Comment NE pas invoquer un Seigneur-Démon – Tome 2 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Réunion avec le Gouverneur

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Chapitre 1 : Réunion avec le Gouverneur

Partie 1

Le District Central...

Faltra était une ville-forteresse, fortifiée de tous côtés par des remparts hauts et robustes. Si vous deviez la regarder d’en haut, elle aurait la forme d’un octogone, avec des tours sur chacun de ses huit points.

Chacune de ces tours faisait partie d’une magie rituelle à grande échelle conçue pour repousser les monstres et les Déchus. Cette magie fonctionnait grâce à l’utilisation de la puissance magique fournie par Célés Baudelaire, le chef de l’Association des Mages, en tant que source d’énergie.

De l’autre côté des murs, des rangées de bâtiments alignés les uns à côté des autres et une large route qui reliait les côtés est et ouest de la ville. Elle était assez grande pour qu’une armée entière puisse la traverser de front.

Dans le centre de la ville, vous pouviez également trouver un autre mur. Bien qu’il ne soit pas dans la même mesure que les murs extérieurs de la ville, il était encore extrêmement solide. Ce mur entourait les demeures du gouverneur, des aristocrates et d’autres personnes extrêmement riches qui vivaient dans le District Central.

Mais à la place d’être là pour servir un but en cas de guerre, l’objectif principal de ce mur était de prévenir le crime à l’intérieur de cette zone. Les murs de pierre épais faisaient environ trois étages. Il y avait seulement quatre portes, une située à chacun des points cardinaux.

Tous ceux qui étaient venus et repartis étaient sous surveillance stricte, avec de multiples gardes porteurs de hallebardes alignés à côté de chaque porte. Ces individus n’étaient pas des soldats, mais des chevaliers qui étaient sous la supervision directe du gouverneur lui-même.

Diablo resta à côté de Sylvie alors qu’il marchait. Derrière eux, Rem et Shera se tenaient là, avec Shera portant sa tunique verte habituelle.

Des charrettes tirées par des chevaux passaient souvent ici à travers la route principale pavée.

En cours de route, Sylvie avait commencé à parler du gouverneur, expliquant qu’il était préférable pour tous de connaître les informations qu’elle détenait. Diablo avait feint son désintérêt pour le sujet tout en écoutant attentivement chaque mot.

« Voyons voir... Avant d’aller voir le gouverneur, je vais parler un peu de la ville de Faltra et de son importance, d’accord ? » commença Sylvie. « Comme vous le savez déjà, il s’agit de la ligne de front pour les descendants des Célestes. À l’est se trouvent les territoires du Royaume de Lyferia, où d’innombrables personnes vivent. Il y a beaucoup de grandes villes là-bas, avec plusieurs d’entre elles manquant les murs ou les soldats nécessaires pour se protéger contre les monstres ou les Déchus. Au fond, si elles étaient attaquées par une armée ennemie, les choses ne se dérouleraient pas bien pour elles. Et à l’ouest de Faltra se trouve le Domaine du Seigneur-Démon. »

« ... L’ancien Domaine du Seigneur-Démon, n’est-ce pas ? » rajouta Rem.

Sylvie acquiesça. « Tout à fait. Il se peut que ce ne soit pas vraiment ainsi avec toutes les activités des monstres et des Déchus, mais c’est l’ancien domaine des Déchus. En l’an 124 du calendrier du Royaume de Lyfer, le Seigneur-Démon est apparu et a fait tout ce qui est à l’ouest d’ici son territoire. Puis, en l’an 135, il a été vaincu grâce aux efforts d’un étranger qui nous est toujours inconnu... Du moins, c’est ce qu’on nous a dit. Il s’agissait du Seigneur-Démon de l’Esprit, Enkvaros... »

Il s’agissait d’un nom familier pour Diablo...

« Ah oui. J’ai été le premier à le vaincr..., » avant qu’il ne puisse en dire plus, il couvrit sa bouche.

C’est vrai, je l’ai seulement battu dans le jeu. Mais la personne ici a le même nom que le Seigneur-Démon qu’on trouve dans le Croisement de la Rêverie !

Diablo avait été le premier à battre le Seigneur-Démon Enkvaros avant tout autre joueur, lui accordant l’Anneau du Seigneur-Démon.

Il avait repensé à ça...

Enkvaros possédait la capacité de refléter la magie. À cause de cela, beaucoup d’autres joueurs l’avaient défié en faisant des groupes se basant sur la classe de Guerrier. Cependant, les Guerriers avaient une faible résistance à la magie comme « Confusion » ou « Sommeil » et donc cela s’était toujours mal déroulé pour eux.

La spécialité de Diablo était de jouer en solo, donc les effets de statut négatifs étaient à peu près les mêmes qu’une mort instantanée pour lui. Voilà pourquoi il avait une abondance de contre-mesures pour faire face à ce genre de situation. Non seulement cela, mais il avait heureusement appris des sorts qui infligeraient des dégâts physiques quand il devait affronter des monstres ou des adversaires qui résistaient à la magie normale.

Dans les premiers jours du jeu, quand il n’y avait pas beaucoup d’informations disponibles, la raison pour laquelle il avait été capable de vaincre Enkvaros lors de son premier essai avait été la chance... et aussi tout le temps qu’il avait passé à forger ses compétences en tant que joueur.

Si on prenait le temps dans le monde réel, cela faisait deux ans.

« Maintenant que j’y pense, je ne l’ai jamais demandé avant aujourd’hui, » déclara Diablo. « En quelle année sommes-nous ? Et depuis combien de temps le Seigneur-Démon Enkvaros a-t-il été vaincu ? »

« En ce moment, il s’agit de l’année 164 du calendrier Lyferien, donc cela fait environ 30 ans que le Seigneur-Démon a disparu, » répondit Sylvie.

« Je vois, » répondit Diablo.

Cela pourrait-il que le temps dans ce monde va dix fois plus vite que le temps dans mon monde ? Non, ce serait étrange. Si j’avais vaincu le Seigneur-Démon il y a 30 ans dans le monde, cela signifierait que « Diablo » aurait aussi été dans ce monde. Dois-je penser à ce Seigneur Démon comme une entité distincte du jeu, même s’ils partagent le même nom ?

En premier lieu, une majorité des joueurs du Croisement de la Rêverie avaient battu Enkvaros dans le cadre des quêtes historiques.

Cela voudrait dire qu’il y avait des millions de Seigneur-Démon, n’est-ce pas ?

Selon le personnel du jeu, le Croisement de la Rêverie comptait plus de trois millions de joueurs à travers le pays.

Sylvie avait continué son explication. « Eh bien, de toute façon, le Seigneur-Démon de l’Esprit, Enkvaros, aurait été vaincu par quelqu’un, et ainsi les monstres que les Déchus ont cessé de se montrer dans l’ancien Domaine du Seigneur-Démon. Mais. Au cours de ces dernières années, plusieurs Déchus sont apparus. Je veux dire par là que l’autre jour, il y en avait une centaine, n’est-ce pas ? Il y a même des rumeurs qui se répandent où des personnes se demandent si le Seigneur-Démon n’aurait pas déjà été ressuscité. »

« Ne le sais-tu pas ? » demanda Diablo.

« Il y a certains voyants de la capitale royale qui disent : “La résurrection est proche”. Je pense que les Déchus travaillent afin de finir le processus qu’ils ont commencé afin de faire revivre le Seigneur-Démon, » répondit Sylvie.

Shera avait déjà dit quelque chose de similaire.

Rem avait pressé une main contre sa poitrine.

Diablo acquiesça avant de dire. « Je ne pense pas qu’il soit ressuscité pour le moment. Quand j’ai combattu Edelgard, la Déchue qui avait rassemblé l’armée de cent Déchus, elle avait dit que sa mission était de “sauver le Seigneur-Démon”. »

« Quoi... !? » s’écria Sylvie. « Si c’est vrai, ce serait une information incroyable ! »

« Cependant, ce sont les paroles d’un Déchu, » déclara Diablo.

« O-Oui. Mais juste au cas où, je vais encore transmettre cela à mon contact dans la capitale royale, » déclara Sylvie.

« Fait comme tu veux. En mettant cela de côté, n’allais-tu pas me parler du gouverneur ? » demanda Diablo.

« Ah, désolée..., » déclara Sylvie. « De toute façon, même si c’est l’ancien territoire du Seigneur-Démon, c’est aussi dangereux que lorsque le Seigneur-Démon était encore dans ce monde. Quand il sera ressuscité, je suis sûre que la présence de monstres va aussi augmenter. La forteresse de Faltra est ici en première ligne afin de tenir à la fois les monstres et les Déchus, ainsi que pour protéger les territoires de toutes les autres races. »

Si cette ville devait tomber, il avait été dit que la moitié du royaume de Lyferia serait attaqué par les Déchus. Il n’y avait jamais eu un événement où les choses avaient été si mauvaises dans le jeu, mais si quelque chose comme ça devait arriver dans ce monde, qui sait ce qui se passerait ?

Cependant, ce qu’il savait à coup sûr, c’était qu’une quantité incommensurable de personnes mourraient.

« ... Ainsi, la personne responsable de cet endroit important est le gouverneur ici, » demanda Diablo.

« Vous avez raison. C’est le gouverneur de Faltra. Il s’agit d’une personne vraiment incroyable, pour le dire franchement, il est un héros, » déclara Sylvie.

« Un héros ? » demanda Shera en penchant la tête.

« Il y a trente ans, à l’époque où le Seigneur-Démon était encore là, il a combattu sur les lignes de front, massacrant toutes sortes de Déchus, » répondit Sylvie.

« Wôw ! Cela donne vraiment l’impression que c’est quelque chose d’incroyable ! » déclara Shera.

« Ahaha... Cela ne sonne pas trop comme étant vraiment sincère, Shera, » répliqua Sylvie.

« Mais je veux dire par là que Diablo a aussi gagné contre les Déchus, vous savez, » déclara Shera.

« Oui, je sais. C’est certainement un exploit, mais il risque de s’effacer de l’histoire. En fait, c’est quelque chose d’anormal que personne ne croirait si on leur le disait, » déclara Sylvie.

Depuis que Shera avait comparé le gouverneur à Diablo, Sylvie semblait se débattre un peu pour trouver les bons mots.

En regardant sous un autre angle, cela signifie qu’il est si fort qu’il ne peut être comparé à personne d’autre.

« Quel niveau aurait ce gouverneur ? » demanda Diablo.

Dans ce monde, tous les aventuriers autour de Faltra étaient au niveau 20 ou plus. Les valeurs aberrantes seraient Rem, qui était célèbre ici, qui se tenaient là avec son niveau proche de 40, et la personne qui disait être le plus fort guerrier de la ville, qui était au niveau 50. Dans le jeu, la zone autour de Faltra devait être aux alentours du niveau 60.

Par rapport à cela, les niveaux de tout le monde étaient incroyablement bas. C’était apparemment parce que les personnes ici évitaient quelque chose de dangereux puisque leurs vies étaient en jeu. L’une des causes principales de cette situation était qu’il n’y avait pas de Seigneur-Démon présent depuis 30 ans, et tout était paisible.

Quelle serait donc la force du gouverneur, ayant combattu et vécu d’innombrables batailles avec sa vie en jeu ?

Sylvie avait croisé les bras avant de répondre. « Hmm... Il est fort, je le sais à coup sûr. Mais je n’ai jamais essayé de déterminer son niveau... Après tout, il n’est pas un aventurier. Il pourrait y avoir une trace de cela dans la capitale royale, mais il n’est pas le genre de personne à qui vous pouvez demander par hasard une telle chose. »

« Il semble qu’il soit assez difficile de parler avec lui, » répliqua Shera.

« Hmph. » Bien que Diablo prétendait qu’il s’en fichait, son malaise ne faisait que grandir.

La source même de son grave manque de communication résidait dans sa capacité à mettre les autres de mauvaise humeur, tout simplement en faisant des choses qu’il ne s’attendait pas à faire. Et si cette personne était sévère, cela signifiait qu’il y avait beaucoup plus de chances que Diablo les rende furieux.

Il ne pouvait tout simplement pas imaginer un avenir avec eux.

Est-ce que je vais devoir mettre fin à mon jeu de rôle de Seigneur-Démon ici ? ... Non, il est déjà trop tard pour arrêter de le faire maintenant.

S’il ne se jouait pas un tel rôle, alors il ne pourrait pas parler devant des personnes aussi importantes. S’il était normal, il se serait probablement enfermé dans sa chambre, fuyant les choses.

Je ne peux pas moi-même le croire. Moi, je vais rencontrer le chef de la ville. La raison pour laquelle je fais ce rôle est parce que cela me donne l’impression d’être un jeu pour moi. Voilà pourquoi je suis en quelque sorte en mesure de faire ces actions.

Il avait commencé à voir les murs de pierre qui encerclaient le District Central.

***

Partie 2

Au milieu des hauts murs se trouvait une imposante porte. Un grand nombre de gardes observaient les voyageurs qui passaient. Alors qu’elle commençait à faire une petite course vers les gardes, Sylvie avait dit à Diablo et aux filles d’attendre afin qu’elle puisse obtenir la permission de passer. Elle était entrée dans une petite bâtisse sur le côté du mur. Elle était la plus susceptible d’achever le processus nécessaire pour obtenir le passage.

Diablo et les autres regardaient la porte pendant qu’ils attendaient. Alors qu’ils faisaient ça, l’un des gardes devant la porte avait commencé à s’approcher d’eux. Son armure faisait des bruits de claquement à chaque pas qu’il faisait.

« Hé ! Toi le démon là-bas ! » Alors que son visage était complètement couvert par son casque, le garde avait crié d’une voix menaçante.

À l’intérieur, Diablo avait été secoué face à un tel acte.

Est-ce qu’il parle à moi ?

Il avait été appelé par un des gardes au Pont d’Ulug parce qu’ils pensaient qu’il avait l’air suspect. À l’époque, il avait pu franchir tout ça pacifiquement... Du moins, il avait pu passer sans trop de problèmes. Ça devrait aller aussi bien cette fois-ci.

« Qu’est-ce que tu penses là ? Pour que tu t’approches de moi, Diablo... Je crois que tu te prépares à faire une telle chose, » déclara Diablo.

Il ne pouvait pas dire si le visage du garde changeait d’expression sous le casque.

L’insigne de la ville est gravé sur plaque d’armure qui protège sa poitrine... Donc voici à quoi ressemble un chevalier qui est directement sous les ordres du gouverneur. On dirait qu’il a effectué beaucoup de combats.

Le garde n’avait pas été intimidé.

« Je ne peux pas ignorer quelqu’un d’aussi suspect que toi ! » déclara le garde.

Le garde avait pointé le bout de sa hallebarde vers la tête de Diablo. Là, Diablo avait équipé sa « Couronne Déformée », une pièce d’armure qui lui conférait des capacités de régénération automatique de sa santé. Il n’avait pas prêté beaucoup d’attention à la description dans le jeu, mais il était dit que c’était un article qui « donnait à son porteur une apparence plus diabolique lorsqu’il est porté ». Plus précisément, cela donnait l’impression que des cornes de démons poussaient hors de votre tête.

C’était parfait pour faire son jeu de rôle de Seigneur-Démon, mais...

Ces cornes rendent tout le monde méfiant à mon égard, n’est-ce pas ?

Mais pour Rem, Shera et Sylvie, elles devaient vraiment penser que les cornes sortaient de sa tête.

Après tout ce temps, il serait incroyablement boiteux de lui dire : « En fait, ceux-ci se détachent », et de les enlever devant elles. Le seul moment où ça marcherait serait que ce soit face à une belle Reine-Démon aux yeux cramoisis.

Pour maintenir son air d’autorité, il ne pouvait pas enlever ses cornes.

Les démons, comme l’une des races dans ce monde, étaient nés de parents humains, mais avaient réussi à recevoir le sang des Déchus. En tant que tels, leurs corps avaient fini par être couverts de marques semblables à des tatouages. Malgré leurs capacités physiques inférieures par rapport aux autres races, ils avaient toujours excellé dans l’utilisation de la magie. Et même si les Démons étaient aussi l’une des races issues des Célestes, ils étaient particulièrement sujets à la discrimination et à la persécution... Du moins, c’était comme ça dans l’histoire du jeu. Dans ce monde, Diablo avait vraiment été sous le coup d’un traitement assez injuste.

Si Diablo avait été un Humain, il ne serait probablement pas soumis à autant de suspicion qu’il avait subie jusqu’à présent.

Rem tira sur sa manche. D’une petite voix, elle lui murmura un avertissement. « ... Diablo, vous ne pouvez pas... C’est l’insigne de Faltra sur sa poitrine. C’est la preuve qu’il est l’un des chevaliers de cette région. Si les choses tournent mal, vous pourriez vous faire arrêter. »

Shera s’était alors blottie derrière Diablo en raison de la peur. « Quoi !? Cet homme est-il effrayant ? »

Ce n’était pas comme si Diablo voulait que cette conversation devienne pire qu’elle ne l’était déjà. Mais cela s’était avéré dur pour lui lorsqu’on lui dit qu’il était louche sans avoir rien fait.

« Hmph... Ce n’est pas comme si je mettais la ville en feu. Quel problème pouvait-il avoir avec moi ? » demanda Diablo.

« Quoi !? Veux-tu donc brûler cette ville !? » s’écria le garde.

« Je n’ai encore rien fait, » répondit Diablo.

« Hmm !? N’as-tu pas dit “Pas encore” ? Cela signifie donc que tu as l’intention de le faire !? » s’écria le garde.

Bon sang ! Cela craint quand il faut parler avec des personnes.

« Arrête avec ces non-sens. N’as-tu pas dit que le simple fait que j’ai des cornes fait de moi quelqu’un de suspect ? » demanda Diablo.

Le garde avait alors haussé la voix. « Ce n’est pas seulement ça ! Se promener en plein jour avec des esclaves derrière toi te rend encore plus suspect ! »

« Des esclaves !? » demanda Diablo.

« Tout à fait ! Je parle de ces deux belles jeunes filles, qui sont là ! Méprisable ! » s’écria le garde.

Que se passe-t-il là !? N’est-il pas tout simplement jaloux là !?

De chaque côté de Diablo, Shera et Rem se cachèrent le cou, embarrassées d’être appelées esclaves.

À moins que ce ne soit des moments comme ceux-là, ça ne semblait plus les déranger, mais... appeler Collier d’Asservissement, ces deux colliers disgracieux enroulés autour du cou des jeunes filles étaient généralement destinés à l’invocation après avoir effectué un Rituel d’Asservissement. Mais en raison de l’Anneau du Seigneur-Démon que possédait Diablo, ce collier avait finalement été placé par accident sur elles en raison de la réflexion de la magie qui était offerte par l’anneau. Cela s’était déroulé juste après son invocation dans ce monde.

Le garde, qui n’avait aucun moyen de le savoir, les avait donc pris à la place pour des esclaves.

Je ne comprends pas vraiment, car il n’y avait pas d’esclaves dans le jeu. Est-ce bizarre de les emmener au milieu de la journée ? Ou est-ce que ce garde a des problèmes dans sa tête ?

Si cela s’était passé dans une région plus froide, alors elles pourraient au moins les cacher avec des foulards, mais Faltra avait un climat chaud. C’était assez tempéré que vous n’aviez besoin que d’une seule couverture pour dormir la nuit.

À cause de tout cela, bien sûr les filles seraient vues par tous comme des esclaves. Mais Diablo ne pouvait pas rester silencieux. Il voulait dire au garde qu’il ne pardonnerait à personne qui les appelait des esclaves...

Mais comment devrait-il expliquer cela ?

Raconter toute l’histoire dès le début serait difficile. Je ne suis pas bon pour parler pendant de longues périodes de temps, alors peut-être que je vais l’abréger un peu.

Attends une seconde. Que vais-je faire si je ne lui pardonne pas ? Je devrais accentuer cette partie, juste pour mieux faire passer mon message.

Après avoir réfléchi à toutes les options, Diablo ouvrit la bouche. « Je vais te détruire afin qu’il ne reste même pas une seule once de cendre. »

Hm... Peut-être que je n’ai pas assez expliqué la situation là ?

Tout en poussant un cri, le garde avait pris une position de combat avec sa hallebarde. « Graaaah! Alors, tu affiches ta vraie nature, Sale Déchu ! »

Rem et Shera avaient commencé à paniquer.

« D-Diablo !? Vous n’avez pas besoin d’aller aussi loin ! Nous sommes habitués aux malentendus de ces personnes quant à la raison de pourquoi nous avons ces colliers, » déclara Rem.

« C’est vrai ! » déclara Shera. « Dites ce que vous aimez dire, mais faire qu’il ne reste même pas de cendre me fait me sentir mal pour lui ! »

« Stupide Shera, les cendres ne sont pas le problème dans le cas présent ! » cria Rem.

« M-Mais euh ! S’il ne reste même pas de cendres, alors ce serait vraiment difficile de lui faire une tombe, pas vraie !? » demanda Shera.

Bien que le garde portait une armure, tout le monde pouvait dire qu’il commençait à trembler.

« Ngh... Je vais être détruit... par un Déchu... Et elles se demandent s’ils doivent laisser des cendres derrière eux ou pas !? Bon sang ! Ne sous-estimez pas un chevalier de Faltra ! Même si je ne peux pas passer ma lame à travers toi, je peux au moins me battre avec assez de force pour que mes camarades connaissent le danger qui se trouve là ! » déclara le garde tout en se préparant au combat.

Diablo avait alors paniqué.

Si les choses empirent avec ce type, je vais faire l’objet d’une enquête, n’est-ce pas ?

Si cela arrivait, il serait forcé de s’éloigner de Shera et il ne serait pas capable de la protéger.

Avant tout, Diablo devait empêcher les humains et les elfes de se faire la guerre. Il n’avait pas le temps d’être interrogé par les gardes.

C’est vrai que la façon dont je l’ai dit pourrait être mauvaise... Mais je pense que le garde est celui étrange ici pour décider que je suis un Déchu. Et tout simplement parce que j’ai des cornes et que j’ai deux filles qui ressemblent à des esclaves qui me suivent.

Il s’agissait d’un moment crucial, ils étaient au bord de la guerre.

Il devrait pouvoir me pardonner. Après tout, je suis le type qui est chargé d’empêcher la guerre.

Il ne devrait pas être si furieux après que je sois allé trop loin quand je disais que... Ou alors, n’ai-je pas fait suffisamment...

Pas moyen de le contourner, je vais devoir en parler avec lui. Je suis sûr qu’il comprendra alors.

Après y avoir réfléchi, Diablo avait décidé de parler de la crise que cette ville allait affronter :

« Si tu me gênes, je transformerai cette ville en une terre brûlée, » déclara Diablo.

« Maudit sois-tu, Déchu ! Je ne t’oublierais jamais ! » cria l’homme en préparant sa hallebarde pour attaquer.

C’est bizarre, pas vrai !? Pourquoi tout le monde perd-il son sang-froid comme ça !?

Il n’avait pas envie de se battre dans un combat unilatéral.

À contrecœur, Diablo avait préparé le Bâton de Tenma. Mais tout comme avec leurs assaillants d’auparavant, il semblerait qu’il tuerait ce type s’il utilisait la magie.

Que devrais-je faire ?

« Attendez ! Attendez ! Attendezzzzz !! Même s’il en a l’air, cette personne n’est pas dangereuse !! » Une petite ombre se coinça entre Diablo et le garde, c’était Sylvie.

Le garde avait parlé avec un ton empli de surprise. « N-N’êtes-vous pas la Maître de Guilde !? Pourquoi couvrez-vous ce Déchu !? »

« Calmez-vous, d’accord !? Il peut avoir des cornes, mais cette personne n’est pas un Déchu, » expliqua Sylvie. « Il est sur une quête de moi et du gouverneur, et nous sommes ici pour le rencontrer. »

« ... Alors, il n’est pas un Déchu ? Et il n’est pas dangereux !? » balbutia le garde.

« T-Tout à fait... Il est juste un démon tout à fait normal comme vous en voyez tous les jours... probablement. Et il n’est pas du tout dangereux ! » déclara Sylvie. « Diablo, n’est-ce pas que vous n’êtes pas du tout dangereux ? Allez, j’aimerais bien vous entendre dire “Je ne suis pas dangereux !”. » 

Sylvie m’avait fixé du regard après avoir dit ça. Si elle allait jusqu’à dire ça, Diablo ne pourrait même pas gâcher ça.

Il avait fait un signe de tête placide. « “Je ne suis pas dangereux !” »

« Super ! Alors c’est bon ! Nous pouvons passer, non ? N’est-ce passss !? » Serrant les mains l’une contre l’autre, Sylvie inclina légèrement la tête sur le côté tout en demandant.

Le garde avait alors hésité. « ... Si-Si mignonne... Hmm, je pense... que je comprends. Si la Maître de Guilde dit ça, alors je pense que je peux le laisser passer. »

Le garde abaissa sa hallebarde.

Sylvie, ainsi que Rem et Shera laissèrent échapper des soupirs de soulagement.

Diablo était aussi soulagé, mais cette attitude ne conviendrait pas à un Seigneur-Démon digne de ce nom. À la place, il embouteilla cette sensation en lui-même et continua à avancer.

« Nous y allons, » déclara-t-il.

« Oui, allons-y, » déclara Rem.

« Mais quand même... ce serait un problème s’il n’y avait même pas de cendres, n’est-ce pas ? » demanda Shera.

Et ainsi, en passant par la porte, Diablo et ses trois compagnons étaient entrés dans le District Central.

***

Partie 3

La maison du gouverneur...

Dans le centre même du District Central, on pouvait trouver un manoir remarquablement grand. Il avait été construit à partir de briques et était à trois étages.

Des reliefs ornés couvraient les fenêtres et les portes, et même les murs qui entouraient le bâtiment avaient des motifs qui le recouvraient. Il s’agissait d’un manoir impressionnant.

Des gardes en armure se tenaient de chaque côté de la porte d’entrée. Dès que Sylvie leur avait parlé, Diablo et les autres avaient pu passer la porte sans encombre.

Un intendant du manoir s’approcha d’eux et baissa respectueusement la tête. Tout en le suivant, ils avaient été conduits à travers un jardin magnifiquement entretenu, puis ils avaient franchi l’entrée, et avaient parcouru un long couloir.

Le sol était couvert d’épais tapis rouge. Selon le jeu, cette couleur rouge était seulement utilisée dans les résidences d’humains extrêmement importants, habituellement ceux des plus hauts niveaux de l’aristocrate de la classe supérieure ou de la royauté.

Il n’y avait pas eu d’événement en jeu permettant de rencontrer le gouverneur de Faltra, c’était donc la première fois que Diablo était venu ici. Tout au plus, il avait imaginé que ce type ressemblerait au maire de cette ville, mais il semblait que cette personne avait un statut beaucoup plus élevé.

Le majordome qui guidait Diablo et les autres frappa à la porte.

« Maître Galford, j’ai amené le maître de la Guilde et ses compagnons, » déclara le majordome.

Pour une raison quelconque, Diablo se sentait excité, comme s’il était sur le point de pénétrer dans une salle de boss.

Une voix grave, mais calme avait répondu de l’autre côté de la porte. « Entrez. »

En entendant cette voix solennelle, Diablo s’était mis sur ses gardes.

L’intendant avait offert des excuses pour leur intrusion, puis il avait ouvert les portes et avait marché pour se placer sur le côté.

Il s’agissait d’une grande pièce, couverte du même tapis cramoisi du hall.

Le mur directement devant eux contenait une fenêtre en verre, Diablo n’avait jamais vu de vitres aussi grandes ou sans distorsion depuis son arrivée dans ce monde.

Les murs de chaque côté avaient été couverts avec des étagères aux allures élaborées. Des livres de différentes tailles étaient alignés sur ces étagères, qui atteignaient le plafond.

Les murs tapissés de rayonnages contenaient aussi des portes. Si c’était le Croisement de la Rêverie, alors ces portes seraient là où les sous-fifres du boss sortiraient afin de le protéger.

Eh bien, en y pensant normalement, ils mèneraient probablement à la chambre à coucher et à la salle d’étude.

Au centre de la pièce se trouvait une table extravagante, avec six chaises disposées autour. Il y avait un grand bureau de travail ici aussi.

Debout avec le drapeau de Faltra dans son dos et vêtu d’un uniforme militaire blanc, il y avait un humain. Malgré ses allures de personnes d’âge moyen, il semblait être dans la fleur de l’âge.

Le standard de la culture pour ce monde était basé autour du Moyen Âge. Des choses comme le détergent pour lessive et l’eau de Javel n’existaient pas ici. Il était impensable pour quiconque, sauf pour une personne vraiment exceptionnelle, de porter un produit de première qualité, tel qu’un vêtement blanc, en particulier un uniforme militaire, qui pouvait facilement devenir sale.

Il avait des cheveux noirs et courts, comme on pouvait s’y attendre du personnel militaire, et les rides froissaient les coins de ses yeux et de son front.

La lueur dans ses yeux suffirait à faire fuir un monstre en raison de la peur.

« Hm... Alors, est-ce fini ? » demanda le gouverneur.

Qu’est-ce qui est fini ? Diablo n’avait pas compris ce qu’il voulait dire.

Sylvie avait fait un rire amer. « Pour l’instant, j’ai demandé à Diablo d’entreprendre cette quête pour nous. »

Le gouverneur plissa les yeux. « Alors, il a donc accepté la tâche. Alors, vous devriez résoudre ce problème rapidement. Vous pouvez me faire un rapport après que le travail soit fini. »

Alors ce « Est-ce fini ? » un peu plus tôt n’était pas plutôt un. « Avez-vous arrêté la guerre ? »

Si c’était dans le jeu, il pourrait le passer comme : « Oh, ce PNJ parle comme ça », mais les individus qui vivaient dans ce monde étaient vivants et pouvaient penser par eux-mêmes.

À quel point ce mec a-t-il hâte ?

Diablo n’arrivait tout simplement pas à comprendre comment cet homme pourrait même penser à demander une telle chose. C’était quand même une tâche si ridiculement difficile à accomplir alors que même pas une demi-journée ne s’était écoulée.

Sylvie avait essayé de mettre tout le monde à l’aise. « Hm, voyez-vous... C’est une quête assez difficile, n’est-ce pas ? Je pensais que nous pourrions obtenir des informations. »

« Je crois que j’ai déjà expliqué tout ce que vous aviez besoin de savoir, » répondit le gouverneur.

« Eh bien, à propos de ça..., » commença Sylvie.

« Comme je le pensais, on ne peut après tout pas compter sur les aventuriers. Bien qu’ils se vantent d’avoir de la fierté et fassent le tour de la ville, ils produisent des excuses et s’enfuient devant un danger réel. En fin de compte, il semble que l’armée est celle qui va protéger ce pays. »

Qu’est-ce que c’était ?

Diablo agrippa son bâton.

Sylvie se plaça devant lui, agitant les mains. « Oh non ! Pas du tout ! Je ne vais pas m’enfuir, et Diablo est impatient de s’attaquer à cette quête ! »

« Si c’est le cas, alors dépêchez-vous et chassez ces Elfes, » déclara le gouverneur.

« Oui, bien sûr ! Je ne pense pas que cela prenne trop de temps... probablement. Oh, c’est vrai ! Pensez-vous que vous pourriez peut-être vous présenter ? » Sylvie semblait prendre grand soin quand elle parlait. Sans oublier le fait que le gouverneur était autoritaire.

Diablo ne savait pas exactement à quel point ce type était grand et important, mais Sylvie ne devrait sûrement pas avoir à agir ainsi envers lui. Il était clair qu’il regardait avec dédains les Aventuriers.

Cela fâchait énormément Diablo.

Mais à cause de la présence autoritaire du gouverneur, il finirait par détourner les yeux s’il ne se concentrait pas.

Je ne peux pas le laisser me voir agir faiblement ici.

Si le gouverneur décidait que Diablo n’était pas à craindre, alors il pourrait attaquer sur place. Diablo devait lui faire croire qu’une confrontation entre eux serait une mauvaise chose.

Diablo regarda fixement le gouverneur.

Le gouverneur avait commencé à parler. « Que c’est pénible... Donc, un aventurier ne connaît pas le nom du gouverneur. »

« Il vient seulement d’arrivée à Faltra depuis quelques jours, » déclara Sylvie.

« Alors, souvenez-vous bien... Je suis le lieutenant-général Chester Ray Galford. Je suis responsable de la ville fortifiée de Faltra, sous les ordres de Sa Majesté le Roi, » déclara le gouverneur.

« Hmph... Donc, c’est toi ce gouverneur qui a uniquement regardé paresseusement la situation alors que les Déchus attaquaient sa ville, » répliqua Diablo.

Quand le Déchu Gregore était apparu en ville l’autre jour, Diablo avait été celui qui s’était précipité pour le détruire, et non pas le gouverneur ni son armée.

On pourrait presque entendre que Galford serrait ses dents de derrière ensemble.

« ... Avant que je puisse recevoir un rapport, la situation s’était calmée. C’est tout. Je ne trouve pas qu’il y ait un problème avec ça, » rectifia Galford.

« Après tout, n’es-tu pas chanceux ? » demanda Diablo.

Cachant le fait qu’il frissonnait pratiquement à l’intérieur, les coins de la bouche de Diablo se tordirent en un sourire.

Il ne se souvenait pas d’un personnage nommé « Galford ». Il avait peut-être été mentionné dans l’histoire du monde du Croisement de la Rêverie, mais Diablo ne se souvenait pas des noms des PNJS qui n’avaient pas d’événements associés à eux.

Afin de tenter d’abaisser la tension dans la pièce, Rem se présenta poliment. « Je m’appelle Rem Galleu. Je suis une aventurière de niveau 40 et une Invocatrice. Hmm, cette personne n’a aucune mauvaise volonté, et... »

Galford leva la main afin de l’interrompre. « Je suis déjà pleinement conscient que les Aventuriers manquent de mœurs. »

« ... Pardonnez-moi, » déclara Rem.

« Petite Rem Galleu, vous devriez considérer votre lieu de travail. J’ai entendu dire que l’Association des Mages vous a invité à les rejoindre. Vous ne devez pas avoir l’intention d’être une aventurière pour toujours, » déclara Galford.

« ... C-Cela est peut-être vrai, mais j’ai mes propres raisons de continuer comme je le fais, » répondit Rem.

C’était une façon assez extrême de placer les choses de la part du gouverneur. Non seulement il y avait d’autres aventuriers dans la pièce, mais le Maître de la Guilde elle-même était ici.

Sylvie avait fait un sourire mordant. « C’est assez dur de votre part. »

« L’un de mes subordonnés a mené une enquête sur vous tous, » déclara Galford. « Il semble que vous causiez des problèmes ici. »

« ... Des problèmes ? » demanda Sylvie.

« Menacer un garde sur le Pont d’Ulug, détruire les routes de pierre et les bâtiments avec la magie dans les avenues du sud..., » répondit Galford. « Il est vrai que je ne m’attendrais pas à une conduite irréprochable de la part des aventuriers. »

« Il y avait une raison à tout cela !! » Shera avait soulevé une objection avec Rem.

« C’est vrai ! » déclara Rem. « Diablo n’est pas en faute ici ! »

« Mais le fait demeure, alors, que vous ne niez pas que cela s’est produit, » répliqua le gouverneur.

Avec un petit gémissement, Rem et Shera se turent.

Galford était un homme qui agissait comme un professeur strict. Il n’avait pas une once de foi dans les aventuriers, et semblait surtout détester Diablo.

Elles avaient été englouties dans la présence de cet homme. Diablo voulait éviter de rester ici pour une longue période de temps. C’était le moment de passer rapidement au sujet principal.

Mais avant cela, je dois me présenter. On dirait qu’il connaît déjà mon nom. Mais l’étiquette exige que ce soit le minimum de courtoisie que je puisse lui offrir.

Pour maintenir son air d’autorité, il ne pouvait pas arrêter son rôle de Seigneur-Démon. Diablo voulait éviter de rendre le gouverneur plus en colère qu’il ne l’était déjà. Diablo ne serait pas en mesure d’obtenir des informations de sa part si cela arrivait, et comme cette personne ne semblait pas particulièrement aimer Diablo, il devait être encore plus prudent que d’habitude.

Faisons cela normalement.

Il visait à être normal ici.

Normal.

« Je suis Diablo. Je suis venu parler avec toi, » annonça Diablo.

Comment est-ce !? C’était gentil et amical, n’est-ce pas ? Je peux vraiment le faire si j’essaye !

Il jeta un bref coup d’œil aux réactions de Rem et Shera, mais elles ne semblaient pas particulièrement surprises.

Diablo effectuait une pose de la victoire à l’intérieur du fait qu’il avait réussi à faire une introduction de lui inoffensive.

Le regard de Galford était concentré sur Diablo, comme s’il évaluait la valeur de Diablo.

« D’abord, il y a une chose que je souhaite demander. Vous vous proclamez comme étant un Seigneur-Démon d’un autre monde, ou quelque chose du genre. Est-ce la vérité ? » demanda le gouverneur.

C’était une question précise, comme si Galford le provoquait. Le jeu de rôle du Seigneur-Démon qui était incrusté profondément dans son corps avait explosé hors de lui d’un coup.

« Hehe hehe hehe... Dois-je te transformer en charbon de bois brûlé comme preuve ? » demanda Diablo.

Diablo lui lança un regard noir.

— AAaaaAAaaAHHHHhhHHHhhHH !!

C’était de sa faute ! C’est lui qui a provoqué cette ambiance, c’est pour ça que je suis tombé dedans !

En proie à la panique, Rem et Shera, lui avait sauté dessus en le serrant contre leurs bras.

« A-Attendez, Diablo ! » cria Rem.

« C’est vrai ! Ce n’est pas bien les cendres, mais le charbon de bois est aussi mauvais ! » déclara Shera.

« Oh mon Dieu..., » le visage de Sylvie était devenu totalement pâle. On aurait dit qu’elle pouvait tomber à tout moment.

Galford avait lentement et délibérément fermé l’écart entre eux.

Est-ce qu’il a l’intention de me combattre comme ça ? Puis-je gagner dans un combat en tête-à-tête ?

Les choses vont vite mal se passer s’il appelle plus de soldats... Devrais-je m’enfuir ?

Une sueur froide avait éclaté sur le dos de Diablo, mais même ainsi, il avait gardé un sourire arrogant.

***

Partie 4

Le gouverneur avait marché afin de se placer directement devant lui avant de lui déclarer. « Tant que vous remplissez la mission que je vous assigne, je me fiche de savoir si vous êtes un Seigneur-Démon ou un autre truc du genre. Êtes-vous un atout pour la terre que je gouverne ou êtes-vous une gêne pour moi ? C’est la seule chose qui compte. »

« Hmph... Je t’aide seulement parce que je me sens comme ça. Ne te méprends pas en pensant que tu peux me contrôler, » répliqua Diablo.

« Hm... Tout comme je le pensais, vous, les aventuriers, êtes tout à fait une collection de déchets, » répliqua Galford.

C’était comme s’il ne se moquait pas seulement de Diablo, mais de tous les aventuriers quand il disait ça.

En bref, ce type avait décidé que Diablo était un monstre, et qu’il était un « Seigneur-Démon d’un autre monde » et c’était les seules choses qu’il avait en tête.

Eh bien, je suppose qu’il aurait raison sur ce point... Mais me croirait-il plus si je lui disais que j’étais un joueur convoqué et que je ressemble maintenant à mon personnage se trouvant dans le jeu, le Croisement de la Rêverie ?

Son désir de vouloir se terrer dans un trou avait commencé à resurgir à la surface.

Je veux juste m’enfermer dans ma chambre et jouer à des jeux toute la journée. Ensuite, je n’aurais pas à traiter avec des adultes qui ont des ballets dans les fesses comme ce mec.

Non, je dois encore endurer celui-là.

Si Diablo devait protéger Shera, alors il serait préférable de ne pas contrarier Galford. Le gouverneur avait agi de cette manière très probablement parce qu’il savait lui-même qu’il n’était pas quelqu’un face à qui on pouvait s’opposer.

« Gouverneur, épargne-moi cette absurdité... Si tu désires voir ton souhait rempli, alors dis-moi tout simplement ce que tu sais, » Diablo n’avait pas abandonné son attitude hautaine et puissante.

La même chose se faisait du côté du gouverneur, qui avait froidement hoché la tête avant de répondre. « Vous avez déjà entendu les demandes du Royaume de Greenwood, j’imagine ? La demande de retourner la princesse Shera est arrivée il y a deux jours. »

« Déjà deux jours... Mais la limite de temps est-elle bien à 10 jours ? » demanda Diablo.

« C’est pourquoi il ne reste plus que huit jours pour ça, » répondit-il.

Te moques-tu de moi ? Diablo rétorqua cela à l’intérieur de lui. S’il n’a pas clarifié cette partie, cela aurait pu me mener à l’échec lamentablement. Veut-il même éviter une guerre ?

Galford continua calmement son explication. « Il y a aussi eu des rapports d’observations d’Elfe près des rives à l’est du Lac. Comprenez-vous la disposition de cette zone ? »

« Bien sûr. Je pourrais même te conduire dans les parties les plus profondes du territoire du Seigneur-Démon sans aucun problème, » répliqua Diablo.

« Oh, ohoh !? » s’exclama Galford.

« Mais ça, c’est uniquement si tu n’accordes aucune importance à ta misérable vie..., » commença Diablo.

Il avait dans sa tête toutes les cartes du Croisement de la Rêverie... Bien que les caractéristiques des cartes du jeu ne soient pas toutes les mêmes que dans ce monde.

Cette zone du lac était située au sud-ouest de la ville. À l’ouest de Faltra, il y avait quelque chose appelée le Lac Seplia. Vous pourriez le trouver en marchant juste après les terres agricoles situées à l’extérieur des murs de la ville. La forêt se trouvant à l’est du Lac Seplia était très proche des rives est de ce lac, car la forêt commençait directement après ça sans séparation.

Galford tourna son regard vers la carte se trouvant sur son bureau.

« Je ne sais pas combien d’Elfes se trouvent là. Leur spécialité est de se cacher dans la forêt, mais vous devriez le savoir, » répliqua Galford.

Les Elfes avaient une compétence Dissimulation particulièrement élevée, et quand il s’agissait de la forêt, ils étaient plus performants que les Marcheurs d’Herbes. Ils pourraient se faufiler en restant inaperçus, et tirer flèche après flèche à partir des ombres des arbres ou du haut des branches d’arbres.

Dans le jeu, la Dissimulation permettrait à l’utilisateur de ne pas apparaître sur le radar (une fonctionnalité qui montre les emplacements des autres joueurs ou des monstres). Il n’y avait rien d’aussi pratique qu’un radar dans ce monde, donc la seule chose sur laquelle on pouvait compter était des capacités vagues comme la détection des présences. Un adversaire avec une compétence Dissimulation élevé dans ce monde était beaucoup plus dangereux que si cela arrivait dans le jeu.

« Tu ne les as même pas repérés ? » demanda Diablo.

« Même si j’ai envoyé une petite équipe pour effectuer de la reconnaissance, il s’agit d’un ennemi habile quant aux attaques-surprises, » répliqua le gouverneur. « Cela ne ferait que conduire à plus de victimes. Le témoin qui a trouvé les Elfes était un citadin qui chassait dans la forêt et qui a heureusement réussi à revenir en toute sécurité. Selon leur rapport, il y avait environ vingt Elfes... Mais je suis sûr que leurs troupes sont bien plus importantes. Cependant, s’ils étaient une équipe de cent ou plus, nous le saurions certainement, même s’ils se cachaient. Même en tenant compte du pouvoir et de l’influence de Greenwood, je suis convaincu qu’ils n’assembleraient pas une force si grande. Tout au plus, je dirais qu’il y en a une centaine. C’est toute l’information que j’ai reçue. »

« Une centaine d’Elfes... Ce n’est pas beaucoup pour une armée... Mais très pratique pour moi... Ils ne devraient pas constituer une menace, » répliqua Diablo.

« Hmph, » le gouverneur grogna. « Bien que Greenwood puisse s’appeler un “royaume”, à la fin ils ne sont qu’une petite faction. »

« Donc tu ne penses pas à eux comme une menace ? » demanda Diablo.

Galford secoua la tête après une légère pause avant de répondre. « Ce n’est pas ça... Je ne voudrais jamais sous-estimer mon ennemi. Si j’envoyais mes propres forces dans la forêt, où les Elfes sont à l’affût, je perdrais d’innombrables soldats. Ce que j’abhorre le plus, c’est envoyer mes propres subordonnés à une mort insignifiante. »

Sa voix semblait dépassionnée, il était donc difficile de dire ce qu’il ressentait. Mais Diablo avait estimé que le gouverneur avait parlé ces derniers mots avec une force supplémentaire.

De toute évidence, un commandant ne voudrait pas perdre autant de ses subordonnés.

« Alors c’est pour ça que tu veux m’utiliser, » déclara Diablo.

« Ce ne serait pas nécessaire si vous nous remettiez la princesse, » déclara Galford.

« Je refuse ! » répondit immédiatement Diablo

« ... La princesse Shera est-elle si importante pour vous ? » demanda Galford.

Shera se tourna pour regarder Diablo après avoir entendu la question du gouverneur. Bien qu’ils avaient tous deux déjà beaucoup parlé du sujet, il semblait qu’elle était toujours inquiète.

« Hmph... Ne demande pas de telles choses stupides, » répliqua Diablo. « C’est une chose différente si elle-même disait qu’elle allait partir. Mais je n’ai pas l’intention de fermer les yeux sur le fait qu’elle soit volée par quelqu’un d’autre. »

« Il n’y a certainement aucune raison de céder aux goûts des Elfes, » déclara Galford. « Personnellement, je n’ai pas l’intention de simplement réagir volontairement face aux demandes du Royaume de Greenwood. Les mots devraient être répondus avec des mots... et la force devrait être répondue avec la force. »

« C’est tout à fait naturel, » répondit Diablo.

Avec un hochement de tête, Galford se tourna vers Shera, interrompant sa conversation avec Diablo.

« C’est vrai... Il y avait quelque chose que je voulais vous demander si j’avais l’occasion de vous rencontrer, » déclara Galford.

« Me demander quelque chose ? » demanda Shera en penchant sa tête.

« Qu’est-ce que vous voulez tellement pour aller jusqu’à faire disparaître votre vie de luxe, allant si loin pour endosser la dangereuse vie d’une aventurière ? Ou bien, peut-être, aviez-vous une raison pour laquelle vous ne pouviez pas rester dans votre patrie ? » demanda Galford.

Un silence se fit entendre.

Shera avait affiché un regard pensif. « ... Je voulais la liberté. Je ne savais pas vraiment comment l’obtenir, mais... Je voulais une raison pour exister. Je voulais connaître ma propre valeur, et non en tant que partie de ma lignée ou en tant que membre de la famille royale Elfique. Je sentais que je ne serais pas en mesure d’obtenir ça si je retournais chez moi. »

« Je vois... Du point de vue d’un pauvre, il peut sembler que vous avez vécu une vie de luxe, mais il est vrai que toutes les personnes, indépendamment de leur éducation, ont des circonstances différentes et des sens de la valeur différente, » déclara Galford.

« Me comprenez-vous maintenant ? » demanda Shera.

« Je ne peux pas sympathiser avec vous. Je m’en souviendrai cependant comme d’une information de valeur, » répliqua Galford.

« Je vois..., » les épaules de Shera affaissèrent.

Certes, il devait être difficile de mener une vie dans ce monde où l’on n’avait pas à se soucier de la nourriture ou du moindre danger pour sa vie. Il avait dû être difficile d’être d’accord avec les actions de Shera quand elle avait tout jeté pour l’amour de la liberté.

Mais Diablo était différent. Dans son monde, il n’avait pas à s’inquiéter de ce qu’il mangerait pour la journée, et encore moins d’être attaqué par des monstres. C’est pourquoi il pouvait comprendre les sentiments de Shera... ou du moins, il sentait qu’il pouvait.

Saisissant les épaules de Shera, Diablo l’attira près de lui. « Tu n’as pas besoin de chercher la sympathie des autres... Je vais t’accepter telle que tu es. Place au travers de ton chemin autant de difficultés que tu veux, exerce-toi aussi durement que tu le souhaites, et pousse-toi à la limite autant que tu le veux. Et après ça, savoure les fruits de ton labeur que tu as gagnés de tes propres mains... Voilà ce que signifie vivre une vie de liberté. »

« O-Oui ! » Un sourire avait éclaté sur le visage de Shera.

Rem hocha la tête, tandis que Sylvie souriait chaleureusement.

Il s’agissait d’une déclaration dans laquelle il proclamait qu’il la protégerait.

C’est très bien, mais comment vais-je m’occuper des troupes elfiques ?

Avant, quand ils avaient tenté d’emmener Shera, il s’agissait de l’elfe d’élite Celsior qui était venu auprès d’elle. Il s’était caché dans la forêt avec une dizaine de ses subordonnés, mais Shera avait été celle qui avait senti que lui et ses camarades les attendaient en embuscade. Diablo et Rem n’avaient rien remarqué.

Diablo pourrait-il se battre correctement contre eux ?

Il n’avait rien acquis après avoir négocié avec les Elfes.

Donc ça veut dire que les choses sont comme ça :

« Rends-nous la princesse ! » disaient les Elfes.

« Je refuse ! » disait Diablo.

« Pourquoi donc écouterais-je ce que disent les Elfes ? » disait le gouverneur. « Mais mes soldats sont importants pour moi, alors je vous laisse ça. »

Il y avait seulement un résultat qui pourrait venir de ceci. « Alors cela veut dire la guerre ! » crieront les Elfes.

Quelle douleur que tout ça... C’était assez pour lui faire mal à la tête.

Rem soupira. « Il faut éviter une guerre... Si seulement nous avions une sorte de “trésor” de valeur égale à Shera qui satisferait le Royaume de Greenwood... Avec ça, nous serions au moins en mesure d’essayer de négocier avec eux. »

Shera avait fièrement gonflé sa poitrine. « Mh-hm-hm ! Après tout, je n’étais pas appelée “l’atout le plus précieux des Elfes” pour rien ! Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose qui puisse me remplacer ! »

« ... À la réflexion, nous devrions juste rendre cette Elfe stupide... pour avoir la paix, » répliqua Rem.

« Quoi !? Pourquoi devenez-vous fâchée tout d’un coup !? » demanda Shera.

Rem soupira à nouveau.

« Alors, nous ne donnerons pas la princesse Shera. Vous prendrez tous des mesures pour éviter une guerre avec le Royaume de Greenwood, et la récompense sera payée par la Guilde des Aventuriers... Êtes-vous d’accord vous tous avec cet accord ? » demanda Galford afin de confirmer.

« Hmph... Shera était en ma possession depuis le début. Je ne vais pas permettre aux autres d’interférer, » répliqua Diablo.

« Alors je vous laisse ça, » puis, tournant son regard vers la porte à sa droite, Galford continua à parler. « C’est tout ce que j’ai à vous dire en tant que gouverneur de Faltra... Mais en ce qui concerne cette situation, la capitale royale a également envoyé l’un des leurs. Permettez-moi de vous la présenter. »

***

Partie 5

La porte s’ouvrit à ce moment-là et une grande femme entra dans la pièce.

Elle avait un corps mince et de longs et minces membres. Ses cheveux roux descendaient jusqu’à sa taille et les fines lunettes vertes qu’elle portait lui donnaient une allure d’intellectuelle.

L’armure qu’elle portait était légère et semblait lui permettre de facilement se déplacer. Une sorte de cape la recouvrait, mais le haut de son armure laissait ses épaules exposées. Diablo avait vu cette armure quelque part avant.

En un coup d’œil, on aurait dit qu’elle affichait un regard glacial... Mais quand elle souriait, elle dégagea une atmosphère si amicale qu’elle mit Diablo à l’aise. Cela lui donnait l’envie de sourire.

La fille avait salué en plaçant sa main gauche sur sa poitrine.

« C’est un plaisir de faire votre connaissance, » déclara-t-elle. « Mon nom est Alicia Cristela, une Chevalière Impériale. Sa Majesté le roi m’a confié la tâche de résoudre la situation avec le Royaume de Greenwood. S’il vous plaît, pardonnez un peu mon inexpérience, mais je ferai de mon mieux pour vous aider tous. J’ai hâte de travailler avec vous. »

Elle était extrêmement polie.

Alors, elle est une Chevalière Impériale.

Ces soldats avaient fait des apparitions dans le jeu en tant que Personne Non-Joueur. Selon l’histoire du jeu, ils étaient des chevaliers qui venaient de familles de haut lignage et avaient démontré un talent considérable. Et surtout, ils étaient sous le contrôle direct du roi.

Ils avaient des rôles et une autorité dans le jeu semblable à la police. Ils se déplaceraient de ville en ville, ou resteraient à la périphérie, dans le but de protéger les citoyens contre les criminels ou les monstres. Mais contrairement à l’armée, ils n’iraient pas envahir le territoire ennemi. Comparés à eux, les Chevaliers Impériaux ressemblaient plus à une « police militaire » qu’à des soldats.

Dans le monde du Croisement de la Rêverie, ils étaient traités comme de « nobles chevaliers admirés et respectés par le peuple ».

« ... Une femme Chevalier Impérial est extrêmement rare à voir, » déclara Rem avec un ton empli de surprise.

Shera semblait être du même avis. « Même moi je le sais. J’ai toujours pensé aux Chevaliers Impériaux comme étant tous des Humains de sexe masculin. »

Que des hommes de la race d’humains, hein !?

L’histoire du jeu avait déclaré qu’il y avait beaucoup de problèmes dans le monde concernant la discrimination entre les sexes. Bien qu’ils essayaient juste de le faire ressembler plus à la perspective d’un monde du Moyen Âge, les joueurs pensaient que les créateurs du Croisement de la Rêverie avaient pu promouvoir eux-mêmes le sexisme. C’est pourquoi, que vous ayez choisi de jouer en tant que personnage masculin ou féminin dans le Croisement de la Rêverie, il n’y avait pas de différences de capacités ou d’équipement entre les sexes. Il n’y avait rien sur le jeu qui avait souligné la discrimination contre les femmes décrites dans l’histoire du jeu.

Parfois, au cours des quêtes, vous verriez des phrases comme « Les Chevaliers Impériaux Féminins sont rares » et « Il est difficile pour les femmes d’être nommées, » basé sur ce que Rem et Shera avaient dit...

C’était probablement des hommes qui occupaient des positions de pouvoir dans ce monde. Des postes d’honneur et de responsabilité avaient ainsi été attribués aux hommes, et les femmes recevaient un traitement injuste à cet égard.

Parce que le Maître de la Guilde Sylvie était à la fois une Demi et une femme, il n’y avait pas beaucoup de discrimination venant vers les aventuriers. Diablo ne ressentait aucune discrimination de la part des citadins dans la vie quotidienne.

Je suppose que cela en ferait une valeur détenue par ceux qui sont au pouvoir ici.

Mais, il y avait tout un tas de « Chevalières Impériales rares » qui est apparue dans les quêtes dans le jeu.

Chaque fois qu’un Chevalier Impérial se montrait, la plupart du temps c’était pour donner au joueur, un aventurier, une quête. Si un homme impérial chevalier vous avait dit de travailler en son nom juste pour faire qu’il se sente mieux, alors vous vouliez bien sûr de ne pas le faire.

La majorité des joueurs étaient des gars, bien que la plupart des personnages étaient des filles. (Cela fait partie du côté obscur des MMORPG, donc oublions ce sujet pour l’instant).

Le fait de prendre une quête venant d’une fille mignonne était une meilleure motivation que d’un vieux mec se pensant important. Beaucoup plus de joueurs paieraient même de l’argent de poche juste pour pouvoir terminer ces quêtes dans le temps imparti.

À ce sujet, il y avait des quêtes ultra-dures offertes par un PNJ qui s’appelait le « Chevalier Impérial, la Diablesse, Mademoiselle Miyuri ». Elle avait d’énormes seins, une coupe de cheveux coupée court et elle était si timide qu’il semblait qu’elle pleurerait à tout moment en demandant votre aide. Si vous aviez été ému par son appel et que vous l’aviez pris en charge, il y aurait habituellement un monstre gigantesque ou une horde qui vous attendait lorsque vous alliez au donjon spécifié.

Beaucoup de débutants étaient devenus de la nourriture à monstres grâce à ses quêtes.

Je me demande si elle est aussi dans ce monde.

Alicia avait parlé d’une voix douce. « C’est assez inhabituel, n’est-ce pas ? J’ai la chance d’être à la fois une femme et de servir comme Chevalier Impérial. »

« ... C’est une chose merveilleuse. Je suis certaine que vous avez travaillé très dur pour arriver là où vous êtes maintenant, » Rem pouvait avoir ressenti cela parce qu’elle aussi avait des difficultés qu’elle ne pouvait pas partager avec les autres.

« Merci beaucoup, » répondit Alicia. « C’est vrai que je fais face à des difficultés parce que je suis une femme... mais j’ai encore beaucoup de chemin à faire. Il semble que vous ayez aussi des problèmes avec lesquels vous luttez, Mademoiselle Rem. »

« ... Pourquoi pensez-vous cela ? » En garde, Rem avait prudemment pris un peu de recul.

Alicia agita les deux mains devant elle. « Je suis désolée, c’était juste une supposition de ma part. Selon les rapports, vous êtes une invocatrice très capable en possession de sept invocations. Mais malgré cela, vous n’entrerez pas dans l’Association des Mages, et vous ne travaillerez pas pour le gouverneur. Voilà pourquoi je pensais que vous devez avoir une raison pour cela. »

« ... En effet, c’est une façon tout à fait logique de penser, » répliqua Rem.

« Je n’avais pas l’intention de vous surprendre, Mademoiselle Rem. Mon but est d’aplanir le problème auquel la ville de Faltra est confrontée, » déclara Alicia.

« ... D’accord, » répondit Rem.

« Mais vous êtes également une citoyenne de Faltra, Mademoiselle Rem, » déclara Alicia. « Si je peux vous aider de quelque manière que ce soit, n’hésitez pas à me consulter. Bien que je puisse avoir des obligations en tant que Chevalière Impériale, je m’inquiète particulièrement des personnes comme vous qui garder leurs luttes pour elles-mêmes. Cependant, vous n’avez pas besoin de vous forcer à me dire votre secret. »

« ... Je vois... Pour l’instant, je vais juste accepter ces sentiments, » répliqua Rem.

On aurait dit qu’elle avait rejeté Alicia, mais elle ne nia pas qu’elle hébergeait un secret. Rem devait avoir eu une assez bonne dose de confiance en Alicia.

Alicia reporta son regard sur Shera. « Mademoiselle Shera, je suis sûre que vous devez vivre beaucoup de choses à cause de cela, mais faisons de notre mieux pour rendre tout le monde heureux ! »

« Oui ! Faisons de notre mieux ensemble ! » Shera avait souri d’une oreille à l’autre.

Alicia se tourna alors vers Sylvie. « Ceci est une expression de la sympathie de Sa Majesté le roi. » Elle avait remis une pochette en cuir remplie de pièces d’or. C’était probablement une réparation pour tous les aventuriers qui avaient perdu la vie face au Déchu Gregore.

Diablo travaillait dur pour ne pas montrer son admiration sur son visage.

Elle est tellement bonne quand il s’agit de parler avec les autres !

Ce n’était pas qu’elle était juste gentille. Même si elle ne savait pas ce que les circonstances de Rem étaient, elle avait toujours théoriquement fait une offre afin de l’aider. Pour Shera, elle avait choisi d’utiliser des mots simples et faciles à comprendre. En reconnaissance de la position de Sylvie en tant que la Maître de la Guilde, elle avait apporté quelque chose à lui offrir.

Même si elle avait peut-être entendu une partie de leur conversation depuis l’autre pièce, et même si c’était la première fois qu’elle les rencontrait tous, elle était capable d’ajuster rapidement sa façon d’interagir avec tout le monde.

Alicia avait fixé ses yeux vers Diablo.

Elle était toute en beauté. Il semblait qu’il pouvait être aspiré dans ses yeux à tout moment.

Diablo ressentait une sorte de nervosité différente de celle qu’il avait eue en affrontant Galford. Il avait essayé de le faire passer en reniflant. « Hmph... As-tu quelque chose que tu veux dire ? »

« S’il vous plaît, laissez-moi vous exprimer ma gratitude, » déclara Alicia.

« Exprimer de la gratitude... envers moi ? » demanda Diablo.

« Vous avez exterminé Gregore, le Déchu qui était apparu dans Faltra, et avez sauvé le chef de l’Association des Mages, Célestine Baudelaire, » déclara Alicia. « Non seulement vous avez fait cela, mais vous avez également repoussé les cent Déchus qui avaient avancé jusqu’au Pont d’Ulug... En tant que Chevalière Impériale chargée de protéger les citoyens de ce pays, je ne peux m’empêcher de ressentir de l’estime et du respect envers vous. Merci beaucoup. »

Être remercié si sincèrement avait mis Diablo mal à l’aise.

« Ah... C’était... J’ai détruit ceux qui étaient des Déchus parce qu’ils avaient osé s’opposer à moi, » répondit Diablo. « Je me fiche de la vie des autres races. »

Oups, peut-être que cette partie comme quoi je ne me soucie pas de la vie des autres est de trop !

Diablo regrettait souvent quelque chose qu’il venait de dire. Il n’était pas très bon pour parler.

Mais il semblait que cela ne dérangeait pas Alicia. « Je vois. Je ne pense pas que vous auriez besoin d’aide ou quoi que ce soit du genre, mais j’ai le devoir d’effectuer des rapports à Sa Majesté jusqu’à ce que cette question soit résolue. Alors s’il vous plaît, permettez-moi de rester à vos côtés jusque-là. »

« ... Tu fais comme tu veux, » déclara Diablo.

Il n’y avait rien d’autre à dire.

Les Chevaliers Impériaux appartenaient à l’élite. Leurs antécédents familiaux et leurs capacités étaient supérieurs à la moyenne des membres des autres races. En dépit de tout cela, elle traitait Diablo, un Démon qui était aussi un aventurier, avec le plus grand respect et la plus grande courtoisie.

Donc, voilà à quoi cela ressemble quand c’est naturel de parler avec les autres.

C’est vraiment effrayant.

S’il avait baissé sa garde, alors elle pourrait voir que le fait d’agir comme un Seigneur-Démon était tout simplement de la comédie.

Cela pourrait être son ennemi le plus redoutable jusqu’à maintenant.

Je ferai en sorte de la menacer pour qu’elle n’essaye pas de me parler trop souvent, pensa Diablo.

Il avait délibérément fait sa voix grave. « Si tu ne veux pas mourir, ne me parle pas si négligemment. »

Les yeux d’Alicia s’élargirent sous le choc. Il pensa que cela suffirait à lui faire peur, mais à la place, elle fit un profond hochement de tête.

« Alors je me préparerai pour ça..., » déclara Alicia. « Vous avez protégé les citoyens de Lyferia d’un grave danger qui menaçait tout le pays. Ma vie est un petit prix à payer si cela apaise votre colère. »

« Euh..., » Diablo était à court de mots.

Rem et Shera se regardèrent, stupéfaites.

Sylvie haussa les épaules tandis que Galford s’éclaircissait la gorge.

Après ça, Galford avait alors déclaré. « Ce serait un problème pour moi si vous alliez ainsi et que vous perdiez la vie si facilement... Sa Majesté me ferait bouillir vivant pour cela. Alicia Cristela est la fille d’un duc, une femme talentueuse qui a été diplômée de la classe supérieure de l’Académie des Chevaliers... et une des favorites du roi. Normalement, je ne l’autoriserais jamais à travailler aux côtés d’aventuriers. Mais, malheureusement, je n’ai pas le pouvoir de donner des ordres à un Chevalier Impérial. »

Alicia baissa la tête. « Je m’excuse pour tous les ennuis que je vais vous causer. »

Donc, fondamentalement, elle n’est pas un Chevalier Impérial ordinaire.

Galford fit sonner une petite cloche sur son bureau. « Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, j’ai une réunion auquel je dois assister. »

La porte de la pièce s’était ouvert, et le majordome qui avait guidé Diablo et les autres, entra de nouveau respectueusement en baissant la tête.

Et maintenant, il nous dit de nous tirer de là.

Mais c’était déjà assez pour Diablo.

Il avait appris l’emplacement des Elfes et la taille de leurs troupes, ainsi que la date limite de la quête. Il avait également découvert la manière dont le gouverneur pensait de lui et des autres. C’était presque un score parfait en termes de collecte d’informations...

Tant que vous n’aviez pas inclus le fait qu’il n’avait pas de plan spécifique pour faire face à cette situation, c’était...

***

Partie 6

Après avoir pris congé du gouverneur, Diablo et les autres avaient traversé le District Central. Ils avaient ensuite franchi la porte sud, et Sylvie s’était éloignée du groupe.

« Je vais retourner à la Guilde des Aventuriers, » déclara Sylvie. « Si vous avez besoin d’un endroit pour dormir, n’hésitez pas à venir à tout moment, d’accord ? »

« Hm, merci pour tout ! » déclara Shera. « Je vais faire de mon mieux pour m’assurer que la guerre ne se produise pas ! »

« Je n’ai rien fait pour que vous me remerciiez, » déclara Sylvie. « Tout ce que je faisais était de remplir le rôle de la Guilde des Aventuriers de rassembler le client et l’Aventurier qui accepte sa demande. Je ne suis pas fan des guerres moi-même, alors je compte sur vous, Diablo. »

« Oui ! Si c’est Diablo qui le fait, je suis sûre que tout ira bien ! Oh ! Mais je vais essayer de faire de mon mieux, bien sûr ! » Shera avait dit au revoir à Sylvie, serrant ses poings ensemble.

Le Diablo dont tu parles se doit de réfléchir pendant un sacré moment afin de comprendre ce qu’il va devoir faire, tu sais.

Elles comptaient sur lui. Mais il était un Sorcier, pas un tacticien. Il ne pouvait pas imaginer un moyen d’éviter une guerre.

Comme si elle se souvenait de quelque chose, Sylvie s’approcha de Diablo et lui fit signe de venir la voir.

On dirait qu’elle veut que je me penche. La différence entre leurs hauteurs était assez grande, donc s’ils étaient tous les deux debout, comme ils l’étaient en ce moment, ils ne pourraient pas garder leur conversation privée.

Dès qu’il s’était penché, Sylvie rapprocha ses lèvres de ses oreilles. « Alors, je pense que vous le savez déjà... Mais il y a des personnes qui nous regardent depuis un moment, n’est-ce pas ? »

Où !?

Il ne pouvait rien sentir autour d’eux, ils avaient traversé le District Central et d’autres zones relativement peu peuplées, mais il n’avait pas du tout remarqué.

J’ai besoin de ce radar dans le coin en haut à droite de mon écran, zut !

Mais s’il devait être honnête et dire « je n’en avais aucune idée », ce ne serait pas seulement boiteux, mais pas très Seigneur-Démon.

« ... Je le sais. C’est quelque chose de stupide de faire ça, » il murmura ces mots comme s’ils étaient les choses les plus insignifiantes du monde.

« Ce sont des observateurs envoyés par le gouverneur lui-même, mais ne leur faites pas de mal ou autre truc du genre, OK ? Ce n’est pas comme si vous deviez les protéger, mais ne les chassez pas non plus, » murmura Sylvie.

Bien sûr, il ne ferait pas ça. Bien qu’un Seigneur-Démon puisse dire quelque chose comme. « Quelle horreur !? », puis il les attaquerait.

« Hmph... Cela ne vaut même pas la peine de porter mon jugement sur eux, » répliqua Diablo.

« Alors c’est une bonne chose ! Alors, c’est tout pour moi. À bientôt ! » déclara Sylvie.

Après l’avoir salué, Sylvie se dirigea vers la Guilde des Aventuriers.

La voir courir au loin était comme regarder une enfant qui rentrait à la maison depuis la cour de récréation, bien que sa tenue ait un peu trop exposé son corps pour que l’image corresponde.

Ce serait certainement une source de préoccupation.

Sylvie avait bougé tellement vite qu’elle avait presque immédiatement disparu de leur vue.

« ... Sylvie est une bonne personne. Je ne lui ai même jamais parlé d’autant de choses avant, » déclara doucement Rem.

« On dirait que c’est comme ça, » déclara Shera.

« ... Je ne déteste pas Faltra. Parce que c’est en première ligne, les individus se soutiennent les uns les autres, c’est vivant, et toute la ville respire la vie. Tous les citadins ici ne voudraient pas une guerre entre les races, » déclara Rem.

Shera était d’accord avec elle, tandis qu’Alicia fit un signe de tête.

Et je ressens la même chose.

Mais un Seigneur-Démon épris de paix serait un peu bizarre, alors il avait gardé sa bouche fermée.

Attends un peu. Alors maintenant, Sylvie a quitté notre groupe. Ce n’est pas bon ça.

Maintenant, ils n’avaient plus un moyen d’occuper des futurs attaquants. Sa magie de Lien était vraiment puissante, et Diablo n’était pas encore sûr de pouvoir compter sur Alicia pour la remplacer.

Au contraire, si Diablo finissait par tuer quelqu’un, il y aurait une Chevalière Impériale à ses côtés... Il était possible qu’il soit arrêté sur place.

Il ne pouvait pas compter sur la gentillesse chaleureuse du gouverneur si cela arrivait.

Comment puis-je repousser les attaquants maintenant ?

Ce serait le même problème s’il finissait par se battre avec les Elfes.

Rem et les autres avaient toutes détesté l’idée de la guerre. Ce n’était pas seulement parce qu’elles étaient des citoyennes de Faltra, mais aussi parce qu’elles ne voulaient pas tuer d’autres personnes. Après tout, les Elfes venaient de la ville natale de Shera.

À la différence de l’armée de cent Déchus, il ne pouvait pas les frapper avec une Nova blanche, les anéantissant pour qu’il ne reste même pas de cendres.

Et une arme ?

Diablo était peut-être un sorcier, mais il avait également atteint le niveau maximum de 150. Ses statistiques FOR et AGI étaient plus élevées que celles des guerriers de niveau inférieur. Sa magie était trop puissante, ce qui la rendait difficile à utiliser, mais une arme pourrait être efficace pour se retenir. Il serait également pratique pour prendre beaucoup de personnes à la fois. Il serait capable de se battre sans utiliser ses PMs.

Quand il avait consommé trop de Points de Magie, son énergie commençait à se faner. S’il utilisait tout, il ne serait pas capable de continuer. Il finirait au ralenti toute la journée, et avant qu’il le sache, il aurait faim, et le soleil se coucherait.

D’abord, il devait se protéger avant de pouvoir penser à éviter une guerre.

Il avait décidé de se rendre à la boutique d’armes. « Venez avec moi ! » dit-il en regardant les trois filles.

Il s’était retourné, faisant voler sa cape, puis il avait commencé à marcher.

Dans une légère précipitation, Rem s’était mise à trottiner à côté de lui.

« ... Où allez-vous ? En tant que votre Invocatrice, je voudrais une explication avant de faire quelque chose. » Shera, qui avait été prudemment à l’écoute de la conversation, éleva la voix.

« Excusez-moi ! Personne ne parle à Diablo comme s’il était votre Invocation ! De plus, je suis celle qui l’a invoqué ici ! Moi ! C’est moi ! » cria Rem.

Maintenant, c’était nostalgique.

Elles font encore ça ?

Alicia avait affiché un regard curieux sur son visage. « Euh... Monsieur Diablo était-il vraiment convoqué par Mademoiselle Rem ou Mademoiselle Shera ? »

« ... Je suis son Invocatrice, » déclara Rem.

« Et j’ai dit que je le suis ! Après tout, j’étais celle qui a dit que nous devrions invoquer un Seigneur-Démon d’un autre monde ! » déclara Shera.

« Mademoiselle Shera, pourquoi avez-vous en premier lieu envisagé d’invoquer un Seigneur-Démon ? » demanda Alicia.

« Je veux dire, un Seigneur Démon doit être le plus fort, non ? Et j’avais besoin d’une puissante Invocation, » répondit Shera.

« N’aviez-vous pas peur ? » demanda Alicia.

« Hein !? Les Invocations doivent écouter ce que disent leurs Invocateurs, donc tout va bien, n’est-ce pas ? » demanda Shera.

« Mais..., » commença Alicia.

En réalité, Shera et Rem étaient coincées avec des Colliers d’Asservissement, tandis que Diablo, le Seigneur-Démon autoproclamé, se pavanait dans la ville avec les filles derrière lui.

Alicia avait commencé à bombarder Shera avec des questions, des choses comme : « Où l’avez-vous invoqué ? » et « Sous quelles conditions étaient-ce ? » Diablo se demandait si elle allait aussi rapporter tout cela au roi. Être une Chevalière Impériale semblait être une ligne de travail étonnamment directe, mais chargée.

Rem avait essayé de demander. « ... Et où est exactement notre destination ? »

« Nous n’allons pas dans la forêt où sont tous les Elfes, n’est-ce pas ? » Évitant les questions d’Alicia, Shera demanda ça.

Diablo avait souri, puis il avait répondu. « Avant cela, nous devons aller à la boutique d’armes. »

« La boutique d’armes... !? » Les filles avaient demandé ça à l’unisson.

« ... Mais pourquoi ? Je ne crois pas que vous trouverez quelque chose de mieux que le bâton remarquable que vous possédez en fouillant dans l’un des magasins ici, » déclara Rem.

« Tout à fait ! Et les magasins en ville ont seulement des épées et des lances et d’autres choses du genre. De plus, rien ici n’est enchanté, » ajouta Shera.

« Ne venez pas avec des conclusions basées sur vos propres normes inférieures. J’ai une idée, » répliqua Diablo.

« Si je dois affronter plus d’attaquants ou d’Elfes, je me dois d’acheter une arme qui me permet de me retenir, » est-ce quelque chose de prévenant qu’un Seigneur-Démon ne dirait jamais.

Il voulait vraiment y aller seul, mais pour l’instant, il lui était impossible de laisser Shera loin de lui.

Alors que Rem le guidait, Diablo se dirigea vers le quartier commercial du sud.

« Eh bien, je suppose que cela importe peu ! » Shera avait dit en affichant qu’elle était joyeuse alors qu’elle l’avait suivi tout le long du chemin.

Sans questions ni plaintes, Alicia les suivait de près.

***

Partie 7

La boutique d’armes...

Il y avait beaucoup de magasins alignés le long de cette rue dans le district sud de Faltra. C’est là que vous pourriez trouver la plupart des choses dont vous auriez besoin en tant qu’Aventurier.

La boutique d’armes était un bâtiment en pierre, et même s’il s’agissait d’un magasin, le devant du bâtiment n’était pas resté ouvert. Il y avait une ouverture sous la forme d’une porte lourde, qui était plus grande que la maison moyenne. Ils étaient entrés dans le magasin.

L’intérieur était spacieux et sentait le fer.

Une chose qui ressortait de l’intérieur était qu’ils avaient utilisé des briques, un matériau de construction de haute qualité ici.

On dirait qu’ils se débrouillent plutôt bien.

Il y avait une employée derrière le comptoir, et un éventail d’armes derrière elle.

Je suppose que je dois demander à l’employée là-bas de me montrer chaque arme, une à la fois.

Il s’agissait d’une précaution évidente pour eux qu’ils prenaient là. L’ordre public ici était bien pire par rapport au Japon du 21e siècle.

Il n’y avait même pas un demi-mois depuis qu’il était venu ici, mais il s’était déjà habitué à ce qu’il était anormal de voir des choses comme des épées et des armes blanches accrochées dans des vitrines.

L’employée ici était une Marcheuse d’Herbes. Elle avait un bandana attaché autour de la tête, avec deux longues oreilles de lapin qui sortaient des interstices du tissu. Comme elle faisait partie d’une race qui semblait enfantine même après avoir atteint l’âge adulte, son âge était un mystère.

Elle portait une chemise de chanvre qui semblait solide dans le cadre de ses vêtements de travail. Diablo ne pouvait pas voir la moitié inférieure du corps de la fille, mais sa tenue lui avait crié le mot « Forgeron ».

C’était le PNJ du magasin d’armes dans le jeu, n’est-ce pas ?

Dans tous les cas, elle ressemblait beaucoup à ce PNJ.

Si je me souviens bien, selon l’histoire du jeu, elle était censée être une apprentie forgeronne.

On disait qu’elle était entrée en apprentissage sous les ordres du nain qui dirigeait le magasin, qu’elle admirait. Cependant, elle n’avait pas vraiment pris le marteau et avait toujours été obligée de travailler au comptoir. Parfois, elle essayait de forger des choses en secret, mais son maître lui criait dessus après l’avoir découvert.

Elle avait deux façons d’accueillir les clients : la version « normale » et la version « après qu’elle ait subi les cris de son maître ».

Diablo appela la fille derrière le comptoir : « Je suis venu regarder tes armes. »

« Waaaaaahhh! Nous avons beaucoup de bonnes armes iciiiiii ! Je n’ai pas réussi à en faire une seule, Zutttttttt ! » C’était donc la deuxième version.

Cette particularité est vraiment comme dans le jeu... c’est étrange.

Mais il devait y avoir eu beaucoup d’autres magasins d’armes ici. D’ailleurs, il n’y avait aucun PNJ nommé Rem, Shera ou Sylvie. Et le Maître de la Guilde n’avait même jamais fait une apparition dans le jeu. C’était comme si Diablo progressait dans une quête encore inconnue dans le monde du Croisement de la Rêverie. Il ne savait pas encore clairement les différences entre ce monde et le jeu.

Diablo ne savait pas quoi faire pour calmer l’employée Marcheuse d’Herbes, alors il décida de l’ignorer et de lui dire les caractéristiques de l’arme qu’il voulait.

« Calme-toi, et écoute-moi bien... Je suis à la recherche d’une arme qui ne semble pas déplacée pour être transporté dans la ville, qui ne nécessite aucun entretien et qui a un aspect suffisamment attrayant, » déclara Diablo.

« Voulez-vous dire une épée longue ? Hmmmm !? Nous en avons de bonnes iciiiiii ! Bien que je n’en ai fait aucun d’ellllleeesss ! » déclara la vendeuse.

« Hm... une épée longue, comme je le pensais, » déclara Diablo.

La première chose qu’un joueur ferait après avoir choisi la classe de Guerrier dans le Croisement de la Rêverie serait d’acheter une épée. Bien que des races avec des statistiques de Force plus basses achèteraient des dagues.

Il n’y avait pas de trucs bizarres à faire pour se battre avec, et c’était un jeu d’enfant de l’utiliser. Le fait de pouvoir acheter une arme relativement puissante pour pas cher était l’un de ses charmes.

D’ailleurs, il n’y avait aucune restriction d’équipement dans le Croisement de la Rêverie. Un Sorcier pourrait utiliser une épée longue, et pourrait même équiper une armure de métal. Cependant, alors que la plupart des bâtons agissaient pour améliorer votre magie d’une manière ou d’une autre, il n’y avait pas d’épées qui offraient ce genre d’avantages. La même chose fonctionnait pour les armures, car elles n’étaient pas un type d’équipement approprié pour les Sorciers.

Si vous deviez choisir un équipement basé sur les statistiques, un sorcier finirait avec une robe et un bâton. Mais puisque vous ne le sauriez pas à moins que vous ne vous en soyez vous-même servi, Diablo avait testé des épées et des lances et ainsi de suite, donc il n’était au moins pas un amateur complet avec eux dans le jeu. Il avait déjà expérimenté à quel point sa FOR était affectée, mais il ne serait pas capable de dire comment il pourrait utiliser une épée dans ce monde à moins qu’il ne l’ait essayée avant ça.

Rem hocha la tête comme si elle venait de comprendre quelque chose. « ... Je comprends maintenant. Il s’agit d’une arme pour repousser les attaquants sans les tuer. »

« Quoi... hein !? Que voulez-vous dire ? » demanda Shera.

« ... Ne comprenez-vous pas, Shera ? » demanda Rem. « Si Diablo utilise sa magie contre des aventuriers comme les derniers attaquants, leur vie risque de leur être arrachée. S’il utilise une arme, alors Diablo pourrait s’arrêter juste avant de les tuer. »

« Oh, je vois ! » s’écria Shera.

« ... Après tout, il semblerait que Diablo soit gentil, » déclara Rem.

« Oui, il l’est ! » répondit Shera.

Rem et Shera le regardaient comme si elles regardaient un chaton ou une autre chose mignonne. Il voulait nier ce qu’elles avaient dit, mais ne pouvait pas trouver une réponse rapide.

Il avait fait un « Hmph » mécontent alors qu’il reniflait à travers son nez.

Diablo avait ensuite parlé à l’employée. « Je vais prendre une épée. Montre-moi ce que tu as... »

Il s’était arrêté au milieu de sa phrase. Un certain objet avait attiré son attention.

Il s’agissait d’une arme appuyée contre le mur à l’arrière de la boutique. Elle avait une longueur de plus de deux mètres, et avait une longue poignée, comme celle que l’on trouverait sur une lance. De bout en bout, elle était faite avec du fer noir pur avec une longue lame incurvée qui lui était attachée. Elle avait une lame sinistre et déformée, comme si le fer avait été fait en forme d’aile de démon.

Une « Grande Faux ».

Il s’agissait d’une énorme faux, comme celle d’une Faucheuse qu’on trouverait dans un jeu ou dans un animé. Diablo ne pouvait détacher ses yeux.

C’est trop cool !

C’était parfait pour un Seigneur-Démon. Il avait été totalement attiré par elle en un instant.

Habituellement, il regarda les statistiques et les rejetait si elles étaient trop faibles. Mais cette fois, être faible était une bonne chose. En fait, ce serait un problème si elle n’était pas faible.

Tout simplement en le regardant, on pourrait dire que c’était une arme pour ceux qui se souciaient des apparences et seulement des apparences.

Diablo avait désigné la faux contre le mur. « Montre-moi celle-là. »

« ... Et lequel serait-ceeeeee... Hein !? Par celle-là, voulez-vous dire... cette faux de guerre ? » demanda la vendeuse.

« C’est exact, » répondit Diablo.

« ... Je suis celle qui a forgé cette arme, mais..., » expliqua la vendeuse. « L’équilibre est mauvais, il n’y a pas de tranchant dans la lame, et son design est si désagréable que mon maître m’a grondé pour ça, en disant “Je n’ai pas un magasin de jouet !” C’est une vraie merveille, je sais, mais qu’en est-il ? Si vous allez vous moquer de moi, pourriez-vous aller le faire ailleurs ? »

« Donne-moi ça, » déclara Diablo.

« Excusez-moi, Monsieur, mais êtes-vous fou !? » demanda la vendeuse.

« Ne comprends-tu pas ce que je dis ? Elle est parfaite pour moi, » insista Diablo.

« Mais Monsieur, vous avez dit que vous étiez à la recherche d’une arme qui “ne semble pas hors de propos pour transporter la ville, qui n’a pas besoin d’entretien et qui a une apparence suffisamment attrayante”, n’est-ce pas ? » demanda la vendeuse.

« Oui, » répondit Diablo.

« Mais si vous vous promeniez en ville avec ça, ça aurait vraiment l’air bizarre, et vous devez continuer à aiguiser la lame quand vous l’utilisez, et seules les personnes avec un goût affreux aimeraient ce design... J’ai les larmes aux yeux juste en disant ça. Est-ce une sorte d’intimidation de haut niveau que vous me faites là ? » demanda la vendeuse.

« Hmph... Ta façon de penser est trop réduite, » répliqua Diablo.

« Hein !? » s’exclama-t-elle.

« Penses-y. Cette arme aurait-elle l’air étrange si j’étais celui qui la tenait ? » demanda Diablo.

L’employée était restée silencieuse.

Et puis...

« Ça aurait l’air tout à fait naturel !? » s’exclama-t-elle

« Bien sûr. J’avais prévu de l’utiliser sans frapper avec la lame, donc l’entretien ne sera pas nécessaire, » expliqua Diablo. « Et si je suis celui qui le détient, alors il ne devrait pas apparaître étrange. »

« Si vous envisagez de ne pas utiliser la lame, alors pourquoi une faux !! ... Est-ce que cela veut dire..., mais vous avez raison. Elle correspond parfaitement à votre apparence. Mais pour commencer, pourquoi êtes-vous habillé comme un Déchu ? »

« Ne réfléchis pas plus loin. Cette faux de guerre me convient parfaitement, et tu vas me la vendre. Des problèmes avec ça ? » demanda Diablo.

« Il est vrai qu’il n’y a personne d’autre pour qui cette faux effrayante serait bien, » répondit la vendeuse. « C’est bon, j’ai compris ! Après tout, je suis aussi forgeronne ! Cependant, je suis une forgeronne en formation ! Si vous dites que vous voulez quelque chose que j’ai fait, alors je ne peux pas juste vous le donner, n’est-ce pas ! Pour être honnête, je me demandais comment j’allais me débarrasser de la chose, alors pouvez-vous me donner ce que cela a coûté en l’acier : une pièce d’argent ! »

C’est trop bon marché.

Il prévoyait de se rendre à la boutique d’objets après cela, cependant, cela aidait s’il pouvait garder ses dépenses faibles ici. Il avait reçu une récompense appréciable pour avoir accompli la quête de Céles l’autre jour, mais comme tout ce qu’il avait fait était de paresser et de dormir depuis, il était inquiet au sujet de ses fonds.

Il avait également été question d’une récompense pour avoir sauvé la ville du Déchu, Gregore... Mais comme il était en pleine apathie après avoir trop utilisé son mana, il l’avait refusé parce qu’il pensait que c’était trop pénible à gérer.

Sortant un sac en cuir de sa poche, il remit une pièce d’argent en guise de paiement.

À titre de référence, une pièce d’argent s’était avérée valoir 4 000 friths. C’était à peu près la même chose pour une nuit à l’Auberge de la Tranquillité d’Esprit, dîner inclus. Et dans tous les cas, vous auriez besoin de 200 000 friths pour la longue épée moyenne.

La fille agrippa la pièce d’argent, comme si elle la chérissait.

« C-C’est la première fois... que je vends une arme que j’ai faite... Merci beaucoup, Monsieur ! Je vais aller la prendre pour vous, alors attendez une seconde, d’accord ? » demanda la vendeuse.

Comme elle avait du mal à la porter, elle s’époumonait quand elle l’apporta à Diablo.

Il avait pris l’arme des mains de la vendeuse.

Cette chose est assez lourde.

La FOR de Diablo aurait dû être assez élevée, mais même ainsi, ça pesait lourd pour lui. La lame était trop épaisse et le manche trop long. En y regardant de plus près, les bords étaient ondulés, comme une flamberge. Les blessures après avoir reçu un coup de cette arme seraient certainement horribles, mais il n’y avait aucun doute qu’il n’y avait pas de tranchant.

Il pourrait être plus approprié de l’utiliser plus comme une massue. Je dois juste m’assurer que je ne me frappe pas avec la lame.

Quel genre de statistiques cette arme aurait-elle dans le jeu ?

Diablo avait mémorisé la plupart des armes, car il avait besoin de savoir ce que ses adversaires utilisaient dans le jeu en un coup d’œil. Il devrait surtout être capable de se souvenir de quelque chose comme ça, qui ressemblait presque à une arme blague...

Je t’ai trouvée.

Son nom dans le Croisement de la Rêverie était la Grande Faux Prototype.

Ce n’était pas quelque chose de vendu dans l’un des magasins. Au cours d’un de ces événements, il y a deux ans, il y avait une loterie à laquelle vous pouviez participer pour des prix... et cette arme était ce que vous aviez quand vous perdiez.

Sur les Wikis, tout le monde le connaissait par son surnom : la « Grande Faux (Échec) ».

Alors qu’il regardait la jeune fille souriante à laquelle il venait de donner une pièce d’argent, Diablo se sentit un peu désolé pour elle.

Pour moi, au moins, je ferai en sorte de l’utiliser du mieux que je peux, pensa Diablo.

C’était la première fois depuis longtemps qu’il avait changé son équipement. Et il n’était pas nécessaire de le mentionner, mais c’était peut-être la première fois qu’il avait choisi quelque chose par la forme à la place de le faire sur la fonction.

Diablo avait effectué avec la faux de guerre quelques frappes.

Remarquant ça, Rem avait grimacé. « ... Est-ce... ce que vous vouliez ? C’est bon aussi longtemps que cela vous convient, mais... comment puis-je dire cela... »

Alicia n’avait fait aucun commentaire. Cependant, Shera avait déclaré avec bonheur bien visible. « Vous ressemblez de plus en plus à un méchant, hein ! »

« Arg... Hmm... je suppose que tu as raison..., » répliqua Diablo.

Diablo ne pouvait pas argumenter face à cela, il venait d’obtenir une arme qui avait augmenté sa statistique « Méfiance » dans des sommets jamais inégalés.

***

Partie 8

L’Anneau du Seigneur-Démon de Diablo avait en son sein un pouvoir permettant à la magie d’être réfléchi, et pas seulement de la magie offensive utilisée par ses adversaires, mais aussi des sorts de soins.

En tant que tel, Diablo avait dû compter sur des potions pour se soigner.

S’il avait des amis dans le jeu, il aurait pu avoir quelqu’un qui se spécialise dans les potions pour en faire pour lui. Mais à cause de son jeu de rôle de Seigneur-Démon, il n’avait pas d’alliés sur lesquels il pouvait compter. En conséquence, Diablo devait être capable de faire des potions lui-même, c’est pourquoi il avait pris la sous-classe « Alchimiste ».

J’ai pu utiliser ma magie élémentaire dans ce monde, il en va de même pour la combinaison de matériaux. Je devrais essayer et rassembler quelques ingrédients.

Dans la boutique générale...

Il s’agissait d’un vieux bâtiment situé dans un coin du marché du sud. Tout comme les autres bâtiments autour de lui, les murs étaient faits de pierres empilées les unes sur les autres. La porte de cette boutique avait aussi été fermée.

Après avoir ouvert la grande porte, ils étaient entrés. Il y avait des rangées d’étagères alignées, ce qui rendait l’endroit très à l’étroit. Il était évident que cette boutique avait beaucoup trop d’objets en stock, car les étagères étaient remplies à ras bord de divers produits. Toutes sortes d’objets étaient ici, des choses qu’il avait vues avant, aux choses qu’il n’avait aucune idée de ce qu’elles pouvaient être. Il n’y avait pas de noms pour les objets ici, encore moins de descriptions pour eux.

Maintenant que j’y pense, moins de la moitié de la population était alphabétisée au Moyen Âge, n’étaient-ils pas ainsi ?

Si la majorité des Aventuriers pouvaient seulement lire et écrire leurs propres noms, il serait inutile de préparer toutes sortes d’explications écrites ou similaires. La seule chose devant chaque produit était une étiquette indiquant le prix.

« ... Avez-vous aussi des affaires à faire dans la boutique d’objets ? » demanda Rem. « Quelqu’un d’aussi fort que vous a-t-il aussi besoin de tels articles ? »

Shera acquiesça, montrant son accord avec Rem. « Ouais, je ne peux pas vous voir en train de boire une potion ou quelque chose, vous savez ? »

Vous aviez besoin de temps et d’ingrédients pour faire des potions de santé. C’est là que, lorsque vous aviez atteint un niveau où vous pouviez finalement apprendre la magie de soins dans le jeu, la plupart des individus cessaient naturellement de les utiliser au fil du temps.

Les aventuriers de haut rang ne comptaient pas sur des objets.

Eh bien, je suppose qu’il est difficile d’imaginer un Seigneur-Démon se contentant de boire une potion.

C’était comme si vous aviez vu le dernier boss d’un jeu commençant à boire une potion... Eh bien, ça ruinerait leur image pour tous, et casserait l’immersion du joueur.

Devrait-il protéger son image de Seigneur-Démon, ou opter pour des avantages pratiques... ?

Il avait lutté dans sa tête pour une seconde... Mais il était déjà arrivé à une conclusion.

S’il avait été vaincu parce qu’il avait manqué de potions, même après avoir eu tout ce temps pour préparer... Il voudrait alors mourir de regret.

D’abord et avant tout, il le regretterait en tant que joueur. Si une telle chose arrivait, il ne serait pas en mesure de protéger Shera face aux Elfes. Il briserait également sa promesse à Rem de détruire le Seigneur-Démon Krebskulm scellé à l’intérieur d’elle.

S’il avait perdu dans ce monde, c’était la fin. Pas de reprise de sauvegarde possible.

Il y avait des batailles ici qu’il avait absolument besoin de gagner... Il ne pouvait pas gagner en se pomponnant. Seules une préparation minutieuse et une force exceptionnelle le mèneraient à la victoire.

Rem et Shera comprenaient déjà la supériorité de la magie de Diablo, et Alicia semblait aussi l’admettre. Même si elles l’avaient vu acheter les ingrédients pour des potions, cela ne devrait pas suffire à porter un coup fatal à son image majestueuse.

... Au moins, j’espère que cela va bien se passer.

Maintenant, avec cet espoir dans son cœur, Diablo se dirigea plus loin dans le magasin. Là, il avait trouvé une vieille table en bois. Assise à cette table se trouvait une fille qui lisait un livre.

C’est un autre PNJ dont je me souviens.

C’était une jeune fille naine avec de grandes oreilles triangulaires, comme un chihuahua. Mis à part les oreilles et la queue du chien, il n’y avait pas beaucoup de différence entre un enfant nain et un enfant humain.

Quand une fille naine atteignait la maturité, sa taille restait toujours faible, mais son visage devenait plus mature, et sa poitrine devenait aussi plus imposante.

Dans le jeu, cette fille était « une petite-fille qui surveillait la boutique pendant que sa grand-mère était absente ».

Se sentant nostalgique, Diablo lui avait parlé. « Il y a des choses dont j’ai besoin. »

« Ah, bienvenue ~ oh, mais, euh, ma grand-mère n’est pas encore de retour, » déclara la jeune fille. « Hmm... Eh bien, je suppose que c’est bon. Vous pouvez acheter des choses, si vous le voulez. »

C’était à peu près les mêmes phrases que dans le jeu.

Apparemment, la grand-mère de la fille n’était jamais revenue dans le jeu, pas même une seule fois. Il y avait beaucoup de théories quant à cela : il y avait la théorie « la grand-mère est morte pendant le voyage », la théorie « la fille a été abandonnée par la grand-mère » ou la théorie toujours populaire « Je suis maintenant ta grand-mère ».

C’était tout juste des bavardages dans la salle de discussions du jeu, sans vraies réponses.

Mais maintenant, c’est peut-être l’occasion parfaite de résoudre le mystère qui hante le jeu depuis des années ! Vous pouvez seulement acheter des choses d’elle dans le jeu, mais ce monde est différent. Je peux effectivement lui poser des questions ici.

Une autre théorie, plus grave, venait de lui traverser l’esprit : la fille avait été incapable d’accepter la mort de sa grand-mère, et avait continué à croire à ses propres mensonges.

S’il avait accidentellement outrepassé ses limites et avait trop demandé, il pourrait lui causer une sorte de dommage psychologique profond. Il ne saurait pas quoi faire si cela arrivait.

Mieux vaut s’arrêter ici. Il y a quelques mystères qu’il vaut mieux ne pas résoudre.

Diablo avait énuméré les ingrédients nécessaires pour la recette de la Potion de Soins Faibles.

« J’aurais besoin de feuilles de pavot des forêts et d’eau de source fraîche. As-tu ça ici ? » demanda-t-il.

La fille avait mis un doigt sur ses lèvres, comme si elle pensait. « Hmm... nous en avons... »

Si vous combinez ces deux objets dans le jeu, vous aurez vous-même une potion de vie fraîchement créée.

Diablo avait soudainement pensé à quelque chose : « As-tu quelque chose qui peut être utilisé comme contenant pour une potion ? »

Ce serait un objet qui n’existait pas dans le jeu. Mais dans ce monde, il n’y avait aucune chance qu’un récipient apparaisse comme par magie quand vous mélangez des herbes et de l’eau.

La vendeuse avait donné la même réponse qu’avant. « Hmm... nous en avons... »

Donc, il y a quelque chose comme ça ici.

En lui-même, Diablo poussa un soupir de soulagement.

Si j’avais oublié d’acheter un récipient après avoir acheté tous ces ingrédients pour les combiner, les autres commenceraient à penser que je suis maladroit, même si je suis un Seigneur-Démon. Je suis content que je n’aie pas fini par faire quelque chose de vraiment boiteux.

« Alors j’en prendrai neuf de chacun, » dis-je.

« C’est un... nombre impair que vous choisissez, » répondit la jeune fille.

Vous pouviez empiler neuf exemplaires du même objet dans un emplacement du jeu. Voilà pourquoi Diablo avait l’habitude d’acheter des choses par neuf. Bien qu’en y pensant d’un point de vue plus réaliste, cela avait semblé un peu bizarre.

Mais se corriger maintenant le rendrait tout simplement stupide.

Il avait alors déclaré. « Hehe hehe hehe... Ce n’est pas possible pour une petite fille de comprendre la signification de ce nombre. »

« Hmm... Vous avez raison, je ne comprends pas, » répondit-elle.

« Mais bien sûr... Alors, donne-moi neuf exemplaires de chacun, » déclara Diablo.

« D’accord~ ! » déclara la jeune fille.

Laissant son livre sur la table, la fille avait trottiné un peu partout dans le magasin. Elle semblait avoir une idée de l’endroit où chaque objet demandé par Diablo était situé parmi les montagnes de marchandises à vendre ici. Dans le jeu, vous n’aviez qu’à discuter avec le marchand et à payer pour acheter leurs marchandises, mais en réalité, ils devaient se donner la peine de vous apporter les articles.

Cela doit être assez difficile pour elle de s’occuper de la boutique toute seule.

Il ne pouvait qu’espérer que la grand-mère de la fille revienne le plus tôt possible. Après un petit moment, la fille était revenue. Dans un panier en bois, il y avait neuf feuilles de pavot des forêts à l’intérieur, ainsi que de l’eau de source naturelle et des fioles qui ressemblaient à des éprouvettes.

Les feuilles de pavot avaient à peu près la taille de votre paume et avaient une couleur verte et rafraîchissante. Les feuilles avaient été attachées avec de la ficelle, et la fille en avait enlevé une de la pile. Il semblait qu’un paquet contenait dix feuilles, il devait donc être assez rare qu’un client en demande spécifiquement seulement neuf.

L’eau avait été mesurée à l’œil nu et prélevée dans un tonneau avant d’être transportée dans de petites pochettes en cuir. Un sac semblait contenir environ 100 ml d’eau.

Les cylindres qui ressemblaient à des tubes à essai étaient apparemment appelés des flacons à potion, et étaient semblables à des cantines métalliques. Ils avaient tous été bouchés avec un bouchon.

Pour l’instant, cela devrait suffire à tester le mélange de ces deux éléments, n’est-ce pas ?

Pour être honnête, une potion de vie pour débutant ne soignerait que 1 % du total des Points de Vie de Diablo. Les objets avaient tous des effets fixes, donc une fois que vous aviez commencé à monter de niveau, vous cessiez de remarquer l’efficacité des objets de base. Dans tous les cas, il voulait une potion de vie avancée. S’il en avait neuf, il pourrait se rétablir complètement même s’il était au bord de la mort.

Quant aux potions de guérison plus fortes, ou bien celles qui augmentaient les statistiques, c’était alors des potions rares qui auraient besoin d’ingrédients encore plus rares pour les produire. Dans le jeu, il avait maximisé ses compétences en tant qu’Alchimiste. Tant qu’il avait les ingrédients, il devrait être capable de faire n’importe quoi. Mais parce qu’il n’avait jamais essayé auparavant de combiner les choses dans ce monde, il était nerveux quant à ça.

***

Partie 9

Cependant, je veux vraiment une potion de mana.

Par rapport aux potions de vie, les potions de mana nécessitaient des ingrédients beaucoup plus rares pour les faire. Mais comment était-ce accessible dans ce monde ?

« As-tu des Racines de Carottes Kaiser et de l’Eau de la Montagne Sacrée en stock ? » demanda Diablo.

La fille de magasin secoua négativement la tête. « Hmm... Nous n’avons pas de choses si rares comme ça. »

« N’as-tu pas ce genre de matériel ici ? Ils devraient être trouvables facilement dans les parties les plus profondes de la Forêt Mangeuse d’Hommes, » déclara Diablo.

« Hmm, voyez-vous... Vous pouvez les trouver, mais c’est vraiiiiiment dangereux, et même si je fais une demande à la Guilde des Aventuriers, personne ne prend la quête, » répondit la vendeuse.

« Hmm... je vois, » répondit Diablo.

En repensant au jeu, il y avait des quêtes de collecte afin de récolter ce genre d’objets. Même si personne n’assumait les quêtes, il n’y avait aucune chance que le magasin d’articles soit en rupture de stock.

Mais c’était ainsi ici. Il ne savait même pas s’il pouvait combiner les choses, et il n’était pas sur le point de partir à la recherche d’ingrédients.

« Donne-moi le total pour tout ça, » annonça Diablo à la vendeuse.

« Hm... Dacodac... Euh... tout ensemble, cela fera 9000 friths, » répondit-elle.

« C’est vraiment une dépense, » déclara-t-il.

Les aventuriers avaient peut-être un niveau inférieur dans ce monde, mais les prix pour les choses étaient très coûteux comparativement au jeu.

Mais c’est comme ça que ça se passe.

Dans le jeu, les sorts de retour chez soi étaient utilisés tout le temps. Vous pourriez compléter des quêtes de collecte avec seulement un voyage à sens unique. Mais même si cette magie existait dans ce monde, elle n’était pas aussi répandue. Les seules choses qui y étaient liées étaient des légendes de Célestes qui l’auraient utilisé, et des rumeurs selon lesquelles les Sorciers de la Capitale royale pourraient aussi l’utiliser. En plus de cela, dans le jeu il faudrait environ cinq à six minutes pour arriver à votre destination, ainsi que quelques combats. Cependant, dans ce monde, il faudrait une demi-journée pour rentrer à la maison, et quelques batailles suffisaient à mettre votre vie en danger.

Peu importe la générosité des Aventuriers qui avaient rassemblé ces ingrédients, ils ne les vendraient jamais pour pas cher.

Diablo avait sorti trois pièces d’argent.

Trois pièces d’argent avaient 12 000 friths, alors il devrait obtenir 3 000 friths en monnaies. Mais ce serait alors recevoir 30 pièces de cuivre. Dans des moments comme celui-ci, vous auriez souvent une pièce d’argent coupée en deux moitiés valant 2 000 friths.

Couper la monnaie comme ça serait un crime dans le Japon moderne. Mais je suppose que c’est une mentalité qui provient du fait qu’il n’y a pas de papier monnaie au Moyen Âge.

Il obtiendrait une pièce de monnaie demi-argent et dix pièces de cuivre comme change.

« Mmm... Alors, votre monnaie est de 3000 friths tout à fait, cher client, » déclara la jeune fille.

« Hm. »

Son utilisation du « cher client » en lui donnant le change l’avait vraiment fait ressembler à la fille d’une grand-mère. C’était un peu comme être dans un petit magasin de bonbons de petite ville.

Maintenant, comment devrais-je ramener tout ça ?

Tout était bien qu’il avait pu acheter ses ingrédients, mais ils étaient assez lourds. Alors qu’il portait le Bâton de Tenma et le Prototype de Grande Faux, il ressemblait plus à un marchand ambulant qu’à un Seigneur-Démon.

Alicia s’avança. « Dois-je porter cela pour vous ? »

« Attends. Je vais essayer quelque chose, » déclara Diablo.

Dans le jeu, votre pochette d’objets avait 30 emplacements pour contenir des objets. Quand vous commenciez le jeu, la pochette ne disposait que de dix emplacements disponibles, mais vous pouviez payer de l’argent pour augmenter ce montant. Apparemment, c’était une pochette magique qui fonctionnait avec de l’argent réel.

Chaque cinq emplacements coûtaient 1500 yens. En gros, il avait fallu 6 000 yens pour libérer complètement le vrai potentiel de la pochette. Cela signifiait dépenser beaucoup d’argent réel.

Où sont passés mes 6000 yens !?

Il essaya de fourrer les sacs de cuir d’eau de source dans la poche de sa taille. Normalement, un litre d’eau ne rentrait jamais dans une pochette juste assez grande pour contenir votre portefeuille et votre téléphone portable, mais cela avait marché.

Rem, Shera, Alicia, et même la vendeuse, le regardaient en étant mystifiées. Cela s’était déroulé sans un mot.

« Je n’en attendais pas moins de mes 6000 yens ! » déclara Diablo après avoir réussi à activer ça.

Il l’avait dit sans réfléchir. Rem inclina sa tête sur le côté et demanda, « Est-ce que les “Six mille yens” est une sorte de sort ? »

Hm ? Donc, ils ne savent pas ce que signifie « six mille yens », mais ils comprennent bien « six mille friths ».

Diablo ne pouvait pas lire lui-même l’écriture du Royaume de Lyfer, mais il était capable de parler avec les autres.

Mais comment ça marche ?

Pour commencer, je ne sais même pas quelle langue je parle. Tout ce que j’ai vu de cette terre me fait penser à l’Europe médiévale, alors peut-être le latin ? Mais c’est quand même un autre monde...

Il avait décidé de réfléchir à cela plus tard.

Juste pour être sûr, il avait essayé de prendre l’eau de la source de sa pochette...

Aucun problème n’avait été rencontré quand il avait fait ça. Bien qu’elle puisse sembler petite à l’extérieur, c’était en réalité aussi gros qu’un grand sac à dos... Non, c’était plutôt au niveau d’une salle de stockage.

Et quand il avait atteint l’intérieur, il pouvait sentir l’objet qu’il visait au bout de ses doigts.

Maintenant, c’est pratique.

Il y plaça après ça le paquet de feuilles de pavot et les flacons de potions. Tout cela était entré sans problème.

« Wooooooaahhhwww !? » s’écrièrent les quatre filles qui regardaient ça.

La voix de Rem tremblait. « ... Qu’est-ce que c’est ? Je n’ai jamais vu, ou même entendu parler d’une poche mystérieuse comme ça avant. »

Shera avait rassemblé ses mains dans un * applaudissement *. « Ah, je sais ! Nous avions quelque chose comme ça dans notre coffre aux trésors ! »

« Eh, Ohh ? Ils ont quelque chose comme ça à Greenwood ? » demanda Rem.

Bien que je ne pense pas que ce soit possible parce qu’ils n’ont pas une option pay-to-play ici.

« La chose que j’ai vue était quelque chose qui s’appelait le Carquois des Cent Flèches, un carquois dans lequel on pouvait mettre plein de flèches ! » déclara Shera. « Quand j’étais gamine, je ne pouvais qu’en placer 99 dedans. J’étais vraiment dégoûtée que je ne puisse même pas atteindre les 100. »

« ... Un carquois normal ne peut contenir que six flèches au maximum. Je pense que ce trésor vaut la peine d’être complimenté, » déclara Rem dans l’étonnement.

Dans le Croisement de la Rêverie, il y avait un équipement appelé « Carquois ». Il s’agissait d’un récipient différent de la pochette qui pouvait contenir des flèches à l’intérieur. Neuf flèches rempliraient une place dans votre sac, mais un carquois pourrait en contenir jusqu’à 99. Tous les Archers dans le jeu porteraient ces carquois, mais...

« Est-ce si rare comme objet ? » demanda Diablo.

« C’est... probablement le seul qui existe dans le monde, » répondit Shera.

« Hmm, je vois..., » répondit Diablo.

Il semblerait qu’à peu près tous les objets du Croisement de la Rêverie étaient aussi dans ce monde. Cependant, la rareté des objets semblait être à un tout autre niveau vu que ledit carquois était dans le jeu tellement commun vu son coût dérisoire.

« Eh bien ! Si je peux ouvrir mon coffre-fort personnel, je peux vous montrer les innombrables autres trésors qui sont en ma possession, » déclara Diablo.

En dehors de la pochette, vous pouviez utiliser un Stockage dans le jeu. Sa capacité était plusieurs fois plus grande que la pochette. Même si vous aviez aligné tous les objets présents dans le Croisement de la Rêverie, il resterait encore de la place.

Diablo avait gardé une collection de chaque type d’objet dans le jeu, peu importe à quel point c’était utile, ou sa rareté, c’était sa collection personnelle.

Comme il s’agissait d’un jeu, il y avait un système pratique qui vous permettait de prendre des choses que vous aviez rangées dans le stockage d’une ville et de les sortir dans le lieu de stockage dans l’autre ville. Non seulement il avait une abondance de potions prêtes à l’emploi, mais s’il pouvait sortir des choses de son entrepôt, il serait largement capable de donner des équipements Rem et Shera aussi puissants que les siens.

Normalement, il y aurait un accès individualisé pour chaque joueur près de la porte ouest de Faltra, mais il ne l’avait pas aperçu. Et il n’y avait rien dans la chambre de l’auberge. C’était quelque chose de semblable à la magie de téléportation, donc ça pourrait ne pas exister ici.

Ou, peut-être. Cela pourrait-il être dans mon espace personnel ?

Les joueurs du Croisement de la Rêverie qui avaient obtenu un classement lui permettant d’obtenir un certain rang dans des batailles se voyaient attribuer une zone de terre personnelle. Envahir les zones d’autres joueurs était possible afin de faire du PvP et c’était l’une des caractéristiques du jeu.

Diablo avait transformé son espace personnel en un donjon correspondant à un Seigneur-Démon. Il était situé loin, très loin de la ville de Faltra.

Mais il pourrait être bon d’essayer d’y aller au moins une fois.

Il ne pouvait toujours pas discerner ce qui était semblable au jeu et ce qui était différent, mais il y avait une chance que son propre donjon et sa propre collection puissent aussi être dans ce monde.

Après avoir mis toutes les marchandises dans sa pochette, Diablo avait décidé de retourner à l’auberge.

***

Partie 10

Après avoir quitté le district commercial du sud, Diablo et son groupe s’étaient dirigés vers l’« Auberge de la Tranquillité de l’Esprit — Crépuscule » qui se situait le long de la route de l’ouest. Diablo était déjà assez habitué à marcher parmi le fouillis des autres races qui encombrait les rues.

Il y avait trop de choses qui m’inquiétaient au début ici, donc je me suis épuisé assez rapidement, mais maintenant, faire des choses ici est à peu près aussi chiant que de faire une promenade à travers Akihabara lors d’un jour de congé... Hm ? Attendez, c’est en fait encore assez rude...

Il fait encore jour dehors, mais il doit être presque l’heure de dîner.

Alors qu’ils retournaient à l’auberge, Diablo et les autres passèrent devant des hommes qui semblaient rentrer chez eux, et une mère qui menait son enfant par la main.

C’était une scène paisible.

Rem prit soudain la parole d’une voix inquiète. « ... Je me demande s’il est bon pour nous d’être aussi détendu... Bien que je sois sûre que cela fait partie de votre plan soigneusement préparé, Diablo. »

Shera hocha la tête. « Je n’arrive pas à me calmer... Vous savez, est-ce que je peux me permettre de faire des emplettes, même si je suis la cause de tout ça ? »

Voyant à quel point la ville était paisible, elle avait probablement l’impression d’être écrasée en sachant qu’une guerre possible se profilait à l’horizon.

Mais Diablo n’avait rien réfléchi à ce stade. Il avait des idées auxquelles il pensait, mais pas de plans solides. Pour cette raison, il se concentrait sur toutes sortes de travaux de préparation.

Diablo voulait que les filles se sentent un peu plus à l’aise, même s’il avait été interpellé verbalement et qu’il ne pouvait pas bien parler pour sauver sa vie. Mais s’il pensait à lui-même comme un Seigneur-Démon, il était capable de dire des choses qu’il ne serait normalement jamais capable de dire.

« Il n’est pas nécessaire que vous vous inquiétiez. J’ai dit que je vous prêterais mon pouvoir, alors laissez-moi me charger de tout, » déclara-t-il.

Ces paroles étaient des pleines de confiance. Il était certain que lui donnerait envie de mourir s’il le disait avec son moi normal.

Un sourire traversa le visage de Shera.

Cela semble l’avoir un peu rassurée.

« Après tout, vous êtes avec moi ! Rem et Alicia également ! » déclara Shera. « Il n’y a aucune chance qu’une guerre se produise. Je suis différente de ce que j’étais avant, effrayée et vivante seule dans une sombre forêt. Maintenant, j’ai des amis avec moi ! »

Rem avait fait un visage aigre. « ... Ce n’est pas comme si vous et moi étions des amies. Vous venez tout simplement à côtés de nous alors que Diablo et moi travaillons ensemble. »

Sa queue de panthère noire se balançait d’avant en arrière sans relâche. Elle devait avoir caché son embarras derrière ses paroles.

Diablo et les filles étaient tous en lignes, discutant en marchant. Devant lui, Diablo suivait Rem et Shera, avec Alicia à l’arrière.

C’est alors qu’Alicia avait crié : « Que se passe-t-il là !? »

Diablo se retourna en panique. Juste derrière lui se trouvaient les Marcheurs d’Herbes jumeaux qui les avaient attaqués auparavant à l’auberge. Ils avaient jeté Shera par-dessus leurs épaules et l’avaient emmenée de force vers une autre rue.

Bien qu’ils ressemblaient à des enfants, leur âge était inconnu. Et si leur FOR était celle d’une classe de Guerrier, ils seraient certainement très forts.

« Ahh !! Lâchez-moi !! » cria Shera.

Ne se sentant pas du tout gênés par les cris de Shera, ils continuèrent à la porter.

Je n’aurais pas imaginé qu’ils nous attaqueraient effrontément au milieu de la ville comme ça !

Même si elle pouvait même détecter les Elfes qui s’étaient cachés dans la forêt, Shera ne pouvait pas dire si quelqu’un avait une intention malveillante envers elle dans cette ville remplie d’autres êtres. À cause de cela, Alicia servait de guetteur et restait dans le dos, mais il était impossible de maintenir leur ligne quand il y avait trop de monde.

Il semblait que les jumeaux attendaient qu’ils soient séparés de quelques mètres pour agir.

Alicia avait dégainé son épée tout en criant. « Je suis une Chevalière Impériale ! Je vous ordonne de vous arrêter ! »

Il semblerait que les criminels dans ce monde étaient les mêmes que dans le monde réel : ils ne s’arrêtaient pas même quand on leur disait de le faire.

S’ils pouvaient ramener Shera chez les Elfes, alors ils obtiendraient la généreuse récompense d’un milliard de friths... Un montant qui leur durerait toute une vie.

Les jumeaux se dirigeaient vers un chariot. S’ils réussissaient à s’échapper en utilisant la charrette, il était douteux que même Diablo puisse les rattraper.

Cela étant dit, il ne pouvait pas utiliser la magie. Il y avait encore beaucoup de citadins à proximité, et beaucoup d’autres n’avaient même pas remarqué la tourmente qui se déroulait ici. Ils n’étaient pas des Aventuriers, mais des gens ordinaires. Ils ne s’en tireraient pas avec quelques égratignures s’ils étaient pris dans la magie de Diablo. Rem utilisant son invocation était aussi assez dangereuse.

Diablo s’était mis à courir après les deux Marcheurs d’Herbes.

« Arrêtez-les avant qu’ils n’atteignent le chariot ! » cria Diablo.

« Compris, » déclara Rem.

Rem et Alicia suivirent derrière lui.

Sur le chemin se trouvaient deux autres personnes. Il y avait un nain équipé d’une hache de guerre à une main, et un Panthérien musclé. Ils faisaient tous les deux parties du groupe d’Aventuriers qui avaient déjà attaqué l’auberge.

« Maintenant ! Comment peux-tu penser qu’on va te laisser passer !? » cria le nain.

« Il va falloir jouer avec nous pendant un moment ! » déclara l’autre aventurier.

Diablo fit claquer sa langue. « Hors de mon chemin, vermines ! » Et il balança la faux de guerre qu’il tenait entre ses mains.

Vous feriez mieux d’être préparé pour un ou deux os cassés !

Le manche en acier plié et déformé que tenait Diablo frappa l’épaule du Panthérien de toutes ses forces. Avec un bruit de craquement, l’épaule du Bagarreur Panthérien fut cassée. Il avait été envoyé volé, ainsi que le nain qui se tenait à côté de lui.

« Gwooooargh!? »

« Quoiiiiii !? »

Les deux assaillants étaient tombés en tas contre un mur, ce qui avait incité les habitants à reculer. Ce n’était pas le genre de monde joyeux où on pouvait survivre après avoir regardé quelqu’un qui dégainait ses armes pour se battre.

Le nain et le panthérien avaient réussi à faire sortir quelques mots.

« Il est... bien trop fort... il était supposé être un. Sorcier..., » balbutia le nain.

« Il nous a écrasés, » déclara le bagarreur.

Alors qu’ils parlaient, ils avaient réussi à se relever.

Après tout, je ne peux pas les neutraliser en un seul coup.

Alicia s’était arrêtée devant eux. « S’il vous plaît, laissez-moi me charger d’eux ! »

Et bien, comme attendu de sa part !

En tout cas, il avait réussi à balayer les assaillants sur le côté sans les tuer. Il semblait que la Prototype de la Grande Faux convenait parfaitement à la FOR de Diablo. Ce n’était pas mal comme une arme pour refréner sa force.

Remarquant la perturbation, les citadins avaient fui vers les bords de la rue.

Maintenant, il n’y avait personne pour se mettre dans son chemin.

Diablo était passé dans un sprint à pleine vitesse. C’était la première fois qu’il libérait son plein potentiel depuis son arrivée dans ce monde.

L’Abysse d’Ébène qu’il portait amplifiait toutes ses capacités physiques, et de plus, son corps était celui d’un joueur de niveau 150. Bien qu’il ait été un Sorcier Démon, sa statistique d’AGI avait surpassé de loin celle de toutes les autres races. Comme un vélo qui descendait, chaque fois qu’il avait touché le sol, son corps s’était déplacé de plus en plus vite. Le paysage environnant était comme devenu flou.

L’un des jumeaux avait parlé : « Il est rapide, Grand Frère ! »

« Oui. Il est rapide, petit frère. Peut-être qu’il utilise un sort d’Accélération ? Mais, nous pouvons atteindre la charrette avant lui, » déclara l’autre.

Je vais vous attraper !

Quelqu’un était sorti de la foule des spectateurs.

Il s’agissait d’un Guerrier vêtu d’une armure dorée qui s’était immédiatement placé devant les deux jumeaux.

À en juger par le type de corps, ce guerrier ressemblait à un humain. Il portait un casque intégral, donc Diablo ne pouvait pas voir son visage.

Le Guerrier avait dégainé son épée longue.

*Flash !*

Il semblait que le bout de son épée avait complètement disparu. Il s’agissait d’une attaque double extrêmement rapide... La capacité martiale connue sous le nom de Double Frappe. C’était une technique composée d’une frappe à droite, puis d’une frappe à gauche, mais déclenchée presque à la même seconde.

Les jumeaux grognèrent en voyant ça.

« G-Grand frère... »

« Arg... Nous étions si proches... »

Les jumeaux s’écroulèrent sur le sol, laissant Shera tomber par terre, les fesses en premier.

« Ohh !? » Diablo avait réussi à s’arrêter sans tomber, et il était maintenant face à ce guerrier vêtu d’or.

Nous a-t-il donc aidés ?

De toute façon, cela ne signifie pas que c’est un cas de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami »... Je devrais rester sur ses gardes.

Je vais en premier demander son nom.

« Et qui es-tu ? » demanda Diablo.

« Hehe hehe haha..., » un rire profond était venu de l’intérieur du casque.

Le guerrier doré avait alors révélé son visage.

« Mon cher ami, il semble que j’ai tellement monté de niveaux que tu es en état de choc, n’est-ce pas ? » demanda le guerrier. « Mais bien sûr que tu le seras ! Mon épée et mon armure ont été détruites dans cet affrontement avec le Déchu de l’autre jour, alors tout ceci est du nouvel équipement ! Que penses-tu de cette armure dorée !? N’est-elle pas merveilleuse !? »

Donc... c’était lui.

Le Guerrier vêtu d’une armure dorée avait proclamé haut et fort son nom. « Je m’appelle Émile Bichelberger ! Je suis un allié de toutes les femmes et un allié de ceux qui sont alliés aux femmes ! »

***

Partie 11

À la limite entre les districts du sud et de l’est de Faltra...

Les aventuriers qui étaient avec Émile avaient attaché les quatre assaillants. Le chariot qu’ils avaient préparé avait également été confisqué et ils étaient rassemblés pour être escortés.

Peu importe que les compagnons d’Émile aient été à proximité, où le fait qu’ils avaient les outils et les compétences pour attacher quelqu’un, s’était comme s’ils étaient venus spécialement préparés pour capturer quelqu’un.

« C’est sûr que tu es venu à un moment intéressant. Une coïncidence ? » demanda Diablo à Émile.

« Oh, ce n’était pas une coïncidence, mon ami. Je peux sentir quand il y a des filles en difficulté ! » répliqua Émile.

Rem et Shera avaient fait trois pas afin de s’éloigner d’Émile. Alicia était la seule avec un sourire qui était restée au côté de Diablo.

Diablo laissa échapper un soupir. « Ne fais rien qui puisse te faire arrêter par les Chevaliers Impériaux. »

« C-C’était juste une blague ! En fait, j’avais entendu dire par la Guilde des Aventuriers que le Prince Keera avait mis une prime sur notre belle Shera se trouvant ici, » déclara Émile.

« Une affaire vraiment idiote, » déclara Diablo.

« Enlever quelqu’un est un péché grave..., » déclara Émile. « Mais après tout, la prime est d’un milliard de friths. C’est une somme d’argent scandaleuse. Je pensais que cela pourrait conduire à des problèmes, alors mes compagnons et moi étions aussi à la recherche de Shera. »

« Oh ? Donc, cela signifie-t-il que tu es aussi après la prime ? » demanda Diablo.

« Bien sûr que non ! » répliqua Émile. « Je suis un allié pour toutes les femmes... et je ne pardonnerais jamais à quelqu’un de faire quelque chose qui rendrait triste Shera ! Je suis là afin de protéger Shera de ces imbéciles ! »

Alors, voici la situation.

Après tout, on dirait que je peux compter sur Émile.

Il est le genre de gars qui priorise la protection des filles sur sa propre vie.

Diablo hocha la tête. « Bon travail que tu as fait là. »

« Hehe... Je voulais t’aider comme une façon de te dire merci, » déclara Émile. « Cette potion que tu m’as donnée était incroyable ! Mes blessures ont été guéries en un rien de temps, et je me suis senti tellement excité que je n’ai même pas eu besoin de dormir pendant trois jours et nuits entiers. »

La potion que Diablo avait donnée à Émile était l’une des meilleures potions du Croisement de la Rêverie. Non seulement avait-il récupéré ses points de vie et amélioré ses statistiques, mais elle avait également protégé l’utilisateur contre les effets d’état défavorables pendant une période déterminée. La raison pour laquelle Émile ne dormait pas était parce que « Sommeil » était un effet de statut négatif dans le jeu.

Bien que je pense que ne pas dormir pendant trois nuits d’affilée serait pire pour ta santé.

Il semblait qu’« une période de temps déterminée » était beaucoup plus longue dans ce monde par rapport au jeu. Les effets de la potion qu’il avait donnée à Émile auraient dû durer trois minutes, au maximum. Et ici, cela avait duré trois jours.

Rassembler des matériaux dans ce monde semble être beaucoup plus problématique que comparé au jeu. Est-ce que cela a été compensé par les effets des choses amplifiés ici ?

Diablo devrait regarder tout cela plus tard.

L’un des compagnons d’Émile, un jeune homme en robe blanche, vint dire à Émile qu’ils étaient prêts à déplacer les assaillants.

« Je suppose qu’il est temps que je déplace ces types et les fasse sortir d’ici, » déclara Émile.

« Que comptes-tu faire avec eux ? » demanda Diablo. « Ceci est une tentative d’enlèvement, et nous avons une Chevalière Impériale ici. »

Alicia acquiesça, mais Émile secoua la tête.

« Les amendes et le travail dur ne changeront pas les individus. Laissez-les-moi. J’ai le devoir de faire disparaître tous ceux qui feraient pleurer les femmes de ce monde, » déclara Émile.

« Vas-tu les tuer ? » demanda Diablo.

« Ne dis-tu pas des choses effrayantes ? » demanda Émile. « Je vais graver l’importance des femmes en eux jusqu’à ce qu’ils comprennent du fond de leur cœur ! Nous continuerons jusqu’à ce qu’ils deviennent des individus bons et honnêtes qui ne commettront plus l’erreur d’essayer de kidnapper une femme ! »

« Hmph... Cela ressemble à une torture pire que d’avoir ton corps rôti par les flammes du purgatoire, » déclara Diablo. « Je devrais l’autoriser. Exécutez-les comme bon vous semble. »

« Ce n’est pas une exécution, mais je leur apprends le vrai sens de l’amour ! » répliqua Émile. « Maintenant, je vais y aller... Mais il n’y a aucune garantie qu’ils soient les seuls à être aveuglés par la cupidité à cause de la prime. Soyez prudent ! »

Shera courut vers lui : « Émile, merci beaucoup ! »

« C’est bon, je suis content que vous soyez en sécurité, » déclara Émile. « Ne vous méprenez pas, tous les aventuriers de cette ville sont vos alliés. »

« Dites-leur aussi merci de ma part ! » déclara Shera.

Rem lui avait également parlé. « ... Non seulement vous m’avez protégé contre le Déchu de l’autre jour, mais maintenant... je vous ai mal jugé, Émile. »

Alicia avait fait un salut. « La personne dont j’étais chargée de protéger a presque été enlevée. Merci beaucoup pour votre aide. »

« Hehe hehe, ce n’est pas nécessaire de me remercier pour ça ! » Émile avait souri suffisamment pour montrer ses dents blanches et nacrées. « Mon Dieu, encore plus de filles sont devenues des prisonnières de leurs amours envers moi ! Je suis vraiment un homme de péché ! »

Avec un rire bruyant, il se dirigea vers l’endroit où attendaient ses compagnons. Alors qu’il se détournait, le fait que les expressions sur les visages des filles s’assombrissaient en même temps était une vérité inconnue de sa part.

Shera pencha la tête. « Je pense qu’Émile est une bonne personne, mais je ne suis pas sa prisonnière ou quoi que ce soit du genre... Alors c’est quoi ? »

« ... Il n’est pas une mauvaise personne... Mais je ne veux pas être trop impliqué avec lui si je peux faire ainsi, » soupira Rem.

« Pfff... C’est pourquoi les hommes sont juste... Arg, » murmura Alicia.

Des critiques assez sévères étaient venues des trois filles.

Eh bien, ce n’est pas comme si une fille tombait soudainement amoureuse de toi parce que tu les aidais un peu. Après tout, ce genre de situations n’est qu’un fantasme.

Le type de fille « vierge au cœur pur » n’existait que dans les jeux et les animes. Diablo n’en avait jamais vu auparavant dans la vraie vie.

Alors qu’il se souvenait justement de quelque chose, Diablo fit signe à Shera.

« Qu’est-ce qu’il y a, Diablo ? » demanda Shera.

« Ne t’éloigne plus de moi. Reste à côté de moi, » déclara Diablo.

« Hein !? Est-ce que tout va bien ? » demanda Shera.

« Ce serait gênant si tu étais à nouveau kidnappée, » répondit Diablo.

« ... votre... m-mains..., » murmura Shera.

« Hm ? »

« Puis-je... tenir votre main ? » demanda Shera.

« Je vois. De cette façon, même parmi la foule, il serait plus difficile pour quelqu’un de venir après toi, » répondit-il. « Bien qu’il y ait une possibilité qu’ils puissent faire quelque chose comme couper ton bras avec une frappe bien précise... »

« Hein !? » Shera s’accrocha à son bras gauche, pressant sa poitrine contre lui avec un *bouing*.

Le bras de Diablo avait été enterré entre deux monticules mous et moelleux. Il pouvait sentir sa chaleur se propager en lui.

« Hmm... »

« Eu-Euh... Merci beaucoup de m’avoir sauvée plus tôt, » déclara Shera.

« Émile n’était-il pas celui qui t’a sauvée ? » demanda Diablo.

« Mais n’étiez-vous pas celui qui a battu les compagnons des Marcheurs d’Herbes, n’est-ce pas ? » demanda Shera. « Et vous m’avez aussi presque rattrapée. J’ai eu très peur... Mais lorsque j’ai pensé que vous viendriez me sauver, et je me sentais beaucoup mieux ! »

« ... Ne deviens pas si placide avant même d’avoir été sauvée. Tu es trop optimiste, » déclara Diablo.

« Hehehe..., » Shera pressa à nouveau sa poitrine contre lui, mais cette fois, c’était avec plus de force.

« Tu m’étouffes, » déclara Diablo.

« Mais ce serait dangereux si j’étais trop loin de vous, n’est-ce pas ? » demanda Shera d’un air malicieux.

« Toutefois..., » commença Diablo.

Ce qu’il pensait vraiment était. S’il te plaît, arrête de prendre mon bras entre tes gros seins, mon bon sens est en train de se briser en ce moment !!

Tout en marchant, il avait senti qu’il était lentement tiré du côté droit. Et sur ce côté droit...

Cette fois, Rem était celle qui s’était approchée de son épaule. Il tenait la Prototype de la Grande Faux dans sa main droite, mais elle n’avait pas essayé de s’enrouler autour de son bras ou tout autre acte du genre.

Elle avait touché son épaule, le regardant avec des yeux relevés. « ... J’ai été surprise. Je ne savais pas que vous étiez si rapide. »

« Hm ? Ah, bien sûr ! Je serais en mesure de faire au moins ce genre de petite chose, » répondit Diablo.

« ... Je suis sûre que les Aventuriers qui nous ont attaqués étaient des experts, mais vous les avez quand même submergés au niveau de la vitesse et de la puissance, » déclara Rem. « Je n’aurais jamais imaginé que vous soyez si fort, sans même utiliser la magie. Comme on pouvait s’attendre de vous, Diablo. »

« Après tout, je ne suis pas un Sorcier, mais un Seigneur-Démon, » répondit Diablo.

« ... Bien sûr, » les yeux de Rem étaient pratiquement étincelants alors qu’elle le regardait. Il semblait qu’elle lui faisait vraiment confiance.

S’il déclarait quelque chose comme : « Ma magnificence en tant que Seigneur-Démon a encore augmenté ! » alors il serait tout comme Émile, donc Diablo avait gardé sa bouche fermée.

De toute façon, cela n’a rien à voir avec le fait d’être un Seigneur-Démon.

C’était juste un autre résultat de l’écart de niveau ici. S’il était contre un guerrier du même niveau dans une compétition de force, alors il ne pouvait pas gagner.

Pour les débutants, les Démons avaient de faibles statistiques en FOR et AGI quand ils commençaient à jouer. L’Abysse d’Ébène était un équipement extrêmement rare avec des statistiques supérieures, ainsi qu’une capacité à augmenter les capacités physiques du porteur, mais même ainsi, il ne le mettait que sur le même niveau qu’un Guerrier de niveau 60. Il repensa alors à la nouvelle armure et aux armes d’Émile. D’après ce qu’il pouvait dire, ils étaient à peu près au même niveau, plus il y avait les capacités martiales qu’Émile avait, ce qui lui donnait un certain avantage.

Sans parler de la différence d’expérience quand on se bat contre d’autres personnes.

Vous ne pouviez pas gagner avec des statistiques élevées. Vous étiez obligé d’avoir du mal contre un adversaire qui avait bien aiguisé ses compétences en tant que joueur. Si quelqu’un comme ça était apparu devant lui, Diablo serait obligé d’utiliser la magie. Il serait stupide de sa part de se retenir et de perdre à cause de cela.

À droite, à côté de Rem qui était contre lui, il y avait Alicia. La foule s’était éclaircie, et donc, il y avait assez de place pour qu’ils puissent de front.

« Diablo... Je m’excuse pour ce qui est arrivé avant..., » déclara Alicia. « Je leur ai permis de nous attaquer par-derrière, même si vous m’aviez confié de garder l’arrière... Comment devrais-je commencer à m’excuser pour une telle transgression. »

« Tu te trompes, » déclara Diablo.

« Quoi !? » s’exclama Alicia.

« Ne pense pas que tout le monde compte sur toi et ton pouvoir. Je suis le Seigneur-Démon Diablo... Je n’ai jamais pensé que j’avais besoin de ton aide, » déclara Diablo.

En réalité, si Alicia n’avait pas agi de la sorte avec ses idées claires, alors les attaquants Nains et Panthériens d’avant auraient pu s’enfuir. De la façon dont elle bougeait, il pouvait dire que l’épée à sa taille n’était pas juste pour de la décoration.

Mais elle essayait de lui « être utile » et cela l’épuisait.

Une travailleuse acharnée comme Alicia était l’ennemie naturelle d’une personne paresseuse comme Diablo. Cela avait stimulé son propre dégoût de lui-même, le drainant lentement de sa volonté. Ce serait bien si elle était comme Rem qui l’acceptait, ou comme Shera qui comptait sur lui, mais entendre Alicia dire qu’elle « mettrait encore plus d’effort dedans » lui avait donné envie de tout laisser pour qu’il puisse rentrer chez lui et aller dormir.

Elle n’avait probablement jamais eu un rabat-joie avec un style de vie apathique comme lui autour d’elle avant ça

Alicia affichait un regard perplexe. « ... Al-Alors... que devrais-je exactement faire pour vous prouver que je vous suis utile ? »

« Es-tu l’une des personnes de ce type ? » demanda Diablo. « Le genre qui pense que ceux qui ne servent pas un but devraient mourir ? »

« Quoi !? Ce-Ce n’est pas... Ce n’est pas du tout comme ça que je vois les choses ! » s’écria Alicia.

Elle avait nié avec beaucoup plus de force ce qu’il avait prévu. Mais peut-être que c’était à attendre d’une Chevalière Impériale chargée de protéger les faibles.

« Alors tu dois te pardonner à toi-même, même si tu ne m’es pas utile, » déclara Diablo. « Si tu souhaites nous accompagner, fait comme tu veux. Quoi qu’il en soit, tu n’as même pas besoin d’essayer d’obtenir des résultats. »

« D-D’accord..., » répondit Alicia.

Il avait espéré qu’il aurait pu mettre Alicia à l’aise, mais à cause de son désordre chronique au niveau de la bouche, il avait fait pâlir son visage.

Est-ce si difficile à accepter une personne comme elle, qui n’a rien fait d’autre que d’essayer constamment d’être la meilleure ?

Mais Diablo faisait les choses à son propre rythme. Le fait d’avoir quelqu’un juste à côté de lui essayant de faire ressortir son meilleur, c’était comme si elle essayait de repousser les limites de la race humaine... Pour être franc, Diablo avait beaucoup à dire.

S’il devait rester concentré sur la quête, il voulait qu’Alicia se conduise d’une manière plus mesurée. Il n’était pas sûr si elle avait compris ou non, mais...

« J’ai compris, » déclara Alicia en acquiesçant. « Je m’efforcerai de faire de mon mieux pour me pardonner, même si je ne peux pas vous être utile. »

Eh bien ! Ça n’a pas du tout marché.

***

Partie 12

Il était encore un peu trop tôt pour dîner dans la salle à manger de l’Auberge de la Tranquillité d’Esprit : Crépuscule. Seuls trois clients se trouvaient ici.

Diablo s’était déjà complètement habitué à cet endroit. Bien que les gens d’ici aient été méfiants envers lui au début, après être venus ici quelques fois, ils avaient cessé d’être surpris par son apparence. En fait, il était arrivé au point où l’on pouvait dire qu’une personne n’était pas un habitué de cette salle à manger s’il était choqué de voir Diablo.

Mais aujourd’hui, même les habitués ici avaient été surpris quand ils l’avaient vu.

La raison : le Prototype de la Grande Faux qu’il tenait entre ses mains.

Diablo avait traversé la ville, mais il n’y avait personne qui avait une arme aussi menaçante et sinistre que lui.

Je suis sûr qu’ils s’y habitueront après quelques jours.

Tout en attirant tous les regards sur lui, Diablo s’installa à la table ronde qu’il utilisait toujours. Rem et Shera étaient assises de chaque côté de lui avec Alicia assise juste en face de Diablo.

La réceptionniste et serveuse vedette de l’auberge — la Panthérienne, Mei — était venue vers eux. Elle avait des cheveux bruns qui descendaient jusqu’aux épaules, et un sourire joyeux et lumineux qui irradiait son visage. Elle portait un uniforme avec des froufrous qui vous faisait vous demander si c’était supposé être pour une femme de chambre ou une idole.

« Bienvenue, bienvenue, BIENvenue !♪ » déclara Mei.

« Hm. »

« Ah, avant que je reçoive votre commande... Le mur de la chambre que vous utilisez est en train d’être réparé en ce moment, mais vous restez toujours ce soir, n’est-ce pas ? » demanda Mei.

« Tel est bien mon intention, » répondit Diablo.

« Je m’excuse pour tous les problèmes que nous avons causés, » déclare Rem en inclinant la tête alors qu’elle s’excusait. Shera, de même, s’inclina.

Alicia ne savait pas de quoi ils parlaient, alors elle resta silencieuse.

L’idole de l’auberge agita sa main avec dédain. « C’est bon, c’est bon ! Je suis déjà habituée aux aventuriers qui causent des problèmes, alors ne vous inquiétez pas pour moi~ ♪. Ah ! Mais dans tous les cas, je vais devoir vous demander ça ! Kyaha~ ☆ »

Elle posa un morceau de papier sur la table avec une somme d’argent presque révoltante qui se trouvait être la facture pour les réparations.

Merde, as-tu l’intention de reconstruire complètement cette pièce ou c’est l’auberge en entier que tu nous vends là ?

Parce qu’elle souriait, cela ne voulait pas dire qu’elle allait y aller doucement. C’était la survie du plus fort ici dans cet autre monde.

C’était un montant que Diablo et les autres ne pouvaient pas espérer payer, alors ils avaient décidé en privé de faire en sorte que les assaillants soient chargés de payer cette somme. Après tout, c’était eux qui avaient brisé le mur.

Comme si rien ne s’était passé, Mei avait pris leurs commandes. « Je recommande le “Spécial Mei” d’aujourd’hui ! »

« Alors nous prendrons ça, » déclara Diablo.

« Quatre portions, s’il vous plaît, » ajouta Rem.

En peu de temps après ça, la nourriture leur fut apportée : Pommes de terre, saucisses, pain dur, soupe claire avec des légumes bouillis semblables à l’aubergine et au chou, et une chope en bois pleine d’eau.

Diablo était tombé en amour des saucisses ici depuis le premier jour où il les avait essayées, tellement qu’il en mangeait au moins une par jour.

Aujourd’hui, comme toujours, il était venu ici pour les saucisses. Elles avaient une bonne mâche croustillante quand il mordit dedans. À l’instant suivant, il avait été submergé par une combinaison dynamique de la saveur de la viande et du doux parfum des herbes quand cela s’était répandu dans sa bouche. Alors qu’il mâchait, il pouvait sentir la texture grossière de la viande, et chaque fois qu’il mordait, sa bouche était inondée de ses jus savoureux. Elle avait également été aromatisée avec du sel, provoquant un effet d’amplification de tout cet effet.

Diablo avait arraché un morceau de pain et l’avait placé dans sa bouche. Il avait une texture dure et croquante, sans saveur. Mais quand il était combiné avec la saveur du sel, le parfum des herbes, et le jus de la saucisse, la détectabilité de tout cela avait été augmentée de plusieurs niveaux.

Se délectant de ces saveurs jusqu’à ce qu’elles disparaissent de sa bouche, Diablo prit une grosse gorgée d’eau.

Un autre délicieux repas.

Regardant à sa droite, il vit Rem mangeant son repas d’une manière très raffinée.

Mais quand il avait regardé à sa gauche... Shera ne touchait pas à sa nourriture.

Diablo n’était pas bon quand il s’agissait de montrer de l’intérêt pour d’autres personnes dans des moments comme celui-ci. S’il devait la contraindre, elle aurait probablement moins d’appétit.

« Mademoiselle Shera, il semble que vous ayez à peine touché votre nourriture. Quelque chose ne va pas ? » Alicia avait demandé ça d’une voix douce.

Sursautant, Shera était revenue à la réalité. « Hmm, ce n’est rien ! J’étais juste, euh, j’ai eu une petite absence... Peut-être que je suis tout simplement fatiguée ? Hahaha... »

Avec un rire forcé, elle prétendit qu’elle allait bien.

Donc, elle est vraiment déchirée quant à ce qui se passe... Mais bien sûr qu’elle le serait. Tout le monde le serait s’ils étaient la cause d’une guerre qui était si proche d’exploser.

En raison de la vague d’activité qui s’était produite autour d’elle, elle était capable de garder sa joie habituellement. Mais maintenant, alors qu’ils prenaient leur temps alors qu’ils mangeaient...

Cela devait peser lourdement dans son esprit.

Alicia avait alors parlé d’une manière attentionnée. « Si vous ne mangez pas, cela ne fera que nuire à votre corps. Maintenant plus que jamais vous devez vous assurer de garder votre force physique intacte. S’il vous plaît, essayez et mangez quelque chose, même si cela n’est que quelques bouchées. »

« Oui... vous avez raison. Ce serait impoli envers Mei si je ne touchais pas à ce repas. Je vais manger ! » déclara Shera.

Elle laissa échapper une voix forte, comme si elle se gonflait à bloc, puis elle mordit dans l’une des saucisses. Bien que lente, Shera avait commencé à manger.

Voyant cela, Diablo poussa un soupir de soulagement tout en restant silencieux.

***

Partie 13

Ils avaient continué à manger en silence pendant un moment. Les autres clients d’avant étaient déjà partis, donc Diablo et les autres étaient les seules personnes restantes, mais il y en avait sûrement plus qui viendrait bientôt prendre leur repas ici.

Soudainement...

Alicia et Shera avaient toutes deux tressailli, réagissant à quelque chose.

Est-ce plus d’attaquants ?

Diablo posa le pain qu’il tenait et attrapa sa faux de guerre qui était appuyée contre le mur.

La réceptionniste était apparue. « Reeeem! Vous avez une invitée. ☆ »

Du monde suivait de près Mei, ils portaient tous des tenues familières. Il s’agissait des robes brunes qui étaient l’uniforme de l’Association des Mages. Six personnes étaient entrées, ce qui rendait la petite salle à manger encore plus petite.

Et après ça, une femme rentra dans la pièce...

Il s’agissait d’une femme qu’ils connaissaient.

Elle était belle, avec un air doux qui l’entourait. Ses cheveux descendaient bien au-dessous de sa taille, et elle tenait un long bâton à la main. C’était la preuve qu’elle était elle-même une Sorcière. D’un autre côté, sa tenue ne révélait pas une grande partie de sa peau, mais elle était assez bien ajustée pour montrer les courbes sensuelles de son corps, ce qui faisait qu’il était difficile de savoir où il était possible de regarder.

Un doux sourire était présent sur son visage, et elle regardait Diablo avec ses yeux bleu glacier.

« Diablo, Rem, Shera, cela fait un petit moment depuis la dernière fois, » déclara-t-elle.

Il s’agissait de la Chef de l’Association des Mages : Célestine Baudelaire.

Mis à part Diablo, elle était la seule autre personne qui savait que l’âme du Seigneur-Démon Krebskulm était scellée à l’intérieur de Rem.

Outre les six Sorciers qui étaient entrés avant Céles, il y avait quatre gardes qui avaient formé un cercle autour d’elle, bien qu’elle n’en avait que deux auparavant

« Cela semble assez grave, ne penses-tu pas, Céles ? » demanda Diablo.

« Je suis désolée... Malgré le nombre de gardes présent, c’est le minimum de personnes que j’ai pu obtenir à mes côtés comme garde du corps. Les anciens sont plutôt intransigeants, » déclara Céles.

L’autre jour, Céles avait presque été tuée par un Déchu. Si elle devait mourir, la barrière protégeant la ville des monstres et autres Déchu disparaîtrait. Pour cette raison, Faltra avait été en danger de tomber face à l’ennemi.

En fait, c’est incroyable qu’ils la laissent sortir.

Alicia se leva de son siège et salua. « Un plaisir de faire votre connaissance. Je suis Alicia Cristela, une Chevalière Impériale. »

« Moi de même. Je suis Célestine Baudelaire, chef de l’Association des Mages de cette ville. Ravie de vous rencontrer, » répondit Céles.

Voyant que les personnes agissent avec tant de politesse envers Céles, je me rends compte à quel point elle est importante.

Rem se leva et parla. « ... Céles, d’abord que diriez-vous d’avoir un siège ? »

« Je ne voudrais pas vous déranger, » répondit Céles.

« ... Je ne peux pas rester calme si vous voulez rester debout comme ça, » répliqua Rem.

« Hahaha ! Je vois. Je m’excuse, » déclara Céles.

Alicia avait offert son siège. « Madame Baudelaire, je m’excuse, mais c’est une table où nous sommes en train d’utiliser pour le dîner. Je vais prendre congé un moment, alors voudriez-vous utiliser ce siège ? »

« Oh non ! C’est bon. Que diriez-vous d’emprunter une de ces chaises à côté de vous ? » demanda Céles. « Oh, mais est-ce que ça serait trop à l’étroit ? Ah, peut-être devrais-je partir et attendre que vous ayez fini de manger ? »

« Dieu m’en préserve ! Madame Baudelaire, ça ne va tout simplement pas ! » en panique, Alicia avait essayé de l’arrêter.

Diablo haussa les épaules, laissant échapper un soupir. « Alicia, apporte une de ces chaises. Céles, tu vas t’asseoir là. »

Il ne voulait pas finir par être la cible d’une autre haine unilatérale d’un membre psychopathe différent de l’Association des Mages pour avoir fait attendre leur chef à l’extérieur.

Une chaise avait tout de suite été préparée, et Céles s’était assise entre Alicia et Rem.

Le café après le repas avait été servi, alors Céles en avait également pris un.

Il y avait eu un échange de salutations, et comme on disait : plus il y avait de filles, plus les choses devenaient bruyantes.

Céles se pencha en avant, fixant Shera. « Shera, j’ai entendu parler de ce qui se passe. Souriez un peu, d’accord ? Le simple fait de voir votre enthousiasme me rend très heureuse. »

Les yeux de Shera s’écarquillèrent. « Pensez-vous que je suis enthousiaste ? »

« Oui, bien sûr. Après tout, vous êtes si libre. C’est une chose merveilleuse, » répondit Céles. « J’ai choisi ce mode de vie, donc ça pourrait me causer des ennuis de dire ça. Mais je suis l’une de vos admiratrices, vous savez ? »

« Hein... !? Je ne comprends pas vraiment, mais... Hehe... ! Merci ! » répondit Shera.

L’énorme rituel magique qui enveloppait Faltra ne pouvait être exécuté par un Sorcier normal, mais seulement un génie. Pour Céles, il semblait qu’elle ne serait pas capable de quitter Faltra avant d’être assez vieille et obligée de prendre sa retraite... ou jusqu’à sa mort. Ce n’était pas qu’elle était forcée de le faire, elle avait choisi une vie à la tête de l’Association des Mages de cette ville.

Ceux qui avaient consacré leur vie à leur travail n’étaient pas particulièrement rares. Diablo ne les considérait pas comme particulièrement malheureux. Mais il pouvait quand même comprendre pourquoi Céles voudrait encourager Shera dans sa quête d’une vie de liberté.

Comme si elle avait perçu ces sentiments, Shera leva les deux mains en l’air. « Tout va bien ! Je vais faire de mon mieux ! Je vais mieux maintenant, et je vais tout donner ! Avec enthousiasme !! »

Avec le sourire habituel présent sur son visage, elle avait l’air de redevenir normale.

Est-ce que cela l’a un peu soulagée ? Alors, je dois être reconnaissant à Céles pour ce coup là.

Céles se tourna pour parler à Diablo.

Donc, maintenant nous passons au sujet principal.

« Aujourd’hui, j’ai trois choses dont j’aimerais vous parler, Diablo, » annonça Céles.

Si elle voulait seulement parler, alors une lettre ou quelque chose comme ça aurait suffi. Une Céles ne voulant pas utiliser son autorité pour ce genre de choses était à la fois l’un de ses bons points, et l’une des choses les plus gênantes à son sujet.

Diablo acquiesça. « Parle, je t’écouterais ! »

Céles avait souri avec ses yeux. « D’abord, permettez-moi de vous remercier encore une fois de nous avoir tous sauvés du Déchu qui a envahi la ville l’autre jour. »

Céles avait largement baissé la tête, les gardes autour d’elle avaient également mis un genou à terre en signe de respect.

Diablo serra les dents afin de cacher son embarras. « ... Ne te méprends pas, c’était seulement parce que ce Déchu était une horreur... »

« Mais même ainsi, vos actions ont protégé la ville de Faltra et ainsi, elle n’est pas tombée face à l’ennemi, » déclara Céles. « Normalement, ce serait un exploit qui vous rapporterait quelques mots de Sa Majesté. Cependant... »

Comme si c’était difficile à dire, elle détourna les yeux.

Diablo secoua la tête. « Je n’ai besoin de rien d’aussi artificiel de sa part ! »

Les humains étaient la race qui devait s’opposer au Déchu. Surtout dans ce royaume construit par l’homme, ce sont les humains eux-mêmes qui détenaient le plus de pouvoir et d’autorité ici. Les Demis avaient toujours été discriminés. Les Démons comme Diablo avaient été particulièrement dénigrés, en raison de leurs similitudes avec les Déchus. La ville ne voulait probablement pas louer un héros de la race des Démons. En plus de cela, Diablo avait des cornes menaçantes qui sortaient de sa tête, s’appelait lui-même un Seigneur-Démon, et était un Sorcier Élémentaliste, qui était considéré comme l’une des vocations les plus faibles de ce monde.

Fondamentalement, il y avait trop de raisons pour que ces gros ponts ne veuillent pas féliciter ses efforts.

Céles inclina la tête en s’excusant. « Je présente mes excuses à ce sujet. »

« Je te l’ai dit, je n’en ai pas besoin. Je ne suis pas intéressé par des choses qui attireraient l’attention sur moi, » répondit Diablo.

Dans ce pays qui méprisait les Demis, même s’il était devenu proche des gens au pouvoir, il semblerait que cela ne ferait que causer plus de problèmes. Il y avait encore beaucoup de choses qu’il voulait essayer de faire dans ce monde. La vie d’un aventurier insouciant lui convenait le plus.

« Il y a tellement d’individus, y compris moi, qui vous sommes reconnaissant. Je voulais juste que vous le sachiez, » déclara Céles.

« Hmm. »

« Si vous avez besoin de quelque chose, je suis disponible pour faire quoi que ce soit en votre nom, » déclara Céles.

Hm ? Ne vient-elle pas de dire qu’elle ferait... n’importe quoi ?

Diablo avait presque réagi à cela, mais l’avait agi en toussant à la place. « Il est inconcevable de penser qu’il y aura un jour où je devrais avoir besoin de ton aide ! Cela étant dit, j’ai compris tes intentions. Cela devrait te suffire, n’est-ce pas ? »

« Oui, bien sûr, » répondit Céles.

Une expression de soulagement avait traversé le visage de Céles.

« ... Avez-vous vraiment vaincu Gregore tout seul ? » murmura Alicia.

« Oh ? Donc tu ne le croyais toujours pas ? » demanda Diablo.

« Oh, non..., » répondit Alicia. « Je le savais à partir des informations qui m’ont été données, mais... même parmi les autres Déchus, Gregore était considérablement fort. Même pour moi, c’était difficile de le croire. »

« Appelles-tu cette chose forte ? » demanda Diablo.

« Il était le plus puissant Sorcier dans la Forêt Mangeuse d’Hommes, » répondit Alicia.

« Es-tu vraiment une experte pour pouvoir être sûre de ça ? » demanda Diablo.

Un sourire traversa les lèvres d’Alicia. « J’apprécie cela... La plus grande menace pour Faltra n’est pas le Royaume de Greenwood, mais le Déchu. J’ai moi-même envoyé à plusieurs reprises des rapports concernant tout ça. Même dans le passé, il a été inscrit dans les archives que le Déchu connu sous le nom de “Gregore” était connu comme un être d’une puissance significative. En entendant que quelqu’un l’avait vaincu à lui tout seul... J’avais prévu de vous en parler après vous avoir vu... Mais c’est un choc différent de l’entendre comme ça de la part d’une autre personne. »

Comme une étudiante d’honneur, il semble qu’elle sache ce que j’ai fait, mais je l’ai seulement pris comme une personne intellectuelle... Elle n’y croyait pas jusqu’à maintenant. Mais après avoir entendu ce que Céles avait à dire, je suppose qu’elle a finalement été convaincue.

Après tout, les intuitions d’Alicia sont assez claires...

Eh bien, je suppose qu’il serait normal de trouver tout cela difficile à croire, n’est-ce pas ?

Il semblerait que ceux qui n’avaient jamais vu Diablo se battre ne pouvaient pas croire à quel point il était puissant. Diablo avait décidé de ne pas s’inquiéter à ce sujet. À l’époque, il ne s’était pas battu pour que les autres acceptent sa force, il se battait parce qu’il voulait sauver Rem et Céles. Non seulement cela, mais il ne pouvait pas pardonner que le Déchu ait tué tous les gens comme il l’avait fait avant que Diablo arrive. Les mots devraient être répondus par des mots, et la force devrait être répondue par la force. Si son adversaire était prêt à tuer, Diablo ne se retiendrait pas.

Satisfait, Diablo avait invité Céles à continuer.

Céles avait énuméré son deuxième ordre du jour. « Je pensais que ce serait une bonne chose d’expliquer où se situe l’Association des Mages en ce qui concerne le Royaume de Greenwood. »

Diablo ne pouvait certainement pas ignorer la force de l’Association des Mages. Il fallait qu’il comprenne ce qu’ils feraient, et il ne pouvait pas imaginer que Céles veuille activement une guerre avec les Elfes. Mais c’était une situation où ils seraient forcés de faire un mouvement.

Elle avait continué à parler. « L’Association des Mages détient une partie du fardeau quand il s’agit de la protection de Faltra. Voilà pourquoi quand quelque chose menace une ville, nous allons coopérer avec l’armée. Et parce que je n’ai pas l’habitude de combattre, je crois que le gouverneur sera chargé de commander tout le monde. »

Pff.

Cela signifie que lorsque le gouverneur va mobiliser l’armée, et l’Association des Mages sera là à côté de lui.

À en juger par l’expression sur le visage de Céles, il pouvait dire que non seulement elle ne voulait pas aller à la guerre, mais elle était désolée d’avoir à donner aux autres membres de l’Association des Mages l’ordre de suivre le gouverneur pour aller au combat.

Diablo ne voulait pas les impliquer. Pour ce faire, il essayait de créer une situation où le gouverneur n’aurait pas à mobiliser l’armée. L’essentiel ici était d’éviter cette guerre.

Diablo avait terminé le reste de son café maintenant froid. « J’ai déjà accepté une demande pour éviter la guerre avec le Royaume de Greenwood. L’Association des Mages n’aura aucun rôle à jouer dans ce domaine, je veillerai à ce que ces Elfes ne se présentent pas devant la ville de Faltra. »

« Je vous remercie... Vous entendre dire cela est un grand soulagement pour moi, » répondit Céles.

Céles essuya les larmes aux coins de ses yeux.

Elle a beaucoup d’attentes envers moi. Bien qu’en réalité, je ne suis encore qu’au milieu de la réflexion sur la façon d’éviter cette guerre.

« C’est le dernier ordre du jour, » déclara Céles, en posant une enveloppe sur la table.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Diablo qui regardait l’objet.

« Quelque chose qui pourrait permettre de retirer les Colliers d’Asservissement, » répondit Céles.

« Oh !? » s’exclama-t-il. Il n’avait pas pu s’empêcher de faire ça en raison de sa surprise.

« ... Que voulez-vous dire par là ? » Rem avait réagi de manière interrogative.

« C’est seulement une possibilité, alors je ne veux pas trop espérer... En ce moment, il y a une caravane marchande d’esclaves à la Place Centrale, » répondit Céles. « Les principes de base pour les Colliers des Esclaves et les Colliers d’Asservissement sont les mêmes, d’un point de vue magique, alors... »

« ... Je vois. Alors, ils pourront peut-être nous dire quelque chose, » dit Rem en regardant l’enveloppe.

Les « Colliers d’Asservissement » étaient destinés à être mis sur des invocations, tandis que les « colliers d’esclaves » étaient censés être mis sur de vrais esclaves. Dans ce monde, si un collier était placé sur quelqu’un ici, indépendamment de la race, il semblait qu’ils seraient considérés comme des esclaves.

Selon ce que Céles avait dit, les deux colliers semblaient être fondamentalement les mêmes.

Les esclaves et les marchands d’esclaves n’existaient pas dans le Croisement de la Rêverie, alors Diablo n’en savait pas grand-chose à leur sujet. Mais il semblait que les commerçants seraient le plus au courant de la façon de gérer les colliers d’esclaves. Ils pourraient être en mesure d’enlever les colliers de Rem et Shera.

« Cette enveloppe est-elle une lettre d’introduction ? » demanda Diablo pour le confirmer.

« Tout à fait, » répondit Céles. « Vous ne pouvez pas entrer dans le grand marché aux esclaves sans en avoir une... En plus de cela, j’ai demandé qu’ils vous fournissent des informations en tant que sorcier, et non pas en tant que client. »

« Je vois... alors, je vais maintenant faire un voyage là-bas, » déclara Diablo.

Bien qu’il était en train de se demander quoi faire au sujet du Royaume de Greenwood, s’il pouvait retirer ces colliers, il voulait le faire le plus tôt possible.

« Il est situé sur le côté est de la Place Centrale. C’est une assez grande tente pourpre, donc vous le saurez dès que vous la voyez, » déclara Céles.

Rem avait exprimé sa gratitude à Céles.

Shera, qui était généralement assez ignorante de ces choses, avait également réussi à suivre la conversation. « Voulez-vous dire qu’on peut enlever ces colliers !? Merci beaucoup, Céles ! »

« C’est seulement une possibilité... Mais je prie pour que cela arrive, » répondit Céles.

Diablo avait attrapé l’enveloppe se trouvant sur la table.

Je suis un peu inquiet, car je ne peux pas lire ce que ça dit. Mais, ce n’est pas comme si je lisais ça à voix haute, alors ça devrait aller.

« ... Alors... Nous pourrions être en mesure de les retirer, » murmura Rem.

« Je me suis habituée à ça maintenant, donc on dirait que tout serait rafraîchissant s’il n’était plus là, » Shera avait dit cela avec un sourire.

« Merci ! C’est vraiment difficile de vous laver le cou avec cette chose, vous savez ! » continua Shera.

« ... Je ne vais pas le nier, mais ce n’est pas le principal problème ici, » déclara Rem.

Il semble qu’elles se sont habituées à la vie avec ces colliers. Je dois me dépêcher et les enlever, Diablo pensait à cela.

***

Partie 14

La Place Centrale...

La plus grande place de Faltra située du côté-sud du District Central était l’endroit où vivaient le gouverneur et tous les autres aristocrates. Il y avait de nombreux stands de nourriture et des vendeurs de rue à cette époque-ci de l’année, et les rues étaient inondées de gens, ce qui rendait tout déplacement à l’étroit.

Céles était partie, alors il s’agissait maintenant de Diablo, Rem, Shera et Alicia qui allaient là-bas et qui venaient d’arriver à l’endroit dont avait parlé plus tôt Céles.

Il s’agissait d’une grande tente pourpre à l’est de la Place Centrale avec un soldat debout à l’entrée. Contrairement aux autres soldats et aventuriers, il présentait une apparence ordonnée et portait une armure différente de celle des soldats réguliers. En d’autres termes, il s’agissait d’un garde embauché.

Au moment où ils s’étaient rapprochés, il avait levé la main. « Avez-vous une référence ? »

Il était assez poli pour un soldat. Il ne regardait même pas Diablo comme s’il était une sorte de monstre.

Diablo lui avait montré la lettre d’invitation.

« ... Oh ? Une recommandation du chef de l’Association des Mages de cette ville est assez rare..., » répondit le garde. « En fait, c’est peut-être la première fois que cela arrive. Bienvenue, au Voyageur Bien-Aimé. »

Cela semblait être le nom de ce magasin d’esclaves.

Diablo et les autres étaient entrés dans la tente. Il y avait des cloisons de tissu à l’intérieur le long d’un mince chemin, et l’odeur des orchidées dérivait dans l’air.

Il y avait deux clients devant eux, un homme et une femme d’après ce que Diablo pouvait voir, tous deux semblant être des gens fortunés. Si des personnes comme eux étaient ici en tant que clients, les prix des esclaves devaient être assez importants.

La conception de la boutique était similaire à celle d’un aquarium ou d’une animalerie avec des cages alignées face au chemin. Mais ce n’était pas des animaux qui se trouvaient à l’intérieur des cages... D’autres races avaient été tenues captives là.

Des Nains, des Panthériens, des Marcheurs d’Herbes... Il n’a pas vu de Démons ou d’Humains, mais ils étaient probablement quelque part.

Il y avait beaucoup d’adultes, mais il y en avait aussi qui ressemblaient à des enfants. Ils étaient habillés d’une manière simple, mais les vêtements qu’ils portaient étaient étonnamment propres et entretenus. Ils étaient tous assis sur des chaises dans leurs cages.

Voyant Diablo et les autres, ils avaient offert au groupe des sourires aimables. Certains d’entre eux avaient des sourires plus durs que les autres.

Je suppose que c’est ce que vous appelez un « sourire d’affaires ».

Donc c’est un magasin d’esclaves...

Pour une bonne partie de ce qu’il voyait, c’était exactement comme il l’imaginait, mais quelque chose lui semblait un peu différent. L’équipement et les appareils utilisés étaient parfaitement adaptés, mais les esclaves eux-mêmes étaient différents des images qu’il avait dans sa tête. Il s’était attendu à voir une mer d’yeux morts, et des personnes au bord du désespoir...

Au lieu de cela, il émanait de l’endroit une impression beaucoup plus paisible et douce. D’une certaine manière, les personnes qui étaient faites pour porter de lourds bagages dans la ville semblaient avoir un peu plus de mal qu’eux. Les vendeurs de petites échoppes qui n’avaient pas eu beaucoup de clients avaient plus d’yeux sans vie que les esclaves qui se trouvaient ici.

Les clients ici n’étaient pas comme ordures que vous verriez dans des scènes de cruautés, mais plutôt un couple plus âgé qui cherchait à trouver un animal de compagnie à garder ensemble dans leurs années d’or.

« Tous les magasins d’esclaves sont-ils similaires à des lieux comme celui-ci ? » demanda Diablo à Rem.

« ... C’est la première fois que j’en vois un... Je ne sais pas si celui-ci est une exception, ou si tous les autres sont aussi comme ça, » répondit Rem.

« Oui, c’est aussi pareil pour moi, » répondit Shera.

« Et moi aussi. Cependant, l’un de mes collègues a déjà arrêté un trafiquant d’esclaves pour traitement excessivement cruel, » déclara Alicia.

Puis, passant à travers le tissu qui menait à la partie la plus profonde de la tente, une femme extraordinairement belle était apparue le long du chemin.

Une humaine

Elle portait une robe de soirée violette avec une fente profonde qui laissait ses épaules à découvert, et la zone autour de sa poitrine remarquablement exposée. Elle semblait être plus âgée que Diablo, mais il suffisait de regarder la douceur de sa peau pour se demander si elle était en fin d’adolescence. Ses talons hauts claquaient contre le sol alors qu’elle marchait vers eux.

Essayer de ne pas regarder sa poitrine avait nécessité un effort herculéen.

Elle ouvrit ses lèvres cramoisies en arrivant juste devant eux. « Oh, mon Dieu, comme c’est adorable. Je serais prête à payer un bon prix pour l’une de ces merveilleuses filles qui se tient avec vous. »

« Ce n’est pas une question plaisante ! » répliqua Diablo.

« Quelle grossièreté de ma part ! Je suis la propriétaire de cet établissement, Médios. Vous avez amené deux esclaves avec vous, alors j’ai supposé que vous étiez ici pour vendre... »

Alors qu’elle parlait, elle se tourna pour regarder derrière Diablo, coupant court à la conversation avec un regard acéré.

Comme si elle avait été submergée, Alicia se figea. « Avez-vous... besoin de quelque chose de ma part ? »

« Je suis une respectable marchande, vous savez, » déclara Médios. « Je ne crois pas avoir mené une affaire qui nécessiterait l’intervention d’une Chevalière Impériale. »

Semblable à la police, recevoir la visite d’un Chevalier Impérial était probablement une surprise inattendue. Et il était vrai que, malgré toutes les cages et les esclaves, l’atmosphère de l’endroit n’était pas complètement désagréable.

Alicia inclina la tête. « Mes plus sincères excuses. Bien que je sois en effet une Chevalière Impériale, je ne suis pas venu ici à cause d’un soupçon à l’égard de ce magasin d’esclaves... Si je dérange, j’attendrai dehors. »

Médios tendit le cou, sceptique. « Est-ce la vérité ? »

« Vous pouvez juste penser à moi comme une sorte d’escorte, » déclara Alicia.

« Une escorte !? Je crois que ce démon n’aurait pas besoin d’une telle chose, bien que... ? » déclara Médios. Elle avait parlé comme si elle connaissait la véritable étendue du pouvoir de Diablo.

« As-tu entendu quelque chose à propos de moi ? » demanda Diablo.

« Oh, non. Je ne connais même pas votre nom, » répondit Médios. « Mais juste en regardant le flux de votre énergie magique, je peux vous dire que vous n’êtes pas une personne ordinaire... Assez pour que même si je pouvais vivre plusieurs vies, cela ne suffise même pas à survivre face à l’éveil de votre colère. »

« Un flux d’énergie magique ? » demanda-t-il.

Diablo ne pouvait pas percevoir quelque chose comme ça. En repensant à la mesure de niveau qu’il avait effectué à la Guilde des Aventuriers, il n’y avait personne qui pouvait sentir « le flux d’énergie magique » ou quelque chose comme ça. Vraisemblablement, même Sylvie ne serait pas capable de le voir.

Est-ce juste un bluff ?

Shera prit la parole alors qu’elle était clairement excitée. « Je sais moi ! Vous pouvez dire que Diablo est fort en posant simplement un regard sur lui ! »

« Oh ma chère ! Pouvez-vous aussi voir le flux d’énergie magique ? Vous pourriez être plus apte en tant que commerçante qu’en tant qu’esclave, » déclara Médios.

Médios écarta ses bras, l’air se déformant et se tordant autour d’elle.

« Tout à fait ! Il y a un tas de lumière qui se rassemble là-bas ! » déclara Shera, encore plus excitée.

« C’est tout à fait exact ! Il semble que vous soyez vraiment capable de le voir, » déclara Médios.

« Donc, vous pouvez aussi vraiment voir le flux de la magie ! » déclara Shera. « Même quand j’en parlais aux autres, personne ne me croyait... Je pensais que j’étais une sorte de cinglée ou quelque chose du genre. »

Shera peut aussi le voir !

Rem haussa les épaules. « ... Je n’ai pas la moindre idée de ce dont elles parlent... Je n’ai jamais vu ce “flux” que Shera a mentionné. »

Alicia secoua la tête. « Je n’ai aucun talent en tant que Sorcier, donc je ne sais pas non plus. »

Médios rapprochait ses mains l’une de l’autre de manière rythmique afin de les éloigner, le flux d’énergie magique qui s’y produisait était seulement visible pour elle et Shera.

« Hehehe... C’est le résultat d’une discipline exténuante et laborieuse, » déclara Médios.

« ... Si vous vous entraînez, alors pouvez-vous les voir ? » demanda Rem.

Médios acquiesça en réponse à la question de Rem. « J’ai été capable de le visualiser trois jours plus tôt que Célestine. Elle était supérieure à moi dans tous les sens... Mais il y a des occasions où l’effort dépasse le talent ! »

« ... Je... Je vois, » déclara Rem.

« Hein !? Dans mon cas, je l’ai vu depuis que je suis une gamine, » murmura Shera pour elle-même.

Tout le monde était devenu silencieux.

On dirait que pendant tout ce temps, j’avais un génie à proximité.

Se ressaisissant, Médios recommença à parler. « Eh bien... dans tous les cas, si le maître donne un ordre en utilisant le collier, alors vous pouvez remarquer l’énergie magique qui est présente. Cependant, ne pas être capable de voir cela rend le métier d’esclave d’autant plus difficile. »

« Pouvez-vous voir les ordres ? » demanda Diablo.

« Bien sûr ! Et c’est pourquoi je vous trouve tous si étranges, » répondit Médios. « Même si ces deux-là sont vos esclaves, vous ne leur avez donné aucun ordre. »

« Ces deux filles ne sont pas mes esclaves, » répondit Diablo.

Diablo avait sorti l’enveloppe de Céles. La prenant, Médios avait utilisé ses longs ongles comme un couteau à papier afin de l’ouvrir.

Elle avait lu la lettre se trouvant à l’intérieur. Diablo était incapable de lire la langue de ce monde, donc il n’avait aucune idée de ce que le contenu de la lettre pouvait être.

Médios avait largement souri, montrant ses canines. « Je vois, je vois... Je pensais qu’il était curieux pour quelqu’un si droite et digne comme Célestine d’introduire des clients dans un tel établissement. Donc, je dois juste divulguer la méthode pour enlever les Colliers d’Asservissement, n’est-ce pas ? »

« Peux-tu le faire ? » demanda Diablo.

« Maintenant, je me le demande... C’est la première fois que je fais face à une situation spéciale comme celle-ci, » répondit Médios. « Si vous demandez si c’est possible ou non, j’hésiterais à donner une réponse. Mais ça vaut le coup d’essayer, ne le pensez-vous pas ? »

Médios tourna son regard vers Shera. Puis, elle regarda Rem.

Médios affichait une expression inquiète. « Hm ? En ce moment, vous avez un flux magique intéressant, n’est-ce pas ? Pourquoi la magie rayonne-t-elle constamment de vous, je me demande... Utilisez-vous une sorte de sort ? Non, cela ressemble à quelque chose de différent... »

« ... Qu-Qu’est-ce que c’est ? » demanda Diablo.

« Vous... Avez-vous des souvenirs d’être tombée enceinte d’un Démon ? » demanda Médios en regardant Rem.

« C-Ce n’est pas le moment de faire des blagues ! » déclara Diablo qui se doutait de la situation.

« Quoooiiiiii !? » s’écria Shera en regardant une Rem ayant maintenant un visage rouge. « Ce n’est pas juste ! Quand est-ce arrivé !? »

« Qu-Quel genre de sornettes sortez-vous maintenant, Shera !? » s’écria Rem. « Nous avons été ensemble presque tout le temps ! Bien que Diablo et vous ayez aussi eu du temps seul, n’est-ce pas !? »

« Haha ! Quand il vous torturait ! Est-ce quand vous et lui..., » commença Shera.

« Nous n’avons rien fait de la sorte !! » s’écria Rem.

« Mais si deux personnes dorment ensemble dans le même lit, n’est-ce pas comme ça que vous faites des bébés !? » demanda Shera.

Tout le monde était tombé silencieux.

Rougissant férocement, Rem baissa les yeux. « ... Vous pouvez être rassurée, ce n’est pas une façon de faire des enfants. Sans dire le fait que Diablo est un Démon, alors que je suis une Panthérienne, donc nous ne pouvons pas imaginer avoir une progéniture ensemble. La même chose vaut pour un elfe comme vous, Shera. »

« Oh. D’accord ! » répondit Shera.

Médios, ayant commencé tout cet échange, inclina la tête sur le côté. « Mhm, c’est correct. Ainsi, la raison pour laquelle je sens la présence d’un Déchu dans la Panthérienne doit être... »

« Ngh!? » Rem attrapa son estomac et recula.

Mauvais ! C’est vraiment mauvais !

L’âme du Seigneur-Démon Krebskulm avait été scellée à l’intérieur de Rem. Diablo voulait éviter de faire savoir à tout le monde sa situation.

Il avait alors haussé la voix. « Cesse ce bavardage inutile ! Vas-tu me dire comment enlever ces colliers ou pas !? »

Médios écarta les bras en signe d’apaisement. « Oh mon Dieu ! Quelle grossièreté de ma part ! Célestine est celle qui vous a référé, alors bien sûr que je vais vous le dire. Après tout, nous avons étudié sous le même maître. Nous sommes presque comme des sœurs. »

Ah, je sais maintenant. Je me demandais comment quelqu’un comme Céles était connecté à une marchande d’esclaves.

La magie était une nécessité pour une marchande d’esclaves. Non seulement cela, mais elles devaient être très habiles à l’utiliser.

Donc, elles ont toutes deux étudié ensemble à l’Association des Mages. L’une devint finalement le chef de l’Association, et l’autre, une marchande d’esclaves.

« Je ne suis pas un fan de bavardage absurde. Peux-tu maintenant me le dire ? » demanda Diablo.

« Bien sûr, mais vous devriez comprendre que je traite ce sujet comme un secret commercial, » déclara Médios. « Nous ne pouvons pas parler ici, et je voudrais garder le nombre de personnes à qui je dis cela aussi petit que possible. Venez par là... Mais seulement ceux qui sont concernés par ça. »

Elle avait fait signe vers la partie la plus profonde du chemin.

Alicia avait fait un rapide salut. « Alors je resterai en veille à l’extérieur. »

Rem s’était éloignée. « ... Je vais aussi ne pas y aller. Je ne me sens pas très bien, alors je souhaite me reposer dehors. »

Pour être honnête, je comptais m’en remettre à la connaissance de Rem sur la magie...

Mais il y avait une possibilité que cette inconnue puisse découvrir l’âme du Seigneur-Démon. Alors bien sûr, elle aurait très certainement peur. Ce n’était pas la Céles bienveillante, mais une marchande d’esclaves. Il était naturel que Rem ne veuille pas que Médios connaisse son secret.

« Ça va, Rem ? » demanda une Shera inquiétée pour Rem. « Vous n’avez pas l’air d’aller très bien... Avez-vous besoin d’aller chez le médecin ? »

« ... Avez-vous aussi pu voir la magie venir de moi ? » demanda Rem.

« Hein !? Oh, oui, quelques fois. J’ai toujours pensé que c’était parce que vous étiez une aventurière vraiment forte, » répondit Shera. « Et Diablo est bien plus fort. »

« Je vois..., » répondit Rem.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Shera.

« ... Je suis contente que vous soyez une idiote, Shera, » répondit Rem.

« C’est tellement méchant ! » s’écria Shera.

Diablo tendit la main et attrapa Shera par la manche. « Laissez-la ! Elle ira mieux si elle repose. Nous n’avons pas de temps à perdre, alors allons-y ! »

« Waaaah! Arrêtez ça, Diablo ! Cela va m’étirer ! Vous allez étirer mes vêtements ! Si vous voulez tirer quelque chose, alors faites-le au moins au niveau de mon collier ! » répliqua Shera.

« Est-ce donc que vous voulez !? » demanda Diablo.

***

Partie 15

Ils s’étaient déplacés dans une tente différente, loin de l’exposition principale où tous les esclaves étaient présents. À l’intérieur de cette petite tente se trouvait un grand lit avec un matelas rempli de coton, et ce n’était pas l’un de ses matelas grossiers qui étaient juste quelques couvertures jetées sur un peu de paille. Il y avait aussi une table, avec quatre chaises rassemblées autour.

Si c’était censé être la chambre d’un marchand d’esclaves, c’était étrange qu’il n’y eût pas de bureau. D’un autre côté, si c’était censé être un bureau de réception, c’était étrange qu’un lit soit même là.

C’était une pièce particulière sous bien des égards.

Assise sur l’une des chaises, Médios avait croisé ses jambes galbées. Elle avait allumé un long tuyau de métal. « Maintenant... Diablo et Shera, est-ce ça ? Asseyez-vous où vous voulez. »

« C’était la première fois que je vois un magasin d’esclaves ! » Shera s’exclama avec excitation.

« Hehe, vraiment !? Et comment le trouvez-vous ? » demanda Médios.

« C’était beaucoup moins horrible que ce à quoi je pensais ! » répondit Shera.

Diablo ressentait la même chose, chaque fois qu’il entendait « le magasin des esclaves », les images qui circulaient dans son esprit étaient beaucoup plus horribles. Mais même si les esclaves étaient bien dans des cages, ils ne semblaient pas si mal.

Médios avait parlé avec un petit rire. « Hahaha ! C’est certain que j’espère ça ! Supposons que vous veniez chercher un esclave, Shera. Voudriez-vous quelqu’un qui souffrait d’une maladie ? Ou quelqu’un dont les yeux ont l’air d’avoir perdu tout espoir ? »

« Non, je ne pense pas que je le voudrais, » répondit Shera.

« Et c’est précisément mon point de vue, » répondit-elle. « Les meilleurs exposent leurs marchandises après les avoir polies, les magasins d’objets rassemblent leurs marchandises et les exposent. Le fait de garder les esprits et les corps propres de nos esclaves sont tout simplement naturels pour un commerce d’esclaves. »

Cela avait du sens. Parce que tous les esclaves semblaient en bonne santé et avec le moral, cela les avait aidés à se sentir soulagés lorsqu’ils les achetaient.

Bien que cela ne veut pas dire que je vais acheter un esclave.

Médios continua. « Je dirais que cela a aussi à voir avec qui je suis en tant que personne. Bien que je ne puisse pas le regarder, je suis tout à fait une chiffe molle. Si l’un de mes esclaves souffre, alors je veux les aider, et je veux leur apprendre à rendre leurs maîtres heureux avant qu’ils ne soient achetés. Je pense à eux tous comme mes enfants, donc je ne peux pas les traiter horriblement. »

« Oh, j’ai compris ! Vous êtes vraiment une bonne personne, Médios ! » déclara Shera.

« ... Même si je suis une marchande d’esclaves ? » demanda Médios. Elle avait ri à nouveau.

Prenant une bouffée de sa pipe, Médios se leva de sa chaise. « Très bien, est-ce que je vais vous l’apprendre maintenant ? La pratique est bien au-dessus de la théorie ! Après tout, il n’existe aucune théorie concernant une situation aussi unique que la vôtre. »

« Je vais..., » commença Diablo. Il avait commencé à dire « Je vais te le permettre, alors dis-le-moi », mais il s’était abstenu.

Juste pour une fois, il pensait que faire de ce succès une priorité devrait être mise en avant.

Diablo avait ouvert sa bouche. « ... Si tu veux. »

« Oh oui ! Ça vous va beaucoup mieux, » répliqua Médios.

Diablo détourna le regard face au sourire de Médios.

Elle avait donné un ordre à Shera. « D’accord, déshabillez-vous. »

« Hein !? » s’exclama Shera.

« Je vais vous utiliser pour enseigner à Diablo comment utiliser la Magie d’Esclavage. Bien que vous puissiez avoir une idée du flot de magie, vos vêtements enchantés vous gêneront, » expliqua Médios.

« Quoi ? Mais ce ne sont que des vêtements normaux avec un peu de magie qui coule à travers, » déclara Shera.

Médios avait touché le tissu avec ses doigts. « ... Les vêtements normaux n’ont généralement pas de magie qui les traverse. »

« Eh bien, je suppose que vous avez raison, » déclara Shera. « M-Mais, être nue est embarrassant. Et Diablo regarde aussi... »

« Hm ? N’êtes-vous pas vous deux dans ce genre de relation ? » demanda Médios.

Shera pencha la tête, confuse.

Diablo serra ses dents de derrière afin d’éviter de rougir.

« Ne pouvons-nous pas utiliser d’autres vêtements ? » demanda Shera.

« C’est bien, mais les seuls vêtements supplémentaires que j’ai... Disons qu’ils ne sont pas normaux, » déclara Médios.

***

Shera s’était alors assise sur le lit, se tortillant d’embarras. La tenue qu’elle portait ressemblait à une sorte de lingerie. Comme il ne couvrait presque rien, il était difficile de dire s’il était fait de tissu ou simplement de cordes. Il y avait aussi des perles qui pendent sur l’un des plus... euh, le lieu privé de la tenue.

À quoi servent ces perles !?

Comme si elle admirait son propre travail, Médios hocha la tête. « C’est une tenue pour les esclaves sexuels, mais ça vous va bien. »

« N’étaient-ils pas supposés être pour vos enfants !? » Sans réfléchir, Diablo avait renvoyé cette réplique.

Médios avait gonflé fièrement sa poitrine. « Tout est correct quand il s’agit d’affaires ! Ils ne pourront pas survivre à moins qu’ils n’acceptent cela, alors c’est ce que je leur enseigne. Si vous dites que vous pouvez sauver tous les pauvres et les nécessiteux en ce moment, alors je vais m’excuser d’avoir eu tort. »

« Tch... Tu as certainement raison avec ces mots, n’est-ce pas ? Tu es complètement différente de Céles... Bon. Maintenant, que dois-je faire ? » demanda Diablo.

« Très bien, maintenant commencez par toucher la peau de Shera. N’importe où est correct. Mais je dirais que son torse serait bien meilleur que ses bras ou ses jambes, » expliqua Médios.

Plus facile à dire qu’à faire, madame.

Diablo grimpa sur le lit où Shera attendait. Ses mains tremblaient, même si ce n’était pas la première fois qu’il touchait son corps...

Eh bien, c’est la première fois que ce n’est pas sur ses vêtements.

Pour l’instant, il avait posé sa main sur sa clavicule.

« Mm... » Le corps de Shera se tortilla, comme si cela la chatouillait.

« Ne fais pas de bruits étranges comme ça, » déclara Diablo.

« M-Mais... votre main..., » répondit Shera.

Médios les avait appelés depuis hors le lit. « Pardonnez-moi, vous deux ? Il est un peu trop tôt pour commencer à mettre de l’ambiance comme ça, ne le pensez-vous pas ? »

Maintenant, Diablo essaya de voir le flux de sa magie.

« Ngh... C’est assez soudain, » déclara Diablo.

« Si vous pouvez manipuler la magie, vous pouvez le faire, » répondit Médios. « Même si vous ne pouvez pas le percevoir, la capacité de le tester devrait être très facile pour vous. »

Après qu’elle eut dit ça, il s’était dit que cela devrait être similaire au sentiment quand vous utilisiez la magie.

Plutôt que de toucher la peau, il avait essayé d’y penser comme s’il utilisait son bâton. C’est alors qu’il sentit quelque chose couler à l’intérieur d’elle. C’était différent du sang qui coulait dans tout son corps. Cela se tordait tout autour d’elle, partant de son cœur et se frayant un chemin jusqu’à la partie inférieure de son estomac.

Et puis, le flux allait autour du cou de Shera.

C’est ça !

« Ngh... c’est parti ! »

La sensation de la magie avait soudainement disparu du bout des doigts.

« L’énergie magique est quelque chose que vous ne pouvez pas voir quand vous voulez la voir, et quand vous essayez de la ressentir, vous ne pouvez pas le faire. Cela signifie que vous devez le ressentir sans essayer de le ressentir, » expliqua Médios.

Comme je l’ai dit, bien plus facile à dire qu’à faire, madame.

« Maintenant, que diriez-vous alors d’enquêter sur une zone où l’énergie magique est un peu plus concentrée, » déclara Médios.

« Donc, il y a un endroit comme ça. C’est quelque chose que tu aurais dû me le dire depuis le début, » déclara Diablo.

« Si vous l’aviez ressenti, ne serait-ce qu’un instant... Je crois que vous avez réalisé la réponse, non ? » demanda Médios.

« Il est allé du cœur... puis vers le bas, » expliqua Diablo.

« Correct, alors commencez là ! Une fois que vous pouvez commencer à ressentir l’énergie magique, je vais commencer ma conférence sur la Magie d’Esclavage, » déclara Médios.

Donc vous dites que je n’ai même pas encore atteint la ligne de départ ?

Diablo se pencha sur Shera. Il n’avait pas le temps de faire les choses lentement et régulièrement.

« Alors, je commence, Shera... Prépare-toi ! » déclara Diablo.

« O-Ouais... Diablo... C’est quelque sorte de... effrayant, » balbutia Shera.

« Laisse-moi me charger de tout, » déclara Diablo.

Je vais apprendre cette magie et enlever ces colliers !

Comme Médios l’avait ordonné, il tendit la main et plaça sa main sur le cœur de Shera. Ses doigts s’étaient enfoncés dans sa poitrine douce. Le tissu presque inexistant n’offrait aucune interférence.

Shera avait laissé sortir un doux gémissement. « Fwaaa... »

« Guh... C’est encore trop éloigné, » déclara-t-il.

Il avait essayé de pousser vers le haut. Le tissu sur sa poitrine semblait être sur le point de tomber.

Mais il pouvait sentir le flux de l’énergie magique.

« Mm... Dia... ahh, si... si vous le faites si fort... Hmm... Je pense que c’est... l’un de mes points faibles. Alors... Mm ! » Shera avait gémi alors que Diablo faisait ça.

« Endure-le. C’est là que la magie se rassemble, » répliqua Diablo.

Il la frottait de ses mains, changeant de position en cours de route. Il avait également transformé la façon dont il voyait les choses. Il avait commencé à visualiser une image plus en trois dimensions de la façon dont l’énergie magique circulait.

« Nnng!Ahhn ! Ah ! Ah ! Vous..., vous ne pouvez pas... faire ça. Haa! » balbutia Shera.

« Encore un peu plus, » déclara Diablo.

« Ah ! Aaah ! Mais si vous le faites... un peu plus... alors, je vais... Je vais j... ! » balbutia Shera.

Médios avait commencé à donner des instructions. « Il semble que vous ayez commencé à le voir. Alors, essayons d’y aller plus en profondeur, n’est-ce pas ? Cette fois-ci, vous allez y insérer votre propre énergie magique. La procédure afin d’appliquer cette magie commence en réussissant à avoir une prise ferme sur l’énergie magique de l’autre. Ensuite, votre but est d’interférer directement avec cette énergie. Enfin, vous solidifiez l’interférence et lui fournissez une forme bien définie et fixe... »

Après avoir écouté, Diablo avait commencé à faire glisser ses mains. On aurait dit que s’il enlevait ses mains, il ne pourrait pas retrouver le flux.

La peau de Shera était bien plus douce que tout ce qu’il avait ressenti avant dans sa vie. La sensation s’était propagée aux parties les plus profondes de son cerveau.

Est-ce ça qui signifiait de ressentir l’énergie magique ?

Et ce n’était pas seulement l’énergie magique, c’était comme s’il pouvait la voir respirer, sentir son pouls, et même où elle transpirait avec la paume de sa main. Si vous pouviez vous entraîner suffisamment pour obtenir ce genre d’information en regardant simplement quelqu’un au lieu de le toucher, il était probable que vous vous accrochiez au secret de Rem, ainsi qu’au fait que Diablo n’était pas un sorcier ordinaire.

Il était parti de la poitrine de Shera, et il avait commencé à frotter le nombril exposé.

Le dos de Shera s’était arqué pendant qu’elle criait. « Ahhhh !?? »

« Hm !? As-tu mal ? Non, ça ne ressemble pas à ça... Qu’est-ce... que c’est !? Je peux sentir une sorte d’onde étrange venant d’elle..., » déclara Diablo.

Médios l’avait incité à continuer. « Si quelque chose de terrible était sur le point de se produire, je vous arrêterai, donc, vous pouvez continuer. »

« Je vois... Alors, je vais continuer ainsi, » déclara-t-il.

Il avait frotté son majeur contre son nombril.

La voix de Shera avait retenti encore une fois. « Nghhh!Mnnnnnn! »

« Est-ce que ça chatouille ? Tu dois le supporter. La magie se concentre juste en dessous de là, » déclara Diablo.

Il avait touché la partie inférieure de son estomac.

« Ah !? Aaaah ! Ici... vous ne pouvez pas ! Pas mon estomac !! » avait dit Shera.

« C’est ici que la magie se trouve ! » répondit-il.

Il commençait lentement à saisir la forme de l’énergie magique qui se tortillait et tournoyait à l’intérieur de Shera.

Médios avait alors pris la parole. « Maintenant, essayez d’intervenir avec de l’énergie magique. Il suffit d’en injecter lentement, délibérément, soigneusement... Comme si vous versiez du miel dans une bouteille. »

« Hm. » Diablo avait commencé à verser de l’énergie magique dans Shera.

Lentement...

« Mnn!? Ah... Dia... blo... Fwaaaah, hmmm... Pour certaines raisons... juste en dessous de mon estomac... Ça commence à être chaud... ! » balbutia Shera.

Médios acquiesça joyeusement. « Oh mon Dieu ! Comme on pouvait s’y attendre de quelqu’un que Célestine tient en si haute estime. En si peu de temps, vous avez traversé la couche externe et commencé à atteindre le noyau. »

« Est-ce assez ? » demanda Diablo.

« Ça ne suffira pas si vous continuez si lentement. On dirait que Shera est complètement ouverte en ce moment, alors pourquoi ne pas tout faire jaillir ? » déclara Médios. « Infuser quelqu’un avec de la magie est la même chose que boire une potion de mana. Une fois que vous pouvez faire cela, alors je peux vous apprendre à utiliser la magie d’esclavage. »

« D’accord... Maintenant, je vais y aller, Shera ! » déclara-t-il.

Avec ses joues rouges et son souffle brisé, des larmes se formèrent dans les coins de ses yeux. Mais elle fit quand même un petit signe de tête. « D’accord... tout va bien... vous pouvez... y aller à fond... »

Il avait rassemblé de l’énergie magique dans sa main, et comme quand il accumulerait de l’énergie magique dans le Bâton de Tenma, il l’avait injectée dans Shera.

« Woooooahhhh ! »

C’était une sensation comme s’il avait brisé une sorte de mur mou. Cela lui avait résisté tout ce temps, mais maintenant, ce qui était en face de lui aspirait ce que Diablo envoyait.

Diablo avait ainsi pu libérer son énergie magique à l’intérieur de Shera. Son corps se contracta et convulsa.

« Ahh ! Nhaa ! Hyaaaaaaaaaa !! » cria Shera.

Un torrent de lumière blanche brillante avait jailli, remplissant sa vision.

« ... Et donc, quand vous voyez cela, vous pouvez un peu interférer avec. Ensuite, il vous suffit de lier le tout, comme si vous attacherez un lacet, » utilisant un morceau de ficelle, Médios manipula ses doigts pour créer une forme. « Vous utilisez votre énergie magique pour attacher tout ce que vous voulez afin que cela soit ferme. Allez-y. »

Elle s’était assise sur sa chaise avec les jambes croisées.

Les bras croisés, Diablo s’assit en face d’elle. Il se sentait toujours léthargique après avoir libéré son énergie magique.

« Ce serait encore difficile pour moi à moins que je me concentre plus... Mais je me sens comme si je peux le voir à certains moments... Si je pouvais le toucher physiquement, tout serait parfait, » déclara Diablo.

« Hehehe... Vous savez, il m’a fallu douze ans pour apprendre cette partie, » déclara Médios.

« Je suis un Seigneur-Démon. Ne me comparez pas aux réalisations des autres races, » répliqua Diablo.

Après tout, je me suis immergé pendant d’innombrables heures dans ce genre de choses. Eh bien, c’était du moins dans le jeu.

Peut-être était-ce à cause de son utilisation constante de la magie dans ce monde, mais il avait été capable d’apprendre une partie de cette technique d’une manière scandaleusement rapide.

Médios haussa les épaules. « Mais ça ne semble pas fonctionner. »

« Je ne pense pas que ce soit impossible. À en juger par la durée de ma concentration et de ma précision avec cette technique, il semble que je n’ai pas beaucoup de chance en ce moment, » déclara Diablo.

« Je me demande si le génie de Shera aurait pu inconsciemment empêcher votre succès, » déclara Médios.

« C’est possible, » répondit Diablo.

« C’est peut-être la raison pour laquelle cela s’est matérialisé si mal, » déclara Médios.

Diablo hocha la tête en réponse.

Il avait vu l’énergie magique dans Shera, ainsi que dans le collier de l’esclavage autour de son cou.

« C’était comme... être dans une pièce sans fin, avec d’innombrables pelotes enroulées les unes sur les autres sur le sol... Et même si je devais les démêler tous un par un, la pièce était remplie de fumée et ma vision était limitée, et je ne peux y être que tant que je peux retenir mon souffle..., » déclara Diablo avec un soupir.

« Bingo ! Pourquoi ne pas abandonner maintenant ? » demanda Médios.

« Ngh... » Il n’avait aucunement intention de le faire, mais une chose était certaine : il avait une tâche écrasante de difficulté se trouvant devant lui.

Juste à côté d’eux, dormant paisiblement avec une couverture qui la recouvrait, il y avait Shera. Le collier d’esclavage restait toujours attaché autour de son cou.

***

Interlude 1

Rem et Alicia étaient sorties ensemble de la tente.

Le garde extérieur les avait accueillis. « N’hésitez pas à vous reposer ici, » avait-il dit, en les guidant vers un banc. « Parfois, nous avons des clients qui tombent malades, donc ce banc est toujours préparé. Cela vaut surtout pour les femmes. »

Bien que l’agitation du marché puisse encore être entendue, la tente était un peu à l’écart, donc ce n’était pas si bruyant par ici.

Ayant accepté son offre, Rem s’était assise sur le banc, avec Alicia à côté d’elle.

Elle a l’air d’être une bonne personne, mais je ne sais pas de quoi parler.

Rem essayait habituellement de ne pas s’impliquer avec les autres. Pour cette raison, chaque fois qu’elle était avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, elle ne savait pas quoi faire.

Puis, alors qu’elle se sentait troublée...

Alicia avait commencé à parler avec un doux sourire. « Que pensez-vous qu’il soit nécessaire de faire pour démêler le mystère de la “magie de l’esclavage” ? »

Rem avait un peu réfléchi avant de répondre. « ... Je pense que c’est probablement quelque chose de semblable à la Magie d’Invocation. »

« Comme de lancer un cristal ? » demanda Alicia.

« Ah... Je voulais parler de la magie rituelle nécessaire pour faire des contrats avec des invocations. Je ne parlais pas du fait de les utiliser, » répondit Rem.

La magie utilisée pour d’abord appeler une Invocation et pour les transformer en cristal était la Magie d’Invocation.

Voulant faire une explication pour cela, Rem avait continué à parler. « ... En trouvant un “Lieu”, en créant une “Situation”, et finalement, en établissant un “Rôle”, le sort s’active... Voilà comment je vois le rituel magique de l’invocation. En lançant le sort à la Tour des Météores, le “Lieu”, j’ai créé une “Situation” débordant d’énergie magique. En m’établissant dans le “rôle” d’un invocateur, j’ai appelé mon Invocation. »

Cependant, ce qui était apparu n’avait pas été une Invocation.

« Oh, je vois, » Alicia hocha la tête. « Comme on peut s’y attendre de vous, Mademoiselle Rem, je retire mon chapeau face à votre sagesse supérieure en matière de magie. »

« ... Ce n’est pas comme si vous étiez complètement ignorant de la magie, n’est-ce pas ? » demanda Rem.

« Je suis assez confiante quand il s’agit d’arts martiaux, mais avec la magie..., je ne peux même pas suivre les pas des experts. Je n’ai pas la moindre idée de ce que ce flux d’énergie magique est dont parlait Mademoiselle Médios plus tôt. »

« ... Je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire... Bien que ce ne soit pas comme si je ne pouvais pas faire des suppositions quant à ce que c’est, » déclara Rem.

Rem ne pouvait pas voir le « flux d’énergie magique ». C’était peut-être parce qu’elle n’avait pas la capacité de le faire, mais là encore, elle n’avait même jamais fait d’entraînement.

Médios l’avait appelé le résultat d’une « discipline exténuante et laborieuse ».

Mais il ne semblait pas que Shera ait suivi une formation.

Même si elle pouvait sembler une tête en l’air, Shera pourrait parfois être étonnamment compétente. Elle n’était en possession d’aucune Invocation, mais ses talents semblaient reposer ailleurs, comme la capacité de voir le flux d’énergie magique.

Apparemment, il y avait des cas où ceux qui étaient nés dans la royauté étaient venus au monde avec des bénédictions spéciales. Ces grâces pourraient être trouvées dans la bénédiction du Dieu Moissonneur, qui ferait en sorte que la terre que vous dirigiez ait des récoltes abondantes, ou la bénédiction du Dieu des Océans, qui calmerait les vagues de l’océan et rendrait sûr le voyage par mer. C’étaient des effets durables qui étaient impossibles à réaliser par la magie, et qui s’activaient juste parce que la personne était en vie.

Les capacités de Shera pourraient être l’une de ces bénédictions, son existence même était bénie.

Le contraire de la mienne, pensa Rem.

Alicia avait alors affiché un regard empli d’inquiétude. « Mademoiselle Rem, vous sentez-vous encore malade ? »

« ... Je vais bien, » Rem répondit, en secouant la tête. Elle était inquiète de ne pas avoir répondu à cette question, même si Alicia n’était concernée que par elle.

Alicia ne semblait pas être dérangée par ça. « Êtes-vous curieuse de savoir ce que cette femme peut enseigner à Diablo et à Mademoiselle Shera ? »

« ... Il y a un peu de ça, » répondit Rem.

« Je vais attendre ici. Alors pourquoi n’essayez-vous pas d’y retourner maintenant ? » demanda Alicia.

« ... Non... Je ne suis pas bien avec des personnes comme elle..., » répondit Rem.

Rem plaça une main sur sa poitrine — L’âme du Seigneur-Démon Krebskulm était scellée à l’intérieur d’elle. Bien qu’elle n’ait donné aucune information à Médios, la marchande d’esclaves était sur le point de le réaliser. Bien sûr, même si Médios réalisait qu’il y avait un autre flot de magie à l’intérieur de Rem, ce n’était pas comme si elle faisait une connexion directe avec un Seigneur-Démon.

Alicia acquiesça. « Elle semble être le genre de personne à voir à travers tout, n’est-ce pas ? J’avais aussi un peu peur d’elle. »

« ... Même si vous êtes une Chevalière Impériale qui ne dirait jamais un mensonge ? » demanda Rem.

« Hehe... Bien sûr que non. Personne comme ça existe, » répondit Alicia.

« Quoi !? » s’exclama Rem.

« En fait, plus un Chevalier Impérial tente d’être juste et équitable, plus le nombre de mensonges qu’il raconte devient important, » expliqua Alicia.

« ... Vraiment ? » demanda Rem.

« C’est un secret, d’accord ? » Alicia haussa joyeusement les épaules.

Donc, même une Chevalière Impériale comme elle a des secrets.

Alicia avait l’air d’être la personne parfaite : elle était honnête, avait une personnalité brillante, et était très sociable. Mais même une femme comme elle avait encore des secrets. Rem était un peu heureuse d’entendre cela.

Elle avait exprimé ses inquiétudes, on avait senti comme le genre d’atmosphère qu’elle pourrait faire cela.

« ... J’avais peur d’avoir mon propre secret révélé, » déclara Rem.

« Je comprends. Après tout, tout le monde porte une sorte de secret. Quand je pense que le mien va être découvert, j’utilise un charme pour le garder en sécurité, » déclara Alicia.

« Un... charme ? » demanda Rem.

« C’est un peu enfantin, donc je suis un peu gênée de le dire, » Alicia sortit sa langue. C’était surprenant pour quelqu’un d’aussi mature qu’elle de faire ce genre de geste.

« ... Et c’est quoi ce charme ? » demanda Rem.

« Êtes-vous intéressée ? Alors... pourriez-vous, s’il vous plaît, fermer les yeux et me donner la main ? » demanda Alicia.

« ... Comme ça ? » demanda Rem.

Comme on le lui avait dit, Rem ferma les yeux et tendit la main. Il y avait une légère sensation de chatouillement dans la paume de sa main.

Le doigt d’Alicia avait tracé un cercle sur la paume de Rem, ainsi que diverses autres lignes. Soudainement, la main de Rem devint chaude : elle sentit de l’énergie magique.

A-t-elle utilisé la magie !?

Surpris, les yeux de Rem s’ouvrirent. Même Alicia avait un air surpris sur son visage. « Hein !? »

Ni l’une ni l’autre ne pouvait parler après ça.

Rem fut celle qui brisa le silence. « ... Alicia... Qu’est-ce que c’était juste maintenant... ? »

Avec une secousse, Alicia inclina profondément la tête. « Eu-Euh, eh bien... Dans ma ville natale, nous avons une tradition où l’on dessine un cercle sur la main, puis on chante les mots magiques : “Maintenant c’est fermé”... Cela aiderait à protéger votre secret. »

« ... Vraiment ? Mais j’ai senti une sorte de magie, » répondit Rem.

« Est-ce vrai ? Moi aussi, j’ai été surprise que cela ait soudainement surgi comme ça. Maintenant que j’y pense, c’est la première fois que je fais ça à un sorcier, » répondit Alicia. « Quelque chose a pu arriver en raison de la présence de votre énergie magique. J’étais imprudente... Je suis désolée de vous avoir surpris comme ça. »

Était-ce parce que la magie était dans la main de Rem ? Ou alors, cela pourrait-il être à cause du Seigneur-Démon scellé à l’intérieur d’elle ? Peu importe le cas, si Alicia avait réalisé que l’âme du Seigneur-Démon Krebskulm était scellée à l’intérieur de Rem, elle aurait maintenant sauté loin de Rem.

Alicia n’avait pas dégainé l’épée à sa taille, alors, sur la base de son attitude actuelle, elle ne mentait pas. Il semblerait qu’elle ne connaissait toujours pas le secret de Rem.

Alors qu’Alicia baissait humblement la tête, Rem prit la parole. « ... Tout va bien. S’il vous plaît, ne vous inquiétez pas à ce sujet. »

« Pouvez-vous me pardonner pour ça ? » demanda Alicia.

« ... Franchement, ce n’est vraiment pas un gros problème. J’étais juste surpris, c’est tout, » répondit Rem.

« Merci mon Dieu ! Et merci beaucoup, » déclara Alicia.

« ... Je me sens beaucoup mieux après avoir parlé avec vous, » déclara Rem.

Rem ne mentait pas en ce moment. Quand Céles et Diablo avaient découvert son secret, elle était absolument terrifiée. Mais après qu’ils l’aient acceptée malgré cela, une grande vague de soulagement l’avait submergée. C’était très différent maintenant quand elle en parlait un peu, même si elle n’avait pas révélé son secret.

Bien qu’elle savait qu’elle ne pourrait jamais être franche sur tous les sujets avec une Chevalière Impériale comme Alicia.

Un doux sourire apparut sur le visage d’Alicia. « Je ne me comprends pas très bien... Mais si j’ai pu vous être utile d’une façon ou d’une autre, alors j’en suis heureuse. Je ne voudrais jamais ignorer quelqu’un comme vous, Mademoiselle Rem, qui s’occupe de quelque chose qu’elle ne peut pas partager ouvertement avec les autres. »

***

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3 commentaires

  1. merci pour le chapitre 🙂

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