Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 2 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Sous l’ombre du Chevalier Noir

Partie 1

Octobre de l’année Tenryuu 58...

Nous étions au milieu du mois et l’automne battait son plein.

Les personnes appelaient l’automne la saison de l’appétit et le temps des sports. Cependant, profiter de ces plaisirs serait un peu difficile dans la résidence actuelle de Tachibana Masatsugu, la Ville de Suruga.

Après tout, les armées ennemies occupaient les « environs » de la Ville de Suruga.

« Taisei, combien de jours se sont écoulés depuis l’attaque des troupes de l’Empire Britannique ? » demanda Taisei.

« Nous sommes le sixième jour. Le temps passe vite, ça va bientôt faire une semaine, » répondit Masatsugu.

En ce moment, Masatsugu discutait avec Okonogi Taisei, l’un de ses rares amis.

Ils étaient des camarades de classe qui étudiaient en deuxième année du lycée privé Rinzai. Ils s’étaient rencontrés dans la salle de classe de deuxième année, la 2 E qui était leur classe d’origine.

La loi martiale avait été proclamée dans la ville de Suruga, mais le lycée Rinzai avait décidé de reprendre les cours.

Cependant, cela ne signifiait pas que leur vie était revenue à la normale. Envahissant sous la bannière de l’Alliance pour la Restauration, l’Empire Britannique avait pris le contrôle de la préfecture de Shizuoka en utilisant une force militaire écrasante.

Sur les cinq forts tutélaires présents dans la préfecture, quatre étaient déjà tombés. La seule exception était celle de la région de Suruga, donc ici.

Grâce à la Chevalière Akigase Rikka qui s’était rendue par hasard au fort tutélaire de Suruga — ainsi qu’aux efforts de Tachibana Masatsugu — ils avaient réussi à arrêter l’avance de l’Alliance pour la Restauration.

Le problème était que les forces ennemies restaient à l’intérieur de la préfecture de Shizuoka.

Les réseaux de transport entrant et sortant de la ville de Suruga avaient tous été bloqués par l’Alliance pour la Restauration. Ni les trains ni les automobiles ne pouvaient circuler hors et vers la zone.

La ville de Suruga et ses environs immédiats étaient comme une île isolée sur terre.

La loi martiale avait été imposée il y a cinq jours lorsque les Britanniques avaient attaqué et elle n’avait toujours pas été levée. Normalement, les établissements d’enseignement suspendaient les cours pendant la loi martiale. Cependant, le lycée où Masatsugu et Taisei étudiaient avait vu certaines de ses classes qui recommençaient.

Cela n’avait rien à voir avec les nobles idéaux du dévouement à l’apprentissage ou de défi contre la brutalité militaire.

Comme il était impossible de fuir la région de Suruga, les gens n’avaient rien à faire. Pourquoi ne pas rassembler tous les élèves et les enseignants de la ville et organiser des cours... ? Ce n’était donc rien de plus que ça.

« À la fin, j’ai l’impression que nous sommes venus à l’école afin de pouvoir bavarder. Sans les enseignants et les élèves qui proviennent de l’extérieur de la ville, les classes normales ne peuvent pas vraiment continuer, » déclara Taisei.

« Même si tu veux tuer le temps en regardant la télévision, il n’y a pas de réception, » répliqua Masatsugu.

Les techniques de contrôle noétique afin de causer des interférences destructives vis-à-vis des ondes électromagnétiques, les communications sans fil et les ondes noétiques étaient connues sous le nom de « perturbation noétique ».

Après le déclenchement de la guerre, la zone de Suruga avait été gravement perturbée. Les téléphones, téléviseurs et autres appareils électroménagers ne pouvaient pas être utilisés.

« D’ailleurs, les habitants de la préfecture de Shizuoka ne peuvent pas regarder la télévision uniquement parce que l’émetteur principal de la préfecture est situé dans la préfecture de Suruga. Bien sûr, c’est une affaire différente pour ceux qui vivent dans des régions qui peuvent recevoir des signaux de Kantō ou d’Aichi, » déclara Taisei.

« Ce qui veut dire que tout le monde souffre à cause de nous, » déclara Masatsugu.

« Peut-être que cela fait également partie du plan de l’Alliance pour la Restauration, pour minimiser la quantité d’informations inutiles reçues par les résidents de la préfecture — Oh, ça me fait me souvenir d’un truc, » Taisei avait soudainement changé de sujet. « Pour la quatrième période, les étudiants et les enseignants doivent quitter le campus pour des travaux d’intérêt général. »

En passant, il s’agissait actuellement de la pause entre la deuxième et la troisième période.

Celui qui avait informé Masatsugu, Okonogi Taisei, était aussi le vice-président du Conseil des Étudiants. Il s’adressait maintenant à une troisième personne qui était restée silencieuse jusqu’à présent.

« Je suis terriblement désolé d’imposer cela à un Chevalier... et à Votre Altesse, Princesse, » déclara Taisei.

« Ne vous inquiétez pas pour ça. C’est plus important que de perdre du temps sans rien faire, » répondit la princesse.

Sa réponse élégante avait incité Taisei à rétracter son cou avec un « merci ».

Voyant son « camarade de classe » réagir si timidement, la jeune fille avait souri et avait dit : « Nous sommes tous des camarades de classe en quête commune d’apprentissage. Il n’y a pas besoin d’être si réservé. »

« C’est juste, mais c’est un peu trop difficile pour un roturier comme moi, » déclara Taisei.

Malgré le fait qu’il parlait d’égal à égal avec Masatsugu, Taisei s’était montré particulièrement respectueux envers la jeune fille.

C’était tout à fait naturel. La personne qui était face à lui était devenue un nom familier dans la ville de Suruga depuis peu. Elle était Fujinomiya Shiori, la princesse impériale.

Taisei et Masatsugu conversaient en se tenant debout devant son siège.

De plus, cette jeune et belle princesse avait les cheveux blond-platine attachés dans une queue de cheval et elle portait le blazer de l’école.

« Si je me souviens bien... Votre Altesse a seize ans, n’est-ce pas ? » demanda Taisei.

Bien qu’il ait dit qu’il allait rester réservé, Taisei avait activement entamé une conversation avec la princesse.

En parlant de cela, comme son ami Masatsugu, Taisei était le genre de gars qui marchait au rythme de son propre tambour. Ni arrogant, ni soumis, il utilisait des formes polies sans beaucoup de rigueur pour parler à Shiori.

« C’est exact, » répondit Shiori.

« Alors vous êtes une deuxième année comme nous parce que —, » commença-t-il à demander.

« Je suppose que ça compterait comme un saut de classe en raison de mes notes, » répondit Shiori. « Je sais que j’ai réussi l’examen de transfert, donc sauter une classe est le résultat basé sur les résultats académiques. » Shiori ajouta ça malicieusement, « Naturellement, c’était gentil de la part de l’école de m’assigner à la même classe que Masatsugu-sama. »

« Je le pense aussi, » déclara Taisei.

Techniquement, Fujinomiya Shiori était aussi un étudiant ayant une excellence académique.

Elle n’avait pas seulement suivi les cours de deuxième année sans effort, mais elle avait aussi fait preuve d’intelligence pour obtenir des résultats parfaits aux tests mineurs et à la participation en classe dans toutes les matières.

La seule exception était le cours d’éducation physique qu’elle avait choisi de ne pas suivre en utilisant une excuse de « santé fragile ».

... Mais bien sûr, Masatsugu était conscient de la vérité.

Il n’y avait rien de mal quant à la santé de la princesse. Elle avait boycotté la classe d’éducation physique uniquement parce qu’elle avait besoin de garder son secret absolu d’« inaptitude athlétique ».

Cependant, la belle et charmante princesse avait commenté nonchalamment. « Puisque Suruga est actuellement en crise, peut-être, que je ne devrais pas dire cela... Cependant, je suis franchement très heureuse. Depuis longtemps, j’ai toujours voulu faire l’expérience de la vie scolaire. »

Elle n’avait pas négligé de faire un sourire discret.

Elle n’avait pas oublié le reportage qu’elle avait utilisé lors de l’entrevue pour l’émission de nouvelles de la dernière fois. Ayant joué le rôle tant de fois, sa capacité à feindre la docilité était comme une seconde nature.

Masatsugu avait entendu dire que Shiori avait sauté des classes pour entrer à l’université pendant ses études à Rome.

L’inscription au lycée au Japon devait créer l’image de « la jeune et frivole princesse ». En vérité, la princesse qui avait l’ambition de s’emparer du Japon était une étudiante assidue qui avait, non seulement, maîtrisée toutes les disciplines académiques régulières, mais aussi la politique, la diplomatie, l’histoire et les études culturelles de diverses nations, et même la stratégie militaire...

Née à l’époque ancienne, elle serait qualifiée de stratège de premier ordre. C’était l’élite qu’elle était.

« Au fait, vice-président, » comme Taisei était membre du Conseil des Étudiants, Shiori s’adressait toujours à lui par son titre.

Ce n’était probablement pas intentionnel de sa part, mais cela donnait l’apparence d’une « princesse qui demandait l’avis d’un subalterne sur les affaires nationales ».

« Comme on peut s’y attendre, il n’y a pas beaucoup d’élèves à l’école, » déclara Shiori.

« Beaucoup de gens croient que ce n’est pas le moment d’aller à l’école, » répondit-il.

La salle de classe était calme et inoccupée pendant la pause.

Le nombre d’étudiants était faible. Aujourd’hui, la participation n’était que de 50 %.

« L’Alliance pour la Restauration n’a pas attaqué depuis avant-hier soir... Personne ne sait quand les combats reprendront. Je peux comprendre leurs sentiments de vouloir rester à la maison, » déclara Taisei.

« Mais ne ressentez-vous pas la même chose, vice-président ? » demanda Shiori.

« J’assume après tout les responsabilités du Conseil des Étudiants, » répondit Taisei. « Si d’autres étudiants viennent, je ne peux pas feindre l’ignorance. De plus, si je vais à l’école... Ou plutôt, si je vais près des dortoirs, il y a un Seigneur Chevalier qui nous protège. » Répondant à la princesse, Taisei jeta un regard oblique sur Masatsugu. « J’attends avec impatience que ta puissance puisse chasser l’Alliance pour la Restauration, Masatsugu-kun. »

« Certainement, j’essaierai de faire de mon mieux... » Masatsugu avait répondu avec un haussement d’épaules.

Il avait informé l’école de sa capacité de contrôler les Légionnaires et de son intention d’utiliser ce pouvoir pour protéger la ville de Suruga.

Ce n’est qu’ainsi qu’il avait obtenu la clémence nécessaire accordée au « chevalier de la princesse ».

« Indéniablement, il y a beaucoup de choses dans ce monde qui sont au-delà de mes capacités. Pense à moi comme un bout de bois qui se montre quand tout le monde se noie, » déclara Masatsugu.

« Oublie le bout de bois, mais au moins convaincs-nous que tu es un canot de sauvetage, » déclara Taisei avec un sourire ironique.

Taisei avait facilement accepté le fait que son camarade de classe était Chevalier.

Il connaissait les pertes de mémoire de Masatsugu et sa capacité de combat inhabituellement importante. En entendant la vérité, il avait montré une sorte de regard « qui explique tout ».

Alors que la princesse, le Chevalier et le lycéen bavardaient...

« ... En ce moment, il y a déjà deux Chevaliers dans cette école, » la voix claire d’une fille sévère interrompt leur conversation.

Une beauté aux cheveux noirs était arrivée dans la salle de classe, vêtue de l’uniforme d’officier de l’Armée Impériale japonaise plutôt que de l’uniforme féminin du lycée Rinzai.

Taisei avait été surpris.

La jeune fille en uniforme militaire avait poursuivi : « Ce n’est peut-être pas un canot de sauvetage, mais un certain niveau d’assurance pourrait être fourni. »

« Oh, c’est Akigase-dono, » déclara Shiori.

« Ça fait un moment, Hiji-No, Tachibana-dono. C’est merveilleux de vous voir en bonne santé, Votre Altesse, » répondit Rikka.

Il y avait épée japonaise dans le fourreau suspendu à la ceinture de la fille aux cheveux noirs.

Cette apparence galante appartenait à l’actuelle châtelaine du fort tutélaire de Suruga, la Chevalière Akigase Rikka. Masatsugu ne pouvait pas se tromper sur l’identité d’une beauté frappante de son calibre.

Masatsugu avait alors dit : « En vérité, cela ne fait pas très longtemps. Nous nous sommes rencontrés hier et avant-hier. »

« E-En effet, vous avez raison, » Rikka avait un peu paniqué quand Masatsugu le lui avait rappelé.

Il y a trois nuits, Masatsugu avait vaincu les Kamuys de l’Alliance pour la Restauration en son nom. Le lendemain, Rikka lui avait rendu visite pour le remercier. Le lendemain, elle était revenue pour exprimer solennellement sa gratitude.

Et aujourd’hui, Akigase Rikka était de nouveau ici.

Elle avait même visité l’école alors que les classes n’étaient pas encore terminées, laissant ses fonctions militaires derrière elle.

Bien que le fort tutélaire de Suruga et le lycée Rinzai étaient « voisins », à moins d’une demi-heure de route...

L’attitude de Rikka était inexplicablement courtoise, malgré son statut de « princesse » du fief. Son père était Akigase Shouzan, le gouverneur général statuant sur Tōkaidō.

« Au fait, Akigase-dono, puis-je vous demander ce que vous faites ici aujourd’hui ? » demanda Masatsugu.

« Tout à fait. Comme vous, Tachibana-dono, nous sommes des Chevaliers protégeant Suruga, » en lui parlant, Rikka avait évité tout contact visuel avec Masatsugu. « C’est simplement que nous pourrions tirer le meilleur parti des occasions d’interagir et de mieux nous connaître. C’est..., seulement si cela ne vous dérange pas. »

« Oh ! Je vois. Afin de partager des idées en tant que Chevalier ? » demanda Masatsugu.

« Oui, précisément, les Chevaliers ont beaucoup d’informations pertinentes à partager, » répondit Rikka.

« Est-il nécessaire que vous veniez jusqu’à l’école pour ça ? » demanda Masatsugu.

« Il se trouve que j’avais un peu de temps libre. Je m’inquiétais de vous déranger, mais je ne voulais pas perdre de temps. Alors, je suis venue vous rendre visite d’une manière effrontée, je le reconnais, » répondit Rikka.

« Akigase-dono. Vous êtes, en vérité, la personne la plus occupée de Suruga en ce moment, » répliqua Masatsugu.

« P-Pas du tout. Ayant reçu mon grade de l’État impérial, je ne fais que remplir mes obligations. S’il vous plaît, comprenez-le, » répliqua Rikka.

Rikka avait dû rassembler tout son courage pour converser avec Masatsugu.

Plutôt qu’un partage d’idées entre Chevaliers, cela ressemblait davantage à une jeune fille supprimant ses sentiments timides pour s’approcher audacieusement de « l’objet de son affection ».

Décidant de ne pas trop y penser, Masatsugu avait hoché la tête.

Introvertie et abritée, les jeunes femmes étaient à son goût, mais il trouvait aussi très mignon quand les filles exprimaient honnêtement leur affection.

Peu importe quel genre de fille Akigase Rikka était, au moins il n’y avait aucun doute qu’elle était très attirante. Ses sentiments l’avaient également enchanté.

Masatsugu lui avait alors dit : « Bien sûr, mais ne restons pas debout et ne parlons pas dans une salle de classe. Nous irons dehors. »

« D’accord. Ce serait avec plaisir. »

« Masatsugu-kun, le cours commence dans deux minutes, » déclara Taisei.

« Désolé, ça fait partie du travail, alors, aide-moi à arranger les choses avec le professeur, » devant son compagnon Chevalier ravi, Masatsugu demanda une faveur à son ami maussade.

Pendant ce temps, sa supérieure, Fujinomiya Shiori avait révélé un regard momentané de panique en écoutant sa conversation avec Rikka. Elle toussa légèrement et déclara : « Excusez-moi, Masatsugu-sama, veuillez permettre à Hatsune de vous accompagner s’il y a une discussion sur ce qui concerne les Chevalier. »

« Pour quelle raison ? » demanda Rikka.

 

 

« En considération de la situation, » répondit la princesse. « Ne l’avons-nous pas mentionné précédemment... ? Hatsune souhaite hériter de l’Appellation qui est l’héritage de la famille Tachibana ? Il va de soi que Hatsune aurait avantage à assister à une conversation entre Chevaliers. Oui, c’est décidé. D’ailleurs, après mûre réflexion... »

Shiori avait déclaré d’une voix innocente : « Je devrais aussi prendre part à votre discussion. C’est le devoir d’une princesse de répondre à la loyauté manifestée par vous, chevaliers. »

« ... Je vois, » répondit Masatsugu.

La princesse pouvait-elle être jalouse parce qu’il séchait les cours pour aller à un « rendez-vous » ?

Après avoir réfléchi à cette spéculation irrespectueuse, Masatsugu avait accepté la demande de Shiori. Surpris par le développement soudain, mais incapable d’offrir des mots d’objection, Rikka n’avait pas d’autre choix que d’acquiescer.

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Un commentaire

  1. Merci pour le travail.
    En milieu de chapitre, il manque un mot sur la phrase suivante et un terme semble étrange :

    Il y avait ... épée japonaise dans son (le) fourreau suspendu à la ceinture de la fille aux cheveux noirs.

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