100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 58

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Chapitre 58 : Fuite de Draejan

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Chapitre 58 : Fuite de Draejan

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Draejan avait été assommé au sol avec son armure et son arme brisée. C’était une défaite humiliante pour lui, car il ne pouvait rien me faire, pas même une seule égratignure sur mon armure. Deux de ses soldats l’avaient emmené après que le roi ait annoncé ma victoire.

En étirant un peu mes ailes, j’avais ramené Chaos à ses composants individuels : Enfer et Paradis. Avec mes armes au fourreau et un sourire narquois sur mon visage écailleux, je m’approchai de l’endroit où se trouvaient le roi et les autres.

« Je suppose qu’il n’y a pas de problème maintenant à ce que je prenne Seryanna comme épouse ? » demandai-je en plaçant mes mains sur mes hanches.

« Tu es un dragon, alors non..., » répondit Feryumstark, mais à en juger par le regard qu’il avait, quelque chose le gênait.

« Même si tu ne l’étais pas, je t’aurais épousé, Alkelios. » Répondit la dragonne avec un sourire alors qu’elle s’avançait et s’arrêtait devant moi.

Quand j’avais regardé dans ses yeux rouges captivants, je pouvais sentir son amour sans limites pour moi. Seryanna avait changé ses derniers mois en une femme beaucoup plus séduisante qu’avant. Je sentais mes joues rougir, eh bien… en quelque sorte, cela ne se voyait pas à cause des écailles, mais l’idée était que j’avais l’impression de rougir et que mon cœur battait plus fort que d’habitude dans ma poitrine. Ma queue remuait aussi, mais c’était un détail mineur que je n’avais pas remarqué. Peut-être que mon côté draconique réagissait à son éveil ?

« Et je suis également d’accord avec cette union ! » avait déclaré Brekkar.

Les paroles du vieux dragon m’avaient sorti de mon étourdissement.

« Techniquement parlant, je suis un hybride dragon-humain, c’est pourquoi je ne pourrai jamais prendre une forme complète de dragon. Ce que vous voyez est le mieux que je puisse faire. » Précisai-je.

« Bah ! Détails ! » Feryumstark l’avait écartée puis avait éclaté de rire.

Pendant que nous parlions comme ça, les nobles qui regardaient le duel s’étaient approchés de moi et m’avaient félicité pour ma victoire et de ce que j’avais accompli aujourd’hui. Ce geste de leur part m’avait pris au dépourvu et leurs mots polis ne cachèrent en aucun cas leur intention. L’un après l’autre, ils s’étaient approchés de moi et s’étaient ensuite inclinés devant le roi avant de partir.

« Ce fut un magnifique duel, Alkelios Yatagai ! Je vous félicite pour votre victoire et j’espère vous voir accomplir de grands exploits maintenant que vous avez officiellement déclaré votre allégeance à notre fier royaume ! » déclara un dragon à la silhouette élancée en levant le menton haut et en me souriant.

« Je vais essayer de faire de mon mieux… euh... » Dis-je, mais je m’étais arrêté, car je ne connaissais pas son nom.

« Marquis Eonstrak. » Se présenta-t-il.

« Un plaisir de vous rencontrer, Marquis Eonstrak. » Je répondis avec un signe de tête.

Il se tourna ensuite vers le roi et s’inclina profondément.

« Votre Majesté, si vous n’avez plus besoin de moi, je me retirerai dans ma chambre. Je dois immédiatement informer ma femme de ce qui s’est passé aujourd’hui et veiller à ce que nous fassions une recherche approfondie dans notre fief à la recherche de traîtres tels que ceux découverts aujourd’hui. » Lui déclara-t-il d’une manière polie et respectueuse.

« S’il vous plaît, faites donc, marquis Eonstrak. Si vous entendez parler de quelque chose de suspect, n’hésitez pas à envoyer des nouvelles au palais. » Répondit-il.

« Comme vous le souhaitez, Votre Majesté ! » Déclara-t-il.

Ensuite, il avait fait un petit salut vers moi et vers ceux qui m’entouraient avant de se retirer de la scène.

Ces mots avaient été plus ou moins répétés par tous les nobles qui venaient nous féliciter. Pas même l’un d’entre eux n’avait parlé d’échanger d’autres plaisanteries ou de nous inviter à une sorte d’événement comme je le pensais initialement. Après tout, avec tant de dragons célèbres et le roi aussi, cela semblait assez probable.

Ce à quoi je ne pensais pas à l’époque, c’était le fait qu’ils se soient sentis inquiets ou troublés par le fait qu’ils aient dû subir le même test que les traîtres. Cela signifiait que le roi les soupçonnait d’être des traîtres. Aujourd’hui, ils avaient prouvé leur loyauté, mais leur fierté en avait été terriblement touchée.

Ce que je n’avais pas compris, c’est pourquoi il était si important de parler de cette nouvelle à leur femme ? On aurait dit que TOUTES les dragonnes pensaient que leur mari les trompait ou leur mentait, ce qui, à mon avis, était un peu triste.

Une fois que tous les nobles étaient partis, nous avions ramené le roi dans la salle du trône. Je marchais avec Seryanna à ma gauche et Kataryna à ma droite. En face de moi, Brekkar marchait à côté du roi. Tous deux parlaient de la situation de l’armée de Brekkar. Derrière nous, Kléo et Iolaus marchaient côte à côte. Quant à Elovius, il était allé visiter les cachots pour interroger les traîtres. Les événements d’aujourd’hui avaient mis beaucoup de paperasse sur le bureau du Premier ministre.

Après s’être assis sur son trône, Feryumstark nous avait tous regardés, puis avait pris une profonde inspiration.

« Je tiens à vous féliciter pour le travail effectué ! Nous avons déniché des traîtres qui complotaient sous mon nez et nous avons même réussi à rétablir Brekkar dans ses fonctions de général. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucune de ces choses n’aurait été possible sans les efforts d’Alkelios Yatagai. En tant que tel, je ne vois que la possibilité de vous offrir un rang de noblesse et une place à ma cour. Puisque vous avez déjà prononcé votre allégeance à ma fille, Elleyzabelle, cela ne pose pas de problème et si quelqu’un ose se plaindre, je m’assurerai de raccourcir sa queue avec un poignard rouillé ! » Sourit-il.

« Merci, Votre Majesté. J’apprécie ! » Je baissai la tête respectueusement devant lui.

Comme j’étais encore dans ma forme hybride, j’étais plutôt imposant et j’étais actuellement le plus grand parmi tous les dragons présents.

En ce qui concerne ce titre de noblesse, je ne savais pas vraiment quoi dire. Cela ne m’avait pas beaucoup affecté et je ne m’étais senti ni flatté ni insulté. Si je comparais cela à quelque chose, c’était comme recevoir un cadeau avec désinvolture d’un ami au hasard. Je l’avais accepté et pris, mais je n’en avais pas fait tout un plat. Peut-être que cette attitude nonchalante était la cause de mon éveil.

« Pour le reste d’entre vous, j’ai fini par comprendre que vous avez joué un rôle essentiel non seulement pour amener Alkelios ici, mais également pour l’aider à prendre le parti des dragons. Pour cela, je veillerai à ce que vous soyez tous correctement récompensés. »

« Merci, Votre Majesté ! » avaient-ils tous répondu en s’inclinant en même temps.

« Maintenant, Alkelios, je vous parlerai de ce rang de noblesse en plus de détail après en avoir parlé avec ma femme et mon fils. En parlant de cela, ma femme, la reine d’Albeyater souhaite vous parler en personne lorsque vous aurez le temps. » Il sourit.

« Bien sûr ! Je suppose qu’elle va mieux maintenant ? » Demandai-je.

« Grâce à vous, oui. » Il acquiesça.

« C’est bon à entendre ! » J’avais souri.

« Votre Majesté, je m’excuse, mais je vous rendrai Alkelios demain ou peut-être après. » Déclara Seryanna tout à coup.

« Hein ? Rendre ? » Je clignai des yeux de surprise.

Est-ce qu’elle vient de dire « Non » au roi ? ET LA REINE ?! Je pensais en sentant mon cœur battre plus rapidement parce que je ne savais pas comment Sa Majesté allait réagir.

Je veux dire, c’était assez grave et compte tenu de l’ensemble des problèmes de la situation actuelle d’empoisonnement de la reine et de tout…

« Je vois. Très bien. » Le roi acquiesça en se frottant le menton.

« Hein ?! » Je m’étais retourné et avais regardé le dragon surpris.

« Hm ? Quelque chose ne va pas ? » Demanda-t-il.

« Eh bien… euh… » Je ne savais pas quoi dire, mais tout à coup, j’avais perdu l’équilibre et j’étais tombé au sol. « OMPH! » Gémis-je.

« Alors, nous partons ! Passez une bonne journée, Votre Majesté ! » déclara Seryanna en me traînant littéralement par le pied.

« ATTENDS UNE SECONDE ! Qu’est-ce qui se passe avec tout ça ?! » Me plaignis-je.

« Qu’est-ce que vous voulez dire ? » Demanda Feryumstark, et Seryanna m’avait aussi lancé un regard perplexe.

« Comment est-ce normal ? Un membre de la royauté ne devrait-elle pas avoir la priorité dans ce domaine ?! » demandai-je.

« Eh bien..., » le roi détournait le regard, évitant le mien.

« C’est une affaire entre dragonnes. D’ailleurs, je suis ta fiancée et je ne t’ai pas vu depuis un an. Il est naturel que tu me sois donné immédiatement, sans poser de questions., » déclara Seryanna avec un signe de tête.

« Que suis-je ? Un dragon à prêter ? » répliquai-je.

« Non, mais j’ai priorité, » avait-elle déclaré.

« Hein ? » J’avais cligné des yeux de surprises.

« Personne ne lui a dit ? » demanda Feryumstark.

« Me dire quoi ? » demandai-je en haussant les sourcils.

Tous mes « amis » regardaient ailleurs.

« J’ai peut-être oublié ce petit détail… ou je l’ai mentionné au hasard à un moment donné, mais aucune attention n’a été portée à cela, » avait déclaré Brekkar.

« Me dire QUOI ?! » avais-je répliqué.

« Ahem. Les dragons ont une société matriarcale, » avait déclaré le roi.

« Une quoi maintenant ?! Alors pourquoi tout cela s’est-il passé avec Draejan ?! » demandai-je.

Si cela était vrai, l’opinion de Seryanna à ce sujet était bien plus importante que celle de ce dragon.

« Eh bien, elle n’était pas encore éveillée à ce moment. Deuxièmement, ma femme était malade et ne pouvait être dérangée par de telles choses. Tous les dragons devaient connaître son état. Troisièmement, parce que j’avais assumé le rôle de figure dominante dans le royaume, beaucoup de dragons ont commencé à avoir plus de courage. Nous avons fini par former une société semi-patriarcale pendant une courte période, mais la vérité était que l’essentiel du pouvoir restait entre les mains des femmes. Quatrièmement, il y avait une différence notable entre les rangs et titres des deux. Seryanna était une chevalière royale et une noble, c’est vrai, mais elle n’avait aucun titre. Après la bataille d’il y a 39 ans, le Duché des Draketerus a été réduit en cendres, de même que le titre restant simplement nominatif, mais uniquement pour Brekkar. Globalement… c’est compliqué, et je suis certain que ma femme sympathiserait avec Seryanna. Je ne vois pas cela comme un problème non plus, alors avec ma bénédiction, Mademoiselle Draketerus, allez… l’emmener et l’enfermer dans votre chambre pour le moment. » Il me fit un sourire ironique.

« Pardon ?! » avais-je répondu.

« Tu vois ? Pas de problème ! » Et puis elle avait continué à me traîner.

« Au moins, laisse-moi marcher seul ! Ne me traîne pas comme si j’étais un ivrogne en fin de soirée ! » répliquai-je.

« Bien, » elle laissa échapper un soupir et lâcha ma jambe.

« Bien, » déclarai-je. Mais avant que je ne puisse me lever, elle me souleva par la taille et me jeta sur son épaule.

« Parfaiiiiit ! Je suis devenu un sac de pommes de terre. » Je plissai les yeux vers mes « amis » qui n’essayaient même pas de m’aider, ils essayaient de ne pas éclater de rire.

« Eh bien, tu es MON sac de pommes de terre, et je ne partage pas ! » déclara-t-elle en s’éloignant avec moi, agitant sa queue comme la dragonne heureuse qu’elle était.

« Ne devrait-on pas… l’aider ? » demanda Iolaus.

« Non ! Il ira bien ! Toi, en revanche, tu vas reprendre le jeu d’hier soir. » Kléo lui adressa un sourire sournois.

Iolaus se figea et chercha de l’aide avec un air désespéré.

« Ehehe, mon heu… je sens que ma femme m’appelle, » déclara Feryumstark en fuyant la scène.

« Oui. Ahem! J’ai besoin de… d’entraîner cette épée ! Je veux dire de m’entraîner avec cette épée ! » Brekkar courut vers la sortie la plus proche.

***

Partie 2

Kataryna essayait TRÈS DUR de ne pas rire maintenant. Quant à Elleyzabelle, elle était restée silencieuse tout ce temps.

Je laissai échapper un soupir et réfléchis sérieusement à la question de savoir si les dragons de ce royaume étaient impuissants face à leurs épouses ou s’il s’agissait d’une règle générale. Cela aurait aussi pu être quelque chose d’autre : les vieux dragons comprenant les besoins de la jeune génération, ils les laissaient simplement faire. Bien que Feryumstark soit le ROI ! Pourquoi fuyait-il ?! Comment un vieux dragon royal de plus pourrait-il prendre part à cette blague enfantine ?!

Eh bien, cela m’a fait comprendre qu’il soit un roi compréhensible, mais était-ce nécessaire… ? Étions-nous si proches de lui pour répondre et participer à ce genre de blagues ?

Ces blagues étaient-elles normales ?

Mon esprit tournait autour de ces questions jusqu’à ce que je renonce enfin, laissant ainsi la fumée s’échapper de mes oreilles et mon cerveau se refroidir. Ce n’était pas comme si j’étais opposé à ce que Seryanna soit si affirmée, mais compte tenu de tout ce qui s’était passé et de toute l’affaire Draejan, j’avais eu l’impression que c’était un peu précipité.

Il était également possible que ce soit simplement leur nature de dragon ?

Pour le dire franchement, je ne comprends rien du tout… Je m’étais plaint dans mon esprit alors que j’essayais de ne pas regarder les dragons qui passaient à côté de moi.

Je n’étais pas mécontent de cela, mais être porté comme une sorte de prix gagné dans un concours était un peu gênant… j’étais encore dans ma forme hybride, donc la différence de taille était notable…

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***Point de vue de Draejan***

« Argh… Q-qu’est-ce qui est arrivé ? » J’avais gémi en essayant de me lever, mais une douleur terrible avait traversé tout mon corps. « ARGH ! » Avais-je crié.

Mes muscles me donnaient l’impression d’être déchiré de partout, mais je ne me souvenais pas avoir subi tant de dégâts. Dans le duel, oui… le duel… tout ce dont je me souvenais, c’était son sourire narquois à la fin… quand il m’avait frappé.

Après cela… que s’est-il passé ? Ai-je… ai-je perdu ? MOI ? Contre un sale humain ? Cette seule pensée m’avait rendu furieux.

J’avais serré les poings malgré ma douleur et jeté un regard noir au plafond. Je ne pouvais pas l’accepter… je ne voulais pas.

MOI ?! Un noble dragon avec du sang royal ?! Moi ?! Qui était sur le point de mettre tout ce royaume à genoux et de relancer la guerre entre dragons et humains ?! Non ! CE N’EST PAS POSSIBLE ! Ce n’est pas POSSIBLE ! avais-je crié intérieurement.

Je ne pouvais pas laisser entendre mes paroles, car je ne savais pas qui pouvait m’entendre. Ce réflexe avait été formé au fil des décennies et cela marchait lorsque j’avais été vraiment contrarié.

« Maître, calmez-vous, vous êtes blessé, » déclara l’esclave.

En le regardant, j’avais sorti mes crocs et demandai. « Qu’est-ce que le roi a déclaré ? »

« C’est… que vous avez perdu, » répondit-il.

« Tch ! » J’avais claqué la langue et me penchai sur mon lit.

« Le guérisseur a dit que vous deviez boire des potions de guérison et faire appel à une personne ayant la capacité de lancer de la magie de guérison, » déclara-t-il en plaçant une potion sur la table de nuit à côté de moi.

« Mes blessures sont-elles si graves ? » avais-je demandé avec un faible grognement.

« De l’extérieur… ça ne semble pas être le cas, mais vous devriez sentir que ce n’est pas le cas. Les attaques d’Alkelios ont envoyé des ondes de force pure dans votre corps, l’endommageant à tous les niveaux… c’est un miracle que vous ne soyez pas mort, » avait-il expliqué.

« Mort ? Il essayait de me tuer ? MOI ?! » demandai-je alors qu’un sourire se formait sur mes lèvres.

Je savais que je ressemblais à un fou, mais penser à quelqu’un comme lui tentant de me tuer était désagréable.

« Non… juste vous faire du mal de manière à ce que vous ayez besoin de quelques semaines pour guérir, » dit-il.

« Ridicule ! » avais-je grogné.

« Pourtant, c’est bien le cas. » Il haussa les épaules et se dirigea jusqu’au bout de mon lit.

En retirant sa capuche, j’avais vu le même visage avec des écailles qu’il avait montré au roi quand on lui avait ordonné de se montrer. Même moi, je l’aurais confondu avec un dragon de sang pur si je ne savais pas que ce n’était pas le cas.

« Vous savez, j’ai été surpris qu’Alkelios m’ait appelé… d’une manière ou d’une autre, il savait qui j’étais… il est devenu plus intelligent, et plus fort aussi..., » dit-il en regardant et serrant la main droite.

Les humains avaient tendance à faire des gestes plutôt étranges.

Le sort qu’il avait utilisé avait été désactivé et j’avais pu voir sa véritable apparence. Il avait une barbe noire touffue, des yeux marron foncé, et une coupe de cheveux en désordre. Dans les territoires humains, il aurait été confondu avec un clochard, pourtant cet homme était quelqu’un ayant dépassé le niveau 500, comme il le prétendait.

Son plan pour monter de niveau de puissance semblait avoir fonctionné à merveille jusqu’à présent, mais il n’était pas aussi puissant qu’un dragon doté d’un niveau de puissance équivalent. Cependant, si je le lançais dans un combat, sa capacité à téléporter des troupes où il le voulait en ferait un atout précieux et dangereux.

« Ou peut-être que c’est parce que tu as gardé les mêmes vêtements lors de la première rencontre ? » proposai-je.

Il leva les yeux vers moi et secoua la tête.

« J’en doute, » répondit-il.

Quel idiot… ! pensai-je. Puis, je me penchai en fermant les yeux.

Quelques heures plus tard, je m’étais réveillé et j’avais vu trois potions de guérison. Il n’était pas nécessaire qu’un guérisseur me lance sa magie. En tant que soldat et chevalier, j’avais appris quelques sorts de base sur le terrain et je les avais donc moi-même appliqués.

Deux heures plus tard, je pouvais bouger et me lever, mais à peine… tout mon corps me faisait mal et je sentais qu’à l’intérieur il était sur le point d’éclater.

Je ne peux pas rester ici… je dois profiter du fait qu’ils aient baissé la garde et me préparer pour la prochaine étape de mon plan. Il est hors de question que j’admette une défaite pareille… pas après avoir fait tant de sacrifices… pas après tous les projets que j’ai mis en marche… Pensais-je tout en serrant les dents, je me levai de mon lit.

La douleur était horrible et je pouvais à peine rester debout, mais je n’allais pas me permettre de succomber à la douleur.

« Kronius ! Viens ici ! » avais-je crié.

L’humain s’était téléporté devant moi et avait retiré sa cagoule.

« Oui, maître ? » Demanda-t-il.

« Apporte-moi mes bagues et utilise ta capacité pour voler autant d’armes et d’armures que tu le peux de l’armurerie. Reviens ici une fois que tu auras terminé, » lui avais-je ordonné.

« Comme vous le voulez, » répondit-il en s’inclinant.

Après sa téléportation, j’avais claqué la langue avant de me rendre à ma commode. De l’intérieur, j’avais récupéré un ensemble de vêtements discrets et les avais mis.

Ceux-là devraient le faire…, avais-je pensé en me regardant dans le miroir.

Je ressemblais à un noble d’un rang inférieur. La capuche devait m’aider à cacher mes cornes et mon visage, alors que le manteau était nécessaire pour garder ma queue cachée. Il n’y avait aucune raison de cacher mes écailles blanches, mais les écailles dorées sur mon visage et ma queue étaient un signe de la royauté, ou tout au moins un proche de famille royale par le sang.

En regardant autour de moi, je laissai échapper un soupir. Cela allait être la dernière fois que j’avais vu cet endroit. Ma résidence à Drakaria allait être la première à être fouillée après mon départ. Ainsi, j’étais prêt à disparaître sans laisser aucune trace derrière moi. Cela signifiait pas de vêtements, pas de documents, pas d’objets, rien pour suggérer même de loin que cet endroit était autrefois utilisé par moi.

Avec la douleur pulsant dans mon corps, j’étais allé jusqu’à la pièce que j’utilisais comme bureau. J’avais ouvert la porte et regardai longuement. Il y avait beaucoup de choses ici qui devaient disparaître : documents, livres, lettres avec des ordres secrets, des messages, toutes sortes de choses.

Une fois que j’aurais fini de rassembler tout cela, je devrais passer à la collecte des objets de valeur et des outils de cette maison. Puis je finirais en récupérant mes vêtements, mes armures et mes armes. Je devrais aussi m’assurer de vider les caves et le grenier…, pensais-je.

Ainsi, j’avais commencé à vider ma maison de tout ce que je considérais comme important. Les seules choses que j’avais laissées derrière moi étaient les meubles intouchés. Je n’avais des compartiments secrets installés que dans mon bureau et deux de mes chaises, que je prenais avec moi. Le coffre-fort dans le mur derrière la carte du duc de Doesya avait également été pris.

Kronius était revenu peu de temps après que j’eus fini. Il avait plus d’objets à stocker que moi.

« Cela a été fait, » rapporta l’esclave.

« Bien. Maintenant, téléporte-nous dans la tente du quartier général de l’armée de Brekkar à l’extérieur de Drakaria, » lui avais-je ordonné.

« Comme vous le voulez. » Il s’inclina puis ouvrit un portail à sa gauche.

Sa compétence, le Flash Pika Boo, était extrêmement utile aux mains d’un commandant capable. L’acquérir comme esclave n’était qu’un coup de chance. S’il avait été découvert par les humains avant moi, il aurait été un ennemi gênant à gérer.

En franchissant le portail, je m’étais retrouvé à l’intérieur de ma tente. Tout était là où je les avais laissés, y compris la carte de stratégie fictive, ce qui donnerait l’impression à un espion, que je pensais davantage à la défense et à la gestion des approvisionnements dans le royaume que le fait d’ajouter de l’huile dans la guerre entre les humains et Albeyater.

« Appelle Goryan, Talladov, Servorth, Colar, Jormungar, Kossan, Taranvik, Oldessa, et Patrianus pour qu’il vienne me voir. Peu importe ce qu’ils font ou ce qu’ils prévoyaient de faire. S’ils osent refuser mon appel, dis-leur qu’ils ne sont plus nécessaires, » lui avais-je ordonné.

« Comme vous le souhaitez, maître, » répondit Kronius en sortant en courant de la tente.

Il y avait une grande différence entre dire à un esclave de faire quelque chose et lui ordonner. Dans le cas de ce dernier, il n’avait pas d’autre choix que d’obéir à mes ordres, tandis que dans le cas du premier, il lui revenait de décider s’il décidait de le faire ou non. Le fait d’autoriser un humain comme lui à avoir un libre arbitre était absolument ridicule, ainsi, je lui avais TOUJOURS ordonné quoi faire.

En regardant la carte sur la table, j’avais poussé un soupir.

« Dire que cet humain maudit m’a poussé à commencer… éveillé ou non, je vais m’assurer de le tuer, » avais-je dit et déplacé la pièce maîtresse de Drakaria jusqu’à la plaine de l’est, à la frontière avec l’empire Embryger. « Tant que le roi ne vient pas ici, le plan est sans danger… mais..., » j’avais souri. « Avec la reine souffrant de ce terrible poison, je me demande s’il osera la quitter. »

Le plan que j’avais élaboré alors que j’étais un jeune garçon ne se concrétisait qu’à présent, après tant d’années écoulées depuis cette… réunion fatidique. Mon seul souci était de savoir si j’essayais de cueillir ce fruit avant qu’il ne soit mûr ou après qu’il ait déjà mal tourné. Quoi qu’il en soit, après avoir perdu contre Alkelios, je ne pouvais plus me montrer à nouveau devant la cour. Par conséquent, même si j’en avais encore l’occasion, je devais prendre la décision et mettre mon plan à exécution.

D’ici quelques mois, la reine ne sera plus, le roi mourra de chagrin, le pouvoir économique et militaire de ce royaume s’effondrera, et tout ce qui me restera à faire sera d’envahir, et mettre en place un nouveau règne… ou plutôt, mettre une digne marionnette sur le trône pendant que je déplace les choses de l’ombre. L’idée de la paix entre les humains et les dragons mourra avec mes stupides grands-parents ! Et à leurs côtés, tous ceux ayant osé les soutenir ! avais-je pensé et ensuite repris la pièce du roi. « L’histoire se souviendra de vous et vos alliés comme d’un imbécile et de moi comme du héros ayant équilibrés les valeurs des dragons ET du genre humain, » déclarai-je en serrant la pièce dans ma main jusqu’à ce qu’elle craque et tombe en poussière.

Quant à Alkelios Yatagai, jusqu’à ce que j’atteigne l’éveil supérieur ou trouve un moyen de l’affaiblir, toutes les batailles entre nous finiraient par ma défaite. Il avait bien précisé tout cela hier, et je n’étais pas un idiot inexpérimenté pour nier ce fait.

Afin de gagner cette guerre, ma stratégie devait être parfaite, mes objectifs clairement définis et mes alliés présents à côté de moi. Mais plus important encore, je devais trouver un moyen de neutraliser, affaiblir ou invalider la force des éveillés supérieurs de l’ennemi. Je devais trouver un moyen de garder la plupart de leurs éveillés supérieurs loin de mon champ de bataille…

Je suppose que… je devrais demander l’aide des humains… encore, avais-je réfléchi. Puis j’avais regardé vers l’entrée de ma tente.

Les dragons que j’avais appelés s’étaient présentés l’un après l’autre. Avec une expression grave sur leurs visages, ces dragons loyaux prêts au combat n’obéissaient qu’à MES ordres et à travers eux, une grande partie de cette armée.

« Ce soir, nous partons de Drakaria, » déclarai-je. Et avec cela, je commençai à leur donner des ordres spécifiques sur ce qu’il fallait faire, et comment agir à partir de maintenant.

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