Daimaou-sama no Machizukuri ! – Tome 1 – Chapitre 12

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Chapitre 12 : Le grand Seigneur-Démon collecte des informations

Nous étions retournés à la hâte au donjon d’Eligor.

Le Seigneur-Démon respirait à côté de moi.

« Ouf, c’était proche. J’ai été tellement surprise lorsque vous avez soudainement commencé la réinitialisation. Nous avons failli être écrasés par la pression de l’océan, vous savez. » (Eligor)

« Désolé, je ne m’attendais pas non plus à ce que l’effondrement soit aussi rapide. » (Procell)

Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de retard.

Et honnêtement, je n’y avais pas beaucoup réfléchi, car l’endroit où nous étions envoyés après l’effondrement d’un donjon n’était normalement pas un problème. Cependant, cette fois, comme le donjon avait été construit à deux kilomètres sous le niveau de la mer, c’était un problème fatal.

En tout cas, le fait est que j’avais réussi à gagner un cristal, que je pourrais ensuite utiliser pour construire un donjon.

« Inutile de s’y attarder davantage. Alors, allez-vous construire votre donjon tout de suite ? » (Eligor)

« Oui. Dès que j’ai rassemblé suffisamment d’informations. Plus tôt je le construis, plus vite je pourrai me nourrir d’émotions, après tout. » (Procell)

« Alors, si vous voulez, je pourrais vous prêter quelques-uns de mes démons pour aider. Vous êtes fort, mais défendre un donjon avec seulement dix démons n’est pas pratique, c’est le moins qu’on puisse dire. » (Eligor)

« Non ça va. Merci quand même pour l’offre. » (Procell)

… Même maintenant, je ne faisais pas du tout confiance à Eligor.

De plus, s’il ne s’agissait que de chiffres, j’avais des méthodes qui pouvaient augmenter de force le nombre de mes troupes. Tant que je pourrais construire mon donjon, et avoir de préférence quelques jours de paix, nous devrions nous débrouiller.

« D’accord, ça me va. Une idée de l’endroit où le construire ? » (Eligor)

« Pas encore. Je dois d’abord faire plus de recherches sur votre monde. » (Procell)

Lors de la construction d’un donjon, le choix de son emplacement était l’une des parties les plus importantes.

Après tout, à quoi bon une grande conception de donjon si aucun humain ne venait ? Le donjon devrait être placé quelque part où il pourrait attirer beaucoup d’attention, pas dans un endroit tellement hors de vue que personne ne savait même qu’il existait. De plus, le donjon devrait également être placé dans un endroit assez facile d’accès, pas dans un endroit si inaccessible que même ceux qui voulaient le visiter renonceraient à faire le voyage.

Cela étant dit, placer le donjon au milieu d’une route à fort trafic présentait ses propres problèmes, dont la plupart impliquaient les dirigeants humains du territoire. Plus tôt ils remarqueraient le donjon, plus vite ils agiraient. Mon donjon étant une ville, cela n’aiderait pas, et dans tous les cas, cela pourrait aggraver les choses, car ils pourraient peut-être le voir comme une puissance étrangère essayant de prendre le contrôle du territoire.

En tant que telles, les informations dont disposaient les sœurs-renardes n’étaient tout simplement pas suffisantes. J’avais besoin de rassembler davantage d’informations.

« Hmm. Eh bien, faites-le-moi savoir, d’accord ? Je suis très intéressée par le type de donjon que vous allez construire. » (Eligor)

« Vous avez été d’une si grande aide, alors oui, je vous en informerai. » (Procell)

Bien sûr, je t’en informerai, mais seulement après avoir suffisamment de défenses.

« Cela a été une bonne affaire mutuellement avantageuse, n’est-ce pas ? J’ai une médaille qui me permettra de faire le démon de rang S que je veux vraiment, et vous avez obtenu une base indispensable. » (Eligor)

« Je suis d’accord. Je suis heureux que vous soyez le premier Seigneur-Démon que j’ai rencontré dans ce monde. » (Procell)

« Je suis heureuse d’être aussi la première que vous ayez rencontrée. » (Eligor)

Nous avons ri puis nous nous étions serré la main.

Après quelques autres plaisanteries, j’avais annoncé que je me dirigeais vers sa ville.

Et donc, Eligor et moi nous étions séparés.

Il est maintenant temps d’acheter des fournitures et de recueillir des informations ici, dans la ville d’Eligor.

 

***

Pour le moment, la ville d’Eligor était à sa période la plus chargée.

L’industrie principale de la ville était ses femmes, mais en raison des nombreuses personnes rassemblées ici, toutes sortes de magasins étaient également ouverts. Et pour quelqu’un qui voulait construire une ville, ces magasins étaient importants.

« Ciel, sors un sac rempli de pièces d’or. » (Procell)

« Très bien ! » (Ciel)

Afin de ne pas attirer l’attention indésirable, nous étions entrés dans une ruelle.

Une des nombreuses raisons pour lesquelles j’avais mis Ciel dans mon Stockage était sa capacité à stocker toutes sortes d’objets dans son corps. Parmi ces objets, il y avait les métaux ordinaires creusés par les golems infatigables dans ma Mine à Avalon.

L’objectif réel de ces golems était de rechercher des métaux magiques tels que le Mithril et l’orichalque, mais en règle général, ils obtiendraient plutôt des métaux ordinaires tels que l’or, l’argent, le platine et le fer. De plus, nous avions principalement utilisé des métaux magiques pour nos équipements, alors que les métaux ordinaires n’étaient que rarement utilisés. En raison de ces facteurs, nous étions toujours en pénurie de métaux magiques, mais avions une montagne d’excès de métaux réguliers.

Nous stockions ces métaux ordinaires en excès dans des entrepôts, mais il ne fallut pas longtemps avant que ces entrepôts soient presque pleins. Heureusement, Ciel est alors née.

Bien sûr, les métaux n’étaient pas les seules choses stockées dans Ciel, si quelque chose était jugé utile, il était probablement stocké en elle.

Pour cette raison, elle était vraiment fiable chaque fois que nous devions déployer le plus rapidement possible. De plus, comme son Espace de stockage ne se souciait pas beaucoup du poids ou de la taille d’un objet, tant qu’elle était présente, nous pouvions transporter n’importe quel objet.

« Pyui! Pyupyui » (Ciel)

Ciel cracha les lingots d’or dont nous avions besoin, puis utilisa la compétence d’alchimie qu’elle avait copiée sur les Naines forgeronnes pour transformer les lingots en pièces d’or.

Elle avait déjà vu les pièces d’or utilisées ici, il lui était donc facile de les reproduire à condition d’avoir suffisamment de matériel. Étant donné qu’elle avait plusieurs centaines de tonnes de lingots d’or stockés, je dirais que ce n’était pas un problème.

Au fait, nous avions choisi d’utiliser ma Création plus tôt au lieu de cette méthode parce que nous étions pressés par le temps.

« Terminé. Ce sac rond devrait faire l’affaire pour l’instant. » (Ciel)

« Ouais. Merci, Ciel. » (Procell)

Une seule pièce d’or pouvait faire vivre un ménage de quatre personnes pendant un mois entier, mais nous en avions un sac plein.

C’est un peu trop, non ? En fait, avec tout ce que nous allons acheter, ce n’est peut-être même pas suffisant. Maintenant, il est temps d’alléger ce sac.

 

***

Nous en avions maintenant fini avec les courses.

Nous achetions des choses à gauche et à droite, donc ce n’était pas une énorme surprise que nous ayons attiré l’attention des agresseurs et des pickpockets. C’était une nuisance, mais rien de plus.

« Alors comment est-ce ? As-tu trouvé quelqu’un d’assez bon ? » (Procell)

« Ouais, bien sûr. C’est un noble stupide et incompétent. De plus, il n’a ni femme ni enfants. Exactement comme tu l’as demandé, mon Seigneur-Démon. » (Ciel)

« Bon travail. » (Procell)

J’avais confié à Ciel une tâche à accomplir pendant que nous faisions nos courses. Cette tâche consistait à consommer les cheveux — furtivement bien sûr — de quiconque semblait avoir de l’argent, de l’influence et des informations. Cela concernait principalement les riches marchands et les nobles.

La Copie de Ciel lui permettait d’imiter l’apparence ainsi que les compétences de n’importe qui tant qu’elle avait réussi à consommer une partie de leur corps. Un effet secondaire de sa compétence était qu’elle lui permettait également d’acquérir toutes les connaissances que ses cibles possédaient.

Grâce à cela, la collecte d’informations dans cette ville pleine de personnes influentes était facile.

« Très bien, dis-m’en plus sur le territoire de ce noble. » (Procell)

« Il est situé à une centaine de kilomètres d’ici. Il compte environ trois villages dont l’industrie principale est l’agriculture, mais ces villages sont assez éloignés des deux villes prospères du territoire. L’une ou l’autre ville est à environ une journée de trajet en calèche depuis l’un des villages. » (Ciel)

« Je vois. Construire une ville là-bas ne semble pas mal. Et, ce noble, à quel point est-il fou ? » (Procell)

À ce moment-là et dans ces conditions, c’était comme si le monde lui-même me disait de construire une ville là-bas.

« C’est un homme se laissant aller dans la luxure. Comme tu t’en doutes, il est profondément endetté. Il a emprunté de grosses sommes d’argent avec toutes les intentions de sauter le paiement, mais malheureusement pour lui, les grands marchands auxquels il a emprunté ont le soutien de nobles beaucoup plus puissants que lui. » (Ciel)

« Le noble typique, hein. » (Procell)

Beaucoup de nobles se croyaient être des humains spéciaux. Et parce qu’ils étaient spéciaux, ils croyaient pouvoir éviter de payer leurs dettes, quel qu’en soit le montant.

Cependant, les marchands n’étaient pas des imbéciles. Avant de prêter de l’argent à de telles personnes, ils s’assuraient d’abord d’avoir un soutien qui pourrait forcer le noble à payer. De plus, les commerçants avaient tendance à éviter de prêter un montant qui dépassait le total des actifs du noble. Le mot garanti pourrait ne pas être utilisé dans la transaction, mais cela pourrait tout aussi bien l’être.

De retour dans ma ville Avalon, j’étais souvent utilisé comme bailleur de fonds, donc j’étais assez familier avec de telles transactions.

« Cela ne fait que s’améliorer à partir de là. Au lieu de vendre des objets de sa collection pour rembourser ses dettes, il a choisi d’augmenter les impôts de ses sujets à des degrés absurdes. En conséquence, nombre de ses sujets sont morts de faim. Certains, pour leur survie et celle de leurs proches, se sont vendus en esclavage. Il n’a pas fallu longtemps à certains pour en avoir assez et se révolter. Donc, maintenant que ses revenus ont chuté au point de devenir inexistants, il ne peut même plus payer les intérêts de ses prêts. » (Ciel)

« Splendide. Cela donnera à ma ville un bon départ. » (Procell)

Les gens qui choisissent de rester malgré les conditions infernales du pays avaient une sorte de situation désastreuse qui les obligeait à rester, ou ils croyaient fermement qu’ils connaîtraient le même sort s’ils déménageaient, ou ils avaient simplement trop peur d’essayer de déménager.

Quel que soit le cas, cela les rendait plus faciles à acquérir et à conserver si je procédais à la construction d’une ville sur ce territoire.

« Je pense que j’en connais assez sur cette terre. Merci, Ciel. » (Procell)

« J’ai rassemblé et analysé beaucoup plus d’informations de ces marchands et nobles, tu sais. Vas-y et demande-moi quoi que ce soit, pyufufu. » (Ciel)

Ciel était un grand démon. D’où sa tendance à se laisser emporter.

« Je pense que c’est suffisant pour collecter des informations et faire du shopping pour le moment. Allons chercher Cumin et Ahri, faisons un peu de préparation, puis allons sur le territoire de ce noble, d’accord ? » (Procell)

« D’accord ! » (Ciel)

 

***

Le baron Tutyre Farunde, noble du duché d’Arnburg, s’isolait dans son domaine. Pendant ce temps, son armée privée patrouillait dans la propriété. Il n’y avait aucun moyen de savoir quand les paysans lanceraient une attaque, après tout.

« … Pas assez. Pas encore assez pour les intérêts de ce mois. » (Baron)

Le baron n’avait pas assez d’argent et ne pouvait pas trouver un moyen de gagner plus de temps.

Sans aucune intention de le rembourser, il avait contracté un prêt à taux d’intérêt élevé auprès d’un commerçant. Malheureusement pour le baron, ce marchand était en fait soutenu par le marquis Coltinara qui à son tour avait des liens avec la famille royale.

Donc, s’il voulait continuer à vivre, il n’avait d’autre choix que de rembourser le marchand. Cela dit, même l’intérêt était devenu un montant exorbitant, alors il était déjà impossible de réduire le montant principal.

Pour aggraver les choses, ses revenus avaient maintenant chuté.

La population de son territoire représentait moins de la moitié de ce qu’elle était avant tout ce gâchis, de sorte que les rendements fiscaux maximaux avaient également été divisés par deux. Cependant, les montants réels étaient loin d’être proches de ce maximum.

Parce que la population avait été soumise aux impôts absurdes pendant si longtemps, elle était déjà essorée. Les agriculteurs avaient tellement essayé de respecter la taxe qui leur était imposée qu’ils n’avaient même plus assez de graines à planter.

Compte tenu de cela, même s’il ne le voulait pas, le baron avait décidé de commencer à vendre des articles de sa collection. Pourtant, il y avait des choses dont il ne se séparerait pas si possible. L’un de ces objets était la statue de la déesse qui était sur son bureau.

Cette statue était décorée de plusieurs pierres magiques qui ressemblaient à des rubis.

Le baron était très amoureux de cette statue. S’il s’en séparait, il était sûr qu’il ne la récupérerait jamais.

« Comment, comment cela a-t-il pu m’arriver ? Waaa, aide-moi, s’il te plaît, n’importe qui, même le diable, viens m’aider » (Baron)

Échapper au marquis était impossible. Et si sa seule issue était de vendre la statue de la déesse, cette vie ne lui semblait pas digne d’être vécue.

À ce stade, il accepterait toute aide qu’il pourrait obtenir. Même ceux du diable lui-même.

En y réfléchissant, la porte s’était soudainement ouverte.

De l’autre côté, il y avait un homme vêtu de noir et une fille aux cheveux bleus.

Ils avaient l’air jeunes et faibles, mais l’aura qu’ils dégageaient suggérait qu’ils étaient tous les deux endurcis au combat. D’après l’expérience du baron de traiter avec d’autres nobles, il pouvait au moins dire quand l’autre personne était quelqu’un dont il devait se méfier.

« Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivés ici ? Gardes, gardes ! Où êtes-vous, bon sang !!? » (Baron)

« Pyufufufu. Cela ne suffit pas pour m’arrêter. Je n’ai même pas eu besoin de forcer ! » (Ciel)

La fille l’avait dit en riant.

Elle ressemblait à une fille délicate, mais elle avait envoyé des frissons dans la colonne vertébrale du baron. Tous ses instincts hurlaient. Elle n’est pas humaine, disaient-ils.

C’était à peu près le sentiment qu’il avait aussi du jeune homme vêtu de noir.

Si l’un d’eux prétendait être le véritable diable, il ne mettrait pas en doute cette affirmation.

« Viens maintenant, Ciel, tu lui fais peur. Baron Tutyre Farunde, je présume ? Je suis venu pour te sauver. J’endosserai toutes tes dettes ainsi que ton titre de baron, tes terres, ton peuple et tout ce que tu as. En attendant, tu auras un nouveau nom, une nouvelle vie et suffisamment d’argent pour profiter de cette vie. Lâche les choses qui ne font que t’entraîner au fond et saisis cette chance de vivre une vie insouciante avec ta déesse bien-aimée. » (Procell)

Le jeune homme l’avait dit avec un ton familier et il avait ensuite présenté un grand sac plein d’argent ainsi qu’une pile de papiers.

Le baron n’avait aucune idée de la manière dont le jeune homme avait obtenu ces papiers, en particulier les documents officiels qui portaient le sceau de la famille royale. La plupart de ces documents officiels étaient destinés à l’adoption ainsi qu’au transfert de tous les titres, actifs et passifs.

Il y avait aussi des documents moins prestigieux. Celles-ci comprenaient le registre de famille d’une personne vivant dans un autre pays, l’acte de propriété d’un domaine apparemment agréable et les profils des serviteurs de ce domaine.

Voyant toutes ces choses, le baron comprit parfaitement ce qu’était l’accord qui lui était proposé. Ce jeune homme était peut-être le diable lui-même, mais le baron était tout à fait d’accord avec ça.

« Enfin, je peux être libéré de ce gâchis ! Je peux être à nouveau heureux ! » (Baron)

Il attendait avec impatience sa nouvelle vie. Tant qu’il avait sa déesse et un peu d’argent, il ne se souciait pas de perdre le nom et la terre qui lui avaient causé beaucoup de misère.

Et ainsi, sans hésitation, le baron signa tout ce qui devait être signé, attrapa ce qui restait de ses trésors et de son argent, et monta à bord de l’extravagante calèche à deux chevaux que le jeune homme avait préparée pour lui. Le chariot était alors parti comme le vent en disparaissant dans la nuit noire.

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