Bienvenue au Japon, Mademoiselle l'Elfe – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 1

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Épisode 1 : C’est Gyoza, Mademoiselle l’Elfe

Partie 1

J’avais entendu dire que pour les anglophones, la langue japonaise était l’une des langues les plus difficiles à apprendre. Il y avait même eu des efforts de la part des Japonais pour simplifier la langue au fil du temps, ce qui voulait dire qu’elle était encore plus difficile à l’époque.

En tout cas, la vue dans ma chambre était devenue très intéressante. Et par ma chambre, j’entendais mon appartement 1DK à Koto Ward, Tokyo, où une elfe d’un monde fantastique était assise sur mon lit.

Ses longs cheveux blancs étaient toujours soyeux et humides, même sans appliquer d’huile. Pourtant, elle n’avait presque rien fait pour s’en occuper, ce qui m’avait fait me demander si les humains et les elfes différaient jusqu’à leurs cheveux.

Ses yeux étaient pleins d’intelligence, d’une couleur pourpre pâle comme deux améthystes. Quiconque la voyait se réveiller serait sûrement ravi, comme si une fleur colorée s’épanouissait au moment où elle se réveillait.

« A-I-U-E-O... »

Mais à ce moment-là, il semblait qu’une partie de son charme avait disparu. Ses cheveux étaient un peu effilochés et les vêtements minces qu’elle portait à l’intérieur étaient plissés de partout. Elle écrivait dans son cahier en écoutant les sons provenant de la télévision. Apparemment, c’était sa façon d’étudier le japonais en apprenant la prononciation et les lettres en même temps.

J’avais regardé sa méthode d’étude agressive en rentrant du travail, et j’avais desserré la cravate de mon costume.

« Je suis rentré à la maison. J’ai du bœuf haché en solde, alors je vais faire du gyoza. Tu veux de l’alcool, Marie ? » demandai-je.

« Gyo, za ? Hmm, je ne suis pas sûre. En fait, je me soûle assez facilement. Je vais prendre quelque chose de facile à boire, si ça ne te dérange pas que je dise des choses absurdes, » déclara Marie.

J’avais déjà le sentiment qu’elle serait un poids plume...

Aujourd’hui, c’était vendredi, ma soirée préférée de la semaine, alors je me sentais plutôt bien. J’avais mis les ingrédients que j’avais achetés dans le réfrigérateur, en organisant le compartiment à légumes en pensant à la demande de Marie.

Quelque chose de facile à boire, hein...

Je pensais que le vin serait mon meilleur choix comme alcool auquel une elfe d’un autre monde serait habituée. Le vin blanc devrait aussi aller bien avec le gyoza, et je pourrais même sortir un peu de fromage.

En la regardant, elle avait l’air d’être une fille mineure, mais belle. Mais c’était une elfe de plus de cent ans, ce qui la rendait bien au-delà de l’âge légal pour boire... ou du moins je le pensais.

Ouais, probablement...

Il n’y avait pas de lois spéciales qui ne s’appliquaient qu’aux elfes, il n’y avait donc pas lieu de s’en faire.

Comme ces pensées me traversaient l’esprit, l’elfe en question me parlait.

« Kazuhiho, je suis Mariabelle. »

J’avais été surpris par son Japonais instable. J’avais failli faire tomber mon paquet de bœuf haché, mais je l’avais attrapé en plein vol. Voyant cela, l’elfe avait fait un sourire satisfait.

« N’as-tu pas commencé à étudier il y a deux jours ? As-tu déjà commencé à apprendre à faire des phrases complètes ? » demandai-je.

« Non, j’ai juste appris en premier des répliques qui pourraient être utiles. Ma méthode est d’apprendre d’abord une phrase, puis de développer le langage à partir de là, » déclara Marie.

Le sourire heureux de la jeune fille s’était élargi au fur et à mesure que ma surprise grandissait. Son sourire était plus beau que celui que j’avais vu lorsque je l’avais rencontrée pour la première fois, et il ressemblait à une épée qui me transperçait le cœur quand il m’avait surpris. Elle n’avait probablement même pas réalisé à quel point son sourire pouvait être puissant.

« Développe-le à partir de là, hein ? Je crois que je vois où tu veux en venir. Quand j’apprends le langage d’une autre espèce, je commence par trouver un point de départ. Ensuite, j’ai en quelque sorte étendu mes connaissances à l’extérieur et j’ai rempli les blancs à partir de là, » déclarai-je.

J’avais versé du vin blanc dans mon verre pour goûter, puis j’étais allé dans ma chambre. La seule chose qui la séparait de la cuisine était une armoire basse, alors Marie m’avait tout de suite remarqué et avait levé les yeux.

« Oh, tes vêtements sont si jolis et gentleman. Puis-je les sentir ? » demanda Marie.

« Quoi ? Tu veux dire mon costume ? J’allais te faire sentir le vin... Tu sembles avoir un peu un fétichisme des odeurs, n’est-ce pas, Marie ? » demandai-je.

« Comme c’est grossier. Il n’y a rien d’étrange à sentir des choses que tu ne connais pas. Maintenant, viens ici pour que je puisse te sentir, » déclara Marie.

Cela ressemblait vraiment beaucoup à un fétichisme des odeurs selon moi... mais je ne l’avais pas dit à voix haute. Je m’étais déplacé vers elle sans autre protestation, puis elle m’avait attrapé par le tissu autour de mon ventre et avait commencé à me renifler.

Hmm, se faire sentir par une jolie fille me semble étrange...

Elle avait enfoui son nez dans ma chemise et je sentais l’air qu’elle respirait et expirait. Cela me chatouillait, mais étrangement, la voir rétrécir ses yeux de manière heureuse ne me faisait pas me sentir mal du tout.

« Merci, je suis satisfaite maintenant. Et... C’est vrai, le verre a l’air d’aller aussi. On dirait qu’il n’y a pas non plus d’additifs, » déclara Marie.

« Oh, tu veux dire les trucs qu’ils ont mis pour cacher l’odeur ? Je ne les supporte pas non plus. Je préfère boire de l’eau plutôt que de payer pour ça, » répondis-je.

Marie acquiesça d’un signe de tête, puis s’était assise sur le lit. Ensemble, nous avons choisi le pyjama ayant la couleur des cerisiers qu’elle portait, et elle aimait beaucoup le tissu qui n’irritait pas sa peau. Elle avait passé beaucoup de temps à traîner dans l’appartement depuis.

J’avais regardé dans le cahier sur le lit, et il contenait diverses notes écrites à l’intérieur, comme l’alphabet et le salut qu’elle m’avait dit plus tôt. Il semblait qu’elle voulait d’abord apprendre toutes les bases. J’avais feuilleté les pages et prononcé quelques mots que j’avais déjà entendus quelque part.

« On dit qu’il faut plus de 2 000 heures pour apprendre une langue radicalement différente de celles que tu connais. Ce qui signifie que même si tu parles dix heures par jour, cela prendrait plus de 200 jours pour apprendre une langue, » déclarai-je.

« Hmm. Alors je suppose que ça veut dire que ça me prendrait deux fois moins de temps. Peut-être encore moins si j’essaie vraiment. Je vais donc me fixer comme objectif de pouvoir tenir une conversation dans un délai de deux mois, » déclara Marie.

J’avais été surpris par sa confiance, puis j’avais réalisé d’où elle venait. Elle m’avait pour parler japonais, et tant que nous allions ensemble dans le monde du rêve, elle pouvait étudier pendant qu’elle dormait. Ajoutez son intelligence au mélange, et c’était tout à fait plausible.

Mais en même temps, il y avait une question qui me venait à l’esprit...

« Je me demandais pourquoi tu veux apprendre le japonais. Il ne te sera d’aucune utilité dans ton monde, et ce n’est pas comme s’il te faisait obtenir une reconnaissance de la part de la Guilde des sorciers, » déclarai-je.

« Parce que je pense que ce pays est merveilleux. C’est un peu bruyant, mais j’aime le paysage magnifique, la tranquillité, la nourriture délicieuse et le confort que l’on y trouve. Pour quelle autre raison aurais-je besoin d’apprendre la langue maternelle ici ? » demanda Marie.

J’étais content de voir qu’elle semblait vraiment aimer le Japon. Et si elle apprenait vraiment la langue, nous pourrions aller au cinéma ou jouer ensemble. Ça avait l’air très amusant, alors j’avais décidé de faire ce que je pouvais pour l’aider.

Mais quand j’avais commencé à me diriger vers la cuisine, je m’étais figé. Je venais de réaliser que ses paroles signifiaient qu’elle vivrait avec moi pendant au moins deux mois. J’avais du mal à contenir la joie enfantine qui se répandait en moi. Cela avait dû se voir sur mon visage, parce qu’elle me regardait droit dans les yeux... mais il n’y avait aucun moyen que j’allais m’expliquer.

« En tout cas, tu dois être fatiguée. Pourquoi ne prends-tu pas un bain ? J’aurai un bon repas prêt pour toi quand tu sortiras, » déclarai-je.

« Hehe, merci. J’ai hâte de voir ce que tu vas faire avec la nourriture “gyotzah”, » déclara Marie.

Je voulais la corriger et lui dire que c’était du « gyoza », mais je ne pouvais rien dire quand elle m’avait sauté dessus et m’avait serré dans ses bras en les plaçant autour de la taille.

C’est une adorable elfe... !

Bien que dans environ 45 minutes, cette beauté elfique serait en train de crier, « Délicieux ! »

 

***

Pendant que je préparais des bentos pour notre aventure, Marie s’appuyait sur le dossier d’une chaise avec la moitié de ses fesses placées sur le siège. Elle avait toujours un esprit intellectuel en elle, mais elle semblait un peu au-dessus des nuages grâce à la combinaison d’une nourriture savoureuse et de vin blanc. Elle s’était assise là avec un regard rêveur bien visible sur son visage, puis elle m’avait parlé avec des mots légèrement bafoués.

« Hehe, c’était délicieux, Kazuhiho... Je tiens à te remercier du fond du cœur..., » déclara Marie.

« Je suis content que ça corresponde à ton palais d’elfe. Ce n’est pas cher à faire, alors fais-moi savoir si tu en veux encore, » déclarai-je.

Les ingrédients ne coûtaient pas cher, mais le seul inconvénient était qu’il avait fallu un certain temps pour envelopper les garnitures avec des emballages gyoza. Mais j’étais de bonne humeur parce que c’était vendredi, et c’était amusant de voir sa réaction, donc ça ne me dérangeait pas le travail supplémentaire.

« Whaaaa, c’était inespéré !? Je ne comprends pas la nourriture de ce pays... Mais c’est bon, j’en suis très contente, » déclara Marie.

Elle se levait partiellement, mais son corps s’était de nouveau affaissé. Elle avait l’air plutôt satisfaite d’après son visage. Je pouvais voir son nombril sortir de son pyjama ébouriffé, mais j’avais décidé de ne rien lui dire parce qu’elle venait de me faire un compliment.

La façon tordue dont elle parlait à cause des effets de l’alcool était en fait assez mignonne, et cela m’avait donné envie d’ajouter d’autres boissons à notre menu du dîner à partir de maintenant.

Tandis que je réfléchissais à cette pensée, la jeune fille tourna les yeux vers moi en posant sa tête sur le dossier de la chaise.

« Kazuhihooo... Est-ce vrai que tu es de niveau 72 ? » demanda Marie.

« Ouais, c’est toujours la même chose que quand je te l’ai dit avant. Je ne t’ai jamais demandé ça, mais à quel niveau es-tu, Marie ? » demandai-je.

« ... Vingt sept... Écoute, je ne veux pas que tu te fasses de fausses idées. C’est juste très difficile de monter en niveau tout en apprenant à la fois la Magie de l’Esprit et la Sorcellerie. Cela fait de moi une classe connue sous le nom de Sorcière Spirituelle, qui ne peut être atteinte que par quelques privilégiés. J’ai même entendu dire que mon prédécesseur était déjà décédé il y a longtemps, » déclara Marie.

Quelque chose que j’avais dit avait dû la déranger, parce que ses sourcils étaient plissés. Elle parlait assez vite maintenant, mais j’avais presque cru qu’elle cherchait des excuses.

« Une sorcière spirituelle, hein. Ça a l’air impressionnant. Je peux t’emmener dans un endroit de chasse recommandé, si tu veux. Avec tes compétences, je pense que tu pourrais gagner au moins cinq niveaux dans la première journée, » déclarai-je.

Je lui avais fait cette suggestion, mais elle n’avait pas répondu pendant un moment. En attendant sa réponse, j’avais emballé les restes du dîner dans des boîtes à bento et je les avais laissés refroidir. J’avais commencé à faire la vaisselle et j’avais fini par voir l’elfe se lever du coin de l’œil.

« ... Il m’a fallu soixante-dix ans pour atteindre ce niveau. Même si c’est toi, je serais en colère si tu dis ça pour m’embêter, » déclara Marie.

« Mais j’ai juste besoin d’attirer des mobs et de te laisser les finir, non ? J’ai pensé que ce serait facile si on commençait avec des monstres autour du niveau 40, » déclarai-je.

Je pensais que ce serait une tâche simple, mais j’avais peut-être tort. Je m’étais tourné vers l’elfe et j’avais incliné la tête de manière interrogative, et je l’avais trouvée me regardant avec des yeux légèrement écarquillés.

 

***

Marie se glissa joyeusement sous les couvertures de mon lit, faiblement éclairée par la lumière du jour, et j’entrai dans le lit après elle. J’avais compris de quoi ça aurait l’air pour un étranger, mais nous devions le faire pour aller dans l’autre monde.

Aujourd’hui, j’avais le devoir supplémentaire de l’aider à augmenter en niveau. Si je n’étais pas capable de le faire, je serais probablement rétrogradé à un simple dormeur qui ne pourrait pas tenir parole.

Mais... J’avoue qu’il n’était probablement pas nécessaire que je regarde ses fesses pendant qu’elle se mettait au lit. Je ne voulais pas m’excuser, mais en tant qu’homme, je n’avais pas le choix. Ouais, c’était ça.

« Je vais juste mettre le bento ici... Hmm, mais cela peut un peu sentir parce que c’est du gyoza, » déclarai-je.

« Il n’y a pas de raison de s’inquiéter. On ne pensera qu’à sa délicatesse quand on la mangera. Bien que ce soit dommage, il ne sera pas aussi croustillant qu’il l’était lorsqu’il était fraîchement cuit, » déclara Marie.

« C’est dommage, mais rien ne vaut la nourriture fraîchement cuite. J’ai fait du riz frit, qui est encore bon quand il est froid, donc tu pourras goûter à ça, » déclarai-je.

La fille avait souri dans l’obscurité. Elle devait vraiment avoir hâte au bento, parce qu’elle avait mis son bras autour de mon cou et s’était approchée de moi. Je l’avais aussi rapprochée, et on s’était écoutés mutuellement.

C’était peut-être le corps chaud à côté de moi, mais je m’étais endormi beaucoup plus vite dernièrement. Je me demandais si je serais encore capable de dormir comme ça quand elle ne sera plus là... mais c’était probablement la partie lâche de mon discours.

Je pouvais entendre son cœur battre doucement et sentir ses bras et ses jambes minces s’entrelacer avec les miens sous la couverture. Mes paupières devinrent plus lourdes grâce au confort de son étreinte chaleureuse.

Zzzzz...

Comme si je sombrais dans l’eau, ma conscience était vite tombée dans un rêve. Toujours en nous enlaçant, nous avions voyagé au plus profond du monde des rêves... ou plutôt, dans un autre monde. Tout en espérant une autre journée pleine d’amusement et de joie...

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