Comment NE pas invoquer un Seigneur-Démon – Tome 4 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Dans une poursuite à chaud

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Chapitre 4 : Dans une poursuite à chaud

Partie 1

Diablo avait été tiré de son sommeil par quelque chose qui l’avait secoué.

« Mmngh... ? »

« Diablo, il y a quelqu’un ici... Hey, réveillez-vous ~, » déclara une voix féminine.

Son cerveau était encore confus.

« Mmgh... J’ai déjà dit que je n’irai pas... Et j’ai mal à l’estomac, et tout ça..., » déclara Diablo.

« Attendez, est-ce vrai !? Est-ce que cela va, Diablo !? » demanda la voie féminine.

La voix aiguë s’était frayé un chemin dans sa conscience comme du sable. Le brouillard s’était dissipé de sa tête, le réveillant.

 

— Qu’est-ce que je viens de dire ? Se demanda Diablo.

 

« Wôw !? » Diablo se redressa d’un coup, et les yeux de Shera s’écarquillèrent.

« Waah ! »

« O-Oh, c’est toi, » déclara Diablo

« Avez-vous mal au ventre ? » lui demanda Shera, inquiète.

« Arg... Euh, non... C’était... une expression de mon monde... ! Je ne sais pas comment tu l’as entendu comme je l’ai dit dans la langue de ce monde ! Je suppose que c’est apparu ainsi dans ta langue ! » déclara Diablo.

« Oh, je comprends ! Dieux merci, » Shera avait souri en se sentant soulagée.

La lumière d’une lampe à huile scintillait dans le coin de la pièce. La fenêtre était fermée, et il n’y avait pas de lumière qui traversait les interstices.

« Il fait encore nuit, non ? » demanda Diablo.

« Oui, c’est... Mais on dirait qu’il y a quelqu’un d’autre ici, » répondit Shera.

« Quoi ? » demanda Diablo.

Shera pointait vers le plafond. Une petite silhouette ombragée était perchée sur l’une des poutres.

— Il est à l’intérieur de la pièce !? pensa Diablo.

Il avait l’impression qu’il allait paniquer à tout moment, mais il avait fait semblant d’être calme et stoïque. Un Seigneur Démon n’aurait jamais paniqué.

Il avait pris le Bâton de Tenma sur le côté du lit. « Hmph... Alors tu me regardes de haut. Tu dois avoir un fort désir d’être réduit en cendres, n’est-ce pas ? »

« Attendez, attendez ! C’est moi, chef ! » La personne avait agité les mains d’une manière frénétique.

La silhouette d’ombre était descendue de l’obscurité du plafond, puis elle s’était tenue debout sur le sol en plein dans la lumière de la lampe à huile. C’était le Marcheur d’Herbes, Horn. Diablo avait gardé son bâton pointé vers Horn, ne laissant pas baisser sa garde.

« Mais qui es-tu réellement ? » demanda Diablo.

« Ne soyez pas comme ça ! J’ai dit que j’étais un aventurier, n’est-ce pas ? » déclara Horn.

« Oh ? Les aventuriers d’ici vont explorer dans les maisons des autres, c’est ça ? » demanda Diablo.

« Non, vous avez tout faux ! Je suis venu ici pour vous rencontrer, chef ! » répondit Horn.

« Il a des traces de curry sur le coin de sa bouche ! » Shera avait fait cette remarque.

« Oups —, » Horn s’était essuyé la bouche.

« Donc cela prouve que tu as volé dans cette maison, n’est-ce pas ! » déclara Diablo.

« J’ai trouvé des restes dans la cuisine quand je cherchais votre chambre, c’est tout ! Il n’y a pas de mal à manger un petit morceau rapidement, n’est-ce pas ? Hahahaha..., » répondit Horn.

« Tu ne m’inspires pas vraiment confiance. Je n’irai dans aucun donjon, pas avant que les choses se calment d’abord, » répondit Diablo.

Sans compter que si le donjon nouvellement découvert était bien l’espace personnel de Diablo, il contiendrait tous les objets rares qu’il avait stockés à l’intérieur du Croisement de la Rêverie. À en juger par l’équipement de qualité inférieure qu’il avait vu partout ailleurs, ses trésors étaient assez puissants pour déstabiliser l’équilibre militaire du monde en entier. S’ils y allaient ensemble, il devrait donner à Horn une part des récompenses. De toute façon, il ne pensait pas avoir besoin de l’aide de quelqu’un d’autre.

« Pars. Maintenant, » ordonna Diablo.

« Attendez encore un peu, chef... J’ai une autre nouvelle vraiment étonnante, juste pour vous, » déclara Horn.

« Et qu’est-ce que ce serait ? » demanda Diablo.

 

« J’ai vu le capitaine Batutta charger vos amies sur un char des sables, » déclara Horn.

 

Le cœur de Diablo s’était mis à battre avec force dans sa poitrine.

« Qu’est-ce que... tu viens de dire là !? » s’écria Diablo.

« Parlez-vous de Rem et Lumachina !? » Les yeux de Shera s’étaient ouvert en grand.

Horn gonfla fièrement sa poitrine. « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une femme prêtresse et une Panthérienne à poitrine plate et à fourrure noire, donc ça doit être elles. Mm-hm-hm-hm, donc vous ne le saviez pas, n’est-ce pas ! Vous voyez ? Je peux être très utile après... »

Diablo se leva du lit et avança sur Horn. « C’était quand ça ? »

« Il y a une trentaine de minutes. Tout cela semblait un peu contre leur volonté puisqu’il utilisait la Brigade Paladine, alors j’ai pensé que je devrais vous en parler..., » répondit Horn.

« Je te déchire membre par membre si tu mens, compris !? » déclara Diablo.

Saisissant Horn par le bras, Diablo avait fait irruption dans le couloir. Deux servantes étaient là, affichant des expressions de choc sur leurs visages.

« Qu-Quel est le problème ? S’il y a quelque chose dont vous avez besoin, alors nous —, » commença l’une d’elles.

« Bougez de là ! Si vous ne voulez pas être blessées, alors restez hors de mon chemin ! » cria Diablo.

« Ahh !? » crièrent les filles.

Il avait traversé le couloir en traînant Horn avec lui. Shera avait couru après eux, les suppliant d’attendre un peu.

 

Les membres de la Brigade Paladine avaient formé un mur au milieu du couloir.

« Au-delà d’ici se trouvent les quartiers où dort la Grande Prêtresse ! Nous ne vous laisserons pas passer, peu importe qui vous êtes ! » déclara l’un d’eux.

« Je ne suis là que pour confirmer son bien-être ! » déclara Diablo.

« Nous ne vous laisserons pas passer si vous n’avez pas la permission de Sire Batutta ! Nous avons cette place sous notre protection, alors laissez-nous faire ! » déclara l’homme.

« Ne pensez pas une seconde que vous vous en sortirez indemne si vous vous mettez en travers de mon chemin ! » déclara Diablo.

« Chef, au-dessus de vous ! » hurla Horn.

Il y avait un trou dans le plafond du couloir, avec des membres de la Brigade Paladine qui attendaient à l’intérieur. Ils avaient sauté avec leurs armes dégainées.

« Yeeeeargh !! »

— Bande d’idiots ! pensa Diablo.

« “Blocage Aérien” !! » déclara Diablo.

Diablo avait lancé un sort faisant que l’air lui-même s’était transformé en béton, formant une barrière invisible. Ceux qui étaient tombés du plafond s’y étaient écrasés, leurs épées se brisant en provoquant des bruits aigus. Leurs visages avaient pris une bonne raclée alors qu’ils s’enfonçaient dans le mur invisible, les dents volant un peu partout.

« Ngwah !? »

Les autres membres de la Brigade Paladine avaient dégainé leurs épées.

« Il ne devrait pas pouvoir utiliser un autre sort tout de suite ! Tuez-le !! » cria l’un des membres.

« Avec qui pensez-vous que vous vous êtes fait des ennemis, imbéciles ! “Freezia” !! » déclara Diablo.

Contrairement aux autres sorciers élémentaires ici présents, Diablo pouvait lancer rapidement des sorts de niveau intermédiaire jusqu’au niveau 99.

Lorsque Freezia s’était activé, une onde de froid s’était propagée dans tout le couloir. Toute la Brigade avait été gelée sur place.

« Woooooooargh !? Guh, gah... !? »

La vague blanche de gel avait même enveloppé Diablo et les autres, piquant leurs joues et leurs oreilles. Les murs s’étaient brisés sous l’effet de la chute radicale de température, inclinant le bâtiment, tandis que les cristaux de glace avaient formé un bourgeon qui s’était transformé en fleur gelée. Diablo pensait que tout geler aurait été mieux que de causer un incendie, mais cela aurait pu se transformer en un désastre plus important que ce qu’il espérait.

— Eh bien, c’est très bien ainsi. Du moins, je suppose. Tant qu’ils sont en vie, ils peuvent demander aux prêtres de les guérir, pensa Diablo.

« Allons-y ! » déclara Diablo.

« D-D’accord ! » répondit Shera.

Traînant Horn avec lui pendant que Shera frissonnait de froid, ils s’étaient tous dirigés plus profondément à l’intérieur.

 

Il avait enfoncé la porte verrouillée avec son pied — .

 

Les lits étaient vides et il y avait un cristal sur le sol. L’une des chaises avait été renversée, et une lampe à l’huile brûlait encore sur la table, avec une sorte de parfum fleuri qui en émanait.

Diablo serra les poings. Pour que Batutta puisse emporter un Invocateur du calibre de Rem sans faire la moindre perturbation...

« Tu vaux plus que ce que je t’ai dit, Batutta..., » murmura Diablo.

« Qu-Qu’est-ce qu’on fait !? » Les épaules de Shera tremblaient. « Est-ce que Rem et Lumachina vont être, t-tuées — ! ? »

« S’il voulait juste les tuer, il n’y aurait aucune raison de les emmener ailleurs, » répondit Diablo.

— Il l’aurait aussi fait plus tôt, pensa Diablo.

Selon la théorie de Diablo, Batutta ne faisait pas partie de l’Organe Cardinal. Il avait eu tant d’occasions : de retour sur le char des sables, quand ils mangeaient, quand ils se changeaient... Bien sûr, Diablo avait été sur ses gardes face à ça, mais...

« S’il devait faire quelque chose, j’aurais pensé qu’il le ferait un peu plus tard. Je ne voulais pas non plus encore créer d’ennuis, » murmura Diablo.

« Comment ça, Diablo ? » demanda Shera.

« D’abord, j’avais besoin de récupérer... Sans parler de la Maladie de la Clochette de la Mort, » déclara Diablo

« Hein ? » s’exclama Shera.

« Ce n’est pas une maladie, mais une malédiction, » répondit Diablo.

« Qu’est-ce que vous venez de dire ? » Shera et Horn avaient toutes deux haussé la voix en état de choc.

 

Diablo avait vu une malédiction qui avait causé les mêmes effets lors d’un événement limité dans le temps dans le Croisement de la Rêverie où les marques de « X » apparaissaient sur les PNJ. Si les joueurs ne détruisaient pas la forteresse ennemie dans un délai de neuf jours, un grand nombre de personnes mourraient. C’était une intrigue sérieuse dont il se souvenait que les tableaux d’affichage avaient excité beaucoup de joueurs. Les joueurs devaient s’attaquer à un donjon spécifié pour chaque étape de l’événement et ils devaient battre le boss de l’événement, ce qui remplirait la « jauge de l’événement ». L’intrigue de la série de quêtes changeait au fur et à mesure qu’ils remplissaient la jauge.

Cela devrait aller de soi, mais Diablo avait complètement résolu l’événement, bien sûr, en récupérant un « Charme contre la Maladie de la Clochette de la Mort » comme récompense.

— Cela n’a pas eu d’effet au combat, mais c’était juste un objet qui vous a permis d’obtenir un mini film en jeu de tous les PNJ vous remerciant..., pensa Diablo.

Selon la quête dans le jeu, la malédiction était l’œuvre des Déchus, avec également un donjon situé sous l’église. Mais dans ce monde, l’église était fermée par les gardes locaux, de sorte qu’il n’y avait aucune chance qu’il y ait des Déchus qui se cachaient sous terre. Sans compter que, dans le jeu, le gouverneur de la Tour de Zircon n’était pas une femme avec une personnalité aussi « colorée » qu’ici.

Il y avait un tas de choses qui ne correspondaient pas tout à fait. Mais en tout cas, Diablo ne pouvait pas ignorer la Maladie de la Clochette de la Mort.

Batutta n’avait jamais fait preuve d’hostilité envers eux, alors Diablo avait pensé qu’il serait acceptable qu’il s’occupe de Lumachina, car ils avaient de leur côté le fait de résoudre le mystère derrière la maladie.

— Pourquoi a-t-il décidé d’agir maintenant ? Se demanda-t-il.

 

Il n’aurait jamais pu deviner que Batutta avait dû révéler ses vraies pensées à cause de Lumachina qui l’avait pressé plus tôt.

 

« Dans tous les cas, à l’heure actuelle, ramener Rem et Lumachina est la priorité, » déclara Diablo.

Les incidents liés à la Maladie de la Clochette de la Mort devraient attendre. D’après ce que Horn avait dit, les filles avaient été mises à bord d’un char des sables, ce qui signifiait qu’elles étaient très probablement quelque part loin du manoir.

Les navires des sables ne pouvaient pas être utilisés pendant la nuit, car il y avait des monstres gigantesques dans le désert, et ils étaient généralement beaucoup plus actifs la nuit. Les navires devaient naviguer à pleine vitesse pour s’éloigner d’eux, mais il n’y avait pas de matériel d’éclairage puissant dans ce monde. Cela signifiait simplement qu’ils navigueraient à une vitesse fulgurante à travers un désert sombre, ce qui ne se serait terminé que lorsque le navire se serait écrasé dans une dune, un rocher ou un autre obstacle.

Cela signifiait que Rem et Lumachina avaient été emmenées ailleurs dans cette ville.

« Nous n’avons pas le temps de faire des bêtises... Je suppose que je vais devoir faire cracher l’un d’entre eux, » déclara Diablo.

 

Diablo était retourné dans le couloir. Les effets de Freezia avaient commencé à s’estomper, les membres de la Brigade Paladine souffrant des dommages thermiques se recroquevillaient sur le sol.

Choisissant quelqu’un qui avait l’air d’avoir la capacité de pouvoir parler, il avait pointé le Bâton de Tenma.

 

« Maintenant, choisis mortel : Dis-moi où Batutta est allé, ou cet endroit deviendra ta tombe, » rugit Diablo.

***

Partie 2

Rem avait ouvert les yeux. La flamme des lampes autour d’elle scintillait. Elle avait essayé de bouger ses mains, mais elle s’était vite rendu compte qu’elle ne pouvait pas le faire.

— Suis-je attachée avec une corde... !? se demanda-t-elle.

Les bras et les jambes de Rem étaient attachés à un poteau en forme de croix, comme si elle avait été crucifiée.

« Qu’est-ce que... ? » s’écria-t-elle.

« Bien, vous êtes enfin réveillée..., » déclara une voix féminine.

En entendant une voix venant d’à côté d’elle, Rem s’était retournée pour trouver Lumachina pendue de la même façon qu’elle.

« Lumachina !? Qu’est-ce qui se passe... !? » demanda Rem.

« Je viens juste de retrouver mes esprits, donc je ne suis pas trop sûre..., » répondit Lumachina.

« ... Je vois, » répondit Rem.

Rem avait regardé autour d’elles. Le plafond était remarquablement haut, si bien que la lumière des lampes n’atteignait pas le plafond. Elles semblaient se trouver à l’intérieur d’une sorte de bâtiment en forme de cône. Ce bâtiment cylindrique avait un intérieur assez large pour accueillir une église entière à l’intérieur. Il y avait une plate-forme au centre de cet espace, où Rem et Lumachina étaient obligées de se tenir. Elles avaient été capturées par Batutta, qui semblait être impliqué dans une sorte de malédiction.

— Est-ce que cela signifie qu’il veut nous utiliser comme une sorte de sacrifice... ? Se demanda Rem.

Un frisson avait couru le long de sa colonne vertébrale face à cette idée.

Elles étaient entourées de lampes géantes dans toutes les directions, chacune avec des flammes vacillantes. Elle ne pouvait pas voir au-delà de ces lampes en raison de leur luminosité, mais leurs yeux s’y habituaient lentement.

Il y avait quelque chose qui bougeait. C’est à ce moment-là qu’elle avait pris conscience des bruits de respiration qui l’entouraient.

« ... Qu’est-ce que ça pourrait être ? » se demanda-t-elle.

« Je n’en sais rien, » la voix de Lumachina était ferme. « Mais j’ai un mauvais pressentiment... »

Rem concentra son regard au-delà de la lumière des lampes : une personne. Elle pouvait voir des ombres se déplacer en étant illuminées par les flammes. Elles étaient nombreuses, et apparemment de toutes les races différentes. Il y en avait beaucoup plus qu’elle ne le pensait.

— Et la majorité d’entre eux étaient nus.

« Qu... Qu... !? » s’écria Rem en état de choc.

« Hein ? Qu’est-ce qu’ils font !? » demanda Lumachina.

Les yeux de Lumachina semblaient aussi s’être ajustés quand à la luminosité — .

 

Il y avait une masse d’hommes et de femmes empêtrés l’un dans l’autre, assez pour couvrir toute la surface de la pièce.

 

Rem avait détourné les yeux. « ... S-Sont-ils... Est-ce qu’ils font... ce que je pense qu’ils font... ? »

« Qu’est-ce que vous entendez par là ? » Il semblerait que Lumachina était complètement inconsciente de ce dont elle parlait.

Les joues de Rem rougissaient. « ... Je ne peux pas vous l’expliquer... »

« Hein ? » demanda Lumachina, déconcertée.

Rem ne pouvait pas se résoudre à dire ce que c’était vraiment. Qu’est-ce qui se passait ici ?

Les respirations des individus d’ici devenaient encore plus frénétiques. Le bâtiment était rempli des gémissements des hommes et de la respiration lourde des femmes. Le son de la chair frappant la chair se mélangeait au bruit de la sueur et des fluides, et une odeur presque bestiale s’accumulait dans l’air.

 

Quelqu’un avait monté l’escalier jusqu’à l’autel...

Il s’agissait de Batutta.

Il portait encore des vêtements, ce qui avait apporté un minimum de soulagement à Rem. La fille qui l’accompagnait était presque entièrement nue.

« C-C’est... vous... !? » s’écria Rem.

Il s’agissait de Shiliu, la femme de chambre aux cheveux longs et noirs. Il n’y avait aucune trace de la tenue de bonne qu’elle ait autrefois porté, car rien ne couvrait sa poitrine ou sa taille, bien qu’elle portait encore un corset et des chaussures.

« Vous êtes si indécente ! » Les épaules de Rem tremblaient.

Batutta avait déplacé ses épaules en riant de tout son cœur. « Je vois que vous êtes enfin réveillées. Je me demandais ce que je ferais si le matin arrivait et que vous ne vous étiez pas encore réveillées. »

« Arg... Vous nous avez trompés ! » cria Rem.

« Si vous voulez détester quelqu’un, alors dirigez votre colère sur Lumachina. Elle aurait dû savoir qu’un sens de la justice entraînerait sa propre destruction, » répondit Batutta.

« Je suis désolée, Rem..., » déclara Lumachina d’une voix faible. « On dirait que je vous ai entraînée dans tout ça. »

« ... En aucun cas. Notre situation actuelle était mon erreur, et je suis désolée de ne pas avoir pu vous protéger, » déclara Rem.

Rem avait vécu beaucoup de choses pendant sa période de temps en tant qu’aventurière, mais elle tombait continuellement dans les pièges et les déceptions vis-à-vis des autres.

— Suis-je plus naïve que ce sur quoi je m’attendais ? Shera devrait être la seule stupide ici..., pensa Rem.

Avec cette pensée un peu dure qui flottait autour de sa tête, elle cherchait un moyen de s’échapper. Mais les liens sur ses mains et ses jambes étaient restés serrés, presque de façon impressionnante.

Rem avait serré ses dents. « ... Qu’est-ce que vous comptez faire de nous, Batutta !? »

« Eh bien, un rituel, » déclara Batutta.

« Hein... ? » s’exclama Rem.

« C’est un autel, comme vous pouvez le constater par vous-mêmes, » répondit Batutta.

« ... Vous êtes absolument vile, » cracha Rem.

« Je n’ai jamais vu un autel aussi répugnant que celui-ci, » poursuivit Lumachina. « Il s’agit d’un endroit plein de maléfices, n’est-ce pas !? »

« C’est comme vous le dites, » répondit Batutta d’un signe de tête. « Cet endroit n’est rempli que de “corruption”, » il semblerait qu’il n’avait plus l’intention de garder tout secret.

« ... Donc, c’est une malédiction...? » demanda Rem.

Batutta avait pris le pot que la servante tenait et il retira le couvercle. À l’intérieur, il y avait un liquide épais et noir-vert.

« Il s’agit du concentré responsable de la création de la Maladie de la Clochette de la Mort, » expliqua Batutta.

« Quoi !? » s’exclama Rem.

« En déversant cela dans le lac, la maladie s’installe dans une grande partie des habitants de la ville qui dépendent de son eau pour vivre ici. Ces gens viennent à l’église pour obtenir de l’aide, ce qui représente une somme importante de dons qui nous parviennent, » continua Batutta.

« ... Vous êtes méprisable, » Rem lui avait craché ces mots.

Lumachina n’avait pas pu se résoudre à parler. Elle semblait choquée de voir à quel point la personne en qui elle avait autrefois confiance était si dégénérée.

« Comment pensez-vous que ce concentré soit fabriqué ? » leur demanda Batutta.

« ... Comme si on le saurait, » répondit Rem.

« Ne pouvez-vous même pas deviner ? Il semble que vous manquez d’imagination, aventurière, » déclara Batutta.

« Mmph. »

Cette remarque l’avait énervée, d’autant plus qu’elle ne faisait que penser à la façon dont elle se faisait piéger beaucoup trop souvent. Batutta enfonça le couteau dans la plaie pour que cela devienne absolument exaspérant pour elle.

« Le concentré de la Maladie de la Clochette de la Mort est fait à partir de l’essence du mal. Et comment puis-je en obtenir facilement ? » Batutta avait laissé son regard errer dans la pièce. « Regardez-les... Comme des bêtes sauvages, n’est-ce pas ? Ces gens étaient autrefois des croyants pieux et fidèle. C’étaient des hommes au cœur pur et des femmes chastes, tous possédaient une foi profonde et un sens aigu de la justice. »

« ... Où voulez-vous en venir ? » demanda Rem.

« À la moindre poussée, les gens tombent si facilement, » il regarda les lampes autour de l’autel.

— Y avait-il quelque chose de mélangé avec l’huile des lampes... ? Se demanda Rem.

En se concentrant, elle sentit un doux parfum venant des lampes. Rem avait instinctivement cessé de respirer — mais il était impossible de rester comme ça.

Batutta étendit les bras, affichant une expression de l’extase pure sur son visage éclairé par les flammes des lampes.

 

« Adultère... Effusion de sang... La gourmandise... Quand les gens tombent, ils perdent leur divinité, et c’est là que naît cette essence même du mal ! » déclara Batutta.

 

« C-Cet endroit... est-il fait pour que les gens commettent le péché... ? » demanda Rem.

Rem avait regardé autour d’elle une fois de plus. C’était vrai qu’il y avait des gens qui faisaient d’autres choses que des rapports sexuels. Il y avait des gens obèses qui mangeaient de grandes quantités de nourriture laissée là jusqu’au point de vomir. Cela ne semblait pas être la première fois ; il y avait aussi des gens avec des instruments tranchants et cruels, qui se tenaient à côté d’autre personne et qui les frappaient.

« A-Arrêtez — ! » Mais comme Rem était liée à l’autel, elle ne pouvait rien faire.

« Ce... C’est juste... trop maléfique..., » murmura Lumachina.

Des larmes coulaient du visage de Lumachina. Cela avait dû être beaucoup plus un choc pour elle, ayant vécu une vie pure et innocente jusqu’à présent. Son corps tremblait.

« Reprenez-vous, Lumachina ! C’est le mal à l’état pur là ! Ce que votre sens moral vous dit ne se trompe pas ! Restez forte ! » cria Rem.

« Oh, mon Dieu... Dieu..., » marmonna-t-elle alors que les larmes coulaient de ses yeux.

Une faible lumière enveloppait son corps, comme lorsqu’elle priait.

Batutta haussa les épaules. « Selon mes recherches, plus la divinité d’une personne est forte lorsqu’elle chute, plus l’essence maléfique qu’elle crée est épaisse. Je devrais être capable d’en faire une formule beaucoup plus puissante. »

« ... Voulez-vous vraiment infliger la Maladie de la Clochette de la Mort à autant de gens ? » demanda Rem.

« Non, il n’y a qu’une seule personne après qui je suis vraiment..., » répondit Batutta.

« Une seule... ? » demanda Rem.

« Laminitus, » répondit Batutta.

Rem avait été choquée. Elle ne s’attendait pas à entendre le nom de la gouvernante de la Tour de Zircon.

« Cette femme est un danger, agissant toujours comme un obstacle pour moi. Elle semble aussi attraper lentement cette malédiction. C’est pourquoi je dois la faire venir sous les effets de la maladie, » déclara Batutta.

« ... Tout ça juste pour ça ? » demanda Rem.

« Laminitus ne boit pas l’eau du lac. Il semble qu’elle ne l’utilise que pour sa cuisine, mais il est plus difficile pour la malédiction de prendre effet comme ça. Si j’utilise une concoction beaucoup plus puissante, alors elle devrait enfin s’enraciner en elle, » expliqua Batutta.

« ... Et qu’arrivera-t-il aux citadins quand ils boiront l’eau ? » demanda Rem.

« Ils seront tous atteints de la maladie, très probablement. C’est à ce moment-là que nos prêtres les guériront — mais seulement s’ils paient d’abord les dons appropriés ! » Un sourire tordu était apparu sur le visage de Batutta.

« Pourquoi... ? Pourquoi commettre un péché si grave ? » Lumachina l’avait regardé avec les yeux imbibés de larmes. « J’ai entendu dire que vous étiez une personne pure et noble... Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »

« Aimeriez-vous une sorte d’histoire de larmes à la con ? Est-ce que cela vous satisferait ? Voudriez-vous avoir quelque chose comme ma famille a été tuée, ou alors le fait que j’ai été trahie par un ami ? Ou peut-être menacé par les Déchus, quelque chose de ce genre ? Idiote, il n’y a aucune raison pour que les gens tombent. Les gens naissent comme des créatures pécheresses, pleines d’avarice, » répondit Batutta.

Comme elle le supposait en raison de ses actions, Batutta ne faisait plus partie de l’Organe Cardinal, mais cela n’avait plus d’importance, puisqu’il était un homme vil et détestable depuis le début. Penser qu’il répandait une malédiction qui ciblait les gens sans discrimination, tout cela pour l’argent et le pouvoir.

« Quelle que soit la vraie nature d’une personne, ce sont aussi ces mêmes personnes qui sont capables de se remettre sur le chemin de la justice ! » cria Lumachina.

« J’ai hâte de voir la Grande Prêtresse qui croit qu’elle est si haute et assez puissante pour me faire la leçon céder à la luxure et au désir... Apprends-lui ce qu’est le vrai plaisir, Shiliu, » ordonna Batutta.

« Hm-hm-hmm-hmm..., » un sourire séduisant était apparu sur le visage de la femme de chambre presque nue. « Est-ce que je peux la faire tomber moi-même ? »

« J’ai un visiteur qui viendra bientôt me chercher, je n’ai plus le temps de déconner ici. Ce n’est pas une personne facile à gérer, » répondit Batutta.

« On dirait presque que vous attendez un amant, Maître. Vous me rendez jalouse, » déclara Shiliu.

« Finis juste les choses ici. Je reviendrai te chercher après ça, » répondit Batutta.

« Oh, je ne peux pas attendre ! Que dois-je faire au sujet de la Panthérienne ? » demanda Shiliu.

« Elle est son esclave, donc nous pouvons l’utiliser pour le ralentir. Ne la tue pas, mais joue avec elle autant que tu le souhaites, » déclara Batutta.

« Compris, Maître, » répondit Shiliu.

La seule chose qui ressemblait à une femme de chambre au sujet de la femme presque complètement nue devant eux était la façon dont elle s’inclinait. Rem avait craché toutes sortes de malédictions auxquelles elle pouvait penser, mais elles avaient été ignorées. Fléchissant les doigts, Shiliu s’approcha de Lumachina, laissant échapper un soupir prolongé et sensuel sur ses lèvres.

« Ohh ~ ~... Je suis tellement excitée à l’idée de faire tomber une belle fille comme toi, » déclara Shiliu.

« Ne vous approchez pas ! » cria Lumachina

Les doigts blancs de Shiliu avaient saisi la poitrine de Lumachina sur ses vêtements. « Tu as un sacré gonflement ici, n’est-ce pas ? »

« Ngh !? »

« Et si sensible ! Tu parlais toujours comme une frigide, je pensais que tout ton corps était insensible quant à tout ça, » déclara Shiliu.

« S-Stop... Lâchez-moi ! » cria Lumachina.

« Bien que tu dises ça maintenant, une fois que tu auras goûté à mes caresses, tu me supplieras d’en avoir plus, » déclara Shiliu.

Elle avait révélé une longue langue pendante, d’une longueur si monstrueuse qu’il suffisait de se demander si elle était bien humaine. Il était plus long que n’importe quel nain, connu pour la longueur de leur langue, et avait l’air d’avoir atteint toute sa gorge.

« Hmm... Je lécherai les parties les plus profondes de ton corps..., » déclara Shiliu.

Shiliu se dirigea vers les vêtements de Lumachina, glissant une main le long de sa jupe et arrachant ses sous-vêtements.

« Eeeeek !? »

 

 

Soudain, le sol s’était mis à trembler.

 

Le bâtiment cylindrique s’était retrouvé dans un chaos épouvantable, alors que le sable ruisselait de haut en bas. Rem regarda vers le plafond.

— Un tremblement de terre... !? Se demanda-t-elle.

Il y avait une sorte de tumulte au-dessus d’eux. Puis, quelque part près du plafond, une porte s’était ouverte. Lumachina avait mentionné qu’il y avait quelque chose sous la ville... Cela voulait dire qu’ils étaient quelque part sous terre.

Rem avait le sentiment qu’elle savait ce qui allait arriver. Le désespoir qui s’était emparé de sa poitrine s’était dissipé, tout comme les nuages dans le ciel après la pluie.

 

« ... Diablo..., » murmura-t-elle.

***

Partie 3

Selon les informations que Diablo avait apprit en douceur des membres de la Brigade Paladine, Batutta se trouvait quelque part à la périphérie ouest de la ville. Il y avait là un nombre apparemment infini de tentes, avec d’innombrables croyants alignés, même si c’était au milieu de la nuit. Il ne pouvait pas se permettre de fouiller chaque tente, une par une, alors il avait conçu un plan.

« Shera, appelle ton Invocation. Tu observeras tout d’en haut avec ta Dinde Tireur, » déclara Diablo.

« Hein ? Mais elle ne voit pas grand-chose la nuit... C’est plutôt aveugle dans le noir, » répondit Shera.

« Toute la zone va bientôt devenir très lumineuse, » déclara Diablo.

Diablo avait levé le Bâton de Tenma et il l’avait pointé vers le ciel nuageux de la nuit. Il avait libéré son sort — Explosion.

Une détonation était apparue dans l’air, éclairant l’environnement. Les marchands et les croyants commencèrent à faire du bruit, et il en fut de même pour les individus de l’Église qui gardaient les tentes.

« Il y en aura forcément un qui le dira à Batutta ! » Diablo avait annoncé ça à Shera. « Cherche-les depuis le ciel ! »

« D-D’accord ! » déclara Shera.

Un ou deux coups de ce sort ne suffiraient pas à les faire se précipiter pour se présenter à Batutta, alors Diablo avait continué à faire apparaître des sorts les uns après les autres.

« Explosion ! Explosion ! Explosion... ! » cria Diablo.

Ce faisant, il avait pu localiser la tente vers laquelle se dirigeaient les prêtres et les membres de la Brigade Paladine chargés de les garder. Il y avait des gardes postés là pour protéger l’entrée du sous-sol, mais il ne resta plus rien après qu’il les eut dispersés comme des fétus de paille.

 

Après avoir descendu le long escalier, il avait ouvert une porte en pierre. Il était dans une sorte de zone cylindrique. Une fragrance malsaine et sucrée s’accrochait dans l’air, mélangée à une odeur bestiale si piquante que Shera se couvrit la bouche de sa main.

« C’est quoi cet endroit... ? J’ai un mauvais pressentiment ! » déclara Shera.

Diablo avait reconnu cet endroit comme la dernière étape de l’événement à temps limité dans le jeu. C’est là qu’apparaîtrait le Boss final.

— À quel point ce monde est-il semblable au jeu !? se demanda-t-il.

En partant de l’entrée, un escalier en colimaçon parallèle aux murs de pierre s’étendait jusqu’au fond de ce lieu. La taille différait pour les pierres utilisées dans les murs et l’escalier, où, en moyenne, chacune mesurait une cinquantaine de centimètres de haut, et leur longueur et leur largeur atteignant plus d’un mètre. Ils avaient été formés presque comme un trapèze afin de créer la forme cylindrique du bâtiment. La seule lumière venait d’en bas.

À quatre pattes, Horn jeta un coup d’œil vers le bas. Diablo lui avait dit qu’il n’avait pas besoin de se cacher sous terre avec eux, mais le Marcheur d’Herbes l’avait quand même fait à la fin.

« H-Hey, Chef, il y a quelque chose au fond, » déclara Horn.

Diablo regarda le fond de la pièce où il pouvait voir les contours de plusieurs personnes.

 

Dans les flammes vacillantes des lampes, il pouvait distinguer les hommes et les femmes qui participaient à une fête de dépravation morale.

 

Diablo souriait d’un léger rire. Il essayait de montrer que ce n’était pas grand-chose, mais à l’intérieur, il paniquait complètement.

— Qu’est-ce que c’est que ça !? Se demanda-t-il.

Le Croisement de la Rêverie était un jeu sain et adapté à tous les âges, donc il va sans dire qu’il n’y avait pas de scènes érotiques comme celle-ci.

Regardant également vers le bas, le visage de Shera devint pâle.

« Diablo ! Rem et Lumachina ! » cria Shera.

« Hm, » il avait tourné son regard vers la direction qu’elle pointait.

 

Toutes deux étaient suspendues sur un autel au centre de cet endroit. Lumachina avait été réduite à une apparence très peu digne d’une dame, ses vêtements ayant été retirés du haut de son corps, alors que sa poitrine avait été mise à nu pour que tout le monde puisse la voir. Ses sous-vêtements étaient tombés au niveau de ses chevilles.

Le visage de Diablo était devenu rouge betterave.

À côté d’elle se trouvait la femme de chambre Shiliu, ses mains rampant sur tout le corps de Lumachina. Elle était aussi presque complètement nue, ne portant qu’un corset noir, des bas résille et des talons hauts. C’était comme l’un des dessins d’une tenue que vous verriez sur l’une de ces boîtes de jeux qu’ils vendent dans des sex-shops. Les boîtes étaient normalement assez grandes, même s’il n’y avait qu’un seul disque à l’intérieur.

— C’est un peu trop, n’est-ce pas ? pensa Diablo.

La langue de Shiliu rampait sur la peau de Lumachina. Bien qu’il ne pouvait pas le voir d’en haut, il pouvait dire que Lumachina essayait de s’échapper, mais ne pouvait pas le faire parce qu’elle avait les mains et les pieds liés.

Diablo avait fait un sprint dans les escaliers. « Shera, Horn, attendez ici ! Je ramène ces deux-là ! »

« D-D’accord ! » déclara Shera.

« Bien reçu, Chef ! » répondit Horn.

 

Après avoir descendu l’escalier de pierre à une cinquantaine de mètres de l’escalier de pierre — .

Il y avait quelqu’un d’autre qui montait ces mêmes escaliers.

***

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