Chronicle Legion – La Route de la Conquête – Tome 1 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Légions envahissantes (1)

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Chapitre 1 : Légions envahissantes (1)

Partie 1

Un étudiant mâle de deuxième année au lycée vivant dans la ville de Suruga dans la préfecture de Shizuoka dans la région de Tōkaidō.

Si l’on devait expliquer son identité, la phrase précédente serait suffisante afin de décrire Masatsugu Tachibana, qui n’était ni une célébrité ni un athlète d’élite de niveau national.

Pour le dire franchement, en mettant de côté certaines particularités, Masatsugu Tachibana n’était rien de plus qu’un lycéen tout à fait ordinaire.

Cependant, ce Masatsugu ordinaire avait toujours eu ses propres ambitions.

« En parlant de l’événement final qui aura lieu avant la fin du deuxième mandat, Taisei, sais-tu ce que c’est ? » demanda Masatsugu

« Bien sûr Masatsugu-kun, les examens finaux, » répondit Taisei.

« Faux ! Il s’agit du concours de beauté qui a lieu en décembre, un événement qui se déroule le dernier jour du festival de l’école, » déclara Masatsugu.

« ..., » l’ami de Masatsugu, Taisei Okonogi, avait réagi avec un silence en tant que consternation face à ces paroles.

Ils étaient tous deux actuellement dans la cafétéria du Lycée Privé Rinzai. Masatsugu buvait un berlingot de thé vert pendant que Taisei avait du café en cannette. La cafétéria était toujours bondée pendant l’heure du repas de midi, mais actuellement, elle était totalement inoccupée comme nous nous trouvions après l’école.

Soit dit en passant, Taisei avait des cheveux bruns teints, et un visage dont les traits pouvaient être considérés comme harmonieux et beaux.

Malheureusement, peut-être en raison de son excellent caractère et de son éducation, combiné avec un remarquable bon sens, il n’était pas une personne qui attirait particulièrement l’attention.

Et maintenant, comme toujours, Taisei parlait doucement. « Au fait, Masatsugu-kun, j’ai entendu dire que tu faisais partie du comité exécutif du festival de l’école. Est-ce vrai ? »

« Tout à fait. Je remplace Takeda qui a été transféré à la fin du premier mandat, » répondit Masatsugu.

Comparé à la posture et au ton doux de son ami, Masatsugu semblait en comparaison plutôt rigide.

De temps en temps, Masatsugu dégageait une impression semblable à ce qu’on s’attendrait à voir au contact d’un samouraï. C’était en fait assez approprié puisque dans le passé, la Famille Tachibana avait servi les Tokugawa en tant que jikisan hatamoto [1], des samouraïs au service direct du Shogunat.

Même si sa disposition n’était pas venue de sa lignée, si l’on devait classifier Masatsugu comme une analogie entre dur et mou, alors, il était clairement une personne agissant comme un ancien. Masatsugu parlait avec un ton solennel et sa posture était assez rigide et droite. Il n’avait jamais crié lorsqu’il y avait de l’agitation dans l’air, il avait très rarement raconté des blagues, et il avait rarement enfreint les règlements de l’école. Par conséquent, il n’avait pas beaucoup d’amis en classe.

En y incluant Taisei, il n’avait que trois ou quatre amis proches.

S’il devait se regarder dans un miroir à cet instant précis, alors il ressemblerait sûrement à un homme sombre avec un front légèrement plissé.

... Contre toute attente et en totale contradiction avec ses dispositions de personne rigide, Masatsugu avait à ce moment-là sorti de son sac d’école la liste des candidates au concours de beauté.

« Pour être honnête, quand j’ai commencé à siéger au comité de direction et que l’on m’a confié la responsabilité du concours de beauté, j’ai trouvé que c’était un problème et j’ai pensé que je n’y étais pas adapté, » déclara Masatsugu. « Cependant, après avoir regardé ces concurrentes qui s’étaient portées volontaires ou qui avaient été recommandées par des amis... » Masatsugu feuilletait son dossier alors qu’il déclarait la fin.

Environ, une vingtaine de filles envisageaient d’y participer. Chaque profil incluait le nom de la fille, une photo de son visage, ainsi qu’une présentation qu’elle avait elle-même réalisée et pour finir, une photo alors qu’elle portait un maillot de bain. Il y avait beaucoup de jolies filles parmi les candidates en lice pour devenir Miss Lycée Rinzai.

Tout en révélant un sourire nihiliste empli d’indifférence, Masatsugu était l’image parfaite d’un samouraï meurtrier et maléfique.

« J’ai ainsi découvert que ce n’est finalement pas si mal..., » continua Masatsugu. « Non, je devrais plutôt dire que j’apprécie ce poste. Je ne m’étais pas rendu compte qu’au cours de ses deux dernières années que je pourrais être un gars qui aime un petit peu les filles. »

« Je pense que oui. Je ne l’avais jamais remarqué auparavant, » déclara Taisei.

« J’aimerais animer ce concours de beauté, mais malheureusement, il n’y en a pas d’assez bonne pour ne pas avoir une candidate qui deviendra à coup sûr la reine. Matsuki-san, une course pour son argent..., » déclara Masatsugu.

« Oh ! Parles-tu de la fille qui s’est fait repérer par les agences de talents ? » demanda Taisei.

« Je veux trouver un ou deux autres prétendants à la première place afin qu’elles s’opposent à elle, » répondit Masatsugu.

« Hé, Masatsugu-kun, si tu parles de quelque chose comme ça avec un visage aussi austère, pourrais-tu au moins parler d’un sujet lié à l’avenir de la nation ? » Voyant Masatsugu avec les bras croisés et une expression solennelle, son ami n’avait pas pu s’empêcher de se moquer de lui. « Comme la hausse de diverses taxes pour l’année prochaine ou les sommes importantes que le Japon verse à Rome à des fins non divulguées. »

Le père de Taisei Okonogi travaillait dans la branche de Shizuoka de l’agence de presse Tōkaidō. Peut-être en raison de son environnement familial, Taisei parlait souvent des problèmes sociaux lors de ses discussions bien qu’il ne soit qu’un adolescent. C’était probablement également la raison pour laquelle il s’entendait très bien avec le « trop sérieux » Masatsugu.

En passant, nous étions aujourd’hui le 1er octobre et donc, il restait encore un peu de temps avant le concours de beauté qui se déroulait en décembre.

« Au fait, Masatsugu-kun, retournes-tu maintenant au dortoir ? » demanda Taisei.

« Non. J’ai prévu d’aller dans ma maison afin d’y faire du ménage, » répondit Masatsugu.

« Je suppose qu’il est très facile pour le désordre et la poussière de s’accumuler dans une maison quand personne n’y vit, » déclara Taisei. « Si tu es d’accord avec ça, j’aimerais venir avec toi et t’aider. Comme aujourd’hui il n’y a pas de travail étudiant, j’ai beaucoup de temps libre. »

« Je suis très content que tu m’offres de m’aider. Merci beaucoup, » répondit Masatsugu.

Taisei occupait le poste de Vice-Président du Conseil des Étudiants.

Ces manières d’agir étaient fondamentalement les mêmes quand il était avec des amis proches. Après que Masatsugu eut baissé la tête en signe de gratitude, ils avaient tous deux quitté la cafétéria.

Le Lycée Rinzai était situé dans la banlieue est de la ville de Suruga, près des montagnes, et assez loin du centre-ville.

En passant, comme leur école était connue comme étant un endroit où de prestigieuses familles la fréquentaient, il y avait beaucoup d’étudiants qui venaient s’inscrire depuis très loin.

La plupart de ces étudiants vivaient dans les dortoirs et Masatsugu était l’un d’entre eux. La maison de ses parents était située dans la ville de Suruga, tout comme l’école, mais il n’avait désormais plus de famille. Ses parents et grands-parents étaient tous décédés et il n’avait ni frère ni sœur.

Grâce à l’héritage et à la rente d’orphelin laissés par son père-soldat, Masatsugu pouvait vivre sans avoir de soucis financiers.

Il aurait pu vivre seul dans sa maison, mais il avait choisi par commodité de vivre dans le dortoir qui comprenait une aide ménagère.

« Pour une fois, je m’éloigne de l’école et j’ai enfin le sentiment de visiter la ville, » déclara Masatsugu.

« Comme l’école est si proche de la montagne, il y a très peu de résidences se trouvant à proximité, » répondit Taisei.

La ville de Suruga était située sur une plaine littorale face à la baie de Suruga.

Sur cette région littorale se trouvait une ville régionale vraiment très calme. Mais en cours de route, il y avait deux petites montagnes qui s’érigeaient dans la région avec une série légèrement abrupte de monts et le tout se tenait à une altitude d’environ trois cents mètres. Il s’agissait du Mont Udo et du Mont Kunou — qui formait une zone montagneuse emplie de verdure.

L’école de Masatsugu et Taisei était située sur le côté ouest du Mont Kunou.

Tous deux avaient ainsi pris un bus en direction du centre-ville.

Cet itinéraire conduisait au quartier commercial présent en face de la Gare de Suruga. Sur le chemin, un camion militaire passa devant eux. Il voyageait dans la direction de l’école, et il se rendait probablement à l’installation militaire connue sous le nom de base tutélaire.

« Tokugawa Ieyasu [2] a dit que “le château de Kunou est la citadelle intérieure du château de Sunpu”. Savais-tu ça ? » demanda Masatsugu.

« Le château de Kunou... Es-tu en train de parler du fort qui se dressait sur le Mont Kunou ? » demanda Taisei.

« Tout à fait, » répondit Masatsugu. « Il s’agit maintenant d’un ensemble de ruines là où se dressait le château et il n’y a presque plus rien debout. Mais ce qui a pris sa place est la base tutélaire — ce qui est quelque chose tel un château — et elle a été construite à proximité. Donc, cela signifie que le Seigneur Ieyasu avait raison en disant ça. »

Après que Tokugawa Ieyasu eut quitté sa position de premier shogun du bakufu d’Edo, il était retourné dans sa ville natale de Suruga et avait construit le château de Sunpu comme résidence pour pouvoir y vivre en paix lors de sa retraite.

La ville de Suruga était une terre avec des liens intimes avec le « Seigneur Divin » Tokugawa Ieyasu.

Pendant qu’ils bavardaient, le bus les avait emmenés à travers la ville de Suruga. Il y avait beaucoup de bâtiments commerciaux et de bureaux près de la gare, mais c’était beaucoup moins animé qu’à Tokyo. Après tout, il s’agissait d’une ville régionale idyllique. Masatsugu et Taisei n’étaient pas descendus même quand le bus s’était approché de la gare.

Après ça, le bus avait continué pendant une dizaine de minutes avant que finalement, ils débarquent à un arrêt près de la rivière Abe.

Après avoir traversé un quartier résidentiel pendant environ cinq minutes, ils arrivèrent à la maison de Masatsugu Tachibana.

Il s’agissait d’une maison à un étage construite dans le style japonais. L’habitation principale avait un salon et au moins cinq chambres spacieuses de style japonais. En outre, il y avait un passage en terre battue. Et à l’entrée, il y avait une magnifique porte avec un toit de chaume.

Cet endroit était bien trop grand pour qu’un lycéen seul puisse le nettoyer.

Après avoir ouvert l’ancienne porte en bois, Masatsugu regarda la zone proche de la porte d’entrée. Il fronça les sourcils devant ce qu’il venait de constater.

« ... Hmm !? » s’exclama-t-il.

Il avait remarqué que la porte d’entrée était ouverte.

Il était sûr d’avoir correctement fermé la porte quand il était venu le mois dernier afin de nettoyer les lieux.

« Un cambrioleur a-t-il laissé la porte ouverte ? » demanda Taisei.

« Je vais aller jeter un coup d’œil dedans. Donc, attends-moi dehors, » répondit Masatsugu.

Après avoir un peu poussé un Taisei surpris afin qu’il sorte, Masatsugu entra par le passage.

En supposant qu’un intrus ait laissé la porte ouverte, un cambriolage aurait très probablement eu lieu. Masatsugu ne voulait pas exposer son ami au danger. Et ainsi, Taisei acquiesça immédiatement et resta seul devant la porte.

L’ami de Masatsugu, bien conscient de ses compétences particulières, n’avait pas du tout insisté.

Il serait plus efficace de laisser ça à Masatsugu plutôt que d’appeler la police.

« ... Des bottes ? » Dès qu’il eut franchi l’entrée, Masatsugu marmonna pour lui-même.

Il disait ça, car il y avait une paire de bottes pour femmes qui avait été soigneusement placée là. Il s’agissait de bottes à mi-cheville et sans talon apparent.

Ce n’était pas la seule chose suspecte. Masatsugu ne passait ici qu’une fois par mois afin de nettoyer cette maison. Cependant, le couloir était actuellement étincelant, et il était évident d’un simple coup d’œil qu’il avait été soigneusement essuyé avec un chiffon humide.

En outre, on pouvait sentir le parfum de l’encens à l’intérieur de la maison...

Masatsugu avait alors enlevé ses chaussures avant d’aller dans la salle contenant l’autel bouddhiste d’où le parfum provenait. En y regardant de plus près, il y trouva une fille agenouillée devant l’autel avec ses paumes tendues ensemble dans une position de prière.

Elle était habillée comme une étudiante de style japonais en portant un hakama [3]. Ce genre d’apparence était censé être banal dans la capitale, mais moins ici.

Les magnifiques cheveux noirs de la fille étaient attachés par un ruban écarlate. Elle regardait les portraits des défunts parents de Masatsugu... à savoir sa mère décédée pendant son enfance et son père tombé au champ d’honneur il y a trois ans.

La fille avait environ quinze ou seize ans. Bien que certains traits enfantins lui soient restés, son visage était très beau et adorable.

Avant que Masatsugu puisse parler, l’étudiante se retourna, sentant sans doute l’arrivée de Masatsugu.

« Bienvenue à la maison, Onii-sama. Ceci fait si longtemps depuis notre dernière rencontre. Douze ans, je crois ? » déclara-t-elle d’une voix cristalline tout en lui souriant tendrement.

Cependant, Masatsugu ne l’avait nullement reconnue. D’ailleurs... après y avoir réfléchi, il hocha la tête avant de déclarer, « Je comprends mieux maintenant. J’ai une petite sœur perdue depuis si longtemps, c’est ça ? »

« Non ! Tu as tords, » déclara-t-elle.

« Alors qui êtes-vous ? » demanda-t-il.

Après avoir calmement rejeté les spéculations de Masatsugu, elle affirma ça. « La relation de Hatsune avec Onii-sama... Je me demande quelle est la meilleure façon de la décrire. »

« Étiez-vous une amie d’enfance qui vivait près de chez moi, alors vous m’appelez votre grand frère pour refléter la différence d’âge ? » demanda-t-il.

« Encore faux. Les amis d’enfance ou les parents proches auraient été plus faciles, mais la vérité s’avère être plus subtile que ça. Et c’est ce qui rend difficile pour moi de l’expliquer, » répondit-elle. « Laisse-moi voir, notre relation est légèrement plus éloignée que celle de cousins. »

« Ça veut dire des cousins germains ou une sorte de parent éloigné, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui, c’est à peu près ça. Je suis sûre que tu pourrais trouver un lien si tu parcourais attentivement nos arbres généalogiques, mais cela prend trop de temps pour le faire, alors, je vais directement t’appeler “Onii-sama”, » déclara-t-elle.

« Décidément, s’adresser à vous en tant que “probablement un parent éloigné” serait certainement un problème, » répondit-il.

« Tu comprends, n’est-ce pas ? Voilà pourquoi nous avions décidé ça il y a longtemps, Fufufufu, » déclara-t-elle avant de se mettre à rire.

Masatsugu conversait avec l’intruse dans la salle de l’autel bouddhiste dont le sol était recouvert de tatami.

La jeune fille souriante avait maintenu sa position formelle assise, donc en seiza [4], alors Masatsugu s’était également assis devant elle de la même manière. Cette fille était apparemment une parente avec un prénom de Hatsune, mais Masatsugu n’avait aucun souvenir de tout cela, alors il continua son enquête.

« Quel est votre nom ? Je veux connaître votre nom complet, » déclara-t-il.

« Oh, tu es si affreux, Onii-sama ! M’as-tu oubliée ? Je ne peux pas croire que tu aies oublié ta Hatsune Tachibana, qui est dans le même clan que toi. C’est tellement horrible de ta part, » répliqua Mlle Tachibana Hatsune qui commençait à faire la moue telle une enfant.

Masatsugu inclina la tête en signe d’excuses.

« Nous vivions très près les uns des autres à la maternelle et nous avons tout le temps joué ensemble, » continua-t-elle.

« Vraiment ? Alors, permettez-moi de vous poser une question, sœur — désolé, je veux dire Tachibana Hatsune-kun, » déclara Masatsugu.

« N’hésite pas à m’appeler comme tu le préfères. Vas-y et utilise “petite sœur” afin de me nommer. Ceci ne me dérange nullement et tu peux également me parler d’une manière plus familière, » dit-elle.

« Dans ce cas, d’accord, allons avec Hatsune. Y a-t-il une autre relation spéciale entre nous ? Comme une vieille promesse de mariage ou de vagues sentiments d’amour que nous aurions eu l’un pour l’autre, » demanda-t-il.

« Des sentiments d’amour ? » demanda Hatsune.

« C’est bien ça. En fait, ces derniers temps je me posais souvent la question. Comme si une fille allait soudainement tomber du ciel et se confesser à moi ou qu’une fiancée en provenance de l’enfance pourrait soudainement apparaître pile en face de moi, » dit-il.

Hatsune avait frappé ensemble ses mains devant elle avant de répondre. « J’ai également lu des histoires de ce type comme dans “le Bric à Brac Hebdomadaire du Shounen” ou “Shoujo Margarita”. »

« Tu peux trouver des choses similaires dans de nombreux romans et des jeux de simulation d’amour destinés aux adolescents, » répondit-il.

« Est-ce le genre que tu aimes, Onii-sama ? » demanda Hatsune.

« Il y a quelque temps, j’ai regardé brièvement ce genre de choses quand un ami me les a recommandés, » répondit-il. « Grâce à ces histoires, il y a des nuits où je ressens douloureusement combien il est insupportable d’être un célibataire. »

« Je comprends mieux maintenant, pauvre petite chose ! » répondit-elle.

« Voilà pourquoi je voulais poser des questions sur notre passé commun, » dit-il.

« Oui, je comprends tout à fait. Il n’y a absolument rien de tel dans notre passé ! » déclara-t-elle.

« Ho, c’est vraiment une triste nouvelle que tu me dis là, » dit-il.

Alors que Hatsune le niait catégoriquement, Masatsugu restait totalement imperturbable.

« On ne peut pas y faire grand-chose, car le passé ne peut pas être changé. Oh ! Mais je m’en souviens maintenant. Je pense que tu as proposé de m’épouser quand nous étions jeunes, » déclara Hatsune.

« Dans ce cas, pourquoi tout à l’heure m’as-tu dit “absolument rien de tel” ? » demanda Masatsugu.

« Désolée, mais je suis parfois si tête en l’air, » dit-elle.

« Je vois. Ceci semble bien être le cas, » dit-il.

« Mais il y a plus que ça, » dit-elle. « Et voici comment j’avais répondu à l’époque. “Je le considérerai sérieusement si dans le futur, tu grandis pour devenir aussi fort qu’un lutteur de sumo étant au rang de yokozuna [5]”. »

« Mais pourquoi un lutteur de sumo de rang yokozuna ? » demanda-t-il.

« Car ceux que j’avais l’habitude d’aimer étaient des hommes puissants comme des yokozunas, des champions de luttes ou des maîtres lethwei [6]. En vérité, tu sais, même maintenant, ils sont toujours mon type d’homme ! » répondit-elle.

« Je sens une sorte d’obsession d’initié dans ton dernier exemple..., » déclara-t-il.

Le Myanmar en Asie du Sud-Est faisait actuellement partie de l’Empire Romain d’Orient. Masatsugu était très impressionné que Hatsune amène en ce lieu un art martial légendaire.

Il avait alors commencé à évaluer sa propre éligibilité.

Corpulence moyenne avec une taille de 1 mètre 75. Il possédait une corpulence assez mince avec pratiquement aucune graisse.

Il était assez musclé, mais malgré ça, il n’était nullement un homme macho avec des muscles saillants.

« On dirait que ma formation visant à rechercher le futur bonheur a échoué, » déclara-t-il.

« Les premiers béguins de l’enfance ne portent jamais de fruits, Onii-sama, » répondit-elle.

« Au fait, Hatsune, pourquoi es-tu venue dans ma maison ? » demanda-t-il.

« Je suis venue ici afin de rendre hommage à mon défunt Oncle et à ma défunte Tante, » répondit-elle. « Ce n’est qu’une manière de dire bonjour tout en visitant ma ville natale, mais je m’excuse d’être venue ici sans demander la permission. »

« Si ma mémoire est bonne, j’avais fermé la porte, » dit-il.

« Ne t’inquiète pas pour ça, je suis très débrouillarde. Ce genre de serrure ne me prend pas plus de soixante secondes pour ouvrir, » Hatsune bomba fièrement sa poitrine tout en disant ça. Malgré son visage enfantin, elle était extrêmement voluptueuse. Puis elle avait attrapé son sac posé sur le tatami.

Ses doigts pâles et élancés avaient alors sorti une épingle à cheveux qui avait été délibérément déformée pour prendre la forme d’une aiguille.

« Ce qui signifie que tu as utilisé cette chose pour forcer la serrure de la porte d’entrée..., » dit-il.

« Voilà comment j’ai ouvert la porte et je suis entré, » dit-elle.

« Ainsi, celle qui a nettoyé la maison est également..., » demanda-t-il.

« J’ai remarqué que la maison était un peu en désordre, alors j’ai décidé d’un peu aider en la nettoyant, » dit-elle.

« Je m’en doutais bien. Merci, » dit-il. « Mais sais-tu que tu es actuellement pris en flagrant délit de violation de propriété ? »

« Tu es si méchant, Onii-sama, » dit-elle. « Je suis quand même pour toi la même chose qu’une petite sœur. La violation de propriété ne s’applique pas à la famille ! »

« Je ne parierais pas sur ça. Il s’agit principalement au juge de décider, » dis-je.

« Hein !? Vraiment ? » demanda-t-elle.

La calme réfutation de Masatsugu avait surpris Hatsune.

« ... Excusez-moi, Masatsugu-kun et Tachibana-san. » Taisei les interrompit alors qu’il arrivait à la salle de l’autel bouddhiste avant d’y entrer.

Taisei devait être venu observer la situation après avoir entendu le son de leur conversation. Il avait alors dit avec tact, « Le couchée du soleil sera bientôt là surtout si votre acte de comédie continue sans qu’un homme droit arrive afin de freiner les choses qui sont en train de se dérouler. »

Dans tous les cas, il s’agissait de la rencontre entre Hatsune Tachibana et Masatsugu... Ou plutôt, leur réunion.

Notes

  • 1 Jikisan hatamoto : Un hatamoto (旗本) (« sous les drapeaux ») dans le Japon féodal, est un garde officiel d’un daimyō ou d’un shogun. Caractérisés par l’utilisation du nodachi, ils sont souvent utilisés comme une force d’élite et en renfort rapide au service direct du shogunat Tokugawa du Japon féodal. Le jikisan hatamoto sert uniquement le shogun et aucun autre seigneur.
  • 2 Tokugawa Ieyasu : Tokugawa Ieyasu (徳川家康, Tokugawa Ieyasu) (31 janvier 1543 - 1er juin 1616), est daimyo puis shogun du Japon. Il est le dernier des trois unificateurs du Japon de l’époque Sengoku, après Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi (aussi nommé Hashiba).
  • 3 Hakama : Le hakama () est un pantalon large plissé (sept plis, cinq devant et deux derrière), muni d’un dosseret rigide (koshi ita). Il était traditionnellement porté par les nobles du Japon médiéval, et notamment les samouraïs. Il prit sa forme actuelle durant la période Edo. Femmes comme hommes pouvaient porter le hakama.
  • 4 Seiza : Le seiza (正座, « s’asseoir correctement ») est le terme japonais pour la façon traditionnelle de s’asseoir au Japon.
  • 5 Yokozuna : Yokozuna (横綱?) est le rang (et non pas le niveau) le plus élevé que peut atteindre un lutteur-sumo. Une fois promu, le yokozuna ne peut plus perdre son titre, mais on attend de lui qu’il se retire s’il ne peut plus obtenir des résultats dignes de son rang.
  • 6 Lethwei : La boxe birmane se nomme bama lethwei ou Myanma yuya louvi (Myanmar traditional boxing en anglais).

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Partie 2

En ce début octobre, le Lycée Rinzai avait reçu une nouvelle étudiante transférée directement depuis la capitale Tokyo.

Elle était collet monté et adorable, tout en étant extravertie et animée. Elle était vertueuse quant à son comportement tout en étant innocente et pure. Telle était sa beauté incomparable que l’on pourrait appliquer à chaque procédé littéraire fleuri utilisé afin de la décrire... Mais plus simplement, il s’agissait d’une magnifique jeune fille pratiquement aimée par toutes les personnes présentes au sein de l’école.

La nouvelle déesse du campus avait pour nom de famille, Tachibana combiné avec le prénom de Hatsune.

Selon les témoignages, elle était une jeune fille de bonne famille issue du clan Tachibana, une prestigieuse famille de samouraïs assez réputée dans la ville de Suruga, et elle avait servi au palais impérial de Tokyo afin d’apprendre toutes sortes de règles d’étiquettes...

« Tout le monde parle de moi ainsi ! C’est assez troublant. Ces types de commentaires n’ont obtenu que six choses exactes sur sept  ! » déclara Hatsune.

« En d’autres termes, n’approchent-ils pas des quatre-vingt-cinq pour cent de précision ? Je pense que ton image de soi est surestimée, » déclara Masatsugu.

Malgré le fait qu’elle se sentait troublée, Hatsune semblait plutôt heureuse. Quand Masatsugu avait essayé d’avertir Hatsune depuis le côté, Taisei avait également hoché la tête avant de déclarer. « Si une fille correspondant à cette description existait réellement, elle serait devenue depuis longtemps une idole nationale. »

« Pfff ! Onii-sama et Taisei-san, vous êtes bien trop obsédé par les chiffres ! » Après avoir été tournée en dérision par Masatsugu et Taisei, Hatsune ronchonna tristement.

Alors qu’ils se trouvaient pendant leur pause déjeuner, tous trois étaient en train de prendre leur repas à la cafétéria. Le lendemain de sa visite de la maison de Masatsugu, Hatsune avait été transférée au Lycée Rinzai.

En tant que première année, Hatsune était une étudiante junior par rapport à Masatsugu qui était en deuxième année.

Tout en mangeant le plat du jour, un plat d’escalope de jambon, Taisei déclara cela. « Laissez-moi deviner. »

« Tout le monde réagit excessivement sur certains détails comme “une jeune fille bien élevée qui avait fréquenté le palais impérial” et ils ont projeté leurs fantasmes sur vous, ce qui entraîne l’illusion d’avoir devant nous une idole de l’école, » continua Taisei.

« T-Taisei-san, parfois vous parlez vraiment sans aucune délicatesse..., » déclara Hatsune.

« Ne laisse pas cela te déranger, Hatsune, » déclara Masatsugu. « Taisei ne veut rien dire de particulier là-dedans, il aime simplement analyser des choses comme ça. Finalement, tout ce qu’il a fait était de partager ses déductions. »

Après avoir offert des mots réconciliateurs qui n’avaient pas totalement réparé la situation, Masatsugu avait pris une boule de riz et en avait pris une bouchée.

Il avait acheté des boules de riz fourrées à la prune marinée dans un magasin de casse-croûte. Il s’agissait de l’intégralité de son déjeuner. Pour le dire franchement, il n’était nullement un petit mangeur, mais il avait une étrange habitude qui lui était venu naturellement qui faisait qu’il se sentait mal à l’aise à moins qu’il ne mange d’humbles repas qui ne le rendaient qu’au deux tiers pleins.

« Quand tu as mentionné des qualités telles que “collet monté”, “adorable” ou encore “extravertie et animée”, je croyais que cela correspondait à tes quatre-vingt-cinq pour cent de précision, » déclara Masatsugu.

« Vraiment !? Je suis si contente, Onii-sama ! » s’exclama Hatsune, tout enjouée.

« Mais en ce qui concerne le comportement vertueux ou le fait d’être l’idole de l’école, je dirais qu’on oublie ça..., » déclara Masatsugu.

« Haa ! T-Tu aurais dû garder ce commentaire pour toi, Onii-sama ! » s’exclama Hatsune.

Alternant entre la joie et le désespoir, Hatsune prenait un repas composé de thon cru posé sur un lit de riz à sushi, avec comme accompagnement une salade d’algues, du mini udon, ainsi qu’un bol rempli d’un ragoût de viande et de pommes de terre.

Il s’agissait là d’un très gros repas pour une fille. Naturellement, Hatsune n’avait nullement mangé sa nourriture comme l’aurait fait un garçon sans raffinement.

Elle savourait avec soin chaque plat qu’elle avait devant elle tout en affichant un sourire empli de joie.

Il était évident au premier coup d’œil qu’elle appréciait sincèrement son repas.

« Cependant, votre famille a un statut social extraordinaire puisque vous avez pu accéder au palais impérial, » déclara Taisei.

« C’est la première fois que j’entends parler de ça. Auparavant, je savais seulement que nos ancêtres étaient des samouraïs au service direct du shogunat, » répondit Masatsugu.

« Notre clan ne détient qu’un statut social vide sans aucune richesse, » déclara Hatsune. « Heureusement, nous sommes appréciés pour nos compétences et notre valeur, ce qui nous a permis d’avoir des relations avec la classe supérieure. »

Plus récemment, il n’y avait plus vraiment eu de célèbre exemple de samouraï au service de la haute société après Yamaoka Tetsushuu. Un maître-épéiste renommé et un calligraphe, il avait servi à l’époque du Bakumatsu [1] en tant que vassal du shogunat puis comme serviteur de la famille impériale après la Restauration Meiji. Le clan Tachibana devait également avoir eu des individus avec des exploits similaires.

« Mon père m’a conseillé d’être une bonne apprentie dame d’honneur, d’apprendre l’étiquette et de bien m’entendre avec la haute société, puis de prendre un emploi à temps partiel après l’école, » déclara Hatsune.

En fait, au cours des repas, la manière de manipuler les baguettes d’Hatsune était vraiment très coquette.

Sa posture était très droite alors qu’elle était assise sur une chaise de la cafétéria. Même si elle était une fille très amicale et abordable, son comportement et son élégance laissaient présager une excellente éducation.

« Alors comme prévu, Hatsune-san, cette rumeur est-elle liée à la façon dont vous avez reçu un traitement spécial ? » demanda Taisei

« Traitement spécial ? Que veux-tu dire par là ? » demanda Masatsugu par curiosité, incitant Taisei a donné immédiatement une explication.

« Euh, je parle essentiellement de l’uniforme de Hatsune-san, » répondit Taisei.

« Est-il interdit ? Ce style d’uniforme féminin plus ancien est approuvé dans toutes les écoles de Tokyo. Il n’y a rien dans les règles de l’école qui l’interdisent vraiment, » demanda Hatsune.

Comme la première fois, Hatsune était vêtue dans un style rétro comme dans le manga Haikara-san [2].

Cette combinaison d’un kimono Meisen [3] avec un hakama était l’apparence classique d’une étudiante avant la Deuxième Guerre Mondiale.

« Récemment, il y a une vague de mode rétro là-bas et j’ai vraiment adoré ce style après l’avoir essayé, » déclara-t-elle.

« Malheureusement, cela compte comme un uniforme modifié qui n’est pas officiellement reconnu, » déclara Taisei. « Cependant, Hatsune-san, l’école a donné son consentement tacite puisque les membres du personnel ne vous ont pas réprimandée. »

Cinq jours s’étaient écoulés depuis le transfert de Hatsune, et donc l’excuse de ne pas en avoir été informé à propos de cet uniforme n’était plus justifiable.

Taisei avait alors continué à parler. « Durant cette période peu opportune d’octobre, la raison de votre déménagement ici depuis la Capitale ne serait-elle pas liée à “une certaine VIP” venant bientôt à Suruga ? »

Hatsune se mit alors à frissonner. Il semblerait que l’intuition de Taisei soit correcte, alors Masatsugu demanda cela à son ami. « De qui parles-tu ? »

« Selon les rumeurs, une princesse de la famille impériale — Shiori-sama, une fille de haute lignée de la Maison Fujinomiya — a récemment quitté la capitale pour venir à Suruga, la ville natale de son défunt père, » expliqua Taisei.

« Une princesse de la Maison Fujinomiya... ? » demanda Masatsugu, inclinant la tête en raison de l’étonnement qu’il avait face à ce nom inconnu. « C’est vrai qu’à part l’actuelle Impératrice — Sa Majesté Teruhime — je n’ai jamais entendu le nom de quelqu’un d’autre dans la famille impériale. »

« Les membres de la royauté dans certains pays participent à des événements publics ou diplomatiques, mais il semble que ce soit différent au Japon, » déclara Taisei.

En raison de certaines circonstances, Masatsugu avait quelques légers manques en ce qui concerne les connaissances communes. Bien conscient de tout cela, Taisei avait donc patiemment expliqué en détail la situation.

« Son nom et les informations la concernant n’ont été publiés que dans une certaine mesure, mais il n’y a pas de photos disponibles, » expliqua Taisei. « Les médias ont également l’interdiction de faire des reportages sur elle de la même manière qu’ils le font avec les célébrités, de sorte que la politique de confidentialité est maintenue très minutieusement. »

Avant la Seconde Guerre Mondiale, alors que le Japon était encore le « Grand Empire du Japon », même les familles ordinaires arboraient des portraits de la haute société, mais maintenant, la situation était complètement inversée. Après leur défaite lors de cette guerre, le Japon avait subi de monumentaux changements.

Le Japon original s’était alors transformé en un Japon Impérial, un pays qui adorait la Bête Sacrée, le Seigneur Tenryuu comme leur divinité protectrice.

De nos jours, il s’agissait de l’impératrice — la prêtresse dont le destin était étroitement lié au Seigneur Tenryuu — qui gouvernait la nation du Japon.

« Jusqu’à récemment, Shiori-sama étudiait à l’étranger à Rome, c’est probablement l’une des raisons, » continua Taisei. « En outre, ces soi-disant études à l’étranger sont en fait plus proche du fait d’être prise en otage. »

« Autrement dit, un outil utilisé pour les relations diplomatiques, » déclara Masatsugu.

« Peut-être qu’après avoir été fatiguée d’une telle vie imprégnée de politique, elle espère passer sa vie dans un endroit plus paisible... C’est ce que j’entends parfois, » déclara Taisei.

Le père de Taisei travaillait dans une agence de presse, donc en tant que son fils, Taisei travaillait à temps partiel chaque fois qu’il y avait une accalmie dans son travail dans le conseil étudiant. Il avait ainsi souvent récupéré des informations privilégiées à la maison ou au travail.

D’un autre côté, Hatsune toussa légèrement avant de dire.

« Hmm, en tout cas, la raison pour laquelle je suis revenue ici est top secret, » déclara Hatsune. « Onii-sama, pourrais-tu ne pas commencer à rependre d’étranges rumeurs, d’accord ? S’il te plaît. »

L’idole de l’école (provisoire) avait apparemment simplement averti Masatsugu avec une expression froide sans prendre la peine de nier quoi que ce soit.

***

Quelques jours plus tard, les rumeurs au sujet de Shiori Fujinomiya, la mystérieuse princesse, étaient devenues l’actuel principal sujet de discussion dans la ville. Tout comme Taisei, d’innombrables personnes discutaient sur différentes informations la concernant.

La princesse qui était revenue de la Rome Orientale était sur le point de revenir dans sa ville natale ancestrale qui se trouvait être la ville de Suruga...

Masatsugu avait également entendu beaucoup d’informations la concernant grâce aux filles de sa classe qui discutaient de l’histoire du « Retour de la Princesse ».

Cependant, personne n’avait la moindre information détaillée concernant le passé de Shiori.

Il y avait vraiment une pénurie d’informations publiées... Actuellement, les faits connus étaient qu’elle était une jeune princesse, qu’elle avait actuellement seize ans, et que sa mère était la plus jeune sœur de la deuxième impératrice.

« Hatsune, à quoi ressemble la princesse en tant que personne ? » demanda Masatsugu.

Après l’école, Masatsugu avait demandé ça à sa parente qui était avec lui sur le chemin du retour.

Masatsugu vivait dans un dortoir pour garçons se trouvant à pied à vingt minutes de l’école. Hatsune vivait également dans la même zone, mais quant à elle, il s’agissait d’un dortoir pour filles.

Son père, Genzou Tachibana, était toujours à Tokyo.

Son lieu de travail était la villa impériale de la Maison Fujinomiya — En d’autres termes, Hatsune était seule pour la tâche qui lui avait été attribuée.

« La princesse est très jolie et également intelligente... Attends ! Pourquoi demandes-tu cela, Onii-sama ? » demanda-t-elle. « Ce n’est pas comme si j’avais une possibilité d’être particulièrement proche des VIP comme elle. »

Après avoir remarqué que sa cousine lointaine avait fait un lapsus, Masatsugu la pressa de questions. « Taisei a spéculé que tu es revenue ici pour servir comme demoiselle d’honneur de la princesse afin que tu t’occupes de sa vie quotidienne, n’est-ce pas le cas ? »

« Là là là ! Je ne t’entends pas. Onii-sama ! Parlons plutôt d’autre chose ! » déclara Hatsune.

Comme prévu, la naïve Hatsune n’était pas très bonne quand il fallait cacher des choses. Elle avait changé de force le sujet.

« Le vieux magasin de bonbons est-il toujours là, je parle de celui que nous avions l’habitude de visiter tous les deux ? » demanda-t-elle, très gênée. « Veux-tu aller le voir maintenant avec moi ? »

« Un magasin de bonbons, hein..., » déclara Masatsugu.

« A-t-il fait faillite ? Ou ne peux-tu pas t’en souvenir ? » demanda Hatsune.

« En vérité, je n’ai aucun souvenir de tout ça, » déclara Masatsugu.

« Bon sang, Onii-sama. Donc tu as oublié beaucoup plus de choses que juste ce qui me concernait, » déclara Hatsune.

« Tu as raison. Permets-moi d’être honnête avec toi. Il y a deux ans, j’ai totalement perdu la mémoire, donc je ne me souviens de rien de ce qui s’est passé avec ce jour d’il y a deux ans, » avoua Masatsugu.

« Hein !? » s’exclama Hatsune, surprise face à cette révélation. La confession soudaine de Masatsugu fit sursauter Hatsune.

Il avait alors continué, imperturbable. « Les médecins ont dit que j’étais tombé dans les escaliers et que j’avais eu une importante commotion cérébrale ce qui a entraîné une amnésie totale. »

« Al-Alors, même à propos de tes parents..., » demanda Hatsune.

« Je les ai également oubliés, » répondit Masatsugu. « Heureusement, je sais quand même à quoi ils ressemblent grâce aux photos se trouvant dans la salle de l’autel bouddhiste. »

Après la perte de sa mémoire, des proches de Masatsugu se trouvant dans la région s’étaient occupés de lui.

Initialement, l’ignorant Masatsugu avait alors passé ses jours dans un état second. Ces proches lui avaient alors dit cela. « Masatsugu Tachibana est ce genre de personne » et ils lui avaient enseigné les compétences de base nécessaire à sa vie.

Et grâce aux soins attentionnés prodigués par ces proches, maintenant il était maintenant capable de gérer sa vie de lycéen.

L’amnésie ne le troublait pas particulièrement, mais il devrait au moins se souvenir de quelque chose au sujet de ses propres parents... Dès lors, cette pensée avait occupé plusieurs fois l’esprit de Masatsugu.

Hatsune fut stupéfaite pendant un moment, puis elle hocha lentement la tête avant de dire. « Je vois... Voilà pourquoi mon père me l’a dit de cette façon. »

« Qu’est-ce que ton père t’a dit ? » demanda Masatsugu.

« Il y a quelques jours, il m’a téléphoné et m’a dit qu’il viendrait bientôt à Suruga afin de pouvoir m’expliquer quelque chose d’important à propos de toi, Masatsugu-oniisama, » déclara-t-elle.

Le père de Hatsune travaillait en tant que majordome dans la Maison des Fujinomiya.

Quant à Masatsugu, il ne l’avait jamais rencontré. Pour être plus précis, Masatsugu ne l’avait pas rencontré depuis deux ans.

Peut-être que le père de Hatsune avait entendu parler de lui par l’intermédiaire d’autres membres de sa famille... Alors que Masatsugu était tombé dans une profonde réflexion...

Soudainement, Hatsune murmura. « P-Princesse !? Pourquoi êtes-vous ici à l’école ? »

Masatsugu avait alors suivi le regard de Hatsune. Ils étaient tous deux près des portes de l’école et une fille venait d’entrer dans l’enceinte de l’école depuis l’extérieur.

La jeune femme qui se trouvait devant lui n’était probablement pas une Japonaise native étant donné ses beaux yeux bleus et ses magnifiques cheveux de couleur platine. Elle était d’une beauté tout à fait frappante. Elle s’approcha d’eux en marchant avec grâce et avec fermeté.

« Hatsune, connais-tu cette fille ? » demanda Masatsugu.

« A-Arrête de parler si grossièrement ! Il s’agit de Shiori-sama, et en d’autres termes, la princesse que je sers. Nous devons l’accueillir avec soin ! » s’exclama Hatsune.

« Quoi !? » s’exclama Masatsugu.

La fille aux cheveux étincelants se mit alors à sourire chaleureusement face à un Masatsugu perplexe et à une Hatsune paniquée.

La noble princesse du Japon Impérial, Shiori Fujinomiya. Cependant, cette fille possédait des cheveux d’un blond platine qui n’appartenaient pas à ceux d’ascendance japonaise.

En outre, Masatsugu avait remarqué quelque chose d’étrange.

Pour une raison inconnue, la princesse était vêtue de l’uniforme féminin du Lycée Rinzai.

Hatsune se précipita vers le côté de la princesse avant que Masatsugu puisse trouver une réponse. La maîtresse et sa dame d’honneur personnelle se livrèrent alors à des murmures.

« Je suis désolée, Onii-sama. Mais quelque chose vient d’apparaître et je dois maintenant partir ! »

Hatsune fit un au revoir énergiquement à Masatsugu.

La beauté d’un blond platine à ses côtés acquiesça élégamment face à Masatsugu avant de partir. Naturellement, Hatsune la suivit.

Elles se dirigeaient toutes les deux vers le bâtiment principal du Lycée Rinzai.

Notes

  • 1 Bakumatsu : La fin du shogunat Tokugawa ou Bakumatsu (幕末) est la période de 1853 à 1868 durant laquelle le Japon mit fin à sa politique isolationniste, le sakoku, et modernisa le système féodal du shogunat pour donner naissance au gouvernement Meiji. Cette période marque ainsi la fin de l’époque d’Edo et précède l’ère Meiji.
  • 2 Fait référence à ce manga nommé Haikara-san ga Tooru.
  • 3 Kimono Meisen : Le tissu utilisé pour le Kimono Meisen a été produit à partir de 1868 et a été le premier kimono bon marché disponible dans les grands magasins au Japon au début du 20e siècle. Au début, il était produit à la main, mais il fut rapidement produit par un processus mécanisé.

***

Partie 3

Les nouvelles de l’arrivée de la princesse impériale se répandirent dans les rues de Suruga comme une traînée de poudre.

La personne présente dans les rumeurs faisait enfin une apparition. De plus, le but de sa visite n’était pas le tourisme.

« Peut-être pourrais-je être rappelée à la capitale un jour... Mais personnellement, je souhaite faire de cet endroit ma résidence à long terme, » avait-elle déclaré.

Elle avait déménagé ici pour s’installer au lieu d’un séjour de courte durée.

Ce fut la déclaration publique que la Princesse Shiori Fujinomiya avait effectuée lors d’un entretien avec la station de télévision locale.

Il était de coutume pour les membres de la famille impériale d’éviter de paraître en public afin d’éviter des risques inutiles. La seule exception étant l’Impératrice en exercice qui représentait la figure maternelle de la nation.

Mais cette fois, Shiori était apparue intentionnellement devant les médias.

Le jour même où elle était arrivée à Suruga, elle avait été présentée dans une émission de télévision locale qui n’avait pas été diffusée à l’échelle nationale, partageant ses vues avec un présentateur de nouvelles, une femme dans la trentaine.

Cet entretien en tête-à-tête avait eu lieu dans une chambre d’hôtel.

La présentatrice avait demandé pourquoi elle était venue à Suruga après avoir terminé sa période d’études dans l’Empire Romain d’Orient en tant qu’Étudiante Étrangère.

« J’ai été invité par Rome quand j’avais douze ans et j’ai appris beaucoup de choses là-bas... Cependant, on pourrait difficilement appeler ça une vie d’étudiante normale. Je souhaite m’inscrire au lycée quelque part de calme et paisible, comme un moyen d’acquérir des expériences sociales de toutes sortes. »

L’interview avait été diffusée vers 18 heures et avait rassemblé une part d’audience de plus de soixante pour cent dans la plus grande région de Suruga. Pendant le programme, l’animatrice de la station de télévision locale avait conduit nerveusement l’interview avec appréhension.

« Et l’endroit que vous avez choisi pour cela est..., » déclara l’animatrice radio.

« En effet, Suruga est la ville natale de mon défunt père, » déclara Shiori. « J’ai décidé de déménager à Suruga après mon retour au Japon parce que je voulais commencer une nouvelle vie ici. Peut-être que cela pourrait causer des ennuis aux résidents, auquel cas je demande à l’avance pardon à tout le monde. »

« Votre Altesse ! Cela vous dérangerait-il si je vous demandais de parler de vos cheveux... ? » demanda l’animatrice.

« En vérité, mes cheveux ne sont pas teints, » répondit la princesse.

La Princesse Shiori avait une tête avec de brillants cheveux blond-platine. Il y avait une beauté mystérieuse dans la couleur de ses cheveux. Ceci n’appartenait pas à quelqu’un ayant des origines purement japonaises.

« Comme la plupart des personnes le savent déjà..., » Shiori commença son explication. « La première Impératrice, Sa Majesté Himiko, a appelé l’esprit sacré du Seigneur Tenryuu afin qu’il la possède. Dans un état d’union divine, elle a donné naissance à des princesses jumelles, qui étaient respectivement la deuxième impératrice, Toyo-sama, et ma mère, Son Altesse Fujinomiya... »

Cette anecdote était identique à la naissance virginale du Messie, Jésus Christ, né de Marie.

Les prêtresses servant le Seigneur Tenryuu et toutes les autres Bêtes Sacrées produiraient une progéniture par parthénogenèse en utilisant l’Énergie Spirituelle de leur partenaire.

La princesse Shiori caressa doucement ses cheveux, révélant un sourire légèrement troublé.

« Les familles royales des différentes nations adorant les Bêtes Sacrées sont toutes nées de la même manière, » continua-t-elle son explication. « Une particularité de ces lignées est que seules les filles sont conçues. Il y a aussi un phénomène que personne ne comprend apparemment... De temps en temps, un enfant comme moi naît. »

« Puis-je vous demander de détailler un peu plus ce que vous voulez dire ? » demanda-t-elle.

« Mes cheveux sont d’une couleur identique à ceux de mon grand-père, n’est-ce pas ? » demanda la princesse.

Le Seigneur Tenryuu était un dragon de platine géant dont le corps entier brillait du même éclat que les cheveux de Shiori.

L’animatrice comprenait les implications et hocha la tête vigoureusement. « En d’autres termes, Shiori-sama, il y a une ressemblance particulièrement forte entre vous et votre grand-père... Serait-ce correct de le dire ainsi ? »

« Fufufufu, je suppose que ce serait une façon de le dire, » répondit la princesse.

L’interview était sur les ondes pendant environ une demi-heure.

Pendant ce temps, la princesse avait répondu avec aisance, exprimant ses opinions avec clarté. En outre, elle était restée tout le temps souriante et élégante, démontrant pleinement le caractère noble d’une princesse.

... La diffusion du programme avait causé un énorme effet.

*

À partir du lendemain, la popularité de la princesse Shiori Fujinomiya avait augmenté de façon spectaculaire parmi la population Suruga.

« Je suppose qu’elle ne l’a pas fait exprès, mais c’était vraiment très efficace, » déclara Masatsugu.

Le bon ami de Masatsugu, Taisei Okonogi, avait également été impressionné et avait dit. « La princesse a accepté une interview à la télévision, alors que les rumeurs à son sujet faisaient fureur. En utilisant ses propres mots, elle explique parfaitement sa raison d’être à Suruga. C’est déjà suffisant pour impressionner les autres avec une image de “jeune, mais fiable”. De plus, en tant que belle jeune femme blonde, elle a déjà un impact visuel massif. »

« C’est totalement vrai, » Masatsugu était d’accord.

En seulement quelques jours, Shiori Fujinomiya était passée de « une princesse inconnue » à « la princesse locale connue de tous les résidents de la ville de Suruga. »

« Si c’était intentionnel, elle serait une très bonne manipulatrice, » déclara Masatsugu.

« Hahahaha, j’en doute, » répondit Taisei. « Tout le monde sympathise avec la princesse qui a été envoyée à Rome en otage, alors ils la considèrent naturellement favorablement. Elle a déjà obtenu un soutien ferme des personnes âgées. La jeune génération aussi... »

Au moins au Lycée Rinzai où étudiait Masatsugu, Shiori avait obtenu une popularité écrasante.

La princesse avait déclaré explicitement qu’elle voulait s’inscrire dans un lycée de Suruga. Le Lycée Rinzai devait être là où elle serait transférée.

Le plus surprenant de tous, elle avait l’intention d’emménager dans les dortoirs des étudiants.

Le vendredi de l’arrivée imminente de la princesse Shiori, Masatsugu avait été recherché par sa cousine éloignée.

« Naturellement, nous ne pouvons pas permettre à la princesse de vivre dans un dortoir ordinaire, » déclara Hatsune.

Hatsune avait finalement admis à Masatsugu qu’elle était la « dame d’honneur personnelle de la princesse ».

En utilisant l’heure qu’il avait à attendre ce matin avant de se rendre à l’école, ils discutèrent devant le dortoir des étudiants.

« C’est pourquoi nous avons demandé à l’école de fournir un dortoir inutilisé, » déclara Hatsune. « À partir de ce soir, la princesse et moi resterons ici. »

« D’accord, c’est pourquoi il y avait des ouvriers qui ont aménagé cet endroit plus tôt..., » déclara Masatsugu.

Masatsugu et Hatsune se tenaient devant le « Dortoir du Lys Noir » qui était réservé exclusivement à la princesse.

Avec la diminution des pensionnaires, l’endroit n’avait pas été utilisé depuis les cinq dernières années. Grâce à un remodelage rapide, sa façade extérieure était devenue très à la mode.

De plus, c’était avant-hier quand la princesse s’était présentée avant Masatsugu.

Cette nuit-là, l’interview était apparue à la télévision. Le lendemain, Son Altesse Shiori avait visité la mairie afin de rencontrer le maire de Suruga.

Et aujourd’hui, c’était vendredi. Et la princesse commencerait à assister aux cours lundi prochain.

Masatsugu se sentait impressionné par le programme très efficace de la princesse.

Hatsune lui avait dit. « Au fait, Onii-sama, pourrais-tu aujourd’hui m’accompagner après l’école ? »

« Cela ne me dérange pas... Mais pour quelle occasion ? » demanda Masatsugu.

Après la fin des cours de cette journée, tout cela faisait partie du précieux temps de la fin de semaine, qui comprenait le temps après la fin des cours du vendredi ainsi que samedi et dimanche.

Quoi qu’il en soit, Masatsugu n’avait aucun engagement préalable qui l’obligerait à sortir, alors il accepta facilement la demande de Hatsune.

Cependant, Hatsune avait commencé à le surprendre avec ce qu’elle avait ensuite dit. « La princesse vous demande, Onii-sama. »

« Moi ? Demandez par la princesse ? » demanda Masatsugu.

Jamais, dans ses rêves les plus fous, il ne s’attendait à ce que Hatsune lui demande de répondre à l’appel de la princesse.

Quand Hatsune avait révélé l’emplacement de leur réunion, Masatsugu était devenu encore plus confus.

« Le fort tutélaire de Nihondaira... ? » s’exclama Masatsugu.

La confusion de Masatsugu était à son maximum. Il n’avait pas la moindre idée de la raison pourquoi on lui avait demandé d’aller dans ce genre d’endroit.

En allant vers l’est en voiture depuis le Lycée Rinzai, on atteindrait les hautes terres formées du Mont Udo et du Mont Kunou qui étaient tous deux adjacents. La région autour du pic du Mont Udo était connue sous le nom de « Nihondaira », le plus haut plateau de la région.

Un fort tutélaire y était situé... ainsi que la base militaire de Suruga.

De plus, ce n’était pas une base ordinaire. Elle servait de « châtelain » (le nom d’un poste chargé de la gestion d’un château et de son territoire au nom d’un daimyo dans le passé) en ayant un fort tutélaire qui était là pour la tâche effectuée par Les Chevaliers.

Un soi-disant Chevalier était une personne ayant la capacité spéciale d’invoquer de puissantes légions, des soldats géants ailés. Ils étaient aussi des commandants qui conduisaient leurs troupes à se battre sur les lignes de front.

Se battant pour le compte des militaires et de la nation, ils prenaient des risques et avaient des responsabilités incalculables.

Par conséquent, les Chevaliers étaient honorés avec toutes sortes de traitements privilégiés. Ils étaient des héros respectés dans l’armée et des officiers de haut rang au sommet de la chaîne de commandement. Ceux qui avaient atteint le grade de Chevalier recevraient des salaires généreux et seraient traités comme des nobles dans la société civile.

En effet, les forts tutélaires étaient les bastions d’où les Chevaliers et les Légions opéraient.

... Et ainsi commença le jour où la vie de Masatsugu Tachibana fut radicalement bouleversée.

***

Partie 4

À bord d’un Tintagel, un destroyer de Classe A, Type 27...

Il s’agissait d’un navire militaire nouvellement construit qui avait été placé sous sa direction il y a deux mois.

Le navire avait une longueur totale de 183 m et un tonnage de quinze mille tonnes. Son corps rationalisé résultait de l’application d’une conception furtive. Le système de contrôle des armes antiaériennes, l’Œil Maléfique, était lié entre eux par des ondes noétiques et un contrôle secondaire. Le réacteur à fluide installé là et qui allait utiliser le fluide ectoplasmique artificiel allait non seulement servir de source d’énergie, mais cela allait également permettre l’utilisation des pouvoirs mystiques essentiels au déploiement des soldats géants ailés qu’étaient les Légions.

En d’autres termes, la fonctionnalité de ce navire en ferait un support pour l’arme principale de l’ère moderne, les Légions.

Ce navire avait été nommé le Tintagel et appartenait à la flotte de l’Extrême-Orient des Forces Impériales Britanniques.

« Bonjour Madame. Comment allez-vous aujourd’hui ? » déclara Sire Grayson, le capitaine du navire.

Elle... l’esprit noétique autoentretenu, le génie Morrigan... avait répondu en transmettant des ondes noétiques.

{Bonjour... Capitaine. Statut... Bon. Actuellement, commence la possession.} Morrigan avait transmis des ondes noétiques pour répondre au capitaine, Sire Grayson.

Détenteur du grade de lieutenant-colonel, Sire Grayson était un gentleman âgé. Cependant, sa réponse tardive ne provient pas de la détérioration de l’audition.

Les humains sans aptitude noétique avaient de la difficulté à entendre le contenu des ondes noétiques.

Pour gérer ce problème, Morrigan avait commencé le processus de possession.

Ce qu’elle possédait était une poupée qu’elle utilisait régulièrement. Assise sur une chaise à bascule dans la première salle des opérations du Tintagel se trouvait une poupée représentant une jeune fille ayant environ 150 cm de haut

L’apparence de la poupée était celle d’une fille de douze ou treize ans, avec des cheveux blonds légèrement bouclés atteignant la hauteur des épaules.

Cette poupée avait été confectionnée de manière exquise, bien que la peau excessivement pâle soit faite de porcelaine dure tandis que les yeux bleus étaient de la verrerie. Les ongles roses avaient été peints à l’aide d’un colorant extrait de nitidotellina nitidula, un type de coquillages.

La peau avait, non seulement, fais un bruit lorsqu’elle avait été légèrement tapotée, mais avait également eu des vaisseaux sanguins cachés sous elle.

Les vaisseaux sanguins en plastique s’étendaient dans tout le corps. Ils étaient remplis de sang bleu, le liquide ectoplasmique artificiel qui avait également servi à alimenter les légions. Morrigan avait infusé le liquide avec une partie de son esprit.

{Division de l’esprit, Possession... Succès. Éveil imminent.}

Le sang bleu à l’intérieur des vaisseaux sanguins de la poupée avait commencé à s’écouler.

Le liquide ectoplasmique artificiel, qui pourrait également être utilisé pour alimenter les systèmes de production d’énergie hydraulique, avait permis à un miracle de se produire dans cette petite poupée, le transformant en avatar de Morrigan.

... Ayant fini de posséder la poupée, Morrigan se redressa lentement.

D’une texture dure à l’origine, sa peau de porcelaine était maintenant aussi douce que la chair d’une jeune fille.

Cependant, les joints entraînés par les engrenages et les manivelles étaient restés comme des éléments mécaniques, produisant des bruits de friction quand ils se déplaçaient. Des tubes remplis du liquide ectoplasmique bleu et d’engrenages auraient pu être trouvés sur tout le corps, indiquant que c’était tout au plus une vie temporaire.

La poupée était vêtue d’un costume de marin avec une jupe et un béret.

En utilisant les globes oculaires de verre qui étaient équipés de vision, Morrigan regarda Sire Grayson.

Sire Grayson était un gentleman âgé aux cheveux blancs et un officier de la marine qui illustrait l’image d’un « gentleman solennel ».

« Lieutenant-Colonel, cela fait si longtemps... depuis la dernière fois que nous nous sommes rencontrés de cette manière, » déclara-t-elle.

« Je vous salue, Madame. Excusez-moi d’être en avance, mais je suis venu pour vous informer qu’un certain monsieur souhaiterait vous rencontrer. À partir de maintenant, votre corps sera affecté sous ses ordres, » déclara-t-il. Sire Grayson avait toujours traité Morrigan avec le plus grand respect.

Assis sur la chaise à bascule, Morrigan hocha la tête afin de lui montrer qu’elle avait compris, produisant un cliquetis des articulations de son cou.

***

Sire Grayson avait emmené Morrigan jusqu’au pont du navire. Sur le destroyer Tintagel, il y avait un pont au centre en forme de « tour ».

Ils étaient allés tous deux jusqu’à cette tour.

« Prince, merci pour votre patience, » Sire Grayson s’adressa la silhouette debout sur le bord du pont.

Elle regardait la surface de l’océan Pacifique.

Le Tintagel naviguait actuellement dans les eaux territoriales japonaises au large de la péninsule de Shima, et il allait vers l’est. S’il continuait le long de ce cap, il atteindrait Enshunada, Omaezaki et la baie de Suruga.

L’espace aérien et les eaux territoriales du Japon étaient sous surveillance de la Bête Sacrée, le Seigneur Tenryuu et les dragons des mers et les wyvernes qui le servaient.

Le fait de naviguer près de la côte risquerait de les faire être détecté, mais Morrigan avait utilisé le contrôle noétique pour appliquer des enchantements de furtivité à tout le navire.

« Permettez-moi de vous présenter Morrigan, le génie de ce navire, » continua-t-il. « Son apparition en tant que jeune fille adorable dément ses exploits héroïques qu’elle a réalisés avec moi en battant des pirates dans l’océan Indien. »

« Alors c’est elle que vous avez spécialement chargée de me servir..., » répondit le Prince.

Le « prince » qui s’était retourné pour leur parler était un jeune homme d’une vingtaine d’années.

Le jeune homme avait des cheveux d’argent ainsi qu’un beau visage. Non, on devrait l’appeler un magnifique spécimen de la gent masculine. Non seulement ses traits faciaux étaient exquis, mais son expression brillait aussi d’une ambition étonnante et d’une impressionnante aura.

« Alors que dans ce cas, je m’attendais à un guerrier aguerri... Cependant, puisque nous ne sommes pas au Palais de Buckingham ou sur les champs de bataille d’Aquitaine, je suis un peu mal à l’aise d’être appelé “Prince.”, » continua-t-il.

Le bel homme était habillé comme un officier militaire tout comme Sire Grayson.

Son uniforme militaire consistait en une chemise blanche, une cravate et un pantalon noir. Cependant, le prince avait aussi une veste noire et une cape noire en plus de ça.

De plus, il y avait une longue épée qui pendait à sa taille. Il s’agissait presque d’un uniforme militaire utilisé pour des occasions formelles.

Parfaitement à l’aise dans cette magnifique tenue, le bel homme avait réfléchi un moment avant de parler.

« Morrigan, appelez-moi s’il vous plaît Sire Chevalier Noir, » déclara-t-il.

« Affirmatif, Sire Chevalier Noir, » après avoir répondu, Morrigan avait émis des ondes noétiques.

Elle avait connecté son esprit au domaine de la mémoire de Tintagel, la base de données, et avait fouillé son vaste contenu. Elle chercha des titres tels que « Prince » et « Sire Chevalier Noir », ainsi que des hommes ressemblant au jeune homme se tenant devant elle, mais revint les mains vides. Toutes les informations le concernant avaient été classées.

« Malheureusement, ma véritable identité est classée, » Le Chevalier Noir aux cheveux argentés avait souri après lui avoir dit ça. Il avait senti les ondes noétiques de Morrigan.

Cela signifiait qu’il était un maître noétique ou un Chevalier —

« Je comprends... Vous êtes donc un Chevalier. Est-ce vrai... ? » demanda-t-elle.

« Cela va sans dire. Sinon, pourquoi demanderais-je qu’on m’appelle le Chevalier Noir ? » demanda-t-il.

« Toutes mes excuses, » répondit-elle.

L’audition de Morrigan était normale, mais elle n’était pas bonne en ce qui concernait les conversations. En conséquence, son discours avait tendance à être agité.

« Pas besoin que cela pèse sur votre esprit, » répondit-il. « Je suis actuellement affecté en tant qu’observateur, donc mon intention est de voir comment vous et votre équipe combattez, ainsi que le climat culturel du Japon. »

Sire Chevalier Noir s’était alors tourné vers l’autre soldat.

« Grayson, conformément à votre demande, j’ai réaffecté deux Chevaliers de Sa Majesté d’Angleterre pour nous rejoindre à court terme. À savoir, Stevie et Lamps. Je suppose que cela devrait suffire pour l’atterrissage ? » demanda le Chevalier Noir.

Morrigan avait de nouveau recherché dans sa base de données.

Cette fois-ci, sa recherche fut couronnée de succès. Les seuls Chevaliers de Sa Majesté correspondant à ces deux surnoms étaient Sire Steven et Sire Lampard. Ils étaient tous les deux de braves guerriers qui avaient reçu l’Appel de Médaille du Chevalier de la Grande Croix.

En réponse, Grayson avait ri et avait dit d’un ton plutôt sardonique. « C’est très appréciable de votre part. Cependant, je dois faire une correction. Dans ce cas, j’ai simplement relayé une demande de nos alliés du Japon jusqu’à chez nous. Je n’ai jamais fait un appel personnel à... »

« Je le sais. J’ai parlé d’une manière trop imprudente, » répondit le Chevalier Noir.

« Maintenant que l’imprudence est un fait accompli, je n’ai aucune objection à ce que Votre Altesse participe personnellement à la bataille, » répondit Grayson.

« À mon avis, j’aimerais le faire également, mais il y a beaucoup de seigneurs à la maison qui aiment s’engager dans de mesquines critiques, » répondit le Chevalier Noir. « Faire un geste si désobéissant avant d’assumer officiellement ma position les obligerait à faire des allégations selon lesquelles je serais “dépassé” ou “médiéval”. »

Le Chevalier Noir avait souri avec ironie, puis il avait poursuivi. « Le fait d’être sermonné après l’avoir fait serait également une nuisance, alors je refuserai d’agir pour cette occasion. Bien sûr, s’il nous arrive de rencontrer le Seigneur César qui est actuellement au Japon, cela ne me dérangerait nullement de supporter ce genre de nuisance. »

« En d’autres termes... Vous allez nous servir de stratège pour le moment ? » demanda Grayson.

« Tout à fait, » répondit le Chevalier Noir. « Cela ne leur donnera aucun motif de se plaindre de moi. »

« ... Puis-je poser une question ? » Morrigan intervient dans la conversation entre le Chevalier Noir et le capitaine. « À l’instant, à en juger par la conversation, vous êtes d’un plus haut rang que les Chevaliers de Sa Majesté et Sire Grayson. Avez-vous aussi des liens intimes avec l’élite dirigeante de notre nation... ? »

« Tout à fait. De plus, je suis votre futur patron, » répondit simplement le Chevalier Noir.

« Compris, » répondit-elle simplement.

« Dans ce cas, Morrigan, s’il vous plaît, restez à mes côtés jusqu’à ce que je prenne officiellement mes fonctions. Pourriez-vous s’il vous plaît me montrer la carte ? » demanda-t-il.

La poupée de Morrigan hocha la tête, faisant des bruits de frottement métallique.

À partir de la base de données, elle avait extrait des images du Japon et les avait projetées dans les airs en utilisant des ondes noétiques. Une carte en deux dimensions des îles du Japon était apparue devant le Chevalier Noir.

« Pour que le Fief de Gifu qui est à nos côtés puisse marcher sur la Capitale Impériale de Tokyo, il y a une route à sécuriser..., » annonça le Chevalier Noir. « Par conséquent, Tōkaidō est cette fois-ci notre cible. Il y a cinq forts tutélaires entre Shizuoka et la zone de Hakone... Hamamatsu, Kakegawa, Suruga, Fuji et Nagahama, que nous allons conquérir tout de suite. »

Pointant du doigt cinq endroits sur la carte, le Chevalier Noir avait donné des ordres de combat. « En raison des problèmes à Suruga, nous avons été contraints d’accélérer notre opération de deux semaines, bien qu’il n’y ait pas d’autres problèmes à part ça. Si tout se passe comme prévu, l’opération sera complétée sans problème. »

Bientôt, ils étaient sur le point de faire un atterrissage au Japon afin de faire une bataille pour capturer Tōkaidō.

Après que Morrigan ait utilisé une recherche noétique pour obtenir des détails plus précis, le ciel au-dessus du Tintagel était rempli d’une vaste quantité de noesis.

« Donc, vous êtes tous deux arrivés ? » Dès que le Chevalier Noir avait pris la parole, deux officiers étaient venus rejoindre Morrigan et Grayson.

Ils étaient ceux qui avaient relâché les présentes noesis. Ces deux-là étaient de jeunes hommes d’une vingtaine d’années. Portant des vestes et des capes avec chacune une épée, ils étaient habillés de la même manière que le Chevalier Noir.

Il s’agissait de deux Chevaliers de Sa Majesté que Morrigan avait appelée tout à l’heure, Sire Steven et Sire Lampard.

« Stevie et Lamps, êtes-vous prêt à sortir ? » demanda le Chevalier Noir.

« Très certainement, Chevalier Noir, » répondit Steven.

« En utilisant l’Appel qui nous a été accordé, nous convoquerons une armée pour nous battre au nom de Sa Majesté, » répondit Lampard.

En dépit de ne pas s’adresser à leur supérieur de manière trop formelle, ils avaient parlé avec beaucoup d’affections.

Tout en touchant légèrement la poche de poitrine de leurs vestes respectives, ils avaient ensuite ouvert leurs paumes. Une médaille en forme de croix, brillant d’un fort éclat, était apparue sur leurs poches à partir de l’air où rien n’avait été là il y a un instant.

Il s’agissait de la Médaille du Chevalier de la Grande Croix.

Un emblème sacré permettant de convoquer la Légion principale de l’Empire Britannique, les guerriers de la « Croisade » ou encore « Croisés ».

Tout en portant des médailles en forme de croix sur leur poitrine, Sire Steven et Sire Lampard avaient regardé le ciel. La noèse remplissant l’air avait commencé à se manifester dans un contingent de soldats.

Émettant des ondes noétiques, Morrigan calculait rapidement les effectifs.

Un total de quatre-vingt-quatorze. Chaque Légion mesurait plus de huit mètres et était entièrement équipée d’un masque blanc, d’un uniforme et d’une armure. Cette armée impressionnante comptait pratiquement une centaine de membres.

Leurs armes étaient des fusils munis de baïonnettes. Des ailes à plumes ornaient leur dos.

« Très bien. Stevie attaquera Fuji pendant que Lamps marchera sur le fort tutélaire de Nagahama... À propos, qui est responsable de Suruga, le fort qui est le plus gênant ? » demanda le Chevalier Noir.

« Sire Philneville. Il est sur le Caerleon et non pas sur ce navire, » Morrigan avait répondu à la question du Chevalier Noir.

Le Caerleon et son Tintagel étaient des destroyers du même modèle.

« Sire Terry qui est également sur ce navire est chargé de prendre Hamamatsu tandis que Sire Ashley est responsable de Kakegawa. À ce propos, Sire Chevalier Noir, puis-je poser une autre question ? » demanda Morrigan.

Puis, regardant le visage du bel homme, Morrigan demanda. « Vous avez précédemment mentionné que cela ne vous dérangerait pas de prendre part à la bataille, mais seulement si le Seigneur César devait être présent. Comment avez-vous l’intention d’engager le combat contre le Seigneur César ? »

« Très simplement. Je me rendrai personnellement à l’avant-garde et je me retrouverai dans un duel contre le héros romain, » répondit le Chevalier Noir, se vantait nonchalamment de ça.

Derrière lui, une Légion noire s’était lentement manifestée.

Son apparence était très semblable à la Croisé sauf que son uniforme et son armure étaient tous noirs. Le masque sur son visage et les ailes sur son dos étaient également noirs.

Cette Légion était précisément la raison pour laquelle il se faisait appeler « Sire Chevalier Noir ».

« Très peu de généraux sont capables de l’égaler sur le champ de bataille, » continua-t-il. « Heureusement, je suis l’une des rares exceptions, donc ce serait un développement tout à fait bienvenu que j’espère, » contrôlant des soldats géants ailés qui n’étaient pas des Croisés, l’aristocrate aux cheveux d’argent murmura ça.

Morrigan avait finalement compris sa véritable identité. Les vagues noétiques liant cette paire noire du maître et du serviteur étaient beaucoup plus fortes que celles des deux chevaliers de Sa Majesté ici. Des centaines de fois plus fortes.

« Dans ce cas, vos souhaits sont des ordres... Legatus Legionis. O héros qui est revenu du monde souterrain où les morts sont rassemblés, moi, le génie Morrigan, je vous promets ma loyauté envers vos exploits, » déclara-t-elle.

Le commandant d’une armée, un véritable Chevalier...

En écoutant ses si importants titres, le Chevalier Noir avait souri avec fierté.

 

***

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Un commentaire

  1. Merci pour ce travail 🙂 Que la partie pour la conquête du Japon commence...

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