100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 55 – Partie 1

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Chapitre 55 : Neuf mois plus tôt

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Je me tenais actuellement au milieu de la salle du trône du royaume d’Albeyater, tenant une bombe nucléaire au-dessus de ma tête et menaçant d’éliminer toute la capitale aux côtés de ma fiancée et mes amis.

Est-ce que j’étais fou ?

C’était une façon douce de le dire.

Toute cette mascarade avait commencé quand j’avais rencontré le dragon assis sur le trône devant moi pour la première fois neuf mois plus tôt.

Feryumstark Seyendraugher était un homme imposant à bien des égards. Il était un dirigeant juste avec une poigne de fer sur tous ceux pensant aller contre lui, mais ces derniers temps, il était un peu en retrait. La raison principale était son épouse, Elliessara, qui avait été empoisonnée 38 ans plus tôt par un « ambassadeur » humain.

Normalement, on pourrait penser que sa colère contre mon espèce aurait atteint des sommets insurmontables, mais ce n’était pas le cas comme je l’avais appris.

Juste en étant assis devant lui, je m’étais remémoré cette nuit-là…

***

[Neufs mois plus tôt]

Je me tenais devant le roi du royaume d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher, et derrière lui se trouvait sa bien aimée femme malade.

Le dragon lisait les lettres qu’il avait reçues de Brekkar et de sa petite fille Elleyzabelle. Pendant ce temps, j’attendais à la fenêtre, priant dans ma tête de ne pas me faire tuer. J’avais peur, une peur mortelle parce que ce dragon dépassait de loin mon imagination. Il n’était pas seulement puissant, il était en fait un vrai monstre doté d’une force insondable. Pour être honnête, je ne pouvais même pas imaginer Kataryna gagnée contre lui, et ce dragon n’était pas encore apparu dans un combat.

En même temps, moi, un héros humain, me tenais devant lui, attendant…

« Elles sont authentiques, » déclara-t-il en se calmant un peu.

La soif de sang dans l’air s’estompa et je pouvais sentir mon corps commencer à se détendre.

« Je sais… mais ça n’en restait pas moins effrayant, » m’étais-je plaint.

« Mes excuses. Le dernier humain en qui j’ai eu confiance… n’a pas été très honnête. » En disant cela, il se retourna et regarda sa femme endormie.

« Pour être honnête, il est sage d’agir ainsi, peu importe l’espèce. » Je lui fis un sourire ironique.

« C’est vrai. La lettre de Brekkar parle de quelque chose d’intéressant… Vous n’êtes pas ce monde, semble-t-il ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« Ah oui. Voulez-vous entendre mon histoire ? Cela prendra peut-être un peu de temps. » Je souris.

« J’aimerai beaucoup. Asseyez-vous. Je vais aller dire aux servantes de nous apporter une collation et du thé. » Il désigna une chaise à côté de moi.

« J’apprécie, merci. » Je hochai la tête en souriant.

« Honnêtement… j’aime ça. » Il sourit.

Ses mots m’avaient un peu dérouté.

Après que je me sois assis, le roi se dirigea vers la porte et, sans l’ouvrir ordonna au serviteur de l’autre côté de nous apporter du thé et des collations. Lorsqu’il entendit la confirmation, Feryumstark s’approcha de moi et tira une chaise sur laquelle il s’assit.

« Alors, par où devrais-je commencer ? Ah oui ! La Terre ! » déclarai-je avec un sourire.

J’avais alors commencé à lui dire comment j’étais arrivé dans ce monde. J’avais aussi dit comment j’avais rencontré Seryanna, Kléo, Brekkar, puis Kataryna et Iolaus. Je lui avais raconté comment j’avais rencontré le marchand à Tors et même comment j’avais fini par rencontrer Draejan. Je n’avais pas oublié de lui parler de l’événement à Pertiko et de la façon dont j’avais rencontré un autre terrien, mais j’avais laissé tous les détails précis de côté. D’une manière ou d’une autre, je doutais qu’il veuille savoir à quel point il était bon d’embrasser Seryanna.

Pour le dire franchement, je ne lui avais dit que la vérité et pas un seul mensonge.

Certains pourraient dire que c’était une chose stupide à faire. Même moi je l’aurais dit. L’information dans ce monde pourrait faire la différence entre la vie et la mort, cependant, étais-je vraiment dans une telle position où je pouvais cacher des choses ? J’étais devant le plus puissant dragon du royaume d’Albeyater, dont l’épouse avait été empoisonnée par un humain. Si je voulais même avoir une chance de recevoir de l’aide de sa part ou de prouver que j’étais de son côté, je devais lui dire la vérité, toute la vérité.

« Et puis j’ai finalement décidé que je passais assez de temps à attendre. J’ai écarté tous mes soucis et mes peurs, je me suis glissé dans le palais et suis allé rencontrer Seryanna. Après une conversation, je le lui ai proposé. C’était il y a plusieurs heures. Juste après avoir quitté sa chambre, je suis venu ici. » Je hochais la tête alors que je finissais mon récit.

« Alors, c’est son odeur qui s’attarde sur vous. » Il sourit.

« Tout à fait. » Je hochai la tête.

« Que pensez-vous de la possibilité d’épouser une dragonne ? » Me demanda-t-il.

« Pour être honnête, je me sens très excité et heureux. J’aime Seryanna, c’est pourquoi je veux rester à ses côtés aussi longtemps que je serai en vie. » Je hochai la tête.

« Et si les héros humains ou les rois de ce monde vous demandent de la trahir ? » Il plissa les yeux.

« Ensuite, j’espère qu’ils se sont déjà réservé une place dans le cimetière, car il n’y a aucun moyen que je puisse faire ça ! Je préfère devenir un traître envers l’humanité et embrasser la femme de ma vie que de la perdre et de gagner des points avec un roi inconnu ou un héros. » J’avais serré le poing et, sans le savoir, libéré un peu de mon intention meurtrière.

Quand j’avais réalisé cela, je m’étais calmé et avais présenté mes excuses.

« J’aime votre réaction, Alkelios. Si vous aviez menti tout à l’heure ou fait preuve d’hésitation, je me serais peut-être méfié de vous, mais je peux voir que votre cœur et votre tête sont au bon endroit. Seryanna a trouvé un bon compagnon. » Il sourit.

« Compagnon est un peu bizarre, mari peut-être ? » J’avais ri.

« Pour les dragons, c’est la même chose, alors ne le prenez pas comme une offense, jeune homme, » me déclara-t-il.

« D’accord, je m’en souviendrai. » Je hochai la tête.

« Maintenant, vous avez dit avoir guéri Brekkar, et sa lettre le confirme. Bien que ce soit difficile pour moi d’y croire… mais si c’est le cas, vous êtes l’un des meilleurs alchimistes de ce royaume. Non, vous êtes peut-être l’un des meilleurs de ce continent. » Il croisa les bras et baissa les yeux en pensant à quelque chose.

« Pourquoi ne pas essayer de voir si je peux aussi guérir la reine ? » avais-je demandé en haussant les épaules.

Le roi leva la tête et me regarda, surpris.

« Juste comme ça ? Que voulez-vous en retour ? » demanda-t-il.

« Rien vraiment. » Je haussai les épaules.

Il avait penché la tête, confus.

« Hm ! Mais je suppose que ne rien demander serait grossier. Pourtant, c’est la vérité, il n’y a rien de particulier que je veuille comme récompense. Pas maintenant, du moins peut-être plus tard ou peut-être jamais, mais ce que je sais, c’est qu’en la guérissant, je vous aiderai, vous et ce royaume. Ce royaume est aimé et protégé par Seryanna et Brekkar, mes amis. Si je peux les aider, je le ferai. » Je hochai la tête.

« C’est très généreux de votre part. » Il sourit.

« Ce que je veux, sans lien avec cette affaire, c’est si vous pouviez résoudre le problème avec Draejan. » Je lui avais dit ça avec un sourire ironique.

« Hm… je ne peux pas faire ça. » Il revint à sa position de réflexion.

« Pourquoi pas ? Pouvez-vous expliquer ? » avais-je demandé.

« Vous êtes humain de la Terre, alors vous ne savez pas comment les choses fonctionnent ici. Légalement, il n’a pas contredit ma parole ni abusé de son pouvoir selon les normes chez les dragons. D’autre part, vous avez perdu dans un duel contre lui, vous avez brisé la promesse faite lors de ce duel en prenant en plus la chasteté de sa fiancée légale. En plus de cela, vous êtes un humain sans statut, mais il est le fils d’un duc et aussi mon petit-fils. En somme, il a le droit de s’asseoir sur mon trône, tout comme la princesse Elleyzabelle. Sur le plan politique, vous êtes un intrus dans ce royaume en tant qu’humain, une espèce actuellement en guerre contre nous, alors qu’il est un dragon avec du sang royal coulant dans ses veines et un membre respecté de la noblesse de ce royaume. En gros, vous n’avez absolument aucun point me permettant de dissoudre son engagement avec Seryanna, peu importe la manière dont c’est arrivé. En même temps, sans vos amis dragons, en particulier Kataryna et Brekkar, je serais obligé de vous mettre en garde à vue et de vous faire arrêter pour violation de propriété, » avait-il expliqué d’un ton calme, mais froid.

Tout ce qu’il avait dit était absolument correct. Je n’avais rien sur quoi me tenir dans ce royaume et en rencontrant Seryanna, j’avais enfreint plus de règles que je ne pouvais compter. Peut-être me jeter derrière les barreaux était la punition la plus légère qu’il puisse me donner.

« N’y a-t-il pas moyen de tout faire… disparaître ? » avais-je demandé.

« Si vous me demandiez cela comme une récompense pour avoir sauvé ma femme, peut-être. Je donnerais l’impression de forcer les choses, mais votre position parmi les nobles ainsi que celle de ma fille tomberait en conséquence. Vous ne serez pas différent de tout autre être humain à leurs yeux, » déclara-t-il en secouant la tête.

« Ça ! J’aimerais l’éviter. » Je laissai échapper un gros soupir.

En entendant cela, je m’étais senti plutôt découragé.

« Habituellement, dans une telle situation… il est assez difficile de faire annuler des choses ainsi. Il y a aussi la question des pays voisins. Albeyater reçoit un soutien de guerre chaque fois que nous combattons les armées humaines envahissantes. Nous sommes la ligne de front, nous prenons donc la force principale. Nous subissons le plus de pertes, alors les autres royaumes compensent par une offrande d’or, d’armures, d’armes, de nourritures ou de dragons... Ce commerce dépend aussi fortement de la façon dont leurs politiciens me voient, » avait-il déclaré.

« La façon dont leurs politiciens vous perçoivent ? » avais-je demandé en fronçant les sourcils.

Dans mon esprit, je ne pouvais pas voir comment ces deux éléments étaient liés. Les affaires internes d’Albeyater étaient leurs propres affaires, alors pourquoi cela importait-il que le roi semble beau à leurs yeux ou non ? Encore une fois, qu’est-ce que cela impliquait même depuis qu’il s’était isolé dans cette pièce depuis l’empoisonnement de sa femme ?

« Les dragons vivent longtemps et certains ont des mémoires remarquables. Dans le monde extérieur, même si je ne suis pas sur la scène politique depuis longtemps, je suis toujours considéré comme un puissant et dominant dragon. Si un humain venait et me forçait à conclure un accord avec lui, les autres royaumes ne le verraient que comme si je cédais après que ma femme ait été empoisonnée. Ils s’en serviraient pour me désigner comme indigne de confiance et pour supprimer leurs fonds de soutien à la guerre. Cela porterait un coup dur à mon royaume et nous rendrait vulnérables lors d’une future invasion, » déclara-t-il en fermant les yeux.

« Et ce n’est pas tout, n’est-ce pas ? » demandai-je avec un sourire ironique.

Ouvrant les yeux, il me regarda et répondit « non. »

J’avais dégluti.

« Un royaume est soutenu par les roturiers, mais les nobles sont ceux qui les dirigent, tandis que le roi dirige les nobles. Toutes modifications apportées par le roi doivent être approuvées par les nobles avant d’atteindre les roturiers. Ne pas suivre ce processus conduit à la tyrannie et à la rébellion. Bien sûr, cela ne fonctionne pas lorsque le roi est bon, mais les nobles corrompus. Dans une telle situation, le roi et les roturiers vont faire partie de la rébellion, tandis que les nobles sont ceux qui veulent garder les vieilles coutumes, » avait-il expliqué.

« En d’autres termes, perdre la confiance des royaumes voisins signifie perdre la confiance des nobles de votre royaume ? » avais-je demandé.

« Précisément. Si l’extérieur me considère comme faible, il est dans leur intérêt de me remplacer. Par conséquent, une rébellion sera soutenue par l’extérieur par le biais du soutien pour la guerre qui devait aller à mes troupes. Cela ne signifie pas qu’un roi digne de confiance se lèverait pour faire le travail. Il y a de fortes chances que toute la rébellion soit dirigée par des nobles corrompus, ce qui peut conduire à l’ascension d’un tyran sur le trône, » avait-il expliqué.

« Cela rendrait la situation encore pire dans ce cas, hein ? » remarquai-je, laissant échapper un soupir.

« En effet. » Il acquiesça.

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9 commentaires

  1. merci beaucoup pour ce chapitre^^. j'attend la suite avec impatience.

  2. Merci pour le chapitre ! En vrai j'avoue que je suis un peu triggered que y ai un flashback même si ce qui est expliqué est super intéressant et important XD

    • C'est plutôt que l'auteur n'a pas voulu faire durer le suspense trop longtemps sur ce qui arrivait au MC, et il a préférer donner des infos pour soulager ça, et après, revenir dans le temps pour détailler.
      Car disons ces 9 mois ont vu beaucoup de choses se produire.

  3. La suite va être grandiose

  4. Merci pour le chap ^^

  5. Merci pour le chapitre )

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