Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 1 – Chapitre 2

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Chapitre 1 : Légions envahissantes (2)

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Chapitre 1 : Légions envahissantes (2)

Partie 1

« Au fait, Son Altesse Shiori a certainement fait un geste audacieux, » Rikka Akigase avait déclaré avec sincérité sa réaction quant à ça.

Nous nous trouvions à la mi-octobre, un vendredi après-midi ensoleillé.

Rikka visitait l’hôtel de ville de Suruga, situé à environ dix minutes à pied de la Gare de Suruga. Ce bâtiment de plus de soixante-dix ans avec des tuiles vernissées rouges avait été construit à côté du site historique du château de Sunpu où vivait autrefois Tokugawa Ieyasu.

Rikka était venue au bureau du maire dans l’élégant hôtel de ville, c’est-à-dire la plus haute autorité de la ville.

« Même si c’était un programme local, penser qu’une princesse de la famille impériale a osé faire une apparition publique à la télévision..., » déclara Rikka.

Rikka souriait. Elle n’avait pas du tout détesté le style empli d’audace de la princesse.

Ses commentaires avaient été faits au maire, un homme digne au début de la soixantaine, vêtu de la tenue traditionnelle japonaise composée d’un haori et d’un hakama. D’autre part, Rikka Akigase n’avait que dix-sept ans...

Ses magnifiques cheveux noirs avaient atteint sa taille et elle était une jeune fille avec un visage charmant et digne.

Cependant, ses lèvres avaient été façonnées en un sourire de résilience. Ses vêtements étaient également différents de ceux des lycéennes de la ville. Son uniforme militaire noir n’était porté que par des officiers de haut rang de l’Armée Impériale et elle avait même une épée japonaise à la ceinture.

De plus, son excellente silhouette était visible même sous l’uniforme militaire.

Ses généreux seins étaient grandement bombés tandis que les courbes rondes de ses hanches indiquaient également une volupté appropriée.

« Avez-vous regardé l’interview ? » Bien que Rikka soit assez jeune pour être sa petite-fille, le maire lui avait parlé avec une révérence inhabituelle dans son ton.

On pourrait difficilement le blâmer. Rikka était la titulaire de deux postes. Tout d’abord, elle était la fille aînée du gouverneur général de Tōkaidō qui régnait sur les trois préfectures d’Aichi, Shizuoka et Yamanashi. Deuxièmement, elle était une Chevalière dans l’armée provinciale Tōkaidō...

L’une ou l’autre de ces positions la classerait au-dessus d’un maire ou d’un gouverneur préfectoral.

Face à celui qui était responsable de l’administration de la ville de Suruga au nom de son père, Rikka avait répondu ça. « Oui, je l’ai regardé. Son Altesse est certainement rafraîchissante dans sa façon de faire les choses. Je suis simplement heureuse dans le cadre des Douze Maisons au service de la famille impériale. D’ailleurs, c’est tellement excitant. Si les dames de compagnie de l’Impératrice devaient se renseigner sur l’émission de télévision, je suis certaine que cela les contrarierait sans fin... »

En s’imaginant cette scène, Rikka avait encore plus ri avant de poursuivre. « Si Son Altesse Shiori n’est pas simplement une princesse obéissante... Alors il semblerait qu’une audience avec elle ne serait pas une réunion ennuyeuse ou une perte de temps. Cela vaut certainement la peine de le célébrer. »

« ... Akigase-sama, » le vieux maire avait souri en étant mal à l’aise et il avait averti Rikka avec tact.

Voyant qu’elle était membre de l’une des Douze Maisons et aussi la princesse Chevalier d’Akigase, il était très rare que quelqu’un osât lui faire de telles suggestions. La plupart des personnes avaient tendance à la couvrir de flagornerie.

En reconnaissant les bonnes intentions du maire, Rikka avait eu un sourire ironique et avala le reste de ses paroles irrévérencieuses.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et après que le Japon ait accepté la protection du Seigneur Tenryuu...

Les îles du Japon avaient été divisées en douze provinces, dirigées chacune par un gouverneur général héréditaire. En vérité, on était retourné au système de clan féodal de la période Edo.

Les douze Gouverneurs généraux régionaux avaient chacun leur armée et leurs Chevaliers respectifs, donnant ainsi le nom des Douze Fiefs.

Le Fief de Hokkaidō. Le Fief d’Ōshū. Le Fief de Hokuriku. Le Fief de Kantō. Le Fief de Tōsandō. Le Fief de Tōkaidō. Le Fief de Kinai. Le Fief d’Ōsaka. Le Fief de Chūgoku. Le Fief de Shikoku. Le Fief de Kyūshū. Le Fief d’Okinawa.

Rikka était la fille aînée de la famille Akigase régnant sur Tōkaidō.

« Si je me souviens bien, c’est demain que vous allez rendre visite à la princesse, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« En effet, je souhaite faire un voyage au fort tutélaire si le temps me le permet, afin de rencontrer Sakuya, » répondit Rikka. « Son état n’a pas été des meilleurs depuis quelques mois. Il semble que ses bonnes faveurs pourraient être encore plus difficiles à obtenir que celle de la princesse. »

Après avoir eu cette conversation aimable, Rikka afficha une expression sérieuse avant de déclarer cela. « Cependant... je dois d’abord parler à cet homme aujourd’hui. »

« Parlez-vous de Kawazoe-dono ? » demanda-t-il. « Le châtelain du fort tutélaire Suruga... Ou plutôt, l’ancien châtelain. C’est tellement dommage qu’il se soit livré à de telles transactions clandestines » déclara le maire avec douleur.

Rikka haussa les épaules avant de déclarer. « Pour commencer, c’était un homme avare, donc prendre des pots de vin n’est pas surprenant du tout. Ce qui est vraiment problématique, c’est qu’il a pris contact avec des agents de l’Empire Britannique. »

Le Chevalier servant comme châtelain du fort tutélaire Suruga avait été arrêté par la police militaire il y a deux jours en raison d’allégations de corruption. Selon certaines sources, il aurait accepté des pots-de-vin de la part de quelqu’un dans le secteur de la construction qui cherchait des gains illicites...

C’était au cours de l’enquête de cette affaire que son deuxième crime avait été découvert.

« Penser que la Faction britannique soit apparue dans notre Tōkaidō, et avec même un Chevalier, » soupira le maire plein de résignation.

L’Empire Romain d’Orient et le Japon avaient « conclu une alliance » depuis plus de dix ans.

Mais ces dernières années, de plus en plus de politiciens, principalement dans l’ouest du Japon, préconisaient une alliance avec « l’autre grande puissance » impliquée en Asie, afin de nettoyer l’influence de Rome sur le Japon.

C’était la prétendue « Faction de Grande-Bretagne » avait de nombreux adhérents dans les fiefs de Kyūshū, Chūgoku et Shikoku.

« Les fiefs de l’Ouest avaient établi des liens intimes avec l’Angleterre depuis l’ère Bakumatsu, depuis l’alliance Satchō, mais on ne peut pas dire la même chose pour Tōkaidō, » déclara Rikka avec un signe de tête.

« Ce n’est pas seulement l’endroit où le Seigneur Tokugawa Ieyasu est né et a grandi, mais aussi sa base d’opérations à long terme, et où il a pris sa retraite après avoir démissionné en tant que shogun, » continua Rikka. « En l’honneur de l’héritage de Tokugawa, nous devons maintenir la loyauté absolue envers la famille impériale et démontrer notre courage inébranlable en tant que famille de samouraïs. »

Après avoir exprimé ses principes en tant que descendante des samouraïs, Rikka avait souri ironiquement.

« Malheureusement, la confiance de la famille impériale actuelle n’est pas vers nous, mais pour le puissant Empire Romain, » continua-t-elle.

« Akigase-sama... ! » s’exclama le maire.

« Oh, toutes mes excuses. Il est temps pour moi d’aller voir Kawazoe-sama, » déclara-t-elle.

Le maire avait de nouveau averti Rikka et elle s’était empressée de prendre congé.

Rikka était une Chevalière répondant directement au gouverneur général de Tōkaidō et servait normalement à Nagoya.

Elle était venue à Cité de Suruga pour rencontrer le suspect au nom de son père. Après cela, elle devait avoir une audience avec la princesse de la rumeur, Shiori Fujinomiya.

***

Partie 2

Après l’école, Masatsugu quitta immédiatement le Lycée Rinzai avec Hatsune à ces côtés.

À bord d’un camion militaire qui était venu les chercher, ils se dirigèrent vers le fort tutélaire de Suruga.

Le véhicule avait conduit jusqu’à la région montagneuse formée par les deux collines adjacentes de 300 m de haut. Au sommet du Mont Udo, du côté nord, se trouvait un plateau légèrement en pente appelé « Nihondaira ». Ce qui avait été construit sur cette terre militaire avec la nature sauvage qui s’étendait à perte de vue était un fort tutélaire. C’était quelque chose qui pourrait être décrit comme un « château » modernisé.

Le camion avait finalement cessé d’escalader la montagne et était arrivé au fort tutélaire de Suruga.

« Alors c’est cet endroit, Hmm, » murmura Masatsugu pour lui-même.

Le fort tutélaire de Surugu occupait à peu près cinq fois la superficie du stade du Dôme de Tokyo se trouvant de la Capitale Impériale.

Les murs de fortification entourant cette vaste zone étaient d’environ sept mètres de haut.

Vus d’en haut, les murs formaient une étoile à cinq branches, de la même forme que le célèbre fort tutélaire de Hakodate portant le nom de Forteresse Goryōkaku. En fait, les murs de fortification étaient complètement inutiles dans un combat contre les Légionnaires volants.

L’explication la plus convaincante était... Construire un fort dans une forme d’une magnifique étoile pourrait servir à se vanter de la puissance militaire.

« Allons-y, Onii-sama, » laissant derrière elle le camion militaire, Hatsune pressa Masatsugu pour qu’il avance plus rapidement.

Elle s’était encore habillée en étudiante dans le style du manga Haikara-san.

Masatsugu portait l’uniforme masculin à col rigide du Lycée Rinzai. L’Armée Impériale et les armées provinciales dirigées par les Douze Maisons utilisaient toutes des uniformes militaires à cols raides noirs qui n’étaient pas trop différents des uniformes des lycées. Par conséquent, il n’avait pas l’air trop déplacé en étant entouré de soldats ici, et cela en dépit de n’être qu’un étudiant.

En revanche, Hatsune était très visible dans son kimono meisen, hakama et bottes.

Les deux étudiants avaient marché pendant un moment jusqu’à arriver à une porte latérale dans le mur. Masatsugu avait aperçu un certain spectacle.

Debout, sur les deux côtés de la porte se trouvaient deux géants bleus.

Ils mesuraient huit mètres et étaient équipés d’une armure bleue et d’uniformes militaires. Chacun d’eux avait un masque blanc sur leur visage qui semblait avoir la texture de la porcelaine. Leur physique compact semblait assez agile avec leur excellente silhouette.

Les deux géants étaient équipés de « fusils à baïonnette ».

Il s’agissait d’une arme constituée d’un fusil à usage militaire équipé d’une lame du genre poignard, offrant ainsi une fonctionnalité à la fois comme un fusil et une lance. Les deux géants se tenaient au garde-à-vous avec leurs fusils en position verticale.

Ils avaient soudainement tourné leur cou, déplaçant leurs visages et regardant légèrement vers le bas.

Derrière leurs masques, les yeux pouvaient être vus dans les trous prévus pour ça, regardant fixement et sévèrement l’approche de Masatsugu et de Hatsune.

Cela signifiait qu’ils étaient actifs, restant vigilants sur leur environnement en tant que gardes de la porte !

« Donc, ce sont les Légionnaires du Japon... Le type connu sous le nom de “Kamuy”, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

Aujourd’hui, c’était la première fois que Masatsugu voyait des Légionnaires en action.

La taille de Masatsugu était de 175 cm et c’était à peu près la distance entre le pied et le genou d’un géant. Il avait été profondément impressionné par le corps bleu de près de huit mètres de haut.

« C’est exact, » répondit Hatsune. « Le châtelain les a probablement placés ici. Les individus qui aiment faire étalage ou qui veulent conserver les apparences font généralement ce genre de chose. »

« Gardez les apparences ? » demanda Masatsugu.

« Penses-y. Onii-sama, les recrues inexpérimentées et les visiteurs réagiraient comme toi, » répondit Hatsune.

Masatsugu comprenait le fragment de bon sens que lui donnait Hatsune.

Dans le monde moderne, les Légionnaires étaient à la fois les armes principales et les armes décisives. On pouvait facilement conclure en instant que l’utilisation de quelque chose comme ça afin de garder une porte serait un gâchis absolu. Cependant, il avait vraiment l’air très impressionnant.

Hatsune semblait déjà habituée à ça. C’était tout à fait attendu d’une fille qui avait été stagiaire au palais impérial.

« Ces légionnaires suivent-ils seulement les ordres du châtelain ? » demanda Masatsugu.

« Strictement parlant, oui, » répondit Hatsune. « Cependant, si le chevalier servant le châtelain accomplit une cérémonie afin de déléguer le commandement aux génies et aux maîtres noétiques, ils peuvent aussi donner de simples ordres. »

Il y avait aussi un soldat humain posté à côté de la porte latérale en tant que garde.

Hatsune avait alors présenté son document d’autorisation et avait eu une conversation joyeuse avec lui. Pendant ce temps, Masatsugu leva les yeux vers les corps massifs des deux Légionnaires.

L’armure bleue de ces Kamuy était impeccablement, sans la moindre saleté, et elle brillait sous la lumière du soleil. Ils n’étaient pas seulement magnifiques en apparence, mais ils dégageaient également une atmosphère impressionnante de vétéran chevronné. En fait, chaque Légionnaire était non seulement grand et imposant, mais aussi un maître des arts martiaux et un tireur d’élite.

En appuyant sur la gâchette, ils pourraient facilement attaquer et tuer des cibles à plusieurs kilomètres.

Si Masatsugu Tachibana avait été un soldat ennemi attaquant le fort tutélaire, il aurait probablement été « immédiatement abattu » en une seconde...

À ce moment-là, une étrange idée était apparue dans l’esprit de Masatsugu.

Inexplicablement, Masatsugu doutait. Serait-il réellement « immédiatement abattu » ? Les Légionnaires Kamuy en face de lui étaient assurément puissants, mais curieusement, il ne pensait pas qu’ils allaient perdre face à lui. Sans aucun motif derrière ça, Masatsugu croyait... si nécessaire, il devrait avoir la capacité de vaincre ces soldats géants.

Qu’est-ce qui se passait avec ça ? Alors que Masatsugu était aux prises avec ses énigmatiques pensées, Hatsune lui dit : « Par ici, Onii-sama. »

« ... D’accord, » répondit-il.

En passant par la porte latérale, ils entrèrent tous les deux dans le fort tutélaire de Suruga.

Les locaux à l’intérieur des murs étaient très vastes. Le sol était une grande étendue de pelouse verte, ce qui faisait que Masatsugu avait l’impression de visiter un terrain de golf. Cependant, il y avait étonnamment peu de bâtiments.

Masatsugu s’était alors souvenu d’une explication qu’il avait entendue précédemment. Puisque les batailles entre Légionnaires pouvaient se dérouler dans des forts tutélaires, les installations importantes avaient principalement été construites sous terre afin de minimiser les pertes...

Et concernant les structures au-dessus du sol, il n’y avait rien de plus frappant que la « tour centrale ».

Il s’agissait d’une tour construite avec des briques rouges, d’environ quarante mètres de haut.

Il y avait une horloge ronde et géante au sommet, qui rappelait une tour de l’horloge... mais ce n’était pas ça.

« N’est-ce pas ce que les personnes appellent une roue à feng shui ? » demanda Masatsugu.

L’objet au sommet de la tour n’était pas une horloge géante.

Un aimant avait été installé au centre, entouré de plusieurs cercles concentriques. De fines lignes avaient été utilisées pour diviser chaque anneau en sections égales, avec des symboles et des termes présents, telles que les trigrammes ba gua contenant « Qian (ciel), Dui (marais), Li (feu), Zhen (tonnerre), Xun (vent/bois), Kan (eau), Gen (montagne), kun (terre), » [1] les troncs célestes ou tige céleste contenant « Jia (bois yang), Yi (bois yin), Bing (feu yang), Ding (feu yin), Wu (terre yang), Ji (terre yin), Geng (métal yang), Xin (métal yin) Ren (eau yang) et Gui (eau yin) » [2] et les branches terrestres ou rameaux terrestres de « zi, chou, yin, mao, chen, si, wu, wei, shen, vous, xu, hai. » [3]

« Je ne connais pas les détails, mais les forts tutélaires doivent apparemment être un sanctuaire où les esprits et les noèses peuvent facilement se rassembler en plus de fonctionner comme une base militaire, » répondit Hatsune. « Voilà pourquoi ils ont installé quelque chose comme ça. »

« C’est dans tous les cas assez difficiles à comprendre, » déclara Masatsugu.

Tout en regardant la tour avec la roue à feng shui, les deux personnes avaient continué à avancer dans le fort.

« Au fait, Hatsune, il est temps que tu me dise pourquoi la princesse m’a convoqué ici... Car moi, je n’en ai pas la moindre idée, » déclara Masatsugu.

« Non, Onii-sama, tu le sauras quand tu verras la princesse, » répondit Hatsune.

D’ailleurs, pourquoi avoir une audience dans une installation militaire ? pensa-t-il.

Et enfin, Masatsugu fut emmené dans un certain bâtiment. Il s’agissait d’un bâtiment à un étage construit en acier, et qui était probablement utilisé par les services comptables et administratifs de la base. Le personnel militaire qui passait devant eux dans le couloir ressemblait plus à des fonctionnaires qu’à des « soldats ».

Les deux étudiants étaient alors arrivés à ce qui semblait être une salle de réception. Il y avait un canapé en cuir ainsi qu’un bureau de grande classe et des chaises de bureau qui seraient probablement normalement utilisés par des officiers. Une belle fille aux cheveux blond-platine était assise là.

Shiori Fujinomiya, une princesse du Japon Impérial.

Notes

***

Partie 3

Vêtue de l’uniforme féminin du Lycée Rinzai, la princesse avait salué Masatsugu avec un sourire. « Merci d’avoir pris la peine de faire tout ce chemin afin de venir ici. J’ai beaucoup entendu parler de vous de la part de Hatsune et du vieil homme Tachibana. »

« Mes proches m’ont-ils mentionné à dessein ? » Masatsugu avait accidentellement répondu à cette nouvelle surprenante, mais il l’avait beaucoup regretté.

Il était important d’adhérer à l’étiquette en conversant avec la noblesse et la bonne façon serait de parler à travers la dame d’honneur, Hatsune.

Bien que Masatsugu ait été dérangé par son lapsus, Shiori avait immédiatement répondu. « Ne le saviez-vous pas ? Le clan Tachibana de Suruga sert la Maison Fujinomiya depuis la génération de ma mère. »

« C’est la première fois que j’entends parler de ça, » répondit-il.

Leurs regards s’étaient rencontrés. Shiori regarda Masatsugu avec un sourire apaisant. Ses brillants cheveux blond-platine étaient sans aucun doute de la même couleur que le Seigneur Tenryuu qui était souvent visible à la télévision.

« Puis-je vous demander pourquoi vous vouliez me rencontrer dans une base militaire ? » demanda Masatsugu.

« Il s’agit d’un sujet mal adapté à une discussion dans la ville, » répondit-elle. « S’il vous plaît, permettez-moi d’expliquer plus tard, » répondit gracieusement Shiori. Elle ramassa une clochette et la fit doucement sonner.

Une femme soldate était rapidement arrivée du couloir et était entrée par la porte.

Elle poussait un chariot qui transportait toutes sortes de thé. La princesse avait apparemment invité Masatsugu pour le thé. Debout sur le côté, Hatsune fit signe à Masatsugu de s’asseoir sur le canapé.

« Onii-sama, pourrais-tu t’asseoir ? » demanda Hatsune.

Masatsugu hésita un moment, se demandant s’il devrait refuser, puis haussa les épaules.

Après réflexion, Masatsugu s’était simplement assis. À ce stade, il était inutile d’essayer d’être formel. Après tout, des ponts seraient franchis quand il les atteindrait. Il trouverait autrement une solution. Ayant décidé ainsi, Masatsugu s’assit face à la princesse qui se trouvait derrière le bureau.

Devant Masatsugu se trouvait une table basse en verre.

La jeune femme soldate avait placé la tasse de thé là-bas et avait versé du thé noir. Puis elle avait marché jusqu’au bureau de la princesse et avait également versé une tasse de thé.

... À cet instant même, Masatsugu avait été frappé par un sentiment de dissonance.

Même s’il était l’invité, quelle logique y avait-il à servir le lycéen avant la princesse ? Par conséquent, Masatsugu avait pu immédiatement réagir face aux problèmes sans avertissement. La tasse de thé que la soldate avait placée sur le bureau...

Shiori l’avait ramassée et l’avait jetée avec force.

Sa cible était Masatsugu Tachibana, assis sur le canapé à quelques mètres de là !

« ! » En écarquillant ses yeux, Masatsugu vit que la tasse de thé visait sans aucun doute son visage.

Cependant, le corps de Masatsugu avait comme d’habitude automatiquement réagi. Sa tête inclinée de dix centimètres sur côté avait esquivé la tasse lancée à toute allure.

La tasse de thé avait traversé là où son visage se trouvait il y a quelques instants.

La tasse avait été lancée avec une telle force qu’elle avait roulé sur le canapé et sur le tapis avant que Masatsugu puisse le voir atterrir.

Son corps bougea automatiquement au moment où il sentit un danger présent derrière lui.

En effet, quelqu’un s’était secrètement placé derrière le dos de Masatsugu pour l’attaquer avec une épée en bois !

La tête de Masatsugu aurait été fendue s’il avait esquivé une seconde plus tard. Avec des mouvements fluides, Masatsugu se leva rapidement.

Il se tourna pour faire face à l’assaillant se trouvant derrière le canapé et il vit clairement son identité.

« C’est donc toi, Hatsune ! » s’écria-t-il.

« Comme toujours, Impressionnant, Onii-sama ! » répliqua Hatsune.

Armée d’une épée en bois, Hatsune se tenait derrière le canapé.

Seize ans, Tachibana Hatsune était une fille avec une carrure de petite taille. Actuellement, elle exsudait l’aura d’un maître accompli. Se tenant dans une position de seigan [1] de niveau intermédiaire, elle avait la pointe de l’épée en bois pointée directement sur le visage de Masatsugu.

Avec un jeu de jambes brillant, Hatsune se rapprocha immédiatement de lui.

Attaquant par l’avant, elle avait balancé l’épée de bois avec le son d’une arme tranchant de vent. Masatsugu se déplaça à la hâte et esquiva prestement l’attaque.

« Maintenant, je reviens ! » s’exclama Hatsune.

Hatsune avait exécuté une féroce impulsion vers le visage de Masatsugu.

Masatsugu pencha la tête pour l’éviter, mais une seconde frappe se dirigea immédiatement vers sa gorge. Masatsugu fit un grand bond en arrière, s’éloignant de sa lointaine cousine, la jeune épéiste.

Hatsune avait saisi l’occasion de faire un grand pas en avant et avait effectué une coupure diagonale vers le bas.

Masatsugu avait habilement évité l’attaque. Manquant sa cible, l’épée de bois avait fait suivre une frappe diagonale vers le haut dans une combinaison d’attaques tout en fluidité. L’art de l’épée de Hatsune était fort et rapide comme le vent.

L’épée de bois utilisée par Hatsune était très courte, comparable en longueur à un kodachi.

Frapper avec une longue épée comme dans les dramas historiques pourrait facilement endommager le plafond ou les murs. Par conséquent, Hatsune avait choisi le kodachi plus convenable et plus maniable.

Impressionné par une attention aussi impeccable aux détails que l’on ne pouvait pas s’attendre d’une jeune fille, Masatsugu avait fait de son mieux pour survivre à ces attaques.

... En outre, la femme soldate qui servait le thé avait déjà quitté la pièce. On aurait dit qu’elle savait à l’avance que ça allait arriver.

Pendant ce temps, Hatsune était placée dans une autre position à mi-niveau et avait violemment ri. « Fufufufu ! Tu ne peux pas gagner si tout ce que tu fais c’est de fuir, Onii-sama ! »

« Le but de cette farce est-il de tester mes capacités ? » demanda Masatsugu.

« En effet, la tête du clan Tachibana a décidé de choisir parmi la jeune génération deux gardes du corps pour la princesse. Onii-sama, tu as été choisi, » déclara Hatsune.

« Pourquoi moi ? » demanda Masatsugu.

« Onii-sama, les seuls jeunes qui restent dans notre clan sont toi et moi, » répondit Hatsune.

Masatsugu avait accepté cette raison claire et simple. En y repensant, tous les proches qu’il avait rencontrés au cours des deux dernières années étaient tous des adultes de plus de quarante ans.

« Au fait, je ne savais vraiment pas que tu étais si incroyable, » déclara-t-il.

« Le clan Tachibana est fier de sa force et de sa valeur, » répondit-elle. « Je me suis entraînée aux arts martiaux depuis l’enfance, alors que le fait d’avoir de légers ennuis est considéré comme faisant partie de la formation d’un guerrier, donc ce niveau de capacité est à prévoir. »

« En écoutant ta confession, je suis assez curieux de savoir à propos de la gravité de tes problèmes..., » répliqua-t-il.

« As-tu eu assez de réchauffements ? » demanda-t-elle. « Bon, commençons pour de vrai. Nous déciderons qui est le plus fort des jeunes Tachibanas ! »

Masatsugu était très troublé de voir son adorable cousine faire pression sur lui.

« Maintenant, cela me met face à un dilemme. Je ne veux pas vraiment te faire de mal, » déclara-t-il.

« Ah, c’est une jolie phrase, Onii-sama, » répliqua-t-elle. « On se sent comme un rival condamné est sur le point de libérer son pouvoir, quelle bonne ambiance ? Attaque-moi avec ce genre d’esprit ! »

« Ça ne me dérange pas de te faire ce que tu veux... Mais comme je l’ai déjà dit, je n’ai aucun souvenir de mon passé, » répondit-il.

L’attitude de Hatsune était désinvolte, mais ses capacités étaient bien réelles.

Masatsugu avait alors parlé avec sérieux. « C’est vrai que j’utilise les arts martiaux quand je suis en danger. Je suppose que je devais m’être entraîné aux arts martiaux dans ma jeunesse, alors c’est devenu enraciné dans mon corps. Mais... »

Masatsugu Tachibana avait apparemment appris le combat sans armes et l’escrime dans son enfance. Au moins, c’était ce que ses proches lui avaient dit. Cependant, depuis les deux ans qu’il avait perdu sa mémoire, il n’avait jamais pratiqué.

D’une manière incroyable, il n’avait jamais ressenti l’envie de s’entraîner.

Par conséquent, il ne pouvait pas se souvenir de quoi que ce soit qui pourrait être considéré comme un mouvement ou une compétence dans l’épée ou le combat à mains nues.

Il ne pouvait pas faire plus que se débrouiller si cela concernait le fait de résister aux attaques de l’adversaire, cependant...

« Quand j’attaque... ça a tendance à être un peu dangereux, » déclara-t-il.

« Tu deviens de plus en plus incroyable, Onii-sama ! » répondit-elle. « Ce que tu dis ressemble beaucoup à “Sorts de ma vue à moins que tu ne veuilles mourir. Calme-toi, mon bras gauche... !” »

Les yeux de Hatsune étaient excités pour une raison inconnue.

Masatsugu hocha la tête avant de déclarer. « Oui, plus précisément, “Je vais saisir cette théière là-bas pour te brûler avec de l’eau bouillante, puis à califourchon sur toi et je vais frapper ton visage jusqu’à ce qu’il soit en bouillie.” Je suppose que c’est plus mon style de combat. »

« ... Hein !? Vraiment ? » demanda Hatsune.

« Les arts martiaux que j’ai appris auparavant semblent être un style plutôt axé sur le combat réel, » répondit Masatsugu. « Chaque frappe est brutale et sans retenue. S’il y a des bouteilles de bière à proximité, je vais les attraper pour les écraser sur les têtes de mes opposants. Quand un adversaire essaye de me regarder de face, je lui ferais un coup de tête, le frappant directement en plein sur son nez. »

Lors du retour de leur premier jour du Lycée, Masatsugu et Taisei s’étaient accidentellement retrouvés au centre-ville la nuit.

Malheureusement, ils avaient rencontré sept ou huit voyous et avaient été emmenés dans une ruelle déserte. C’est à ce moment-là que Masatsugu avait démontré à quel point il pouvait être un combattant aguerri et violent.

Après cela, Masatsugu avait eu des problèmes semblables à quelques reprises...

« Ne devrais-tu pas te battre plus honorablement comme dans les shounen ? » demanda Hatsune.

« Je suis d’accord ! Mais tu n’as vraiment aucun droit moral de me dire ça quand tu m’as tendu une embuscade avec une épée de bois, » répliqua Masatsugu.

« Au contraire, tous les hommes de notre clan Tachibana sont superbement compétents, » répondit Hatsune. « Ils ne se sentiraient jamais dérangés par de petits trucs de ce genre. N’es-tu pas en vie et en train de vouloir me donner un coup de pied ? D-D’ailleurs, je-je n’ai pas le choix ! »

Hatsune sourit d’un air coupable pendant qu’elle parlait.

« Après une discussion avec la princesse, j’ai décidé “que ce serait plus excitant”, tu sais ? La princesse a aussi accepté, alors..., » déclara Hatsune.

« ... La princesse a autorisé cette farce ? » demanda Masatsugu.

Masatsugu fronça les sourcils face à la révélation de cette vérité inattendue.

Cependant, après plus de réflexion, il s’était rappelé que la princesse Shiori était précisément la première personne à avoir fait un mouvement. En outre, elle l’avait attaqué avec force. Masatsugu avait jeté un coup d’œil sur le personnage problématique en question.

« Techniquement, c’est un test d’aptitude pour les gardes du corps, » déclara la princesse.

La belle princesse avait tendrement souri à Masatsugu.

Son sourire digne transmettait l’élégance dont parlait tout le monde partout dans la ville de Suruga.

« Un test facilement franchissable serait inutile. Par conséquent, nous avons décidé d’accélérer les choses, » déclara Shiori.

Évidemment, la princesse était loin d’être « obéissante » comme son apparence le suggérait...

C’était le premier aperçu de Masatsugu sur la vraie personnalité de Shiori Fujinomiya. Elle était la noble princesse, une beauté intelligente et élégante, mais elle cachait à l’intérieur d’elle toutes sortes d’aspects tenus secrets...

Shiori avait continué à parler à un Masatsugu pensif. « Cela étant dit, ce test a assez duré. Tachibana-sama, vous êtes qualifié pour me servir de garde du corps. La dernière exigence est votre consentement. »

« Je vois, » déclara Masatsugu.

Ayant reçu le droit de décider, Masatsugu accepta facilement. « Puisque servir Votre Altesse est l’affaire de mon clan, je n’ai pas d’objections... »

Masatsugu ne ressentait aucune loyauté envers la famille impériale, mais il était redevable envers son clan. De plus, il avait quelques talents donc aider Hatsune dans son travail ne devrait pas poser de problème... Juste au moment où il prenait sa décision, une certaine idée lui traversa l’esprit. Peut-être était-ce aussi une excellente occasion de résoudre « un certain problème ».

Masatsugu avait décidé qu’il devait examiner correctement la question, mais malheureusement, il n’avait pas le luxe du temps, car à ce moment-là...

De façon inattendue, une sirène avait commencé à retentir sur les lieux afin de signaler une situation d’urgence.

Notes

  • 1 Seigan : Nom complet, Seigan no Kamae : le kenjutsuka est de face, le sabre pointé devant lui ; si l’on poursuit la courbe de la lame, la courbe passe entre les deux yeux de l’adversaire, le sabre est ainsi à une hauteur moyenne (chūdan) ; cette garde permet de frapper d’estoc (tsuki) ou bien de changer de garde pour effectuer une coupe (« armer » le coup) ; certaines écoles visent la gorge (c’est notre choix) ou le plexus solaire...

***

Partie 4

La soudaine sirène avait retenti dans tout le fort tutélaire de Suruga.

Shiori Fujinomiya avait immédiatement quitté la salle de réception et était sortie du bâtiment. Elle avait ouvert la voie alors que Hatsune Tachibana ainsi que son nouveau subordonné, Masatsugu Tachibana, la suivaient.

« Où allons-nous, princesse ? » demanda Hatsune

« Au donjon protecteur de la nation. C’est là que les informations y sont rassemblées. Nous irons là-bas pour savoir exactement ce qui s’est passé, » répondit Shiori à une Hatsune qui la suivait de près.

« Mais seront-ils prêts à dire cela à des étrangers comme nous... ? » demanda Hatsune

« Ne vous inquiétez pas pour ça. Ces questions sont faciles à résoudre en comptant sur mon influence... — Eh bien, je vais certainement résoudre ce problème, » répondit Shiori.

« Comme prévu de la princesse. Un adorable sourire jumelé avec de méchantes phrases, c’est absolument charmant, » répliqua Hatsune.

Les paroles et le comportement de Shiori ne semblaient pas être une princesse tenue à l’abri.

Déjà habituée, Hatsune plaisantait afin d’animer l’atmosphère alors qu’elle suivait consciencieusement Shiori.

En revanche, Masatsugu Tachibana les suivait en étant le dernier de la file, mais apparemment, il n’était pas vraiment confus par ce qui se passait. La soudaine démonstration de l’initiative de Shiori n’avait pas fait apparaître beaucoup de doutes en lui.

Personne ne savait si c’était parce qu’il avait une personnalité calme ou si c’était qu’il faisait simplement les choses à son propre rythme. Ou peut-être un mélange de ses deux éléments ?

La scène précédente avait montré qu’il n’était pas une personne ordinaire, mais cela ne suffisait pas à ce qu’il puisse agir ainsi. Il devait se réveiller afin de devenir l’un des plus grands héros qui avaient pour toujours honoré de leurs faits les annales de l’histoire.

C’était également les intentions du Shiori qui avaient fait qu’elle l’avait convoqué au fort tutélaire.

Elle voulait le laisser respirer l’air lié aux champs de bataille. Peut-être que cela lui offrirait une sorte de stimulation, déclenchant un nouveau changement au sein de l’être connu sous le nom de Masatsugu Tachibana.

Shiori avait agi ainsi avec de tels espoirs en elle.

En tout cas, Shiori les conduisit à vive allure et ils arrivèrent au cœur même du fort tutélaire après cinq minutes de course. Il s’agissait de la tour de briques rouges au centre des locaux, connu sous le nom de donjon protecteur de la nation.

Il s’agissait de la tour d’environ quarante mètres de haut avec une gigantesque roue de feng shui installée au sommet.

L’installation elle-même avait été construite il y a quelques décennies et était assez ancienne. Shiori entra hardiment dans la salle du rez-de-chaussée.

Les multiples entrées étaient toutes ouvertes, offrant un accès libre au rez-de-chaussée.

Il y avait quatorze ou quinze soldats de l’armée provinciale Tōkaidō présents dans le hall de la tour. Après avoir remarqué l’arrivée de la princesse aux chevaux blond-platine, l’un après l’autre, la moitié des soldats la salua et lui jeta des regards de surprise sur elle.

Shiori voulait à l’origine demander à l’un des officiers, mais il lui vint à l’esprit qu’il devrait y avoir quelqu’un ayant un plus haut rang sur les lieux.

« Chevalier Kamamoto, puis-je vous déranger un instant ? » demanda Shiori.

« Très certainement, Princesse, je suis à votre service, » répondit Kamamoto.

Le vieux Chevalier servant de châtelain provisoire était entouré de plusieurs de ses subordonnés.

Ces subordonnés reculèrent pour offrir un chemin à Shiori dès qu’ils la virent approcher, permettant à son groupe de rejoindre le vieil homme portant un uniforme noir d’officier.

« Qu’est-ce qui a causé la première sirène ? S’il vous plaît, expliquez-moi autant que cela vous est permis, » demanda Shiori.

« Apparemment... des pirates. Les dragons de la Baie de Suruga sont actuellement en train de se charger d’eux, » répondit Kamamoto.

« En d’autres termes, est-ce des navires armés qui approchent de la ville de Suruga ? » demanda Shiori.

« Il n’y a pas encore de rapports confirmant la présence de navires, mais il est très probable que cela soit le cas, » répondit Kamamoto.

Shiori avait déjà contacté le vieil homme quelques heures plus tôt afin d’avoir l’autorisation d’emprunter une pièce dans le fort tutélaire.

En tant que personnes appartenant aux classes privilégiées, les Chevaliers se transformaient souvent en vieillards têtus et arrogants quand leur âge avançait. Cependant, le vieil homme Kamamoto était un vieux monsieur ayant un bon caractère.

Le ton de l’homme âgé était cordial, probablement dans une tentative afin de rassurer la princesse Shiori.

« Soyez assurée. Je ne crois pas que cela deviendrait un incident majeur. S’il vous plaît, Princesse, n’hésitez pas à retourner en toute sécurité à la ville, » déclara Kamamoto.

Trois jours plus tôt, le fort tutélaire Suruga avait perdu le personnage officiel servant en tant que châtelain. Le précédent châtelain avait été arrêté pour corruption et était actuellement détenu à la campagne au quartier général de la police militaire.

Le Chevalier Kamamoto avait dû reprendre ses fonctions après avoir pris une retraite bien méritée depuis plus de sept ans.

À moins d’une sérieuse pénurie de personnel, le châtelain d’un fort tutélaire devait être un Chevalier. En raison de cette règle non écrite, un vieil homme retraité avait dû être rappelé afin d’assumer pour le moment ce rôle.

« Des pirates, est-ce bien ça... ? » murmura Shiori pour elle-même.

Il y a dix ans, lorsque le Japon Impérial était devenu l’allié tributaire de la Rome Orientale...

Quelques soldats avaient déserté l’armée, déterminés à s’opposer à Rome même si cela les menait à une fin amère. Il y avait aussi des radicaux qui avaient lancé des attaques terroristes, se ralliant afin de pousser hors du Japon le détachement romain présent. Ces personnes se livreraient à l’occasion à des actes de pirateries lorsqu’elles étaient confrontées à des pénuries de financement.

Les navires pirates de ce type étaient toujours équipés d’armes à feu et de munitions...

La garde côtière avait donc déployé des bêtes de types dragon des mers qui étaient maintenus en tout temps dans les eaux avoisinantes afin de pouvoir détecter le plus tôt possible l’odeur de la poudre à canon présent sur ces navires. La question était de savoir si c’était encore une fois un dragon des mers qui avait déclenché cette alarme.

Cependant, les ennemis étaient-ils vraiment des pirates ? Alors que Shiori réfléchissait à tout cela...

Un son ressemblant à des cloches fit écho dans les airs.

La puissance mystique produisant ce son n’était pas intense. Shiori avait alors vu un renard blanc, gros comme la paume, sur l’épaule du vieil homme Kamamoto.

Il s’agissait d’un renard de liaison, une petite bête de rétention utilisée par l’Armée Impériale.

« Oh. » Kamamoto avait écarquillé les yeux et le renard de liaison avait sauté de son épaule.

Le renard avait couru d’une manière adorable jusqu’au mur où il y avait une chaise à bascule inoccupée.

Puis, après que le renard de liaison eut couru sous la chaise, une jeune fille était apparue sur la chaise alors que rien ne se trouvait là précédemment.

Habillée comme une miko (une jeune fille du sanctuaire), la fillette avait des franges qui atteignaient ses sourcils et des cheveux noirs qui lui arrivaient aux épaules. Très adorable, la fillette ressemblait à une poupée Ichimatsu [1] et semblait avoir huit ou neuf ans.

« Sakuya, avez-vous quelque chose à me dire ? » Kamamoto avait demandé ça et la fillette nommée Sakuya avait tourné sa tête vers lui.

La silhouette élancée de la fille et les contours de ses vêtements de jeune fille du sanctuaire étaient légèrement flous. Plutôt qu’un vrai humain, elle était une image projetée par un esprit, un moyen de se substituer à la possession d’un simulacre.

Elle était probablement le génie protégeant le fort tutélaire de Suruga.

« Invasion... Lé... gions... Ennemi, alerte... » Sakuya fit un rapport de la situation du combat d’une manière hachée alors qu’elle transmettait des ondes noétiques.

La vue projetée par les ondes noétiques couvrait le plafond du hall du rez-de-chaussée du donjon protecteur de la nation. Il s’agissait de quelque chose ressemblant à un écran géant qu’on pourrait trouver dans un cinéma.

... La vue aérienne affichait la situation en temps réel sur la mer environnante.

Il y avait trois corps qui flottaient à la surface de la mer et qui ressemblaient à des serpents marins de dix mètres de long. Cependant, les cadavres possédaient des écailles dorées, ce qui signifiait qu’il s’agissait des dragons des mers utilisées par les gardes-côtes japonais. Tous les trois avaient été décapités, et ils avaient peut-être été abattus par l’ennemi.

... L’écran était ensuite passé à un autre point de vue.

Il s’agissait de la surface de la mer lointaine, à plusieurs kilomètres de la côte. Il y avait sept ou huit têtes qui oscillaient de haut en bas, avançant vers la plage comme s’ils marchaient sur l’eau.

Cependant, ces entités « humanoïdes » n’étaient pas des humains.

Se tenant avec leur huit mètres de hauteur, leurs silhouettes ressemblaient beaucoup à des Légionnaires.

De plus, leurs corps dégageaient une brume noire, empêchant une vision claire qui aurait pu confirmer leur aspect...

« En ce moment, plusieurs légionnaires ont tué trois dragons des mers... et ils avancent vers le fort tutélaire de Suruga, » déclara Sakuya. « L’ennemi a appliqué un camouflage noétique furtif, le type et l’affiliation sont non identifiés pour le moment. De plus, cette vidéo a été obtenue grâce à des techniques noétiques... en provenance de l’une des wyvernes des gardes-côtes, qui avait été témoin de toute la scène... »

L’image de Sakuya s’était assise sur la chaise à bascule tout en déclarant son rapport.

Sa voix était extrêmement calme et basse, et c’était plutôt difficile à comprendre en raison de sa manière saccadée de parler.

Pour les oreilles de Shiori, on aurait dit que la faucheuse faisait une visite de mauvais augure.

Note

  • 1 Poupée Ichimatsu : Il s’agit de l’une des sortes de poupées traditionnelles japonaises. Les poupées ichimatsu (市松人形, ichimatsu ningyō) représentent des petites filles ou des petits garçons, bien proportionnés, normalement colorés (pas de gofun pour donner à la peau une couleur blanche), et aux yeux de verre. Les premières furent nommées en honneur d’un acteur de kabuki célèbre du xviiie siècle et représentaient alors probablement un homme adulte, mais depuis la fin du xixe siècle le terme s’applique aux poupées en forme d’enfant. Les poupées mâles aux expressions espiègles furent les plus populaires à la fin du XIXe et au début du xxe siècle, mais en 1926 le Friendship Doll Exchange fit faire 58 poupées représentant des petites filles, à envoyer aux enfants du Japon de la part des enfants des États-Unis ; cet évènement popularisa les poupées femelles à expression sérieuse et douce et portant un kimono.

***

Partie 5

Il était de notoriété publique que les murs fortifiés et les douves étaient incapables d’arrêter le vol d’un légionnaire.

Cependant, les forts tutélaires possédaient des barrières défensives modernes lui permettant de remplacer de telles choses. Reposant sur le même principe que les renards de liaison, il s’agissait d’esprits donnés par le Seigneur Tenryuu, mais dans leur cas, il s’agissait d’être de bien plus hauts rangs que les renards.

« Ifrit, Seiryuu..., » au moment où l’image de Sakuya avait prononcé ces deux noms, un gigantesque cercle magique était progressivement apparu.

Il s’agissait d’un cercle de lumière bleue, de soixante-dix mètres de diamètre, qui se manifestait dans l’air au-dessus du fort tutélaire. Il y avait des motifs compliqués et des caractères sanscrits présents à l’intérieur du cercle.

Derrière le cercle magique, un dragon tout aussi gigantesque avait peu à peu pris forme. Pour être plus précis, il s’agissait de « l’image d’un gigantesque dragon ».

Le corps mince et serpentin était recouvert d’écailles bleu-saphir.

Le gigantesque dragon avait aussi deux ramures et quatre membres courts. La majesté de sa forme sacrée et indubitablement solennelle appartenait au symbole oriental du roi, la Bête Sacrée connue sous le nom de « dragon ». Le corps translucide avait indiqué à tous qu’il s’agissait d’une image projetée.

Le fort tutélaire de Suruga n’était pas à une altitude élevée, mais il était au moins situé sur le sommet d’une montagne.

Les zones urbaines environnantes pouvaient donc également voir l’image de Seiryuu. Les zones urbaines voisines du fort tutélaire sonnaient déjà l’alarme afin de proclamer la loi martiale.

« Des légionnaires d’affiliation non identifiée avancent sur le fort tutélaire ? Et ils faisaient semblant d’être des pirates... ! » Le châtelain provisoire de Suruga, le Chevalier Kamamoto, murmura cela en regardant la situation.

Actuellement, il chevauchait une wyverne bleue et survolait le fort tutélaire. La wyverne était identique en apparence à un lézard, sauf avec des ailes qui poussaient depuis ses épaules au lieu de ses membres antérieurs.

La wyverne était plus de deux fois plus grande qu’un cheval de course, une bête de rétention dont la taille moyenne était d’environ quatre mètres de long.

Alors qu’il était monté sur la selle d’une wyverne, le Chevalier Kamamoto avait alors déclaré. « Au nom de Zuihou, l’Appel nous a été décerné à nous, guerriers du Japon Impérial... Assemblez-vous ! »

Un miroir rond était alors apparu dans la main droite du chevalier âgé.

Le miroir rond uni semblait être fait de cuivre poli et avait la taille de la paume. Il s’agissait du Zuihou, le sceau du Chevalier qui lui permettait d’invoquer le légionnaire du Japon Impérial, le Kamuy, ainsi qu’un glorieux insigne de leur valeur.

S’élevant dans les cieux alors qu’il était monté sur sa wyverne, le vieil homme avait libéré une grande quantité de noèses. Le flux de noèses s’était immédiatement matérialisée, devenant une armée de légionnaires, communément appeler, une légion.

Un total de vingt-sept Kamuys, équipés d’armures et d’uniformes colorés avec le fameux « bleu samouraï ». Alors qu’ils étaient tous armés d’un fusil à baïonnette standard, les légions avaient suivi Kamamoto dans la bataille.

Le vieux Chevalier avait remarqué que l’ennemi s’approchait par le sud... donc, depuis la baie de Suruga.

« Ils arrivent ! »

La vue était assez large pour voir entièrement le fort tutélaire de Suruga ainsi que le plateau environnant.

La baie de Suruga était au sud, le port de Shimizu était à l’est tandis que le nord-est offrait une vue magnifique sur le pic sacré, le mont Fuji. Contrairement aux villes ou lieux ordinaires entourés de montagnes, la géographie était très diverse ici.

Dans cette vue de première classe, les signes de l’avancée de l’armée ennemie inconnue étaient visibles.

Il y avait une trentaine de « silhouettes humaines » qui venaient de la baie de Suruga, et cette armée ennemie se cachait derrière des techniques de furtivité noétique. Après avoir été découverts par des dragons marins, ils avaient volé directement dans l’air et non plus à ras les pâquerettes comme avant.

Sans montrer le moindre signe d’organisation, les « silhouettes humaines » volaient dans une formation dispersée.

La mer et le paysage urbain de Suruga avaient progressivement été teints en rouge par le soleil couchant. Nous étions presque arrivés au coucher du soleil.

Un compte plus prudent avait pu dénombrer trente-quatre ennemis. Le Chevalier Kamamoto avait vingt-sept Kamuys sous son commandement. L’ennemi détenait la supériorité numérique, mais les défenseurs avaient le soutien de l’Ifrit, Seiryuu.

L’image d’un gigantesque dragon d’azur, avec un cercle magique derrière son dos, occupait l’air au-dessus du fort tutélaire.

Au sud, le Chevalier Kamamoto menant une Légion de vingt-sept Kamuys se tenait immobile dans les airs.

Une ou deux minutes plus tard, les « silhouettes humaines » ennemies atteignirent la rive. Seuls quelques kilomètres les séparaient du fort tutélaire de Suruga. À ce moment-là, Seiryuu avait effectué un mouvement.

« Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh..., » Seiryuu avait émis un rugissement en provenance directe de ses gigantesques mâchoires.

Puis, le ciel était devenu sombre alors qu’un rassemblement de nuages ​​d’orage put être visible dans la zone. La foudre avait commencé à frapper depuis la couche supérieure de l’atmosphère.

Boom ! Boom ! Boom ! Boom ! Boom ! Boom ! Boom !

Sans un instant de répit, les sombres nuages avaient continué à libérer la foudre. Seiryuu avait invoqué un jugement divin sous une forme météorologique. Il s’agissait d’un pouvoir spirituel pouvant contrôler les phénomènes météorologiques qui lui avait été conféré par le Seigneur Tenryuu, la Bête Sacrée du Japon.

Frappé par la foudre, un certain nombre de « silhouettes humaines » avait été emporté au loin avec violence. Cependant, les géants enveloppés dans la brume n’avaient pas pris trop de dégâts. De simples éclairs ne suffisaient pas à neutraliser des Légionnaires.

La foudre s’était transformée en un barrage continu, mais son but était d’empêcher l’avancée des troupes ennemies. Tel était le but du décret météorologique utilisé en tant qu’arme.

Au milieu du ciel rempli d’éclairs descendants, une « silhouette humaine » solitaire hurlait. « Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! »

Il s’agissait probablement d’une sorte d’ordre venant d’être libéré.

La trentaine de « silhouettes humaines » avaient alors commencé à accélérer, s’éloignant les unes des autres. Après avoir amplifié leur formation dispersée, ils purent ainsi avancer à haute vitesse.

Il était incontestable que l’ennemi se précipitait sur l’armée de Kamuys dirigée par la Chevalier Kamamoto.

« Hmm !? » s’exclama Kamamoto. Il avait été pris par surprise. Au moment où ils avaient accéléré, l’ennemi avait abandonné son camouflage. Volant rapidement sans craindre le barrage de foudre, ils n’étaient plus une armée de « silhouettes humaines ».

« Des Croisés... ! » s’exclama-t-il.

Les Croisés étaient plus grands et plus larges que les Kamuys. Sur leur corps, ils avaient également une armure plus épaisse que celle des Kamuys. Un blanc réfléchissant se trouvait être la coloration générale de ces combattants, et il y avait également de lignes rouges qui ornait diverses positions de leur corps. Cette apparence appartenait sans aucun doute aux Croisés, le pilier des Légions des Forces Impériales Britanniques.

« Ainsi, c’est un chevalier britannique qui est venu nous envahir !? » s’exclama-t-il.

Il s’agissait d’une situation tout à fait logique et simple à comprendre. Le Japon Impérial était allié à la Rome Orientale. Si quelqu’un osait attaquer un fort tutélaire japonais, « l’autre empire » en Asie était le seul candidat logique.

Cela étant dit, le Chevalier Kamamoto avait fait claquer sa langue. « Le fort tutélaire doit-il encore déployer une barrière de noèses... ? C’était vrai, Sakuya avait mentionné sa mauvaise condition. »

L’ennemi avait lancé un assaut féroce dans une tentative de conquérir le fort tutélaire de Suruga.

Comme on l’appelait dans les temps anciens, une « bataille de siège » était sur le point de commencer. Responsable de la défense, l’Ifrit Seiryuu avait continué à faire pleuvoir des éclairs en tant que signe de sa résistance, équivalents à des flèches et à des canons utilisés en tant que « tirs antiaériens ».

Le problème était que sans « muraille », il n’y aurait pas de château...

Pendant ce temps, les Croisés continuaient de rapidement voler vers leur objectif, sans être ébranlés par les éclairs en provenance des cieux.

Ils avaient sans relâché même lorsque leurs camarades avaient été directement frappés par un éclair. Puis, avançant toujours sur une trajectoire rectiligne, les légionnaires britanniques avaient commencé à utiliser leurs fusils à baïonnette en un tir de suppression. Mais plutôt que des balles physiques, il s’agissait de faisceaux de chaleur qui sortaient au bout des canons des armes.

Des dizaines de flashs avaient volé dans les airs tels des flèches magiques, approchant les vingt-sept Kamuys du Japon Impérial.

« Activation des barrières ! » ordonna Kamamoto. Les Kamuys exécutèrent rapidement l’ordre du Chevalier Kamamoto.

De minuscules lumières voltigeaient comme des particules, suspendues dans les airs autour des vingt-sept Kamuys.

Ce type de lumière avait eu pour effet d’affaiblir les tirs ennemis. En conséquence, les Kamuys de Kamamoto avaient réussi à faire face aux trente-quatre croisées sans perte de leur côté.

Une bataille au corps à corps s’était alors déroulée dans les airs.

Les baïonnettes des fusils furent dès lors utilisées par les deux côtés alors qu’elles étaient utilisées comme des « lances » lors de cet affrontement à bout portant ou des frappes et de vives accélérations pouvaient être vues de part et d’autre des deux camps.

Tout comme pour les humains, la tête, la poitrine et l’abdomen des légionnaires étaient des parties vitales de leur anatomie. Une légion blessée dans ces zones perdrait la capacité de voler et finirait donc par s’écraser.

« Le cœur de la bataille est... contre moi, hein !? » s’exclama le vieux chevalier.

Le Croisé était supérieur au Kamuy en raison de leur carrure et de la force présente en eux.

La seule façon pour des Kamuys de s’opposer aux Croisés était de faire usage de leur agilité dans une tactique d’escarmouches ou de guérillas. En gros,

Mais une fois que les deux parties s’étaient engagées dans un combat rapproché avec des soldats mélangés de manière chaotique, le camp avec une force supérieure aurait un avantage absolu. À peine le vieux chevalier dit-il qu’un Croisé poignarda un Kamuy au visage avec sa baïonnette et actionna directement après ça la gâchette de son arme.

Le fusil à baïonnette était une arme constituée d’un fusil à usage militaire avec une lame fixée sur l’extrémité avant de son canon.

Naturellement, le faisceau tiré depuis la bouche du canon avait fait exploser la tête du Kamuy.

De plus, le faisceau continuait en ligne droite, perçant une nouvelle cible. Malheureusement, la wyverne utilisée comme monture par le Chevalier Kamamoto avait ainsi été abattue.

« Ohhhhhh !? » s’écria-t-il.

Le rayon avait arraché l’une des ailes de la wyverne.

Puis, comme elle avait perdu la capacité de voler, la wyverne était tombée, emportant par la même son cavalier avec elle. La hauteur de la chute était d’environ soixante à soixante-dix mètres.

Le Chevalier Kamamoto s’était ainsi écrasé sur le sommet d’une colline de verdure. Heureusement, le corps géant de la wyverne avait aidé à amortir la chute, alors il avait pu survivre avec seulement quelques fractures et ecchymoses.

Cependant...

Un géant était descendu avant de se positionner devant le chevalier Kamamoto qui avait survécu jusque là.

Il s’agissait d’un Croisé qui avait l’intention de mettre à mort le Chevalier Kamamoto. L’atterrissage du Légionnaire britannique avait fait trembler le sol et un grondement avait pu être entendu. De près, il semblait aussi grand qu’un immeuble de trois ou quatre étages.

Le fusil à baïonnette présent dans la main du géant faisait environ quatre mètres de long. C’était plus de deux fois la taille du vieil homme.

Aussi bien la baïonnette montée sur le canon que le laser provenant de l’arme pourraient facilement mettre un terme à la vie du chevalier Kamamoto. Fidèle à sa fierté de soldat de l’Armée Impériale, le vieil homme avait incité son corps blessé à se lever le plus vite possible. Dans le même temps, il avait dégainé le pistolet semi-automatique de 9 mm se trouvant dans l’étui à sa taille.

Cependant, ce genre d’arme ne pouvait nullement arrêter un gigantesque Légionnaire.

Sans même utiliser son fusil à baïonnette, le Croisé avait déplacé avec force sa jambe gauche comme s’il voulait effectuer un coup de pied dans un caillou se trouvant sur sa route.

Ce petit mouvement avait heurté le Chevalier Kamamoto, le projetant en l’air. Au moment où il était sur le point de perdre conscience, il avait désespérément ordonné son dernier ordre à ses Kamuys encore sous son commandement.

Il avait ordonné en son nom aux Kamuys de défendre le fort tutélaire jusqu’au bout. Cette pensée était ainsi devenue la volonté et le testament final du vieil homme.

***

Partie 6

Dans le hall du rez-de-chaussée du donjon protecteur de la nation, Masatsugu soupira.

Flottant dans les airs, une fenêtre géante servait d’écran et affichait une certaine vidéo.

Elle était en train de montrer la bataille aérienne entre les Légionnaires dans le ciel près du fort tutélaire de Suruga. Un affrontement intense entre l’armée de Kamuys menée par le Chevalier Kamamoto et l’armée britannique composée de Croisés.

« Tellement unilatéral..., » gémit Masatsugu.

Après la mort de Chevalier Kamamoto lors du combat, les Kamuys étaient clairement devenus plus léthargiques.

Chaque fois que les Croisés s’approchaient, les Kamuys frappaient à l’aide de leurs fusils à baïonnette pour s’engager dans un combat au corps à corps. Malheureusement, ils étaient trop lents, et donc, ils étaient complètement incapables d’esquiver ou de parer les attaques ennemies. Inversement, les attaques des Kamuys avaient toutes manqué leur cible.

Dans une telle situation, il était impossible de résister à l’armée britannique avec leur avantage au niveau de leur force, de nombre et tout le reste.

Mais même ainsi, les vingt-sept Kamuys n’avaient pas abandonné le combat. Même si leurs attaques avaient souvent raté leur cible, ils avaient persisté à tirer avec leurs armes sur les Croisés et à les poignarder avec leurs baïonnettes.

Normalement parlant, quand un chevalier mourait, les Légionnaires sous son commandement disparaissaient.

« Est-ce la dernière volonté du chevalier... ? » Masatsugu murmura cela pour lui-même. Inexplicablement, il ressentait une sensation qui lui indiquait qu’il s’agissait d’une certitude.

De temps à autre, les Légionnaires exécutaient le dernier ordre de leur dernier maître, comme pour respecter le souhait d’un mourant. Cela était particulièrement vrai pour le principal pilier du Japon, le Kamuy, dont la loyauté envers les commandements était particulièrement notable.

Dès qu’il avait compris la raison pour laquelle les Kamuys se battaient sans relâche, Masatsugu s’était senti troublé.

Masatsugu Tachibana était un étudiant qui ne savait rien sur les Légionnaires. Il ne pouvait pas comprendre pourquoi il savait de telles choses avec certitude.

Pendant ce temps, un autre élément défavorable était apparu sur le champ de bataille.

« Le dragon a-t-il bien disparu... ? » demanda-t-il.

Masatsugu avait douté de ce que ses yeux voyaient. L’image de Dragon de Seiryuu qui était la divinité gardienne de ses lieux avait disparu sans avertissements de l’air se trouvant au-dessus du fort tutélaire qu’il avait occupé jusqu’à maintenant.

Les soldats se trouvant dans le donjon protecteur de la nation avaient également commencé à se parler entre eux, incapables de cacher leur perte de sang-froid.

Un officier avait couru vers un coin de la salle, à l’endroit où l’image de Sakuya avait été assise sur la chaise à bascule.

« Sakuya-sama ? Qu’est-ce qui vous est arrivée, Sakuya-sama !? »

L’image de la jeune fille du sanctuaire n’était plus, disparaissant de leur vue au même moment que Seiryuu.

Par la suite, les personnes avaient toutes commencé à parler en même temps. Quelqu’un avait suggéré de trouver un maître noétique tandis que d’autres voulaient savoir ce qui s’était réellement passé avec le dragon. L’état du Chevalier Kamamoto était aussi un sujet de discussion. La scène était remplie de cris de colère et d’ordres.

Le désespoir de vouloir sortir de cette situation avait infecté chaque officier et les soldats sous leur commandement. Cependant, sans le chevalier si crucial, on pouvait deviner combien leurs efforts pouvaient être inutiles.

« ... Masatsugu-sama et Hatsune, venez par ici, » la princesse avait soudainement appelé Masatsugu et Hatsune.

Shiori sortit vivement du hall principal du donjon protecteur de la nation et Hatsune suivit de manière décisive. Masatsugu avait fait de même sans perdre de temps.

Pour être honnête, ce n’était pas l’aptitude à diriger qu’on attendrait d’une princesse tenue à l’abri.

Depuis l’arrivée de la sirène, Shiori avait émis diverses instructions précises. Sa docilité quant à obéir était purement une façade destinée à obscurcir le monde.

Dès qu’ils avaient quitté le donjon, un petit animal était apparu sur l’épaule de Shiori.

Il s’agissait d’un renard blanc à peu près de la taille d’un hamster, à savoir, la petite bête de rétention appelée le renard de liaison. L’esprit nommé Sakuya avait utilisé le même genre d’animal.

Masatsugu déclara à ce moment-là. « Une bête de rétention... Aujourd’hui, il s’agit de la première fois que j’en vois une véritablement. »

« C’est quelque chose que j’ai demandé au père de Hatsune de me procurer. En avoir un avec soit est extrêmement utile, » répondit la princesse.

Le petit animal blanc sur l’épaule de Shiori avait expiré par ses narines.

Le Seigneur Tenryuu avait décerné de nombreuses bêtes de rétention au Japon Impérial et le renard de liaison était l’un de ses types. Utilisant des pouvoirs noétiques innés, ils étaient capables de servir l’humanité en faisant de petits miracles.

À l’instar des armes à feu, les bêtes de rétention ne pouvaient en principe être utilisées que par les forces militaires et policières.

Il y avait des rumeurs concernant la présence de bêtes illégales dans la société civile...

Shiori avait alors dit au petit animal mystérieux, « Le génie de ce fort tutélaire... s’appelle Sakuya, n’est-ce pas ? J’ai besoin de lui parler, alors s’il vous plaît, localisez-le. Vous devriez être capable de la trouver au sanctuaire souterraine. »

Le renard de liaison s’était mis à bouger puis il avait disparu après ça. Il avait rapidement obéi aux ordres, disparaissant aussi soudainement qu’il était arrivé.

« Princesse, ne pouviez-vous pas l’avoir invoqué d’où nous étions juste avant ? » demanda Hatsune.

« Je ne pouvais pas le faire devant les autres. J’ai besoin de lui parler de manière confidentielle, » répondit instantanément Shiori à la question de Hatsune.

« Ce génie — semblait un peu étrange, » continua Shiori

Il y avait un sentiment de certitude dans le ton de la voix de la princesse.

« Ce prétendu génie est la volonté d’un Ifrit, quelque chose qui s’apparente à un avatar, » continua la princesse. « Je crois qu’elle et Seiryuu étaient incapables de soutenir leurs manifestations en raison d’instabilités spirituelles. »

« Comment êtes-vous si sûre ? » Masatsugu n’avait pas pu s’empêcher d’intervenir. Il était très curieux en raison de la certitude qui était présente dans le timbre de voix de Shiori.

Au nom de son maître, Hatsune, sa dame d’honneur, gonfla fièrement sa poitrine et dit : « Souviens-toi bien de ceci, Onii-sama. Notre princesse est non seulement intelligente, mais aussi une personne bénit qui possède un puissant talent noétique. Elle est littéralement l’incarnation du cerveau et de la beauté, un exemple de l’idéal d’Yamato Nadeshiko ! »

Le talent noétique se référait à la capacité de détecter et de transmettre des ondes noétiques.

Le titre de maître noétique était accordé à ceux qui avaient travaillé dur afin d’obtenir la certification d’état. Par rapport aux humains ordinaires, ces personnes étaient plus aptes à communier avec les esprits et les bêtes de rétention, et ils s’étaient également spécialisés dans le contrôle noétique.

Hatsune avait l’air très content, mais Shiori déclara avec indifférence. « Tout comme mes cheveux, ce genre de capacité vient tout simplement de la lignée de mon grand-père. Beaucoup de princesses héritant du sang d’une Bête Sacrée ont une aptitude pour le mystique, c’est juste que mes dispositions sont plus fortes que la normale. »

« Étonnant, » dit Masatsugu assez imperturbable.

L’éloge tout à fait ordinaire de Masatsugu incita Shiori à hausser les épaules et à dire, « Vraiment ? L’impératrice actuelle a du sang de dragon plutôt réduit... c’est pourquoi ses plus proches partisans m’ont toujours considérée avec hostilité. Ces personnes croient que c’est un grand affront pour moi de ressembler si étroitement à mon grand-père malgré mon appartenance à une branche secondaire. Strictement parlant, les inconvénients sont plus nombreux que les avantages. »

Les brillants cheveux blond-platine de la princesse provenaient de la lignée de Seigneur Tenryuu.

Cependant, l’Impératrice actuelle, Sa Majesté Teruhime, avait les cheveux noirs, la même chose qu’une Japonaise typique. Masatsugu avait maintenant compris la raison de tout ça.

Shiori continua, « S’il vous plaît, gardez ceci un secret, car je ne l’ai dit qu’à ceux qui sont proches de moi. »

« À vos ordres, » répondit Masatsugu.

« En dehors de tout ce qui concerne le domaine noétique, j’ai aussi gardé beaucoup d’autres secrets, » continua la princesse. « Cela inclut ma personnalité actuelle ainsi que le fait que je suis plus maline que la plupart des gens m’imaginent être. »

« ... C’est malin, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Tout à fait. Sur les questions de l’esprit, je perds rarement, peu importe, mon adversaire, » répondit la princesse.

L’expression factuelle de la princesse donnait l’impression que le fait d’être perspicace était une vertu. Le mot très impoli « mégère » était venue à l’esprit de Masatsugu.

À ce moment, un son de cloche avait été entendu.

Le renard qui avait été sur l’épaule de Shiori un peu avant ça était apparu de nulle part. La petite bête de rétention était revenue.

« Comment était-ce ? » demanda la princesse.

Le renard de liaison avait secoué sa petite tête.

Sa maîtresse soupira et déclara avec dépit, « L’esprit nommé Sakuya... Je ne peux pas croire qu’elle ait fermé son cœur et ait refusé d’écouter quelqu’un. En termes humains, elle semble être une enfant très timide. Si elle jure de garder le secret, je serais prête à l’aider... »

Au milieu de la phrase, la princesse ne pouvait plus être entendue.

Un soudain fracas avait totalement submergé sa voix. Quelque chose de dur et lourd s’était effondré, et tout cela était accompagné d’une explosion. C’était ce qu’ils avaient tous clairement entendu.

Les murs de fortification en forme d’étoile du fort tutélaire de Suruga... venaient d’être endommagés à ce moment-là.

... Inutile de dire que les Croisés ennemis en étaient responsables.

Deux Croisés avaient continué à tirer avec leurs fusils à baïonnette depuis les airs. Dépassant les Kamuys chargés du souhait final du Chevalier Kamamoto, ils chargèrent dans la zone proche du fort tutélaire.

Après cela, les deux Croisés avaient atterri directement à l’intérieur du fort tutélaire.

Le lourd impact avait fait trembler le sol. L’un des Croisés avait atterri sur le toit d’un immeuble à ossature d’acier d’un étage.

Le Légionnaire britannique se tenait là à plus de huit mètres de haut.

Son poids estimé de plusieurs centaines de tonnes avait facilement écrasé la structure du béton armé.

Toute personne se trouvant à l’intérieur du bâtiment serait dans tous les cas morte. Après ça, les deux Croisés avaient commencé à lâcher des coups de feu.

Les faisceaux avaient jailli de leur arme tel un torrent, faisant exploser tout ce qui se trouvait à l’intérieur du fort tutélaire.

Les Croisés ne visaient rien en particulier. Tirant à raison de dix coups par seconde, il n’y avait pas besoin de viser pour provoquer d’importants dommages.

Les différentes structures à l’intérieur du fort tutélaire... les bâtiments, les hangars, les casernes, etc. avaient toutes été construits en béton armé utilisant un solide acier, mais ils avaient tous été percés par les tirs comme s’ils avaient été des accessoires en styromousse... Démoli... Écrasé... Brûlé... Fondu... Et même des explosions pouvaient être vues de part et d’autre du fort.

Les faisceaux de chaleur destructeurs avaient fondu et tranchés à travers l’acier et le béton.

Voilà la puissance du fusil à baïonnette.

Hatsune cria de panique, « Princesse ! Nous devons nous dépêcher et trouver un abri ! »

« ... Non, il serait plus sûr de rester immobile, » répondit la princesse.

Shiori regarda un certain bâtiment. Il s’agissait du donjon protecteur de la nation qu’ils venaient de quitter.

« Cette tour est le noyau du fort tutélaire, » continua-t-elle. « En supposant qu’il a des informations cachées à l’intérieur de ce bâtiment, ainsi que sous terre, avec le corps principal d’Ifrit qui se trouve dans le sanctuaire souterrain de l’eau, tous deux doivent être intacts. L’ennemi doit prendre en charge ces installations pour son propre usage... Par conséquent, les Croisés n’attaqueront certainement pas notre position. »

Shiori avait raison.

Les deux Croisés n’arrêtaient pas de tirer, mais leurs canons n’étaient jamais dirigés dans la direction du trio présent à côté du donjon protecteur de la nation.

Hatsune sourit et Shiori expira en soulagement. Bien qu’elle se soit exprimée pour rassurer tout le monde sur leur sécurité, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir nerveuse à l’intérieur.

Après ça, la princesse leva les yeux avec un air sévère. « Profitons de cette occasion favorable pour appeler des renforts. »

Le corps entier de Shiori se mit alors à briller d’une lumière blanche. Il s’agissait de la lumière du pouvoir noétique.

Les personnes ordinaires étaient essentiellement incapables de détecter les ondes noétiques, mais de puissantes ondes noétiques libéraient de la lumière, produisant un rayonnement que tout le monde pouvait voir.

Témoin de ce phénomène présent dans les rumeurs, Masatsugu avait été profondément impressionné.

« Ô braves qui avaient épuisé vos forces, que votre courage soit couronné de gloire. Louez soit votre courage, » la princesse impériale avait parlé solennellement au milieu de la lumière blanche de la noèse.

Curieuse, Hatsune demanda à Shiori : « Princesse, que faites-vous ? »

« Ces Kamuys continuent de se battre sans relâche en l’honneur de la dernière volonté de Kamamoto-sama. Je les rassemble pour défendre le fort tutélaire qui va tomber face à l’ennemi. Cependant, je ne sais pas combien de Kamuys se précipiteront ici..., » murmura Shiori avec inquiétude.

En effet, les Kamuys se battaient actuellement vaillamment contre les Croisés à l’extérieur du fort tutélaire. On pouvait deviner plus ou moins le nombre de Kamuys qui étaient encore intact et s’ils avaient la possibilité de renvoyer certains des leurs au fort tutélaire.

Étonnamment, des renforts étaient immédiatement arrivés.

Tenant fermement leurs fusils à baïonnette, deux Kamuys pénétrèrent dans les locaux depuis la porte latérale du fort tutélaire.

« Ce sont ceux qui gardaient la porte ! » s’exclama Masatsugu.

Masatsugu avait réalisé qu’ils étaient les deux Kamuys qui avaient été postés à la porte latérale dans le but d’afficher le prestige du maître des lieux. Obéissant à la dernière volonté de leur précédent commandant, ils n’avaient pas encore disparu du champ de bataille.

***

Partie 7

Le sanctuaire de l’eau était situé entre cent à deux cents mètres sous le donjon protecteur de la nation.

Comparé au hall du rez-de-chaussée du donjon protecteur de la nation se trouvant au-dessus de la surface, le sanctuaire de l’eau était dix fois plus spacieux. On pourrait appeler cela un espace extrêmement vaste. En termes simples, il s’agissait d’un « grand espace ouvert entouré de pierre », entièrement construit en marbre blanc.

Le plafond était très haut, au moins vingt mètres de haut.

Des douzaines de piliers ronds avaient été distribués uniformément à l’intérieur, chaque pilier identique en taille avait un diamètre de six ou sept mètres. Le style rappelait celui des anciens temples grecs.

Il n’y avait aucun signe d’humains dans cet environnement si serein.

À l’inverse, il y avait une grande quantité d’« eau bleue » répandue sur le sol.

Aussi loin que l’œil pouvait voir, il s’agissait d’une surface bleu marine, semblable en couleur aux belles mers du sud. L’eau avait été entrecroisée par des blocs étroits de pierre, sans doute pour être utilisé comme chemins. Ils n’étaient pas nombreux, mais les personnes pouvaient marcher dessus.

Cet endroit, rempli d’eau bleue bénite, était un temple sacré de l’eau.

Il y avait un coin de la pièce qui était connecté à ce réseau de chemins accessible sur la surface de l’eau bleue.

Une certaine fille habillée comme une jeune fille du sanctuaire se tenait là, immobile. Il s’agissait de l’image du génie Sakuya. Cependant, son contour était encore plus flou qu’avant.

Son état actuel était très faible, et elle n’était même pas capable de soutenir une projection.

« Invasion, Légi... onnaire... Seiryuu, soutenir, échec..., » murmura-t-elle.

Sakuya réfléchissait d’un air absent.

En dépit de son apparence jeune, Sakuya était en fait un génie qui avait vécu près d’un siècle. Son âme avait accumulé beaucoup de fatigue. Sa personnalité était également « timide » et « fragile ».

Pour une fille délicate comme elle, l’invasion de Croisés était une épreuve douloureuse.

Le fait qu’elle était entrée en contact de trop près avec des ondes noétiques remplies d’esprit combatif, de soif de sang et d’intention offensante provenant des deux chevaliers et des nombreux Légionnaires avait fait subir à l’âme de Sakuya de graves dommages, comme si elle avait été attaquée physiquement.

Le contact avec le monde extérieur était actuellement un lourd fardeau pour elle.

Tout à l’heure, elle avait chassé un renard de liaison importun. Cela étant dit, elle voulait toujours remplir ses fonctions.

« Tentative de ré invoqué Seiryuu... Échec... Appel de renforts... Tentative de communication noétique... »

Sakuya avait consciencieusement effectué plusieurs tâches avec lenteur.

La vitesse de progression était aussi lente qu’une tortue. Elle attendait patiemment que les tâches se terminent. Elle avait alors remarqué qu’une certaine tâche était terminée, le statut des forces amies avait été vérifié.

« Le Chevalier Kamamoto... Tué au combat... Cependant, la bataille continue... »

En temps normal, quand le Chevalier les commandant était mort au combat, ses Légionnaires disparaissaient complètement.

Cependant, les Kamuys avaient à cette occasion obéi à la dernière volonté du vieil homme et avaient refusé d’abandonner le combat.

Le Légionnaire impérial du Japon, le Kamuy, était connu pour sa plus grande loyauté envers ses seigneurs. Le secret de l’histoire inspirante cela provenait probablement des liens créés au cours des années entre les Kamuys et le chevalier âgé en plus de leurs dispositions de loyautés absolues.

Cependant, la réalité était après tout difficile. Une armée qui avait perdu son commandant ne pouvait pas être en position de force.

Les Kamuys avaient vaillamment résisté face aux trente Croisés ennemis, mais ils étaient déjà à leurs limites. Il était très probable que dans quelques minutes, l’armée des Kamuys allait être anéantie. Ou peut-être que les effets de la volonté finale s’affaibliraient et qu’ils allaient disparaître d’eux-mêmes.

C’était pendant ces quelques minutes...

Que la situation avait changé. Deux Croisés avaient franchi la ligne de défense, avaient pu se défaire des Kamuys qui obstruaient leur passage et ils avaient réussi à envahir le fort tutélaire.

***

En compagnie de la princesse Shiori et de son lointain cousin Hatsune, Masatsugu se trouvait dans les locaux du fort tutélaire.

Deux Légionnaires britanniques, des Croisés, étaient finalement descendus du ciel. Les Kamuys qui gardaient la porte latérale s’étaient précipités afin d’intercepter l’ennemi.

Les deux samouraïs bleus impériaux du Japon avaient tiré consécutivement tout en s’approchant des Croisés.

Naturellement, les forces britanniques avaient riposté face à ces tirs. Les deux camps avaient déployé des barrières de protection tout en échangeant un feu nourri. En matière de nombres, ils étaient à égalité, à deux contre deux.

Cependant, ayant perdu leur commandant, les Kamuys bougèrent lentement et furent facilement tués par les Croisés.

Percés par des tirs de lumières dans l’abdomen, ils avaient disparu telle la brume matinale.

« Princesse !? Les deux gardes de la porte ont été facilement vaincues par l’ennemi ! » Hatsune hurla un avertissement, mais il y avait aussi d’autres choses qui se battaient contre les Légionnaires britanniques.

Ceux-ci n’étaient pas des Chevaliers ou des Légionnaires, mais les soldats du fort tutélaire de Suruga.

Tout en conduisant un certain nombre de véhicules légèrement blindés, ils avaient approché les deux Croisés. L’un des soldats avait ouvert la trappe supérieure et avait exposé la partie supérieure de son torse. Il portait un lance-roquettes antichar sur son épaule.

Cette arme permettait de propulser des grenades autopropulsées par fusée de 110 mm, spécialisées pour neutraliser l’armure lourde des tanks.

De plus, il y avait un petit camion militaire transportant une petite plate-forme de lancement de missile sol-air.

Ainsi, en utilisant les armes des forces conventionnelles, ils avaient tenté de s’opposer aux Légionnaires.

Une dizaine de grenades et de missiles furent envoyés successivement sur les Croisés envahisseurs.

Chaque projectile avait bel et bien impacté leur cible. Des explosions et des ondes de choc avaient produit un semblant de tempête qui faisait rage tout autour des deux Légionnaires britanniques. Malheureusement, leur armure blanche n’avait subi aucun dommage.

Alors qu’elle était témoin de cette scène, Shiori poussa un profond soupir. « Les attaques sans puissance mystique ont 90 % de chances de n’avoir aucun effet. C’est une propriété partagée par tous les types de Légionnaires. Sans un coup de chance massif, il est impossible de les vaincre en utilisant des armes conventionnelles... »

Après cela, le bruit des hélices put être entendu sur les lieux.

Deux hélicoptères de combat volaient autour des Croisés alors qu’ils effectuaient une attaque en tenaille.

Des lanceurs de missiles antichars étaient suspendus sous les hélicoptères, et bien sûr, les pilotes les avaient actionnés, mais cela s’était révélé tout à fait inutile.

Les deux Croisés avaient riposté sans discernement en une impitoyable punition envers ces choses gênantes qui leur tournaient autour.

Des véhicules blindés, des camions et des hélicoptères avaient tous été abattus et avaient explosé en lumineuses gerbes de débris. Rien ne pouvait être fait face à ça. Même une division lourdement blindée et possédant une puissance de feu supérieure ne serait pas capable de gérer un seul Légionnaire...

« Bonté divine ! » Hatsune haleta face à ce spectacle.

Heureusement, ces courageux soldats ne s’étaient pas sacrifiés en vain. Pendant qu’ils retenaient l’attention des Croisés, quatre autres Kamuys arrivèrent du ciel.

Ayant senti plus tôt les ondes noétiques de Shiori, les Kamuys s’étaient précipités afin d’aider à la défense du fort tutélaire.

Les Samouraïs bleus et les deux Croisés n’étaient pas distants de plus de dix mètres. Il s’agissait d’une distance où la partie baïonnette de leurs armes jouerait leur rôle, alors qu’ils engageaient dans un combat rapproché.

... Cependant, les deux Croisés étaient plus agiles que les quatre Kamuys dans leur état apathique.

Chaque fois que les Croisés frappaient avec leurs fusils, les lames acérées installées à leur bout déchiraient l’armure bleue des Kamuys et leur uniforme, projetant du sang bleu en de longues éclaboussures.

En effet, le sang circulant dans les veines des Légionnaires était bleu. Plus précisément, il devrait être appelé fluide ectoplasmique.

Ce liquide bleu était la source de toutes sortes de pouvoirs mystiques, pour des choses aussi petites que des automates possédés par des esprits ou des entités aussi grandes que des Légionnaires ou des sanctuaires de l’eau. Tel était le but du liquide ectoplasmique.

« Princesse, Onii-sama ! Regardez par là-bas ! » Hatsune pointa du doigt l’un des Croisés alors qu’elle cria.

Le soldat géant ailé de blanc tenait un Kamuy par le cou avec sa main droite. Le Kamuy avait été soulevé et jeté au loin par le Croisé.

Le corps géant épuisé du Kamuy avait volé dans les airs sous les rayons du soleil couchant.

Suivant une trajectoire parabolique, le corps de huit mètres était sur le point de tomber sur le groupe de Masatsugu...

« Dépêchez-vous et courez ! Tout de suite ! » Shiori avait rapidement donné des ordres. Hatsune et Masatsugu avaient rapidement réagi face à cela.

Hatsune se précipita aussi rapidement qu’une gazelle et fut la première à s’échapper du site de l’écrasement probable du Légionnaire. Bien sûr, Masatsugu ne s’était pas laissé distancer d’une grande distance.

En tant que jeune camarade du clan Tachibana, Masatsugu était sur le point de démontrer son accélération explosive quand...

« Kyah...! » De façon inattendue, la fille à côté de lui était tombée tout en lâchant un cri. Le sol était clairement plat sans obstacle à proximité, mais la fille trébucha en courant, tombant à plat sur la pelouse.

Masatsugu s’arrêta juste au moment où il allait commencer à sprinter.

Il avait interrompu de force son élan. Le gigantesque Kamuy était sur le point de toucher le sol dans moins de cinq secondes.

Il n’avait pas eu assez de temps pour ramasser la fille tombée et s’enfuir à toute vitesse.

« ... ! »

Ayant été nommé garde du corps de la jeune fille, Masatsugu se sentait enclin à la sauver. Mais, même s’il n’avait pas été son garde du corps, il n’aurait pas pu laisser seul une fille faisant face à une mort imminente.

Basé sur ces pensées, son corps avait exécuté une certaine action, mais tout cela n’était certainement pas par pure imprudence.

Il croyait avec certitude qu’il pouvait sauver la fille de cette façon et qu’il survivrait lui-même par la même occasion.

« Masatsugu-sama !? » cria Shiori.

Masatsugu se jeta sur une Shiori abasourdie afin de la protéger avec son propre corps.

Il se positionna sur ses bras et ses jambes comme s’il faisait des pompes afin d’éviter d’écraser la princesse avec le poids de son propre corps. Ainsi, Shiori était positionnée dans le faible espace entre Masatsugu et le sol.

Immédiatement après ça, un fort impact avait frappé avec violence le dos de Masatsugu.

« Guhhhhhhhhhhh ! » gémit Masatsugu.

Le Kamuy pesait plusieurs centaines de tonnes.

Masatsugu serra les dents, endurant l’impact et le poids du Légionnaire écrasé. Il avait tenu le coup, dans la douleur, affichant une scène terrible... puis, une minute ou deux passèrent... et sa posture qui faisait penser qu’il effectuait des pompes n’avait pas vacillé et était restée solide.

Ce qui pesait sur le dos de Masatsugu était la poitrine du géant. Le Kamuy écrasé était couché face contre terre.

« Masatsugu-sama, Masatsugu-sama !? »

En entendant la princesse crier alors qu’elle était remplie d’anxiété sous lui, Masatsugu poussa un soupir de soulagement.

Le fait que Shiori puisse encore parler signifiait qu’elle était indemne. Il remarqua que le visage surpris, mais également magnifique de Shiori Fujinomiya était juste devant ses yeux, extrêmement proche de lui. Maintenant qu’il y pensait, cette posture était comme s’il immobilisait la princesse avant d’en faire son affaire.

Naturellement, ils ne s’embrassaient nullement. Il n’expérimentait pas non plus l’aimable douceur d’une femme. Néanmoins, parce qu’ils étaient à proximité, Masatsugu avait remarqué quelque chose.

En dépit de la silhouette mince de la princesse, elle était assez mature et sexy en tant que femme.

Les courbes de son buste et de ses hanches étaient assez voluptueuses. Si elle et Hatsune étaient côte à côte dans leur maillot de bain, ce serait certainement une compétition serrée.

« Masatsugu-sama... Masatsugu-sama ! E-Êtes-vous indemne !? » demanda la princesse.

« Je vais bien. En passant, Votre Altesse, puis-je vous poser une question ? » demanda Masatsugu.

« V-Veuillez procéder, » répondit Shiori.

« Vous avez trébuché juste au moment où nous avons commencé à courir... Ne seriez-vous pas vraiment très mauvaise en sport ? » demanda Masatsugu.

« I-Il s’agit là de l’un de mes secrets et un particulièrement important de mon point de vue. Je ne peux pas facilement en parler ! » répondit-elle.

« Puisque cela affecte mon travail de garde du corps, je dois m’en assurer. Cependant..., » déclara Masatsugu.

Écrasé sous le corps massif d’un Légionnaire, Masatsugu était allongé sur la princesse impériale. Il y a une heure, jamais dans ses rêves les plus fous, il ne s’attendait pas à ce que cela se produise. Cependant, Masatsugu était calme à un degré vraiment inimaginable, presque inhumain.

En effet, cette situation triviale n’était pas une crise pour lui.

« Il n’est pas nécessaire de répondre à ma question. Je comprends déjà parfaitement votre réponse de tout à l’heure, » déclara Masatsugu.

« Quoi !? Oh, au fait, Masatsugu-sama, cette force qui est la vôtre..., » commença-t-elle.

Masatsugu n’avait pas attendu que la princesse finisse de parler.

Rassemblant toutes ses forces, il se redressa lentement. « Gu... uhh... G—uhhhhhhhhhh! »

Alors qu’il utilisa son dos, Masatsugu souleva lentement les centaines de tonnes du Kamuy et essaya de se lever du sol.

Il avait finalement réussi à obtenir une posture demi-accroupie. Actuellement, Masatsugu agissait comme un cric industriel humain, soulevant le poids de plusieurs centaines de tonnes que représentait la poitrine d’un Kamuy d’une hauteur de quatre-vingts ou quatre-vingt-dix centimètres.

Ensuite, il avait achevé son action en une seule fois.

« Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! » Accompagné d’un violent cri, Masatsugu redressa sa posture, se levant en une imposante posture.

Finalement, il avait poussé le Kamuy de sa tête comme s’il avait renversé une crêpe sur une plaque chauffante. Cette force monstrueuse était vraiment ridicule.

Tout en faisant un demi-cercle, le géant bleu était à nouveau tombé sur le sol.

 

Auparavant, le Kamuy était couché face contre terre, mais cette fois, son dos avait heurté le sol, produisant un lourd bruit d’impact dans les lieux.

Debout à côté du Kamuy, Masatsugu détend ses épaules avec désinvolture.

Il saignait depuis quelque part sur le dessus de sa tête et le sang coulait le long de son front. Masatsugu s’était senti profondément impressionné en voyant qu’il avait seulement souffert de si peu de blessures. Un humain ordinaire ne pourrait pas être aussi fort et robuste.

Grâce à ce pouvoir, il avait pu protéger la princesse. Allongée sur le sol, la princesse le regardait fixement.

Sur le côté, Hatsune était gelée sur place. Elle avait demandé à Masatsugu avec étonnement, « Onii-sama... D-Dieu merci, vous allez bien... Non, attends, mais qu’est-ce que tu as bien pu faire là !? »

Tournant le dos aux deux filles, Masatsugu s’avança de sa cible. Une discussion détaillée devrait attendre que les choses soient réglées.

Il s’était lentement approché des deux Croisés. Parmi les Kamuys qui se battaient, il n’en restait qu’un seul tandis que les autres étaient tous allongés sur le sol en tant que cadavres. (Petite note, le seul survivant était le Kamuy qui était couché sur Masatsugu et Shiori tout à l’heure.)

Les Croisés blancs de la Grande-Bretagne n’avaient plus d’adversaires à se battre depuis un certain temps déjà.

Cependant, ils avaient simultanément arrêté leurs mouvements.

Alors qu’il regardait le minuscule mortel se trouvant devant eux, ils avaient agi comme s’ils avaient rencontré un ennemi terrifiant.

Les Croisés avaient levé leurs fusils et avaient visé Masatsugu.

Masatsugu lui-même marchait tranquillement vers les Croisés et avait simplement donné un simple ordre. Alors qu’il agissait comme s’ils n’étaient que de minuscules et inoffensifs insectes pour lui, il avait décidé qu’il n’avait pas besoin de se salir les mains.

« Termine-les, » ordonna-t-il.

Le Kamuy étendu sur le sol derrière Masatsugu avait réagi alors qu’avant ça, il avait presque écrasé à mort la princesse et Masatsugu. Ses yeux étaient désormais illuminés, et les mouvements de tout le corps du samouraï effectuaient désormais des mouvements d’une extrême fluidité et rapidité.

La méthode que le Kamuy avait utilisée afin de se lever rappelait la vitesse et l’agilité d’une bête sauvage.

Le Kamuy avait ensuite survolé la tête de Masatsugu, chargeant les deux Croisés comme un léopard.

Poussant devant lui son fusil à baïonnette à la vitesse de l’éclair, le Kamuy avait percé la poitrine d’un Légionnaire britannique avec sa lame. Cependant, l’attaque massive était loin d’être terminée.

Le Kamuy trancha vers le haut afin de retirer le fusil à baïonnette hors du corps de son adversaire, cette entaille avait sectionné l’artère carotide du Croisé. Il en fit de même avec le deuxième.

La bataille était ainsi terminée. L’offensive rapide du Kamuy avait frappé les organes vitaux avec précision, abattant facilement les deux Croisés.

« Rouge-violet... ? » marmonna Masatsugu pour lui-même.

Le Kamuy suivant ses ordres avait tranquillement changé de couleur.

À l’origine bleue, son armure et son uniforme militaire avaient changé pour devenir « une nuance de pourpre mélangée à la couleur du sang ». Ni lisse, ni glamour, cependant, c’était une nuance assez frappante de rouge-violet.

... En ce moment, le fort bruit des pales d’hélices retentit dans l’air au-dessus du fort tutélaire.

Un hélicoptère militaire était arrivé de l’ouest, flanqué d’une dizaine de Kamuys bleus. Les renforts étaient enfin arrivés.

« Ça devrait être Rikka-sama de la Maison Akigase. Alors, laissez-lui le restant des troupes ennemies, » au moment où Masatsugu le remarqua, Shiori était venue à ses côtés et lui avait dit ça. « Masatsugu-sama... Avez-vous enfin effectué votre réveil ? Un legatus legionis ou également... Un Véritable Chevalier. »

La princesse avait prononcé des mots inconnus.

La princesse impériale japonaise regardait fixement le visage de Masatsugu.

***

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