Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 6

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Chapitre 3 : Les Chevaliers et les Faits d’Armes

Partie 6

La maison dans les profondeurs de la forêt de bambous avait été soigneusement entretenue.

On pourrait le dire d’un coup d’œil vers la porte, en voyant l’entrée et le couloir. Il n’y avait pas le moindre grain de poussière et toutes les surfaces en bois étaient polies.

La cour relativement petite était décorée tel un jardin japonais.

« Ce Manoir Ryouzan appartient à des parents éloignés du côté de mon père, » expliqua Shiori. « Grâce à leur générosité, je suis libre d’utiliser cet endroit à ma discrétion pendant mon séjour à Suruga. »

Shiori avait ouvert la voie, expliquant l’origine de cette bâtisse tout en avançant dans le couloir. Masatsugu s’était rappelé ce que Hatsune avait dit au sujet du père de la princesse qui était d’une ancienne famille de nobles qui vivait à Suruga.

En outre, Masatsugu pourrait détecter la présence d’autres personnes (probablement des domestiques).

Cependant, ils ne s’étaient pas montrés et étaient restés dissimulés jusqu’à maintenant. Masatsugu croyait qu’ils allaient immédiatement exécuter les ordres de Shiori dès qu’elle les appellerait pour ça.

L’atmosphère sereine de cette maison était définitivement au-delà de la capacité du clan Tachibana non raffiné à produire.

« S’il vous plaît, par ici, Masatsugu-sama, » déclara la princesse.

Masatsugu avait été conduit par elle jusqu’à une pièce de style japonais. Assise formellement en style seiza, Shiori fit signe à Masatsugu afin qu’il s’assoie devant elle. Il s’était placé tout comme elle lui avait demandé de faire.

Jamais, dans ses rêves les plus fous, il n’aurait espéré avoir l’occasion de converser avec la princesse en privé.

« Plutôt qu’un rendez-vous... Cela semblerait plus à une romance, » déclara Shiori.

« Princesse, vous utilisez ces mots pour des liaisons romantiques depuis un moment maintenant, » parlant candidement, Masatsugu avait répondu à la princesse qui était dans une contemplation sérieuse.

« Se pourrait-il que vous soyez tombée amoureuse de moi en si peu de temps et que vous me confessiez cet amour aujourd’hui ? » demanda-t-il.

« D-De quelle absurdité parlez-vous !? » s’écria la princesse. « Cela ne fait que quelques jours depuis notre réunion ! Développer une romance sur la base d’une telle relation serait trop impropre ! »

« Dommage, » répondit Masatsugu. « C’est juste que j’ai entendu beaucoup de conversations sur ce sujet ces derniers temps. »

La réaction de Shiori indiquait qu’elle était très troublée et agitée par ça tandis que Masatsugu inclinait la tête en signe d’excuse, complètement imperturbable.

Plus précisément, il n’avait pas « entendu » ces conversations. À la place, il les avait lues dans des romans de comédie romantique visant les garçons du lycée. Mettant cela de côté, Masatsugu avait pensé à quelque chose d’autre.

Donc, elle avait un certain côté à sa personnalité qui était comme celle d’une princesse surprotégée.

À l’inverse, la princesse lui avait parlé avec un déplaisir clairement audible. « Bon sang... Je m’attendais à ce que vous soyez une personne plus sérieuse en me basant sur votre apparence. Je me suis apparemment trompée... »

« Désolé pour ça, » répondit-il. « Puis-je demander à quoi vous fait penser mon apparence ? »

« Personne ne vous a jamais dit que vous avez un beau visage comme celui d’une célébrité ? » demanda Shiori.

« Oh, bien sûr, j’ai entendu ça quelques fois, sauf qu’ils ajoutent toujours à la fin. “Si seulement vous aviez une personnalité normale”. »

« ... En effet, votre coopération et votre sensibilité sont quelque peu défectueuses, » la princesse avait calmement commenté Masatsugu, l’incitant à s’incliner la tête une autre fois tout en disant à la princesse. « Désolé pour ça. »

« Cependant, princesse, puisque ma beauté semble adaptée à vos goûts, alors je suppose que votre but en m’amener ici est de vous confesser, non ? » demanda Masatsugu. « Se pourrait-il que vous me disiez tout cela parce que vous êtes trop gênée pour en parler ? Est-ce que c’est ça... ? »

« Je ne pense certainement pas cela ! » Shiori nia avec véhémence puis baissa précipitamment sa voix. « N-Naturellement, je vous suis très reconnaissante de m’avoir sauvée hier. Pour venir à ma rescousse comme ça... ma reconnaissance ne connaît pas de limites... »

Shiori baissa vivement la tête et le remercia en posture de seiza, employant même le rituel respectueux de presser trois doigts de chaque main sur le sol.

Quelle princesse, adhérant à l’étiquette malgré sa personnalité obstinée, pensa Masatsugu.

La princesse leva la tête et regarda directement Masatsugu.

Regardant carrément ses yeux, Masatsugu fixa Shiori avant de déclarer. « Je remplissais tout simplement mes devoirs de garde du corps. Pas besoin de laisser peser cela sur votre esprit. D’un autre côté, je suis curieux quant à certaines choses que vous m’avez dit. Par exemple, pourquoi notre sortie compte-t-elle comme un “rendez-vous” ? »

« Eh bien. Mon souhait est que nous développions une relation plus étroite, Masatsugu-sama. Oh..., » Shiori répondit sincèrement avant d’ajouter en étant un peu embarrassée. « S-Sachez que je fais référence à des relations amicales entre une princesse et son subordonné, pas à une relation amoureuse entre un homme et une femme. Je souhaite confirmer si nous sommes en mesure de cultiver le genre de convivialité qui existe entre deux individus. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé afin d’avoir votre compagnie. Puisque j’ai des sujets importants à discuter avec vous, selon moi, c’est un “rendez-vous” avec un sens spécial. »

La princesse prit une profonde inspiration, puis elle avait immédiatement affirmé. « Masatsugu, avant votre perte de mémoire, vous étiez censé devenir mon Chevalier. »

Comme on pouvait s’y attendre, Shiori était au courant de l’amnésie de Masatsugu. Compte tenu de son attention aux détails, la princesse ne pouvait pas avoir manqué une telle information, donc Masatsugu n’était pas surpris, cependant...

« Je devais devenir votre Chevalier. Mais je ne suis pas un Chevalier..., » répliqua-t-il.

« Vous êtes aussi un Chevalier, » déclara Shiori. « Tout comme le Seigneur César et l’amiral Nelson de l’Empire Britannique, vous êtes un Ressuscité qui êtes revenu à la vie en provenance du monde antique. Comme vous le savez, ils sont tous des Chevaliers avec leurs propres armées. »

Shiori avait continué à lui expliquer. « De plus, ils sont tous, sans exception, de très puissants Chevaliers. Il y a beaucoup de Chevaliers accomplis nés à l’époque contemporaine... Mais aucun d’entre eux ne peut invoquer plus de cent ou deux cents Légionnaires. Ils ne sont pas à la hauteur du Seigneur César ou de Karl le Grand qui sont tous les deux capables de commander des armées de plus de mille individus. »

« En parlant de ça, ce titre vous m’avez parlé la dernière fois..., » commença Masatsugu.

« Tout à fait. Le terme legatus legionis signifie “vrai Chevalier” et est un titre secret pour les Ressuscités, ceux qui sont revenus du pays des morts, » répondit la princesse.

Shiori avait ensuite expliqué que ce titre était seulement connu de la royauté, des politiciens et des soldats.

« C’est moi qui ai demandé au père de Hatsune de préparer votre identité en tant que membre de la Famille Tachibana pour que vous n’attiriez pas une attention injustifiée, » expliqua Shiori. « Par coïncidence, le clan Tachibana a eu un jeune homme qui est mort dans un accident, nous avons donc emprunté son enregistrement familial. »

« ... Je vois, » après avoir écouté attentivement les explications, Masatsugu hocha la tête et répondit avec concision.

Souriant avec un léger désarroi, Shiori lui avait alors dit. « Vous ne semblez pas être dérangé le moins du monde par ça. »

« J’ai déjà découvert hier que je ne suis pas une personne ordinaire, » répondit-il. « D’ailleurs, il n’y a aucun moyen pour moi de vérifier vos déclarations concernant le Seigneur César et les autres, alors je n’ai pas besoin de tirer de conclusions pour le moment... C’est tout simplement ainsi et je peux ne rien y faire pour le moment. »

Masatsugu était toujours calme et recueilli, se déplaçant à son rythme. Tirant le meilleur parti de sa disposition naturelle, il avait exprimé ses honnêtes pensées. « Naturellement, je suis assez curieux de savoir comment un homme comme moi a pu perdre la mémoire. »

« Peut-être... que votre résurrection ne s’est pas déroulée sans heurts, » répondit-elle.

« Que voulez-vous dire par là ? » demanda-t-il.

« Je vous ai éveillé il y a deux ans... Plus précisément, j’ai prié mon grand-père, le Seigneur Tenryuu, de m’envoyer “un ancien guerrier” et il a accepté ma demande, » lui expliqua-t-il.

« Pourquoi avez-vous fait une telle demande ? » demanda Masatsugu.

Masatsugu avait entendu dire que les Bêtes Sacrées divines obéiraient aux demandes des jeunes filles promises à eux ou aux enfants de leur lignée et accorderaient des pouvoirs mystiques tels que des Légionnaires ou des bêtes de rétention.

La petite-fille du Seigneur Tenryuu Shiori devait pouvoir faire appel à ce genre de privilège. La question était, dans quel but ?

« Mon objectif est le même que celui du Fief de Kinai, » expliqua la princesse. « Je souhaite obtenir une force militaire suffisante pour me dresser contre le Seigneur César même si je ne peux pas le vaincre. Sinon, la participation à la lutte de pouvoir du Japon contemporain serait impossible. J’ai besoin d’un Chevalier puissant pour qu’il se batte pour moi, et qu’il puisse réaliser mes idéaux. »

Shiori Fujinomiya était une princesse de seize ans. En d’autres termes, elle avait seulement quatorze ans il y a deux ans quand elle avait fait ça.

Ce qui avait le plus surpris aujourd’hui Masatsugu, c’était la découverte qu’elle avait nourri de telles ambitions et aspirations à un si jeune âge.

Devant un Masatsugu abasourdi, Shiori s’inclina de nouveau amplement, amenant trois doigts de chaque main contre le sol avant de lui demander. « Masatsugu-sama, j’ai une autre demande. »

« ... »

« Je voudrais que vous me prêtiez votre soutien. Quant à savoir si j’en suis digne, s’il vous plaît réfléchissez bien avant de me donner votre réponse dans les prochains jours. Merci d’avance, » déclara-t-elle solennellement.

« N’est-ce pas un ordre ? » demanda Masatsugu en réponse à l’appel sincère de la princesse.

Shiori leva la tête, acquiesça avant de lui dire. « Bien que vous ayez perdu votre mémoire, Masatsugu-sama, vous étiez après tout autrefois un guerrier avec d’illustres faits d’armes. Seule une personne telle que vous pourrait porter le titre de legatus legionis. Ce serait trop insolent de ma part de donner un ordre à un héros d’un tel calibre. »

Masatsugu venait maintenant de comprendre pourquoi depuis le début, Shiori s’était toujours adressée à lui avec l’honorifique du « -sama » alors qu’elle était une princesse et qu’elle avait toujours parlé sur un ton formel alors même qu’elle n’était pas comme ça avec sa prétendue cousine.

« Ce que je demande, c’est de l’aide plutôt que de la loyauté. En échange de cette aide, je suis prête à payer le prix adéquat, » continua la princesse.

« Le prix ? » demanda Masatsugu.

« Tout à fait, » répondit Shiori. « Qu’il s’agisse du statut, de la renommée ou de la richesse..., n’importe quoi tant que je peux vous le donner. »

***

Ainsi, le « rendez-vous » de Masatsugu et de la princesse se conclut.

Décidant pour l’instant de continuer à servir de garde du corps, Masatsugu s’apprêtait à quitter la maison élégante avec Shiori.

« Pourriez-vous attendre ici brièvement ? » lui demanda Shiori. « Je dois matérialiser une bête de rétention. »

« Pour matérialiser une bête de rétention ? Puis-je observer la technique ? » lui demanda-t-il en retour.

Les maîtres noétiques avaient pu matérialiser les bêtes de rétention grâce au pouvoir de la noèse. Masatsugu n’avait entendu que des rumeurs à propos de telles techniques, alors il avait demandé ça afin de satisfaire sa curiosité dès qu’il avait entendu Shiori mentionner qu’elle allait le faire.

Pour une raison inconnue, la princesse se retrouva à court de mots à la suite de la demande du jeune homme. Après un moment d’hésitation, elle lui répondit maladroitement. « Eh bien... Je suppose que vous pouvez. Il est possible que le fait d’être témoin de l’utilisation de pouvoirs mystiques ou d’un liquide ectoplasmique puisse vous rafraîchir la mémoire comme cela l’a fait hier... C’est une bonne occasion. »

Après ça, elle lui avait dit qu’elle devait aller se préparer en premier, seule, puis Shiori avait quitté la pièce de style japonais.

Elle revint vingt minutes plus tard, effrayant Masatsugu dès qu’il la vit. La princesse avait ses cheveux blond-platine relevés et apparaissait devant Masatsugu alors qu’elle n’était vêtue que d’un maillot de corps blanc de style japonais.

Grâce au changement de tenue de la princesse, Masatsugu avait pu confirmer sa silhouette parfaite et ses courbes féminines.

« Suivez-moi, s’il vous plaît. Un changement de lieu est nécessaire, » Shiori murmura-t-elle, tremblante légèrement, peut-être gênée par sa tenue.

Elle marchait en tête afin d’éviter d’avoir un contact visuel avec Masatsugu. Elle avait emmené Masatsugu jusqu’au jardin se trouvant à l’arrière du terrain où il y avait un bain en plein air. Il s’agissait d’un bain élégant et classique fabriqué à partir de cyprès japonais.

En outre, l’endroit était entouré de bosquets de bambou, permettant de profiter du plaisir de se baigner dans une forêt de bambous.

Dès le départ, la maison ressemblait à une auberge japonaise discrète, mais Masatsugu ne s’attendait pas à ce qu’elle soit entièrement équipée avec même un bain en plein air. Bien qu’impressionné par tout cela, Masatsugu avait remarqué que la baignoire n’était pas remplie d’eau chaude ordinaire.

La baignoire débordait d’un liquide bleu marin, aussi beau que les mers du sud.

« C’est ce qu’on appelle le liquide ectoplasmique artificiel... il s’agit de la même substance qui se trouve également dans les sous-sols des forts tutélaires, » lui expliqua-t-elle.

« En d’autres termes, une ressource à usage exclusivement militaire. Comment avez-vous mis la main dessus ? » demanda Masatsugu.

« Principalement grâce aux bénédictions de mon grand-père, » répondit Shiori. « Le liquide ectoplasmique artificiel est synthétisé à partir du précieux sang fourni par les Bêtes Sacrées en conjonction avec de l’eau pure qui a des propriétés de purification spirituelle... De petites quantités de liquide ectoplasmique peuvent également être produites en utilisant le sang de la fille ou de la petite-fille d’une Bête Sacrée. »

Riant avec un sourire, Shiori ajouta. « En termes de dons de sang, ce montant serait la limite. Je n’ai pas l’intention d’épuiser mon propre sang, donc je ne serai pas trop gourmande... Masatsugu-sama, s’il vous plaît, apportez-moi cela. »

Masatsugu avait pris la planche de bois de la taille d’une feuille A3 et il l’avait placée sur le sol du bain. Ce tableau était le talisman de la bête de rétention que Hatsune avait emprunté. Sur sa surface se trouvait un animal dessiné ressemblant à un chien ainsi que le kanji pour dire « invoquer le grand dieu » et divers caractères sanskrits.

Shiori s’était agenouillée à côté de la baignoire de mystérieux liquide bleu.

Tenant un seau en bois, elle ramassa du liquide ectoplasmique et se trempa la tête.

Elle avait répété cela à mainte reprise. Même debout sur le côté, Masatsugu avait été un peu éclaboussé par quelques gouttelettes qui volaient un peu partout. Le liquide était assez froid. Il s’agissait du rituel de l’ablution à l’eau froide afin de purifier l’esprit et le corps.

Une sonnerie aiguë pourrait également être entendue en provenance du corps de la princesse.

Masatsugu compris instinctivement. Il y avait un renforcement de ses pouvoirs mystiques.

L’eau bénite bleue s’infiltrait dans le corps et l’esprit de Shiori, augmentant sa noèse et ses qualités mystiques.

« Êtres destinés à descendre sur le monde, que Dieu soit avec vous, » proclama-t-elle.

Shiori avait alors touché l’illustration du chien sur la planche avec ses mains moites. Le talisman de la bête de rétention s’était instantanément altéré, transformant la planche A3 en un gigantesque loup.

Un loup d’argent, presque de la taille d’un cheval, était apparu. Le loup d’argent grogna avec férocité avant d’instantanément disparaître.

« ... Excusez-moi. Je devais d’abord absorber le liquide ectoplasmique et purifier mon corps et mon esprit, car cela fait longtemps que je n’ai pas invoqué un loup Mibu..., » déclara-t-elle.

La reconstitution du liquide ectoplasmique était essentielle à ceux qui maniaient des pouvoirs mystiques, tels que Chevaliers et maîtres noétiques.

Masatsugu demanda à Shiori. « Alors, ce loup s’appelle un loup Mibu ? »

« Tout à fait, » répondit-elle. « Compte tenu de la situation d’urgence actuelle, je souhaite avoir une autre bête de rétention à part le renard de liaison, c’est pourquoi j’ai demandé à Hatsune de l’obtenir pour moi. Euh... Masatsugu-sama. P-Pourriez-vous arrêtez de me fixer du regard ainsi... ? »

« Oh, excusez-moi ! » répondit-il.

Le maillot trempé s’accrochait étroitement au corps de la princesse.

Les courbes de Shiori étaient devenues encore plus évidentes qu’avant, montrant la forme parfaite de ses seins à Masatsugu. Hatsune semblait avoir atteint le royaume du « G », mais la princesse rivalisait avec elle, et elle pourrait même avoir franchi les frontières l’emmenant au « F »...

Distrait par ses pensées futiles, Masatsugu était sur le point de détourner son regard... Il s’interrompit.

Une idée lui était venue par hasard et c’était maintenant l’occasion parfaite pour en parler.

« Princesse, ne venez-vous pas de dire que vous étiez prête à payer n’importe quel prix que vous étiez capable de donner ? » demanda Masatsugu.

« Tout à fait, » répondit la princesse.

« Excusez-moi, mais je ne pense pas que vous êtes actuellement capable d’offrir une grosse récompense. Le statut, la célébrité et la richesse que vous avez promis... C’est au mieux une promesse vide, pas bien différente de dessiner un gâteau pour satisfaire la faim. »

« Eh bien... c’est vrai. Vous soulevez un point judicieux, » Shiori leva les yeux et se redressa avec résolution, acceptant la critique de Masatsugu.

Un tel comportement n’était probablement pas intentionnel. Masatsugu avait souri en réponse, pensant à quel point la princesse était une amusante personne. Malgré sa fierté et ses machinations politiques, elle était prête à traiter sincèrement avec les « personnes ».

Au cours du repas d’aujourd’hui, elle avait activement interagi avec les étudiants de l’internat.

Se faufilant entre les élèves, elle n’avait pas gardé Hatsune ou Masatsugu à ses côtés. Elle aurait certainement pu éviter beaucoup de problèmes si elle avait amené l’un d’entre eux avec elle. Au cours de la journée d’aujourd’hui, elle l’avait aussi traité avec ferveur, parlant sans réserve, essayant de gagner l’approbation de Masatsugu.

Masatsugu pouvait voir les côtés « purs » et « troubles » de la princesse Shiori.

« Mon espoir est que vous puissiez accepter la récupération de votre récompense dans le futur, » déclara Shiori.

« Il s’agit là d’une solution, mais Princesse, il y a des récompenses que vous pouvez offrir tout de suite. Vous êtes une femme très attirante et me satisfaire de manières féminines... »

« ... !? » elle n’avait rien dit à ce moment-là.

« ... serait également une option, » finit-il par dire.

« Je-je concède que vous marquez un point. M-Mais comment dois-je dire cela !? » Shiori était instantanément devenue très troublée alors qu’elle essayait durement de simuler qu’elle était calme. « J-Je sais que je possède un joli visage qui devrait être très attirant pour les hommes... »

« Avez-vous une telle conscience de vous-même ? » demanda Masatsugu.

« O-Oui. C’est juste que, en ce qui concerne l’amour, les relations amoureuses, les aventures d’un soir, les relations purement physiques..., » commença-t-elle par répondre. « Je manque d’expérience et de compréhension dans ces domaines, c’est pourquoi je me suis sentie réticente à offrir de telles récompenses de ma propre initiative. »

Shiori avait récupéré un regard empli de dignité et elle n’avait pas hésité à avoir un contact visuel avec Masatsugu.

« En supposant que vous me trouvez digne de ça, Masatsugu-sama, je-je veux bien être votre partenaire amoureux, » continua-t-elle à lui répondre. « En tant que fille de la famille impériale, j’aurais peut-être des difficultés à entrer dans un mariage officiel avec vous, mais en tant que votre maîtresse... »

« Princesse, je plaisantais en disant ça, » déclara Masatsugu.

« Hein... Euh... Masatsugu-sama ! » cria-t-elle.

Masatsugu avait admis qu’il plaisantait en affichant un visage sérieux, ce qui avait fait que Shiori tomba instantanément en colère.

Imperturbable, il déclara. « Je comprends beaucoup de choses après vous avoir écouté. Vous êtes pleinement consciente du prix à payer pour avancer d’un seul pas... en utilisant des méthodes sans scrupules... »

« ... »

« Pour obtenir l’atout qui est “moi”, vous avez déjà payé le prix correspondant, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Masatsugu-sama... Ce n’est pas quelque chose dont vous devez vous soucier, » répondit la princesse.

Shiori avait faiblement souri, mais elle n’avait fourni aucune autre réponse.

Masatsugu avait trouvé très amusant de découvrir que Shiori Fujinomiya était une femme de ce genre. En même temps, il s’était trouvé incroyable. Au cours des deux dernières années, il n’avait jamais évalué d’autres personnes de la sorte, mais maintenant, il était capable de lire le caractère de la princesse de façon très naturelle.

Après tout, il semblerait qu’il devait avoir été un soldat ou un guerrier dans un lointain passé.

Au moment même où il pensait cela, le son d’une cloche avait été entendu sur les lieux, annonçant l’arrivée d’un renard de liaison. Shiori jeta un coup d’œil au visage poilu du renard et son expression redevint solennelle.

« Près d’une centaine de Croisés avancent en ce moment vers le fort tutélaire de Suruga !! » annonça-t-elle.

Évidemment, la bataille pour Suruga ne serait pas réglée pacifiquement.

***

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre. Le dessin correspond à un croisé britannique ou japonais ?

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