose à dire, mais ne savait pas si c’était correct de me le dire.

J’avais alors attendu un peu, et finalement Juna leva les yeux, affichant un visage résolu. « Votre Majesté... Il y a un sujet dont je voudrais discuter avec vous. »

***

« Hé, Souma, il y avait aussi quelque chose que je voulais demander, » Déclara Liscia.

« Hm ? » (Kazuya)

Nous étions dans le carrosse que nous avions appelé afin de nous ramener au château lorsque Liscia, qui était assise à côté de moi, me posa une question. Aisha agissait en tant que conductrice. Alors nous étions ensemble, seuls dans la voiture.

« À propos de ce qui s’est passé plus tôt, » dit-elle. « Avez-vous essayé de persuader Halbert ? Lorsque vous avez dit que les traîtres seraient jugés selon la loi, vous aviez l’air si sérieux. »

« ... Après tout, c’était uniquement parce qu’il n’avait toujours pas agi contre moi que je l’ai fait de cette manière. Mais si après ça, il fait quand même ce qu’il avait prévu de faire, alors je ne montrerai aucune pitié envers lui. » (Kazuya)

« En fin de compte, vous êtes quand même toujours une personne sympathique, n’est-ce pas ? » Dit-elle.

« Soyez gentil avec vos alliés, et sévère avec vos ennemis, » dis-je. « C’est bien le genre de roi que les gens veulent soutenir. Ce n’est pas comme si j’étais sévère parce que j’apprécie de le faire. Moins nous aurons d’ennemis, et mieux cela sera. »

« Tout comme je le pensais... Vous êtes une personne gentille. » Dit-elle, avant que Liscia reposât sa tête sur mon épaule.

***

— Le jour suivant.

Alors que j’étais dans le bureau des affaires gouvernementales pour m’occuper d’un grand nombre des documents, Hakuya entra. Et alors.

« Le chef de la Maison des Magna, Sir Glaive Magna, a amené son fils, Sir Halbert Magna et la Mage de l’Armée Interdite Kaede Foxia, et il demande une audience avec vous, » m’informa-t-il.

... On dirait qu’il y a encore un autre différend à résoudre, pensai-je.

Quand j’arrivai dans la salle d’audience accompagnée par Liscia et mon garde du corps, Aisha, il y avait déjà trois personnes se trouvant à genoux. Devant les deux que je connaissais déjà, lui aussi la tête abaissée, se tenait un homme d’âge moyen aux cheveux poivre et sel. Ainsi équipé de son armure, il ressemblait vraiment à un guerrier qui avait vu de nombreuses batailles. Derrière lui se trouvait Kaede Foxia et Halbert Magna, que j’avais rencontrés la veille. Dans ce cas, j’avais donc déduit que cet homme devant eux avec la tête baissée devait être le père de Halbert, Glaive.

« Tous les trois, levez la tête, » déclarai-je.

« « Oui, Votre Majesté. » »

Quand Halbert et Kaede levèrent la tête, je me retrouvai paralysé quand je vis le visage de Halbert. Je voulais dire par là qu’il avait des marques qui montraient clairement qu’il avait été frappé à plusieurs reprises. Ses joues étaient enflées, et il avait deux yeux au beurre noir. Ce n’était pas présent lorsque je l’avais vu hier, alors ces blessures devaient être arrivées après que nous nous étions séparés.

« Halbert... Vous me semblez encore plus beau que la dernière fois que je vous ai vu. » Commentai-je.

« Arg... Oui Mon Seigneur ! » Un regard de frustration avait alors traversé son visage pendant un court instant, mais il ne s’était pas opposé à moi comme il l’avait fait hier.

Je me demande ce qui lui est arrivé après notre départ d’hier.

Puis je parlai à Glaive, dont la tête était encore penchée. « Glaive Magna, levez la tête. »

« Je vous prie humblement de faire preuve de pitié pour la récente mauvaise conduite de mon fils ! » Il s’agissait d’une réaction de lamentable qui arriva en retour. Il pressait son front contre le sol. Il était difficile à dire, car il était à genou, mais il faisait ce que nous appellerions probablement un dogeza au Japon.

« Par mauvaise conduite, voulez-vous parler ce qui s’est passé hier ? » Demandai-je.

« Oui Votre Majesté ! J’ai entendu tous les détails de madame Kaede. Bien qu’il ne soit pas en service, il vous a insulté. Votre Majesté, de plus en plus souvent, il se vante qu’il rejoindrait bientôt les Trois Duchés rebelles, ce qui est totalement scandaleux... ! Cependant, mon fils est encore immature. Il a dit ces choses à cause de son cerveau sous-développé. Votre Majesté, votre colère est entièrement justifiée, mais, je vous en supplie, faites retomber la faute sur moi pour ne pas l’avoir correctement éduqué ! » (Glaive Magna)

Um. C’était un peu long, mais en gros, j’imagine que ce qu’il disait était. « Je vais accepter le châtiment, alors épargnez la vie de mon fils, » cependant, je ne suis même pas en colère.

« Les événements d’hier sont arrivés alors que j’étais là incognito. » Dis-je. « Je n’ai donc pas l’intention d’en faire une grosse affaire. Et d’après ce que je vois ici, il a déjà été puni d’une manière appropriée. »

« Votre Majesté, vous êtes généreux. » Glaive s’excusa abondamment, se prosternant à nouveau devant moi.

Halbert et Kaede se mirent à baisser à nouveau la tête.

Puis enfin, Glaive leva son visage. « Maintenant Votre Majesté, je me rends compte que c’est incroyablement grossier, mais je voudrais vous dire quelque chose de plus. »

« Qu’est-ce que c’est ? » (Kazuya)

« Et bien... ce serait beaucoup mieux que cela ne soit pas entendu par beaucoup de personnes. » (Glaive Magna)

Était-ce donc un secret ? J’avais avec moi Liscia, Aisha, Hakuya, Glaive, Halbert et Kaede, puis je fis sortir tout le monde, y compris les gardes. Aisha semblait hors de propos, mais tant qu’elle était avec moi, s’il s’avérait que cette promesse d’informations secrètes était en vérité un projet afin de m’assassiner, j’avais quelqu’un pour y faire face.

« J’ai fait évacuer la salle, » dis-je. « Alors, à propos de quoi vouliez-vous me parler ? »

« Alors, c’est à propos de... » Glaive commença à un rythme détendu.

Alors que nous écoutions ce qu’il avait à dire, les yeux de Halbert s’agrandirent, Kaede baissa les yeux, serrant fermement ses poings, Hakuya ferma les yeux en silence, tandis qu’Aisha regardait autour d’elle, dérangée par les réactions de tous les autres.

Liscia, pendant ce temps, était raide et sans expression, ne disant pas un mot. Il y avait des larmes coulant le long de son visage.

Pour moi, il s’agissait d’un sentiment compliqué. Colère, exaspération, résignation, tristesse... Tous ces sentiments étaient entremêlés dans ma poitrine, et j’avais alors travaillé durement pour les garder à l’intérieur.

J’avais alors parlé aussi calmement que possible. Il s’agissait là d’une voix que je pouvais encore contrôler, afin de ne pas trahir mes véritables sentiments. « Maintenant que vous m’avez dit ça. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse à ce sujet ? »

« Rien. Votre Majesté, je voulais juste vous prévenir. » (Glaive Magna)

« ... C’est vraiment une affaire sérieuse. » Je m’étais alors levé, donnant des ordres à Kaede et Halbert. « Mage de l’Armée Interdite Kaede Foxia. Cette sagacité est trop précieuse et dangereuse pour que je vous laisse là en tant que simple mage. Je vous ordonne donc de servir sous la direction de Ludwin de la Garde Royale en tant qu’officier d’état-major. »

« Hein !? O-Oui, Votre Majesté ! » S’exclama-t-elle.

« Officier de l’Armée de Terre, Halbert Magma. Je vous ordonne de rentrer dans l’Armée Interdite. » (Kazuya)

« Hein !? Moi, je dois me joindre à l’Armée Interdite !? » (Halbert)

« C’est bien ça. Vous serez le commandant en second de Kaede et vous serviez à l’informer. Son rang effectif la place en tant que numéro 2 dans l’Armée Interdite. Mais parce qu’elle est encore une jeune femme, il y a le risque que ses subordonnés ne la prennent pas au sérieux. Dans le cas où cela se produirait, vous devez vous assurer qu’ils font comme elle a ordonné, compris ? »

« ... Oui, Votre Majesté. » (Halbert)

Et ainsi, un nouveau jeune officier avait rejoint l’Armée Interdite.

Cependant, je ne me sentais pas assez émotif pour être content qu’un nouvel allié se soit joint à nous. Comme quelques instants avant, j’avais dû réfréner mes violentes émotions, mes vrais sentiments s’étaient alors mis à sortir par mes dents serrées encore une fois.

« Honnêtement, ces personnes... » (Kazuya)

☆☆☆

Entracte  2 : Les Soupirs de la Duchesse Excel Walter

Parlons du système de noblesse dans ce pays.

Une fois que vous avez mis de côté la royauté et les trois ducs, les personnes peuvent être divisées en trois groupes : les nobles et les chevaliers, les bourgeois et les esclaves. (Les réfugiés, car ils ne sont pas des citoyens, ne tombent dans aucun de ces groupes.)

À une autre occasion, nous détaillerons l’institution de l’esclavage, mais ce qui divise les nobles et les chevaliers des bourgeois est le fait de posséder ou non des terres.

De ce fait, la classe des nobles et des chevaliers peut également être appelée celles des seigneurs, et les roturiers qui vivent sur leurs terres peuvent être désignés comme étant leurs sujets. (Les esclaves sont considérés comme des biens et ne sont donc pas inclus dans ce groupe.) Les seigneurs ont un certain nombre de droits sur leurs terres et, en même temps, ils ont des responsabilités militaires et civiles envers le pays.

Les titres et les terres de la noblesse et de la chevalerie sont généralement héréditaires, mais les roturiers qui se distinguent peuvent se voir attribuer un titre et des terres par le pays, en les élevant à la chevalerie (pour ceux dont les accomplissements sont militaires) ou à la noblesse (pour ceux dont les accomplissements sont liés à l’administration).

En outre, se marier au sein d’une famille noble ou chevalière (dans ce cas, la personne fournit ses propres terres) est également possible. Ces personnes sont appelées les nouveaux nobles ou les nouveaux chevaliers.

Ce n’est pas une distinction qui existait formellement, mais certaines personnes un peu obtuses les considèrent comme étant les "parvenus qui ne sont pas nés pour être des nobles ou des chevaliers" et les appellent de cette manière.

Les nouveaux nobles et les nouveaux chevaliers peuvent passer leurs titres de façon héréditaire. (Généralement, une maison devient acceptée après environ trois générations.)

À l’inverse, même les nobles et les chevaliers peuvent, si leurs crimes sont assez graves, perdre leur rang et devenir ainsi des roturiers ou des esclaves. Dans ces cas, leurs terres et leurs titres sont saisis par le pays et dans le pire des cas, toute la maison peut perdre son statut. C’est ce qu’on appelle une "destruction".

La raison pour laquelle, comme on l’a noté plus haut, les nobles et les chevaliers se distinguent des nouveaux nobles et des nouveaux chevaliers est qu’ils sont fiers d’avoir maintenu le statut de leur maison et d’avoir évité cette "destruction" pendant trois générations.

Il n’est pas nécessaire pour la noblesse et la chevalerie de gérer personnellement leurs terres. En particulier pour les chevaliers, qui doivent passer la majeure partie de l’année à servir dans l’armée, la gestion de leurs terres est laissée aux membres de sa maisonnée. Le capitaine de la Garde Royale, Ludwin Arcs, en était un exemple parfait.

En outre, parmi la noblesse, il y a ceux qui laissent la direction de leurs terres aux membres de leur maison, résidant à Parnam où ils servent à des postes importants tels que les postes supérieurs de la bureaucratie ou en tant que conférencier dans le Congrès du Peuple. Ces gens sont appelés des nobles de la Capitale, avec l’ancien premier ministre (et actuel chambellan) Marx étant un exemple de ce type de noble.

Cependant, à l’heure actuelle, le nombre de nobles de la Capitale était tombé à près de la moitié de ce qu’il avait été l’année précédente. Ceux qui avaient disparu étaient ceux dont les actes répréhensibles avaient été découverts au cours de l’audit des dépenses du gouvernement demandé par Souma. Les personnes qui font l’objet d’une enquête avaient été renvoyées de leurs postes dans la capitale et avaient été mises en résidence surveillée dans leurs propres terres.

Pour ceux dont les crimes étaient mineurs, s’ils remboursaient l’argent qu’ils avaient détourné et qu’ils abandonnaient le commandement de la famille à un autre membre de la famille, leur maison serait autorisée à continuer à exister, mais pour ceux dont les crimes étaient graves, tous leurs biens avaient été saisis et leur maison serait détruite dès la fin de l’enquête. Bien sûr, on ne saurait s’attendre à ce que les personnes qui suscitent une telle corruption acceptent tranquillement la destruction de leurs maisons. Elles avaient donc pris leurs armées et leurs biens personnels et avaient tenté de fuir.

Cependant, parce que Souma et Hakuya pouvaient facilement deviner leurs intentions, les frontières étaient scellées et ces nobles ne pouvaient pas transporter leurs biens dans un autre pays.

Incapables de rester dans leurs terres ou de fuir dans un autre pays, finalement, elles s’étaient dirigées vers le duché de Duc Carmine. Elles étaient allées jusqu’à Georg Carmine, qui était hostile au roi, et avaient attendu là-bas l’occasion de se rebeller.

La ville centrale du Duchée Carmine était Randel.

Bien que n’étant pas aussi grande que la capitale royale de Parnam, elle était encore très grosse par rapport à d’autres villes, avec une population assez importante pour pouvoir avoir le statut de cité.

Le Château du général de l’armée de terre Georg Carmine était là, et la ville du château avait grandi tout autour de lui.

Cependant, les généraux précédents avaient été indifférents à la gestion de la ville et, contrairement à Parnam, qui pourrait changer considérablement sous la direction choisie par le roi, la ville générait un sentiment de nostalgie, probablement le même aujourd’hui qu’il y a 100 ans.

À un coin de rue de cette ville de Randel, un seul carrosse était garé. À l’intérieur de la voiture, il y avait une beauté dans le milieu de la vingtaine. Tout homme qui l’aurait vue aurait presque certainement laissé sortir un soupir d’admiration.

Même enveloppée comme dans un kimono d’un style similaire à ceux portés au Japon, sa silhouette voluptueuse était encore très apparente. Cependant, la queue reptilienne qui s’écroulait depuis ses fesses hors de son kimono et de ses petites cornes qui jaillissaient sous ses cheveux bleus indiquait qu’elle n’était pas une humaine ordinaire.

De l’intérieur de sa voiture, elle écoutait l’agitation de la ville se trouvant autour d’elle. Il devait y avoir une taverne à proximité, parce qu’elle pouvait entendre un groupe d’ivrognes râler assez clairement.

« Sérieusement, ce nouveau roi... À quoi pense-t-il au juste... ? Hic ! » (ivrogne A)

« Effectivement. C’est nous qui avons soutenu ce royaume pendant tant de longues années. » (ivrogne B)

« Mais le roi arrive et nous ignore, poussant ses propres politiques à la place des nôtres ! » (ivrogne C)

« Pourquoi le roi Albert a-t-il donné le pays à ce morveux... ? » (ivrogne A)

« Ses serviteurs ne sont pas meilleurs ! Ils sont aussi un tas de novices inexpérimentés ! Qu’y a-t-il avec ce lugubre crétin de robe noire ? Et qu’en est-il de ce porc humain ? » (ivrogne C)

« Hehehe. Je suis sûr qu’il ne les garde avec lui que parce qu’ils sont bons pour le flatter. » (ivrogne B)

« Les jeunes sont enclins à de telles choses ! Ils jettent des personnes expérimentées comme nous, et n’écoutent que des personnes qui les flattent. Un roi comme ça ne durera pas longtemps. » (ivrogne A)

« C’est vrai ! Prenons ce pays de nos propres mains ! » (ivrogne C)

« Oui ! Pour le royaume que nous aimons tant ! » (ivrogne A)

« « Pour le royaume que nous aimons tant ! » » (ivrognes)

Pour le royaume, est-ce... ? Mon Dieu, comme ils aiment ouvrir leur bouche. La femme dans la voiture soupira. Mais même ce soupir était fascinant.

Vous êtes ceux qui ont trahi le pays avec vos actes illégaux. Quand il est venu le temps de faire face à la loi, vous avez fui, donc il vous faut certainement de l’humour pour dire que le roi vous a renversé. Et le roi ne valorise-t-il que ceux qui le flattent ? Ne regardiez-vous pas quand il a effectué son rassemblement de personnel ? Ce roi utilisera même ceux qui n’étaient pas satisfaits de lui tant qu’ils en valaient la peine. Il utilise Sir Hakuya et Sir Poncho parce qu’ils sont capables. Et la raison pour laquelle il ne vous utilise pas, c’est parce que vous ne l’êtes pas.

Comme ils ne comprenaient même pas ces faits, elle ne pouvait même pas se moquer afin de les ridiculiser.

Il y a déjà quelques mois que la couronne a été transférée à Sa Majesté Souma, mais il n’a pas fait de grandes erreurs politiques et n’a nullement perdu le soutien du peuple. Au contraire, il a montré une capacité extraordinaire dans la façon dont il résolvait sans cesse la crise alimentaire que nous craignions tant. Peu importe combien ils ont respecté le roi Albert pour sa sagacité, il est absurde de demander : « Pourquoi a-t-il choisi ce morveux ? »

La femme fit reposer ses coudes sur le rebord de la fenêtre, son menton dans les mains.

De penser que la noblesse est tombée si bas en comparaison des personnes fières et nobles qui ont fondé le pays. Leurs ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes.

Bien qu’elle ait l’air d’être dans la vingtaine d’années, cette femme se souvenait de l’époque de l’aube de ce royaume qui s’était déroulé il y a plus de 500 ans. Elle réfléchissait à ses camarades, souriant tristement.

En tant que descendant des serpents de mer, il lui faudra bien plus de 500 ans avant qu’elle ne soit à leurs côtés.

« Il est temps de faire ça lorsque l’appartenance à une race de longue durée de vie devient difficile à supporter. Je me suis habituée à devoir faire des adieux, mais je suis obligée de voir des choses désagréables comme celle-ci. Je vous envie, vous les personnes qui ont pu mourir sans s’occuper de ce qui viendrait après. » (Excel Walter)

Avec ces mots, l’Amiral Excel Walter, l’un des trois ducs, effectua un rire plein d’autodérision.

« Princesse des Mers. » (agent)

Quand une voix lui parla depuis l’extérieur de la voiture, Excel se replaça bien droit sur son siège. « ... Oui ? »

« Madame, un rapport est arrivé de Canaria, » déclara la voix.

« Montrez-le-moi. » Ordonna-t-elle.

« Oui Madame. Le voici. » Celui qui parlait poussa alors les documents à travers un espace se trouvant dans la porte du carrosse.

Excel prit les documents, les ouvrit puis en examina le contenu. Alors elle les lisait, enfin son visage effectua un vrai sourire.

Je vois... C’est ainsi que vous l’avez jugé. Pourtant vous dites que vous souhaitez être à ses côtés. Hmm... Tout va bien dans ce cas, mais je pense que vos éloges amoureux visibles dans votre écriture vont me donner des brûlures d’estomac. Vraiment, alors maintenant... Je dois envier votre jeunesse.

Excel froissa les documents avec un soupir, puis les laissa tomber au sol. Au moment où les documents touchèrent le sol, ils se brisèrent en morceaux avant de disparaître.

Permettez-moi de me corriger. Lorsque vous vivez si longtemps, il y a des moments où vous trouverez une nouvelle lumière de la manière la plus inattendue. Ce sentiment est quelque chose que les gens qui sont morts ne pourront jamais goûter, n’est-ce pas ?

Bien fait pour vous !

Excel affichait le sourire d’une jeune fille, ne montrant pas le moins du monde de soupçons concernant son véritable âge.

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