Comment NE pas invoquer un Seigneur-Démon – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 4

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Chapitre 1 : Réunion avec le Gouverneur

Partie 4

Le gouverneur avait marché afin de se placer directement devant lui avant de lui déclarer. « Tant que vous remplissez la mission que je vous assigne, je me fiche de savoir si vous êtes un Seigneur-Démon ou un autre truc du genre. Êtes-vous un atout pour la terre que je gouverne ou êtes-vous une gêne pour moi ? C’est la seule chose qui compte. »

« Hmph... Je t’aide seulement parce que je me sens comme ça. Ne te méprends pas en pensant que tu peux me contrôler, » répliqua Diablo.

« Hm... Tout comme je le pensais, vous, les aventuriers, êtes tout à fait une collection de déchets, » répliqua Galford.

C’était comme s’il ne se moquait pas seulement de Diablo, mais de tous les aventuriers quand il disait ça.

En bref, ce type avait décidé que Diablo était un monstre, et qu’il était un « Seigneur-Démon d’un autre monde » et c’était les seules choses qu’il avait en tête.

Eh bien, je suppose qu’il aurait raison sur ce point... Mais me croirait-il plus si je lui disais que j’étais un joueur convoqué et que je ressemble maintenant à mon personnage se trouvant dans le jeu, le Croisement de la Rêverie ?

Son désir de vouloir se terrer dans un trou avait commencé à resurgir à la surface.

Je veux juste m’enfermer dans ma chambre et jouer à des jeux toute la journée. Ensuite, je n’aurais pas à traiter avec des adultes qui ont des ballets dans les fesses comme ce mec.

Non, je dois encore endurer celui-là.

Si Diablo devait protéger Shera, alors il serait préférable de ne pas contrarier Galford. Le gouverneur avait agi de cette manière très probablement parce qu’il savait lui-même qu’il n’était pas quelqu’un face à qui on pouvait s’opposer.

« Gouverneur, épargne-moi cette absurdité... Si tu désires voir ton souhait rempli, alors dis-moi tout simplement ce que tu sais, » Diablo n’avait pas abandonné son attitude hautaine et puissante.

La même chose se faisait du côté du gouverneur, qui avait froidement hoché la tête avant de répondre. « Vous avez déjà entendu les demandes du Royaume de Greenwood, j’imagine ? La demande de retourner la princesse Shera est arrivée il y a deux jours. »

« Déjà deux jours... Mais la limite de temps est-elle bien à 10 jours ? » demanda Diablo.

« C’est pourquoi il ne reste plus que huit jours pour ça, » répondit-il.

Te moques-tu de moi ? Diablo rétorqua cela à l’intérieur de lui. S’il n’a pas clarifié cette partie, cela aurait pu me mener à l’échec lamentablement. Veut-il même éviter une guerre ?

Galford continua calmement son explication. « Il y a aussi eu des rapports d’observations d’Elfe près des rives à l’est du Lac. Comprenez-vous la disposition de cette zone ? »

« Bien sûr. Je pourrais même te conduire dans les parties les plus profondes du territoire du Seigneur-Démon sans aucun problème, » répliqua Diablo.

« Oh, ohoh !? » s’exclama Galford.

« Mais ça, c’est uniquement si tu n’accordes aucune importance à ta misérable vie..., » commença Diablo.

Il avait dans sa tête toutes les cartes du Croisement de la Rêverie... Bien que les caractéristiques des cartes du jeu ne soient pas toutes les mêmes que dans ce monde.

Cette zone du lac était située au sud-ouest de la ville. À l’ouest de Faltra, il y avait quelque chose appelée le Lac Seplia. Vous pourriez le trouver en marchant juste après les terres agricoles situées à l’extérieur des murs de la ville. La forêt se trouvant à l’est du Lac Seplia était très proche des rives est de ce lac, car la forêt commençait directement après ça sans séparation.

Galford tourna son regard vers la carte se trouvant sur son bureau.

« Je ne sais pas combien d’Elfes se trouvent là. Leur spécialité est de se cacher dans la forêt, mais vous devriez le savoir, » répliqua Galford.

Les Elfes avaient une compétence Dissimulation particulièrement élevée, et quand il s’agissait de la forêt, ils étaient plus performants que les Marcheurs d’Herbes. Ils pourraient se faufiler en restant inaperçus, et tirer flèche après flèche à partir des ombres des arbres ou du haut des branches d’arbres.

Dans le jeu, la Dissimulation permettrait à l’utilisateur de ne pas apparaître sur le radar (une fonctionnalité qui montre les emplacements des autres joueurs ou des monstres). Il n’y avait rien d’aussi pratique qu’un radar dans ce monde, donc la seule chose sur laquelle on pouvait compter était des capacités vagues comme la détection des présences. Un adversaire avec une compétence Dissimulation élevé dans ce monde était beaucoup plus dangereux que si cela arrivait dans le jeu.

« Tu ne les as même pas repérés ? » demanda Diablo.

« Même si j’ai envoyé une petite équipe pour effectuer de la reconnaissance, il s’agit d’un ennemi habile quant aux attaques-surprises, » répliqua le gouverneur. « Cela ne ferait que conduire à plus de victimes. Le témoin qui a trouvé les Elfes était un citadin qui chassait dans la forêt et qui a heureusement réussi à revenir en toute sécurité. Selon leur rapport, il y avait environ vingt Elfes... Mais je suis sûr que leurs troupes sont bien plus importantes. Cependant, s’ils étaient une équipe de cent ou plus, nous le saurions certainement, même s’ils se cachaient. Même en tenant compte du pouvoir et de l’influence de Greenwood, je suis convaincu qu’ils n’assembleraient pas une force si grande. Tout au plus, je dirais qu’il y en a une centaine. C’est toute l’information que j’ai reçue. »

« Une centaine d’Elfes... Ce n’est pas beaucoup pour une armée... Mais très pratique pour moi... Ils ne devraient pas constituer une menace, » répliqua Diablo.

« Hmph, » le gouverneur grogna. « Bien que Greenwood puisse s’appeler un “royaume”, à la fin ils ne sont qu’une petite faction. »

« Donc tu ne penses pas à eux comme une menace ? » demanda Diablo.

Galford secoua la tête après une légère pause avant de répondre. « Ce n’est pas ça... Je ne voudrais jamais sous-estimer mon ennemi. Si j’envoyais mes propres forces dans la forêt, où les Elfes sont à l’affût, je perdrais d’innombrables soldats. Ce que j’abhorre le plus, c’est envoyer mes propres subordonnés à une mort insignifiante. »

Sa voix semblait dépassionnée, il était donc difficile de dire ce qu’il ressentait. Mais Diablo avait estimé que le gouverneur avait parlé ces derniers mots avec une force supplémentaire.

De toute évidence, un commandant ne voudrait pas perdre autant de ses subordonnés.

« Alors c’est pour ça que tu veux m’utiliser, » déclara Diablo.

« Ce ne serait pas nécessaire si vous nous remettiez la princesse, » déclara Galford.

« Je refuse ! » répondit immédiatement Diablo

« ... La princesse Shera est-elle si importante pour vous ? » demanda Galford.

Shera se tourna pour regarder Diablo après avoir entendu la question du gouverneur. Bien qu’ils avaient tous deux déjà beaucoup parlé du sujet, il semblait qu’elle était toujours inquiète.

« Hmph... Ne demande pas de telles choses stupides, » répliqua Diablo. « C’est une chose différente si elle-même disait qu’elle allait partir. Mais je n’ai pas l’intention de fermer les yeux sur le fait qu’elle soit volée par quelqu’un d’autre. »

« Il n’y a certainement aucune raison de céder aux goûts des Elfes, » déclara Galford. « Personnellement, je n’ai pas l’intention de simplement réagir volontairement face aux demandes du Royaume de Greenwood. Les mots devraient être répondus avec des mots... et la force devrait être répondue avec la force. »

« C’est tout à fait naturel, » répondit Diablo.

Avec un hochement de tête, Galford se tourna vers Shera, interrompant sa conversation avec Diablo.

« C’est vrai... Il y avait quelque chose que je voulais vous demander si j’avais l’occasion de vous rencontrer, » déclara Galford.

« Me demander quelque chose ? » demanda Shera en penchant sa tête.

« Qu’est-ce que vous voulez tellement pour aller jusqu’à faire disparaître votre vie de luxe, allant si loin pour endosser la dangereuse vie d’une aventurière ? Ou bien, peut-être, aviez-vous une raison pour laquelle vous ne pouviez pas rester dans votre patrie ? » demanda Galford.

Un silence se fit entendre.

Shera avait affiché un regard pensif. « ... Je voulais la liberté. Je ne savais pas vraiment comment l’obtenir, mais... Je voulais une raison pour exister. Je voulais connaître ma propre valeur, et non en tant que partie de ma lignée ou en tant que membre de la famille royale Elfique. Je sentais que je ne serais pas en mesure d’obtenir ça si je retournais chez moi. »

« Je vois... Du point de vue d’un pauvre, il peut sembler que vous avez vécu une vie de luxe, mais il est vrai que toutes les personnes, indépendamment de leur éducation, ont des circonstances différentes et des sens de la valeur différente, » déclara Galford.

« Me comprenez-vous maintenant ? » demanda Shera.

« Je ne peux pas sympathiser avec vous. Je m’en souviendrai cependant comme d’une information de valeur, » répliqua Galford.

« Je vois..., » les épaules de Shera affaissèrent.

Certes, il devait être difficile de mener une vie dans ce monde où l’on n’avait pas à se soucier de la nourriture ou du moindre danger pour sa vie. Il avait dû être difficile d’être d’accord avec les actions de Shera quand elle avait tout jeté pour l’amour de la liberté.

Mais Diablo était différent. Dans son monde, il n’avait pas à s’inquiéter de ce qu’il mangerait pour la journée, et encore moins d’être attaqué par des monstres. C’est pourquoi il pouvait comprendre les sentiments de Shera... ou du moins, il sentait qu’il pouvait.

Saisissant les épaules de Shera, Diablo l’attira près de lui. « Tu n’as pas besoin de chercher la sympathie des autres... Je vais t’accepter telle que tu es. Place au travers de ton chemin autant de difficultés que tu veux, exerce-toi aussi durement que tu le souhaites, et pousse-toi à la limite autant que tu le veux. Et après ça, savoure les fruits de ton labeur que tu as gagnés de tes propres mains... Voilà ce que signifie vivre une vie de liberté. »

« O-Oui ! » Un sourire avait éclaté sur le visage de Shera.

Rem hocha la tête, tandis que Sylvie souriait chaleureusement.

Il s’agissait d’une déclaration dans laquelle il proclamait qu’il la protégerait.

C’est très bien, mais comment vais-je m’occuper des troupes elfiques ?

Avant, quand ils avaient tenté d’emmener Shera, il s’agissait de l’elfe d’élite Celsior qui était venu auprès d’elle. Il s’était caché dans la forêt avec une dizaine de ses subordonnés, mais Shera avait été celle qui avait senti que lui et ses camarades les attendaient en embuscade. Diablo et Rem n’avaient rien remarqué.

Diablo pourrait-il se battre correctement contre eux ?

Il n’avait rien acquis après avoir négocié avec les Elfes.

Donc ça veut dire que les choses sont comme ça :

« Rends-nous la princesse ! » disaient les Elfes.

« Je refuse ! » disait Diablo.

« Pourquoi donc écouterais-je ce que disent les Elfes ? » disait le gouverneur. « Mais mes soldats sont importants pour moi, alors je vous laisse ça. »

Il y avait seulement un résultat qui pourrait venir de ceci. « Alors cela veut dire la guerre ! » crieront les Elfes.

Quelle douleur que tout ça... C’était assez pour lui faire mal à la tête.

Rem soupira. « Il faut éviter une guerre... Si seulement nous avions une sorte de “trésor” de valeur égale à Shera qui satisferait le Royaume de Greenwood... Avec ça, nous serions au moins en mesure d’essayer de négocier avec eux. »

Shera avait fièrement gonflé sa poitrine. « Mh-hm-hm ! Après tout, je n’étais pas appelée “l’atout le plus précieux des Elfes” pour rien ! Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose qui puisse me remplacer ! »

« ... À la réflexion, nous devrions juste rendre cette Elfe stupide... pour avoir la paix, » répliqua Rem.

« Quoi !? Pourquoi devenez-vous fâchée tout d’un coup !? » demanda Shera.

Rem soupira à nouveau.

« Alors, nous ne donnerons pas la princesse Shera. Vous prendrez tous des mesures pour éviter une guerre avec le Royaume de Greenwood, et la récompense sera payée par la Guilde des Aventuriers... Êtes-vous d’accord vous tous avec cet accord ? » demanda Galford afin de confirmer.

« Hmph... Shera était en ma possession depuis le début. Je ne vais pas permettre aux autres d’interférer, » répliqua Diablo.

« Alors je vous laisse ça, » puis, tournant son regard vers la porte à sa droite, Galford continua à parler. « C’est tout ce que j’ai à vous dire en tant que gouverneur de Faltra... Mais en ce qui concerne cette situation, la capitale royale a également envoyé l’un des leurs. Permettez-moi de vous la présenter. »

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4 commentaires

  1. L'amateur d'aéroplanes

    Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre 🙂
    Une nouvelle héroïne ?!

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