Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 2 – Chapitre 7

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Épisode 7 : Bienvenue au Japon, Mademoiselle Magi Drake.

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Épisode 7 : Bienvenue au Japon, Mademoiselle Magi Drake.

Partie 1

J’avais entendu dire qu’il y a un sens derrière les bruits de gazouillis des moineaux. Leurs pépiements matinaux étaient comme une chanson de courtoisie alors qu’ils cherchaient une compagne, et quand ils trouvaient de la nourriture, ils appelaient ceux de leur groupe. Apparemment, ils étaient très intelligents et pouvaient distribuer des rôles comme affectés certains à une surveillance.

Je m’étais donc réveillé le matin dans mon appartement habituel. La pièce était sombre, et mon esprit encore encore endormit alors que je me rendais compte que nous étions rentrés tôt.

D’après la météo, il allait faire beau toute la journée. Plusieurs années s’étaient écoulées depuis mon dernier voyage, et je m’étais dit que je pourrais prendre mon temps et profiter de la vue.

Puis, le bras de quelqu’un était apparu du bord de ma vision. Il m’avait serré la tête comme une griffe d’aigle et m’avait rapproché de la personne. Je n’avais pas pu résister à l’attraction, mais il n’y avait pas de douleur, et j’avais été soudainement enveloppé dans quelque chose de ridiculement doux. Il y avait une sensation douce et moelleuse, et la chaleur de la peau de quelqu’un. Elle avait légèrement transpiré, avec un parfum qui pour une raison inconnue m’avait donné envie de le sentir davantage.

Qu’est-ce que c’est… ? Me demandai-je, alors que mon esprit était encore endormi.

Mais mon esprit avait essayé de comprendre, mais c’était différent d’être enlacé par la jeune elfe. Cela sentait légèrement le sucré et était doux au toucher. Je me sentais si bien, et j’avais lentement ouvert les yeux pour savoir ce que c’était.

Hein ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Une si jolie couleur…, pensai-je.

Je m’étais figé, raide comme dans une scène de manga, parce que j’avais enfin réalisé ce qu’était la chose douce et chaude.

J’avais essayé de m’enfuir, mais un autre bras était apparu de l’autre côté et m’avait bloqué encore plus en place. C’était comme si la peau m’engloutissait. Mon nez était encore plus enfoui, et une jambe ensorcelante s’était enroulée autour de moi sous les couvertures. La beauté aux cheveux noirs avait serré tout mon corps.

C-C’est vrai…, nous nous étions endormis avec la Magi-Drake dans la grotte hier soir, alors j’aurais dû m’y attendre. J’avais oublié de toutes les fois où nous nous étions réveillés tranquillement, mais les gens que j’avais amenés au Japon pour la première fois finissaient nus !

« Ah, hey ! Qu’est-ce que tu fais !? Hé, qu’est-ce que…, » balbutiai-je.

J’avais entendu un « Nnh ! Nnh ! » mais la belle femme endormie avait l’incroyable force d’un dragon, même inconsciente. Mon corps était étroitement lié, et quand j’avais essayé de bouger pour me libérer, la Magi-Drake avait laissé sortir un gémissement d’une voix terriblement féminine et sexy. Aucun de nous n’était habitué à de tels bruits, et nous étions tous les deux devenus rouge vif, le visage criant en silence.

« Nnh, nnh, mmg ! » (Traduction : « M-Marie, je ne sais pas quoi faire, je suis peut-être foutu ! »)

(« Nooon, n’abandonne pas ! Je vais enlever les couvertures ! »)

« Nnnnnnnnh ! » (Traduction. « Non, non, ne fais pas ça ! »)

Fwoosh !

Les couvertures avaient été retirées d’un coup, et tout avait été illuminé par la lumière du soleil.

La beauté ronflait joyeusement jusqu’à ce moment, mais cela s’arrêta brusquement. Elle s’était étiré avec les mains tendues et elle avait regardé son propre corps avec une expression désintéressée, puis elle s’était assise avec nonchalance. Ses muscles dorsaux en bonne santé s’étaient gonflés lorsqu’elle s’était étirée en laissant sortir un gémissement, ses yeux brillaient lorsqu’ils regardaient la vue visible à l’extérieur par la fenêtre.

« Ah, donc c’est donc l’autre royaume ! Hm, hm, il semble que toutes les choses soient différentes dans leur forme ici. Même l’écoulement du temps… Ça explique le changement d’apparence de Kazuhiho. C’est à propos de ce à quoi je m’attendais, mais… oho, toujours surprenant ! C’est comme ça que tu as l’air dans un monde sans fondement magique ! » déclara la Magi-Drake.

Elle gloussa joyeusement pendant qu’elle parlait, mais j’étais encore abasourdi. La Magi-Drake semblait enfin me remarquer et elle me regarda d’un air exaspéré.

« Hmm ! Et qu’est-ce que vous faites tous les deux ? Je vois que vous vous entendez bien tous les deux… Mais je dois dire que vous voir vous enlacer comme ça si tôt le matin est un peu indésirable, » déclara la Magi-Drake.

Elle avait dit que son mari s’amusait quelque part. Je ne connaissais pas grand-chose de la vie familiale d’une Magi-Drake, alors j’avais décidé de ne pas commenter.

Quant à la jeune elfe, son visage devint rouge vif et elle fit sortir une bouffée d’air de son nez. Elle était mignonne alors que ses sourcils s’arquaient de colère, mais je n’avais même pas le droit de regarder. La fille était assise et tenait ma tête, qui était rouge jusqu’aux oreilles, contre son ventre.

« Qu-Qui est indésirable !? S’il vous plaît, habillez-vous pour commencer ! » déclara Marie.

Elle me serrait la tête très fort, mais j’aurais aimé qu’on me relâche. Si seulement elle réalisait qu’avoir mon visage pressé contre son ventre mou était un peu trop dur à supporter…

La draconienne s’inclina, puis regarda les vêtements qui lui avaient été préparés. Elle avait pris un vêtement avec un regard désintéressé, puis elle déclara. « Je suppose que je pourrais… » et elle avait pris le temps de s’habiller à contrecœur.

Heureusement, la fille m’avait finalement relâché, me permettant de respirer à nouveau de l’air frais.

Bon sang, ce matin avait été plein de surprises… Mais il semblait trop tôt pour se sentir soulagé.

« Qu’en est-il de cette extrémité ? Ça ne rentrera pas du tout, » déclara la Magi-Drake.

Elle avait tourné ses fesses vers moi, et j’avais pu tout voir. Son pantalon était coincé en raison de sa queue de dragon, et son derrière en forme de pêche était à moitié exposé… puis Marie m’avait couvert les yeux.

Cela allait sans dire, mais la cuisine était face aux murs, alors j’avais été relâché à la condition que je ne me retourne pas. À en juger par la façon dont Marie m’avait pardonné, il semblait qu’elle avait confiance que je tiendrais ma promesse. Quant à la draconienne, elle n’avait malheureusement pas semblé s’en soucier le moins du monde…

J’avais commencé à faire des onigiris comme prévu à l’origine, mais je n’étais pas sûr du nombre de ces boulettes de riz dont j’aurais besoin. La Magi-Drake pouvait manger deux ou trois boîtes de bento facilement, alors j’avais décidé d’en préparer plus que d’habitude.

J’entendais Marie et elle parler derrière moi, et il me semblait qu’elle parlait en elfique pour qu’elles puissent se comprendre. Apparemment, elle parlait aussi des langues de monstres et anciennes, et elle comprenait ce que nous nous disions lors de notre première rencontre.

Pendant que j’enveloppais les boulettes de riz avec des algues séchées, j’avais entendu la voix impressionnée de Marie derrière moi.

« Oh, votre queue et votre corne… Vous pouvez vraiment les transformer, » s’exclama Marie.

« C’est comme je vous l’ai déjà dit. Vous ne connaissez peut-être pas le terme, mais ma queue et ma corne sont faites de particules magiques, ce qui est semblable à de l’énergie pure. Hm, je sais que vous vous êtes donné la peine de préparer ces vêtements, mais je vais les changer pour quelque chose de plus confortable, » déclara la magie-drake.

Le fait d’entendre des termes comme queue, corne et particules magiques m’avait fait me demander si j’étais vraiment au Japon. J’avais tenu ma promesse de ne pas me retourner, bien sûr, mais j’étais vraiment distrait par la conversation sur le monde fantastique qui se déroulait derrière moi. Je m’étais demandé si le moment n’était pas venu de faire un onigiri.

« Marie, qu’est-il arrivé à sa queue et à sa corne ? » demandai-je.

« Oh, Ooh, wôw… Elles se sont vraiment transformées en vêtements. Ah, c’est bon maintenant. On ne voit rien du tout, » déclara Marie.

C’est bon. C’était bien, ça. J’avais presque oublié que nous étions encore dans le Koto Ward, mais je n’avais pas à annuler notre voyage si elle était capable de cacher sa queue et tout ça. Nous n’aurions pas pu nous promener dehors si elle n’avait pas pu, et Marie avait hâte de faire notre petit voyage aujourd’hui.

Maintenant, en ce qui concerne les onigiris, j’avais décidé de préparer différents types de farce. J’avais essayé de m’assurer qu’elles ne s’ennuieraient pas de la saveur en fournissant une grande variété, y compris de l’umeboshi, du kombu, du furikake, du thon mayo, et de l’okaka.

Pendant que je terminais ça, Marie m’avait parlé par-derrière. « Tu peux te retourner maintenant, Kazuhiho. »

« Oh, bien sûr. J’ai aussi presque fini de les faire, » déclarai-je.

Maintenant que j’avais la permission, je m’étais retourné pour constater que les vêtements de la dragonne avaient complètement changé. Ses longs cheveux noirs étaient toujours les mêmes, mais sa corne et sa queue avaient disparu comme elle le disait. Mais le plus surprenant, c’était qu’elle portait une robe d’une pièce avec les épaules et les cuisses révélées.

« Hmhmhm. Alors, qu’en pensez-vous ? J’ai utilisé les vêtements de Marie comme référence, » déclara la Magi-Drake.

« Hein ? L’avez-vous fait à l’instant ? » Ma voix emplie de surprise s’était fait entendre plus fort que ce à quoi je m’attendais.

La haute qualité avait rendu difficile à croire que cela avait été fait pendant que je faisais des onigiris. Des broderies complexes ornaient sa poitrine et ses hanches. Je n’avais pas pu m’empêcher de pousser un soupir.

Mais je n’avais pas de temps à perdre en la regardant.

« Oh, regardez l’heure, » déclarai-je.

 

 

L’horloge sur le mur annonçait qu’il était presque 6 h 30. Je m’attendais à ce que le voyage dure environ trois heures, alors il était temps que nous partions.

« OK, alors, allons-y. Avez-vous déjà tout emballé ? » demandai-je.

« Ouiiiiii ! »

« Oui ! »

Elles avaient regardé par la fenêtre, mais elles s’étaient précipitées dans la pièce.

Alors, allons vers Chichibu, Madame la Magi-Drake et Mademoiselle l’Elfe, pensai-je.

J’avais rapidement enveloppé les onigiris dans du papier d’aluminium, puis j’avais pris une gourde et je m’étais déplacé vers la porte. J’avais ouvert la porte pour constater qu’il faisait très clair dehors, et j’avais été accueilli par la chaleur du printemps. On devrait pouvoir s’amuser sur le chemin avec ce temps.

Lorsque nous étions descendus dans l’ascenseur et quand nous étions sortis, nous avions vu un homme se brosser les dents en jetant des ordures. Il avait une tête somnolente, mais je l’avais reconnu comme quelqu’un avec qui nous étions déjà allés dîner. Il était le mari du couple Ichijo qui vivait dans le même complexe d’appartement.

« Bonjour, Toru, » déclarai-je.

« Ah, bonjour… ? »

Toru s’était complètement figé en voyant Marie, qui fredonnait comme une fée, et la Magi-Drake, la beauté avec ses longues et fines jambes exposées.

« Ah. Bonjour. Nous partons en voyage. » Marie inclina poliment la tête. La beauté aux cheveux noirs, qui ne comprenait pas le japonais, agita la main.

« Toux, toux, toux… Faites… un bon voyage…, » Toru nous avait fait un signe de la main et nous avait regardés partir.

Le parking était à une courte distance de marche. Marie était montée sur le siège passager comme d’habitude, et le siège arrière était réservé à notre invitée, la Magi-Drake.

En y repensant, Marie avait très peur de la voiture la première fois. D’un autre côté, la Magi-Drake semblait comprendre l’essentiel de la structure du véhicule en regardant à l’intérieur. Elle s’était assise lourdement, puis je la vis me faire un signe de tête magnanime dans le rétroviseur.

Je ne mettais pas de musique d’habitude, mais je suppose que j’étais d’humeur heureux après mon premier voyage commémoratif. J’avais appuyé sur le bouton de lecture du CD que j’avais préparé, et de la musique nostalgique de l’époque Showa avait commencé à jouer. C’était la chanson parfaite pour un voyage au Japon, et on l’entendait encore de temps en temps à la télévision.

« Wôw, ça met vraiment l’ambiance ! Cette ambiance sereine est si japonaise ! » déclara Marie.

« Oh, tu peux déjà le dire ? Alors, commençons notre tout premier voyage au Japon, » déclarai-je.

« « Ouiiiii ! » »

C’était beaucoup plus édifiant avec deux femmes avec moi.

L’atmosphère distincte créée par une voix féminine avait rempli la zone, et la voiture avait quitté le parking alors que le sable crépitait sous les pneus. J’avais gardé les yeux sur la route en appuyant lentement sur l’accélérateur.

Il était temps de partir pour Chichibu.

Le bruit des voitures qui passaient par là se faisait entendre à l’extérieur. Nous étions déjà sur le Shin Oumekaidou, qui était très occupé alors que nous passions d’un tronçon de deux à trois voies. Si nous roulions tout droit sur cette route et que nous prenions la route 299, elle devrait nous mener directement à Chichibu. Il aurait été plus rapide de prendre un train express, mais j’avais pensé que ce serait mieux ainsi puisque j’étais avec l’elfe et la Magi-Drake. Je voulais à tout prix éviter toute sorte d’ennuis.

« C’est assez lent, mais c’est bien que je puisse voyager sans rien faire, » déclara la Magi-Drake.

« C’est bon à entendre. J’avais peur que vous vous ennuyiez, alors je suis soulagé, » répondis-je.

La femme qui s’étirait sur le siège arrière était fondamentalement la maîtresse du monde des rêves. Le niveau estimé de son corps principal se situait facilement dans les quatre chiffres, et d’après les documents écrits, elle avait vécu pendant plus de dix siècles. Je me demandais si un individu si commun comme moi ne devait pas se montrer curieux, mais je m’étais dit qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter à ce sujet, vu qu’elle semblait si détendue en ce moment.

Dans le rétroviseur, je l’avais vue secouer la tête d’un côté à l’autre.

« Pas du tout. Regarder passer ces bâtiments est très divertissant. Il n’y a, semble-t-il, aucune limite à ce que les humains peuvent accomplir, » répondit la Magi-Drake.

« Cette zone a été très bien développée. Je suppose que c’est surprenant même pour vous, Lady Magi-Drake, » répondis-je.

Il y avait plusieurs immeubles de grande hauteur et des vitrines tape-à-l’œil dans la région de Shinjuku, à Tokyo, et elle les avait observés à travers la vitre avec grand intérêt.

Bien sûr, Marie voyait aussi pour la première fois une ville aussi bien développée. Elle était aussi collée à la fenêtre, et avait laissé sortir un. « Wooow… »

Puis la femme aux cheveux noirs sembla remarquer quelque chose et se tourna vers moi. « Ça doit être dur de s’adresser à moi comme ça. Vous pouvez tous les deux m’appeler Wridra. »

« Alors c’est Lady Wridra. Marie et moi nous sommes interrogés sur votre nom. Celui-ci correspond parfaitement à votre image, » déclarai-je.

Quand je lui avais dit ce que je pensais, j’avais vu Wridra sourire joyeusement dans le rétroviseur. Sa tenue était simple, évasée, noire, d’une pièce et elle avait des chaussures à talons. Mais ses cheveux longs et raides qui descendaient jusqu’aux hanches et ses jambes minces, semblables à celles d’un mannequin, étaient pleins d’un charme mûr qui pouvait attirer la vue de toute personne dans les environs. Elle avait des traits nets, des yeux et des cheveux de couleur nocturne, mais elle donnait une impression qui n’était pas du tout japonaise.

Sur le siège passager se trouvait la jeune elfe, et ses longues oreilles étaient comme d’habitude cachées sous un chapeau. Ses yeux pourpres pâles regardaient la banquette arrière et elle parlait à Wridra avec une expression pleine de curiosité.

« Lady Wridra, puis-je vous demander pourquoi les voitures et les routes ne vous surprennent pas ? Je criais tout le temps quand je les ai vues pour la première fois, » demanda Marie.

« J’en suis venue à comprendre le plus gros de la construction de ces soi-disant voitures. Hm, Marie… Tu n’as pas besoin d’être aussi prudente dans le choix de tes mots. C’est un voyage de loisirs, non ? Moi aussi, j’aimerais me détendre et profiter de l’autre royaume, » déclara Wridra.

En entendant cela, la fille me regarda avec des yeux ronds. Elle semblait se demander si nous pouvions être aussi irrespectueux envers une créature au statut légendaire. Puis nous avions entendu que la question interne répondait avec confiance. « Oui, vous pouvez le faire. »

Je m’étais éclairci la gorge, puis j’avais lentement ouvert la bouche.

« Compris, Lad… Wridra. C’est peut-être un peu à l’étroit pendant un certain temps, mais tu peux attendre avec impatience les sources chaudes quand nous y serons, » déclarai-je.

« Oui, je suis excitée à leur sujet. Mmm, c’est merveilleux de ne pas avoir de responsabilités, » déclara Wridra.

Marie et moi avons ri à haute voix face à son expression négligente. Malgré son apparence digne, son état émotionnel était toujours facile à comprendre, et nous avions pu interagir avec elle avec notre esprit à l’aise. C’était peut-être un dragon légendaire, mais elle n’était plus qu’une amie avec qui nous passions du temps, alors nous devrions la traiter comme telle quand nous lui parlions.

Marie semblait comprendre mon sentiment et s’était aussi un peu détendue.

***

Partie 2

Ma voiture avait roulé sur la route Shin Oumekaidou tout en jouant de la musique plus nostalgique. Je ne voulais pas payer les péages autoroutiers, alors j’avais pris cette route, et nous avions dû partir au bon moment, car il n’y avait pratiquement pas de circulation.

« La langue japonaise est si expressive, et pas seulement en musique. J’ai remarqué récemment qu’il y a tellement de mots que je ne peux pas exprimer dans les langues de l’autre monde. Je pense même parfois en japonais, » déclara Marie.

« Oh, je comprends ça. Je pense à la façon dont je devrais communiquer quelque chose la plupart du temps, » répondis-je.

Elle m’avait giflé le bras tout en acquiesçant d’un signe de tête heureux. Ces choses étaient assez courantes lors de l’apprentissage d’une autre langue.

« Ces chansons douces en sont un bon exemple. Ils sont si pleins d’émotion, et je peux presque imaginer les scènes qui sont décrites, » déclara Marie.

« Hm. Cela me fait penser à un barde, mais avec beaucoup d’autres instruments. Bien que je ne comprenne pas encore le sens des paroles… Ah, donc tu as étudié le japonais, Marie ? » demanda Wridra.

La jeune fille se retourna fièrement avant de dire. « Bien sûr ! »

« J’ai été surprise lorsque je suis arrivée ici pour la première fois, mais il y a tant de choses à apprécier, » continua Marie. « Il y a beaucoup de livres et de films différents, et d’innombrables types de vêtements. Je veux profiter pleinement de tout cela, donc je ne peux pas me permettre de ne pas apprendre le japonais. »

« Hein ? Je pensais que la nourriture est la chose que tu aimes le plus, » déclarai-je.

Dès que j’avais dit cela à voix haute, les yeux de la jeune fille s’étaient illuminés comme si elle venait de se souvenir de quelque chose, puis elle avait mis ses bras autour de son siège arrière. La voir agir comme si elle parlait à un vieil ami me rassurait. Son expression semblait alors devenir encore plus douce.

« Oh oui, la nourriture de ce pays est tellement incroyable ! Cela m’a même fait tourner en rond dans la pièce juste à y penser. Je suis sûre que ça va t’époustoufler, Wridra, » déclara Marie.

« Ha, ha, ha, je serais très impressionnée si c’était vrai. Si cela se produit, j’autoriserais le cuisinier à prétendre que sa nourriture a été validée par une Magi-Drake, » répondit Wridra.

Marie… tourner en rond dans la pièce ? Pas étonnant qu’elle soit si intéressée par ce plat de cuisson au four. Elle m’avait demandé la recette plusieurs fois, pour qu’elle puisse éventuellement la faire elle-même.

Oh, cette conversation m’avait fait me souvenir que j’avais préparé des boulettes de riz pour nous. La route n’était pas si longue, mais nous n’avions pas encore déjeuné. J’avais demandé à Marie de les sortir, et elle avait pris les conteneurs et les cantines pour moi. Elle avait ouvert la feuille d’aluminium ridée et l’arôme qu’elle contenait commença à remplir la voiture. Cela semblait les mettre en appétit, parce que j’entendais leurs deux estomacs gronder d’un seul coup. J’avais souri, pensant qu’elles étaient presque comme des sœurs.

« Qu’est-ce que c’est que cet objet triangulaire noir ? Hmm, ça sent bon, » déclara Wridra.

« Tu peux mordre dedans juste comme ça. On les appelle des boulettes de riz, et c’est un repas léger qui ressemble un peu au pain de l’autre monde. Ils sont très pratiques lorsque tu es en déplacement, comme nous le sommes maintenant, » expliquai-je.

Wridra avait pris une boule de riz au thon et Marie avait choisi l’okaka. Je leur avais dit de commencer sans moi et de s’amuser puisque je conduisais, et elles avaient toutes les deux mordu dans leur nourriture en même temps.

Les boulettes de riz étaient encore un peu chaudes et le parfum des algues séchées passait par leur nez. La douceur naturelle du riz remplissait leur bouche à chaque mastication. Vous ne pouvez pas sous-estimer la nourriture comme des boulettes de riz. Après la saveur initiale réconfortante, les ingrédients au milieu de la boule de riz vous prendraient par surprise.

Alors que la salinité et la douceur se confondaient, les yeux de Wridra s’ouvrirent en grand. Lorsque le riz était mélangé avec du thon et de la mayonnaise, sa saveur devenait riche et crémeuse. Le goût changeait à chaque bouchée, et la douceur et la texture étaient vraiment trop agréables.

La voiture était silencieuse pendant que les deux femmes mâchaient sans mot leur nourriture.

« Oh, peut-être qu’on devrait ouvrir la fenêtre…, » déclarai-je.

« Délicieux ! Cette saveur crémeuse est-elle du thon à la mayonnaise !? Non, je ne peux pas permettre à un jeune enfant de manger de telles choses, pour son avenir ! Celui-là, celui-là et celui-là sont tous à moi. Quoi que vous fassiez, ne les touchez pas ! » déclara Wridra.

« Mmm, la boule de riz okaka est si bonne. C’est ce que les chatons aiment manger, n’est-ce pas ? Chaque grain de riz est plein de saveur, » déclara Marie.

« Quoi… !? Que dirais-tu d’en échanger une contre l’un de mes thons à la mayonnaise ? » demanda Wridra.

Je craignais qu’une boule de riz n’atteigne le titre de tueur de dragons à ce rythme… Il semblerait que les critères de goût de Wridra pour la bonne nourriture soient toujours aussi bas.

Mais personnellement, j’étais content qu’elle trouve le riz bon. Je l’imaginais carnivore, donc cela aurait été dur de profiter de son séjour au Japon si elle n’aimait pas le riz.

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était de voir à quel point elles étaient surprises par le thé chaud.

« Il est chaud ! Mais c’est comme si c’était fraîchement infusé… Est-ce magique ? » demanda Marie.

« Hein ? Non, ça s’appelle un thermos, et…, » répondis-je.

« “Thermos” ? Est-ce le nom du sort ? J’ai toujours soupçonné qu’il y avait un Grand Sorcier quelque part au Japon depuis que j’ai vu cette tour. Maintenant, j’en suis sûre, » déclara Marie.

Je ne savais pas trop comment l’expliquer. La tour qu’elle avait mentionnée était l’un des gratte-ciel de Tokyo, qui était visible de chez moi. Bien qu’elle n’allait probablement pas être convaincue avant que je ne l’y emmène.

La conversation avait duré un peu plus longtemps, mais Marie avait fini par l’oublier parce que son estomac se remplissait de plus en plus.

***

En arrivant sur la route 299, la route était devenue beaucoup moins fréquentée. En ville, les taxis allaient souvent se placer dans votre voie et freiner soudainement devant vous et c’était particulièrement effrayant, alors vous ne pouviez pas vraiment rouler tranquillement. Mais maintenant que nous étions à Saitama, je n’avais plus à m’inquiéter pour ça.

Nous avions commencé à voir plus de terres agricoles dans la région, et on pouvait voir des montagnes au loin. Cela m’avait aussi rendu la conduite agréable.

C’était un peu plus animé qu’avant avec les deux filles qui chantaient en même temps que les chansons. Je pense qu’elles avaient commencé par dire que c’était pour leurs études du japonais, alors que c’était essentiellement du karaoké.

Ce qui m’avait surpris, c’était la rapidité avec laquelle elles apprenaient. Marie était déjà habituée au japonais, mais Wridra s’habituait déjà à la prononciation, même si c’était la première fois qu’elle utilisait cette langue. Elle était incroyablement rapide à tout saisir, et je me demandais si elle avait une sorte de compétence qui l’aidait à assimiler les connaissances.

L’elfe chantait d’une belle voix, et celle de Wridra était aussi étonnamment belle. Même les chansons douces et sereines avaient été transformées en chansons joyeuses par leur duo.

Une fois qu’elles avaient fini de chanter, elles avaient toutes les deux ri avec leur bouche grande ouverte, et je ne pouvais m’empêcher de sourire. C’était tellement splendide et exaltant d’avoir des femmes comme elles pendant le voyage.

Wridra semblait de bonne humeur et avait mis les bras autour du siège du conducteur. Elle parlait si fort que je sentais son souffle me chatouiller l’oreille.

« Alors, Kazuhiho, y aura-t-il un volcan à ces sources chaudes ? » demanda Wridra.

« Non, il n’y en a pas à Chichibu. Nous allons juste jeter un coup d’œil aujourd’hui, mais j’aimerais aussi aller un jour à d’authentiques sources d’eau chaude volcaniques, » déclarai-je.

Oh, c’est vrai. Il y avait un gros problème avec ça…

Cela allait de soi, mais la jeune elfe avait de longues oreilles d’elfe. Je venais de me rappeler que c’était la raison pour laquelle j’avais choisi une chambre avec salle de bain privée.

« Hmm ? Des oreilles, tu dis ? » demanda Wridra.

Wridra avait tenu une oreille de l’elfe entre deux doigts et l’avait regardée fixement. J’avais failli l’oublier par moments, mais nous étions au Japon, et je ne savais honnêtement pas ce qui se passerait si quelqu’un nous voyait. Même s’il s’agissait d’un pays plein de gens polis, cela pourrait devenir une grande nouvelle si elle était découverte, et les journalistes pourraient se précipiter vers nous avec des questions. Je l’avais donc dit à Wridra, et ses yeux d’obsidienne avaient cligné.

« Hm. Donc, ses oreilles ont simplement besoin d’être cachées, non ? » demanda Wridra.

« Hein ? Mais elle ne peut pas les cacher sans son chapeau, ce qui veut dire qu’elle ne pourrait probablement pas aller dans les sources chaudes, non ? » demandai-je.

« Viens ici, Marie, » déclara Wridra.

Nos yeux s’étaient écarquillés, puis le siège de Marie avait été incliné vers l’arrière. Je pouvais sentir qu’elles faisaient quelque chose, mais en tant que conducteur, je ne pouvais pas détourner le regard de la route.

Lorsque le siège du passager avait finalement été remis dans sa position initiale…

Le feu était devenu rouge et j’avais lentement immobilisé la voiture. J’avais remarqué que la jeune fille me fixait, alors je m’étais tourné vers elle. Là, j’avais vu Marie sans son bonnet de tricot, et le temps sembla se geler un instant.

« Ah ! Tes oreilles ont disparu… ? Hein ? Que s’est-il passé !? » demandai-je.

Les oreilles d’elfe qui auraient dû être là n’étaient plus là, et à leur place se trouvaient ses cheveux blancs et tressés. Le feu est devenu vert et le conducteur derrière moi avait klaxonné, alors j’avais recommencé à rouler dans un état d’agitation.

Apparemment, ma réaction avait été plutôt drôle. Wridra gloussa, puis rapprocha son visage et révéla son tour.

« Ha, ha, ha, j’ai fait des ornements de cheveux pour Marie en utilisant mes particules magiques. Regarde, ils sont complètement couverts et invisibles aux yeux du public, » expliqua Wridra.

« Quoi ? Mais c’était des cheveux… Attends, tu peux aussi faire des cheveux ? » demandai-je.

« Ce n’est pas tout. Je l’ai réglé pour qu’il suive des commandes simples, comme “nouer” et “dénouer”. Maintenant, elle devrait pouvoir sortir comme bon lui semble, » expliqua Wridra.

J’avais finalement commencé à le comprendre quand nous nous étions arrêtés au feu rouge suivant. Je ne savais pas grand-chose des soi-disant particules magiques, mais elle les utilisait pour recréer les cheveux blancs de Marie et couvrir ses oreilles, puis les attachait sur le dessus. Ses lobes d’oreille étaient apparus comme si elle était humaine, la faisant passer pour une fille ordinaire.

Une belle fille !

Je me sentais comme dans une publicité de fin de soirée qui disait à plusieurs reprises « Incroyable ! », mais c’était vraiment le cas. C’était rendu à tel point que je la regardais et la touchais chaque fois que nous nous arrêtions à un feu rouge. Cela avait l’air si naturel et couvrait complètement ses oreilles d’elfe.

Celle qui était la plus heureuse de toutes, c’était Mariabelle elle-même.

« Ohhhh, je n’aurai plus à m’inquiéter que ma tête se sente étouffée quand je sortirai à partir de maintenant ! C’est si confortable, Wridra ! » déclara Maria.

« Je suis vraiment étonné. La technologie moderne est assez avancée, mais nous ne pouvons pas vraiment faire quelque chose d’aussi naturel. Je suppose que c’est le pouvoir d’une grande Magi-Drake, » déclarai-je.

« Tu peux me complimenter davantage. Kufufufu, les enfants des hommes sont certainement adorables, » déclara Wridra.

Je trouvais Wridra mignonne, en la voyant sourire tout en étant tant heureuse.

En tout cas, cela avait été extrêmement utile. Je me sentais mal de faire porter un chapeau à Marie dans la chaleur étouffante du Japon, et nous n’aurions pas à nous inquiéter maintenant de son bonnet en mangeant dans un restaurant.

« Tu pourras aussi profiter des sources chaudes extérieures quand nous y serons. Et si je nous achetais quelque chose de délicieux sur ce parking en guise de remerciement ? » demandai-je.

« H-Hm, je suppose que je ne peux pas refuser un gage de gratitude. Je l’accepte. Je suis après tout une vraie moralisatrice en matière d’étiquette. Si tu insistes, je n’ai pas le choix, » déclara Wridra.

Un repas léger en guise de paiement n’était rien en comparaison de ce qu’elle nous avait donné.

Avec l’accord de la Magi-Drake, j’étais entré dans le parking sur notre gauche. C’était un petit coin de repos confortable à la campagne. Le petit commerce n’était pas très grand, mais il semblait vendre une variété de produits.

« Il y a des spécialités locales dans chaque région du Japon, donc ils ont peut-être quelque chose comme ça ici aussi, » déclarai-je.

« Hé, tu recommences à piquer mon intérêt comme ça…, » déclara Marie.

La jeune fille riait avec ses cheveux d’un blanc pur et semblait encore plus radieuse que d’habitude. Cela m’avait fait réaliser à nouveau à quel point j’étais heureux de l’avoir emmenée en voyage.

Notre voiture avait ainsi été garée sous le ciel bleu. Nous nous étions rendu compte que nous étions entourés de verdure et que l’air était différent de celui de la ville.

***

Partie 3

La pomme de terre miso. Il s’agissait de la spécialité du Chichibu.

Il s’agissait d’une pomme de terre enrobée de pâte à frire, puis recouverte d’un miso épais. C’était une collation si courante pour les résidents qu’ils pensaient apparemment qu’elle était consommée dans tout le Japon.

Les arbres s’étendaient vers la route, formant une sorte de tunnel naturel. C’était une très belle vue, mais j’avais senti une paire d’yeux me regarder depuis l’arrière. J’avais acheté la friandise locale comme cadeau pour Wridra, la Magi-Drake, mais il semblait que son apparence n’avait pas répondu à ses attentes.

« C’est tout à fait fade pour un gage de gratitude…, » déclara Wridra.

« Est-ce vraiment une spécialité locale ? On dirait une pomme de terre en brochette, » déclara Marie.

Déclaré comme ça, je n’avais pas pu m’empêcher de me sentir un peu mal pour la pomme de terre…

Nous étions retournés à la voiture, et les filles avaient chacune une brochette de couleur rousse à la main. Il était vendu dans la section des plats ménagers sur le stand, et sa modeste présentation avait dû réduire leurs attentes de façon drastique.

« Hehe, faites un essai. L’apparence différente du goût fait partie du charme de la cuisine japonaise, » répondis-je.

Les deux femmes hochèrent la tête face à ma suggestion, et le bruit alors qu’elles mordaient dans leur nourriture résonna dans toute la voiture.

Puis, leurs yeux s’étaient écarquillés.

La texture crémeuse et fondante ressemblait davantage à de la purée de pommes de terre.

« Muoh ! »

« Mmm… !? »

Elles avaient mâché sans mot, puis leurs yeux s’étaient dirigés vers moi. Je pense qu’elles essayaient de dire. « Qu’est-ce que c’est ? » mais leur bouche était trop remplie.

Les pommes de terre avaient généralement un goût plutôt ordinaire. Mais lorsqu’elle était mélangée à du miso sucré épicé, cela fait ressortir la douceur naturelle et la profondeur de la saveur de la pomme de terre. La pomme de terre crémeuse s’était transformée en une saveur complexe et, lorsqu’elle avait été avalée, l’arôme de l’yuzu était passé par le nez et avait stimulé encore plus l’appétit. Leurs estomacs semblaient exiger qu’elles mangent plus, et elles avaient mordu dans la pomme de terre numéro deux.

« Mmf, c’est simple, mais tellement délicieux ! Ce miso rehausse la saveur de façon fantastique ! » déclara Marie.

« Mmm, tu as raison ! C’est tellement différent que ça en a l’air ! C’est crémeux, aigre et épicé, et l’arrière-goût est une saveur d’yuzu parfumée ! » déclara Wridra.

Leur opinion sur le plat semblait s’être inversée, ce qui avait donné un score élevé pour les pommes de terre miso.

Mais selon moi, c’était un peu « trop local », et si courant dans les maisons ici qu’il n’était pas traité comme quelque chose de remarquable dans ce magasin. C’était aussi presque trop abordable à 100 yens, et j’avais l’impression qu’ils auraient pu un peu augmenter le prix.

Quoi qu’il en soit, nous étions arrivés à destination sans aucun problème. Non seulement il y avait beaucoup moins de circulation que je ne l’imaginais, mais les conversations et les chants de la Magi-Drake et de l’elfe avaient fait passer les trois heures comme si de rien n’était. J’étais un peu inquiet parce que j’avais à peine l’occasion de conduire loin, mais je m’étais rendu compte qu’il n’y avait plus rien à craindre maintenant.

Nous étions sortis de la voiture, et la jeune elfe s’était bien étirée, les bras écartés. C’était un geste qui semblait approprié pour un temps clair et agréable.

Nos yeux s’étaient croisés, et elle avait plissé ses jolis sourcils.

« Tu me regardes encore. Je pense que tu me regardes et que tu ris beaucoup trop, » déclara Marie.

« Haha, tu avais l’air d’apprécier cet étirement. As-tu mal au dos ? » demandai-je.

Elle s’était dépoussiérée, puis s’était retournée pour diriger ses fesses vers moi. Sa robe d’une seule pièce était parfaite pour le printemps, avec des couleurs vives qui lui allaient bien.

« Juste un petit peu. Mais ce n’est rien comparé à l’équitation. Cela peut laisser une douleur qui dure une demi-journée. Et tous ces balancements font qu’il est difficile d’apprécier la vue, » répondit Marie.

« Maintenant que tu le dis, je n’en ai pas vraiment beaucoup monté avant. Les chevaux font un peu peur, tu sais ? Et ils me mordent la tête tout le temps, ce qui a tendance à me faire mal…, » répondis-je.

La jeune fille gloussa, puis fit un sourire éclatant qui correspondait à ses cheveux blancs. En voyant la belle expression de son visage, j’avais pour une raison inconnue senti une sensation de fraîcheur dans ma poitrine.

Chiirrp chirp chirp chirp…

En entendant le bruit soudain, nous avions tous les deux levé les yeux vers les bois. Il semblait qu’elle ne connaissait pas les rossignols et qu’elle regardait l’oiseau avec des yeux écarquillés.

Tandis que je me tenais à côté d’elle, nous nous tenions naturellement la main l’un et l’autre, regardant les montagnes qui se répétaient à l’infini et la vue qui s’offrait sur les terres agricoles.

« C’est un endroit si paisible. C’est tellement différent de chez nous, » déclarai-je.

« Ça l’est vraiment. Mais j’aime aussi l’atmosphère calme de ta chambre. Ça me rappelle un peu l’inarizushi, » déclara Marie.

Oui, elle avait recommencé avec ses commentaires mystérieux. Je m’étais dit que parfois, elle pouvait très bien agir comme une fille.

Elle était très impressionnée, et rien qu’en l’écoutant, j’avais souri. Je lui avais demandé sans mot ce qu’elle voulait dire, et elle m’avait serré dans ses bras.

« C’est l’impression que j’ai. Je me sens toujours un peu excitée, » déclara Marie.

« Je ne suis pas sûr de comprendre, mais je suis content que ça te plaise, » répondis-je.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la voir comme ça me rendait heureux d’être en vie.

Elle souriait joyeusement, et j’étais sûr qu’elle était encore plus expressive que d’habitude. Peut-être était-ce parce qu’elle en était à son premier voyage, ou parce qu’elle n’avait plus besoin de porter un chapeau.

Quant à la Magi-Drake qui nous avait aidés à y arriver, elle nous souriait en posant ses coudes sur la voiture. Son expression douce pendant qu’elle veillait sur nous était comme celle d’un parent. J’avais presque oublié que nous étions là pour soulager son stress.

Les lèvres d’une Wridra aux cheveux noirs se plissèrent vers le haut, formant un sourire envoûtant.

« C’est étrangement agréable de voir à quel point vous vous entendez bien. J’ai l’impression que mon cœur lourd sera guéri avant même d’entrer dans les sources chaudes, » déclara Wridra.

C’était un peu gênant d’être décrit comme ça, et la jeune elfe m’avait vite lâché. Puis, Wridra leva la main comme pour arrêter Marie.

« Oh, non, c’est bon. Je veux que vous soyez vous-mêmes. J’ai vécu longtemps, mais c’est toujours réconfortant de voir des enfants de l’homme se réunir, » déclara Wridra.

À en juger par son expression, elle n’avait pas l’air de dire ça pour se moquer de nous.

La jeune elfe sembla hésiter une seconde. Puis, le visage devenant légèrement rose, elle avait décidé de continuer à me tenir la main. J’avais suivi son regard pour trouver une porte juste après le parking, et il y avait un bâtiment qui semblait être là pour accueillir les voyageurs.

« D’accord, allons à l’auberge, » déclarai-je.

Les filles avaient répondu à ma suggestion en s’exclamant « Super ! » et elles levèrent les poings. Voyant à quel point elles étaient excitées, il était étrange de penser que l’une d’elles était une elfe qui avait vécu plusieurs centaines d’années et que l’autre était une dragonne qui avait plus de dix siècles.

Nous étions arrivés à une auberge ayant une apparence tranquille et un style bien japonais. Il y avait un petit portail et un jardin japonais, et les filles regardaient autour d’elles avec grand intérêt. Il utilisait efficacement le petit espace à la japonaise, et le bâtiment dégageait une atmosphère rurale et chaleureuse.

J’avais ouvert la porte pour trouver la réception juste devant l’entrée. L’intérieur était également très japonais, et les deux filles avaient la bouche ouverte vers le plafond, avec des poutres apparentes qui donnaient à la pièce une impression d’ouverture.

« Hmm, j’aime l’atmosphère. J’ai l’impression que des créatures bizarres vivent ici, » déclara Marie.

« Quoi ? Vraiment ? J’adorerais ça ! » déclara Wridra.

Ahh, ça doit être l’influence des animes. Mademoiselle l’Elfe avait semblé s’intéresser aux bâtiments de style japonais et avait regardé les tableaux et les piliers des shoji pendant que je m’occupais de l’enregistrement.

Selon l’employée, il y avait deux types de vêtements pour se promener dans les lieux. Nous pouvions choisir entre un type de vêtement de travail appelé samue et des yukatas aux couleurs vives. Les deux filles pointèrent les yukatas avec vigueur, tandis que j’optais pour le samue.

« Mais euh, pourquoi ne choisirais-tu pas le même que nous ? Celui-ci est tellement plus joli, » déclara Marie.

« J’aime tout simplement porter des vêtements dans lesquels je suis à l’aise, » répondis-je.

« Non, ce n’est pas ça. Depuis que tu es enfant, tu aimes les vêtements dans lesquels tu peux te balader facilement. C’est évident rien qu’en regardant ton visage, » déclara Marie.

Son raisonnement était plutôt négatif, mais pour une raison quelconque, je ne pouvais pas le nier…

Nous étions allés jusqu’au plancher de bois dans le couloir et nous nous étions dirigés vers la pièce que j’avais réservée. L’intérieur de l’auberge était plus propre que prévu, et le design avait un charme japonais distinct.

Il y avait une étendue d’eau visible depuis le couloir, et les filles regardaient avec curiosité les kois colorés qui s’y baignaient.

« Oh ! Regarde, Wridra ! Ces poissons ont des motifs si étranges ! » déclara Marie.

« Hmm, tu as raison. Un poisson de cette taille est très certainement à manger, » déclara Wridra.

Non, ça ne l’était certainement pas. J’espérais vraiment qu’elle n’avait pas l’intention de l’attraper…

Ce n’était pas étonnant que Madame Ichijo nous ait recommandé cet endroit. Il n’y avait rien de tel dans notre quartier, et j’avais décidé de lui offrir un souvenir sur le chemin du retour.

C’est ainsi que nous étions finalement arrivés dans notre chambre et avions trouvé son intérieur serein qui nous attendait. Les yeux de la jeune elfe brillaient lorsqu’elle devint la plus excitée d’entre nous tous en sentant le léger parfum du tatami.

« Oooh ! Tatami ! Regardez, regardez, un tatami au sol ! » déclara Marie.

« Ces tapis sont-ils faits de paille… ? Les Japonais ont certainement des mains habiles. Bien que… les yeux aiguisés et la précision requise semblent être un peu au-delà de celle d’un humain normal, » déclara Wridra.

« C’est vrai. Calmons-nous pour aujourd’hui. Tiens, Marie. Vas-y et ouvre l’écran shoji, » déclarai-je.

La fille avait cligné des yeux et m’avait regardé, puis avait semblé réaliser quelque chose et s’était précipitée vers l’écran shoji. La lumière du soleil se répandit en la faisant glisser vers l’intérieur, et on pouvait voir maintenant le petit jardin se trouvant à l’extérieur…

« Ah ! Un bain ! Hein ? Pourquoi est-ce dehors ? » demanda Marie.

« C’est un bain en plein air, donc tu peux regarder le ciel pendant que tu te baignes dedans. Tu peux utiliser celui-ci ou le grand bain que nous avons vu sur le chemin de notre chambre, » déclarai-je.

Je lui avais demandé ce qu’elle voulait faire, et ses yeux avaient commencé à briller. J’avais toujours su à quel point elle aimait les bains, donc un tel lieu pour une personne avec une telle ouverture d’esprit la rendrait heureuse.

« Les deux ! Mais je veux d’abord essayer le grand ! » déclara Marie.

« Très bien, alors profitons au mieux de notre temps ici. Nous pouvons profiter des sources chaudes toute la journée aujourd’hui, » répondis-je.

La jeune fille frissonna, à peine capable de contenir son excitation. Le visage de Wridra s’éclaira aussi.

Je m’étais dit que Marie était très douée pour exprimer sa joie. Je sentais son cœur battre comme son corps était contre le mien, et elle pressait sa tête contre moi tout en faisant des sons inintelligibles. Puis elle leva les yeux vers moi, et ses lèvres colorées se séparèrent lentement.

« Je suis si excitée. Je me suis toujours demandé… pourquoi m’apprends-tu toujours des choses aussi amusantes ? » demanda Marie.

« Hmm, je pense que… c’est probablement parce que c’est amusant pour moi aussi, » répondis-je.

Elle avait relâché une bouffée d’air de son nez, qui avait été de nouveau pressé contre moi. Ses yeux pourpres pâles avaient regardé dans les miens, puis sa bouche s’était ouverte une fois de plus.

« M’apprendras-tu à porter le yukata ? » demanda Marie.

Quand une fille adorable vous demandait ça, tout ce que vous pouviez faire, c’était de répondre par « Avec plaisir ».

Son sourire était contagieux, et je sentais un sourire s’élargir sur mon propre visage.

***

Partie 4

Cela avait été assez animé quand elle s’était habillée. Les deux filles semblaient très intéressées par les yukatas colorés, et je pouvais entendre leurs voix joyeuses derrière moi pendant que j’étais assis dans le jardin. Le simple fait d’écouter leurs cris heureux m’avait aussi mis de bonne humeur.

C’était étrange de penser qu’il y a tout juste un mois, j’étais un salarié qui ne vivait que pour passer son temps seul alors que le rêve était mon seul passe-temps.

« Hmm, je pense que c’est à peu près ça… Pourrais-tu vérifier ça très rapidement ? »

Je m’étais retourné en réponse à la voix de la jeune fille, puis je m’étais immédiatement retourné vers le jardin. Une beauté aux cheveux noirs se tenait derrière Marie, et son derrière pâle était visible sous le yukata ouvert.

Hmm… Une image si puissante… Son manque de modestie était un peu troublant. C’était peut-être parce qu’elle était en mode vacances, mais j’avais aussi l’impression que Marie était moins prudente que d’habitude.

« Je vais vérifier ceci. Viens ici, Marie, » déclarai-je.

Elle avait vite trotté vers moi, et une fille aux joues rouges était apparue devant moi. Je l’avais prise par les mains et je l’avais mise devant moi. J’avais replacé la corde autour de sa taille, puis j’avais fait quelques ajustements plus fins au niveau de sa poitrine. On aurait dit qu’elle aimait qu’on s’occupe d’elle comme ça, et elle me laissait joyeusement m’occuper d’elle sans opposer la moindre résistance. Son expression heureuse, alors qu’elle étendait les bras en avant, était plus que ce que je ne pouvais demander en tant qu’individu qui l’habillait.

« … Ça devrait suffire. Montre-moi ton dos, » déclarai-je.

Je l’avais prise par la main, je l’avais retournée et elle avait gloussé légèrement. Après quelques derniers ajustements à sa ceinture, Mademoiselle l’elfe avait pu porter avec succès son yukata. Son sourire quand elle se retournait était comme une fleur en pleine fleuraison, et elle m’avait fait une adorable « Merci ».

« Ah, alors c’est à ça que ça doit ressembler, » déclara Wridra.

Wridra avait jeté un coup d’œil de derrière l’écran shoji, et j’avais été stupéfait quand j’avais vu ses épaules et ses clavicules exposées. Sa peau était aussi d’un blanc pâle, et elle avait une allure puissante et mature avec ses cheveux noirs se répandant sur sa peau douce.

Maintenant que j’y pense, elle avait parlé de particules magiques tout à l’heure. Le contour de son yukata changea de forme devant nos yeux et enveloppa sa peau en ayant appris en observant Marie. C’était un spectacle tout droit sorti du royaume de la fantasy, et une impossibilité dans le Japon que je connaissais… Mais c’était dès le départ une résidente d’un monde imaginaire, donc je n’avais pas à m’en faire pour ça.

« OK! Alors, allons à la grande source d’eau chaude. Avez-vous toutes les deux vos serviettes ? » demandai-je.

« « Oui ! » »

Elles souriaient vivement en levant avec enthousiasme un bras en l’air. Je les avais amenées hors de la pièce et elles me suivirent, fredonnant en bondissant derrière moi.

Le silence remplissait la pièce, et elle devint colorée par la lumière du soleil. Cela allait les accueillir chaleureusement à leur retour.

 

***

 

Le vestiaire était rempli de vapeur et sentait faiblement les sources chaudes.

Marie s’était mise à l’affût de cette odeur mystérieuse, et ses yeux avaient rencontré une autre cliente japonaise qui s’y trouvait.

En tant que visiteuses d’un monde imaginaire, les deux filles ne pouvaient s’empêcher d’attirer l’attention sur elles, ce qui la rendait timide à l’idée de retirer son yukata.

Mais la Magi-Drake avec elle n’avait pas l’air de s’en faire du tout, et elle avait révélé son corps nu sans hésitation.

Mariabelle était inquiète quand j’avais invité la Magi-Drake pour la première visite dans ce monde.

Mais maintenant, elle semblait apprécier le fait qu’elle avait un compagnon.

Wridra lui avait souri, mais il n’était pas clair si elle était consciente de ce sentiment.

Cela l’avait encouragée à ne pas tenir compte des yeux, à se déshabiller et à mettre ses vêtements dans le casier.

Finalement, elle avait posé son sac à cordon sur le dessus, puis l’avait regardé avec ses yeux violet pâle.

Il lui avait remis ceci plus tôt, et il lui avait dit qu’il contenait quelque chose qu’on appelle une « allocation ».

Apparemment, elle pourrait l’utiliser pour acheter quelque chose après être sortie du bain.

Mais plus important que l’argent, c’était que la pochette présentait une photo d’un poisson rouge dessinée dessus, et cela la rendait heureuse de savoir que je savais ce qu’elle aimait.

En vérité, c’était si intense que le sourire qu’elle avait réfréné jusqu’à maintenant se répandit sur son visage.

« Hmhm, c’est un homme diligent. Je vois qu’il pense très fort à toi, Marie, » déclara Wridra.

« J-Je ne penses pas que c’est ainsi. Il est juste très prévenant, presque comme une femme… et il est très gentil, » répondit Marie.

Elle avait un peu rougi, puis referma le verrou en toute hâte.

La femme qui la regardait avait des proportions incroyables. Elle se tenait là, la main à la taille, alors qu’elle avait fait un sourire amusé.

La fille avait senti ses joues se réchauffer pour une raison inconnue, puis elle avait poussé Wridra vers les sources chaudes.

« Ahahahahaha ! Regarde comme ton visage est rouge ! Tu es une telle jeune fille, » déclara Wridra.

« Arrête de rire autant ! Je te donnerais une fessée si tu n’étais pas une Magi-Drake, » répliqua Marie.

Ce commentaire n’avait fait que faire encore plus rire Wridra.

Il y avait une vraie différence de hauteur de tête entre elles, mais elles avaient presque l’air d’être des sœurs.

Alors qu’elles sortaient de là, elles avaient découvert qu’il n’y avait pas de plafond et qu’un ciel bleu les attendait.

La lumière du soleil printanier était chaude, et il y avait les sources chaudes devant elles, avec l’odeur distincte des arbres dans l’air.

La fille n’imaginait pas seulement cette odeur d’arbre.

Les sources chaudes contenaient des gaz émis par les arbres, et lorsqu’elles seraient entrées dans la source, elles auraient alors l’impression d’être entourées d’une forêt luxuriante.

Le cœur de l’elfe féerique battait fortement en raison de l’impatience alors qu’elle plongeait son pied dans l’eau.

La couleur et le parfum légèrement nuageux qui les faisaient se sentir comme si elles étaient entourées d’arbres, et la texture glissante de l’eau avaient fait que leurs deux yeux s’étaient élargis en s’immergeant dans l’eau le pied le premier.

Après que l’intégralité de leur corps soit submergée, elles avaient toutes les deux libéré un « Oof... »

« Aaahhhh, tant d’eau chaude… C’est tellement luxueux ! » déclara Marie.

« Nng ! Il y a une certaine lourdeur dans cette eau. Mais je peux la sentir s’infiltrer dans mon corps fatigué. C’est merveilleux, » déclara Wridra.

Elles sentirent leur corps frémir alors que l’eau légèrement visqueuse enveloppait et réchauffait doucement leur corps.

Elles s’étaient lavées tout à l’heure, et leurs cheveux étaient maintenant enveloppés dans une serviette.

Marie s’était assurée que ses longues oreilles étaient toujours cachées, alors maintenant elle profitait de l’eau sans soucis.

Il n’y avait presque personne d’autre, et elles avaient vécu une expérience extravagante alors que c’était presque que pour elles.

« Ahhhh… C’est donc une source chaude… Cela va me corrompre en tant qu’elfe…, » déclara Marie.

« Quelque chose comme ça de temps en temps ne peut pas faire de mal… Bien que cela ne me dérange pas du tout si cela me corrompt en tant que dragon…, » répondit Wridra.

Enveloppées par la chaleur de l’eau, elles poussèrent un soupir satisfait.

Il y avait des cyprès japonais autour d’elles, ainsi que des arbres verts à proximité.

Ces sources chaudes étaient probablement habituées à guérir de leur fatigue les voyageurs.

En raison du volume d’eau, le simple fait de se déplacer n’avait pas fait éclabousser, et provoquer des vagues sur elle.

Alors qu’elle s’étirait ses jambes et prenait une grande respiration, son derrière flottait naturellement jusqu’en haut de l’eau.

Elle était dans le monde du bain.

Elle s’était rendu compte à quel point les sources chaudes offraient une culture profonde.

Puis elle avait tendu les deux jambes et les deux bras.

 

 

Le ciel bleu s’étendait au-dessus de leurs têtes, et toutes les deux laissaient échapper une autre grande inspiration.

« Mmf, ce n’est pas bon… Je suis venue ici par caprice, mais je pourrais devenir accro…, » déclara Wridra.

« Moi aussi… C’est effrayant à quel point j’agis maintenant selon les coutumes japonaises, bien que je sois une elfe… Une partie de moi s’en ficherait si mes oreilles tombaient…, » déclara Marie.

Elle avait placé sa tête contre un cyprès, et les deux femmes avaient l’air de s’endormir.

Elles ressemblaient à leur compagnon, Kazuhiro, mais heureusement, aucune d’elles ne semblait s’en rendre compte.

La vapeur vacillait tout autour d’elles, adoucissant ainsi la lumière du soleil qui descendait sur elles. Elles avaient l’impression que même leurs pensées se dissoudraient dans une gelée.

Avec cette expression sur son visage et des perles de sueur sur son front, Wridra se tourna vers Marie.

« Alors, est-ce que tu as l’impression que tu vas pouvoir entrer dans ce donjon dit ancien ? » demanda Wridra.

« Non, nous allons parler au chef de la guilde ce soir… attends, comment le sais-tu… oh, c’est vrai. Tu nous as secrètement espionnés, » déclara Marie.

En entendant l’attitude de la jeune fille, le dragon gloussa en raison de son amusement.

Il n’y avait aucune mauvaise intention dans ses yeux quand elle regardait la fille avec ses seins flottant sur l’eau.

Marie et Kazuhiro étaient au courant qu’elle les observait à travers le sang du dragon qu’elle leur avait donné.

Ou, plus exactement, ils l’avaient réalisé quand Mewi avait fait remarquer qu’ils étaient « toujours connectés ».

« Je n’avais pas le choix. Je ne connais personne qui soit capable de passer dans le domaine de la réalité. C’est pourquoi j’étais inquiète. J’avais craint que quelqu’un essaie d’utiliser ce pouvoir pour faire du mal, mais… Je ne m’attendais pas à ce qu’il passe ses journées à embrasser une jeune elfe, » déclara Wridra.

Les joues de la fille étaient devenues instantanément rouges.

Ce n’était pas à cause de la chaleur, mais parce qu’elle n’était que trop familière avec ce dont elle parlait.

« Ah ! … Je vais t’appeler la Magi-Drake Voyeuse à partir de maintenant. On ne t’amènera plus jamais aux sources chaudes ! » déclara Marie.

« Quoi ? Je ne peux pas voir ça ! Je peux te promettre ceci : je n’ai entendu que vos voix, et j’ai tenu compte de votre vie privée ! Je n’aurais aucune idée si vous vous bécotiez tout le temps ! » déclara Wridra.

« S-Se bécoter ? Nous n’avons rien fait de tel ! » s’écria Marie.

Wridra inclina la tête à la vue de la jeune fille se submergeant dans l’eau jusqu’aux lèvres et faisant des bulles à la surface.

À en juger par le contenu de leur conversation, elle avait supposé qu’ils avaient déjà eu ce genre de relation.

Toujours sous l’eau, la fille détournait les yeux.

Wridra l’avait peut-être imaginé, mais elle avait l’air contrariée.

Voyant cela, un regard annonçant sa découverte se répandit sur le visage de la femme aux cheveux noirs.

« Hmm, je vois. Tu es un enfant, et c’est un lâche, » déclara Wridra.

« … Hein ? » demanda Marie.

La main de la Magi-Drake s’était déplacée dans l’eau et avait saisi la main de l’elfe.

Elle leva les yeux vers elle et Wridra chuchota. « Il y a quelque chose d’intéressant. »

« Que dirais-tu de te joindre à moi ? » demanda Wridra.

« … Bien sûr, ça ne me dérange pas. Tant que tu vas m’expliquer ce que tu voulais dire tout à l’heure, » déclara Marie.

Wridra avait souri, révélant ses dents blanches.

***

Partie 5

L’air chaud s’était soudainement dirigé vers elles, et elles avaient fermé la porte en toute hâte.

Il faisait si chaud qu’elles semblaient penser que ce n’était pas un endroit où un être vivant devrait entrer.

L’entrée disait « sauna », mais aucune d’elles ne savait encore ce que cela signifiait.

Elles se regardèrent, se demandant ce qu’il fallait faire lorsque plusieurs femmes sortirent bruyamment de la pièce.

Voyant l’air de bonheur sur leurs visages, les deux femmes se regardèrent à nouveau et trouvèrent le courage d’entrer.

La chaleur puissante était toujours là.

Mais voyant l’espace sombre avec des sièges en bois à l’intérieur, elles pouvaient dire que c’était une sorte de lieu de guérison.

La Magi-Drake s’était assise lourdement sur le siège, et l’elfe avait suivi son exemple… avant de sauter en raison de la chaleur brûlante du banc. Elle avait crié. « Chaud ! » La dragonne se mit à nouveau à rire.

« Hahaha, ça semble être un autre type de bain. C’est chauffer à la vapeur au lieu de l’eau… Les humains ont des idées vraiment innovatrices, » déclara Wridra.

« C’est bien et tout… Mais je pense que je vais être transformée en plat vapeur si cela continue. Même l’air que je respire est chaud… ça me fait mal au nez ! » déclara Marie.

Elle était encore un peu prudente, mais elle s’était peu à peu habituée à la chaleur et avait lentement abaissé ses hanches.

Alors qu’elle était assise dans une pièce remplie d’air chaud, elle avait fini par s’y habituer suffisamment pour étirer ses membres.

La jeune fille demanda alors à la dragonne. « Pourrais-tu me dire ce que tu voulais dire tout à l’heure ? Ça avait l’air terriblement méchant quand tu m’as traitée d’enfant et lui de lâche. »

Marie regarda froidement la dragonne avec une expression inhabituelle pour elle.

Mais en vérité, c’était simplement que Kazuhiro ne l’avait pas vue comme ça, et c’était son expression habituelle quand elle passait du temps dans la Guilde des Sorciers.

Pourtant, l’expression chaleureuse et maternelle de Wridra ne s’était pas estompée, et elle s’était rapprochée un peu plus de la fille elfique.

« Tu le sais peut-être déjà, mais mon corps est plus proche de celui d’une fée. Il en va de même pour toi. Les elfes sont proches des fées en tant qu’espèce, et ils sont des créatures complètement différentes des humains, » déclara Wridra.

C’était vrai. Bien qu’elle oubliait parfois… non, elle essayait d’oublier, mais elle était différente des humains.

Ils pouvaient se toucher et communiquer entre eux, mais il y avait quelque chose de fondamentalement différent chez eux par rapport aux humains.

Pour cette raison, elle savait très bien qu’il était extrêmement rare que les humains et les elfes finissent par être ensemble.

« Allons, n’aie pas l’air si lugubre. C’est pourquoi je dis que tu es encore une enfant. Tu souhaites vraiment le toucher, c’est pourquoi tu as peu à peu changé ton corps et ta façon de penser. Ai-je tort ? » demanda Wridra.

L’elfe avait cligné des yeux.

Elle ne comprenait pas ce qu’on venait de lui dire, mais elle ne pouvait pas non plus prétendre ne pas l’avoir entendu.

La dragonne avait dit quelque chose d’important. « Tu n’as pas besoin d’être pressée. Tu seras prête et ce garçon fera la paire avec toi un jour. »

La fille avait senti quelque chose au fond de sa tête s’engourdir.

Elle pouvait voir la vérité des paroles de la dragonne, et un aperçu de l’avenir apparaissait dans sa vision.

Cela avait été flou et vague jusque-là, mais les paroles de la dragonne l’avaient aidée à prendre forme.

Les Magi-Drakes pouvaient contrôler toutes sortes de magie, mais cela ne semblait pas être de la magie.

Mais la jeune fille poussa un soupir mélancolique, se serra les genoux et fit paraître son petit corps encore plus petit.

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Wridra.

« Il… ne me trouve probablement pas attirante, » déclara Marie.

« Hmm ? Et qu’est-ce qui te fait penser ça ? Tu as l’air adorable même à mes yeux, » répondit Wridra.

Il devait être évident pour tout observateur qu’elle était très importante pour ce jeune homme.

Mais Marie avait fait la moue, faisant une expression d’enfant.

« Il n’initie presque jamais de contact physique… On ne s’est jamais embrassés comme tu l’as dit. Je ne pense pas du tout qu’il me voit comme une femme, » déclara Marie.

« Hm. Alors, à propos de ce que j’ai dit tout à l’heure…, » déclara Wridra.

Les yeux de l’elfe se tournèrent légèrement vers la dragonne, mais ils étaient pleins de doutes et d’accusations.

Considérant la confiance qu’elle venait d’accorder à ses déclarations antérieures, Wridra n’avait pas pu s’empêcher de pousser un soupir en elle.

« Il est devenu un lâche parce que tu es si importante pour lui, » déclara Wridra.

« … Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Marie.

« Hahaha. En termes simples, cela signifie qu’il y a de l’espoir, » déclara Wridra.

Ses yeux d’améthyste s’élargissent, révélant leur éclat vif.

Le garçon, Kazuhiro, avait apparemment pensé à eux comme à des fleurs épanouies.

Wridra avait l’impression qu’elle comprenait un peu pourquoi il s’était perdu dans ces yeux.

« Vrai… ment… ? » Alors même qu’elle demandait cela avec anxiété, elle s’approcha encore plus près.

Ses yeux brillants étaient attirants même pour la dragonne, et ses joues devenaient légèrement roses.

« Eh bien, découvrir si c’est vrai ou non est une tâche simple. La vérité est toujours là devant toi, » répondit Wridra. « Si tu veux le savoir, tu peux simplement le découvrir. Par exemple… »

La jeune fille avait eu l’impression de devenir tout étourdie face aux mots confiants de la femme.

Ou, plutôt, c’était en fait parce qu’elle avait été dans le sauna trop longtemps.

Son corps s’était lentement incliné vers le bas, et Wridra l’avait soutenue silencieusement.

Puis elle l’avait portée dehors et l’avait allongée sur la chaise.

 

***

 

Alors qu’elle passait à travers le séparateur de tissu pour sortir, le jeune homme lisait un livre à proximité.

La jeune fille se souvient qu’ils avaient choisi un livre ensemble à la bibliothèque, mais elle aurait aimé avoir plus de temps pour se préparer mentalement à la réunion.

Il la remarqua aussi et la regarda droit dans les yeux.

Son visage habituel, l’air endormi, avait doucement souri alors qu’il se leva.

Le samue qu’il portait était plutôt simple, mais parfait pour passer du temps libre.

« Salut. Comment était le bain ? Il y a un bain de pieds là-bas. Veux-tu y jeter un coup d’œil ? » demanda-t-il.

Elle ne pouvait pas vraiment parler, et ne pouvait que hocher la tête sans paroles.

Et ainsi, ils se dirigèrent vers le bain de pieds avec lui en tête.

La jeune fille se retourna pour voir Wridra agiter la main en disant « Bonne chance », ce qui ne fit que faire battre son cœur encore plus fort.

Elle l’entendait battre contre sa poitrine, et ses pieds étaient devenus incertains, comme si elle marchait dans un rêve.

Sa main serra la sienne, et son petit corps avait frémi en réaction.

L’anticipation de quelque chose qui allait venir lui donnait l’impression qu’elle pouvait s’évanouir à tout moment.

***

Partie 6

Cet endroit avait beau être une installation récréative, c’était quand même une auberge japonaise agréable et tranquille.

Pendant que nous marchions dans le couloir, il y avait beaucoup de familles qui semblaient profiter de leur temps libre ici.

La lumière du soleil était presque directement au-dessus de nos têtes, et plusieurs personnes se dirigeaient en ce moment vers la salle à manger.

On pourrait déjà aller manger, mais il vaudrait mieux se détendre un peu après avoir pris un bain.

Comme c’était la première visite aux sources chaudes pour l’elfe dont je tenais la main, je devrais lui apprendre la bonne façon d’en profiter.

« Après avoir pris un bain, tu pourras choisir la boisson que tu veux. C’est à ça que sert ce stand, » déclarai-je.

« … Je… Je vois. Est-ce pour ça que tu m’as donné cette pochette à cordon ? » demanda Marie.

Je m’étais retourné et j’avais remarqué alors qu’elle avait pris le temps de répondre que le visage de la fille était si rouge que je m’étais demandé si elle n’avait pas surchauffé alors qu’elle était dans les sources chaudes.

Ses clavicules étaient visibles alors qu’ils n’étaient pas couverts par son yukata, et le fait de voir sa peau claire plus pâle que d’habitude la rendait plus séduisante que la normale.

En voyant ses lèvres pulpeuses et douces, j’avais failli avoir le visage tout chaud.

Comme elle était une elfe qui avait vécu 100 ans, elle était en fait beaucoup plus âgée que moi.

« Ouais, alors, euh, vas-y, choisis ce que tu veux, » balbutiai-je.

J’avais pointé du doigt devant moi, et les yeux de la fille s’étaient dirigés vers l’alignement de jus de fruits.

Le réfrigérateur derrière le verre contenait du café, du lait, du lait aux fraises et diverses boissons en conserve.

La vue était sûre d’attirer l’attention de n’importe quel enfant, et les yeux de la jeune fille brillèrent d’excitation.

Mais en sentant les yeux de quelqu’un sur nous, j’avais regardé sur le côté pour trouver Wridra dans le coin du couloir, comme si elle était sur le point de pleurer.

Elle se tenait assez loin de nous, mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Je voulais le lui demander, mais elle avait disparu de l’autre côté du couloir avec un regard douloureux. Je lui aurais acheté du jus de fruits si elle en avait voulu…

En y repensant, j’avais senti une traction sur ma manche.

« Je veux celui-là ! La couleur est si jolie, » déclara Marie.

« Oh, bien sûr. Alors je choisirai le même. Excuse-moi…, » déclarai-je.

Les deux bouteilles de ramunes (boisson non alcoolisée gazeuse japonaise) s’étaient cognées l’une contre l’autre pendant que je les mettais sur le comptoir pour les payer.

C’était drôle de voir Marie lutter pour faire passer la bille à travers le goulot de la bouteille [1].

Elle avait mis la bouteille sur une serviette et avait essayé de l’enfoncer, mais elle semblait avoir de la difficulté à pousser assez fort.

J’avais placé ma main sur la sienne pour l’aider, et elle avait légèrement tremblé en raison de l’effort.

Juste au moment où elle commençait à se tourner vers moi, la bille s’était retirée avec un « pop » satisfaisant !

« Oh ! Qu’est-ce que c’est ? Il y a une boule transparente là, » déclara Marie.

« Oui, ça s’appelle une bille, et c’est utilisé comme sceau pour la boisson, » répondis-je.

Elle fit un bruit montrant son étonnement et regarda avec curiosité dans la bouteille, et ses yeux d’un pourpre pâle observèrent le gaz carbonique qui faisait des bulles dans la bouteille.

Ces boissons devaient lui paraître étranges.

Elle fixait la bouteille tout le temps pendant que nous marchions vers le bain de pieds.

On aurait dit qu’elle était impatiente de le boire, mais elle avait juste besoin d’attendre un peu plus longtemps.

Après une courte marche, nous étions arrivés au bain de pieds se trouvant tout près.

Il y avait différents endroits pour profiter de l’eau chaude de l’établissement, l’un d’eux étant un plan d’eau qui était aussi un passage qui ne montait même pas jusqu’à vos genoux.

Nous nous étions assis sur les sièges dans ce qui ressemblait à une véranda et nous avions plongé les pieds dedans, sentant la chaleur de l’eau qui était juste à la bonne température.

« Comme c’est intéressant. Je ne m’attendais pas à voir un bain comme ça. Je suppose que c’est pour te réchauffer le corps ? » demanda Marie.

« C’est bien ça. Il suffit d’y tremper les pieds pour se réchauffer tout le corps. Mais aller aux sources chaudes est bien sûr plus efficace pour se garder au chaud par une journée froide, » répondis-je.

La rougeur sur le visage de la jeune fille s’était estompée, et j’étais soulagé de voir qu’elle était redevenue joyeuse.

Elle s’était laissée tomber à côté de moi et, avec sa jambe à côté de la mienne, il était facile de voir la différence dans les couleurs de notre peau.

Elle les étendit aussi loin qu’elle le pouvait, puis fit de petits gestes de pression avec eux.

Ses pieds étaient pâles comme le reste de son corps et beaucoup plus petits que les miens.

J’avais écarté mes orteils de la même façon, et elle avait ri joyeusement en voyant ça.

« Alors, qu’as-tu pensé des sources chaudes ? J’ai entendu dire que cet endroit est plutôt bien, » demandai-je.

« Oh, c’est incroyable. Je n’ai rien à comparer parce que je viens de la forêt et que c’est la première fois que je vais aux sources chaudes, mais j’ai frissonné quand j’y ai trempé mon corps. J’ai même pensé que ça me corromprait en tant qu’elfe, » déclara Marie.

J’avais entendu des gens dire cela à propos d’eux-mêmes, mais je ne savais pas que les elfes pouvaient ressentir la même chose.

Elle semblait sincère en me disant ça, et cela me rendait heureux de l’avoir invitée.

« Alors je suppose que je devrais dire, bienvenue dans la culture des sources chaudes. Je suis vraiment content que tu aies l’air d’aimer ça, » déclarai-je.

« Oh, mais je ne sais pas si je devrais. Et si je suis vraiment corrompue en tant qu’elfe ? Tu ne riras peut-être plus quand mes oreilles tomberont de ma tête, » déclara Marie.

Nous avions tous les deux ri, puis nous avions cogné nos bouteilles ensemble.

Le ramune froid m’avait fait du bien en descendant dans la gorge et cela m’avait laissé un arrière-goût rafraîchissant.

Les yeux de Marie s’étaient un peu élargis en sentant les bulles, puis elle avait souri et avait dit que cela avait bon goût.

« Je voulais te remercier. J’étais gênée au début, mais voir ton visage endormi m’a aidée à me détendre, » déclara Marie.

Hm ? Gênée ? Que voulait-elle dire ?

Je ne m’attendais pas à des remerciements formels, mais elle avait retiré ses pieds de l’eau.

Je l’avais observée, me demandant ce qui allait se passer ensuite, puis elle avait placé sa petite main sur ma poitrine.

« Tu dois te sentir gênée comme je l’ai été, » déclara Marie.

« Hein… ? »

Son joli visage obstrua le soleil à mesure qu’elle se rapprochait, et mes yeux s’élargirent.

Son nez s’était frotté contre mon front, puis elle m’avait gentiment caressé les cheveux.

Ses lèvres douces étaient aussi — non, beaucoup plus douces que je ne l’imaginais quand elles se pressaient contre mon front.

Le temps semblait disparaître.

Mes pensées avaient été effacées de mon esprit, et je ne connaissais que la chaleur qui venait d’elle.

Un léger jet d’eau se fit entendre, mais on aurait dit que cela venait de si loin.

Seul le cou de la fille était apparu dans mon champ de vision, et j’avais senti sa respiration me chatouiller les cheveux.

Les cheveux brillants et soyeux de l’elfe me caressaient les joues, et j’étais à court de mots.

Tout ce que je pouvais faire, c’était sentir sa chaleur.

Puis, la chaleur avait commencé à remplir visiblement mes joues.

J’avais fait un léger bruit en m’éloignant d’elle, et le visage de l’elfe avait rempli ma vue.

La fille rougissante devant moi semblait si féminine et pure que je ne pouvais m’empêcher d’être captivé par elle plus que d’habitude.

En me voyant ainsi, un sourire satisfait se répandit sur son visage.

« Hehe, qu’est-ce que tu dis d’un merci ? » demanda Marie.

« A-Ahhh, c’était, très, très, surprenant. Umm, merci, » balbutiai-je.

« C’est moi qui te remercie… J’ai un peu froid. Peux-tu te pousser pour moi ? » demanda Marie.

J’étais encore au milieu de ma confusion, quand la fille avait placé ses fesses entre mes jambes.

Elle était ensuite retournée à son bain de pieds et avait commencé à fredonner en étant de bonne humeur.

La sensation contre mon front était encore clairement persistante, donnant l’impression que les lèvres de Marie étaient toujours là.

J’étais ébloui par ses cuisses qui sortaient de son yukata, et j’avais besoin de temps pour contenir l’émotion étrange que je ressentais.

Je ne savais pas, mais apparemment Wridra lui avait dit ce qui suit.

« Mains, pieds, où tu veux… Embrasse-le quelque part. S’il a des sentiments pour toi, regarde son visage et tu verras. » C’était un conseil agressif, mais précis.

 

 

Tandis que ma tête se remettait lentement de la confusion, j’en étais venu à une prise de conscience.

La fille avait fait un pas en avant, et malgré ma nature timide, je devais faire la même chose.

En d’autres termes, il semblait que nous étions plus que de simples amis à partir de ce moment.

C’est ce que j’avais ressenti quand j’avais touché mon propre front.

C’était assez choquant, et je n’aurais probablement ressenti aucune douleur si je m’étais pincé la joue tout à l’heure.

Je n’avais jamais fait l’expérience de quelque chose comme ça auparavant, donc j’avais l’impression que ce n’était pas vraiment réel et j’avais pensé à la possibilité que ce soit un rêve très agréable.

Mais la jeune fille était bien là et profitait du bain de pieds devant moi, ses orteils oscillant d’avant en arrière.

J’avais finalement remarqué la bouteille dans ma main et j’avais porté le ramune à ma bouche.

Le liquide qui traversa ma gorge était très froid et doux.

Quand j’avais reposé ma bouteille, une paire d’yeux d’un violet pâle me fixait, et mon cœur avait bondi.

« Pourquoi y a-t-il des sources chaudes alors qu’il n’y a pas de volcan ici ? » demanda Marie.

J’avais ressenti un peu de soulagement lorsqu’elle avait posé la question.

C’était probablement parce que ses yeux étaient comme toujours si emplis de curiosité.

Cela m’avait fait me dire que Marie était juste là devant moi, et que son action tout à l’heure était tout à fait naturelle.

Pendant que je buvais du ramune, alors que je trempais dans le bain, et que j’appréciais nos conversations pendant un moment, mon cœur sembla enfin se calmer.

Ce moment restera gravé dans mon esprit comme un souvenir spécial, mais je voulais protéger la relation que nous avions déjà.

Comme je l’avais pensé, Marie semblait très intéressée par les sources chaudes, alors je lui avais parlé de leur histoire et de certaines sources chaudes célèbres dans différentes régions du Japon.

Mais je m’étais rendu compte que j’avais peut-être choisi le mauvais sujet de discussion quand je lui avais dit qu’il y avait tant de sources d’eau chaude parce que ce pays était l’un des pays les plus sujets aux tremblements de terre du monde.

Ses yeux s’étaient ouverts en grand.

« Ça me fait me souvenir de quelque chose ! Il y a eu un tremblement de terre cette nuit-là ! Ce n’était donc pas qu’un incident rare !? » demanda Marie.

« Non, ça arrive assez souvent… Pourquoi ne pas nous joindre aux exercices d’évacuation de mon immeuble l’un de ces jours ? » demandai-je.

Marie avait pâli, puis hocha la tête avec ferveur.

Je m’étais souvenu qu’elle était si surprise cette nuit-là qu’elle était pratiquement sortie des toilettes.

J’avais décidé de ne pas lui dire que les villes métropolitaines, comme celle où nous vivons, étaient particulièrement vulnérables aux tremblements de terre.

Ils montraient souvent à la télévision des régions dans lesquelles il était dangereux de se trouver lors de tremblements de terre.

La zone du Koto Ward était rouge vif sur les cartes des zones illustrées à l’époque.

« Il y a eu un très grand tremblement de terre il y a longtemps. Ça a aussi mal tourné chez mon grand-père, » déclarai-je.

« Vraiment ? Est-ce vraiment bon maintenant ? » demanda Marie.

« Bien sûr que oui. Nous sommes le pays le mieux préparé au monde en matière de tremblements de terre. Des gens d’autres pays viennent même ici pour se renseigner sur nos méthodes, » déclarai-je.

En entendant cela, Marie poussa un soupir de soulagement et frotta ma jambe comme pour me réconforter.

La Golden Week s’approchait, et j’avais prévu de visiter la maison de mon grand-père avec elle.

Je faisais ça parce qu’elle s’était beaucoup intéressée à la vie japonaise à l’ancienne après avoir regardé un anime.

Maintenant que nous étions tous réchauffés, nous avons décidé de prendre nos bouteilles vides et de quitter le bain de pieds.

Nous avions traversé le couloir sombre et un peu nostalgique de style japonais, quand elle s’était tournée vers moi avec beaucoup d’enthousiasme.

« Oh, j’ai hâte d’y être ! C’est un endroit plein de verdure et de respect pour la nature, n’est-ce pas ? Il doit y avoir des dieux partout, » déclara Marie.

« En fait, je n’en suis pas sûr. En vérité, je n’ai jamais regardé l’histoire de la région. Tu en sais peut-être plus que moi à ce stade-ci, » déclarai-je.

« Comme c’est décevant ! Ne connais-tu pas la terre où tu as grandi ? Tu dois étudier à notre retour. Je vais t’aider, » déclara Marie.

Argh, je ne voulais pas étudier après être rentré du travail…

J’avais grogné en ouvrant la porte coulissante pour trouver Wridra couchée sur le sol de tatami.

« Oh, je me demandais où tu étais. Que s’est-il passé ? » demandai-je.

« Uuuugh, je pensais pouvoir manger quelque chose de délicieux… Tu es terrible ! » déclara Wridra.

Elle avait les larmes aux yeux, et elle avait une expression affamée quand elle s’était assise.

Nous la regardâmes tous les deux d’un air vide, et même si nous nous sentions mal, nous ne pouvions pas nous empêcher de rire.

« Uuuugh ! Après avoir été si prévenant, tu as intimidé une pauvre Magi-Drake ? Vous êtes des enfants du démon ! » déclara la dragonne.

« Hmm, on dirait le menu. Regarde, ils ont une spécialité locale ici aussi. Ça s’appelle waraji katsu. En voulez-vous toutes les deux ? » demandai-je.

« « Oui !! » »

Comme c’est mignon, elles étaient parfaitement synchronisées.

Le fait de prendre un bain me donnait faim pour une raison ou une autre, et tout ce que j’avais mangé, c’était des pommes de terre miso sur le chemin.

Mais en y pensais, nous avions aussi mangé des boulettes de riz.

Mais nous faisions notre merveilleuse excursion d’une journée, alors je ne pouvais pas trop me plaindre.

J’avais passé une commande auprès d’un employé depuis ici, en pensant qu’il était très pratique de ne pas avoir à nous rendre à la salle à manger parce que nous avions réservé une chambre pour trois.

La famille Ichijo avait aussi dû passer leur temps ici.

Quand la nourriture était arrivée, j’avais réalisé qu’on l’appelait waraji katsu parce que c’était aussi gros que des sandales waraji.

Le katsu avait été servi avec de la sauce sucrée sur le dessus et placé sur un lit de riz blanc.

Les yeux de Wridra scintillèrent face à la masse de nourriture, et la bouche de la jeune elfe s’était ouvert avec surprise.

Nous ne pouvions pas profiter du bain en plein air fourni avec la salle privée, mais je n’aurais pas pu voir Wridra se débattre avec joie sur le tatami de l’auberge, alors je dirais que ça en valait la peine.

Ce n’était pas nécessairement un signe d’excuse, mais le saké et les délicieux plats d’accompagnement qui l’entouraient après le bain semblaient lui faire oublier tout le stress de l’éducation de ses enfants.

Pour être honnête, je me sentais mal d’avoir oublié que ce voyage était pour elle.

Les filles avaient apprécié le reste de leur séjour en faisant la sieste et en retournant aux sources chaudes.

Notes

***

Partie 7

Le temps passe vite quand on s’amuse.

Cette pensée me remplissait l’esprit alors que je levai les yeux vers le ciel rouge.

Les montagnes de Chichibu étaient quelque peu nostalgiques.

Les montagnes étroites et hautes qui se répétaient étaient une image pittoresque du Japon séculaire.

J’avais toujours imaginé des montagnes comme celles-ci chaque fois qu’elles apparaissaient dans des histoires sur les temps anciens.

J’étais perdu dans ces émotions fortes alors que je conduisais lentement la voiture sur la route de montagne sinueuse.

De mon point de vue, le Japonais m’avait toujours paru ennuyeux.

C’était étrange de penser à la façon dont je l’expérimentais à mon grand plaisir maintenant, en me demandant où nous pourrions aller ensuite.

J’avais pensé que c’était surtout dû à mon désir de voir les réactions de la charmante fille à côté de moi.

J’avais jeté un coup d’œil de mon côté pour voir Mariabelle qui s’était endormie.

Rien que de regarder ses lèvres pendant qu’elle dormait me rendait les joues chaudes.

Elle m’avait dit que je devais me sentir gêné, et cela avait clairement bien fonctionné.

« Oh, Wridra. Veux-tu bien m’apporter cette couverture ? » demandai-je.

« Hm ? Ah, tu veux dire ça, » demanda Wridra.

Je l’avais remerciée quand elle m’avait remis la couverture, et je l’avais placée sur la fille alors que j’attendais à un feu rouge.

Les nuits de printemps étaient encore fraîches et l’air avait tendance à s’assécher en conduisant.

Je n’en savais pas beaucoup sur les elfes, mais j’avais peur qu’elle attrape un rhume.

« Hmhmhm, si galant. Parmi les humains que j’ai connus, ce sont toujours les femmes qui s’occupaient des hommes. Il semble que tu sois un cas particulier, » déclara Wridra.

« Est-ce si étrange que ça ? Je pense que c’est plutôt normal de nos jours, » répondis-je.

Malgré ce que j’avais dit, j’avais eu l’impression que les Japonais n’avaient pas encore l’habitude de traiter les femmes avec bienveillance.

Je m’étais dit que c’était plus courant dans les pays occidentaux plus chevaleresques.

En y réfléchissant, j’avais senti Wridra se pencher vers moi.

La chaise tremblait légèrement, et je sentais ses yeux sur moi.

Elle me jetait probablement ce regard empli de doute en réponse.

« Tu dis ça, mais il me semble que tu n’as d’yeux que pour Marie. N’est-ce pas le cas ? » demanda Wridra.

« Je, je ne… pense pas ? » répondis-je.

Ma voix grinçait un peu à cause du ton étrangement intense de sa voix, et parce que sa main avait fermement saisi mon épaule.

La dragonne inclina la tête comme si elle s’interrogeait sur mes paroles, puis parla avec une pointe de colère dans son ton.

« Idiot, tu crois vraiment que je ne t’ai pas vu te sentir seul alors que j’attendais avec impatience ? » demanda Wridra.

« Hein ? Tu attendais ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » demandai-je.

Elle m’avait regardé dans le miroir comme pour dire. « Comme je le pensais. »

Se faire regarder fixement par une belle femme était étrangement intense.

Ses lèvres pourpres s’étaient transformées en froncement de sourcils et elle avait l’air clairement mécontente.

« M’inviter au soi-disant donjon aurait été la ligne de conduite attendue. Je croyais que c’était ton objectif au départ, mais tu n’as rien d’autre à l’esprit que des loisirs, » déclara Wridra.

« … Hein ? Oh, tu veux dire l’ancien donjon ? Mais tu ne voudrais certainement pas y être invitée, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Je n’avais pas seulement oublié, mais je n’avais même pas pensé à l’inviter.

Pour le dire franchement, qui avait déjà entendu parler d’inviter un dragon de niveau d’un Boss dans un groupe ?

D’ailleurs, j’avais été surpris qu’elle connaisse même l’ancien donjon.

Mais quand j’y avais réfléchi, je m’étais souvenu qu’elle avait écouté notre conversation à travers l’objet qu’elle nous avait donné.

Ce n’était pas étonnant qu’elle en sache autant.

Alors que ces pensées me traversaient l’esprit, j’entendais renifler près de mon oreille.

« Je vois… Je suis un paria… Comme c’est étrange… il y a du mucus qui sort de mes yeux, » déclara Wridra.

« Quoi !? Mais… attends, veux-tu venir avec nous ? » demandai-je.

J’avais été choqué de voir qu’elle pleurait vraiment !

Elle avait l’air de pouvoir se mettre à pleurer d’un instant à l’autre, alors j’avais arrêté la voiture à un arrêt près de quelques distributeurs automatiques.

 

***

 

J’avais placé des pièces de monnaie dans le distributeur automatique, et les boutons étaient tous devenus rouges simultanément.

Sa peau pâle se détachait encore plus que d’habitude avec ses cheveux colorés pour la nuit et sa robe d’une seule pièce.

J’avais arrêté le moteur de ma voiture, et le monde s’était immédiatement calmé.

La seule illumination venait du distributeur automatique, et c’était comme si nous étions dans une dimension séparée du reste du monde.

La forêt de bambous qui nous entourait bruissait en raison du vent, et le doigt de Wridra vacillait lorsqu’elle essayait de décider lequel choisir.

Elle avait finalement fait son choix, et un bip électronique avait retenti lorsqu’un bouton avait été enfoncé.

« Oh ho, te voilà ! Hoho, je vais te boire ! » déclara Wridra.

En la voyant gaiement sortir la boîte de la machine, j’avais été soulagé qu’elle ait pleuré plus tôt et qu’il ne s’agisse pas d’une affaire sérieuse.

J’étais sûr qu’elle ne faisait pas semblant ou quoi que ce soit, mais il me semblait qu’elle était trop expressive avec ses émotions en interagissant à peine avec les humains.

Ses fesses étaient soulignées dans sa position accroupie, et j’avais rapidement détourné le regard.

« Tu m’as surpris quand tu t’es mise à pleurer soudainement. Te sens-tu mieux maintenant ? » demandai-je.

« Imbécile, les dragons ne pleurent pas. Comme je l’ai dit, c’était du mucus, » déclara Wridra.

Je pense que ça s’appelle des larmes, Madame la Magi-Drake…

Les talons de Wridra avaient cliqué sur le sol alors qu’elle marchait vers la voiture, puis elle s’était appuyée dessus.

Elle était à peu près aussi grande que moi, mais ses longues et minces jambes la faisaient ressembler à un modèle.

Mais la moue qu’elle avait faite en essayant d’ouvrir la bouteille de soda à la crème de melon avait l’air un peu bizarre.

« Nng, mm… Ahh, délicieux ! » murmura Wridra.

C’était étrange qu’une femme avec un si beau visage puisse paraître si enfantine quand elle souriait.

Je m’étais senti soulagé alors qu’elle ait semblé s’être calmée. Je lui avais alors demandé.

« Alors, à propos du donjon… Cela ne t’empêcherait-il pas d’élever tes enfants si tu te joignais à nous ? »

« Ah, tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour ça. Je ne suis qu’une partie d’un groupe connu sous le nom de Noyau du Dragon. Je suis connectée au noyau principal, ce qui m’a permis de soulager mon stress dans son ensemble. Tant que je reviens de temps en temps pour me synchroniser, je peux bouger librement même en élevant mes petits, » déclara Wridra.

J’avais essayé de comprendre ce qu’elle venait de me dire.

C’était difficile de comprendre qu’elle soit connue comme étant un dragon, mais il semblait qu’il n’y aurait aucun problème à ce qu’elle se joigne à nous.

Bien que j’aie eu des inquiétudes…

« Je dois dire que c’est un endroit assez dangereux. Si toi, leur mère, tu es blessée…, » commençai-je.

« Oui, oui, très bien alors. Je veux passer du temps avec vous deux, alors emmenez-moi ! Je pourrais faire le plein les yeux fermés et j’envisagerais d’y aller en fonction du bento, alors emmenez-moi avec vous deux ! » déclara Wridra.

Voulait-elle juste un peu de bentos !? Et elle m’avait dit qu’elle « envisagerait d’y aller », mais qu’elle avait clairement l’intention d’y aller comme elle me l’avait dit de l’emmener avec nous.

Je me demandais si ça ne la dérangeait pas.

C’était vrai que je voulais une alliée puissante, et il n’y avait certainement pas de meilleur candidat pour remplir ce rôle.

Considérant que j’avais besoin de quelqu’un qui pouvait vraiment protéger Marie, garder mon secret et ne s’intéressait pas à l’argent, cela résoudrait parfaitement tous les obstacles qui se dressaient sur mon chemin.

« Je ne m’attendais pas à ça. C’est comme si un puzzle était résolu en un seul geste, » déclarai-je.

Elle avait ri de ma remarque.

Il était probable qu’elle était déjà arrivée à la conclusion que défier l’ancien donjon ne serait pas un problème avec Wridra la Magi-Drake avec nous.

« Veux-tu venir avec nous ? Cela va être rempli de mystères anciens, et je suis sûr que tu vas t’amuser. Je vais nous préparer du bento, bien sûr, alors profitons-en ensemble, » déclarai-je.

« Hmph, tu aurais dû le dire depuis le début. Alors j’aurais pu agir avec hésitation, manger beaucoup de nourriture délicieuse et accepter à contrecœur à la toute fin, » répliqua Wridra.

Elle avait levé son nez de sa boisson. C’était donc ce qu’elle prévoyait de faire…

J’avais l’impression d’avoir mal agi sans le savoir, et d’avoir mis une dragonne de mauvaise humeur.

Mais le problème principal quant au fait de trouver un tank était maintenant résolu, et la sécurité de Marie était assurée.

Il n’y avait personne en qui je pouvais avoir plus confiance pour m’occuper de cette tâche.

« C’est un honneur d’avoir un dragon parmi nous. J’ai encore beaucoup à apprendre, mais j’espère recevoir tes conseils, » déclarai-je.

« Hm, assure-toi de t’appliquer avec diligence, humain. Je me joindrai donc à ton groupe, » déclara Wridra.

La dragonne m’avait fait un beau sourire et nous nous étions serré la main.

Sa peau semblait lisse, mais il y avait un soupçon de force de dragon en elle.

Ce qui était étrange, c’est qu’une légende vivante, connue sous le nom de Magi-Drake, nous rejoignait sur le chemin du retour d’une excursion d’une journée vers des sources chaudes et une elfe qui ronflait à côté de nous.

« … Oh non. J’ai promis à Marie que j’en discuterais au préalable. Désolé Wridra, je vais devoir annuler ça si Marie n’est pas d’accord, » déclarai-je.

« Gah !? »

Je lui avais dis ça alors que je m’étais placé sur le siège du conducteur, et les yeux de Wridra s’étaient levées vers le ciel.

Oui, je comprenais ce qu’elle ressentait, mais ma promesse avec elle était importante.

Je doutais que Marie ne soit pas d’accord, mais si c’est le cas, désolé.

« Espèce d’imbécile !! »

La voix de Wridra résonna tout autour de nous, et la jeune fille dormante avait ouvert les yeux.

La voiture avait commencé à accélérer lentement, et nous étions finalement arrivés chez moi.

Notre petit voyage s’était donc terminé.

***

Partie 8

J’avais senti un bâillement me chatouiller l’oreille.

Je portais l’elfe sur mon dos, marchant dans le couloir vers mon appartement.

La fille marmonnait dans mon oreille pendant que je parcourais le couloir.

« Oh… je dormais… ? » demanda Marie.

« Oui, mais tu peux continuer à te reposer. Nous sommes presque arrivés, » répondis-je.

Je m’étais tourné pour trouver ses yeux d’améthyste à côté de moi, qui luttaient pour rester ouverts.

Ses longs cils blancs tremblaient tandis qu’elle se concentrait lentement sur moi.

Elle sentait faiblement l’odeur des sources chaudes et elle frotta la joue contre moi avant que ses yeux ne se referment.

« Ça fait du bien…, » elle marmonna, suivie d’une légère respiration alors qu’elle s’endormait.

Elle était épuisée d’avoir joué toute la journée, et le fait d’être ramenée dans la chambre était un privilège qui lui était réservé.

En fait, c’était peut-être un privilège pour moi aussi.

La fille était beaucoup plus légère qu’elle n’en avait l’air, et son corps chaud était vraiment agréable contre le mien.

Nous étions finalement arrivés devant la porte, et quand j’avais essayé de prendre les clés dans ma poche, j’avais été interrompu par la main douce de quelqu’un d’autre.

J’avais regardé sur le côté et la femme aux cheveux noirs avait tenu son index contre ses lèvres, puis m’avait touché le pantalon pour sortir mes clés.

Marie avait fait de légers bruits à côté de mon oreille, et j’avais vérifié son état alors que Wridra avait déverrouillé la porte pour moi.

Nous dormions habituellement ensemble, alors c’était peut-être bien que je puisse prendre mon temps pour regarder son visage endormi comme ça.

La porte s’était ouverte d’un simple clic.

Il faisait complètement noir à notre retour de voyage, et il était déjà plus de huit heures.

Wridra était entrée dans la pièce avant nous et avait actionné l’interrupteur.

Je l’avais suivie à l’intérieur, puis j’avais tranquillement couché Marie sur le lit.

« D’accord, je vais prendre ce temps pour préparer un repas. Tu peux aussi te reposer, Wridra, » déclarai-je.

« Avant, je t’apprendrai à manipuler ce protège-oreilles. Si tu tiens cet ornement avec tes doigts comme ceci et que tu l’ordonnes de se “détacher”…, » expliqua Wridra.

Les cheveux de Marie émirent une lumière blanche et brillante.

Ce qui semblait être ses cheveux tressés s’était dissous dans l’air, et les lumières avaient été absorbées dans la partie centrale de l’ornement.

Le revoir m’avait fait réfléchir à quel point c’était incroyable. Cela en disait long sur l’étendue des pouvoirs de la Magi-Drake.

Je l’avais placé à côté de son oreiller, et Wridra m’avait regardé comme pour me demander. « Compris ? »

« Ouais, c’est incroyable. Combien de temps peut-elle continuer à l’utiliser ? » demandai-je.

« J’ai séparé son lien avec moi, pour que tu puisses continuer à l’utiliser dans le domaine de la réalité. Il finira par se dégrader, mais je le rechargerai si tu fais appel à moi de temps en temps, » répondit Wridra.

Après ça, Wridra s’était assise doucement à côté de la fille endormie.

Bien qu’elle puisse être turbulente la plupart du temps, la voir silencieuse et prendre soin de ne pas réveiller Marie, la rendait plus charmante et belle que d’habitude.

Mais pour le dire franchement, elle était encore belle quand elle était bruyante, mais ses limites émotionnelles extrêmes m’avaient souvent surpris.

Puis elle chuchota. « Un voyage comme celui-là doit être un problème pour ton porte-monnaie. Cela ne me dérangerait pas de venir ici seulement de temps en temps, quand tu auras les fonds nécessaires. »

« Pour être honnête, faire ça toutes les semaines serait difficile. Je pense qu’il faudrait que ce soit au mieux une fois tous les quelques mois. Plus important encore, je suis toujours inquiet quant au fait de te distraire de l’élevage de tes enfants, » répondis-je.

Alors que les filles se reposaient de leur long voyage, j’avais commencé à marcher vers la cuisine.

Il était temps que je montre mes talents culinaires aux visiteuses d’un autre monde.

J’avais préparé quelques ingrédients dans le réfrigérateur juste pour ce jour, et j’avais même acheté une plaque chauffante au préalable.

« Hm. Comme je l’ai mentionné plus tôt, je ne suis que l’un des sept noyaux du dragon. Je n’aurai aucun problème à élever mes petits, bien que mon niveau soit plus bas dans cet état » déclara Wridra.

Oh, c’est comme ça que ça marche.

Mais même dans ce cas, je soupçonne que son niveau était supérieur à 1000, de sorte qu’elle représenterait toujours une menace considérable même si elle était divisée par sept.

J’avais haché du chou pendant que ces pensées me trottinaient dans la tête.

Je m’étais dit qu’on pourrait parler du donjon après le réveil de Marie.

À ce moment-là, j’étais plus préoccupé par le nouvel outil de cuisson que j’avais acheté pour la première fois depuis un certain temps.

Héhé, je serais capable de cuisiner un large répertoire de plats avec ça, comme du yakisoba, du yaki udon, et du chan yaki.

En plus, une plaque chauffante n’était pas vraiment quelque chose que je pouvais utiliser tout seul.

C’était également vrai pour le shopping, mais lorsqu’on cuisinait pour une personne, il y avait généralement des restes d’ingrédients et cela pouvait s’avérer assez cher.

En ce sens, il était devenu beaucoup plus facile de faire du shopping et de cuisiner depuis l’arrivée de Marie.

« Hmm, quoi d’autre… J’aurais aussi bien besoin d’une cocotte-minute. Ahh, j’ai hâte d’avoir ma prime, » déclarai-je.

« Tu es devant un dragon et tu ne penses qu’à cuisiner ? Quelle absurdité ! » s’exclama-t-elle.

Elle m’avait regardé avec froideur.

On entendait un son pétillant par-derrière, et je pouvais voir qu’elle commençait à revenir à sa forme originale de draconienne.

Cela signifiait que je ne pouvais pas me retourner, alors je regardais les choux pendant un certain temps.

 

***

 

Au réveil de Marie, la majeure partie de la préparation culinaire était terminée, et la queue de Wridra était allongée et faisait des signes de la main.

Les filles s’étaient assises de chaque côté de moi, et la vue d’un demi-elfe, demi-fée et d’une Magi-Drake avait fait que c’était très difficile pour moi de croire que j’étais encore au Japon.

« D’accord, j’allume la plaque chauffante. Marie, peux-tu servir de la bière à Wridra ? » demandai-je.

Il y avait un verre pour chacun d’entre nous, indiquant que même l’elfe qui avait l’air d’avoir l’air très jeune pourrait prendre plaisir à boire pendant que nous étions dans mon appartement.

Les yeux de Wridra scintillèrent devant la bière bouillonnante, et elle sourit joyeusement.

« Et c’est ainsi que cela a décidé. Je protégerai Marie à partir d’aujourd’hui. Je m’occuperais également des domaines dans lequel vous avez des manques, » déclara Wridra.

« … Vous deux, vous avez le don d’exploiter ma somnolence. Je n’aurais jamais imaginé que nous serions rejoints par une dragonne, » déclara Marie.

Ses joues étaient rouges pendant qu’elle parlait, et je pouvais dire qu’elle l’avait déjà acceptée comme notre nouvelle compagne de voyage.

Il semblait qu’elle était vraiment excitée à ce sujet, parce qu’elle parlait un peu plus vite que d’habitude.

Cela montrait à quel point elles s’étaient rapprochées pendant le voyage.

Alors, j’avais levé ma bière.

C’était peut-être un geste audacieux, car j’étais beaucoup plus jeune qu’elles, mais j’avais décidé de porter un toast.

« Bienvenue à notre groupe, Wridra. Bien que nous n’ayons toujours pas de réalisations à notre actif, » déclarai-je.

« Hahaha, ainsi déclare l’homme qui se soucie encore moins de ces choses que n’importe qui d’autre, » répliqua Wridra.

C’était vrai. Le fait d’être sous les feux des rampes ne faisait qu’aggraver la situation.

Même au travail… Peu importe, ce n’était pas le moment.

Nous revenions tout juste de notre mini voyage, donc je ne voulais pas encore penser à la réalité.

« Un toast à notre nouveau compagnon de voyage ! Pour cette journée mémorable, savourons de la nourriture japonaise connue sous le nom d’okonomiyaki, » déclarai-je.

« Oui ! Comme c’est délicieux, je ne vis des choses merveilleuses que lorsque je suis avec vous deux ! » déclara Wridra.

Mhm, mais plus important encore, j’étais plutôt absorbé par la fabrication de quelques okonomiyakis.

J’avais laissé tomber de la pâte à frire contenant du chou et du maïs sur une zone chaud, puis j’avais formé des cercles.

Tandis que j’y posais du porc, Marie inclina la tête avec curiosité.

« Oh ? Vas-tu les faire tout de suite ? » demanda Marie.

« Oui, ça s’appelle du teppanyaki. Nous pourrons désormais profiter de la cuisine avec la plaque chauffante, » lui annonçai-je.

J’avais beau avoir dit ça, mais c’était moi qui m’amusais le plus avec ça.

Honnêtement, j’étais ravi. Il y avait toutes sortes de plats délicieux et bon marché que l’on pouvait préparer avec une plaque chauffante.

Afin d’en profiter pleinement, je voulais que l’okonomiyaki, le roi des plats cuisinés, soit très apprécié à la maison.

Une fois qu’il avait été cuit adéquatement, je l’avais retourné et nous avions entendu le grésillement de la viande.

Les filles fixaient l’okonomiyaki à ce moment-là, et leurs visages bougeaient à l’unisson pendant que je le retournais.

Leur façon d’agir comme des sœurs devait être un plan pour que je me mette à sourire.

Mais je n’allais pas céder.

J’avais retourné le côté avec la viande vers le haut, révélant les marques de grillade couvertes de graisse fondante.

Deux fourchettes se présentaient déjà pour attraper la nourriture, et j’avais levé la main pour les arrêter. J’avais ajouté de la sauce et des flocons de bonite, et un arôme séduisant avait commencé à envahir la pièce.

Il y avait un soupçon d’amertume dans l’odeur quand la sauce était cuite sur la plaque chauffante, et juste au moment où la faim s’installait, la cuve verte donna le coup de grâce.

« Aaahhhh ! Ça sent si bon ! Arrête, arrête, je dois l’avoir ! » déclara Wridra.

« Juste après avoir ajouté un peu de mayonnaise. OK, vous deux, donnez-moi vos assiettes, » déclarai-je.

Elles avaient toutes les deux présenté leurs assiettes en même temps.

Elles semblaient sur le point de baver quand je l’avais coupé en deux et que je les avais placés sur leurs assiettes… oh, en vérité, Wridra bave déjà.

Elles avaient enfoncé leur fourchette dans l’okonomiyaki et l’avaient portée à leur bouche.

Il était encore chaud, alors elles avaient soufflé dessus pendant un certain temps, puis elles avaient finalement commencé à mâcher.

La pâte à frire était si visqueuse qu’il était difficile de croire qu’il s’agissait surtout de chou, et le porc gras et parfumé avait un goût délicieux lorsque l’odeur incroyablement appétissante passait dans leur nez.

La graisse s’était infiltrée dans la viande partiellement croustillante, ce qui avait encore accru la saveur de la viande.

Les filles laissèrent sortir une respiration synchronisée en tapant des pieds sur le sol.

Marie, c’était une chose, mais Wridra aurait pu causer des ennuis aux gens d’en bas.

« Ahhh, bon sang ! J’aime tellement ça ! Ça sent incroyablement bon ! » déclara Marie.

« Délicieux ! Urrrgh, la saveur se répand dans toute ma bouche ! J’ai sous-estimé les légumes ! J’en prendrai la responsabilité et je les mangerai tous ! » déclara Wridra.

Eh bien, c’était bien.

Elles semblaient apprécier le repas.

J’en avais découpé un autre et j’avais partagé les morceaux entre mon assiette et celle de Wridra, qui était déjà vide.

J’avais l’impression qu’il faudrait que je continue à cuisiner sans arrêt pour suivre le rythme.

« C’est le meilleur repas pour boire une bière. Oh, mais le gyoza, c’est trop… de toute façon, savourez-le à votre guise. On fête ça aujourd’hui, » déclarai-je.

Nous avions incliné nos verres dorés, et leur contenu avait disparu au fur et à mesure que nous les avalions de façon audible.

Puis nous avions tous expiré ensemble avec un « Ahhhh ! »

« Mmm, oui ! Un mariage parfait ! Ne me dis pas… Savoures-tu ce genre de repas tous les jours, Marie !? » demanda Wridra.

« Hmm, bien sûr. Il n’y a pas de quoi se vanter, mais c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’apprendre le japonais, mais il est vrai que les animes sont bien sûr aussi vraiment merveilleux, » répondit Marie.

Oui, elle avait raison de dire qu’il n’y avait pas de quoi se vanter, mais j’avais décidé de ne rien dire.

On commençait à peine avec l’okonomiyaki.

J’avais mélangé du fromage et du mochi, et j’étais devenu une machine à cuire de l’okonomiyaki, en faisant lot après lot.

Je m’attendais à ce que la dragonne ait de l’appétit, mais c’était amusant à regarder.

« Mmm ! J’adore le fromage ! Les parties brûlées sont si savoureuses et… Oh, oh ! Bière, bière, s’il te plaît ! J’en veux plus ! » déclara Wridra.

« Le mochi fondant… ! Oof, si délicieux, je crois que je suis réduite en larmes. Ah, oui, oui. J’ai pris ma décision. Moi aussi, j’apprendrai le japonais ! » continua Wridra.

Oh, elle le fera ?

Tout cela m’avait vraiment fait comprendre à quel point la nourriture pouvait être puissante.

Même si vous vous rendiez dans une destination de voyage médiocre, ce pourrait être un bon voyage si la nourriture était bonne.

Cela pourrait suffire à motiver les gens à apprendre le japonais… en fait, la plupart des gens ne le feraient probablement pas.

« Je pensais en faire plus demain si nous avions des restes, mais il semble que nous pourrions finir. Je peux faire du yakisoba comme plats préparés. Oh, voulez-vous en essayer maintenant ? » demandai-je.

« « Oui ! » »

Elles étaient de bonne humeur.

La vue de belles femmes en train de manger était intéressante, et c’était agréable à voir.

 

***

J’avais allumé la télé pour me reposer après avoir mangé, et il se trouvait qu’un film passait en ce moment.

La télévision était généralement face au lit, mais je la tournais dans l’autre sens pour faire face au salon chaque fois que j’avais des invités.

Le film racontait l’histoire d’une créature géante qui se déchaînait, ce qui était assez facile à comprendre en termes de divertissement, et semblait parfait pour une table de dîner animée comme celle-ci.

De bas grondements résonnaient pendant que la musique jouait, et les filles faisaient une pause dans leur repas alors qu’elles se retournaient.

Wridra avait été le premier à bouger, poussée à l’action par le rythme qui était comme un battement de cœur accéléré.

Elle s’était dirigée vers la télévision avec une assiette encore à la main et avait regardé l’écran avec une expression sérieuse.

« H-Hm… ! O-Ohoho ! » murmura Wridra.

« Wridra, veux-tu bien bouger ? Je ne peux pas voir. Allez, pousse-toi de là ! » cria Marie.

Marie l’avait saisi par la queue et ramena la dragonne à son siège.

Wridra avait continué à manger lentement tout le temps, ses yeux ne quittant jamais l’écran.

Je me disais qu’elle ressemblait à une lycéenne quand une vente flash était apparue à la télé.

Un rayon était passé à travers le paysage et une intense explosion avait illuminé le ciel, obligeant Marie, un peu pompette, à se tenir droite dans son siège.

« Ooohhhhh !! »

« Trop cool !! »

Ouais, je n’avais rien vu avec Marie et Wridra tournées vers l’écran.

Pourtant, elles mangeaient encore de l’okonomiyaki, alors il semblait que c’était un succès, c’est le moins qu’on puisse dire.

« Magnifique. C’est ce qui est génial d’être né dragon. Je me demande… où vais-je diriger ce désir qui monte en moi ? » demanda Wridra.

« E-Euh, Madame Wridra ? S’il te plaît, ne dis pas de telles choses inquiétantes dans ma chambre, » déclarai-je.

« La musique est tellement cool. Quoi ? Ce n’est pas possible ! C’est la tour d’un sorcier ! » déclara Marie.

Marie avait commencé à bouger, puis elle avait poussé les rideaux sur le côté et s’était dirigée vers le balcon.

Non, elle avait tout faux.

Ce n’était pas vraiment une attaque, c’était juste un film pour le divertissement.

Et c’était un gratte-ciel, et non pas une tour de sorcier.

« J’ai fini de faire du yakisoba. En voulez-vous toutes les deux ? » demandai-je.

« « Oui ! » »

Leurs visages se tournèrent vers moi à la fois.

Huh, donc elles étaient encore capables de réagir à ces choses.

En tout cas, c’était un dîner assez mouvementé.

***

Sous la lumière du jour, j’avais vu les yeux de la fille juste devant moi.

J’avais déjà dormi avec elle de nombreuses fois, mais je pensais que son cœur battait plus fort que d’habitude, tout comme le mien.

Ses yeux comme des gemmes en améthyste étaient légèrement larmoyants, et j’avais l’impression que j’allais être absorbé en les regardant fixement.

Je sentais encore la chaleur que la fille avait laissée sur mon front.

Aucun de nous ne parlait beaucoup, probablement parce que nous nous souvenions de ce moment.

J’avais entendu le bruit de pieds nus qui marchaient sur le sol et j’avais essayé de me retourner, mais l’elfe m’avait arrêté en plaçant une main sur ma joue.

Ses yeux m’avaient dit de ne pas regarder.

« Nnh, cette musique de combat était fantastique ! J’aimerais moi-même l’utiliser, » déclara Wridra en mettant la couverture de côté et en se glissant à côté de moi.

Son bras lisse s’était enroulé autour de ma nuque, et j’avais senti quelque chose de doux appuyer contre mon dos.

Ah, alors c’était pour ça.

La fille m’avait arrêté parce que Wridra avait de nouveau dénudé son corps.

Les vêtements qu’elle avait créés avaient été absorbés par elle au moment où la dragonne se préparait à dormir.

« Je ne pensais pas qu’un dragon aimerait autant un film comme ça. T’es-tu bien amusée ? » demandai-je.

« Oh, oui, je me suis bien amusée. C’était gratifiant à regarder. J’ai utilisé un créneau à cause de cela, mais je ne le regrette pas du tout, » déclara Wridra.

Hm ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par « utilisé un créneau » ? Marie et moi nous nous étions regardés avec des yeux élargis en analysant le phrasé étrange.

« Ahh, ahhh... Humain et elfe, je vous suis reconnaissant de m’avoir accueillie aujourd’hui. Je prie pour que nous nous battions aussi aux côtés les uns des autres dans le monde du rêve, » déclara Wridra.

« Quoi !? Elle vient de parler japonais ! » m’écriai-je.

« Je n’arrive pas à y croire ! Je suis encore en plein apprentissage… Ce n’est pas juste ! Ce n’est pas juste du tout ! » s’écria Marie.

J’avais entendu un bruit triomphant derrière moi. Les dragons pouvaient-ils contrôler leurs compétences librement ? L’avait-elle fait juste pour regarder un film ?

« Tu es aussi incroyable que d’habitude… Tes actions elles-mêmes sont impressionnantes, mais je n’arrive pas à croire que tu le fasses juste pour le plaisir, » déclarai-je.

« Oh, non, il a bien plus de valeur que tu ne le crois. Cet endroit du Japon est certainement intéressant. Non seulement il y a de la nourriture et des divertissements, mais je sens quelque chose d’enfoui profondément dans la terre, » déclara Wridra.

Je me retournai pour la regarder en face sans réfléchir, et je la vis étendue sous la couverture, me souriant avec ses yeux d’obsidienne qui se plissaient sciemment.

« Quelque chose d’enfoui au plus profond de la terre » devait être une sorte de métaphore, mais ses yeux m’indiquaient qu’elle disait la vérité.

« … Il y a longtemps que je ne me suis pas fatiguée en m’amusant. Hmhm, et comme c’était amusant, » déclara la dragonne.

Après ça, la dragonne aux cheveux noirs avait fait un bâillement et serra légèrement ses bras autour de moi.

Elle avait ensuite enfoui sa tête dans son oreiller et avait détendu tout son corps.

« Hmph, c’est injuste. Je suis la seule à ne pas pouvoir le parler maintenant. Je vais le montrer à tout le monde et même apprendre le kanji, » déclara Marie.

L’elfe fit sortir une respiration d’insatisfaction et s’approcha de moi.

Son front s’était retrouvé juste devant mon visage, et j’avais ressenti la légère tentation de faire un geste.

Tout cela parce que Wridra avait fait bouger les choses entre nous.

Sinon, je n’aurais pas…

J’avais lentement pressé mes lèvres contre son front, et la fille s’était figée pendant un moment.

Je pouvais la sentir encore mieux de cette position, et le doux parfum passait à travers mes cavités nasales.

Mais je n’avais pas pu regarder son visage.

Elle avait enfoui son visage contre ma poitrine, se frottant le nez contre moi comme un chat.

« Hehe... Bonne nuitttt, » déclara Marie.

« Ouais, bonne nuit. Je te reverrai dans le monde des rêves, » répondis-je.

C’était adorable de la voir se presser contre moi, insouciant de voir ses cheveux être décoiffés en cours de route.

Nous avions écouté les ronflements silencieux qui venaient de derrière moi pendant que nous nous endormions nous aussi.

« Aujourd’hui a été une journée très amusante. » J’avais chuchoté cela, et elle avait hoché la tête sans dire un mot.

***

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