Almadianos Eiyuuden – Tome 2 – Chapitre 42

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Chapitre 42

Les fantassins lourdement équipés d’Asgard pointaient leurs lances vers le bec du griffon de Frigga d’une manière ordonnée.

Cela lui empêchait de tenir le terrain par sa seule puissance.

Après tout, les griffons, tout comme les chevaux, avaient peur des objets tranchants. C’était dû à leurs instincts bestiaux.

« “Impact” ! »

Bien que plusieurs soldats tombaient sous l’assaut des sorts magiques de Frigga, toute ouverture créée fut immédiatement comblée par des chevaliers présents en arrière-garde.

Cette défense qui ne permettait pas aux ennemis d’avancer était la caractéristique d’une formation carrée.

« NE L’AI-JE PAS DIT, DÉGAGEZ DE LÀ ! »

Si Frigga ratait cette opportunité, aura-t-elle une autre chance de poursuivre les forces d’Asgard ?

Bien que la balle était dans son camp en ce moment, elle était plus pressée que les mages qui couraient encore partout et qui essayaient de s’échapper.

« Menons une attaque en formation de coin ! On va se concentrer sur un point et percer ! »

Malgré les circonstances, les ordres de Frigga étaient toujours d’actualité. Suivant ses ordres, les forces de Lapland, qui commençaient enfin à faire leur retour, se réorganisèrent en formation de coin et chargèrent en direction de l’infanterie lourde d’Asgard.

Ils mettaient suffisamment de pression sur l’ennemi pour qu’ils puissent ronger leur solide formation carrée.

« Restez en position ! Nous sommes l’infanterie lourde, nous ne connaissons pas le chemin de la retraite ! »

Hyde, qui commandait l’infanterie lourde, cria à pleins poumons.

Il n’y avait aucune chance que l’infanterie lourde puisse se déplacer aussi rapidement que les mages ou les cavaliers.

Leur très faible mobilité était le coût de leur grande défense.

Et bien que les forces d’Asgard opposaient une forte résistance, l’armée de Lalpland commençait progressivement à les repousser.

Peu importe à quel point ils étaient préparés, les soldats d’Asgard essayaient de faciliter l’évasion de leurs mages, tandis que les soldats de Lapland poursuivaient lesdits mages. Dans ces circonstances, il y avait forcément une différence de moral entre les deux parties.

Et ces facteurs étaient loin d’être insignifiants au combat.

« Rassemblez vos forces une fois de plus ! On y est presque ! »

Grâce à ses paroles d’encouragement, Frigga obtint une grande réaction de la part de ses soldats.

Mais au moment même où elle pensait enfin voir les troupes qui s’étaient échappées, protégées par l’infanterie lourde...

« Soldats, formation du croissant de lune ! »

Dès qu’Hyde avait donné l’ordre, les fantassins avaient commencé à bouger ensemble.

Cet ordre aurait pu être l’occasion d’éliminer complètement l’infanterie lourde.

Cependant, les principales cibles de l’armée de Lapland étaient Cabernard et les mages, qui jouaient un rôle vital dans la puissance de feu d’Asgard.

Cela laissait les soldats de Lapland dans le doute, étaient-ils censés profiter de cette occasion pour avancer davantage ou pour attaquer les fantassins lourds ? Ce moment d’hésitation avait changé le sort de toute l’armée de Lapland.

L’infanterie lourde d’Asgard n’avait pas pris le risque de donner cette opportunité à l’ennemi gratuitement. Ils l’avaient fait parce qu’ils avaient réalisé qu’ils ne pourraient pas se défendre contre Lapland, et ils avaient décidé à la place de prendre Frigga comme cible.

Frigga était maintenant entourée de toutes parts par les soldats d’élite de l’infanterie lourde.

« M’étais-je trop précipitée ? »

Frigga grinçait des dents alors que ses alliés s’approchaient de leurs cibles, tout en n’ayant pas réussi à faire un geste.

Si quelqu’un avait pu prendre sa place, Frigga aurait probablement abandonné son poste de commandement et aurait attaqué les forces ennemies en ce moment même.

Cependant, elle devait parler à ses troupes, car elle était la seule commandante qui restait du côté de Lapland.

« Ce n’est plus le moment de penser à notre propre survie ! Si cela doit être notre dernier champ de bataille, qu’il en soit ainsi ! Nous reviendrons et protégerons notre terre en tant qu’esprits gardiens ! »

Les fantassins lourds d’Asgard pointaient simultanément leurs lances et leurs arbalètes vers Frigga.

Ils l’avaient attaquée, sans se soucier du fait que cela les exposerait complètement aux attaques des soldats de Lapland.

Même s’ils allaient être tués au cours du processus, ils étaient impitoyablement déterminés à emmener Frigga dans la tombe.

« “Explosion” ! »

Les rares soldats qui pouvaient jeter des sorts parmi l’infanterie lourde utilisaient aussi leur magie pour attaquer.

Même si Frigga s’échappait vers le ciel avec son griffon, elle ne pourrait pas échapper aux sorts des mages et aux flèches des arbalètes.

Nous avons réussi ! Hyde était convaincu que la vie de Frigga s’arrêterait là.

Jusqu’à ce que les paroles audacieuses d’un homme viennent briser cette conviction.

« S’en prendre à une femme pour la tuer ? Vous considérez-vous encore comme des hommes ? »

Les sorts magiques visant Frigga et son griffon avaient été complètement annulés, et les innombrables flèches qui lui tombaient dessus avaient rebondi comme si elles avaient touché quelque chose de très solide.

« Que s’est-il passé ? »

Hyde était déconcerté, sa victoire venait d’être arrachée juste sous son nez.

Il aurait compris si quelqu’un avait sacrifié son corps pour protéger la princesse ou quelque chose de ce genre. Ce qu’il ne pouvait croire, c’est que les sorts avaient tout simplement été annulés et que chaque flèche, sans exception, était tombée au sol.

En regardant la scène, on pouvait voir qu’il y avait un homme qui était apparu de nulle part et qui avait mis Frigga derrière son dos.

C’était un grand gaillard de plus de deux mètres de haut, avec un corps splendide qui avait été remarquablement bien entraîné.

Malgré tout cela, il portait une robe de mage qui ne correspondait pas du tout à son physique, ce qui lui donnait l’air bizarre. Cependant, Hyde n’avait aucun doute que le responsable de cette terrible situation n’était autre que cet homme étrange.

« Qui êtes-vous ? »

« Mon nom n’a pas d’importance, disons que je suis seulement venu participer à la fête sans avoir reçu de carton d’invitation. »

En d’autres termes, c’est un allié de Lapland ? Alors je dois le faire tomber, même si je dois donner ma vie pour ça ! Hyde avait rugi avec toute la force qu’il pouvait rassembler.

« Ce n’est pas le moment de faire attention à vos vies ! Aurions-nous encore un peu d’honneur si nous nous laissions retarder par une seule personne ? »

Bien que les soldats avaient été dans un état de choc après avoir été témoins de la scène surréaliste qui venait d’avoir lieu, le rugissement de Hyde avait suffi à leur redonner courage...

L’entraînement de ces gars a dû être très bon, Kurats avait été impressionné.

Les soldats d’Asgard avaient les mêmes yeux que des chiens bien dressés. Ils avaient été si bien entraînés que le fait de suivre les ordres leur donnait de la joie.

Avec un grand nombre de soldats comme eux, Asgard n’était vraiment pas un pays qui pouvait être pris à la légère.

« Le moins que je puisse faire est de les combattre avec respect. »

Cependant, tout cela n’était d’aucune utilité contre Kurats, qu’il s’agisse de la qualité de leur courage ou de leurs arts martiaux, qu’ils avaient entraînés au point de faire couler du sang.

La bravoure des soldats faisait place à leur désespoir, et cela commençait à se voir sur leurs visages.

Toute lance entrant en contact avec le poing des Kurats faisait du bruit et se brisait complètement. Même lorsqu’une douzaine de soldats venaient l’attaquer en même temps, il cassait leurs armes grâce un barrage de coups de poing.

Pourtant, ce serait bien s’il n’y avait que les lances qui étaient endommagées.

Le plus gros problème était que, chaque fois que Kurats frappait directement un soldat, son poing ne laissait qu’un trou vide dans le corps de la victime.

Par exemple, lorsqu’un soldat était frappé à l’abdomen, ses entrailles tombèrent derrière son dos, mourant ainsi sur le coup.

Cette bataille ressemblait à un groupe de poupées d’argile qui essayaient de combattre une poupée d’acier.

Et aucune tentative désespérée n’avait suffi pour passer à travers la peau d’acier de Kurats.

« Merde ! Si seulement nous pouvions utiliser nos sorts... ! »

Les soldats qui pouvaient utiliser la magie, y compris Hyde, étaient incapables d’utiliser leurs pouvoirs à cause de la barrière magique de Kurats.

Leur puissance de feu était la seule chose qui pouvait blesser Kurats, et ils ne pouvaient plus l’utiliser.

« N’abandonnez pas ! Nous devons nous battre à tout prix ! »

Si nous le pouvons, nous lui prendrons ses yeux. Sinon, on prendra juste son ongle, ce qui serait tout aussi bien. Nous allons faire comprendre à ce monstre que les efforts humains ne sont pas inutiles. Nous ne sommes pas des boucs émissaires pitoyables que n’importe quel monstre de la nature peut piétiner.

Hyde et ses hommes avaient continué à se battre, poussés par la force de leur détermination.

Pendant ce temps, Frigga regardait avec stupéfaction la montagne de cadavres qui se construisait autour de Kurats. Est-ce que je rêve ? 

Juste au moment où elle pensait qu’elle avait finalement percé la formation carrée de l’ennemi, ils avaient fini par l’encercler et la piéger avec succès.

Bien qu’elle avait eu la chance de poursuivre l’ennemi, elle avait accepté de tenir bon et afin de mourir de manière honorable.

Mais tout avait changé quand cet homme était apparu.

Quel héroïsme ! Fidèle à son titre de Valkyrie Blanche-Neige de Lapland, Frigga avait compris tout ce que faisait Kurats.

Il utilisait un barrage de coups de poing qui allait à une telle vitesse que l’œil humain ne pouvait pas suivre.

Même s’il était seul contre plusieurs, il avait complètement maîtrisé les soldats d’Asgard.

Quel que soit la technique ou l’équipement qu’ils avaient utilisé, ils n’avaient pas été en mesure de percer son barrage de coups.

Frigga avait l’impression qu’ils ne pourraient probablement pas lui faire une seule égratignure tant qu’ils n’utiliseraient pas une arme de type « artefact » ou une technique qui pourrait couper le fer.

Avant qu’elle ne s’en rende compte, son cœur s’était mis à battre si vite qu’il lui faisait mal.

Son corps le faisait apparaître comme un géant frappant les nuages, mais il avait la souplesse d’un félin gracieux et sauvage.

Sa force inhumaine, qui emportait tout sur son passage, semblait sortir tout droit des plus grands rêves de tout guerrier.

« Magnifique. »

Il avait la beauté des épéistes magiques, qui étaient considérés comme les trésors nationaux de tous les royaumes, mais en même temps, il avait la beauté d’un lion, le roi des animaux. Ce qu’elle venait de voir, c’était le sommet de l’efficacité, une belle vue qui ne pouvait que la faire soupirer.

Elle était fière d’être la plus forte en Lapland, mais combien de temps tiendrait-elle dans un combat contre cet homme ?

Non, avant toute chose, pourrait-elle seulement l’amener à la combattre sérieusement ?

Après avoir pensé aussi loin, Frigga avait réalisé quelque chose. Est-ce que je viens de trouver un homme qui est sans doute plus fort que moi !?

Il y avait une chose que Frigga avait toujours dite, c’était qu’elle n’épouserait qu’un homme qui était plus fort qu’elle.

Beaucoup d’hommes l’avaient défiée sans réfléchir, mais ils avaient tous lamentablement échoué.

La plupart d’entre eux étaient des fils de nobles trop sûrs d’eux, qui ne pouvaient que perdre contre elle, mais il y avait aussi des vétérans parmi les challengers, qui avaient fait de grands efforts dans leur entraînement.

Mais même eux n’étaient pas à la hauteur d’un prodige comme Frigga.

Lorsqu’il s’agissait d’utiliser la magie, de se déplacer, de suivre les mouvements de son ennemi ou de s’agripper à l’espace qui l’entourait au combat, Frigga était à un tel niveau qu’il semblait que personne ne pouvait la battre.

Même Frigga avait commencé à penser qu’elle devrait se contenter d’un homme qui pourrait seulement tenir tête contre elle, même s’il ne pouvait pas la battre.

Tandis qu’elle se rendait compte que l’homme idéal, qu’elle avait presque renoncé à trouver, se tenait maintenant devant elle, Frigga avait rougi et avait senti une vague de chaleur monter sur son visage.

« Ce n’est pas le moment de penser à ces choses ! »

Frigga avait pensé à beaucoup de choses, mais en réalité seulement quelques secondes s’étaient écoulées.

Une fois qu’elle avait confirmé que l’arrivée de Kurats avait brisé les plans des fantassins lourds d’Asgard, elle avait triomphalement levé son poing vers le ciel.

« Ne vous inquiétez pas pour l’infanterie lourde ! Attaquez les mages derrière eux ! »

Même si les mages d’Asgard avaient déjà pris beaucoup de distance, leurs dos sans défense étaient encore visibles.

Lorsque l’ennemi avait encerclé Frigga plus tôt, les soldats de Lapland avaient été comme des marionnettes dont les fils avaient été coupés, mais maintenant ils étaient à nouveau retrouvés leurs esprits combatifs.

« Chargez ! »

« Oooooooooooooooooooh ! »

Suivant l’ordre de Frigga, l’armée de Lapland attaqua violemment le camp d’Asgard, causant des milliers de pertes.

« ... Oh allez, ils me laissent tout seul... ? »

Personne parmi les forces ennemies ne pouvait blesser Kurats, mais il lui était toujours difficile de faire face seul à plus de mille fantassins lourds.

Il n’était donc pas déraisonnable de sa part de se plaindre après que tous les autres l’aient quitté.

Aux yeux d’Asgard, cependant, cette plainte était une preuve de sa confiance excessive, comme si ce n’était pas grand-chose pour lui, ce qui avait grandement blessé leur fierté.

Malgré cela, rien ne fonctionnait contre Kurats.

Certains des fantassins lourdement équipés relièrent leurs bras et formèrent des mêlées pour se servir de leur corps pour le percuter, d’autres soldats tentèrent de coordonner leurs attaques à l’arbalète et à la lance, mais tout était également inefficace.

D’un autre côté, chaque coup de Kurats était mortel.

Alors qu’ils se battaient à tout va, les effectifs des fantassins lourds furent bientôt réduits de moitié.

Sachant cela, Hyde avait appelé un jeune nouveau chevalier à part.

« Turiques, j’ai une tâche pour vous. »

« Oui, monsieur ! Tout ce que vous voulez ! »

Turiques avait supposé qu’on lui demanderait de se suicider, mais ses attentes étaient très éloignées de la réalité.

« Vous devez vivre et informer Son Excellence Cabernad de la situation. Je crains que le cours de notre guerre avec Lapland ne soit déterminé par notre capacité à gérer cet homme. »

Hyde avait deviné qu’une technique ou un artefact avait été utilisé pour empêcher ses soldats et lui-même d’utiliser leur magie.

Et si cet homme avait fait tout son possible pour utiliser une telle méthode, cela signifiait qu’il pouvait être blessé par la magie.

En d’autres termes, les sorts pourraient être une solution pour le vaincre. D’autre part, il était impossible de le vaincre avec les armes dont les soldats ordinaires étaient généralement équipés.

Non seulement il était presque impossible de le frapper, mais même lorsqu’il l’avait été, il n’y avait même pas la moindre égratignure sur lui.

Bien qu’Hyde n’avait pas compris comment cela était possible, ce qu’il avait compris, c’était que la peau de cet homme était plus solide qu’une armure en acier.

« Que nos morts ne soient pas vaines. Son Excellence Cabernard trouvera un moyen de gérer cet homme. »

« Mais je... ! »

Turiques était sur le point de dire qu’il voulait se battre aux côtés des autres, mais il avait à peine réussi à avaler ses mots.

C’était parce qu’il avait vu Hyde secouer doucement la tête d’un côté à l’autre.

Comme Turiques n’avait pas encore beaucoup d’expérience en tant que chevalier, il finirait par être un obstacle dans la bataille. La seule chose qu’il pouvait faire était de fournir les informations que ses camarades avaient obtenues au prix de leur vie.

Tout en retenant ses larmes, Turiques avait fait un salut militaire à Hyde, puis il avait commencé à courir dans la direction opposée.

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Un commentaire

  1. Un mot oublié :

    Malgré tout cela, il portait une robe (de) mage qui ne correspondait pas du tout à son physique

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