À la recherche sérieusement d'une sœur ! La Princesse Vampire Ultime – Tome 01 – Histoire parallèle 1

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Histoire parallèle 1 : Une fille normale travaillant dans les coulisses d’une vente aux enchères

« Je veux que vous obteniez un artefact qui annulera les effets des poisons mortels, en plus d’être un accessoire exquis. » Grannis Walter, le chef de la maison du duc Walter, avait fait part de sa demande au marchand avec qui il s’était lié d’amitié.

« Un accessoire exquis, monsieur ? Je pense que quelque chose de cette nature est incroyablement cher, » répondit le marchand.

« Je m’en rends compte. Mais l’argent n’est pas un problème dans ce cas, » déclara le duc Walter.

Tous les objets enchantés avaient en commun une faiblesse : si l’objet magique lui-même était détruit, leur capacité serait également perdue. Il existait aussi des artefacts avec des capacités d’autoréparation, mais il s’agissait d’une exception vraiment rare. D’une manière générale, il avait été dit que la chose la plus importante pour préserver un objet magique était de s’assurer que l’objet lui-même ne se brise pas. En d’autres termes, il y avait beaucoup d’objets magiques enchantés qui avaient tendance à avoir des allures grossières. Cette tendance était particulièrement marquée parmi les artefacts qui existaient actuellement, de sorte qu’un artefact qui était aussi un accessoire exquis était extrêmement rare. S’il s’agissait d’un accessoire et d’un artefact en tant que deux entités distinctes, alors il pourrait aller de quelques centaines à quelques milliers de pièces d’or, mais si c’était un objet de cette nature qui était deux en un, alors dix mille pièces d’or seraient le strict minimum. C’était un prix que même le Duc Walter n’était pas en mesure de payer facilement, et il aurait besoin de vendre d’autres œuvres d’art qu’il possédait afin de recueillir l’argent. Cependant, il y avait une raison pour laquelle il était prêt à aller aussi loin pour atteindre ce genre d’artefact.

« Je veux que ma fille bien-aimée l’emporte avec elle, » déclara le duc Walter.

« Est-ce que vous voulez dire…, » déclara le marchand.

« … Tout à fait. Elle doit se marier dans la nation voisine, » déclara le duc Walter.

Ils étaient en guerre avec la nation voisine, avec des escarmouches toujours en cours. C’était le résultat de la lutte des deux nations pour obtenir des terres fertiles afin de compenser la pénurie alimentaire provoquée par le boom démographique — une lutte qui avait duré plus d’un siècle et qui avait fait pencher les ressources des deux nations vers un déclin. Pour sortir de cette impasse, le roi avait pris une décision. Cette décision stipulait qu’une fille de sang royal devait épouser le prince de la nation voisine pour servir de symbole de bonne volonté entre les deux pays. Et la fille choisie pour cette tâche était la fille bien-aimée du duc Walter. Le sort des deux nations était sur ses épaules. Bien que ce fut un honneur incroyable pour lui en tant que duc, en tant que père… c’était un choix très douloureux. Bien que beaucoup de gens désiraient la paix, il y avait aussi des gens qui voulaient encore la guerre, et du point de vue de ces gens affamés de guerre, la fille des Walter n’était rien de plus qu’une nuisance. C’était la même chose que l’artefact. Peu importe la puissance de l’effet qu’il possédait, il ne pourrait pas utiliser sa puissance si vous détruisiez le composant principal de l’objet. C’était la raison pour laquelle il voulait un artefact — un artefact qui permettrait non seulement à sa fille, qui serait exposée quotidiennement à des tentatives d’empoisonnement, de se promener partout où elle allait, mais qui serait assez discret d’un seul coup d’œil.

« La date du mariage est dans six mois. Je vous supplie de trouver quelque chose d’ici là. Si vous réussissez, je vous promets que ça en vaudra la peine, » déclara le duc Walter.

« Très bien, mon bon monsieur. Je ferai de mon mieux pour trouver les meilleurs articles qui conviennent à la jeune fille, » dit le marchand travaillant pour le duc, alors que le duc s’inclinait devant lui, mais les artefacts eux-mêmes n’apparaissaient sur le marché qu’en quantité limitée chaque année. Non seulement cela, mais considérant que le duc recherchait spécifiquement un artefact qui annulait les poisons mortels et qu’il fallait que cela soit vu comme un bijou, il était plus que douteux que quelqu’un puisse même en offrir un à la vente dans un avenir proche — encore moins dans les années à venir. Même si le prix n’était pas un problème pour le duc, cela ne l’aidait pas à obtenir son objet convoité — pendant ce temps, le jour du mariage de sa fille se rapprochait de plus en plus à chaque heure qui passait.

C’était, jusqu’au jour où un rassemblement social pour les aristocrates et les nobles avait eu lieu dans la Capitale Impériale. Normalement, le duc ne pouvait pas se permettre de passer du temps à profiter des réunions sociales à quelque titre que ce soit, mais en tant que duc, il ne pouvait pas non plus se permettre d’écarter facilement l’événement et de ne pas venir. Il y avait aussi la possibilité que l’un des aristocrates là-bas connaisse le genre d’artefact qu’il recherchait. En misant ses espoirs sur cette possibilité, le duc Walter avait assisté au rassemblement, mais…

« Un artefact qui à la fois annule les effets des poisons mortels, et fonctionne aussi comme un bel accessoire ? » demanda l’un d’eux.

« Oui, je souhaite l’obtenir pour ma fille, » déclara le duc Walter.

« … Pour Lady Liliane, je vois. Pour une chose pareille, je, eh bien… »

« C’est très bien. Vous n’êtes pas obligé de me dire quoi que ce soit. C’est un grand honneur, et je sais que vous avez des affaires urgentes. Je me suis simplement souvenu que vous connaissez bien les pièces artistiques, Lady Charlotte, » déclara le duc Walter.

« Lady Liliane est une amie merveilleuse, alors je souhaite vous aider si possible, mais… vous devez me pardonner. Je ne sais pas où trouver un objet de ce calibre, » répondit Charlotte.

« Non, c’est moi qui devrais m’excuser d’avoir posé une question aussi étrange à l’improviste, » déclara le duc Walter.

C’était la fille unique de la maison du comte Warren. Le duc Walter s’était essayé à demander à quelqu’un qui était en bons termes avec sa fille, mais il avait baissé la tête quand il avait réalisé qu’il n’obtiendrait pas l’information qu’il cherchait.

« Duc Walter, je comprends ce que vous devez ressentir. Demain est le jour de la vente aux enchères dans la Capitale Impériale. Ce n’est qu’une supposition, mais peut-être qu’ils auront quelque chose qui répondra aux besoins de Lady Liliane, » déclara Charlotte.

« Une vente aux enchères… ? Oui, je pourrais aller la voir…, » déclara le duc Walter.

S’il y avait des biens tape-à-l’œil comme un artefact que les gens voulaient, il était courant que les acheteurs soient informés à l’avance pour qu’ils puissent préparer les fonds nécessaires à leur achat. Le fait de ne pas avoir d’information à ce moment-là signifiait qu’il était peu probable qu’un tel artefact apparaisse, mais… cela ne signifiait pas qu’il n’y aurait rien à donner à sa fille comme un cadeau valable. Le duc Walter remercia Charlotte et s’excusa. Cependant, la zone où il s’était déplacé avait permis au Duc Walter d’assister à quelque chose d’incroyable dans un siège entouré de gens.

La duchesse Roadwell se vantait du cadeau qu’elle avait reçu de son mari aux autres aristocrates. Le précédent duc Roadwell était un grand homme et était très amical avec le duc Walter, mais… le duc Roadwell qui lui avait succédé était toujours en désaccord avec le duc Walter.

Il fait probablement l’entêté pour que personne ne le prenne à la légère, puisqu’il a succédé au titre à un si jeune âge, pensa le duc Walter, ne l’ayant jamais approché jusqu’à maintenant. Cependant, aujourd’hui, il avait une raison précise de le faire.

L’objet dont se vantait la duchesse Roadwell était exactement le même que le duc Walter cherchait à offrir à sa fille bien-aimée.

« Eh bien ? Que pensez-vous de cet artefact que j’ai offert à ma femme, duc Walter ? Non seulement un bel accessoire, mais cela annule aussi tout poison mortel, » demanda soudain une voix, juste derrière le duc. Réalisant qu’on se moquait de lui à cause d’un ton de voix si antagoniste, le duc Walter se retourna malgré l’ennui que cela lui causait.

« Tiens, tiens, c’est le duc Roadwell. Puis-je vous être utile ? » demanda le duc Walter.

« Oh, pas vraiment. J’ai entendu dire que vous cherchiez le même artefact que moi et que vous n’avez pas réussi à le trouver, » déclara l’autre.

« Oh-ho…, » le duc Walter n’allait pas lui demander de le lui vendre, car cela serait ridicule. Et même s’il en faisait la demande, cela ne ferait qu’aider à caresser l’ego du duc Roadwell. Même s’il n’était pas certain de l’endroit où cette information avait été divulguée, il n’était pas difficile d’imaginer que le duc Roadwell avait obtenu de l’information sur l’article que le duc Walter cherchait au préalable et l’avait acheté juste pour se mettre sur son chemin. Le duc Walter était positivement débordant de dégoût.

« Je crois qu’il serait tout à fait nécessaire de chercher maintenant, mais j’espère que vous ne vous découragez pas, duc Walter. Si vous êtes motivés, comme moi, alors je crois qu’il est possible, dans tous les cas d’obtenir quelque chose de ce genre, » déclara le baron Roadwell.

Comment oses-tu te moquer de moi avec autant d’effronterie ? Le duc Walter avait presque laissé ses pensées s’échapper de sa bouche avec fureur, mais il s’était arrêté quelques instants avant de pouvoir le faire. Ce que le duc Walter devait faire maintenant, c’était découvrir ce qu’il pouvait faire pour sa fille. Avec cela en tête, il avait réfréner sa colère et s’était préparé à faire sa sortie, mais c’est là que…

« Oh, c’est vrai. J’allais oublier. Je ne pense pas qu’il m’est vraiment possible d’acheter deux exemplaires du même article, mais que me diriez-vous si je vous présentais au marchand à qui j’ai demandé de le réserver pour moi au cas où ? » demanda Roadwell.

« … Oh ? Eh bien, j’apprécierais ça, mais…, » ce n’était clairement pas un geste de bonne volonté, ce qui avait incité le duc Walter à rester sur ses gardes, car il n’était pas au courant de ce que cet homme voulait finalement. Mais sa précaution s’était avérée vide de sens, parce que son offre était par pure bonté d’âme — du moins, c’est ce qu’il espérait. En fait, le duc Roadwell avait déjà tout mis en place, alors il montrait simplement sa main par courtoisie, ce qui signifie que…

« Le nom de ce marchand ? Pourquoi, c’est… »

Le nom dont il avait informé le duc Walter avec un sourire sournois était celui du marchand avec qui il s’était lié d’amitié. Cette nuit-là, le marchand s’était présenté chez le duc Walter sans même être convoqué. Là, le Duc le rencontra, utilisant la raison pour se retenir d’exploser de colère.

« … Le duc Roadwell s’est vanté d’un certain objet lors de la réunion sociale d’aujourd’hui, » avait-il dit, le regardant comme pour dire qu’aucune autre explication n’était nécessaire. Cependant, son regard avait été accueilli sans la moindre hésitation par le directeur d’une entreprise qui commençait à se démarquer dans la Capitale Impériale de nos jours.

« … Alors il s’en est vantés, n’est-ce pas ? Je sais ce que vous devez ressentir maintenant. » On aurait dit qu’il essayait pratiquement de commencer une bagarre.

Sa voix tremblant, le duc Walter demanda à être absolument certain. « Avez-vous vendu l’artefact au duc Roadwell ? »

« En effet, c’est moi qui l’ai vendue, » répondit l’autre.

« Alors, avez-vous l’intention de me dire que vous avez un autre article du même genre ? Dites-moi, Gratt. » Considérant qu’il était un marchand, il était inévitable qu’il en vende à un plus offrant, mais le duc Walter n’avait jamais été informé qu’il l’avait trouvé.

Selon votre réponse, vous le regretterez peut-être, pensa-t-il, dégageant une aura d’intimidation. Bien que la pression d’un aristocrate majeur ait été assez forte pour laisser n’importe quel homme normal trembler dans ses bottes, le marchand avec qui le duc Walter s’était lié d’amitié — le directeur de Compagnie Marchande Gratt — n’était pas préoccupé.

« Avant de répondre à votre question, permettez-moi de m’enquérir d’une chose, » déclara Gratt.

« … Qu’est-ce que c’est ? » demanda le duc.

« Si je vous disais d’enchérir sur un objet lors de la vente aux enchères de demain… seriez-vous sûr de le gagner, Duc Walter ? » demanda le marchand.

« La vente aux enchères de demain, vous dites ? » demanda le duc.

Il avait remis à plus tard ses réflexions sur les intentions de l’homme afin de chercher une réponse, en changeant doucement son comportement. En ce qui concerne la vente aux enchères du lendemain, le duc n’avait pas entendu parler d’un artefact en vedette. Dans ces conditions, on pouvait probablement supposer sans risque de se tromper qu’aucun membre de la royauté n’y participera. Cela signifiait aussi que ses plus grandes sources de compétition étaient les quelques aristocrates majeurs et le duc Roadwell. La question était de savoir s’il pouvait les battre ou non. Pour ce qui était de l’actif total, il s’agirait d’un combat individuel entre le duc Roadwell et le duc Walter, mais les enchères n’étaient pas quelque chose que l’on pouvait gagner simplement parce que l’actif total était égal à un montant considérable. La personne qui remporterait une vente aux enchères était celle qui avait le plus d’argent avec elle à ce moment-là. Et vu que le duc Roadwell avait récemment acheté cet artefact avec une magie et des qualités artistiques exceptionnelles, sa somme d’argent en main n’était probablement pas si impressionnante. Pendant ce temps, le duc Walter recueillait les fonds pour acheter le cadeau de sa fille, donc si la vente aux enchères devait avoir lieu demain, il était peu probable qu’il perde. Et c’est au moment même où le duc Walter en était arrivé à cette conclusion qu’une certaine possibilité s’était présentée à lui.

« Pourriez-vous suggérer que l’article que je cherche sera mis en vente à la vente aux enchères de demain ? » demanda le duc.

« J’ai un accord avec mon partenaire commercial, alors je crains de ne pouvoir en dire plus. Cependant… la seule chose que je dirai, c’est que cela vient des bonnes grâces d’une certaine fille normale. »

« … Une fille normale ? » demanda le duc.

« En effet, une fois que je lui ai parlé de vous, elle a accepté l’idée avec joie. Alors, s’il vous plaît, faites-en votre mission, vous devez participer à la vente aux enchères de demain. Je suis sûr que vous serez témoin d’un miracle, » déclara Gratt.

Il n’arrivait pas tout à fait à s’imaginer qu’il s’agissait d’un « miracle ». L’affaire serait résolue s’il lui vendait l’objet dès le début, de sorte qu’il était complètement incapable de comprendre pourquoi il passait par un tel détour. La seule chose à laquelle il pensait était qu’il essayait d’augmenter le prix à la vente aux enchères… néanmoins, il était déterminé à obtenir l’artefact, peu importe le prix élevé. Il n’avait tout simplement pas compris l’intérêt de lui faire faire une offre. De plus, il n’y avait aucune chance que le duc Walter ne soit pas informé à l’avance si l’artefact qu’il cherchait devait se présenter à l’encan. C’est pourquoi, s’il voulait être honnête, Gratt crachait des idioties pour se couvrir le dos. Soit ça, soit il avait perdu la tête — les deux doutes tournaient dans l’esprit du duc. Cependant, il n’avait plus le choix. Par conséquent, le duc Walter, qui s’accrochait essentiellement à cette bouée, avait décidé de se présenter à la vente aux enchères.

La journée passa, et il arriva à la salle des ventes. Là, il s’était retrouvé littéralement témoin d’un miracle.

« Qu’est-ce que c’est que ça… ? » demanda le duc Walter, à la recherche de mots. Les gens qui avaient aussi regardé la liste d’articles avaient crié de la même façon. Parmi les articles énumérés sur le parchemin, il y avait des artefacts mélangés dans le lot. Le fait que des artefacts aient été mis aux enchères sans préavis avait été une surprise en soi, mais le véritable choc ici se trouvait dans les descriptions énumérées.

Une broche avec un bel ensemble design et une grande pierre magique. Le dessin était petit, mais délicat, la broche elle-même étant évaluée à pas moins de cinquante pièces d’or.

En soi, c’était un prix relativement choquant. Bien sûr, il y avait un certain nombre d’autres pièces de valeur artistique plus chères, mais la petite broche avec un prix de cinquante pièces d’or était considérablement peu commune. Quoi qu’il en soit, la vraie valeur de cette broche n’était pas dans le design. On disait qu’elle était enchantée, et ses effets évalués ont été décrits comme suit :

En plus d’une capacité qui annule tous les maux corporels, elle est également dotée d’une capacité d’autoréparation. Annule instantanément les effets d’un poison rapide et mortel pour le porteur. La broche elle-même se réparera d’elle-même même si elle est brisée en morceaux. Une broche faite pendant le temps libre d’une fille normale.

Il ne savait pas par où commencer lorsqu’il s’était agi de distinguer cette description. L’artefact était une petite broche au design artistique et à l’enchantement puissant. Il était assez rare qu’il existe, mais l’enchantement qu’il possédait était infaisable. Elle annulait tous les maux corporels. Ce seul fait ne relevait pas du domaine des artefacts et empiétait sur le doute quant à savoir s’il s’agissait d’un miracle accompli par Dieu. Vu ce que c’était, il ne serait pas surprenant de le voir avec un prix de dix mille pièces d’or à la place.

Cependant, les faits surprenants ne s’arrêtaient pas là. La broche était enchantée d’une capacité d’autoréparation. Il était déjà en territoire de miracle au moment où elle avait été dotée de cet enchantement de qualité artefact, et la broche fragile ayant une capacité d’autoréparation était une bénédiction céleste. C’était littéralement un artefact parmi les artefacts, un objet qui ne devrait en aucun cas exister, mais… c’était aussi une œuvre avec une capacité d’autoréparation. Cela avait permis au duc Walter de savoir ce que c’était vraiment.

« Cela ne peut pas faire partie de la Série Non Accréditée… ? » murmura le duc.

Si c’était le cas, il pouvait comprendre pourquoi une si petite broche était si chère avec ses cinquante pièces d’or, en se basant sur sa valeur en tant qu’œuvre d’art seulement. Si elle faisait partie de la Série Non Accréditée, il ne serait pas surprenant de le voir avec un prix de mille pièces d’or. La broche avait une capacité intégrée d’annuler tous les maux corporels. Il était impossible de mettre un prix dessus. Même s’il échangeait tout ce qu’il avait — son territoire, son statut social, les gens de son territoire — ce ne serait pas un commerce équitable.

– Non. S’il est mis en vedette dans la vente aux enchères, on peut dire sans risque de se tromper que le prix de la vente aux enchères est le prix approprié. C’est tout à fait ridicule, mais dans un certain sens, c’est la vérité. Oui, mais… pensa le duc Walter, à la traîne.

Sans en informer personne à l’avance, cela avait réduit le nombre de concurrents financiers qui pouvaient s’opposer au duc Walter, ce qui lui avait fait se demander quel était l’objectif de Gratt dans tout cela. Pensant raisonnablement, son but serait de saboter n’importe quel concurrent puisque quelqu’un d’autre les exposait aux enchères, mais puisque Gratt agissait en tant que représentant de l’exposant, alors cela n’aurait pas de sens s’il essayait de se saboter. Dans ce cas, le duc Walter s’était mis à réfléchir avant de se remémorer de ce que Gratt lui avait dit.

« La seule chose que je dirai, c’est que cela vient des bonnes grâces d’une certaine fille normale. »

Pourquoi un artefact d’un tel calibre existait-il ? Pourquoi tentaient-ils de vendre un artefact de ce calibre ? Pourquoi avait-il mis l’accent sur le « normal » dans « fille normale » ? Tout cela n’avait aucun sens. Mais ce qui était logique, c’est qu’il n’y avait pas de meilleur objet à offrir en cadeau à sa fille que l’artefact exposé à la vente aux enchères aujourd’hui. Et puis…

« Vite ! Vite ! Récupérez toutes les pièces d’or que j’ai en main tout de suite ! »

Le duc Roadwell et les autres aristocrates avaient aboyé des ordres à leurs serviteurs, mais… ils étaient arrivés trop tard. Il n’y avait personne autour de lui qui pouvait battre le duc Walter avec toutes les pièces d’or qu’il avait recueillies pour le bien de sa fille. Le duc Walter remporta l’appel d’offres pour l’artefact qui allait plus tard porter le nom de la Bénédiction de l’Ange.

Quelques jours plus tard, le président de la Compagnie Marchande Gratt lui avait rendu visite.

« Félicitations, Duc Walter, » déclara Gratt.

« Grâce à vous, Gratt, j’ai pu offrir à ma fille bien-aimée un cadeau délicieusement inattendu. Vous avez toute ma gratitude. Je vous promets que je consacrerai ma vie à me racheter auprès de vous, » déclara le duc.

« Non, comme je l’ai dit la dernière fois, c’est en raison des bonnes grâces d’une certaine fille normale autoproclamée, » répondit Gratt.

« Une fille normale autoproclamée, hein ? Vous savez, je me demandais de quoi vous parliez quand vous m’avez dit ça la première fois, mais…, » répondit le duc.

Dans la description de l’artefact, il était indiqué qu’il avait été créé pendant « le temps libre d’une fille normale ». Cela, combiné avec le fait que Gratt mentionnant que les bonnes grâces d’une fille normale autoproclamée l’avaient rendu possible… En toute logique, l’auteur de cette description et la fille normale autoproclamée étaient une seule et même personne. Naturellement, une fille normale ne serait jamais capable de faire de telles choses. En fait, aucun humain n’en serait capable. Cependant, la Série Non Accréditée n’avait pas été accréditée parce que le créateur n’avait jamais essayé de gagner une réputation pour ces œuvres. On disait aussi que la créatrice était la plus jeune fille des Sangs Véritables. Les Sangs Véritables étaient une tribu qui avait soudainement disparu il y a un millénaire, mais comme on disait qu’ils vivaient pendant plusieurs millénaires, il ne serait pas inhabituel qu’ils vivent encore quelque part dans le monde, même maintenant.

« … Cette fille normale autoproclamée serait-elle…, » murmura le duc.

« Je n’en sais rien, » répondit Gratt.

« Et par là… vous voulez dire “ne pas fouiner” ? » demanda le duc.

« Bien sûr, cela en fait partie, mais je n’en sais vraiment rien. En fait, si j’avais l’audace de donner mon opinion… Je dirais que c’est un ange qui se proclame comme une fille normale, » répondit Gratt.

« … Alors c’est un ange, n’est-ce pas ? Alors tout cela était-il une bénédiction pour ma fille ? » demanda le duc.

« Précisément, » répondit Gratt.

Ce que le duc Walter avait voulu dire n’était qu’une plaisanterie, mais Gratt hocha la tête dans l’affirmation avec sérieux.

« Elle veut aider toutes les filles dans le besoin — c’est sa devise, pour ainsi dire, » déclara Gratt.

« Je vois. Toute fille dans le besoin…, » déclara le duc.

Dans ce cas, elle a indéniablement fait tout ça pour le bien de ma fille. Je dois admettre que je ne comprends pas très bien pourquoi cela devait être fait à une échelle aussi grande, mais… les anges travaillent de façon mystérieuse, se dit le duc Walter.

La fille bien-aimée du duc, Liliane, avait fini par se marier avec la nation voisine. Cependant, sa vie là-bas était loin d’être une expérience facile. Ceux qui essayaient d’améliorer les relations entre les deux nations étaient de son côté, mais ceux qui souhaitaient la guerre étaient constamment après sa vie. Cela dit, elle avait résisté à l’adversité et avait commencé à gagner la confiance de son mari, le futur roi, et on lui avait dit qu’en fin de compte, elle avait beaucoup contribué à améliorer les relations entre les deux nations. Connue sous le nom de la Reine Liliane, elle avait joué un rôle central en tant que pont de paix entre les deux pays. Bien que les gens aient tenté des assassinats par plusieurs méthodes, y compris l’empoisonnement, la raison pour laquelle elle avait pu vivre une si longue vie avait fait l’objet de nombreuses spéculations. Il y avait aussi beaucoup d’absurdité parmi ces spéculations, ce qui rendait difficile de dire trouver la vérité dans tout ça, mais… la théorie la plus plausible était, étonnamment, une anecdote sur la façon dont elle avait été protégée par un ange. On disait que c’était la raison, parce qu’une fois qu’elle était décédée de vieillesse dans ses dernières années, un ange était descendu du ciel devant tous ceux qui pleuraient pour elle… Cependant, rien n’avait jamais été dit avec certitude.

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