100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 69

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Leurs combats

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Leurs combats

Partie 1

***Point de vue de Kléo***

Lorsque le rugissement d’Alkelios s’était répandu sur tout le champ de bataille, j’avais senti une poussée d’énergie passer à travers moi. La peur et le doute que j’avais à propos de cette bataille à venir avaient complètement disparu. Iolaus m’avait pris la main puis il me fit un sourire rassurant.

Dans cette guerre, nous ne pouvions combattre ensemble que grâce à notre ami Alkelios. Il nous avait réunis quand nous pensions que nous étions des ennemis jurés. Il nous avait aidés à grandir et nous avait montré que même des éléments opposés pouvaient s’aimer.

Une dragonne avec des écailles noires et un dragon avec des écailles blanches avaient survolé le champ de bataille.

Deux amoureux engagés qui souhaitaient se créer un avenir... C’était nous.

Iolaus était mon avant-garde, et je jetais mes sorts de loin, en abattant les dragons qui osaient se mettre en travers de notre chemin. Grâce à l’entraînement de mon grand-père, mon fiancé était maintenant beaucoup plus puissant qu’il ne l’était auparavant. Avec une frappe de son épée, il fendit un dragon en deux, tandis que mes lances d’ombre poignardaient ceux qui essayaient de l’attaquer à ce moment-là.

Quand l’un attaquait, l’autre défendait. Nous nous étions battus avec une parfaite harmonie pour détruire des dragons avec des boucliers de lumière et les percer de lances des ténèbres.

Nos batailles n’étaient pourtant rien comparées à nos amis. Ils régnaient sur le champ de bataille comme des dieux, écrasant tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin. Les cris d’agonie de leurs victimes étaient tout ce qui leur restait alors qu’ils se perdaient dans les échos de leurs épées et de leurs rugissements.

Mais juste au moment où nous pensions gagner, nous avions entendu un cri qui a percé les cieux.

« ALKELIOS !!! »

C’était ce dragon ignoble Draejan qui se précipitait vers nous avec une vague innombrable de dragons. Le sol devint sombre à cause des ombres des dragons volants, tandis que la terre tremblait.

J’avais dégluti quand j’avais vu la quantité de dragons, mais je pouvais toujours voir ceux qui étaient désignés comme commandants.

« Grande sœur..., » dis-je en tournant mon regard vers Seryanna, mais elle venait de terminer son combat contre un dragon avec des écailles brun foncé et deux haches dans les mains.

J’avais levé les yeux vers Kataryna et je la vis se débattre contre deux dragons, l’un à écailles bleues et l’autre blanche. Mon grand-père était avec le roi, faisant face à un dragon à écailles rouges. Une explosion avait attiré mon attention et lorsque je m’étais retournée, j’avais vu les gardes de la reine repousser une attaque sournoise.

Il n’y a nulle part où chercher de l’aide…, pensai-je en regardant devant moi la masse de dragons qui s’approchaient de nous avec le désir de nous tuer tous. Pouvons-nous gagner cela ? pensais-je en sentant mon corps trembler.

Alors que je commençais à paniquer, Iolaus avait volé devant moi et m’avait fait un sourire. Un dragon en forme de bête n’avait pas le meilleur des sourires, mais il avait au moins essayé.

« Je suis là mon amour. Nous allons nous en sortir. » Me dit-il avant de lécher le bout de mon museau.

C’était un petit baiser de dragon.

Je lui avais fait un sourire et avais acquiescé.

« Allons-y ! » Dis-je avec un sourire.

Il n’y avait nulle part où aller et pas de retour en arrière. C’était aussi mon combat même si je me sentais un peu déconnectée de tous les dragons en dessous de moi. J’avais des écailles noires, et ce n’était pas la plus aimée des couleurs de dragons, cependant, la reine ne m’avait montré aucune haine, pas plus que le roi et la plupart des dragons du palais. Ils savaient que j’étais là en tant que garde spéciale et que, parce que Leurs Majestés avaient confiance en moi, les autres aussi avaient confiance en moi.

Peut-être que la haine envers les écailles noires ne disparaîtrait jamais, mais au minimum, je devais stopper la haine contre moi… Je devais leur prouver à tous que j’avais une place à côté de mes amis !

« Tornade de... » Nous avons tous deux commencé en même temps en nous tenant la main.

« ... Lumière. » « ... Ténèbres. » Avons-nous dit en même temps et avons libéré l’énergie magique sous la forme d’un sort.

Nous avions volé vers la vague de dragons en tournant dans les airs. De mon corps, des ombres créées par la magie des ténèbres avaient commencé à s’étendre, se fondant avec la lumière émanant du corps d’Iolaus. Notre énergie magique avait dansé ensemble. La lumière et les ténèbres avaient commencé à se mélanger comme de l’eau et du pétrole, sans perdre leur essence et leur éclat.

Au fur et à mesure que nous nous approchions de nos ennemis, l’énergie magique autour de nous commençait à se propager, prenant la forme d’un vortex avec nous au centre. C’était une tornade de lumière et de ténèbres dont les bords étaient plus tranchants que la lame d’une épée.

« Mourez ! » avait crié un ennemi, mais quand nous les avons écrasés, leur voix avait été réduite au silence.

Les lames de lumière ainsi que celles de ténèbres traversèrent leur armure et leur chair. Leurs corps étaient tombés sur les troupes en dessous de nous, mais nous ne nous étions pas arrêtés. Nous nous étions frayé un chemin à travers leur sang et leur chair en cherchant les commandants qui dirigeaient les dragons.

« Gah! NON ! » Le premier d’entre eux était mort alors qu’il était déchiré par la tornade de lumière et de ténèbres.

Il était incroyablement difficile de se défendre contre cette attaque, car celle-ci était composée de deux éléments opposés. On pouvait se protéger des ténèbres, mais la lumière les couperait.

Une fois que nous avions senti notre magie commencer à s’épuiser, nous nous étions retirés de la masse de dragons et avions arrêté le sort à une distance de sécurité de nos ennemis.

« Ce n’est pas encore fini..., » me déclara Iolaus à travers de grandes respirations.

Il était fatigué et moi aussi, mais j’avais encore assez d’énergie magique pour faire tomber ces imbéciles à genoux !

« Démons de l’autre monde... » J’avais commencé à chanter, en invitant mes familiers qui vivaient dans l’ombre.

***

***Point de vue de Seryanna***

Une fois que je m’étais séparée d’Alkelios, j’avais sauté dans la bataille contre plusieurs dragons volants. Ma force dépassait de loin la leur, et leurs attaques n’égratignaient même pas mon armure.

Plus je me battais, plus je sentais mon sang bouillir et tout mon corps et cela me remplissait d’une énergie brûlante.

Je veux me battre ! avais-je pensé alors que je plongeais vers un dragon en dessous de moi.

Il avait crié et avait lutté, mais alors que nous plongions vers le sol, j’avais mordu ses ailes et les avais déchirées. Mes griffes lui avaient alors coupé le dos et lui avaient transpercé la chair au moment de l’impact. Il était mort et mes mains étaient tachées de sang.

Il y avait plusieurs dragons en forme de demi-bête devant moi, tremblants et me regardant avec des yeux remplis de peur.

J’avais pris une profonde inspiration et je leur lâchai un torrent de flammes. Ils avaient crié de douleur alors qu’ils mouraient l’un après l’autre. Un dragon avait essayé de m’attaquer par-derrière, mais son épée s’était cassée en deux au contact de mon armure. Je l’avais attrapé à deux mains, puis je l’avais déchiré à moitié.

« M-Monstre ! » Cria un dragon alors qu’il tentait de s’éloigner de moi, mais je lui jetai les restes du dragon mort, le faisant s’écrouler.

D’un bond, je l’avais atteint et l’avais écrasé sous mes griffes.

J’avais poussé un rugissement puis j’avais déployé mes ailes pour voler dans le ciel.

Un pic de terre avait volé vers moi, mais il avait rebondi sur mon armure. Quand j’avais tourné la tête pour voir qui avait osé m’attaquer, j’avais vu un dragon en forme de demi-bête brandissant deux haches. Il souriait. Dans l’instant d’après, j’avais vu plusieurs pointes de terre se former à partir du sol. Ils étaient tous dirigés contre moi.

« MEURS ! » Cria-t-il.

Je me laissais tomber au sol et esquivais l’attaque imminente. Un des pics avait frappé un dragon qui essayait de m’attaquer par-derrière. Cela lui traversa la poitrine, laissant un trou là-bas.

Ce n’est pas un pic de terre normale, avais-je pensé.

Mon ennemi était probablement quelqu’un proche de l’éveil supérieur ou était un éveillé supérieur.

J’avais souri.

Quand j’étais au lit avec Alkelios hier soir, il m’avait dit à quoi ressemblaient mes statistiques. Bien que mon niveau ne soit pas si éloigné d’être considéré comme celui d’un éveillé supérieur, mes capacités étaient très probablement à égalité avec un. Même grand-père avait souligné ce petit détail.

Pourtant, je ne peux pas partir du principe que je peux en affronter un…, pensai-je.

C’était un peu difficile de me battre sous ma forme actuelle. Ce n’était pas celle dans laquelle j’étais la plus habituée, alors j’avais fermé les yeux et j’étais revenue à ma forme de demi-bête. Des écailles rouge vif recouvraient mon corps et, même si je conservais encore un aspect draconique, je n’étais plus aussi large qu’avant. Ma taille était maintenant de 3,4 mètres, avec 20 centimètres de moins que mon mari.

Avec Drachenkrieg maintenant dans ma main, j’étais prête à me battre. Cette épée à deux mains était parfaite pour moi. Elle n’était pas aussi longue que celle de Kataryna, mais juste pour que je puisse la manier avec une main et un bouclier si je le souhaitais.

« Tuez-la ! » Ordonna le dragon qui m’attaquait et plus de 50 dragons chargèrent vers moi.

J’avais souri, et le feu s’était propagé sur mon épée, léchant mon armure et couvrant tout mon corps de ses flammes.

« Qu’est-ce que... » Dit un dragon en s’arrêtant avant de m’attaquer.

Son ami n’était pas si intelligent. J’avais esquivé, puis je l’avais coupé en deux avec mon épée. Le feu sur mon corps s’était étendu à lui, mais cette fois, cela l’avait réduit en cendres.

Tout en continuant le mouvement de mon épée, je m’étais retournée et j’avais ensuite profité de cet élan pour décapiter un autre dragon. J’avais écarté mes bras et j’avais saisi un autre par la gorge, l’écrasant et transformant ses cris en gargouillis.

Un pic de terre vint voler vers moi, mais je l’esquivai à la longueur d’un cheveu. Marchant sur le côté, j’avais coupé en deux un autre dragon. Drachenkrieg était une belle épée avec une lame impitoyable. Elle avait coupé avec facilité à travers quelque chose comme si c’était du beurre.

C’est alors que la magie d’Alkelios s’était abattue sur la région et que la lumière avait été volée aux yeux de mon ennemi.

J’avais ri.

« Maintenant..., » déclarai-je en pointant ma main vers mes ennemis et en utilisant la Tornade infernale.

Des flammes montèrent autour de moi, atteignant le ciel, s’enroulant autour de moi comme des démons affamés. Les objectifs fixés, je déclenchai l’attaque contre eux et d’innombrables épées de feu submergèrent mon ennemi. C’était comme une inondation de lames faites de feu. Ils avaient brûlé, été coupés, déchiré et déchiqueté tant leurs armes et armures qu’eux.

« GYAAA! »

« ÇA BRÛLE !!! »

« HNGAAAH! »

Leurs cris, tous variés, avaient pourtant tous chanté la même chanson de douleur et d’horreur.

Je n’avais pas aimé cet enfer que j’avais créé, mais ce n’était pas la fin, car parmi eux se trouvaient ceux qui étaient de l’élément feu et réussissaient à se protéger de mes flammes. Alors j’avais pris Drachenkrieg et l’avais soulevée au niveau de mes yeux. Ma queue se balança derrière moi et mes yeux se fixèrent sur mes cibles. Mes ailes étaient repliées sur mon dos et l’odeur de chair brûlante m’entourait.

« J’arrive..., » murmurai-je alors que je me dirigeais vers ma première victime.

Mon épée le coupa en deux, mais avant que ses restes ne tombent au sol, je sautai vers le suivant et ouvris sa poitrine d’un seul coup. Je m’étais retournée et j’avais tendu la main, en gardant la lame parallèle au sol. Le bord pointu avait rencontré le cou d’un autre dragon, puis sa tête avait été séparée de son corps.

J’avais continué à courir à travers les flammes de ma précédente attaque et à éliminer tous les dragons à écailles rouges qui y avaient survécu. Puis, quand j’avais atteint leur chef, le dragon à la peau brune indemne, j’avais pris Drachenkrieg et l’avais poignardée dans le sol, à quelques mètres de lui.

« Libération ! » avais-je crié en versant de l’énergie magique dans mon épée.

***

Partie 2

« Qu’est-ce que c’est ?! » Demanda le dragon avec surprise, mais ce furent peut-être ses derniers mots.

Du sol autour de moi, des geysers de feu étaient montés vers le ciel, brûlant tout ce qui était en vue. Une vague de chaleur et de flammes brûlantes m’avait entourée puis s’était étendue vers l’avant.

Chaque fois que j’utilisais une magie du feu, je pouvais là sentir me chuchoter, me disant qu’elle n’allait pas me faire mal, mais que ça allait brûler tout le reste autour de moi. Incontrôlée, elle pouvait se répandre autant qu’elle le souhaiterait et, grâce à ma magie, le feu en moi pourrait étendre ses flammes au loin.

Feu ? Il pouvait être contrôlé, être apprivoisé, lui dire de faire ce que l’on désirait, mais la meilleure partie était quand on le laissait déchaînée. J’avais fait confiance à mes flammes et en retour, elles ne m’avaient pas brûlée...

C’était peut-être ce que signifiait être une Dragonne supérieure de la Haute Flamme… j’avais une relation privilégiée avec mon élément, une relation de confiance et d’amitié…

« ARGH ! » Gémis le dragon à la taille brune.

Je levai la tête et vis un grand cocon de pierre.

Je vois... Il s’est caché à l’intérieur, avais-je pensé, et j’avais donc serré la poignée de Drachenkrieg.

Si mes flammes pouvaient sourire, elles auraient probablement l’air de folles. Quand je leur avais dit de se concentrer sur le cocon devant moi, toutes les flammes autour de moi avaient balayé et claqué sur son cocon dur.

DON ! DON ! DON !

C’était le son de mon feu qui martelait l’armure du dragon devant moi, pourtant cette armure était très bonne. Elle pouvait supporter autant de chaleur et survivre à une telle force explosive...

Pas étonnant qu’il soit un éveillé... Un dragon normal serait mort avant même d’avoir mis en place ce bouclier, avais-je pensé.

Eh bien, mon mari m’avait aussi un peu aidée grâce aux ténèbres qui nous entouraient.

J’avais sorti Drachenkrieg du sol, puis je m’étais dirigée vers le cocon, à travers ces flammes infernales. Elles ne m’avaient pas brûlée, elles m’avaient caressée… elles m’avaient enlacée et m’avaient aidée à acquérir la force nécessaire pour abattre cette coquille.

« HA ! » J’avais crié et coupé avec Drachenkrieg.

La lame coupa à travers, laissant un trou à travers lequel mes flammes pourraient glisser et faire cuire ce lézard à l’intérieur, mais ensuite j’avais senti quelque chose. C’était l’instinct que j’avais entraîné dans la forêt Seculiar, celui qui m’avait gardée en vie lorsque j’étais entourée de toutes ces araignées.

J’avais sauté en arrière.

À ce moment précis, le cocon s’était transformé en boule hérissée. À ma place précédente, il y avait une saillie en forme d’aiguille sortant de la balle.

« Ne pensez pas que vous avez gagné ! » Cria le dragon de l’intérieur en sautant, brandissant une grosse hache dans chaque main.

Il me visait et je pouvais voir la fureur et la rage dans ses yeux. Son armure avait été brûlée et son corps avait été éclairé par mes flammes, mais il avait quand même bougé… Même dans cet état, il pouvait toujours m’attaquer.

Il n’était pas étonnant que les dragons d’éléments de la Terre aient été considérés comme les plus solides parmi nous.

« Même alors... C’était une erreur de m’attaquer comme ça... » déclarai-je d’un ton calme.

J’avais laissé l’attaque me frapper.

Les lames s’étaient heurtées à mon armure et j’avais été projetée à plusieurs mètres, mais...

« Comme prévu..., » déclarai-je en ayant un doux sourire sur mes lèvres.

J’étais indemne et levant les yeux, j’avais vu Alkelios convoquer Jophiel.

Mon mari bien-aimé m’a sûrement dotée d’une armure monstrueuse..., pensai-je puis je me levai.

Le dragon qui m’avait attaquée respirait fort et pouvait à peine se tenir debout. Il était recouvert d’une armure de terre, une tentative pour empêcher mes flammes de le brûler.

« Futile. » Dis-je en prenant position, Drachenkrieg dans mes mains.

Les flammes avaient couvert ma lame et je m’étais précipitée vers lui. Bien qu’il ne puisse pas me voir maintenant, il pouvait encore m’entendre et peut-être sentir mon approche grâce au sol sur lequel je marchais.

C’était maintenant que la lumière commençait à revenir aussi. Le dragon tourna la tête au dernier moment pour me regarder.

Je me demande quel regard je lui fais, pensais-je.

Il essaya de se défendre avec ses haches, mais la lame de Drachenkrieg les coupa comme du beurre.

Le dragon à écailles brunes avait été coupé en deux et j’avais finalement calmé les flammes autour de moi.

Lorsque son corps était tombé au sol, j’avais regardé autour de moi et j’avais vu le sol brûlant autour de moi. Quand il faisait noir, je ne pouvais pas estimer combien j’avais brûlé, mais maintenant... je pouvais le voir clairement.

Tout autour de moi, sur un rayon de cinquante à soixante mètres, le sol était brûlé jusqu’à ce qu’il devienne noir et partout où je regardais, je pouvais voir les restes de toutes les âmes des pauvres qui avaient été les proies de mes flammes.

« ALKELIOS !!! »

J’avais entendu la voix du dragon imbécile qui avait déjà tenté de réclamer mon cœur et mon corps.

Alkelios, je t’en prie, met fin à la vie de ce misérable imbécile qui a essayé de me prendre pour femme... Tue-le, je t’appartiens, mon amour, avais-je pensé et j’avais souri doucement.

*

***Point de vue de Kataryna***

L’éveillé-supérieur de Novarak ne s’était même pas présenté. Comme beaucoup d’autres dragons du côté de Draejan, ils ne voyaient aucun honneur au combat ni ne se souciaient des affrontements entre puissants ennemis. À leurs yeux, nous étions tous faibles, mais la quantité de corps de leur côté semblait contredire ce fait.

Bien qu’Alkelios n’ait pas surveillé toute la bataille, je l’avais fait.

Berros Mandrakea était le plus éloigné de nous, et il tenait les dragons ennemis à distance avec sa puissante lance tout en attaquant ceux qui ne se méfiaient pas avec sa magie de Terre. D’un coup, des dizaines de dragons étaient tombés, mais il n’attaquait pas sérieusement. Cette bataille était une d’attrition. Moins nous utilisions de magie pour vaincre notre ennemi, mieux ce sera. Malheureusement, nous n’étions pas tous habitués à cela ni dans une situation où ils pouvaient se permettre de se battre avec moins d’énergie. Ce fut le cas pour de Kléo et Seryanna.

Les deux utilisèrent au mieux leur magie élémentaire et d’innombrables dragons succombèrent à leur puissance.

J’aurais dit la même chose pour Mendeles Unvar, qui avait convoqué une centaine de guerriers élémentaires d’eau et les avait fait combattre l’ennemi. Tant qu’il leur fournissait de la magie, ils étaient presque impossibles à vaincre à moins de réussir à les faire s’évaporer, à geler ou à disperser complètement l’eau dans laquelle ils étaient faits.

Ce dragon, bien qu’il soit le plus jeune parmi nous, s’amusait en massacrant des centaines d’ennemis. Ses lames d’eau étaient aussi quelque chose d’horrible alors qu’elles découpaient toute armure et arme qui se dressait sur leur chemin.

Pendant ce temps, cette dragonne, Novias Oshika, transformait les ennemis en imbéciles gaffeurs avec son armure surexposée. Les sorts d’esprit contrôlaient ceux qui étaient tombés dans son piège et les faisaient tourner leurs armes contre leurs alliés.

Au lieu de lutter contre Albeyater contre des soldats ennemis, l’ennemi se battait entre eux.

Ceux qui étaient assez forts pour résister à son influence avaient également été vaincus par des frappes de vent ou par les soldats d’Albeyater.

Enfin, celui qui se trouvait à l’opposé du champ de bataille de Berros Mandrakea était Moros Onias. Il utilisait des éléments doubles comme moi, les siens étaient Glace et Terre.

Avec des épées enchantées et une magie rapide et précise, ce dragon tuait les dragons ennemis à gauche et à droite. Son talent avec l’épée était certainement bien meilleur que les autres, mais ses sorts manquaient de puissance.

Malgré tout, j’avais entendu dire que ses exploits sur les champs de bataille et contre divers ennemis lui avaient valu une grande renommée, une petite ville avait même changé de nom.

Tandis qu’ils dirigeaient l’armée d’Albeyater, ces quatre éveillés-supérieurs étaient comme des hachoirs à viande. Tout dragon qui oserait croiser les armes avec eux finirait par perdre la vie, mais ce n’était pas comme si l’ennemi restait assis, attendant d’être massacré par eux. Il y avait ceux qui avaient contourné les éveillés supérieurs et avaient affronté avec les soldats d’Albeyater, cependant, la puissance de ces derniers était plus grande.

Après le rugissement d’Alkelios, ils étaient tous remplis d’énergie et s’en servaient pour abattre leurs ennemis. Nos commandants et nos capitaines, dont les armes et les armures avaient été changées, tenaient également le terrain face à de multiples ennemis. C’était comme regarder une armée de vétérans affronter une de débutante.

À ce stade, j’avais eu l’impression que le nombre de 364 000 soldats n’était qu’une blague, mais nous n’avions pas encore tué la moitié d’entre eux. Cette bataille allait prendre beaucoup de temps, surtout si Draejan jouait bien ses cartes. Encore une fois... sa première erreur était d’envoyer ce dragon Novarak après moi.

Il était faible. Non seulement il avait commis l’erreur insensée de m’attaquer sous sa forme de bête, mais ses attaques étaient lentes et elles ne touchaient même pas. Ses sorts étaient un peu plus puissants que la moyenne, mais même si je le combattais nue, je pouvais quand même affronter plusieurs de ces attaques sans problème. Avec l’armure d’Alkelios, j’avais l’impression de jouer avec un enfant.

Dans une bataille entre éveillé supérieur, il était normal que quelqu’un prenne la forme dans laquelle il combattait le mieux, soit la bête féroce comme celle qui affrontait Alkelios au combat, soit une forme demi-bête comme l’ennemi de Seryanna.

Dans mon cas, c’était ma forme de demi-bête, et je soupçonnais que c’était la même chose pour ce dragon devant moi, mais pour une raison quelconque, il n’avait pas changé de forme. S’il l’avait fait, il n’aurait peut-être pas l’air si pathétique.

Eh bien, ce n’est pas comme si on enseignait à tous les dragons à se battre avec la tête. Certains d’entre nous atteignent leur éveil supérieur sans même comprendre ce qui s’était passé. J’avais réfléchi à cela avant de m’envoler vers mon ennemi au moment même où l’obscurité d’Alkelios se formait autour de moi.

Je m’étais arrêtée dans les airs et regardai le dragon aveuglé commencer à tirer sa magie comme un fou autour de lui.

« Je ne sais pas quel tour tu as utilisé, mais je vais te tuer ! » Cria-t-il avec colère.

Tous les dragons de Novarak sont-ils de tels imbéciles ? me demandais-je. J’avais penché ma tête à gauche.

Je n’avais même pas besoin d’esquiver pour le moment, mais j’étais parvenue à la conclusion qu’il n’était peut-être pas le seul éveillé qui nous visait. Profitant de ce moment d’obscurité, j’étais passée de ma forme de bête à une forme de demi-bête.

L’armure bleue et blanche qu’Alkelios m’avait donnée était parfaitement ajustée aux courbes de mon corps et je ne sentais pas du tout mes mouvements se ralentir ou bloquer. Je pouvais voler librement et attaquer comme si je portais à peine quelque chose sur moi. C’était un peu tape-à-l’œil, mais certainement la meilleure armure que j’avais eu le plaisir de porter.

Quant à mon épée, le Ledyanoy Potseluy était une belle épée à deux mains, plus grosse que celle de Seryanna et d’un tout autre élément. Avec une lame qui ne montrait aucune pitié envers mes adversaires et un manche qui me donnait l’impression que je l’avais dans ma main depuis ma naissance, cette arme surpassait même celles réputées être des trésors nationaux.

Pour être honnête, j’avais l’impression que même si j’étais seule contre ces 364 000 dragons, je pouvais quand même sortir victorieuse. Même si, si je devais me battre contre des éveillés supérieurs, mes chances de gagner étaient un peu faibles. Même dans ce cas, elles étaient toujours là, ce qui signifiait qu’avec le support de tant d’autres dragons et d’éveillés supérieurs, il était impossible pour nous de perdre.

Levant les yeux vers Alkelios, je le vis convoquer Jophiel.

Je pense que s’il combattait seul contre toute cette armée, il gagnerait quand même, mais contrairement à moi, je doute que son esprit en ressorte indemne. Après tout... on ne peut pas dire que tuer un dragon sur le champ de bataille n’est pas tuer, mais une justice ou une autre absurdité. Tant que leur sang chaud coulera sur le bord de votre épée, vous vous souviendrez de leur dernier souffle pour le reste de votre vie, ou jusqu’à ce que vous appreniez à l’accepter tel quel et à passer à autre chose, avais-je pensé.

***

Partie 3

« Où es-tu ?! » Cria le dragon de Novarak.

« Je suis ici. » Répondis-je calmement alors que je volais vers lui. Les ténèbres autour de moi s’étaient estompées et je l’avais attaqué. Avec Ledyanoy Potseluy, j’avais coupé son côté et son armure tout en laissant une marque de brûlure de glace derrière. Il hurla de douleur et libéra une vague de chaleur de son corps, un obus de feu que la plupart des dragons de l’élément feu utilisaient pour créer une attaque se propageant autour d’eux, mais contre Ledyanoy Potseluy, c’était inutile.

J’avais sauté en avant, me déplaçant derrière lui et coupant les muscles du dos avec un coup. Comme il était une cible aussi grande et lente, il était facile pour moi, qui étais en forme de demi-bête, de me déplacer et de le frapper.

Pourtant, je jouais seulement avec lui maintenant.

Il avait essayé de m’attaquer en lançant une série de sorts sur moi, tous d’éléments différents. J’imagine que c’était son fort, la magie, mais utiliser comme ça, c’était plutôt idiot. Il avait fini par tuer des dragons de son propre côté.

Finissons ça. Pensai-je alors que je volais sous lui, puis poignardai Ledyanoy Potseluy dans sa poitrine.

La lame tranchante coupa son armure, ses écailles et ses os jusqu’à atteindre sa chair. Là, la glace s’était répandue, gelant ses organes internes, cependant, je n’avais pas prévu de le laisser partir avec ça.

Avec un sourire sur mes lèvres, j’avais libéré une décharge électrique à travers mon épée.

« GRAAAH! » Cria-t-il avant que ses organes ne cessent de fonctionner.

La moitié d’entre eux étaient maintenant gelés, alors que le reste avait été frit par ma foudre. J’avais tordu le manche de la lame et j’entendis la fissure de ses os et le fracas de la glace.

Il est mort... pensai-je avant de sortir Ledyanoy Potseluy.

J’avais volé sous lui et laissai son corps géant tomber au-dessus des soldats ennemis en dessous.

« ALKELIOS !!! » J’avais entendu le cri de Draejan.

Je suppose qu’il n’est pas aussi intelligent qu’il le pensait ou est-ce que la colère l’a finalement emporté ? Me demandais-je.

Même les plus grands généraux étaient connus pour faire des erreurs quand ils laissaient leurs émotions prendre le dessus. Dans ce cas, Draejan avait laissé sa haine pour Alkelios obscurcir son esprit.

Alors que je pensais me joindre à lui au combat, j’avais été attaquée de loin par une lance à eau et une faux de vent. Je les avais esquivées et je m’étais retournée pour voir qui avait osé m’attaquer.

Deux dragons se tenaient devant moi, l’un portant une armure noire magnifiquement décorée, et l’autre une armure en plaques peinte en brun et blanc. Ces deux-là étaient à tous les coups des éveillés supérieurs.

« Je m’appelle Johanas Lovarad ! Je viens d’Ozur en tant que mercenaire engagé pour combattre dans cette bataille. Je déclare qu’il s’agit d’un contrat payé et qu’en tant que tel, le roi de mon pays d’origine n’a aucun rapport avec cela. » Déclara le dragon portant l’armure brune et blanche.

La couleur de ses écailles était marron, mais il était possible qu’il fût un double élément comme moi.

Un dragon avec un peu d’honneur ou l’a-t-il dit juste pour s’assurer de ne pas causer de problèmes à la nation d’Ozur ? Je me demandais.

« Et je suis Vanaziarum Baldagash ! Je viens d’Embryger suite aux ordres de celui que j’ai reconnu comme mon seigneur ! » Déclara celui à l’armure noire élégante.

Sa couleur d’écailles était vert foncé ou bleu ? C’était une couleur inhabituelle qui m’avait empêchée de deviner son élément, mais il était assez courant pour les dragons sérieux de cacher leur couleur derrière une couche de peinture.

« Je suis Kataryna Greorg. Je suis un simple chevalier d’Albeyater qui a pris part à la bataille en raison d’un ami. » Dis-je avec un sourire alors que je fonçais Ledyanoy Potseluy dans les airs.

« Tu vas mourir ici ! » Déclara Vanaziarum Baldagash.

« Et nous nous ferons un plaisir de te tuer ! » Déclara Johanas Lovarad.

« Oh ! Que dois-je faire ? J’ai tellement peur ~. » avais-je dit en riant.

Le temps était venu pour une autre bataille, mais cette fois, je devais être un peu plus sérieuse avec mes ennemis. Ils étaient tous deux des éveillés supérieurs qui étaient plus forts que le dragon anonyme de Novarak.

***

***Point de vue de Feryumstark***

C’était un peu gênant de l’admettre, mais le rugissement d’Alkelios était bien plus puissant que le mien. Pour atteindre tout le champ de bataille, aucun dragon de l’élément Autorité ne pouvait le faire, mais cela devenait un problème en soi.

Certes, Alkelios n’était plus qu’un demi-dragon et utilisait quatre éléments différents. Il possédait également les meilleures compétences d’artisanat dans tout le royaume et était également un éveillé supérieur. Tous ces facteurs avaient fait de lui une cible de choix pour toutes les nobles dragonnes.

Mon royaume n’interdisait pas la polygamie ni la polyandrie, mais leur intention n’était pas l’amour, mais l’avidité. Avec lui en tant que mari, elles pourraient atteindre des choses qu’elles ne pouvaient pas jusqu’à présent.

Eh bien... c’est un problème, mais je vais devoir le résoudre plus tard. En attendant, je vais simplement ordonner que toutes les propositions de mariage me soient envoyées. De cette façon, je peux les arrêter avant qu’elles ne deviennent une gêne pour lui et Seryanna. Pensais-je en regardant le champ de bataille devant moi.

Avec les deux armées qui s’affrontaient, ce n’était pas le moment de réfléchir et de penser à de telles questions. J’avais pris mon épée et m’étais précipité à l’avant avec Brekkar à mes côtés.

« Comme au bon vieux temps ! » déclara le vieux dragon.

« Oui, mon ami ! » avais-je répondu avant d’engager l’ennemi.

Les imbéciles qui s’étaient précipités sur moi en pensant qu’ils pourraient me vaincre étaient tous tombés sous ma lame et leur sang avait souillé le sol. Brekkar n’avait montré lui aussi aucune pitié. Tous ses mouvements étaient précis et il frappait avec une force incomparable, brisant les armures et les armes de ses ennemis.

C’était comme si on revoyait l’ancien éveillé supérieur, mais je savais qu’une partie de sa force venait de l’armure rouge sombre que lui avait préparée Alkelios. En le voyant au combat, je me sentais un peu jaloux de lui, mais une fois que tout serait calmé, j’allais demander à ce dragon de me fabriquer une armure et une arme.

Tandis que nous combattions, les ténèbres s’abattirent sur nous, aveuglant nos ennemis, mais pas nous.

Qui aurait pu faire ça ? me demandais-je et au début je pensais que c’était la plus jeune nièce de Brekkar, Kléo. Elle ne pouvait pas être celle l’ayant fait, elle jette un autre sort maintenant… Pensai-je en voyant le tourbillon de lumière et d’obscurité se frayer un chemin à travers la masse de dragons volants. Mes yeux se posèrent ensuite sur Alkelios, qui combattait un dragon ennemi, probablement un éveillé supérieur. Alors il l’a fait..., avais-je pensé.

Prenant une profonde inspiration, j’avais crié en direction de mes troupes : « PROFITEZ DE CETTE OPPORTUNITÉ QUE LE DUC YATAGAI VOUS A DONNÉE ET ÉCRASEZ NOS ENNEMIS ! »

« POUR ALBEYATER ! » Répondirent-ils en criant, et avec eux les cris de nos ennemis tués.

Moi aussi, je ne m’étais pas laissé dépasser par Brekkar et avais laissé mon épée goûter au sang de dragon à chaque attaque que je faisais. Il n’était pas nécessaire que j’utilise ma magie, ces ennemis en étaient indignes. Mes poings, mes griffes et mon épée suffisaient à ces bâtards.

Puis, alors que l’obscurité autour de nous s’estompait et que la lumière revenait dans les yeux de notre ennemi, je m’étais retrouvé devant un grand dragon à écailles bleues. Il portait une épaisse plaque d’armure bleue et me fit un grand sourire jusqu’aux cornes. Sous cette forme mi-bête, il brandissait une hallebarde presque deux fois plus grande que lui. Nul doute que c’était une arme destinée à être utilisée contre plus d’un ennemi ou en forme de bête.

« Je m’appelle Garravian Le Grand ! Mon maître est l’empire d’Embryger et je suis venu ici pour réclamer la tête de Brekkar Draketerus et de Feryumstark Seyendraugher ! Soyez heureux, car le grand MOI vous tuera tous les deux ! » Déclara-t-il, en éclatant de rire.

« Un autre imbécile qui souhaite me tuer... Soupir. » Dis-je et secouai la tête.

« Votre Majesté, il est fort. » Me déclara Brekkar en fronçant les sourcils.

« Pour toi peut-être. Mais tu dois encore récupérer, mon ami. Protège mes arrières et je vais m’occuper de ce bébé ! » Déclarai-je alors que je faisais un pas en avant.

« Comme vous le souhaitez, Votre Majesté ! » Déclara Brekkar en s’inclinant.

Avec lui, gardant les autres aux alentours aux abois, je pourrais libérer un peu de mon vrai pouvoir. Je n’avais pas pu le faire contre Alkelios, mais avec ce dragon, peut-être que je pourrais ?

« J’arrive ! » Annonçai-je alors que je me précipitais vers lui à une vitesse supérieure à celle que l’œil pouvait voir. Je ne visais pas avec mon épée, mais avec mon poing, et je l’avais touché avant que Garravian ne sache ce qui l’avait frappé.

Mon coup de poing avait fissuré son armure et l’avait renvoyé, mais il s’était remis sur ses pieds et avait toussé.

C’était un coup de poing plus fort que celui que j’ai utilisé contre Alkelios. Je suis content qu’il ne soit pas mort d’un coup ! avais-je pensé et lui avais montré un sourire.

« Qu’est-ce que c’est que cette force ? » Se plaignit le dragon à écailles bleues.

« Quoi ? Tu penses que c’était fort ? » Je clignai des yeux surpris.

Ai-je surestimé cet homme ? me demandais-je.

Serrant mon poing, je m’étais à nouveau précipité vers lui. Il m’avait vu et avait essayé de protéger son visage avec sa main droite, mais je m’étais écarté du côté gauche et lui avais donné un coup de poing à la mâchoire. Le coup était suffisamment puissant pour que son casque se décolle et qu’il s’envole aussi.

J’avais regardé le dragon qui essayait de se lever et je m’étais demandé pourquoi il viendrait se battre avec moi alors qu’il était si faible.

« ALKELIOS !!! » La voix de Draejan avait été entendue d’en haut.

Lorsque j’avais levé la tête pour voir le petit lâche qui avait provoqué tout ce bazar, Garravian avait pris cela comme un moment de distraction et avait essayé de me tuer avec son épée. J’avais esquivé avec un minimum de mouvement, puis je lui avais donné un coup de pied dans son côté. Le dragon traversa le champ de bataille en direction de Brekkar.

En le remarquant du coin de l’œil, le vieux dragon avait brandi son épée et le frappa. La coupe était parfaite et le corps de Garravian s’était divisé en deux.

« Ah ! C’était ma proie ! »

« Hein ? Je pensais que c’était des ordures qui volaient. Mes excuses, Votre Majesté ! » Le dragon s’inclina devant moi et décapita ainsi un ennemi qui tentait de l’attaquer par-derrière.

« Pour cela, je vous disputerai plus tard ! » Déclarai-je en le pointant du doigt.

« QUOI ? S’il vous plaît, épargnez-moi, Votre Majesté ! » Se plaignit-t-il.

« Pas d’excuses ! Ce devrait être un honneur d’être battu par moi ! »

« Qui serait honoré par ça ! » Se plaignit-il en lançant une boule de feu à sa gauche, transformant un autre soldat ennemi en cendre.

Je poussai un soupir et levai les yeux sur Alkelios.

Le garçon va gagner, certes, mais... est-ce juste moi ou ces éveillés auxquelles nous faisons face étaient plutôt faibles ? Non... avais-je pensé, puis j’avais secoué la tête Ce ne sont pas eux qui sont faibles, c’est juste que nous sommes beaucoup plus puissants que ne le pensait notre ennemi. Après tout, même moi, je ne pense pas que je pourrais gagner si Alkelios et ses amis m’attaquaient en même temps ! Eh bien, si Elliessara le faisait, alors elle pourrait me faire abandonner avec un simple baiser ! J’avais ri et avais regardé ensuite la horde de dragons qui venaient vers nous.

« Pas le temps de flâner ! » déclarai-je, puis j’avais laissé échapper un autre rugissement pour renforcer la confiance de mes troupes.

***

Partie 4

***Point de vue d’Elliessara***

Quelle était la meilleure façon de décrire cette scène qui se déroulait devant moi ?

Un massacre joué par les dieux de la légende ?

Initialement, je pensais que ce serait un combat assez serré avec notre camp qui réussissait à peine à remporter la victoire, mais aucun de ceux qui avaient reçu de l’équipement d’Alkelios n’était mort et tous les membres éveillés supérieurs du côté ennemi tombaient comme des mouches face aux nôtres.

Il y avait aussi la question de son rugissement. Un dragon avec une autorité aussi puissante ne devait pas m’échapper. Certes, Alkelios était déjà marié et, même s’il avait juré fidélité à notre royaume, cela ne suffisait pas.

Embryger enverrait certainement une princesse pour tenter de conquérir son cœur ou utiliserait cette bataille pour s’assurer qu’il ne tomberait pas dans nos mains. Il est trop précieux pour permettre à quiconque d’autre que la famille Seyendraugher de l’avoir, du moins des familles royales. J’avais réfléchi à ça puis j’avais fermé les yeux, pensant à un complot pour le faire nôtre.

« Seryanna est le problème... » Murmurai-je.

« Qu’est-ce qu’il y a, maman ? » Me demanda Elleyzabelle.

Quand j’avais ouvert les yeux et que je l’avais regardée, je lui avais demandé : « Ma fille, as-tu déjà choisi un mari ? »

« Hein ? Est-ce vraiment le bon endroit pour en parler ? » Demanda-t-elle avec un sourire ironique.

« GAAH! CELA BRÛLE ! » Cria un dragon de douleur alors qu’il était brûlé par les flammes d’autres dragons.

Il devait être de l’élément du vent, sinon sa voix n’aurait pas pu nous atteindre. De telles choses se produisaient de temps en temps avec ces dragons, mais quel choix du moment il avait ? Néanmoins, je n’avais pas quitté ma fille du regard.

« Oui. » Répondis-je avec un sourire.

Elle avait regardé à gauche où nos troupes massacraient l’ennemi, puis s’était retournée vers moi.

« Non, maman, je ne l’ai pas fait. » Me dit-elle.

« Est-ce vrai ? » Répondis-je, puis j’avais levé les yeux au ciel.

« Pourquoi me demandes-tu cela ? » Elle fronça les sourcils.

En la regardant, je lui avais dit avec un sourire « Tu devrais savoir pourquoi, mais est-ce que tu veux jouer cette carte dangereuse ou pas ? » Lui avais-je demandé.

Elleyzabelle était l’une de mes filles qui n’avaient encore accepté aucun dragon pour faire partie de sa vie. En même temps, elle avait fait de son mieux dans le monde politique compliqué de notre royaume. Si c’était elle, alors certainement elle savait de quoi je parlais.

« Sera-t-il le seul ? » me demanda-t-elle.

J’avais secoué ma tête.

« Non, ce sera juste une formalité pour empêcher les autres nobles et princesses d’essayer de nous l’enlever. De cette façon, Seryanna et peut-être plus tard Kataryna pourront toutes les deux jouir de leur monopole sur lui, » lui avais-je dit.

« Si c’est comme ça, ça ne me dérange pas, mère. » Elleyzabelle hocha la tête.

Je savais que je pouvais compter sur elle, avais-je pensé.

BOOM !

Une explosion s’était produite non loin de moi, mais Reyades avait bloqué l’onde de choc et les débris avant qu’ils ne nous parviennent.

« Qu’est-ce qui se passe ? » Demandai-je alors que je me couvrais la bouche avec ma manche pour ne pas respirer la poussière.

« Il semble que nous soyons attaqués, mais… étrange… J’étais certain d’avoir sécurisé la zone il n’y a pas si longtemps. Comment ont-ils pu se faufiler devant moi ? » Se demanda Leone en s’approchant de moi.

« Ce doit être l’homme humain qui se téléporte, » déclara Elleyzabelle.

« Tch ! Ce Draejan pourri et ses petits tours ! » Murmura Reyades en gardant les yeux rivés sur l’ennemi, prêt à me défendre de toute attaque imminente.

« Tuez la reine ! » Cria l’un des soldats ennemis.

Quelques milliers de personnes s’étaient précipitées hors de la forêt et avaient affronté les soldats postés à cet endroit. Normalement, cela aurait été une sage décision qui aurait abouti à la perte de vie, mais j’avais avec moi trois des meilleurs éveillés supérieurs du royaume.

« Tuez-les tous. » Je leur avais ordonné cela et j’avais couvert ma bouche et mon nez avec mon éventail, pour que l’ennemi ne puisse pas me voir lancer de la magie défensive.

C’était vrai que le poison m’avait affaiblie, mais grâce à Alkelios, je me sentais mieux jour après jour. Si je devais intervenir, je pourrais même me battre avec eux, mais il était trop tôt pour révéler cette carte à mon ennemi.

« Comment osez-vous ! » Cria Malavan alors qu’elle lançait plusieurs centaines de lances d’un coup.

Elle était ma meilleure guérisseuse et quelqu’un qui avait généralement un comportement calme, mais quand quelqu’un lui marchait sur la queue, cette dragonne aux cheveux noirs pouvait se montrer très méchante.

Tandis qu’elle visait l’ennemi avec ses lances, je pouvais voir Leone lançant plusieurs faux du vent et se préparant à attaquer avec une volée de flèches de vent. Il était doué pour répandre ma voix sur le terrain, mais était également un excellent combattant. Leone n’était pas le type de dragon que l’on devrait sous-estimer à cause de son attitude calme.

Sur le champ de bataille, il était le meilleur dragon pouvant lancer de la magie à longue portée. Ses vents et ses flèches pourraient percer n’importe quelle armure et traverser tout un champ de bataille avec une précision extrême. Son meilleur sortilège s’appelait Flèche de vent et, grâce à cela, il pouvait tuer un dragon à une distance de deux kilomètres, mais plus la cible était éloignée, plus l’attaque était faible. C’est la raison pour laquelle il n’était pas préférable d’utiliser contre des commandants ou des dragons de haut rang, à moins de savoir avec certitude que cette attaque pourrait le tuer.

De courtes distances, cependant, c’était une attaque perçante.

« Flèche de vent ! » Leone jeta le sort et celui-ci fit un trou dans au moins vingt dragons qui faisaient la queue.

Ensuite, il avait lancé une Salve de Vent et plus de cent dragons étaient tombés au sol, leurs corps transpercés et découpés par ses flèches.

« Leone, assure-toi de raconter à mon mari ce qui s’est passé ici. Je ne souhaite pas qu’il revienne pour vérifier si tout va bien pour moi. » avais-je dit au dragon.

« Comme vous l’ordonnez, Votre Majesté ! » déclara-t-il en inclinant la tête.

« Tsunami de Piques de terre ! » avait crié Reyades en lançant l’une de ses attaques les plus puissantes.

Du sol, des pointes aussi pointues que des aiguilles et atteignant six mètres de long avaient poussé vers le ciel, perçant et embrochant tout pauvre dragon qui se trouvait sous elles. D’innombrables dragons avaient succombé à cette attaque qui s’était étendue plus loin vers la forêt comme une vague imparable.

Malavan n’avait accordé aucun moment de repos à ses adversaires et les avait immédiatement attaqués à distance avec des flèches de lumières dirigées vers leurs organes vitaux. Leone avait fait de même avec ses faux de vent.

Pendant ce temps, je restais sur mon siège et attendais patiemment que leur combat se termine. Cela ne durerait pas longtemps. Après tout, ils étaient trois éveillés supérieurs à qui on avait confié la tâche de me protéger. Cependant, même si, par une chance absurde, ils réussissaient à se glisser au travers, j’avais encore quelques tours dans mon sac pour m’échapper ou tuer mon adversaire.

Si les ténèbres d’Alkelios persistaient encore maintenant, cette attaque sournoise aurait été gérée avec une facilité déconcertante. Ainsi, ils avaient encore la possibilité d’esquiver ou de bloquer une ou deux attaques. C’était pour eux une perte de temps, car je m’assurerais qu’aucun d’entre eux ne survive. Mon ordre était assez clair, après tout.

Maintenant, je me demande comment Alkelios va traiter avec mon petit-fils. Va-t-il le tuer ou l’épargner ? avais-je pensé alors que je levais les yeux et regardais les deux dragons s’affronter au loin.

***

***Point de vue d’un soldat au hasard***

J’avais rejoint cette guerre parce que je voulais protéger ma famille. Je voulais me battre et montrer que j’étais un dragon digne d’être appelé père et mari, mais lorsque j’avais jeté un œil à la horde que nous avions devant nous, je n’avais pu m’empêcher de frissonner de peur.

C’était alors que le rugissement de Sa Majesté nous était parvenu. Cela nous avait remplis d’espoir et d’énergie. Je pouvais me sentir prêt à serrer mon épée et à repousser la peur dans mon cœur, mais j’avais toujours du mal à faire un pas en avant et je n’étais pas le seul...

Tout le monde autour de moi marchait d’une manière incertaine parce que nous ne savions pas si nous pourrions gagner cette bataille. Que pourrions-nous faire ? Nous étions si peu nombreux... et tellement nombreux...

C’était alors quand le deuxième rugissement était venu.

Comme une vague d’énergie pure, il s’était précipité sur nous, enlevant toute sorte de peur et de doute de nos cœurs. Mes mains tremblaient et mon cœur battait vite, mais pas à cause de la peur, non... c’était la confiance et l’envie de se battre.

Je... je souris ? avais-je pensé en sentant les coins de mes lèvres se lever.

Tout le monde autour de moi était comme ça. Il y avait une énergie imparable à l’intérieur de nous, une poussée d’adrénaline qui nous disait qu’il était impossible de perdre, alors nous avons crié :

« POUR ALBEYATER ! »

Alors que nous courions vers l’ennemi, j’avais levé les yeux et vu une scène que je n’oublierais jamais de toute ma vie.

Sur une dragonne rouge en forme de bête, entourée d’une dragonne à écailles noires, et d’une à écailles d’argent et d’un dragon à écailles blanches, un seul dragon en forme de demi-bête brandissait deux épées une de ténèbres et une de lumière.

Quand je l’avais vu chargé comme ça vers la horde de dragons ennemis, j’avais eu l’impression de voir un héros, non... une légende vivante.

Sans crainte, sans doute, avec une force inégalée et la volonté de vaincre des armées, ce dragon s’était précipité au combat.

Y avait-il des mots pouvant décrire ce dragon ? Y avait-il un moyen d’expliquer sa grandeur ? Plus que le roi, plus que la reine, je pensais que si je le suivais, et que si nous le suivions dans une bataille, nous gagnerions.

Ce dragon était comme une étoile intouchable, un sommet inaccessible... ou alors j’étais inspiré de le croire, mais je me sentais comme si je n’étais pas le seul.

Quand j’avais regardé autour de moi, j’avais vu d’innombrables autres personnes regarder le ciel, suivre ces braves dragons des yeux, se demandant qui ils étaient et comment ils pourraient être si héroïques ?

« POUR ALBEYATER ! » avais-je encore crié, mais cette fois en les regardant alors qu’ils se heurtaient à l’ennemi.

Avec eux devant nous, je sentais que cette bataille serait notre victoire garantie. Nous avions des légendes de notre côté tandis que notre ennemi avait des traîtres. Peu importe leur nombre, nous finirions par gagner !

***

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Un commentaire

  1. Merci pour les chapitres.

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