Almadianos Eiyuuden – Tome 1 – Chapitre 17

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Chapitre 17

« Oui, je ne peux pas imaginer que le crime se soit passé dans le château royal. Pour le moment, allons à l’extérieur pour chercher la scène du crime sur la base de ce que nous savons des souvenirs de Son Altesse, » déclara Kurats.

Bien que Kurats avait l’intention d’aller enquêter par lui-même, Lunaria n’était pas du même avis.

Avec un éclat joyeux dans ses yeux, elle avait pris la main de Kurats. Puis elle avait déclaré. « Oui, si tu m’escortes, je serai capable de marcher à l’aise à coup sûr ! »

« Hein ? »

Même Bernst, avec sa haute intelligence, n’avait pas pu s’apercevoir que Lunaria avait l’intention d’aller personnellement sur les lieux du crime dont elle était la cible. Il avait complètement échoué à réaliser exactement à quel point cette princesse était un garçon manqué.

Lunaria avait un sourire ensorcelant sur son visage, mais Kurats ne pouvait pas répondre tout de suite à cause de sa bouche toujours ouverte d’étonnement.

« Quel est le problème ? Tu as dit à Sa Majesté le roi que tu as besoin de ma coopération, non ? » demanda-t-elle.

« Je suppose que c’est vrai, mais... Votre Altesse, ne t’amuses-tu pas trop en ce moment ? » demanda Kurats.

Lunaria avait sorti la langue avec désinvolture, comme si elle admettait qu’elle avait été découverte.

 Elle avait toujours le comportement digne d’un membre de la royauté, mais la douceur d’une jeune fille s’était ajoutée à cela, ce qui rendait l’expression du visage de Kurats plus détendu sans qu’il s’en aperçoive.

Inutile de dire que Rosberg était encore plus affecté, la princesse avait pour elle un charme diabolique.

« V-Votre Altesse ! Vous ne pouvez pas vous exposer à de tels risques ! » s’exclama Rosberg.

« Je ne suis qu’une triste princesse dont la vie est ciblée dans l’ombre. Comment pourrais-je être punie pour vouloir m’amuser un peu ? » demanda-t-elle.

« Votre Altesse, vous dites toujours ce genre de choses quand vous sortez furtivement du château, mais je ne serais plus dupe ! » s’écria Rosberg.

« C’est incroyable, tu as déjà mis à l’épreuve les capacités de Kurats, et pourtant tu ne peux toujours pas te fier à lui ? » demanda la princesse.

« C’est... Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en lui..., » répondit-il.

Bien qu’ils avaient tous les deux caché leurs atouts, ils avaient tous les deux reconnu les capacités de chacun.

 Et Rosberg savait que quand Kurats se battait sérieusement, même toute une troupe des chevaliers du royaume ne pouvait pas lui poser un doigt dessus.

« De toute façon, si ma vie est ciblée, je pourrais aussi bien en profiter ! » déclara-t-elle.

« Pfft ! » Les mots bien cordiaux de Lunaria avaient rendu Kurats incapable de réprimer son rire.

Pour lui, l’éclat de la jeune fille insouciante était assez amusant.

« Oh, on dirait que Kurats peut aussi faire ce genre de visage, hein, » déclara-t-elle.

Remarquant l’expression rieuse qui apparut spontanément sur le visage de Kurats, Lunaria avait l’impression de voir quelqu’un qui avait l’air plus jeune que son âge. Il était difficile d’imaginer que c’était le même homme qui avait combattu avec sa vie en jeu contre Rosberg.

« Alors, ça va si je compte sur toi ? » demanda-t-elle.

Alors qu’il voyait le regard mignon de Lunaria qui ne laissait aucune place aux objections, Kurats leva les deux mains comme s’il se rendait. « Ouais, ne t’inquiète pas, je te protégerai au péril de ma vie. »

 

☆☆☆

 

Sans tarder, Lunaria et Kurats étaient partis ensemble vers la périphérie du château.

Bien que l’expression faciale mécontente sur le visage de Rosberg n’avait toujours pas changé jusqu’à la fin, il avait fini par être chassé contre sa volonté par les explications de Lunaria, qui avait continué à prétendre que tout cela n’était que pour l’enquête.

Kurats sympathisait sincèrement avec l’anxiété de Rosberg.

« Que ce soit pendant les périodes où je m’entraînais dans le château royal, ou quand mes professeurs m’enseignaient une leçon, je sortais furtivement du château chaque fois que je pouvais trouver une opportunité, sauf quand je devais prendre soin de mes fonctions, » déclara Lunaria.

« En catimini, hein, » répondit-il.

Bien que la princesse portait des vêtements d’entraînement de chevalier afin de ne pas se démarquer, elle ne pouvait pas cacher sa dignité emplie de noblesse et son beau visage qui faisait tourner la tête de tout le monde.

Ainsi, alors qu’elle avait sincèrement l’intention de se cacher, tout spectateur pouvait immédiatement dire qu’elle était la princesse.

 La popularité de Lunaria parmi les habitants de la nation avait certainement à voir avec le fait que, chaque fois qu’elle sortait secrètement du château, ils pouvaient dire que c’était elle.

« Au fait, as-tu des pièces de monnaie sur toi, Kurats ? » demanda-t-elle.

Les grands yeux de Lunaria étaient remplis de curiosité et brillaient d’anticipation alors qu’elle regardait Kurats.

« Je ne pense pas avoir assez d’argent pour pouvoir te satisfaire, Votre Altesse, » déclara-t-il.

Lunaria n’avait jamais porté d’argent sur elle.

En tant que princesse, tout ce qu’elle avait à faire était de demander et ce qu’elle voulait était acheté pour elle, mais c’était en fait le ministère de l’Économie qui s’occupait de payer.

Donc, quand elle voyageait incognito, il lui était impossible de faire des achats, cependant, c’était une tout autre histoire maintenant que Kurats était là. Le cœur de Lunaria vibrait d’excitation.

Ne pas avoir répondu à de telles attentes aurait été assez grossier de la part de Kurats.

Alors que Lunaria lui jeta un regard noir avec des joues gonflées, Kurats afficha un sourire ironique et corrigea sa déclaration précédente.

« Très bien, laisse-moi t’inviter, Votre Altesse Lunaria, mais seulement un peu, d’accord ? » déclara-t-il.

« D’accord ! » répondit-elle.

{ ... As-tu remarqué ?}

Comment pourrais-je ne pas remarquer une telle intention meurtrière flagrante ? pensa Kurats.

Dès que Kurats et Lunaria avaient quitté le château, de multiples sources d’intention meurtrière les avaient entourés.

Même s’il n’utilisait pas la magie, Kurats était par nature un chasseur. Bien que l’autre parti ne sache pas qu’ils soient eux-mêmes chassés, pour Kurats, ils n’étaient rien de plus que des proies faciles.

À présent, il avait déjà pris la décision spontanée de trouver une occasion pour les écraser tous ensemble.

{ ... La plupart d’entre eux ne sont que du menu fretin, mais il y a quelques gars plus forts que les autres.}

Ce sont des mages, n’est-ce pas ? Ils pourraient penser qu’ils se cachent plutôt bien, mais je peux le dire…, pensa Kurats.

Bernst était surpris que Kurats eût réussi à remarquer la présence des mages sans avoir à utiliser de magie.

{Est-ce une technique de dissimulation de ce monde ? Cela a certainement pour effet d’isoler la présence de l’utilisateur et pourtant, pourquoi... ?}

Oh, de quoi parles-tu ? Existe-t-il vraiment une telle capacité de se cacher non naturelle ? demanda-t-il à Bernst.

À l’âge de dix ans, Kurats chassait déjà les bêtes sauvages et les monstres qui se cachaient dans les montagnes de Gaura. Dans certains cas, les animaux sauvages pouvaient cacher leur présence encore mieux que les mages.

Du point de vue de Kurats, comparativement aux bêtes de la montagne contre lesquelles il combattait pour sa vie, les mages, qui pouvaient se déplacer en toute tranquillité grâce à la confiance qu’ils mettaient dans leurs techniques de dissimulation, semblaient seulement cacher leurs têtes sans se rendre compte que leurs dos étaient complètement exposés.

{Humph, ce gamin sauvage est tout simplement excessif !}

Bernst croyait que Kurats était assez fiable dans son talent pour détecter ses ennemis à coup sûr, mais d’un autre côté, il était mécontent du fait que la source de cette capacité n’était pas magique, mais seulement un sixième sens développé par l’accumulation d’années d’expérience.

Bernst croyait que de telles méthodes étaient trop grossières et inélégantes pour l’alter ego du roi des mages.

Sans un seul indice sur le conflit qui se passait dans l’esprit de Bernst, Lunaria avait pris la main de Kurats et elle s’était mise à courir.

« Une femme de chambre a dit qu’il y a une diseuse de bonne aventure célèbre dans la place là-bas ! » déclara-t-elle.

« Il est parfaitement bien d’être de bonne humeur, mais s’il te plaît, essaye de ne pas trop te démarquer, » déclara-t-il.

En dépit d’être proche d’atteindre l’âge du mariage, Lunaria prenait la main d’un homme sans un seul souci ou soin. Kurats ne pouvait s’empêcher de sourire avec ironie.

Les pieds de Lunaria s’immobilisèrent dans une rue bordée d’étals, afin d’acheter des sucreries qu’elle se mit à jeter rapidement dans sa bouche, comme un petit animal engloutissant une friandise.

« Ooh ! Ce genre de nourriture peut aussi être délicieuse ! » s’exclama-t-elle.

Bien qu’il soit différent des desserts raffinés qu’elle avait mangés dans le palais royal, la douceur malsaine de cette malbouffe était assez rafraîchissante pour Lunaria.

« On dirait que vous aimez vraiment ces bonbons, mademoiselle ! Vous devriez essayer un peu de ce gâteau kuzumochi ! » déclara le vendeur.

Après avoir vu le gâteau de riz qui avait été fortement recommandé par le commerçant au visage carré et arriviste, Lunaria avait affiché un regard plein d’expectatives vers Kurats.

Bien sûr, Kurats ne pouvait absolument pas résister à ce regard.

C’était parce que Lunaria avait une disposition qui faisait que les hommes plus âgés voulaient la protéger. C’est probablement grâce à cette disposition enchanteresse qu’elle pouvait prendre au piège Rosberg et les autres.

« Mmm ! Celui-ci a une douceur raffinée, mais assez particulière ! » déclara la princesse.

Le gâteau contenait un substitut de sucre obtenu en faisant bouillir un type de lierre appelé kudzu doux, qui avait un goût aimé par les masses depuis les temps anciens. Selon la façon dont il avait été bouilli, il pourrait être aussi doux que le miel ou encore plus sucré, et il y avait aussi une acidité rafraîchissante.

Ce n’était pas inférieur aux pâtisseries faites par les ouvriers du palais royal.

Après avoir mangé avec brio le gâteau de kuzumochi, Lunaria se dirigea à nouveau vers la diseuse de bonne aventure dont elle avait entendu parler : Zawari.

Kurats avait senti une sensation de tortillement alors que l’air autour de lui se densifiait.

Il y avait une présence que le sixième sens de Kurats et la magie de Bernst n’avait pas réussi à percevoir plus tôt.

Si cela avait été un assassin, même Kurats aurait inévitablement lutté contre lui. Ou du moins, la présence devant lui était assez puissante pour le lui faire penser.

« Oooh! Là-bas, nous avons de la chance, il semblerait qu’il n’y a personne d’autre là-bas, » déclara la princesse.

Ça n’a probablement rien à voir avec la chance, j’ai l’impression que ça a été fait complètement à dessein, pensa Kurats, mais il était conscient que le dire à voix haute devant la diseuse de bonne aventure aurait été maladroit de sa part.

En premier lieu, il ne savait même pas si cette présence était hostile ou non.

« Puis-je vous demander de lire ma bonne fortune ? » demanda Lunaria.

Alors qu’elle s’asseyait devant la diseuse de bonne aventure dont les traits faciaux étaient cachés par un capuchon, Lunaria avait souri avec excitation.

C’était un sourire aimable et contagieux.

Même la diseuse de bonne aventure, qui était une femme à en juger par les cheveux blonds qui lorgnaient dans son capuchon, laissa un coin de ses lèvres semblables à du sang se courber en un sourire.

« Oh, vous êtes née sous une étoile très puissante, jeune femme, » déclara la diseuse de bonne aventure.

« Vraiment ? Je ne sais rien à ce sujet, » répondit Lunaria.

« Oui, je peux voir l’éclat de l’étoile qui vous protège, une telle étincelle n’accompagnerait jamais une personne ordinaire, » déclara la diseuse.

Lunaria était à court de mots.

En tant que princesse du pays, elle était certainement destinée à être protégée par de nombreux partisans et serviteurs.

Mais le fait que cette diseuse de bonne aventure avait pu le sentir en un instant montrait qu’elle était loin d’être simple ; la seule autre explication serait qu’elle savait déjà que Lunaria était la princesse.

« Vous ne devriez pas faire ce genre d’expression, jeune fille, vous allez gâcher votre joli visage. Maintenant, qu’est-ce que vous voulez me demander aujourd’hui ? » demanda la diseuse.

« E-Eh bien... je suis juste une jeune fille dans sa jeunesse, mais... et pourtant, je voudrais connaître ma vie amoureuse ! » demanda Lunaria.

Bien qu’elle agissait d’une manière évasive au début, Lunaria s’était ressaisie et elle avait adressé sa requête à la diseuse de bonne aventure avec un ferme hochement de tête.

« Mais, l’homme derrière vous, n’est-ce pas votre amant ? » demanda la diseuse.

« Aaah ! » Lunaria avait laissé échapper un cri ridicule sortant malgré elle de sa bouche. « Ce n’est pas comme ça ! Kurats et moi... n’avons pas ce genre de relation. »

À en juger par le retard pris par Lunaria pour terminer sa phrase, la diseuse de bonne aventure avait compris les sentiments confus dans le cœur de la jeune fille. Elle pouvait dire que Lunaria n’avait pas encore remarqué qui était le candidat de son amour, ou même remarquer son propre amour émergeant.

« Alors, comme vous le souhaitez, je prédirai la direction que va prendre votre vie amoureuse. Laissez-moi jeter un coup d’œil à votre avenir, » déclara la diseuse.

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Un commentaire

  1. L'amateur d'aéroplanes

    Merci pour le chapitre.

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