La Croix d’Argent et Dracula – Tome 1 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : La Croix Indifférente

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Chapitre 3 : La Croix Indifférente

Partie 1

Au moment où Hisui passa les portes de l’école, le soleil s’était déjà couché.

Il devrait être exalté par l’arrivée du samedi, un jour libre, mais ses pas semblaient incompatibles avec ce genre de sentiments.

La vampire avait eu un violent accès de colère inexplicable et avait sans aucun doute couru jusqu’à chez lui — clairement, c’était tout ce qui s’était passé.

« Si fatigué... » Hisui murmurait sans crainte, marchant droit devant lui, sans but.

Dans ses mains, son sac d’école, et le parasol que Rushella avait laissé derrière elle.

Bien que le coucher du soleil soit déjà passé et que Rushella n’avait plus besoin de son parasol — c’était après tout, quand même un de ses biens personnels.

Le laisser derrière aurait été correct, mais pour une raison quelconque, Hisui l’avait ramassé en sortant de la salle de classe.

Ce n’était pas comme si la pensée de le redonner à son propriétaire ne lui était pas venue à l’esprit. Cependant, il ne connaissait pas son emplacement actuel.

Si l’on devait se risquer à une supposition, elle était très probablement chez Hisui.

Comme ils s’étaient séparés sur de si mauvais termes après ce ridicule conflit, Hisui ne s’attendait pas à ce qu’elle continue d’insister pour vivre dans sa maison. Mais comme son cercueil était toujours là-bas, elle devait y retourner au moins une fois.

Bien que les vampires n’aient pas vraiment besoin de dormir dans des cercueils, ils leur fournissaient une protection contre la lumière du soleil et les aidaient à récupérer leurs forces et leurs pouvoirs spirituels, d’où le fait que les cercueils étaient des éléments nécessaires pour eux. Les vampires de "classe" particulièrement "élevés" étaient très attachés à propos de leurs cercueils et ils aimaient les avoir faits sur mesure. Le cercueil de Rushella était probablement de ce genre.

Si elle devait vraiment quitter la maison, elle le prendrait certainement avec elle.

En outre, il pourrait être possible qu’elle ait déjà terminé son déménagement. Au moment où il serait rentré à la maison, il était possible qu’elle l’eût déjà quitté.

En pensant que le jour où ils iraient chacun le long de chemins séparés arriverait si simplement, Hisui ne pouvait s’empêcher de faire une expression désabusée.

En outre, pourquoi a-t-il dû se faire détruire les cellules du cerveau à cause d’une fille si bruyante et si arrogante ?

Soudainement, le mordant, puis ce disant son maître, une vampire si obstinée.

Allant même à le poursuivre jusqu’à chez lui, ainsi que le poursuivant à son école. Tellement gênante que cela était au-delà de toute comparaison.

Même en prenant son sang, elle était si maladroite. Le plus ennuyeux était qu’elle l’avait faite une fois consciente de sa constitution inhabituelle.

Il voulait tout d’abord l’oublier complètement.

Il voulait à l’origine oublier sa constitution si particulière et vivre comme un être humain ordinaire.

« Tout cela est tellement douloureux... » Hisui se murmura cela à lui-même. En ce moment, il pouvait sentir des gouttes d’eau froide arriver sur son visage. « Hein !? Il est en train de pleuvoir... »

Hisui leva les yeux vers le ciel. La soudaine pluie arriva sans crier gare, venant du ciel, et il commença à pleuvoir violemment.

Le bulletin météo n’avait pas prédit cette pluie. Les piétons environnants furent donc tous pris dans cette catastrophe si soudaine.

La pluie était stupéfiante, ce qui amena toutes les personnes dans les rues à tenir des sacs ou des magazines en tant que parapluies de substitution, alors qu’elles se déplaçaient rapidement sous la pluie.

En les regardant, Hisui se souvint soudainement du parasol se trouvant présentement dans sa main.

Rushella avait mentionné plus tôt que — cela pourrait être utilisé comme un parapluie ordinaire, capable de gérer des pluies inattendues avec facilité, un trésor précieux. En d’autres termes, les vampires l’utilisaient pour se défendre contre les eaux vives et les fluides qu’ils craignaient.

Mais actuellement, il n’était pas dans la main de Rushella.

La pluie soudaine ne se souciait pas de savoir si elle devait se déverser ou non. Elle continua tout simplement à le faire, sans arrêt.

En y pensant sérieusement, cette sorte d’inquiétude était peut-être une partie de ses émotions rendues hyperactives par la situation.

Est-ce que Rushella était en plein air en ce moment — il ne le savait pas.

Est-ce que Rushella était déjà rentrée chez lui — il ne le savait pas.

Est-ce que Rushella avait eu des problèmes parce qu’elle avait oublié son parapluie — il ne le savait pas.

Même s’il lui avait apporté le parapluie jusqu’à dans ses mains, certainement — elle n’aurait pas eu de mots agréables envers lui.

De toute évidence, ce résultat pouvait être facilement deviné, mais Hisui ne ralentit quand même pas.

La route était humide et il glissa presque un certain nombre de fois. Sa vue était aussi brumeuse. Son endurance diminuait progressivement en raison d’être mouillé de toute part.

Pourtant, Hisui ne se reposa jamais et courut directement jusqu’à chez lui.

Lorsque, enfin, l’entrée de chez soi fut en vue, Hisui était déjà haletant. En utilisant le restant de ses forces, il ouvrit la porte et entra dans le jardin se trouvant devant l’entrée.

« Vous... ! » (Hisui)

De toute évidence, il avait espéré qu’il s’inquiétait trop, mais Rushella apparut devant ses yeux dans le pire état imaginable.

L’eau courante. L’une des faiblesses d’un vampire. Et dans un état typique de ce genre de situation — une fille trempée par l’eau de pluie tremblait légèrement et pour couronner le tout, elle s’était effondrée juste devant l’entrée.

« He ! Est-ce que vous allez bien ? » (Hisui)

Hisui la prit dans ses bras et la secoua, mais ne put obtenir de réponse.

Les yeux de Rushella étaient totalement fermés, ses lèvres étaient bleues, son corps entier tremblait, son corps était rigide et sa température était très basse. Même sa peau pure et blanche était revêtue d’une pâleur maladive.

L’eau courante était l’une des faiblesses des vampires, mais n’était pas fatale pour eux. Mais à cause d’un orage subit pendant une longue période, les dommages étaient très sévères.

En ce moment, le corps de Rushella était pratiquement tel un cadavre. Ses battements de cœur étaient très faibles, et son métabolisme marchait totalement au ralenti.

« Que faites-vous ici ! » (Hisui)

Parce que la pluie soudaine l’avait affaiblie, sans parapluie à portée de main pour faire face à cette averse, puis trempée d’une telle manière, elle s’était finalement évanouie — le processus pouvait facilement être imaginé.

Cependant, normalement parlant, un vampire ne pourrait pas être pris sous une pluie sans protection comme celle-ci.

Après tout, les vampires eux-mêmes étaient les plus sensibles, et conscients de cette faiblesse.

Hisui fit claquer sa langue, puis souleva Rushella dans ses bras et il entra avec elle dans la maison.

Même s’il était lui-même détrempé, il pouvait sentir dans ses bras que la température du corps de Rushella était encore plus froide que la sienne, presque comme si elle était tombée au niveau du point de congélation de l’eau.

Il avait vraiment, en ce moment, l’impression d’ — étreindre dans ses bras un cadavre.

« Ne mourrez pas, d’accord... ? » Ce cri fit que la main de Rushella se contracta légèrement, mais Hisui ne le remarqua pas du tout.

Il ne savait même pas qu’il avait utilisé le mot "mort" au lieu de "détruit".

*

« ...? » (Rushella)

Tout en étant en train de se réveiller, elle se rendit compte qu’elle était dans un environnement agréable et chaud.

De toute évidence, tout à l’heure, elle avait eu extrêmement froid. Un froid presque assez important pour briser directement ses os au moindre choc. Du moins, c’était le point de vue d’un vampire. Mais maintenant, il faisait très chaud et c’était vraiment agréable.

« Cet endroit... est... ? » (Rushella)

« Vous vous réveillez enfin !? » (Hisui)

« Vous... ? » (Rushella)

Alors que sa conscience était encore brumeuse, Rushella s’assit sur le canapé où elle avait été couchée plus tôt.

Dès qu’elle se leva, Hisui, assis à côté d’elle, tourna frénétiquement le visage vers l’autre côté.

Alors qu’elle trouvait étrange sa réaction, elle remarqua immédiatement sa propre apparence.

« Ha — !! » (Rushella)

En regardant vers le bas de son corps, ses yeux ne rencontrèrent qu’un corps totalement vierge de tous vêtements. Bien qu’elle avait dormi jusqu’à maintenant sous une couverture, en raison de son changement de position, ses seins voluptueux avaient bondi hors de la couverture.

« N-Ne re...! » (Rushella)

« Je—ne—regardes pas. » Hisui lui parla tout en gardant son visage tourné. Il avait déjà prédit la réaction de Rushella.

La main levée de Rushella s’arrêta en plein air, puis rougissante, elle tira la couverture pour se couvrir totalement.

*

« C’est bon maintenant... Vous pouvez regarder vers moi. » (Rushella)

Après avoir été appelé par Rushella, Hisui lui fit face à nouveau.

Il avait déjà mis ses vêtements qu’il utilisait pour aller dormir. Composé d’une chemise légère et d’un short. Il s’était aussi baigné, réchauffant son corps qui avait été trempé sous la pluie.

Rushella examina le contenu de la pièce comme pour confirmer la situation.

C’était bien le salon d’Hisui. Le climatiseur soufflait de l’air chaud dans la pièce. La température de la pièce était à l’origine proche de celle de l’hiver, mais maintenant la chambre était agréable et chaleureuse. La couverture qui la recouvrait avant avait également servi à l’aider à rester au chaud.

« Pourquoi... suis-je nue ? » (Rushella)

Avec la question clé dite à haute voix, Hisui lui répondit tout en évitant tout contact visuel.

« ... Si vous étiez resté dans de tels vêtements humides, vous auriez à coup sûr attrapé un rhume, n’est-ce pas ? Donc, j’ai du faire cela pour vous aider à vous sécher. Comme il y avait cette serviette sur vous, je n’ai absolument rien vu. » (Hisui)

« ... Vraiment ? » (Rushella)

« Je ne suis pas un dépravé qui attaquerait une fille inconsciente. » (Hisui)

« Juste pour cette fois... je vais croire en vous. » (Rushella)

« Merci. » (Hisui)

Les deux semblaient souffrir d’une certaine incapacité à dialoguer entre eux.

Comme s’ils essayaient de se trouver eux-mêmes, tout en cherchant l’emplacement de l’autre. Les deux essayaient dans leur tête de former des mots.

« Vous m’avez aidé à me réchauffer ? Pour moi... » (Rushella)

« ... Oui. Mais pas comme dans les films où l’on voit deux personnes se serrant nues, l’une contre l’autre. Si je l’avais vraiment fait ainsi, vous m’auriez sûrement tué. D’ailleurs, je ne suis pas aussi chaud que cela, alors je vous aurais à coup sûr refroidi encore plus. » (Hisui)

« Je vois... » (Rushella)

Normalement, peu importe la façon dont Hisui s’expliquait auprès d’elle, Rushella l’attaquait toujours verbalement... mais aujourd’hui, elle semblait être exceptionnellement honnête envers lui.

Dans tous les cas, actuellement, elle avait encore l’air si fragile. Combinée à la pure blancheur de son corps, on penserait automatiquement qu’elle était juste une fille fragile et vulnérable.

« Cet objet, vous l’avez oublié. » (Hisui)

Hisui tendit le parasol à Rushella. Son propriétaire reçut l’objet perdu et simplement le fixa d’un air absent.

« N’est-ce pas une nécessité pour un vampire ? Pourquoi l’avez-vous abandonné ? » (Hisui)

« Parce que... » Rushella fit la moue tout en disant cela.

Parce qu’elle n’avait aucune raison légitime. Elle avait tout simplement agi comme un enfant et pris dans l’ambiance du moment, elle avait jeté au loin son parasol.

« Pourquoi étiez-vous resté ainsi sous la pluie ? Même si vous n’aviez pas de parapluie, vous auriez pu trouver un abri, n’est-ce pas ? » (Hisui)

« Il s’était mis si soudainement à pleuvoir alors que je venais d’arriver devant votre maison. Et donc, je n’ai pas eu le temps de trouver un abri. » (Rushella)

« Alors, vous auriez pu briser la vitre de la porte et ainsi pouvoir rentrer dans la maison, non ? Même si la pluie vous avait affaiblie, c’est dans vos cordes, n’est-ce pas ? » (Hisui)

Hisui avait simplement souligné une solution facilement imaginable.

Avec une certaine douceur dans la voix, Rushella répondit tout simplement. « ... J’avais peur que si je faisais cela, vous vous fâchiez après moi... »

« ... » Hisui fut sans voix face à cette réaction totalement contraire à la Rushella habituelle.

Apparemment, elle s’était évanouie sous la pluie parce qu’elle s’était attardée sur une telle chose.

Alors qu’elle hésitait, la pluie était devenue de plus en plus abondante, et en fin de compte, elle n’avait même pas eu le temps de penser à un plan différent — c’était probablement ce qui s’était passé à ce moment-là.

« ... Quoi qu’il en soit, mettons cela de côté. Venez ici. » (Hisui)

Hisui présenta son cou devant elle, annonçant sans équivoque ce qu’il attendait d’elle.

En voyant Rushella tourner la tête dût à sa perplexité, il rajouta à contrecœur.

« Dépêchez-vous et buvez. » (Hisui)

« Pourquoi ? N’êtes-vous pas toujours indisposé à me laisser sucer votre sang ? » (Rushella)

« Après tout, quand cette fille m’a jeté au sol... vous êtes venue me sauver. » (Hisui)

Hisui traitait cela comme un retour de faveur. Cependant, il évita de regarder les yeux de Rushella.

« Même un vampire se rétablirait très lentement s’ils sont blessés en raison de leurs points faibles. Après avoir été mouillé par une grande quantité de pluie, boire du sang reste la meilleure façon afin de récupérer plus rapidement. Vous devriez le savoir mieux que moi, n’est-ce pas ? » (Hisui)

Les mots de Hisui étaient très impartiaux et objectifs, mais Rushella ne fit quand même aucune action.

De toute évidence, elle s’était rendu compte qu’elle n’avait jamais vérifié ses sentiments dans le passé, avant de sucer son sang. Et là, elle évitait tout contact visuel, visiblement gêné par cette pensée.

« Quoi, maintenant, vous n’êtes plus satisfaite de mon sang ? » (Hisui)

« ... Pourquoi me dites-vous cela ? Car après tout, je suce très maladroitement votre sang. Vous l’avez dit à l’école ! » Tout en parlant avec une voix emplie de désespoir, Rushella se couvrait le visage avec la couverture.

Même si Hisui ne pouvait pas voir son visage, elle semblait pleurer.

« Dire... » (Hisui)

Hisui affichait en ce moment une expression exaspérée. Apparemment, son honnête opinion avait blessé l’estime de soi de cette fière demoiselle.

« ... Actuellement, ce n’est pas le moment de penser à cela, n’êtes-vous pas d’accord avec moi ? » (Hisui)

« ... » (Rushella)

Rushella resta silencieuse, regardant Hisui avec ressentiment. Il semblerait que son commentaire l’avait frappée dans un endroit très sensible pour elle.

« ... Maladroit, bon... C’est à cause de ça. Vous n’êtes toujours pas habituée à le faire, n’est-ce pas ? Vous devriez pouvoir retrouver cette habitude rapidement, car vous êtes, après tout, un "Véritable Ancien". » (Hisui)

« ... Vous le croyez réellement ? Que je sois un "Véritable Ancien" ? » (Rushella)

« ... » (Hisui)

« Même si je me dis être un "Véritable Ancien". Je n’ai aucun moyen de le prouver. Si j’avais des serviteurs ou une famille, ils pourraient m’aider à le prouver, mais je suis toute seule. Je ne peux donc rien prouver. » (Rushella)

Rushella parla tout en se moquant d’elle-même. Elle n’appartenait à nul endroit dans le monde. Elle était juste une vampire solitaire.

Ayant seulement été réveillée depuis la nuit dernière, elle n’avait même pas rencontré quelqu’un de sa race.

Seule — tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle était une vampire de la classe des "Véritables Anciens".

Néanmoins, même ce fait ne pouvait pas être prouvé.

« En passant, qu’est-ce vraiment qu’un "Véritable Ancien" ? Je connais juste le sens littéral des mots, mais je n’ai jamais vraiment compris le sens derrière cette existence. » (Rushella)

« C’est la même chose de mon côté en tant qu’humain. Même parmi les vampires, ceux qui comprennent vraiment ce terme peuvent probablement être comptés sur une main — non, peut-être même pas. Car les seuls qui peuvent vraiment le comprendre ne sont-ils pas uniquement les "Véritables Anciens" eux-mêmes. » (Hisui)

En effet, en parlant du plus grand des secrets se trouvant dans les légendes sur les vampires, rien n’avait dépassé ceux sur les "Véritables Anciens".

Pour un vampire, celui qui avait aspiré leur sang était leur maître. Et les maîtres à leur tour avaient leurs propres maîtres.

En parcourant ce chaînage, l’entité connue sous le nom de "Véritable Ancien" était le point de départ. La fin de la chaîne.

En outre, il existait une progéniture entre vampires. On les appelait les "Pures". Et en retraçant la lignée d’un "Pur" jusqu’à la source elle-même, l’existence du progéniteur était connue sous le nom de "Véritable Ancien".

La succion de sang et l’accouplement étaient les deux seules méthodes par lesquelles la naissance de nouveaux vampires pouvait être atteinte.

Les vampires n’existaient pas seuls, mais appartenaient toujours à des lignées familiales compliquées et massives à travers ces deux méthodes de procréation.

Et en prenant l’endroit le plus primitif tout au sommet de ces lignées, le dirigeant tout au sommet était l’existence qui était connue sous le nom de "Véritable Ancien".

Compte tenu de la présence de tant de serviteurs et de descendants, l’existence d’un premier "maître" ou " progéniteur" n’était que tout à fait naturelle.

Donc — quelle est l’origine de ces "Véritables Anciens" ?

Il n’y avait pas de réponse claire à cette question que se posait très naturellement toutes personnes qui connaissant un tant soit peu les vampires.

« Qui sur terre... suis-je ? Pourquoi serais-je... » (Rushella)

Les yeux de Rushella brillaient à cause de ses larmes qui coulaient.

Hisui annonça avec une certaine indifférence visible dans sa voix. « C’est le sang. »

« ... » (Rushella)

En entendant les mots incompréhensibles provenant d’Hisui, Rushella regarda finalement vers lui.

« Comment identifier un "Véritable Ancien" — c’est par le sang. Les vampires trouvent le sang doux et savoureux, mais les humains ne ressentent pas le même genre de sensation. C’est juste pour nous un liquide ordinaire. Mais le sang d’un "Véritable Ancien" est différent. Même les humains ou les vampires appartenant à des clans différents seraient automatiques envoûtés par le sang d’un "Véritable Ancien". Ce type de sang dégage un parfum de rose, obligeant les gens à le goûter. On dit que son goût est assez doux et délicieux pour faire fondre votre cœur et votre âme. Cela dit, pour ma part, je n’ai aucun intérêt à le consommer. » (Hisui)

« Vous... » (Rushella)

« En outre, lorsque ce sang est versé sur le sol, la gouttelette de sang produira une tache, formant ainsi un certain motif. Défiant complètement les lois de la physique. On dit aussi qu’il y a une différence de couleur, mais c’est tout ce que je sais. » (Hisui)

« ... » (Rushella)

Hisui parlait avec froideur tandis que Rushella l’écoutait avec une expression calme.

Puis, ayant écouté jusqu’à ce point, comme si ses yeux avaient été guidés par une voix, elle vit son épée posée sur la table.

Hisui cria immédiatement pour l’arrêter avec un ton de voix tranchant. « Ne faites rien d’imprudent. »

« Mais... » (Rushella)

« Que vous soyez un "Véritable Ancien" ou non, cela n’a pas d’importance pour moi. Vous êtes vous, c’est tout. Si vous voulez vous obstiner avec cela, je m’en fiche, mais faites-le uniquement après que votre corps ait totalement récupéré. » (Hisui)

« ... » (Rushella)

« Bon. Dépêchez-vous et buvez. Si vous prenez trop de temps pour vous décider, je vais sûrement changer d’avis. » (Hisui)

Pressée par Hisui, Rushella s’approcha timidement d’Hisui.

À l’origine, cet acte était appelé le "baiser". Et en ce moment, cet acte de boire du sang était effectivement réalisé tout comme aurait été fait un baiser.

Afin de stabiliser son corps encore instable, Rushella enveloppa doucement ses bras souples autour du cou d’Hisui. Ses seins généreux se pressant contre la poitrine d’Hisui et leurs battements de cœur se superposant les uns aux autres.

Et ainsi, contrairement aux tentatives antérieures violentes et faites avec forces, les lèvres de Rushella touchèrent le cou de Hisui avec la plus grande des douceurs.

Un petit mordillage.

Plutôt que de planter ses crocs par instinct, elle avait légèrement mordu de la façon dont un animal de compagnie pourrait faire lors d’un jeu de mordillement effectuer avec son maître.

Et au fur et à mesure que le sang s’écoutait de la plaie, Rushella ne suçait pas ce sang avec force. Au contraire, elle le faisait avec une extrême douceur, léchant presque, plutôt que suçant. Même les gouttes de sang frais qui se répandaient dans les coins de sa bouche, elle les lécha à l’aide de la pointe de sa propre langue, toujours avec une extrême douceur et délicatesse. Empêchant ainsi le sang de colorer la zone entourant le cou. Elle semblait utiliser sa langue rouge comme pour soigner soigneusement chaque recoin de la peau de Hisui se trouvant devant elle.

« Mmm... » (Rushella)

Le sentiment de chatouillement provoqua un léger mouvement chez Hisui.

Mais cette fois, ça n’avait pas du tout été douloureux.

Il pourrait même aller jusqu’à dire que c’était agréable. Si une analogie était nécessaire, ceci serait alors semblable au sentiment de sucer son doigt blessé.

La durée de la succion de sang fut assez brève. Et Rushella s’arrêta donc peu de temps après, puis elle quitta lentement sa précédente position, étant jusqu’à maintenant avec leurs deux corps comme fusionner ensemble.

Un fil de salive, donnant l’impression d’être argenté, les reliait encore tous les deux.

« ... Est-ce suffisant, alors que vous n’en avez bu qu’une si faible quantité ? » (Hisui)

« Oui. » (Rushella)

Rushella hocha la tête et se retira timidement avec sa couverture, retournant sur le canapé.

Voyant qu’elle avait récupéré dans une certaine mesure ses forces, Hisui se leva.

« Puisque vous pouvez maintenant vous déplacer, allez prendre un bain. Vous vous sentirez encore mieux après cela. » (Hisui)

« Heee... » (Rushella)

« Vos vêtements trempés ne sont pas encore secs. Si vous le souhaitez, vous n’avez qu’à utiliser les miens pour l’instant. Au deuxième étage, dans la pièce à droite de l’escalier, des vêtements se trouvent dans le placard. » (Hisui)

Après avoir dit cela, Hisui marcha jusqu’à la cuisine à côté du salon.

Rushella regarda fixement le dos d’Hisui. Après l’avoir regardé pendant un moment, elle se leva finalement et marcha d’une manière assez instable.

†††

Partie 2

Environ une heure plus tard, Hisui déposa le plateau à manger sur la table basse du salon.

Comme il n’avait même pas pu avoir de bon repas depuis la veille, Hisui avait décidé d’avoir une fête somptueuse pour ce soir.

Placée sur la table, se trouvait une assiette de pâtes carbonara, ainsi qu’un grand bol de salade et des légumes.

Il y avait aussi des assiettes préparées pour le repas. La table était faite pour deux personnes.

Après qu’il eut fini de tout préparer, Hisui entendit que quelqu’un entrait dans le salon.

Rushella venait de sortir du bain.

« Oh, vous avez fini de prendre votre bain. Hé ! Mais pourquoi avez-vous choisi de porter ça ! » (Hisui)

La beauté fatale, toute droite sortie du bain, Rushella, ne portait rien d’autre qu’une chemise blanche.

Il n’y avait rien en dessous et le haut de la chemise était largement ouvert. Ses seins risquaient donc de se déverser en dehors à tout moment. Même les formes des pointes en saillie, poussant sur la chemise, étaient complètement visibles malgré le tissu.

On pouvait même accidentellement apercevoir la base de ses minces cuisses si l’on n’était pas assez prudent. Hisui tenta alors de détourner son regard de cette dangereuse région.

« N’est-ce pas mon uniforme... ? J’avais l’intention de le porter lundi, c’est pourquoi je l’avais accroché sur le porte-vêtements... » (Hisui)

« Vous m’avez demandé de chercher des vêtements à me mettre. Comme celui-ci peut également couvrir le bas de mon corps, j’ai trouvé que c’était très agréable. » (Rushella)

Rushella parlait en montrant sa satisfaction, nullement intimidée par la situation.

« Quel que soit votre désir... pour commencer, asseyez-vous. J’en ai fait plus que suffisant pour deux. Bien que j’ai très faim, je ne pense pas que je serais capable de tout terminer. » (Hisui)

Ce n’était qu’après qu’Hisui ait pointé du doigt vers la table basse chargée de nourriture, que Rushella remarqua la situation.

Avec une expression prudente, elle regarda vers Hisui pour confirmation.

« Puis-je... ? » (Rushella)

« N’ai-je pas déjà dit que j’en avais fait plus que nécessaire ? En fait, je n’ai presque jamais mangé d’ail de toute ma vie. De même que les piments, je n’ai commencé à en manger que très récemment. » (Hisui)

« ... dans ce cas, comment avez-vous eu hier ces choses pour l’utiliser sur moi  ? » (Rushella)

« Je l’ai acheté à cause d’une vente. Car après tout... cette personne agaçante n’est plus dans cette maison. » (Hisui)

« ... ? » (Rushella)

Rushella pouvait détecter une sorte de message sous-jacent dans les mots de Hisui, mais elle s’était simplement assise à l’opposé de lui au lieu de demander plus à ce propos.

En le regardant mettre ses deux mains ensemble et faire un "itadakimasu", elle ne put s’empêcher de l’imiter.

« Itadaki, masu... » (Rushella)

Après cela, le repas commença à proprement parler.

Rushella utilisa sa fourchette pour enrouler ses pâtes, puis les amena finalement dans sa bouche avec détermination.

« ... Délicieux. » (Rushella)

« Merci. » (Hisui)

Hisui répondit sans montrer la moindre émotion.

Rushella sourit et commença à manger harmonieusement.

Quand les aliments sur la table furent presque terminés sur leurs deux assiettes, Rushella se mit parler comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.

« ... He ! » (Rushella)

« Hmm ? » (Hisui)

« À propos de vous, dites-moi... » (Rushella)

« Hein ? » (Hisui)

Alors qu’Hisui buvait sa soupe, il pencha sa tête, incapable de comprendre ce dont Rushella faisait référence.

« Après avoir vu le monde au cours de cette journée... je comprends mieux maintenant. Ma race a été très probablement réduite à quelques survivants dans le monde actuel. Même s’il y a des survivants, ils se cachent et passent leurs jours dans l’ombre. Par conséquent, les humains ne connaissent pas notre existence. Mais vous êtes différent. Vous comprenez beaucoup trop de choses, en particulier à propos des "Véritables Anciens". Les humains ordinaires ne le sauraient pas, n’est-ce pas ? » (Rushella)

« ... » (Hisui)

« Vous avez dit que vous connaissiez un vampire, n’est-ce pas ? Vous avez entendu tout cela de... cette personne ? » (Rushella)

Rushella le regarda attentivement.

Hisui voulait simplement rejeter cette question de façon décontractée, mais à la fin, il ne pouvait pas gagner face à ce regard sérieux. Haussant les épaules, avant de reposer sa tasse sur la table.

« Plutôt que de dire que c’était quelqu’un que je connaissais... je suppose qu’il serait mieux de dire que c’était ma famille ? » (Hisui)

« Pourquoi m’avez-vous menti !? » (Rushella)

« Je n’ai pas menti. Cela compte quand même comme quelqu’un que je connais, n’est-ce pas ? Si je vous l’avais dite, vous auriez voulu en savoir plus à son sujet. J’ai simplement énoncé cela d’une manière ambiguë. » (Hisui)

« Quelle manière astucieuse d’utiliser les mots... mais qu’en est-il de votre famille ? Êtes-vous réellement... » (Rushella)

« Nous ne sommes pas liés par le sang. Probablement, vous pouvez penser que cette personne a été pour moi tout comme mon parent nourricier qui m’a élevé ? Même si je déteste admettre cela. » (Hisui)

À l’instant, l’expression de Hisui était remplie d’un air de réminiscence de vieux souvenirs.

Cela semblait être quelques choses de très douloureux.

« Une personne de votre âge devrait habituellement vivre avec votre mère et votre père, n’est-ce pas ? Vos parents... » (Rushella)

« Ils sont morts. Je ne me souviens même pas de leurs visages. Après cela, d’après ce que j’ai entendu, j’ai été adopté par un vampire avant d’être assez vieux pour comprendre ce genre de choses. » (Hisui)

« Cette personne... est-ce une femme ? » (Rushella)

« ... Pourquoi est-ce que le sexe de cette personne est la première chose dont vous vous souciez ? » (Hisui)

Hisui remarqua cela tout en étant surpris.

Rushella avait l’air un poil vexée, mais continua quand même à faire pression sur le sujet.

« Arrêtez vos conneries. Il s’agit donc bien d’une femme, n’est-ce pas ? » (Rushella)

« D’accord. Oui... » (Hisui)

« Quel genre de femme !? Jolie comme moi ? » (Rushella)

« Ce type de question subjective varie d’une personne à l’autre, n’est-ce pas ? Elle avait l’air plus vieille que vous. Qui sait quel était son âge. » (Hisui)

« Plus vieille que moi !? C’est donc ma victoire ! » (Rushella)

« ... Allez savoir. En outre, les vampires connaissent-ils même le concept du vieillissement ? Bien que je ne sache pas dans quelle illusion vous vous bercez, mais un vampire adoptant un humain est probablement plus quelque chose fait sur un coup de tête. Une fois engraissé et plus vieux, n’avait-elle pas juste l’intention de sucer tout mon sang ? » (Hisui)

En fin de compte, il s’agissait juste de l’histoire d’un vampire et de sa nourriture, tel était la conclusion de Hisui.

Rushella resta sceptique et regarda attentivement Hisui, puis demanda.

« Cette femme. Que lui est-il arrivé ? » (Rushella)

« Elle est morte. » (Hisui)

Sans aucune peine, une réponse complètement monotone.

Rushella avait l’air désolée pour lui et ne savait plus trop quoi dire. Hisui continua alors son repas, imperturbable.

Bien que Hisui n’ait pas été déprimé et qu’il venait d’être comme frappé par une triste nostalgie, Rushella remarqua alors quelque chose d’étrange à propos de ses mots.

Morte — c’était un terme qui ne pouvait être appliqué qu’aux choses vivantes, à ceux qui avaient des vies qui pouvaient réellement se finir.

Par conséquent, "la mort" n’était pas un concept utilisé pour les vampires.

Leurs destinées n’étaient pas dans la "mort", mais la "destruction".

Quant à la raison de cela, c’était parce qu’ils étaient déjà morts.

Du moins, sur la base de la notion de "vie" humaine, ils étaient déjà en dehors des existences normales.

Cependant, il venait d’utiliser le mot "mort" pour décrire le vampire qui l’avait élevé.

Fondamentalement, la traitant tout comme une humaine.

« Comment était-elle... en tant que vampire ? » (Rushella)

« Une femme étrange. Bien que le Japon puisse être vu comme notre base, elle a toujours parcouru le monde entier. Comme je l’accompagnais, je ne suis jamais allé à l’école de manière continue jusqu’à être arrivée à l’âge du collège. Cette maison était aussi la sienne. Ha oui, une chose de plus... » (Hisui)

« Quoi ? » (Rushella)

*

« Elle était un "Véritable Ancien". » (Hisui)

*

« QUOIIIIIIIIII ? » (Rushella)

Le visage de Rushella affichait un choc important.

Lors de leur première rencontre, elle avait découvert qu’Hisui n’avait pas l’air d’avoir peur des vampires, de plus, il était calme à un degré si suspect, et combiné avec sa constitution, elle se demandait souvent si elle n’avait pas sucé le sang d’une personne extraordinaire !

« C’est ce qu’elle m’a toujours dit. Je ne connais pas les détails. Mais comme je vivais avec elle, je ne pouvais pas m’empêcher d’apprendre beaucoup de choses concernant les vampires. Mais personnellement, je ne suis qu’un simple étudiant du lycée. » (Hisui)

« Vous êtes encore vous-même alors que votre sang a été sucé par moi. Ce simple fait ne me paraît pas très ordinaire. » (Rushella)

« Oui, mais seulement quand j’ai mon sang qui est aspiré. Car quand je ne perds pas de sang, je ne suis pas différent des autres personnes. Ma constitution particulière ne fonctionne que quand un vampire me mord. Mais je ne veux plus parler de cela. Après avoir vu la société humaine au cours de cette journée, vous souvenez-vous de quelque chose ? » (Hisui)

« Non... » (Rushella)

Rushella secoua tristement la tête. Ses souvenirs de base sur elle-même étaient encore très incertains.

« Cependant, ceci a eu des résultats. Tout d’abord, j’ai décidé que j’avais besoin de mieux comprendre le monde des humains. Cela aura certainement des relations intimes avec mes origines. » (Rushella)

« Je vois... d’accord. » (Hisui)

« Et aussi... je continuerai à aller à l’école ! » (Rushella)

Rushella agissait comme d’habitude, majestueusement, et déclara cela d’une voix forte.

« HEINNNNNNNNNN!? » (Hisui)

Peut-être que ce serait mieux si elle n’avait pas récupéré de ses blessures.

En voyant le regard vaniteux de Rushella, le visage de Hisui commençait à se tordre.

« Ehhh merde ! Vous comptez donc aussi aller à mon lycée lundi  ? » (Hisui)

« Bien sûr ! Comme vous êtes mon serviteur, votre travail est de rester à mes côtés pour pouvoir ainsi me servir ! » (Rushella)

« Je refuse !!! Quel genre de personne importante pensez-vous que vous êtes !? » (Hisui)

« Je suis un grand « Véritable Ancien » de la race des vampires !! » (Rushella)

Rushella fit fièrement gonfler sa vaste poitrine.

Actuellement, Hisui regrettait secrètement de l’avoir sauvée et il la regardait du coin de l’œil alors que Rushella se leva et quitta le salon.

Puis elle revint rapidement avec un sac à la main, assez grand pour contenir une tête humaine.

« Qu’est-ce que c’est ? » (Hisui)

« Je l’ai gardé dans mon cercueil. » (Rushella)

Rushella ne répondit pas à la question, mais à la place, elle versa le contenu sur le sol.

Ce qui sortit du sac avait des éclats dorés et éclatants.

Accompagnées de sons métalliques, elles se répandirent sur le sol.

« C’est... » (Hisui)

Hisui regarda cela plus attentivement. Incroyablement, c’était des pièces d’or. À peu près de la taille d’une pièce de 500 yens, avec le motif d’un visage y était gravé dessus. Il ne savait de quelle période de temps cela provenait, ni même de quel pays. De toute évidence, il ne s’agissait pas d’une pièce dorée, mais elle était intégralement en or.

Il y avait environ cinq cents de ces pièces d’or roulant sur le sol, remplissant instantanément la maison d’une étendue de magnificence dorée.

La scène dans la pièce était tout comme l’ouverture d’un coffre-fort dans un conte de fées.

« Qu’est-ce que c’est, votre richesse accumulée pour l’hibernation ? » (Hisui)

« Bien que je ne sache pas sa valeur exacte, ça devrait valoir cher, n’est-ce pas ? » (Rushella)

« Bien sûr, après tout, il s’agit vraiment d’or. Mais elles doivent d’abord être converties en espèces. » (Hisui)

« Je vois. Alors, Umm... Fondamentalement, ouais, c’est... » (Rushella)

Rushella parlait d’un ton arrogant tandis qu’elle regardait furtivement la réaction d’Hisui.

« Cela peut compter comme 'loyer', n’est-ce pas ? » (Rushella)

« Hein ? » (Hisui)

Hisui était de plus en plus confus par ses mots.

Rushella bougeait ses doigts d’un air embarrassé et leva les yeux vers Hisui.

« Umm... Si je vais à l’école, j’ai donc besoin d’une adresse. Il serait trop gênant d’en trouver une nouvelle... De plus, vous êtes mon serviteur, donc rester à mes côtés est, sans aucun doute possible, votre obligation ! En effet, vous devriez être celui qui s’agenouille devant moi et me couvre de louanges !!! Dépêchez-vous et prosternez-vous devant moi pour me supplier de vous permettre de rester à mes côtés ! » (Rushella)

« Hein — — !? » (Hisui)

Le visage d’Hisui se tordit de surprise.

Il aurait vraiment dû ne pas la sauver. Il aurait dû la jeter au loin.

« Vous ne voulez pas... cela ? Ceci n’est-il pas suffisant... ? » (Rushella)

« Vous... » (Hisui)

« Resté ici... ne puis-je pas... ? » (Rushella)

Tout comme au moment où elle s’était confessée à propos de sa perte de mémoire, la voix de Rushella était devenue impuissante et semblait comme provenir d’un rêve.

Comme la couleur de sa peau, son existence était si fragile et si pure qu’il semblait que le paysage environnant serait teinté de blanc.

Hisui se gratta la tête, puis il prit une pièce d’or des mains de Rushella.

« Je l’utiliserai comme un charme porte-bonheur. » (Hisui)

En disant cela, Hisui se leva, vida la table et ramena toutes les affaires dans la cuisine.

« Attendez, vous... » (Rushella)

« Après tout, ce n’est à l’origine pas ma maison. Il s’agit de la maison de votre parenté. » (Hisui)

« ... » (Rushella)

« Donc en gros. Même si une certaine vampire d’origine inconnue venait à vivre ici, je n’aurais aucune objection. » (Hisui)

Hisui lui avait parlé alors qu’elle lui tournait le dos. Rushella fit alors instantanément un large sourire.

Son malaise venait ainsi de se dissiper, lui permettant ainsi de récupérer instantanément une expression qui correspondait mieux à son visage d’adolescente.

Ce changement pouvait même être perçu par Hisui, même avec son dos tourné vis-à-vis de lui. Hisui poursuivit alors avec un ton empli d’indifférence.

« La chambre intérieure au deuxième étage. Elle devrait être celle qui serait la plus pratique pour vous. Elle possède des rideaux épais pouvant facilement bloquer la lumière afin que vous ne soyez pas inquiété le matin. De plus, il s’agit de la chambre la plus spacieuse. » (Hisui)

« D’accord ! » (Rushella)

Comme si elle voulait voir sa chambre immédiatement, Rushella sourit, heureuse, et alla directement vers le deuxième étage.

Hisui sourit ironiquement tout en commençant à laver la vaisselle.

*

Un clin d’œil plus tard, alors qu’il était déjà tard dans la nuit — Hisui descendit au sous-sol de sa maison.

La disposition du sous-sol était très spacieuse, essentiellement une zone ouverte de la taille de l’étage tout entier.

La salle avait été construite avec de solides pierres et avec dans cette pièce, une bibliothèque, une cave à vin, un entrepôt pour de la nourriture et des chandeliers anciens utilisés pour l’éclairage, donnant en d’autres termes, une atmosphère médiévale décrépite à cette salle, très appropriée pour le style vampire.

Rushella s’était déjà couchée dans la chambre qu’il lui avait assignée. À l’origine, il avait pensé à lui fournir le sous-sol comme elle n’aimait pas la lumière du soleil.

Mais Hisui ne pouvait pas faire cela.

Parce que l’objet devant ses yeux ne permettait simplement pas la présence d’un vampire dans le sous-sol.

Planté dans le sol, cet objet était l’une des faiblesses les plus importantes d’un vampire, qui rivalisait avec la lumière du soleil.

À savoir, une croix.

Légèrement penchée sur le côté en étant plantée dans le sol, sa taille était largement suffisante pour pouvoir y crucifier un humain.

Le lustre de sa surface ressemblait à celui de l’argent pur. Un extérieur immaculé et impeccable.

Les bords de la croix avaient été polis pour être aussi tranchants que des couteaux, les quatre extrémités étant en forme de « crochets » et elles ressemblaient à des pointes de flèches ou de harpons.

Se trouvant au centre pouvaient être vues des décorations de pierres précieuses cramoisies. Enroulées autour d’elles, se trouvaient des chaînes, symbolisant le dogme.

Bien que le style de la conception soit différent de celles habituellement trouvées dans les églises, cela n’avait pas du tout affecté l’impression de sacrer que la croix exsudait.

Les croix ordinaires étaient utilisées comme signes ou décorations et ne représentaient aucune menace pour les vampires.

Mais cette croix ici était la vraie chose.

Il s’agissait d’un crucifix conçu pour exterminer le mal et purifier le monde.

En outre, il s’agissait aussi de la pierre tombale de l’ancien maître de cette maison et de ces lieux.

Hisui regarda la croix, ses yeux vacillant dans un chagrin indescriptible.

Restant face à la croix pendant longtemps, Hisui dit doucement d’une manière bougonneuse.

« Hee... Est-ce que par hasard cette maison est maudite  ? Un étrange vampire vient d’y emménager, le saviez-vous ? Avez-vous manigancé quelques choses ? Elle dort maintenant dans votre chambre. » (Hisui)

Mais la croix d’argent resta silencieuse.

En premier lieu, elle ne pouvait pas répondre.

« Vous étiez déjà morte, mais une autre est venue. De toute évidence, je ne voulais plus être impliqué avec votre espèce, mais je vais à nouveau y être contraint. » (Hisui)

La croix resta silencieuse.

Ne répondit pas.

Hisui se pencha et regarda la pierre cramoisie incrustée dans le centre de croix d’argent.

« Allez ! Dites quelques choses... Miraluka. » (Hisui)

La croix ne répondit pas à sa demande.

La pierre tombale avait simplement choisi de rejeter la vie par son silence.

Les morts ne pouvaient pas la ressusciter.

Peu importe comment il l’aurait interrogée, ses questions auraient simplement retenti dans l’espace vide.

Bien qu’Hisui ait su dès le départ que c’était inutile, avant d’arriver ici, à la fin, il n’avait pas pu s’empêcher de le faire.

Sans rien dire, il quitta le sous-sol.

*

« Ow ow ow!! » (Hisui)

Le lendemain matin, même sans un réveil gênant, Hisui ne pouvait toujours pas se réveiller de manière naturelle et confortable.

Après un premier jour tempétueux à l’école, nous étions maintenant samedi.

Au moment où il prévoyait de se préparer en se reposant pour le début officiel de sa vie scolaire qui aura lieu la semaine prochaine, il ressentit soudainement une forte douleur au niveau de son cou.

Ouvrant les yeux... il y trouva une vampire qui savourait son sang dans la même position qu’hier.

« Qu’est-ce que vous faites... Rushella ! » (Hisui)

« Que suis-je en train de faire ? Je bois le premier sang de la matinée. Après un bain, cela donne un goût parfait. » (Rushella)

Rushella déclara cela ouvertement. Son corps était chaud et avait encore plein d’humidité.

Son corps blanc pâle n’était enveloppé que d’une serviette de bain.

Elle profitait donc d’un verre de sang après un bain tout comme hier.

« Qui vous a demandé de prendre un bain si décontracté !? N’avez-vous pas déjà pris un bain la nuit dernière !? Êtes-vous un Shizuka [1] ? » (Hisui)

« Taisez-vous. J’ai d’abord pris un bain pour que le sang soit encore meilleur ! » (Rushella)

« Pourquoi devez-vous prendre un bain pour rendre le sang de quelqu’un d’autre plus savoureux quand vous le sucez !? N’est-ce pas complètement inverser les moyens et les objectifs !? Et aussi, arrêtez, car cela me fait mal ! » (Hisui)

« Que dites-vous à votre maître !? J’ai déjà payé pour cela ! » (Rushella)

« Le Japon n’a pas de système de vente de sang ! En outre, vous avez tort si vous pensez pouvoir acheter mon sang avec une seule pièce d’or, il n’est pas si bon marché ! » (Hisui)

« Vous êtes vraiment bruyant, et de toute façon, qui s’en soucie ! » (Rushella)

Rushella le pressait par le haut, tandis que Hisui luttait d’en dessous.

En luttant, Hisui toucha sans équivoque la massive poitrine de Rushella — la serviette de bain glissa et tomba.

« Ne regardez pas — — !! » (Rushella)

« Vous dites ça, mais ce n’est pas ma faute... !! » (Hisui)

Cette scène, familière à tous les deux, fut reprise une fois de plus alors que la maison faisait écho des cris et des gémissements.

Le vampire et l’humain, le maître et le serviteur.

Ainsi, le rideau se leva sur le drame de la vie commune de Hisui et de Rushella.

Notes

  • 1 Shizuka (静香): Personnage de Doraemon passionné par les bains

†††

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