Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 2 – Chapitre 7 – Partie 3

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Épisode 7 : Bienvenue au Japon, Mademoiselle Magi Drake.

Partie 3

La pomme de terre miso. Il s’agissait de la spécialité du Chichibu.

Il s’agissait d’une pomme de terre enrobée de pâte à frire, puis recouverte d’un miso épais. C’était une collation si courante pour les résidents qu’ils pensaient apparemment qu’elle était consommée dans tout le Japon.

Les arbres s’étendaient vers la route, formant une sorte de tunnel naturel. C’était une très belle vue, mais j’avais senti une paire d’yeux me regarder depuis l’arrière. J’avais acheté la friandise locale comme cadeau pour Wridra, la Magi-Drake, mais il semblait que son apparence n’avait pas répondu à ses attentes.

« C’est tout à fait fade pour un gage de gratitude…, » déclara Wridra.

« Est-ce vraiment une spécialité locale ? On dirait une pomme de terre en brochette, » déclara Marie.

Déclaré comme ça, je n’avais pas pu m’empêcher de me sentir un peu mal pour la pomme de terre…

Nous étions retournés à la voiture, et les filles avaient chacune une brochette de couleur rousse à la main. Il était vendu dans la section des plats ménagers sur le stand, et sa modeste présentation avait dû réduire leurs attentes de façon drastique.

« Hehe, faites un essai. L’apparence différente du goût fait partie du charme de la cuisine japonaise, » répondis-je.

Les deux femmes hochèrent la tête face à ma suggestion, et le bruit alors qu’elles mordaient dans leur nourriture résonna dans toute la voiture.

Puis, leurs yeux s’étaient écarquillés.

La texture crémeuse et fondante ressemblait davantage à de la purée de pommes de terre.

« Muoh ! »

« Mmm… !? »

Elles avaient mâché sans mot, puis leurs yeux s’étaient dirigés vers moi. Je pense qu’elles essayaient de dire. « Qu’est-ce que c’est ? » mais leur bouche était trop remplie.

Les pommes de terre avaient généralement un goût plutôt ordinaire. Mais lorsqu’elle était mélangée à du miso sucré épicé, cela fait ressortir la douceur naturelle et la profondeur de la saveur de la pomme de terre. La pomme de terre crémeuse s’était transformée en une saveur complexe et, lorsqu’elle avait été avalée, l’arôme de l’yuzu était passé par le nez et avait stimulé encore plus l’appétit. Leurs estomacs semblaient exiger qu’elles mangent plus, et elles avaient mordu dans la pomme de terre numéro deux.

« Mmf, c’est simple, mais tellement délicieux ! Ce miso rehausse la saveur de façon fantastique ! » déclara Marie.

« Mmm, tu as raison ! C’est tellement différent que ça en a l’air ! C’est crémeux, aigre et épicé, et l’arrière-goût est une saveur d’yuzu parfumée ! » déclara Wridra.

Leur opinion sur le plat semblait s’être inversée, ce qui avait donné un score élevé pour les pommes de terre miso.

Mais selon moi, c’était un peu « trop local », et si courant dans les maisons ici qu’il n’était pas traité comme quelque chose de remarquable dans ce magasin. C’était aussi presque trop abordable à 100 yens, et j’avais l’impression qu’ils auraient pu un peu augmenter le prix.

Quoi qu’il en soit, nous étions arrivés à destination sans aucun problème. Non seulement il y avait beaucoup moins de circulation que je ne l’imaginais, mais les conversations et les chants de la Magi-Drake et de l’elfe avaient fait passer les trois heures comme si de rien n’était. J’étais un peu inquiet parce que j’avais à peine l’occasion de conduire loin, mais je m’étais rendu compte qu’il n’y avait plus rien à craindre maintenant.

Nous étions sortis de la voiture, et la jeune elfe s’était bien étirée, les bras écartés. C’était un geste qui semblait approprié pour un temps clair et agréable.

Nos yeux s’étaient croisés, et elle avait plissé ses jolis sourcils.

« Tu me regardes encore. Je pense que tu me regardes et que tu ris beaucoup trop, » déclara Marie.

« Haha, tu avais l’air d’apprécier cet étirement. As-tu mal au dos ? » demandai-je.

Elle s’était dépoussiérée, puis s’était retournée pour diriger ses fesses vers moi. Sa robe d’une seule pièce était parfaite pour le printemps, avec des couleurs vives qui lui allaient bien.

« Juste un petit peu. Mais ce n’est rien comparé à l’équitation. Cela peut laisser une douleur qui dure une demi-journée. Et tous ces balancements font qu’il est difficile d’apprécier la vue, » répondit Marie.

« Maintenant que tu le dis, je n’en ai pas vraiment beaucoup monté avant. Les chevaux font un peu peur, tu sais ? Et ils me mordent la tête tout le temps, ce qui a tendance à me faire mal…, » répondis-je.

La jeune fille gloussa, puis fit un sourire éclatant qui correspondait à ses cheveux blancs. En voyant la belle expression de son visage, j’avais pour une raison inconnue senti une sensation de fraîcheur dans ma poitrine.

Chiirrp chirp chirp chirp…

En entendant le bruit soudain, nous avions tous les deux levé les yeux vers les bois. Il semblait qu’elle ne connaissait pas les rossignols et qu’elle regardait l’oiseau avec des yeux écarquillés.

Tandis que je me tenais à côté d’elle, nous nous tenions naturellement la main l’un et l’autre, regardant les montagnes qui se répétaient à l’infini et la vue qui s’offrait sur les terres agricoles.

« C’est un endroit si paisible. C’est tellement différent de chez nous, » déclarai-je.

« Ça l’est vraiment. Mais j’aime aussi l’atmosphère calme de ta chambre. Ça me rappelle un peu l’inarizushi, » déclara Marie.

Oui, elle avait recommencé avec ses commentaires mystérieux. Je m’étais dit que parfois, elle pouvait très bien agir comme une fille.

Elle était très impressionnée, et rien qu’en l’écoutant, j’avais souri. Je lui avais demandé sans mot ce qu’elle voulait dire, et elle m’avait serré dans ses bras.

« C’est l’impression que j’ai. Je me sens toujours un peu excitée, » déclara Marie.

« Je ne suis pas sûr de comprendre, mais je suis content que ça te plaise, » répondis-je.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la voir comme ça me rendait heureux d’être en vie.

Elle souriait joyeusement, et j’étais sûr qu’elle était encore plus expressive que d’habitude. Peut-être était-ce parce qu’elle en était à son premier voyage, ou parce qu’elle n’avait plus besoin de porter un chapeau.

Quant à la Magi-Drake qui nous avait aidés à y arriver, elle nous souriait en posant ses coudes sur la voiture. Son expression douce pendant qu’elle veillait sur nous était comme celle d’un parent. J’avais presque oublié que nous étions là pour soulager son stress.

Les lèvres d’une Wridra aux cheveux noirs se plissèrent vers le haut, formant un sourire envoûtant.

« C’est étrangement agréable de voir à quel point vous vous entendez bien. J’ai l’impression que mon cœur lourd sera guéri avant même d’entrer dans les sources chaudes, » déclara Wridra.

C’était un peu gênant d’être décrit comme ça, et la jeune elfe m’avait vite lâché. Puis, Wridra leva la main comme pour arrêter Marie.

« Oh, non, c’est bon. Je veux que vous soyez vous-mêmes. J’ai vécu longtemps, mais c’est toujours réconfortant de voir des enfants de l’homme se réunir, » déclara Wridra.

À en juger par son expression, elle n’avait pas l’air de dire ça pour se moquer de nous.

La jeune elfe sembla hésiter une seconde. Puis, le visage devenant légèrement rose, elle avait décidé de continuer à me tenir la main. J’avais suivi son regard pour trouver une porte juste après le parking, et il y avait un bâtiment qui semblait être là pour accueillir les voyageurs.

« D’accord, allons à l’auberge, » déclarai-je.

Les filles avaient répondu à ma suggestion en s’exclamant « Super ! » et elles levèrent les poings. Voyant à quel point elles étaient excitées, il était étrange de penser que l’une d’elles était une elfe qui avait vécu plusieurs centaines d’années et que l’autre était une dragonne qui avait plus de dix siècles.

Nous étions arrivés à une auberge ayant une apparence tranquille et un style bien japonais. Il y avait un petit portail et un jardin japonais, et les filles regardaient autour d’elles avec grand intérêt. Il utilisait efficacement le petit espace à la japonaise, et le bâtiment dégageait une atmosphère rurale et chaleureuse.

J’avais ouvert la porte pour trouver la réception juste devant l’entrée. L’intérieur était également très japonais, et les deux filles avaient la bouche ouverte vers le plafond, avec des poutres apparentes qui donnaient à la pièce une impression d’ouverture.

« Hmm, j’aime l’atmosphère. J’ai l’impression que des créatures bizarres vivent ici, » déclara Marie.

« Quoi ? Vraiment ? J’adorerais ça ! » déclara Wridra.

Ahh, ça doit être l’influence des animes. Mademoiselle l’Elfe avait semblé s’intéresser aux bâtiments de style japonais et avait regardé les tableaux et les piliers des shoji pendant que je m’occupais de l’enregistrement.

Selon l’employée, il y avait deux types de vêtements pour se promener dans les lieux. Nous pouvions choisir entre un type de vêtement de travail appelé samue et des yukatas aux couleurs vives. Les deux filles pointèrent les yukatas avec vigueur, tandis que j’optais pour le samue.

« Mais euh, pourquoi ne choisirais-tu pas le même que nous ? Celui-ci est tellement plus joli, » déclara Marie.

« J’aime tout simplement porter des vêtements dans lesquels je suis à l’aise, » répondis-je.

« Non, ce n’est pas ça. Depuis que tu es enfant, tu aimes les vêtements dans lesquels tu peux te balader facilement. C’est évident rien qu’en regardant ton visage, » déclara Marie.

Son raisonnement était plutôt négatif, mais pour une raison quelconque, je ne pouvais pas le nier…

Nous étions allés jusqu’au plancher de bois dans le couloir et nous nous étions dirigés vers la pièce que j’avais réservée. L’intérieur de l’auberge était plus propre que prévu, et le design avait un charme japonais distinct.

Il y avait une étendue d’eau visible depuis le couloir, et les filles regardaient avec curiosité les kois colorés qui s’y baignaient.

« Oh ! Regarde, Wridra ! Ces poissons ont des motifs si étranges ! » déclara Marie.

« Hmm, tu as raison. Un poisson de cette taille est très certainement à manger, » déclara Wridra.

Non, ça ne l’était certainement pas. J’espérais vraiment qu’elle n’avait pas l’intention de l’attraper…

Ce n’était pas étonnant que Madame Ichijo nous ait recommandé cet endroit. Il n’y avait rien de tel dans notre quartier, et j’avais décidé de lui offrir un souvenir sur le chemin du retour.

C’est ainsi que nous étions finalement arrivés dans notre chambre et avions trouvé son intérieur serein qui nous attendait. Les yeux de la jeune elfe brillaient lorsqu’elle devint la plus excitée d’entre nous tous en sentant le léger parfum du tatami.

« Oooh ! Tatami ! Regardez, regardez, un tatami au sol ! » déclara Marie.

« Ces tapis sont-ils faits de paille… ? Les Japonais ont certainement des mains habiles. Bien que… les yeux aiguisés et la précision requise semblent être un peu au-delà de celle d’un humain normal, » déclara Wridra.

« C’est vrai. Calmons-nous pour aujourd’hui. Tiens, Marie. Vas-y et ouvre l’écran shoji, » déclarai-je.

La fille avait cligné des yeux et m’avait regardé, puis avait semblé réaliser quelque chose et s’était précipitée vers l’écran shoji. La lumière du soleil se répandit en la faisant glisser vers l’intérieur, et on pouvait voir maintenant le petit jardin se trouvant à l’extérieur…

« Ah ! Un bain ! Hein ? Pourquoi est-ce dehors ? » demanda Marie.

« C’est un bain en plein air, donc tu peux regarder le ciel pendant que tu te baignes dedans. Tu peux utiliser celui-ci ou le grand bain que nous avons vu sur le chemin de notre chambre, » déclarai-je.

Je lui avais demandé ce qu’elle voulait faire, et ses yeux avaient commencé à briller. J’avais toujours su à quel point elle aimait les bains, donc un tel lieu pour une personne avec une telle ouverture d’esprit la rendrait heureuse.

« Les deux ! Mais je veux d’abord essayer le grand ! » déclara Marie.

« Très bien, alors profitons au mieux de notre temps ici. Nous pouvons profiter des sources chaudes toute la journée aujourd’hui, » répondis-je.

La jeune fille frissonna, à peine capable de contenir son excitation. Le visage de Wridra s’éclaira aussi.

Je m’étais dit que Marie était très douée pour exprimer sa joie. Je sentais son cœur battre comme son corps était contre le mien, et elle pressait sa tête contre moi tout en faisant des sons inintelligibles. Puis elle leva les yeux vers moi, et ses lèvres colorées se séparèrent lentement.

« Je suis si excitée. Je me suis toujours demandé… pourquoi m’apprends-tu toujours des choses aussi amusantes ? » demanda Marie.

« Hmm, je pense que… c’est probablement parce que c’est amusant pour moi aussi, » répondis-je.

Elle avait relâché une bouffée d’air de son nez, qui avait été de nouveau pressé contre moi. Ses yeux pourpres pâles avaient regardé dans les miens, puis sa bouche s’était ouverte une fois de plus.

« M’apprendras-tu à porter le yukata ? » demanda Marie.

Quand une fille adorable vous demandait ça, tout ce que vous pouviez faire, c’était de répondre par « Avec plaisir ».

Son sourire était contagieux, et je sentais un sourire s’élargir sur mon propre visage.

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