Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 1 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Collecte de Fonds

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Chapitre 1 : Collecte de Fonds

Partie 1

Au 32e jour du 4e mois de la 1546e année du Calendrier Continental, le trône fut cédé à Kazuya Souma.

Ceci se produisit dans la capitale du Royaume Elfrieden, Parnam.

Cette ville était la capitale où se trouvait la résidence du roi du Royaume Elfrieden, le château Parnam. Une ville avait été bâtie autour de château Parnam. Avec ses murailles circulaires qui l’entouraient, ceci n’était pas sans rappeler une cité européenne du Moyen-Age.

Les toits dans les quartiers des nobles ainsi que ceux des paysans étaient uniformément orange et ceci s’adaptait bien avec l’image générale de la ville.

Avec le château Parnam au centre, relié avec le nord, le sud, l’est et l’ouest par de grandes portes qui menaient à de larges routes qui étaient toujours surchargées par des chariots et de grandes bêtes montées.

Mis à part les routes principales, il y avait aussi d’innombrables routes pavées plus petites qui rayonnaient depuis le château et ces petites routes étaient reliées par d’encore plus petites routes. Vu d’en haut, tout cela aurait ressemblé à une toile d’araignée, ou peut-être à un flocon de neige. Ces routes avaient, alignées des deux côtés, des commerçants et des gens de métier et elles étaient toujours très animées.

Puis comme aujourd’hui était un jour férié et aussi le premier jour de congé depuis que le nouveau roi (bien que, avec la cérémonie de couronnement n’avait pas encore eu lieu, le nouveau roi l’était seulement par ces actions), avait reçu le trône, le marché était encore plus occupé que d’habitude.

Ce changement soudain de monarques avait provoqué, pendant un petit moment, des tensions dans la ville du château. Mais une fois qu’ils avaient entendu dire que le trône avait été cédé au héros convoqué, que l’ancien roi, Albert, avait annoncé son abdication de sa propre volonté et pour finir, que Souma avait été promis en mariage à la princesse Liscia, la fille de l’ancien Roi, la confusion, à propos de la mort de l’ancien roi s’était dissipée naturellement.

Parce que l’ancien roi avait gouverné en voulant "être aimé", les rumeurs s’étaient donc répandues à ce propos :

« Eh bien ! Si le roi va bien, je suppose que c’est correct. »

« Oui, la pression semblait être devenue bien trop importante pour lui. Je suis content maintenant, que ce poids trop lourd lui soit retiré de ses épaules. »

« Oui, il pourra vivre plus doucement. C’est préférable pour tout le monde de cette façon. »

Les interprétations des gens de ce qui était arrivé ont été ainsi largement favorables. Il semblerait que les manières nonchalantes du roi étaient en phase avec le caractère national.

Ayant eu le trône ainsi refourgué à lui, Souma avait été inquiet qu’un mouvement de résistance puisse se soulever contre ce changement soudain, mais il fut légèrement déçu quand il n’eut jamais lieu. Quoi qu’il en soit, ce fut un autre jour paisible pour Parnam alors que des personnes de nombreuses races vaquaient à leurs occupations.

Comme si une lame tranchait cet après-midi paisible, un cheval blanc galopait à vive allure sur les pavés.

Le cheval était encouragé par une belle jeune fille portant un uniforme militaire rouge qui ressemblait à ce qui était présent dans ‘La Rose de Versailles’. [1] Elle devait avoir seize ou dix-sept ans avec la peau claire et de longs cheveux blond-platine qui, dans le vent, ruisselaient derrière elle. Son uniforme moulant accentuait les lignes bien équilibrées de son corps.

Cette belle fille sur un cheval blanc avait l’air tout droit sortie d’une scène pittoresque. Les habitants à côté de qui elle passait le long de son chemin laissaient échapper des soupires d’admiration, qui se tournèrent vers des acclamations quand ils réalisaient qu’elle était la princesse de leur pays.

« Félicitations pour vos fiançailles, Princesse ! »

« Nous vous souhaitons que du bonheur ! »

Les personnes qui lui envoyaient leurs salutations les plus chaleureuses, n’avaient aucune idée de comment elle se sentait à propos de cela. Bien sûr, il était peu probable de toute façon qu’actuellement qu’elle puisse les entendre parler.

« Père, Mère. S’il vous plaît, soyez en sécurité ! » murmura Liscia Elfrieden, se le disant à elle-même avec un regard peiné sur son visage.

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Volume 01 – Chapitre 1, partie 1 Liscia à cheval

◇◇◇

« Père ! Quel est le sens de tout cela ? » demanda Liscia, en haussant la voix vers ceux qui étaient devant elle.

Dans la chambre du roi. C’était une assez grande pièce où même un lit "king-size" [2] paraissait petit et où chaque meuble avait été superbement conçu. À l’origine, cette chambre était censée être les quartiers privés du couple royal et aurait donc dû être remise à Souma quand il monta sur le trône, mais Souma n’avait pas voulu passer par le trouble de les déplacer, de sorte qu’il avait donné la permission pour l’ex-couple royal d’y rester et ils étaient encore en train de l’utiliser en ce moment. Souma, soit dit en passant, avait apporté un simple lit dans le bureau des affaires gouvernementales et dormait là-bas.

Lorsque Liscia accourut dans cette pièce, à bout de souffle, elle fut accueillie par la vue de ses parents, profitant non seulement avec élégance d’un thé sur le balcon ci-joint, mais plongeant aussi des cakes à la crème dedans, les levant jusqu’à la bouche de l’autre personne, tout en se disant :

« Dis Ahhhhh, mon chou ! »

« Ahhhhh ! »

Et il amena ainsi un cake dans la bouche de l’autre.

Liscia se laissa tomber au sol à cette vue, mais se remit rapidement debout et marcha jusqu’à l’ancien roi, Albert, avec de la colère dans ses yeux.

« Père, quand j’ai entendu que ton trône avait été usurpé, j’ai hâté le retour de ma patrouille se trouvant en dehors de la capitale ! Alors, pourquoi est-ce que je vous trouve maintenant, vous deux, à vous nourrir l’un et l’autre comme si vous n’aviez aucun souci !? » (Liscia)

Liscia, en plus de son titre de Princesse (bien que, après l’abdication, elle était maintenant la nouvelle fiancée du roi), avait également été diplômée de l’école des officiers et tenait maintenant un rang d’officiers dans l’armée. Elle n’était pas particulièrement élevée dans les rangs, mais en raison de sa haute naissance, elle était souvent chargée d’assister à des funérailles dans l’armée royale, ou pour d’autres missions de nature particulière. Cette fois-ci, elle était en cours d’une patrouille régionale, donc après avoir appris l’abdication de son père, elle s’était précipitée vers la capitale.

« Il n’y a vraiment pas eu d’usurpation. J’ai abdiqué par mon propre chef. » Annonça calmement son père.

« Pourquoi voudriez-vous faire cela si soudainement !? » (Liscia)

« J’étais arrivé au moment où j’étais certain que cet homme ferait un bien meilleur roi pour cette nation que je ne le serais jamais. C’était donc une décision que j’ai pris pour ainsi lui permettre de changer ce pays et je prends la pleine responsabilité. Je ne tolérerai aucune objection, même venant de toi. » (Albert Elfrieden)

Dans cet instant, Liscia vit l’autorité digne de l’homme qui avait, jusqu’à tout récemment, porté une nation sur ses épaules et se trouvait incapable d’aller plus loin.

« Urkh. Mais comment pourriez-vous décider de mes fiançailles sans même me consulter ? » (Liscia)

« Vous pouvez en discuter entre vous. Pour commencer, les fiançailles étaient quelque chose que je l’ai forcé à accepter. Si vous n’en voulez pas, je doute que Monseigneur Souma ne vous force à accepter cela. » (Albert Elfrieden)

« Mèrrrrreeee ! » cria Liscia. Elle se tourna vers sa mère pour trouver de l’aide, mais Elisha se contenta de lui sourire en réponse.

« Parlez en premier lieu avec Monseigneur Souma. Ceci est votre vie, alors vous devez décider ce que vous allez faire par vous-même. Quelle que soit votre décision, nous la respecterons. » (Elisha Elfrieden)

Avec même pas une branche pour s’y raccrocher, les épaules de Liscia s’effondrèrent.

Elle quitta la salle de l’ancien couple royal et se dirigea rapidement à travers le palais.

Ceci faisait quelques semaines depuis qu’elle avait quitté ce palais pour ses patrouilles régionales. Quelque chose à propos du palais qu’elle n’avait jamais vu, il y a quelques semaines, attira immédiatement son attention. Un grand nombre de serviteurs étaient en train de courir partout autour d’elle... Les gardes, les femmes de chambre, les bureaucrates et même les ministres... toutes ces personnes se déplaçaient tous en courant dans tout les sens. La vue des ministres grassouillets qui couraient et haletaient avec de la sueur perlant sur le front était tellement surréaliste qu’elle ne pouvait que les regarder, abasourdie.

Cela n’avait jamais été comme ça avant. Le château dont elle se souvenait avait toujours été un endroit tellement détendu qu’on avait l’impression que même le temps lui-même s’écoulait plus lentement qu’ailleurs. Avant aujourd’hui, les femmes de chambre, les ministres... tout le monde marchait si lentement et tout était si calme, qu’on pouvait entendre la formation des gardes du palais dans la cour depuis n’importe où dans le palais. N’avait-elle pas rejoint l’académie des officiers parce qu’elle était devenue malade et fatiguée de cette atmosphère ?

Mais maintenant ? Peu importe où elle allait dans le château, le bruit de pas résonnait.

Liscia appela l’une des femmes de chambre proche d’elle qui se précipitait vers un lieu inconnu. « Puis-je avoir un court instant ? » Demanda-t-elle.

« Pourquoi, Princesse !? Comment puis-je vous être utile ? » demanda la femme de chambre, ce qui l’avait fait s’arrêter.

« Heu... Tout le monde dans le château semble être pris d’une terrible hâte. Y a-t-il quelque chose qui s’est produit ? » (Liscia)

« Non. Rien en particulier. » (Servante)

« Êtes-vous sûre ? Je me sens comme si tout le monde se précipitait pour faire quelque chose de spécial. » (Liscia)

« Je suis... Ah, mais, peut-être, est-ce dû à l’influence de notre nouveau roi. Quand on voit comment cet homme fonctionne, il nous fait nous sentir mal si nous ne travaillons pas aussi. Je ne peux pas supporter d’être moi-même ralentie, quoi qu’il en soit... Ah, je suis en plein milieu de quelque chose en ce moment, donc je vais devoir vous quitter ! » (Servante)

« J-Je vois... Faites de votre mieux ! » (Liscia)

Alors qu’elle regardait la vitesse à laquelle partit la servante, Liscia en fut abasourdie.

Pour qu’il fasse que même les femmes de chambre se sentent de cette façon, comment le nouveau roi travaille-t-il durement !? Quel genre de personnes ai-je obtenue comme fiancé !?

Liscia voulut enterrer sa tête entre ses mains d’autant plus après avoir pensé cela.

Enfin, elle arriva au bureau des affaires gouvernementales du roi. Quand elle ouvrit la porte, la première chose qu’elle vit, fut une montagne de paperasse. Sur un bureau assez grand pour que deux adultes puissent y dormir dessus, des papiers avaient été empilés et semblaient prêts à déborder. Et ce n’était pas tout. Quand elle regarda autour d’elle, elle vit un certain nombre de bureaucrates assis à côté d’une autre longue table, luttant contre une bataille perdue d’avance avec des paquets de paperasse encore plus grands.

Alors que Liscia se tenait là, abasourdie, un jeune homme lui parla de l’autre côté de la montagne de papier.

« Vous, celui qui vient d’arriver. » (Inconnu)

« ... Hein !? Quoi !? » Revenant à ses sens, Liscia laissa échapper un étrange cri, mais l’orateur ne sembla pas du tout se soucier de cela.

« Pouvez-vous lire ? Pouvez-vous faire des maths ? » (Inconnu)

« Ne vous moquez pas de moi ! Bien sûr qu’on m’a enseigné cela ! » (Liscia)

« Eh bien, parfait. Asseyez-vous ici et aidez-moi avec ce travail. » (Inconnu)

« Qui pensez-vous que vous êtes, pour me demander ainsi de l’aider ? » (Liscia)

« Il suffit de le faire. C’est un ordre royal. » (Inconnu)

En disant cela, la personne derrière la montagne de papier se leva.

Maintenant, pour la première fois, les deux se firent face à face. Ce fut la première rencontre entre le nouveau roi, Souma, et sa fiancée, Liscia.

Liscia décrirait plus tard sa première impression de lui comme "un jeune homme aux yeux fatigués".

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Volume 01 – Chapitre 1, partie 1 Souma et Liscia, la première rencontre.

◇◇◇

Dans les histoires où un héros était appelé depuis un autre monde, le héros gagnait parfois des pouvoirs à la suite d’avoir été convoqué. Il semblait que les personnes dans ce monde avaient toute une certaine capacité pour utiliser la magie et donc où était le mal en espérant que je pourrais aussi avoir acquis la capacité d’utiliser la magie, n’est-ce pas ? Techniquement, j’avais été convoqué ici en tant que héros.

Ainsi, juste après avoir reçu le trône qui m’avait été cédé, quelques personnes ressemblant à des prêtres vinrent effectuer une inspection de mes capacités.

Apparemment, il y avait différents types de magie que les gens pourraient utiliser, et ils avaient des appareils qui pourraient le tester. Celui-ci avait l’air un peu comme une ardoise en pierre. Quand une personne touchait l’ardoise, le type de magie ainsi que les capacités de cette personne étaient affichés dans la tête de cette même personne. Même les habitants de ce monde avaient compris les principes derrière la façon dont tout cela fonctionnait, mais il semblerait qu’il y avait un bon nombre de ces objets qui n’avait pas sa place dans ce monde.

Donc, quand je fis le test, voilà le pouvoir que j’avais gagné :

[Le pouvoir de transférer sa conscience dans un objet et de manipuler ledit objet.]

C’était une capacité qui me permettait de transférer ma conscience dans un objet que je touchais et ainsi je pouvais, en même temps, manipuler jusqu’à trois objets animés.

Ceci ressemblait plus à un pouvoir psychique qu’à de la magie, surtout vu la légèreté de l’objet que je pouvais contrôler librement. Je pouvais aussi obtenir une vue aérienne de ce que je contrôlais. Qui plus est, en plus de ma propre conscience, je pouvais créer ces mouvements d’objet en utilisant une sorte de conscience indépendante. En utilisant un objet en tant que focalisateur, je pouvais ainsi penser à plusieurs choses en même temps.

Bien qu’il y ait une limitation à la portée de ce que je pouvais bouger, j’étais en mesure de faire déplacer les choses autour de moi comme s’ils avaient leur propre volonté. Comme si j’activais un effet poltergeist.

Alors, voilà pourquoi j’avais appelé ma capacité Poltergeist Vivant. On dira que j’avais eu quelques cas de ce syndrome au collège, peut-être ?

Après avoir obtenu mon Poltergeist Vivant, une chose m’était immédiatement venue à l’esprit :

« Cela va être vraiment génial pour faire de la paperasse ! » (Kazuya)

... Oui ! Copiant ma conscience dans trois stylos, je pouvais examiner plusieurs documents en même temps grâce à mes consciences parallèles et en manipulant ces trois stylos, je pouvais même écrire dessus.

Franchement, depuis que j’ai appris que j’avais cette capacité, je suis devenu tellement plus performant dans mon travail. En fait, sans cette capacité, la montagne géante de paperasse que j’avais accumulée dans la confusion aurait probablement, dès maintenant, enterré mon règne sous une avalanche.

... Oui. Je sais ce que vous devez vous dire. Après que je reçus cette capacité, la plupart du temps, elle s’était révélé être excellente pour l’exécution plus en douceur du travail de bureau !

Alors que je commençais à bien utiliser ce pouvoir, ceci me faisait souvent penser à ce qu’était réellement la puissance d’un héros.

Comment est-ce que la situation a pu devenir ainsi ?

C’était une des fréquentes pensées qui me traversait l’esprit.

Par là, je voulais dire que, même si je n’avais pas obtenu une puissante capacité qui me permettrait d’oblitérer des hordes d’ennemis en une seconde, j’aurais bien aimé avoir un peu de magie défensive qui permettrait de me défendre.

... Eh bien, pour le moment, même si je souhaitais ce genre de chose, je ne pouvais qu’aller de l’avant à la place de chercher partout un pouvoir qui n’existait pas. Surtout que finalement, mon pouvoir s’avéra bien plus utile dans ma situation.

Aujourd’hui, comme d’habitude, j’affrontais encore la montagne de paperasse grâce à mes Poltergeists Vivant. Alors que je faisais cela, quelqu’un entra dans la chambre avec un bruit tel le tonnerre qui me donnait l’impression qu’il essayait de défoncer une aussi belle porte une bonne fois pour toutes. Quand je jetai un œil à travers un trou dans la montagne de papier, je vis que c’était une jeune femme portant un uniforme militaire.

Avec ses traits réguliers, sa peau si pâle qu’elle semblait être translucide et ces cheveux soyeux d’un blond-platine, elle était si belle qu’à tout autre moment de ma vie, j’aurais été captivé par sa beauté. Cependant, après avoir effectué trois nuits blanches consécutives, je ne voyais pas une belle fille devant moi, mais juste une nouvelle source de main-d’œuvre.

Après lui avoir ordonné de m’aider, la forçant à s’asseoir à côté de moi, je poussais vers elle deux piles de papier dans sa direction.

« S’il vous plaît, comparez ces deux ensembles de documents et cherchez des endroits où les valeurs ou le nombre d’articles ne sont pas identiques à ce qui est indiqué dans l’autre et faites une marque indiquant que vous avez trouvé une incohérence. » (Kazuya)

« Hein !? Quoi !? Quelle sorte de travail est-ce ? » (Liscia)

« Demandez-vous ce que c’est ? Je creuse pour déterrer un trésor. Voilà ce que c’est. » Répondis-je à une jeune fille perplexe dans son uniforme militaire. Avant de préciser.

« Je cherche pour être plus précis, des sommes non comptabilisées dans les dépenses. Une des piles de documents contient les requêtes pour des budgets, alors que l’autre contient des rapports sur les revenus et sur les dépenses. Donc même si le montant demandé et le montant dépensé sont identiques, si le nombre d’objets lié à cette demande est différent, alors ceci est une indication qu’il y ait de fortes probabilités que cela soit des investissements inutiles faits pour utiliser la totalité du budget, ou encore pire, un détournement de fonds déguisé en tant qu’investissement. Dans les deux cas, nous irons vérifier tout cela pour savoir si des lois ont été transgressées et dans ce cas, nous ferons payer les parties responsables afin de compenser la perte causée par leur acte. De plus, si nous découvrons un acte grave comme un détournement de fonds fait pour son profit personnel, alors dans ce cas, nous organisons une demande de remboursement de l’intégralité de la somme, avec en plus, une majoration dût au crime, et dans le cas où ils ne pourraient pas payer, nous l’arrêtons et nous saisissons tous leurs biens. » (Kazuya)

« J-J’ai compris. » (Liscia)

Peut-être qu’elle avait été intimidée par l’air menaçant de l’homme qui n’avait pas dormi depuis plusieurs jours, car la jeune femme ne cessa pas de hocher la tête pendant toute la durée de l’explication.

Bien.

Notes

  • 1 La Rose de Versailles (ベルサイユのばら, Berusaiyu no bara?) de Riyoko Ikeda est un manga de type shōjo paru pour la première fois au Japon en 1972.
  • 2 « King-size » : Une des plus grandes tailles de lit disponible. Sa taille varie en fonction du pays.

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Partie 2

Cela devait faire environ deux heures depuis qu’elle avait commencé à travailler à mes côtés.

Et c’est alors que la jeune fille en uniforme militaire se mit à me parler, avec ses mains et ses yeux qui ne cessèrent pas son travail de vérification que je lui avais confié.

« He ! » (Liscia)

« Quoi ? Êtes-vous fatiguée ? Si c’est le cas, vous pouvez prendre une pause quand vous le voulez. » (Kazuya)

« Non, ce n’est pas cela... Je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Liscia Elfrieden. La fille de l’ancien roi, Albert Elfrieden. » (Liscia)

À ces mots, je cessai de bouger ma plume et lui répondis.

« ... Alors vous êtes la princesse, c’est bien cela ? » (Kazuya)

« Est-ce que je ne ressemble pas à cela ? » (Liscia)

« C’est que, comme vous portez un uniforme, je n’ai pas pu savoir que c’était vous. Mais... oui, vous avez vraiment l’air d’une belle princesse. » (Kazuya)

À ce moment-là, elle se rendit compte de comment elle pouvait être attrayante comme elle était.

« Je suis... Kazuya Souma. Techniquement, je suis le nouveau roi. » (Kazuya)

Liscia se tourna vers moi. Elle était assez proche de moi et nous nous regardâmes les yeux dans les yeux pendant quelques secondes. Contrairement à moi, qui étais décontenancé, ses yeux dorés semblaient essayer de m’évaluer. Après avoir regardé dans les yeux de l’autre personne, Liscia ouvrit lentement la bouche.

« Je ne suis plus une princesse. Parce que vous avez usurpé le trône, ma position actuelle n’est plus tellement claire. » (Liscia)

« Usurpé... ? Je vous fais savoir, que c’est votre père qui m’a refourgué le trône avec les charges qui lui sont rattachées sans rien me demander. Honnêtement, pourquoi dois-je passer par toute cette douleur et toutes ces histoires sans aucune raison ? » (Kazuya)

« ... Sérieusement, que s’est-il passé ? Je sais que vous êtes le héros qui avez été invoqués, mais comment cela se fait-il que tout à coup, vous vous retrouviez avec le trône ? » (Liscia)

« Me demandez-vous comment ? J’ai simplement fait ce que je sentais être nécessaire pour me protéger... » (Kazuya)

J’expliquai pendant un moment à Liscia ce qui était arrivé après l’instant où je fus invoqué ici au moyen de la cérémonie de convocation.

Comme j’avais été convoqué dans ce monde, j’étais dans la situation où je serais donné en tribu à l’Empire. Le roi n’était pas très enthousiaste à agir ainsi, mais il ne voyait aucun autre plan possible. Car si l’Empire faisait pression sur le royaume, il se verrait contraint de le faire, car selon lui, il n’avait pas d’autre choix possible. Comme il était impossible de prédire ce qui m’arriverait une fois arrivé dans l’Empire, j’avais demandé au roi de choisir une autre option qui était "ne pas donner le Héros, et le garder pour vous".

Ensuite, j’expliquai plus en détail ma proposition au roi et au Premier ministre. Elle était simplement de payer la somme d’argent demandée en tant que subventions pour la guerre pour ainsi gagner du temps. Et pendant ce temps gagné, nous allions profiter de ce répit en appliquant une nouvelle politique globale pour ainsi construire un royaume puissant et prospère. S’il nous disait "nous voulons mettre la main sur votre Héros à la place des subventions de guerre", alors il suffisait simplement de payer ces subventions sans rien leur donner d’autre. Et si nous faisions cela, alors ils perdraient automatiquement toute justification pour pouvoir faire des ingérences dans les affaires du royaume. Car finalement, ceci ne pouvait pas être une vraie menace, peu importe la manière de voir les choses. Pour garder les apparences, l’Empire ne pourrait en aucun cas insister sinon il perdrait la face. Voici quel était mon raisonnement. Et ainsi, avec tout ce temps que nous pourrions gagner, nous poursuivrons la voie qui permettra de renforcer assez ce pays pour en faire une puissance égale à celle de l’Empire.

Bien sûr, mes deux interlocuteurs avaient eu des objections. Ils m’avaient dit que ce pays n’avait aucun moyen de payer les subventions de guerre.

Mais après avoir inspecté les documents que j’avais demandés, j’avais pu leur montrer qu’en revendant certains biens appartenant à l’État, ainsi qu’en plaçant des limites à certaines dépenses du gouvernement et pour finir, en vendant quelques biens personnels du roi, il serait facile d’amasser la somme demandée.

J’avais fait un diplôme socio-économique dans une université renommée (avec en passant, le sujet que j’avais choisi pour la partie socio-économique de l’examen d’entrée était l’histoire du monde), car mon rêve pour mon futur avait été de devenir un employé du gouvernement. Donc tout ceci était parfaitement dans mon domaine d’expertise.

En entendant ce plan, le roi avait pris une expression solennelle, alors que le Premier ministre, Marx, avait été plus enthousiaste. Il devait avoir décidé que c’était mieux d’adopter des réformes économiques plutôt que de simplement donner le héros à l’Empire pour préserver le statu quo. Ceci serait plus susceptible, dans un avenir proche, de faire sortir le pays de son marasme.

Finalement, le roi devint de plus en plus enthousiaste, plus nous parlions du plan.

Et moi, en tant que la personne qui avait suggéré de faire cela, je m’attendais à devoir faire énormément de travaux concernant ces réformes, mais en tant que bureaucrate du ministère des Finances ou quelque chose comme cela. Voilà ce à quoi je m’attendais quand...

« Et c’est alors qu’il a annoncé devant tout le monde qu’il me donnait le trône. » (Kazuya)

« Heu, alors... Je suis désolée. » (Liscia)

« Vous n’avez rien fait qui nécessite que vous vous excusiez. Si l’on y pense, vous êtes aussi une victime dans cette affaire, car vous vous retrouvez fiancée avec moi sans que personne vous l’ait demandée, ce qui est aussi mon cas. » (Kazuya)

« Tout à fait, oui... Attendez, hoo ? Qui de nous deux possède actuellement le plus haut rang ? Ai-je besoin d’être super poli et formel ? » (Liscia)

Elle avait l’air de ne pas savoir si elle devait me parler comme à un homme du peuple plutôt qu’au roi, ou comme une princesse qui était la prochaine candidate pour être la reine.

« Vous pouvez tout à fait me parler d’une manière décontractée, je suppose que cela vous convient ? » Disais-je.

« ... Bien sûr. » (Liscia)

« De plus, ne vous inquiétez pas à propos des fiançailles. Je suis maintenant sur le trône juste pour l’instant. Je vais de toute façon, ne pas rester le roi très longtemps et donner le trône à quelqu’un d’autre dans quelques années. » (Kazuya)

« Hein ? Quoi !? » (Liscia)

« Parce qu’initialement, j’avais prévu de travailler aussi durement que pour gagner les subventions de guerres pour empêcher d’être donné à l’Empire. Mais comme maintenant je suis sur le trône, je ferai assez de changement dans ce pays pour le remettre sur la bonne voie, mais après cela, je vais laisser au peuple de ce pays la décision de comment le pays doit être dirigé. Bien sûr, nous pouvons annuler nos fiançailles vu qu’elles ne servent à rien. » (Kazuya)

Déclarai-je vers Liscia en faisant un sourire rassurant.

◇◇◇

« Je vais de toute façon, ne pas rester le roi très longtemps et donner le trône à quelqu’un d’autre dans quelques années. » (Kazuya)

Mes yeux s’écarquillèrent quand j’entendis Souma annoncer cela.

Il disait cela comme si c’était très simple. Ne se rend-il pas compte de la difficulté que tout cela représente ?

Mais, même pour quelqu’un comme moi qui était plus portée sur les questions militaires, et donc, mes connaissances de la politique et de l’économie étaient un peu faibles, je pouvais facilement savoir dans quelle situation était mon pays. On était dans une situation "d’échec et mat". En premier lieu, les stocks de nourriture, ainsi que l’actuelle crise économique, ce à quoi l’on rajoutait l’afflux massif de réfugiés causé par l’invasion des démons était déjà mauvais. Et pour couronner le tout, la pression exercée par l’Empire accentuait cela. Tout cela détruisait petit à petit le royaume en ne nous laissant rien à part de l’inquiétude sur notre futur.

Pour cette raison, je pouvais comprendre un peu la décision de mon père, d’immédiatement abdiquer de son trône et de le donner à quelqu’un qu’il sentait bien plus capable que lui. Mais quand même. Compte tenu de tout cela, était-il toujours possible de faire revenir ce pays sur la bonne voie ? Et à supposer même qu’il pouvait le faire, serait-ce acceptable pour le peuple de permettre à un roi qui avait accompli un aussi grand exploit de se retirer si facilement ?

« ... Alors, pensez-vous que vous pourrez obtenir les fonds pour les subventions de guerre ? » (Liscia)

« Hm ? Oui. J’ai déjà mis de côté les fonds nécessaires pour qu’on puisse l’envoyer prochainement à l’Empire. » (Kazuya)

« Hein ? » (Liscia)

« Ben oui ! Maintenant, je cherche les fonds pour pouvoir faire mes réformes. Après tout, elles vont coûter plusieurs fois les subventions de guerre. » (Kazuya)

Attendez ! Attendez ! Attendez ! Il a déjà mis de côté les fonds !? La somme demandée par l’Empire est si massive qu’elle représente l’équivalent du budget national à ce que j’ai entendu dire !

« Où avez-vous trouvé cet argent ? » (Liscia)

« Et bien, j’ai vendu des objets. Environ un tiers de ce qui se trouvait dans les coffres aux trésors. » (Kazuya)

« Les coffres aux trésors... Notre trésor national !? Ne me dites pas que vous avez vendu notre trésor national ! Vous n’avez pas fait cela j’espère !? » (Liscia)

Je me rapprochai de Souma, qui me regardait avec un air très blasé à propos de cette affaire.

« Les trésors nationaux appartiennent à tout le pays ! Les vendre de manière arbitraire est une trahison envers le peuple ! » (Liscia)

« Maintenant, calmez-vous ! Si vous dites qu’ils sont la propriété du peuple, je dirais que de les vendre au profit du peuple est donc tout à fait correct. » (Kazuya)

« Malgré cela, il y avait là-dedans des objets ayant une valeur historique et culturelle... » (Liscia)

« Ohh, si c’est cela qui vous inquiète, alors sachez que j’ai mis de côté ce genre d’objet. J’ai uniquement vendu des joyaux et des objets ornementaux qui étaient faits dans des matériaux de valeur. » (Kazuya)

Souma regarda rapidement les documents concernant l’inventaire des coffres au trésor.

« Les trésors ont été divisés en trois catégories. La catégorie A regroupe les biens historiques ou qui ont une valeur culturelle. Les objets de catégorie B sont des objets sans valeur historique ou culturelle, mais avec une valeur monétaire et la catégorie C regroupe tout le reste. J’ai uniquement vendu les objets de la catégorie B. Et au lieu de vendre les objets de la catégorie A, nous allons les placer en utilisant une rotation dans des musées. Ainsi cela nous fera une source de revenus permanente provenant de ceux qui iront les voir. » (Kazuya)

« Bien et... finalement, qu’est que la catégorie C ? » (Liscia)

« Cela regroupe les outils magiques, les grimoires, tous ces genres de trucs. Honnêtement, je ne sais pas quelle serait la meilleure façon de les utiliser. Certains pourraient être utilisés en tant qu’armes. Et donc, nous ne pouvons pas les vendre ou les mettre dans des musées sans prendre des précautions appropriées. Tout ceci ressemble énormément à l’équipement complet d’un héros et devrait donc valoir une belle somme. Que penseriez-vous si nous les vendions ? » (Kazuya)

« S’il vous plaît, ne dites pas... » (Liscia)

Techniquement, il était supposé être le héros... Ha, attendez, mais maintenant il est le roi, n’est-ce pas ?

« Mais, si nous avons tout cet argent, ne devrait-il pas être utilisé par l’armée ? Dans mon école d’officiers, j’ai appris qu’il fallait toujours l’utiliser pour la défense, et jamais le donner en tant que tribut. » (Liscia)

« Permettez-moi de répondre à cette question concise en disant cela. "Le temps, c’est de l’argent". Ce qui veut dire qu’en offrant des subventions de guerre en tant que sacrifice, nous pouvons gagner la seule ressource dont notre pays a le plus besoin en ce moment : le temps. » (Kazuya)

« ... Pourquoi avez-vous parlé d’une façon tellement détournée ? » (Liscia)

« Ne vous inquiétez pas à ce sujet. Quoi qu’il en soit, même si nous arrivons à renforcer nos forces, tout cela ne servirait à rien si nous ne pouvons pas également obtenir le contrôle des affaires nationales. Tant que les problèmes de la nourriture et des réfugiés ne se sont pas résolus, nous allons seulement continuer à perdre le soutien du peuple. Une fois qu’on perdra totalement leur soutien, nous allons nous retrouver dans un état de fragilité qui fera que des émeutes apparaîtront un peu partout, surtout si des nations étrangères s’en mêlent. » (Kazuya)

« Non... Le peuple aime aussi ce pays. Ils ne feront jamais... » (Liscia)

« Vous n’avez qu’une vision idéaliste de la chose. Ceci est uniquement si "vous êtes habillé et avez de la nourriture dans votre ventre". Mais à la fin, vous n’auriez jamais le moral ou du patriotisme si vous avez un estomac vide. Si vous êtes trop occupé à agir pour survivre, vous ne pouvez pas vous permettre de prendre soin des autres. » (Kazuya)

Les yeux de Souma étaient glaciaux alors qu’il me disait cela. C’était une vision rude et réaliste. Ceci me fit immédiatement savoir qu’il voyait correctement les choses. Avec son apparence, vous vous attendiez à faire face à un homme faible, mais ce n’était pas cela...

... il était en réalité très fiable.

◇◇◇

Après avoir passé une autre journée, j’avais enfin été en mesure d’obtenir une certaine quantité de fonds. Bien que je n’aie pas beaucoup de liquidités, j’avais, pour le moment, l’argent nécessaire pour mes réformes. J’ai réussi à extraire tout cet argent qu’en utilisant mes possessions directes, sans avoir à toucher les trois duchés, donc j’aurais au moins, aimé recevoir quelques éloges pour cela.

En regardant dans la salle... C’était un véritable désastre. Des bureaucrates étaient évanouis sur leur bureau, d’autres étaient penchés en arrière, dormant sur leurs chaises, leurs visages regardant vers le ciel. Sur le canapé, Liscia était couchée et ronflait doucement.

Je me déplaçai tranquillement vers elle, m’assis sur l’accoudoir du canapé, et regardai Liscia dormir. En fin de compte, cette jeune fille était restée jusqu’à l’aube après m’avoir aidé dans mon travail. Même si elle devait avoir voulu me dire une chose ou deux au sujet d’être forcé à être fiancé avec moi...

Je caressais sa tête endormie. Ses cheveux soyeux glissaient doucement entre mes doigts. L’exaltation d’être enfin libéré après un si long travail devait avoir eu de profondes répercussions sur moi. Dans mon était normal, j’aurais été bien trop gêné pour le faire, mais juste m’asseoir comme cela me rendait heureux.

« Mrm. » (Liscia)

Liscia gémit à ce moment-là, alors j’enlevai ma main de ses cheveux. L’instant d’après, Liscia ouvrit les yeux et se leva d’un coup. Peut-être qu’elle était encore un peu groggy, car elle regardait partout autour d’elle.

Avec un sourire ironique, j’offris un bon matin. « Bonjour, Liscia. »

« M-Matin. Hein ? Est-ce que je me suis endormie ? » (Liscia)

« Nous avons maintenant atteint un bon moment pour nous arrêter. Voulez-vous retourner dormir ? » (Kazuya)

« Oh, non. Je vais bien. Qu’en est-il de vous, Souma ? Vous n’avez pas dormi, n’est-ce pas ? » (Liscia)

Elle avait l’air comme si elle était pleinement éveillée. J’étais heureux de voir qu’elle se montrait préoccupée envers moi.

Je me levai de l’accoudoir puis je tendis les bras vers le haut pour ainsi m’étirer.

« Je prévois d’avoir un bon moment pour me reposer après cela, mais... pourriez-vous d’abord venir un peu avec moi ? » (Kazuya)

« Hm ? Où ? » (Liscia)

« Pour une petite promenade avant d’aller dormir » lui répondis-je.

Avec la lumière de l’aube qui arrivait, Liscia et moi montâmes sur le dos d’un cheval.

Tout en respirant dans la brume matinale, le cheval de Liscia filait avec un *clip-clop*, *clip-clop*, n’ayant aucune difficulté à se déplacer avec le poids de deux personnes sur son dos. Liscia était assise à l’avant, tenant les rênes, alors que j’étais derrière elle avec mes bras autour de sa mince taille, tenant chèrement à la vie.

« Hé, ne pressez pas mon ventre si fortement, » objecta-t-elle.

« Pas moyen que j’arrête, c’est trop effrayant. » (Kazuya)

« Pitoyable. Normalement, ceci devrait être vous, tel un homme, qui devrait être celui qui tient les rênes ? » (Liscia)

« Eh bien, ce n’est pas comme si j’avais vraiment le choix. Comme je ne suis jamais monté sur le dos d’un cheval jusqu’à aujourd’hui... » (Kazuya)

Dans le Japon moderne, il y avait peu d’occasions de monter sur un cheval.

Au mieux, j’étais déjà monté sur un poney dans un zoo alors que j’étais un enfant et que quelqu’un était à côté de moi à diriger le poney. C’était un peu vague dans ma mémoire.

« Dans ce pays, à peu près tout le monde du paysan jusqu’à la noblesse, sait monter à cheval, le saviez-vous ? » Me dit-elle.

« Dans mon monde, il y avait beaucoup de véhicules bien plus pratiques. » Répondis-je.

« Votre monde... Parlez-moi de lui, Souma. » (Liscia)

« Hm ? » (Kazuya)

« Avez-vous... laissé, derrière vous, toute une famille, une amoureuse peut-être... dans l’autre monde ? » Liscia me demanda cela avec hésitation. Voulait-elle faire attention avec mes sentiments ?

« Non, personne. Mon dernier parent, mon grand-père, vient de décéder l’autre jour... oui. » (Kazuya)

« ... Je suis désolée. » (Liscia)

« Il n’y a pas besoin de présenter des excuses à ce sujet. Mon grand-père a eu une vie bien remplie. Voilà pourquoi, c’est correct. Personne n’attend mon retour, donc je suppose que je ne ressens pas vraiment le besoin de revenir en toute hâte. » (Kazuya)

« Oh. Vous n’en avez pas. » Liscia semblait un peu soulagée de ma réponse.

Alors que nous parlions, le cheval continuait à faire des bruits de sabots pendant ce temps. Il était selon moi à peu près six heures du matin. Le moment où les personnes commençaient enfin à se lever.

Alors que nous traversions la rue commerçante, aucune des boutiques n’était encore ouverte et il n’y avait presque personne sur la route. Après être passés par la ville du château, nous avions atteint finalement le mur qui faisait le tour de la capitale.

Nous arrivâmes enfin à une porte massive, avec des personnes comme j’avais déjà vu dans des films fantastiques étrangers, et après avoir parlé aux gardes présents devant, nous pûmes enfin sortir vers l’extérieur de la ville par une petite porte sur le côté de la grosse, la porte principale n’étant pas encore ouverte.

Liscia avait tout le long été celle qui avait parlé avec les gardes. Si le roi nouvellement nommé leur avait dit qu’il voulait aller en dehors de la ville sans gardes du corps, je doute qu’ils l’aient permis. Ainsi, Liscia, qui occupait un rang d’officier, leur avait dit, « Je suis envoyée à l’extérieur par ordre du roi » et comme cela, c’était parfaitement concordant avec le cadre de ses fonctions, ils n’avaient pas protesté.

Une fois que nous avions traversé la porte en toute sécurité, Liscia avait ajouté, « Comme j’ai dit que c’était un ordre royal, automatiquement, il va y avoir un rapport fait sur cela. Qui sait ce que Marx va nous dire plus tard quand il le saura... »

J’ignorai ses plaintes.

Après un court voyage à travers les rues de la ville extérieur, nous avons finalement atteint notre destination. « Arrêtez-vous ici, s’il vous plaît » lui dis-je.

Après qu’elle eut arrêté son cheval, Liscia me regarda d’un air interrogateur. « C’est ici que vous vouliez venir ? Tout ce que je vois, c’est des champs d’agriculteurs dans le coin. »

En effet, il n’y avait que des champs verdoyants de plantes vertes ici. Aussi loin que l’œil pouvait voir, je vis des champs verts et l’humidité de la rosée du matin. C’était le bon lieu. Aucun ne doute là dessus.

« Liscia, c’est l’endroit que je voulais vous montrer. » (Kazuya)

« Ces champs ? Je suppose qu’ils sont assez jolis quand ils sont ainsi mouillés par la rosée du matin comme maintenant, mais... » (Liscia)

« Joli... hein !? Non, c’est à cause d’eux que tant de monde meurt de faim. » (Kazuya)

« Quoiiiii ? » Les yeux de Liscia s’élargirent de surprise.

Je soupirai avant d’ajouter. « Jetez un œil autour de nous. Ces "champs non comestibles" sont à l’origine de la crise alimentaire de ce pays. »

◇◇◇

Des champs non comestibles. C’était ainsi que Souma avait appelé les champs visibles devant moi, regardant cela avec amertume. Souma m’avait dit qu’il avait voulu me montrer ces champs, mais je ne comprenais toujours pas pourquoi.

« Que voulez-vous dire ? » (Liscia)

« Exactement ce que je viens de dire. Tous ces champs que vous voyez ici sont des champs de coton. » (Kazuya)

« Des champs de coton. Ah ! Voilà donc ce que vous vouliez dire par "non comestible" ! » (Liscia)

Les fleurs de coton étaient cultivées pour produire du fil de coton. Effectivement, ces champs ne faisaient pousser que des biens qui ne pourraient pas être mangés.

Souma assis sur le sol, posant ses coudes sur ses cuisses. « Allons directement à ma conclusion, si cela vous convient. C’est l’augmentation excessive du nombre de ces champs de coton qui a causé les pénuries alimentaires dans ce pays. »

« ... Pardon ? » (Liscia)

Maintenant, fait-il preuve de désinvolture en disant quelque chose d’aussi incroyable aussi simplement ? La cause de nos pénuries alimentaires ?

« Pendant que je triais des documents, j’ai remarqué cela. Avec l’expansion du Domaine du Seigneur-Démon, la demande de vêtements et d’autres nécessités quotidiennes a ainsi grimpé en flèche. Bien sûr, la demande pour les matières premières a aussi augmenté. Donc, avec le prix de vente des fleurs de coton en hausse et d’être en mesure de vendre autant que vous pouviez en produire, les agriculteurs ont entièrement cessé leurs cultures vivrières qu’ils avaient faites jusqu’à ce moment-là. Les cultures qui servent à vendre à d’autres au lieu de manger sont appelées des cultures de rente. Ce qui veut dire que finalement : nos agriculteurs se sont tournés vers la croissance des cultures de rente, ce qui a eu pour effet de baisser le taux d’autosuffisance alimentaire de ce pays. » (Kazuya)

J’étais sans voix. La cause des pénuries alimentaires de ce pays.

J’avais toujours simplement supposé que la cause était le mauvais temps, ou que notre pays avait simplement eu une terre qui commençait à s’appauvrir. Mais en vérité, il y avait une raison concrète à ces problèmes, et pourtant moi, qui avais vécu dans ce pays depuis plus de dix ans, n’avais rien vu venir. Alors que lui, Souma, qui avait été convoqué ici que depuis quelques jours, avait réussi à le voir si facilement.

« Si je devais aller un peu plus loin, je pourrais tout à faire dire que c’est aussi la cause principale de la faible puissance économique de ce pays. Lorsque le taux d’autosuffisance alimentaire diminue, vous devez importer d’autres pays pour ainsi éviter la famine. Toutefois, les produits alimentaires importés impliquent des coûts de transport et donc le prix des denrées alimentaires est en forte hausse. Ceci met la pression sur les budgets des ménages et donc ils ne peuvent en aucun cas réduire le budget alimentaire de leurs familles. Car après tout, si vous ne mangez pas, vous serez affamé et vous finirez par mourir. Alors bien sûr, si vous devez couper la graisse quelque part, cela va automatiquement être dans les biens non essentiels et surtout les produits de luxe. Et donc, ces changements dans les pratiques de dépenses provoquent une spirale qui affaiblit l’économie globale du pays. » (Kazuya)

Qu’avais-je regardé jusque là ? Si j’étais un simple citoyen, cela aurait été correct pour moi de rire de tout cela dédaigneusement vis-à-vis de mon manque de perspicacité. Cependant, je suis une princesse. L’ignorance de ceux en haut tue ceux en bas.

« Je suis... un échec en tant que personne de la royauté. » Je perdis toutes mes forces après avoir entendu ces mots, tombant à genoux directement où j’étais. Dans toute ma vie, je n’avais jamais si vivement ressenti un sentiment d’impuissance comme j’en avais en ce moment.

En me voyant comme ça, Souma laissa échapper un "heu," et un "Um" tout en se grattant la tête, avant de poser délicatement sa main sur ma tête.

« Ne vous laissez pas abattre comme cela. Nous avons obtenu le financement dont nous avions besoin. Il est loin d’être trop tard pour les réformes agricoles que j’ai prévues. » (Kazuya)

« ... Que prévoyez-vous faire ? » (Liscia)

« Je veux en premier, placer une limite à la quantité de cultures de rentes, et ramener au plus vite une forte croissance sur les cultures vivrières afin d’améliorer notre taux d’autosuffisance. Le pays versera des subventions pour aider à soutenir cette transition. En premier, nous commencerons par replanter les champs avec des haricots qui ont un très large éventail d’utilisations ainsi que des pommes de terre qui sont très efficaces contre la famine. Et au fil du temps, je voudrais aussi augmenter le nombre de rizières présent dans le pays. Après cela... » (Kazuya)

Souma parla avec éloquence de ses projets de réformes agricoles. Il utilisait beaucoup de mots comme "rizières" que je ne connaissais pas, mais alors que je regardai son visage de profil, il semblait si radieux.

Je sentais que je pouvais comprendre pourquoi mon père avait abdiqué. Il était ce dont ce pays avait le plus besoin en ce moment. Et nous devions faire tout ce qu’il fallait pour le garder attaché à ce pays. Nos fiançailles avaient probablement été conçues comme une autre chaîne avec laquelle le lier.

Je suppose que je ne peux pas me permettre d’être bouleversée concernant mes fiançailles qui ont été décidées sans mon accord.

Souma avait dit qu’une fois qu’il aurait mis ce pays sur la bonne voie, il abandonnerait le trône, mais nous ne pouvions pas le laisser faire. Ce serait une perte pour le pays de perdre ainsi un homme avec un talent si important. Il fallait l’éviter à tout prix.

Il m’a dit qu’il n’avait pas de famille dans son ancien monde. Si je devenais sa famille ici, je pourrais le garder dans ce pays ? Me demandai-je. En tant que sa fiancée, si je pouvais faire de ce mariage un fait accompli... Attendez, la meilleure façon de créer un fait accompli... serait essentiellement de... le faire avec lui...

Les pensées qui me vinrent à l’esprit firent que mon visage devint totalement rouge.

« Alors, dans les montagnes nous allons... Hé, Liscia, m’écoutez-vous ? » (Kazuya)

« Heuu ! Pou-Pourquoi, oui, je vous écoute. » (Liscia)

« Hm ? Votre visage est tout rouge, le saviez-vous ? » (Kazuya)

« C’est à cause du lever du soleil ! Ne commencez pas à vous imaginer quelque chose d’autre ! » (Liscia)

Mes joues étaient en feu. J’étais prête à mourir d’embarras.

À partir de là, je ne crois pas avoir entendu un seul mot des explications Souma.

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