100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 4 – Chapitre 93 – Partie 1

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Chapitre 93 : Le forgeron divin

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Le marchand de la Compagnie Noire était mort, les aventuriers qui agissaient comme gardes avaient également été tués. Les trois mercenaires qui auraient autrement pu nous menacer étaient partis en courant, la queue entre les jambes. Les chariots eux-mêmes n’étant plus qu’une pile de cendre, nous nous étions retrouvés seuls.

« Eh bien, cette quête a clairement échoué ! » déclarai-je avec un sourire.

« Pourquoi en es-tu fier ? » demanda Kalderan avec un plissement de sourcils.

« Euh… Parce que nous avons réussi à sauver Tamara ! C’est un bonus, non ? » Répondis-je.

« Et tu as vengé Sofia. » Il me fit un petit sourire.

« Oui, ça aussi. » Je hochai la tête.

« Que devrions-nous faire maintenant ? » Demanda-t-il en regardant les chariots en feu.

« Et bien, que dirais-tu de continuer le voyage ? Nous avons encore trois chevaux, je ne les ai pas tous chassés. » Je haussai les épaules.

« C’est une bonne chose que mes affaires sont dans ton inventaire. » Kalderan hocha la tête.

« Vrai. » Je hochai la tête.

« Et moi ? » Demanda Risha d’une voix timide.

Je la regardai et remarquai à quel point elle avait l’air fragile. Incertaine, inquiète, faible, cette femme avait compris qu’elle était à notre merci. Nous pourrions la tuer ici et si elle devait être renvoyée toute seule, elle risquerait fort de ne pas survivre au voyage de retour à Soldra. Elle avait échoué dans sa quête d’escorte, elle était la seule survivante de son groupe de quatre et son apparence et sa force étaient moyennes.

Il n’était pas difficile d’imaginer ce que serait son avenir, c’est pourquoi je me sentais un peu coupable. Je ne pouvais pas utiliser ma chance pour améliorer son avenir. Ça ne fonctionnait pas de cette façon. La chance n’était pas une solution à tout. Même dans mes souhaits précédents contre la Compagnie Noire, la question était de savoir si c’était possible ou non. Si, par exemple, ils arrêtaient toute activité pendant une semaine ou plus, alors la plupart de mes souhaits n’auraient servi à rien. S’ils avaient été extrêmement prudents avec les traces qu’ils avaient laissées traîner, même être appréhendés par les autorités aurait été difficile. S’ils pouvaient même atteindre la volonté du roi, ils pourraient alors lui demander de déclarer la Compagnie noire innocente, rendant tous mes vœux inutiles.

En outre, il y avait aussi la volonté des dieux en jeu ici, que je ne connaissais pas. Ce pour quoi j’avais utilisé ma chance et la manière dont mes souhaits fonctionnaient, ce n’est pas en allant contre le destin, mais en lui donnant une raison supplémentaire d’être de mon côté plutôt que de celui de mon ennemi.

La principale raison pour laquelle je ne voulais pas utiliser ma chance pour Risha, cependant, était simplement parce que je ne voulais pas, c’est pourquoi, j’allais lui proposer une alternative.

« Tu peux retourner à Soldra si tu veux. Tu peux continuer jusqu’au prochain village, ou tu peux aussi nous rejoindre. Cependant, si tu optes pour cette dernière solution, tu risques de dire au revoir à ta vie normale. » Je lui avais dit cela d’un ton sévère.

Risha cligna des yeux de surprise puis baissa les yeux vers le sol. Ses mains étaient serrées dans les poings et elle semblait trembler un peu. Peut-être était-ce à cause de sa colère contre mes paroles. Je devais avoir l’air vraiment sans cœur et insensible à ses conditions, mais ce n’était pas non plus si loin de la vérité. Je me souciais de Kalderan parce que c’était mon ami, mais Risha, c’était au mieux une connaissance d’aventurier.

J’étais passé devant elle et j’étais allé vérifier l’état des chevaux. Ils n’étaient pas agités ou excités du tout malgré tout le chaos qui s’était passé récemment. Ils avaient été entraînés à garder leur calme face à de puissants aventuriers et à des circonstances déraisonnables telles que des monstres attaquants et des personnes en train de mourir. Étant donné qu’ils appartenaient à la Compagnie Noire, ce n’était pas du tout surprenant.

« Ce sont de bons chevaux. » Fit remarquer Kalderan en s’approchant de l’un d’eux.

« Jusqu’ici, nous avons voyagé en marchant à côté des chariots noirs ou à l’arrière de ces chevaux. Compte tenu de nos statistiques, nous pourrions simplement nous rendre au prochain village. » Avais-je dit.

« Mais qu’en est-il d’elles ? » Demanda Kalderan en désignant Tamara, qui regardait autour d’elle sans rien dire, et Risha, qui baissait toujours les yeux, frustrée par sa propre situation.

« Ouais, les chevaux sont principalement pour elles. » Dis-je.

« Veux-tu que je porte Tamara ? » Demanda-t-il.

« Qu’est-ce que tu prévois ? » Je rétrécis mes yeux vers lui.

« C’est un chat, n’est-il pas évident que je veuille la caresser ? » Il me fit un sourire suffisant.

« Je comprends tes sentiments, mon ami. » Je hochai la tête avec approbation.

« Alors ? »

« Je suis prioritaire ! » Déclarai-je.

« Les boules de poils sont à partager ! » Me dit-il.

« Kuh! Je ne savais pas non plus que les Russes adoraient les boules de poils. »

« Quoi ? Tu penses que nous n’avons jamais entendu parler d’animé et de manga ou que nous ne possédons pas d’animaux domestiques nous-mêmes ? »

« Les ours comptent-ils ? »

« Quel genre de monstres penses-tu que le peuple russe est ?! » Répliqua-t-il.

Je plissais les yeux sur lui et nous avions commencé un concours de regard. Après un long moment passé, nous avions tous deux éclaté de rire.

Quand nous nous étions calmés, j’avais dit : « Soupir… J’avais besoin de ça. »

« Oui, c’était un peu trop tendu. Allons-y avant que la nuit ne tombe et que nous ne soyons obligés de camper, » déclara Kalderan avec un doux sourire alors qu’il montait sur son cheval.

« Tamara, viens ici. » Dis-je.

« Nyu? » Elle tourna la tête vers nous et remua ses oreilles.

Quand elle avait compris que je l’avais appelée, elle s’était approchée de moi et m’avait regardé avec de grands yeux.

« Monte sur le cheval. » Dis-je en lui tapotant la tête puis en l’aidant à s’asseoir devant Kalderan.

« Qu’est-il arrivé aux priorités ? » Il plissa les sourcils.

« Tu es un combattant à distance. Tu n’auras pas besoin de descendre, mais j’aurai besoin de descendre chaque fois. » Je lui fis un sourire ironique.

Après que Tamara ait été sécurisée, j’avais regardé Risha. Elle ne bougea pas de sa position et continua de regarder le sol avec ses poings serrés. Je laissai échapper un soupir puis montai à cheval.

Une dernière fois… j’avais réfléchi et ensuite appelé. « Risha, qu’est-ce que tu vas faire ? »

La femme leva la tête et me regarda. Son regard se posa sur moi et Kalderan et quand je pensai qu’elle allait dire quelque chose, elle n’ouvrit que la bouche puis la referma.

Est-ce ton choix ? Je m’étais demandé cela et avais ensuite tiré les rênes du cheval.

« Ne sois pas idiote comme ces trois-là, » déclara froidement Kalderan.

« Je ne suis pas une idiote, » lui cria-t-elle.

« Bien, alors tu peux parler. » Il la regarda avec des yeux grondants puis dit : « Il t’a posé une question. Quelle est ta réponse ? »

« Je… » Elle ferma la bouche et se mordit la lèvre. « Je… je viendrai avec vous. » Déclara-t-elle en nous regardant avec toute la détermination dont elle était capable.

« Bien. C’est ton cheval. » Je pointai du doigt le dernier.

Elle hocha la tête puis alla chercher son sac à dos, qui se trouvait à côté du sac à dos de ses anciens amis aventuriers. Elle leur jeta un dernier regard puis alla vers le cheval. Après s’être assurée que son sac à dos était sécurisé, elle monta sur la selle.

« Je suis prête. » Déclara-t-elle.

« Allons-y alors, » avais-je dit.

Nous étions arrivés au village d’Orhiga un peu plus tard dans l’après-midi. Avec la caravane détruite, nous n’avions pas eu besoin de nous arrêter et de tuer tous les monstres que nous avions rencontrés. Il suffisait d’une simple pression de ma présence pour faire fuir les monstres.

Le village d’Orhiga était situé en plein milieu de la plaine. La plupart des gens ici vivaient de l’agriculture et de l’élevage. Très peu de villageois avaient osé tenter leur chance en chassant à la périphérie de la forêt voisine.

Il n’y avait pas non plus beaucoup de monstres autour de ces endroits, à l’exception de quelques taupes géantes qui continuaient à ruiner les cultures et d’étranges sauterelles qui visaient le bétail. Aucune de celles-ci ne nous concernait, mais les aventuriers avaient tendance à entreprendre des quêtes pour les traquer. La viande de la taupe était semblable à du poulet et les sauterelles pouvaient faire une excellente armure pour les aventuriers débutants comme expérimentés.

En ce qui concerne comment j’ai su tout cela ? Dès que nous étions entrés dans le village, le garde posté, plutôt que d’essayer de voir si nous étions des criminels ou non, il avait commencé à décrire les attractions touristiques locales. Nous avions attendu une demi-heure jusqu’à ce qu’il s’arrête enfin et nous laisse passer.

Il n’y avait qu’une seule auberge dans tout le village d’Orhiga. Quand nous étions arrivés, on nous avait dit qu’une seule pièce était disponible, le reste ayant été occupé par des marchands ambulants et des aventuriers. Pour le meilleur ou pour le pire, nous l’avions prise. Nous n’avions besoin que de la chambre, je pouvais toujours faire sortir un lit supplémentaire de mon trou noir. Les repas à l’auberge étaient simples et nous remplissaient bien l’estomac, mais ils n’avaient pas de poisson, je ne pouvais donc pas voir comment Tamara réagirait.

Avec tout ce qui s’était passé ce jour-là, il n’était pas facile d’engager une conversation. Je pouvais surmonter ces événements plus vite que prévu, mais Kalderan venait de trouver son amoureuse disparue, et Risha avait vu les membres de son propre groupe se faire tuer devant ses yeux alors qu’ils tentaient de commettre un meurtre.

Ce n’était pas facile, mais ce que j’avais trouvé étrange, c’est la façon dont Tamara avait continué à regarder autour d’elle. Elle manquait de l’énergie que j’aurais pensé qu’un enfant comme elle posséderait. Elle n’était pas curieuse et obéissait à tout ce que nous lui demandions à la lettre. Malgré son joli poil, la fille était trop soumise. Je n’aimais pas ça.

Le lendemain, nous nous étions réveillés à l’aube après une longue et bonne nuit de repos. Le fait que la journée comptait 32 heures au lieu de 24 heures était déjà devenu une habitude à laquelle nous nous étions tous habitués. Mon corps de demi-dragon n’avait pas non plus rencontré de problème. Je pouvais dormir sans problème pendant toute la nuit et être actif toute la journée.

À ce propos, j’avais remarqué que Kalderan ne s’était pas encore correctement adapté à ces heures étranges. Pour lui, rester éveillé presque 20 heures par jour était difficile. Avoir dormi plus de 12 heures n’était pas à son goût non plus, mais il se reposait suffisamment, donc il ne semblait pas avoir de problèmes de santé à la suite de cela.

« Où aller maintenant ? » avait demandé Risha après être montée à cheval.

Tirant les rênes et conduisant ma monture sur la route, j’avais répondu : « Le prochain arrêt est Leveder. Nous allons rendre la quête ratée là-bas et voir ensuite si nous pouvons trouver autre chose. » Répondis-je.

« Nous ? » Demanda Risha en plissant les sourcils.

« Eh bien, tu es maintenant membre de notre groupe, n’est-ce pas ? » Je la regardai.

« C’est vrai, mais… »

« Si tu vois quelque chose d’intéressant, fais-le-nous savoir. À propos, tu n’as pas besoin de t’inquiéter de la difficulté de la quête, je suis plus que capable de vaincre un dragon éveillé supérieur. » Je lui ai dit.

« Un quoi ? » Elle fronça les sourcils.

« Euh… Quel est l’équivalent humain pour quelqu’un qui a un niveau supérieur à 1000 ? » Demandai-je à Kalderan.

« Un éveillé, une percée, un ascendant, principalement le premier ou le second. » Répondit-il.

« Hm, je vois. Dans le cas des dragons, un éveillé est un dragon qui a atteint la maturité et qui a littéralement réveillé son caractère anthropomorphique et sa capacité à changer de forme pour prendre une forme à part entière. Si un dragon atteint un nombre de puissances égal ou supérieur à 1000, il est alors un éveillé supérieur. » Dis-je en me frottant le menton.

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