100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3 – Chapitre 55

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Chapitre 55 : Neuf mois plus tôt

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Chapitre 55 : Neuf mois plus tôt

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Je me tenais actuellement au milieu de la salle du trône du royaume d’Albeyater, tenant une bombe nucléaire au-dessus de ma tête et menaçant d’éliminer toute la capitale aux côtés de ma fiancée et mes amis.

Est-ce que j’étais fou ?

C’était une façon douce de le dire.

Toute cette mascarade avait commencé quand j’avais rencontré le dragon assis sur le trône devant moi pour la première fois neuf mois plus tôt.

Feryumstark Seyendraugher était un homme imposant à bien des égards. Il était un dirigeant juste avec une poigne de fer sur tous ceux pensant aller contre lui, mais ces derniers temps, il était un peu en retrait. La raison principale était son épouse, Elliessara, qui avait été empoisonnée 38 ans plus tôt par un « ambassadeur » humain.

Normalement, on pourrait penser que sa colère contre mon espèce aurait atteint des sommets insurmontables, mais ce n’était pas le cas comme je l’avais appris.

Juste en étant assis devant lui, je m’étais remémoré cette nuit-là…

***

[Neufs mois plus tôt]

Je me tenais devant le roi du royaume d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher, et derrière lui se trouvait sa bien aimée femme malade.

Le dragon lisait les lettres qu’il avait reçues de Brekkar et de sa petite fille Elleyzabelle. Pendant ce temps, j’attendais à la fenêtre, priant dans ma tête de ne pas me faire tuer. J’avais peur, une peur mortelle parce que ce dragon dépassait de loin mon imagination. Il n’était pas seulement puissant, il était en fait un vrai monstre doté d’une force insondable. Pour être honnête, je ne pouvais même pas imaginer Kataryna gagnée contre lui, et ce dragon n’était pas encore apparu dans un combat.

En même temps, moi, un héros humain, me tenais devant lui, attendant…

« Elles sont authentiques, » déclara-t-il en se calmant un peu.

La soif de sang dans l’air s’estompa et je pouvais sentir mon corps commencer à se détendre.

« Je sais… mais ça n’en restait pas moins effrayant, » m’étais-je plaint.

« Mes excuses. Le dernier humain en qui j’ai eu confiance… n’a pas été très honnête. » En disant cela, il se retourna et regarda sa femme endormie.

« Pour être honnête, il est sage d’agir ainsi, peu importe l’espèce. » Je lui fis un sourire ironique.

« C’est vrai. La lettre de Brekkar parle de quelque chose d’intéressant… Vous n’êtes pas ce monde, semble-t-il ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« Ah oui. Voulez-vous entendre mon histoire ? Cela prendra peut-être un peu de temps. » Je souris.

« J’aimerai beaucoup. Asseyez-vous. Je vais aller dire aux servantes de nous apporter une collation et du thé. » Il désigna une chaise à côté de moi.

« J’apprécie, merci. » Je hochai la tête en souriant.

« Honnêtement… j’aime ça. » Il sourit.

Ses mots m’avaient un peu dérouté.

Après que je me sois assis, le roi se dirigea vers la porte et, sans l’ouvrir ordonna au serviteur de l’autre côté de nous apporter du thé et des collations. Lorsqu’il entendit la confirmation, Feryumstark s’approcha de moi et tira une chaise sur laquelle il s’assit.

« Alors, par où devrais-je commencer ? Ah oui ! La Terre ! » déclarai-je avec un sourire.

J’avais alors commencé à lui dire comment j’étais arrivé dans ce monde. J’avais aussi dit comment j’avais rencontré Seryanna, Kléo, Brekkar, puis Kataryna et Iolaus. Je lui avais raconté comment j’avais rencontré le marchand à Tors et même comment j’avais fini par rencontrer Draejan. Je n’avais pas oublié de lui parler de l’événement à Pertiko et de la façon dont j’avais rencontré un autre terrien, mais j’avais laissé tous les détails précis de côté. D’une manière ou d’une autre, je doutais qu’il veuille savoir à quel point il était bon d’embrasser Seryanna.

Pour le dire franchement, je ne lui avais dit que la vérité et pas un seul mensonge.

Certains pourraient dire que c’était une chose stupide à faire. Même moi je l’aurais dit. L’information dans ce monde pourrait faire la différence entre la vie et la mort, cependant, étais-je vraiment dans une telle position où je pouvais cacher des choses ? J’étais devant le plus puissant dragon du royaume d’Albeyater, dont l’épouse avait été empoisonnée par un humain. Si je voulais même avoir une chance de recevoir de l’aide de sa part ou de prouver que j’étais de son côté, je devais lui dire la vérité, toute la vérité.

« Et puis j’ai finalement décidé que je passais assez de temps à attendre. J’ai écarté tous mes soucis et mes peurs, je me suis glissé dans le palais et suis allé rencontrer Seryanna. Après une conversation, je le lui ai proposé. C’était il y a plusieurs heures. Juste après avoir quitté sa chambre, je suis venu ici. » Je hochais la tête alors que je finissais mon récit.

« Alors, c’est son odeur qui s’attarde sur vous. » Il sourit.

« Tout à fait. » Je hochai la tête.

« Que pensez-vous de la possibilité d’épouser une dragonne ? » Me demanda-t-il.

« Pour être honnête, je me sens très excité et heureux. J’aime Seryanna, c’est pourquoi je veux rester à ses côtés aussi longtemps que je serai en vie. » Je hochai la tête.

« Et si les héros humains ou les rois de ce monde vous demandent de la trahir ? » Il plissa les yeux.

« Ensuite, j’espère qu’ils se sont déjà réservé une place dans le cimetière, car il n’y a aucun moyen que je puisse faire ça ! Je préfère devenir un traître envers l’humanité et embrasser la femme de ma vie que de la perdre et de gagner des points avec un roi inconnu ou un héros. » J’avais serré le poing et, sans le savoir, libéré un peu de mon intention meurtrière.

Quand j’avais réalisé cela, je m’étais calmé et avais présenté mes excuses.

« J’aime votre réaction, Alkelios. Si vous aviez menti tout à l’heure ou fait preuve d’hésitation, je me serais peut-être méfié de vous, mais je peux voir que votre cœur et votre tête sont au bon endroit. Seryanna a trouvé un bon compagnon. » Il sourit.

« Compagnon est un peu bizarre, mari peut-être ? » J’avais ri.

« Pour les dragons, c’est la même chose, alors ne le prenez pas comme une offense, jeune homme, » me déclara-t-il.

« D’accord, je m’en souviendrai. » Je hochai la tête.

« Maintenant, vous avez dit avoir guéri Brekkar, et sa lettre le confirme. Bien que ce soit difficile pour moi d’y croire… mais si c’est le cas, vous êtes l’un des meilleurs alchimistes de ce royaume. Non, vous êtes peut-être l’un des meilleurs de ce continent. » Il croisa les bras et baissa les yeux en pensant à quelque chose.

« Pourquoi ne pas essayer de voir si je peux aussi guérir la reine ? » avais-je demandé en haussant les épaules.

Le roi leva la tête et me regarda, surpris.

« Juste comme ça ? Que voulez-vous en retour ? » demanda-t-il.

« Rien vraiment. » Je haussai les épaules.

Il avait penché la tête, confus.

« Hm ! Mais je suppose que ne rien demander serait grossier. Pourtant, c’est la vérité, il n’y a rien de particulier que je veuille comme récompense. Pas maintenant, du moins peut-être plus tard ou peut-être jamais, mais ce que je sais, c’est qu’en la guérissant, je vous aiderai, vous et ce royaume. Ce royaume est aimé et protégé par Seryanna et Brekkar, mes amis. Si je peux les aider, je le ferai. » Je hochai la tête.

« C’est très généreux de votre part. » Il sourit.

« Ce que je veux, sans lien avec cette affaire, c’est si vous pouviez résoudre le problème avec Draejan. » Je lui avais dit ça avec un sourire ironique.

« Hm… je ne peux pas faire ça. » Il revint à sa position de réflexion.

« Pourquoi pas ? Pouvez-vous expliquer ? » avais-je demandé.

« Vous êtes humain de la Terre, alors vous ne savez pas comment les choses fonctionnent ici. Légalement, il n’a pas contredit ma parole ni abusé de son pouvoir selon les normes chez les dragons. D’autre part, vous avez perdu dans un duel contre lui, vous avez brisé la promesse faite lors de ce duel en prenant en plus la chasteté de sa fiancée légale. En plus de cela, vous êtes un humain sans statut, mais il est le fils d’un duc et aussi mon petit-fils. En somme, il a le droit de s’asseoir sur mon trône, tout comme la princesse Elleyzabelle. Sur le plan politique, vous êtes un intrus dans ce royaume en tant qu’humain, une espèce actuellement en guerre contre nous, alors qu’il est un dragon avec du sang royal coulant dans ses veines et un membre respecté de la noblesse de ce royaume. En gros, vous n’avez absolument aucun point me permettant de dissoudre son engagement avec Seryanna, peu importe la manière dont c’est arrivé. En même temps, sans vos amis dragons, en particulier Kataryna et Brekkar, je serais obligé de vous mettre en garde à vue et de vous faire arrêter pour violation de propriété, » avait-il expliqué d’un ton calme, mais froid.

Tout ce qu’il avait dit était absolument correct. Je n’avais rien sur quoi me tenir dans ce royaume et en rencontrant Seryanna, j’avais enfreint plus de règles que je ne pouvais compter. Peut-être me jeter derrière les barreaux était la punition la plus légère qu’il puisse me donner.

« N’y a-t-il pas moyen de tout faire… disparaître ? » avais-je demandé.

« Si vous me demandiez cela comme une récompense pour avoir sauvé ma femme, peut-être. Je donnerais l’impression de forcer les choses, mais votre position parmi les nobles ainsi que celle de ma fille tomberait en conséquence. Vous ne serez pas différent de tout autre être humain à leurs yeux, » déclara-t-il en secouant la tête.

« Ça ! J’aimerais l’éviter. » Je laissai échapper un gros soupir.

En entendant cela, je m’étais senti plutôt découragé.

« Habituellement, dans une telle situation… il est assez difficile de faire annuler des choses ainsi. Il y a aussi la question des pays voisins. Albeyater reçoit un soutien de guerre chaque fois que nous combattons les armées humaines envahissantes. Nous sommes la ligne de front, nous prenons donc la force principale. Nous subissons le plus de pertes, alors les autres royaumes compensent par une offrande d’or, d’armures, d’armes, de nourritures ou de dragons... Ce commerce dépend aussi fortement de la façon dont leurs politiciens me voient, » avait-il déclaré.

« La façon dont leurs politiciens vous perçoivent ? » avais-je demandé en fronçant les sourcils.

Dans mon esprit, je ne pouvais pas voir comment ces deux éléments étaient liés. Les affaires internes d’Albeyater étaient leurs propres affaires, alors pourquoi cela importait-il que le roi semble beau à leurs yeux ou non ? Encore une fois, qu’est-ce que cela impliquait même depuis qu’il s’était isolé dans cette pièce depuis l’empoisonnement de sa femme ?

« Les dragons vivent longtemps et certains ont des mémoires remarquables. Dans le monde extérieur, même si je ne suis pas sur la scène politique depuis longtemps, je suis toujours considéré comme un puissant et dominant dragon. Si un humain venait et me forçait à conclure un accord avec lui, les autres royaumes ne le verraient que comme si je cédais après que ma femme ait été empoisonnée. Ils s’en serviraient pour me désigner comme indigne de confiance et pour supprimer leurs fonds de soutien à la guerre. Cela porterait un coup dur à mon royaume et nous rendrait vulnérables lors d’une future invasion, » déclara-t-il en fermant les yeux.

« Et ce n’est pas tout, n’est-ce pas ? » demandai-je avec un sourire ironique.

Ouvrant les yeux, il me regarda et répondit « non. »

J’avais dégluti.

« Un royaume est soutenu par les roturiers, mais les nobles sont ceux qui les dirigent, tandis que le roi dirige les nobles. Toutes modifications apportées par le roi doivent être approuvées par les nobles avant d’atteindre les roturiers. Ne pas suivre ce processus conduit à la tyrannie et à la rébellion. Bien sûr, cela ne fonctionne pas lorsque le roi est bon, mais les nobles corrompus. Dans une telle situation, le roi et les roturiers vont faire partie de la rébellion, tandis que les nobles sont ceux qui veulent garder les vieilles coutumes, » avait-il expliqué.

« En d’autres termes, perdre la confiance des royaumes voisins signifie perdre la confiance des nobles de votre royaume ? » avais-je demandé.

« Précisément. Si l’extérieur me considère comme faible, il est dans leur intérêt de me remplacer. Par conséquent, une rébellion sera soutenue par l’extérieur par le biais du soutien pour la guerre qui devait aller à mes troupes. Cela ne signifie pas qu’un roi digne de confiance se lèverait pour faire le travail. Il y a de fortes chances que toute la rébellion soit dirigée par des nobles corrompus, ce qui peut conduire à l’ascension d’un tyran sur le trône, » avait-il expliqué.

« Cela rendrait la situation encore pire dans ce cas, hein ? » remarquai-je, laissant échapper un soupir.

« En effet. » Il acquiesça.

***

Partie 2

« Alors… Comment suis-je censé changer les choses ? Comment puis-je ne pas vous faire perdre de votre influence extérieure ? » demandai-je avec désespoir.

« Détendez-vous. Ce n’est pas quelque chose d’impossible, mais plutôt improbable. Avec votre force actuelle, c’est impossible, mais si vous deveniez un éveillé supérieur, cela pourrait changer. » Il acquiesça.

« Donc, il y a une chance, non ? Attendez… éveillé supérieur ? En quoi le fait que je devienne fort serait-il lié à tout cela ? » demandai-je, confus.

« Les humains sont des êtres valorisant davantage leur capacité à être rusé et conscient de leur environnement politique. D’autre part, les dragons valorisent la force individuelle et la force de groupe ainsi que leur assurance dans les affaires critiques, » avait-il répondu.

« Alors, les humains mentent et sont vicieux alors que les dragons se frappent la poitrine et rugissent ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

Mes mots avaient fait éclater de rire Feryumstark.

« C’est tout à fait vrai, petit humain ! » déclara-t-il après s’être calmer.

« Hm... » Je m’étais penché en arrière et m’étais frotté le menton.

« Ho ? Y a-t-il quelque chose à laquelle vous pensez ? » demanda-t-il en plissant les yeux.

« Vous avez dit que je devais être sûr de moi et fort, non ? » avais-je demandé.

« Oui, » il acquiesça.

« Disons que j’atteigne ce niveau. Ce que je ne comprends pas, c’est comment cela me sortirait de ma situation actuelle, » demandai-je en fronçant les sourcils et haussant les épaules.

« C’est simple. Vous organisez une démonstration de force dans laquelle vous prouverez votre force. » Il sourit.

« Comme un duel ? » avais-je demandé en haussant un sourcil.

« Comme me lancer un défi directement. » Il sourit.

« Impossible ! Je vais mourir ! » m’étais-je immédiatement plaint.

« Allez ! Si vous avez combattu Brekkar ou Kataryna, alors vous pourriez sûrement lutter contre moi ! Votre chance vous permettra d’assurer votre survie ! » ajouta-t-il.

« Pas en un seul morceau ! » avais-je répondu.

Le regard dans les yeux du roi changea soudainement pour devenir sérieux et se dirigea vers la porte. Il l’ouvrit juste assez pour que son serviteur puisse passer le plateau avec deux tasses de thé chaudes et quelques collations. Sans dire un mot, il le prit et ferma la porte.

« Le thé est ici, » me déclara-t-il.

« Ah… OK. » Je hochai la tête.

Feryumstark posa le plateau sur la table à côté du mur puis m’apporta la tasse de thé.

« Merci ! » Je hochai la tête en l’acceptant poliment.

« De rien. Mais je dois dire que peu de personnes ont la chance de se faire servir du thé par un membre de la royauté, » déclara-t-il en s’asseyant sur sa chaise.

« Eh bien, je vous l’ai dit, n’est-ce pas ? Je ne viens pas d’un pays où la royauté est respectée. » Je souris.

« Cependant, ce n’est pas comme si vous ne connaissiez pas les manières avec les membres de la royauté. Seryanna a dû vous les apprendre, » déclara-t-il avant de prendre une gorgée de sa tasse.

« Oui, elle l’a fait, mais si je devais agir en gardant cela à l’esprit, comment seriez-vous capable de juger de mon vrai caractère et d’avoir une discussion plus simple avec moi ? Je suis bien conscient que vos mots peuvent être les mêmes que des ordres pour moi, mais maintenir une discussion soutenue n’aurait pas été très productif pour nous deux. En plus, c’est embêtant. » Je haussai les épaules puis pris une gorgée de thé.

C’était délicieux, mais malheureusement, je ne buvais pas beaucoup de thé. Je ne savais pas comment l’apprécier correctement. Pour moi, c’était chaud, calmant et délicieux.

« C’est le préféré de ma femme. Rossenrhode mélangé à des blueberries et une pincée de menthe. » Il me fit un doux sourire tout en regardant sa tasse de thé.

Je regardai la reine endormie et lui demandais. « J’avais l’intention de demander, mais n’allons-nous pas la réveiller avec notre conversation ? »

« Impossible. » Il secoua la tête. « Elle peut à peine rester éveillée plus de quelques minutes chaque jour. Quand elle se réveille, je suis habituellement ici, prêt à lui donner les médicaments prescrits par les guérisseurs. C’est la tasse là-bas, sur la table de nuit. » Il pointa du doigt une tasse de thé similaire à la nôtre, mais avec un liquide noir dedans.

« Puis-je regarder ? » avais-je demandé.

« Ne le renverse pas et ne le respire pas, » déclara-t-il en prenant calmement une gorgée de son thé.

Je hochai la tête puis m’approchai du thé.

« Activé..., » murmurai-je alors que je pensais utiliser Identificus Processus Juridicus.

À ce moment-là, le processus d’activation d’une compétence était encore un mystère pour moi. Il y avait des moments où je les utilisais sans dire un mot, tandis que d’autres fois, au lieu de dire « activer », je devais crier le nom de la compétence. Toutes ces options me venaient naturellement et je n’avais jamais remarqué de différence. Ce n’était qu’après avoir passé quelques mois dans la forêt Seculiar à m’entraîner que j’avais enfin compris l’astuce derrière tout cela.

Le système d’activation des compétences prenait en compte le fait que nous, les héros humains, n’avions jamais utilisé de magie sur Terre. C’était une sensation nouvelle et mystérieuse pour nous tous, c’est la raison pour laquelle notre cerveau n’était tout simplement pas prêt pour utiliser la magie et devait donc l’apprendre lentement. Il y avait aussi un facteur psychologique qui jouait. Si nous pensions pouvoir l’activer sans dire un mot, nous le pourrions, nous devions essayer de contourner ce que la peur ou les inquiétudes nous rendaient incapables de faire.

Identificus Processus Juridicus avait été activé avec succès et m’avait envoyé les informations suivantes :

Thé empoisonné de Rossenrhode au Ryumarry ; Thé revitalisant aromatisé à la Rossenrhode pour un goût plus agréable. Il a les propriétés de calmer les nerfs et d’induire une sensation relaxante pour le corps. La préparation a été empoisonnée avec des racines de Ryumarry, une substance inodore et insipide qui affaiblit le système immunitaire, provoque des vertiges, une somnolence intense et une sensation de fatigue générale.

Barman : Ingrédient, feuille de Rossenrhode. Racine de Rossenrhode. Racine de Ryumarry. Feuilles de Playas. Zeste de citron. Racinde d’Adeline. Eau. Sucre. Nécessite un Alchimiste de rang Compagnon pour le créer.

J’avais dégluti après avoir lu ceci.

« Pendant combien de temps avez-vous dit qu’elle a pris ce produit ? » Lui avais-je demandé.

« Un an après son empoisonnement. Pourquoi ? » répondit-il en plissant les yeux.

Voyant le changement dans mon expression, il posa son thé et vint vers moi.

« Avez-vous trouvé quelque chose de suspect ? » me demanda-t-il.

« J’ai juste besoin de confirmer quelque chose. Connaissez-vous la composition de cette... substance ? » lui avais-je demandé en montrant le thé.

« Oui. » Il acquiesça. « Des feuilles de Playas, des feuilles de Rossenrhode, de la racine de Rossenrhode, du zeste de citron, de la racine d’Adeline, de l’eau et du sucre en fonction des goûts de la personne le prenant, » déclara-t-il.

« En êtes-vous sûr ? » Je lui avais demandé cela.

« Oui. Absolument ! J’en ai moi-même bu quand ils ont commencé à en donner à ma femme. Il est destiné à l’aider à se rétablir et à la maintenir en vie dans l’espoir de trouver un antidote au poison. Malheureusement, au cours des huit dernières années, j’ai constaté une détérioration de son état de santé… Dernièrement, elle peut à peine garder les yeux ouverts et elle peine assez pour que je l’aide à boire le thé. » Il baissa les yeux avec tristesse.

« Je ne suis pas surpris. » Je haussai les épaules.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » Il plissa les yeux vers moi.

« Eh bien ! Ma compétence Barman, celle dont je vous ai parlé, me permet de connaître les ingrédients des potions ou quelles potions je peux faire avec des ingrédients. Cela me dit également quel niveau d’alchimie je dois atteindre pour la créer, » expliquai-je.

« Qu’est-ce que vous avez trouvé ? » demanda-t-il d’un ton grave.

« Identificus Processus Juridicus m’a dit qu’il s’agit d’un thé empoisonné. Ma compétence m’a aussi indiqué quel est le poison utilisé. Maintenant, je vais vous lire exactement ce qui y est dit : La préparation a été empoisonnée avec des racines de Ryumarry, une substance inodore et insipide qui affaiblit le système immunitaire, provoque des vertiges, une somnolence intense et une sensation de fatigue générale, » répondis-je en le regardant.

L’intention meurtrière du roi était de retour, mais cette fois, elle ne m’était pas dirigée. Néanmoins, je pouvais sentir la pression de la puissance pure émanant de son corps. Il n’était pas du tout content de ce qu’il venait d’entendre.

« Vous dites que quelqu’un a empoisonné ma femme ? UNE FOIS DE PLUS ?! » Grogna-t-il.

« Oui. » Je hochai la tête. « Et si vous y réfléchissez, les effets du poison, bien que non mortels, coïncident avec ce que vous avez vu : la somnolence et la faiblesse du corps. » Je lui avais dit cela.

Il resta silencieux, ne cessant de regarder la tasse de thé qu’il avait personnellement fait boire à sa femme. Il était impossible pour moi de comprendre l’ouragan d’émotions qui sévissait dans son cœur, alors j’avais continué de parler.

« Le plus troublant est l’affaiblissement du système immunitaire. Celui-ci garantit fondamentalement que la précédente potion agisse plus rapidement et mieux que précédemment. Le fait que vous ayez mis si longtemps à le savoir était également dû au fait que vous avez probablement été amené à croire que cela faisait partie du processus naturel de l’autre poison. Si elle en est nourrie en petites quantités, cette racine de Ryumarry ne servira que de médicaments pour dormir, mais comme la reine en a bu pendant plus de huit ans, elle s’est lentement accumulée dans son corps. Celui-ci étant incapable de le traiter et de l’expulser complètement, cela a fini dans la situation actuelle où elle peut à peine garder les yeux ouverts pendant quelques minutes par jour. Peut-être que si elle n’était pas une dragonne, elle serait morte depuis longtemps. » J’avais hoché la tête.

« Qu’est-ce qui vous fait croire que cela fait huit ans et pas plus ? » avait-il demandé.

« D’après ce que vous m’avez dit, sa santé a commencé à se détériorer il y a environ huit ans. Jusque-là, le coupable n’y avait pas mélangé de poisons. Ils vous ont laissé croire qu’elle prenait quelque chose de bon, testé, jusqu’à ce qu’ils soient certains que c’était devenu une habitude. Juste le médicament habituel. La preuve en est que vous ne soupçonniez même pas que le thé soit empoisonné par autre chose, surtout par quelque chose d’aussi simple que de la Ryumarry, qui a lui seul ne pourra jamais tuer un dragon. Pendant tout ce temps, vous et tout le monde pensiez que c’était en fait le premier poison qui montrait ses effets, » avais-je expliqué.

« Y a-t-il quoi que ce soit que nous puissions faire maintenant ? » demanda-t-il alors que sa colère commençait doucement à se calmer.

Peut-être était-il arrivé à la conclusion que faire rage ici aurait été mauvais pour nous tous. Là encore, il finirait par faire fuir l’empoisonneur avant qu’il ne puisse le capturer.

« En ce moment, si je regarde son statut, je ne verrai que son nom et son niveau de puissance. Si vous pouvez la réveiller et la convaincre d’accepter de devenir mon amie, je pourrai alors voir à la fois le poison en question, ses effets et même comment y remédier, si je suis suffisamment habile, » lui avais-je dit.

« Cela ne devrait pas être un problème… Elle se réveillera bientôt, c’est pourquoi j’avais préparé le thé, » me déclara-t-il. Puis il se dirigea vers la tasse et la versa dans le seau à déchets qui heureusement était vide.

« J’avais l’impression qu’au lieu du seau, vous alliez le verser dans le pot d’une de ces plantes, » avais-je dit.

« Et tuer une plante innocente ? Ma femme me tuerait si elle le découvrait. » Il avait souri.

« Je vois… eh bien, je suppose que nous allons attendre son réveil ? » lui avais-je demandé.

« En effet… et merci. » Il inclina la tête devant moi.

« Hein ? Pour quoi ? » demandai-je, surpris par ce geste.

« Pour avoir découvert le poison dans le thé, » me déclara-t-il.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. Maintenant, parlons un peu plus de l’utilité de ma force mentionnée plus tôt. » Je lui fis un sourire.

« En effet, élaborons davantage à ce sujet. Hm, vous pourriez commencer par me dire votre liste de compétences de combat ou tout ce que vous avez pouvant être utilisé à des fins d’intimidations. Votre Barman devrait être gardé secret, pour le moment. » Dit-il en hochant la tête.

Nous étions retournés à nos places et, par mesure de sécurité, j’avais aussi analysé le thé que nous buvions, mais celui-ci n’était pas empoisonné.

***

Partie 3

Pendant que nous attendions le réveil de la reine, nous avions trouvé plusieurs moyens de m’imposer à la cour et de faire en sorte que je devienne un sujet du roi. Malheureusement, aucune solution ne pouvait être appliquée pour le moment parce que je n’avais pas la force nécessaire. Si cela dépendait de lui, nous n’aurions pas besoin de passer par tous ces tracas. Le simple fait que Brekkar et Kataryna m’acceptent lui suffisait, le problème venait, comme il l’avait dit, du reste de la noblesse, qui devait également s’apaiser pour éviter une éventuelle rébellion ou des actes de trahisons.

Cependant, une fois que je lui avais parlé de mon voyage dans la forêt Seculiar, nous avions pris en compte la possibilité que je parvienne à atteindre l’éveil supérieur. Avec ma chance, c’était hautement probable. J’aurai à la fois la force et les capacités nécessaires pour y survivre et atteindre le niveau 1000. Mentalement, j’en étais proche, alors ce n’était pas un problème non plus.

À la fin, Itsy Bitsy BOOM ! s’était révélé être un outil d’intimidation très intéressant et remarquable que je pourrais utiliser, comme un atout pour que tout le monde reste tranquille et m’écoute.

Je lui ai expliqué les détails de cette compétence et il avait frémi à l’idée de la faire exploser dans une zone peuplée. C’était une arme impressionnante avec un effet redoutable sur la région. Il m’avait averti de ne jamais l’utiliser, à moins que les circonstances ne l’exigent absolument. Même dans ce cas, je devais réfléchir à trois fois avant de le faire. Ce ne serait pas drôle si je finissais par faire muter les monstres déjà puissants de ce monde. La plus grande peur du roi était un mouton à trois têtes crachant du feu, d’une hauteur de 60 mètres.

En imaginant ce monstre faire « baa baa » et raser la ville, cela m’avait donné l’impression que j’étais dans une sorte de film d’horreur mal écrit ou peut-être un dessin animé.

Mal dessiné.

« Il ne reste plus que les affaires du tribunal. Qui devrais-je avoir ici pour convaincre les bouffons que vous ne plaisantez pas ? » Demandai-je au roi alors qu’il se frottait le menton.

Il avait vraiment aimé élaborer ce plan avec moi. Sa queue se balançait de haut en bas alors qu’il avait une expression de profonde méditation sur le visage.

« Brekkar, Seryanna, Elleyzabelle et Kataryna ? » avais-je suggéré.

« En effet, ils seraient des témoins dignes. J’appellerai Brekkar peu de temps avant votre retour. Cela lui donnera suffisamment de temps pour augmenter sa force et le rapprocher du niveau d’un éveillé supérieur. Mais devrais-je essayer de reprendre mes activités royales habituelles ? » se demanda-t-il.

« Non. Cela donnerait aux auteurs de cet incident d’empoisonnement une raison de se méfier de vous et d’être à l’abri de “mouvements étranges”. Hm, si c’était un jeu, je pense que vous devriez apparaître deux fois à des moments aléatoires, pour donner l’impression que rien n’a changé, mais que quelque chose pourrait se produire. Ensuite, lors de la troisième apparition, donnez l’impression que vous êtes sur le point de faire une grande annonce, par exemple prendre votre retraite ou quelque chose du genre, » je lui avais suggéré ça en me grattant la tête.

« La retraite n’est pas une bonne solution, Hm… je pourrais utiliser ce Draejan. Faire croire que je suis sur le point de le promouvoir au rang de général ? Si je le plaçai à ma droite et Brekkar à ma gauche, cela pourrait signaler aux nobles de ma présumée intention de faire ce changement. Déclarer l’armée de Brekkar comme faisant partie de l’armée de Draejan nécessiterait leur présence, ce qui alimenterait cette idée de promotion. Cela me donnerait aussi une raison d’appeler les nobles que je trouve… suspects. Je pense que je peux demander à Elovius de se pencher sur la question. Voir avec qui Draejan passe son temps et quelles sont les alliances entre factions qui vont changer au cours des prochains mois. Hm, maintenant que j’y pense, c’est une chose très sournoise à faire. Cependant, tout repose sur votre capacité à atteindre l’éveil supérieur et à arriver à cette heure ce jour-là. Si vous échouez, je serai obligé de mettre Draejan à la position de général. Je n’ai pas à expliquer maintenant ce que cela signifierait pour votre avenir avec Seryanna Draketerus, n’est-ce pas ? » Il me lança un regard noir.

« Ne vous inquiétez pas, je n’échouerai pas. Je parie toute ma chance sur le fait que, non seulement j’arriverai à l’heure, mais que je ferai aussi une grande entrée qui me permettra d’attirer toute l’attention sur moi, » je lui avais fait un sourire narquois.

« Souhaitez ça, maintenant, devant moi, » déclara-t-il.

« Très bien, Votre Majesté. » Je fis un salut poli. « Je souhaite de tout mon être que, lorsque nous nous reverrons, je sois un éveillé supérieur, capable de montrer facilement à la fois ma force et mon assurance devant votre cour. Je souhaite que notre réunion dans neuf mois et 14 jours, lorsque vous apparaîtrez devant la cour, j’arrive au moment idéal pour mettre en œuvre cette dernière partie de votre plan. Je souhaite que tout se passe exactement comme prévu, sans imprévu. Et pendant que j’y suis, je souhaite pouvoir à la fois guérir votre femme et trouver les auteurs qui l’ont empoisonné, » je parlais d’un ton déterminé, sans hésitation.

Le roi avait souri quand il m’entendit et hocha la tête en signe d’approbation.

« C’est l’attitude que vous devez garder ! » déclara-t-il.

Cela allait être un plan très risqué, avec de nombreuses variables inconnues, mais ma chance était certaine de faire en sorte que les choses se passent comme je le souhaite. Tout ce qui restait à faire était de monter de niveau et de devenir aussi fort que je l’avais promis. Pas facile, certes, mais pas non plus impossible à 100 %. Improbable, oui, mais pas impossible, et avec ma chance, totalement faisable.

Environ une demi-heure plus tard, la reine se réveilla. Sa peau pâle et ses cheveux blonds argentés la faisaient ressembler à une poupée de porcelaine. Avec un seul regard, je pouvais dire à quel point elle était affaiblie. Son souffle était doux, mais à peine présent, c’était presque comme si elle se battait avec ses dernières forces pour rester en vie et être éveillée en même temps. Pour autant qu’elle le sache, cela aurait pu être la dernière fois qu’elle voyait sa famille.

« Elliessara, mon amour, ne bouge pas trop. Tu es affaiblie…, j’ai peut-être trouvé quelqu’un qui peut t’aider, mais… c’est un humain, » le roi parla doucement, en lui brossant les cheveux.

« Lui fais-tu… confiance… ? » demanda-t-elle d’une voix à peine audible.

Feryumstark ferma les yeux puis me regarda. À ce moment-là, avec ses paroles, il pourrait envoyer son royaume et sa famille vers une fin certaine si, par hasard, je n’étais pas ce que je prétendais être.

De son point de vue, c’était un risque terrible à prendre et, à ce moment-là, je croyais devoir encore lui prouver que j’étais suffisamment digne de confiance. Cependant, je n’étais pas encore conscient du fait que tout au long de notre conversation, il m’avait testé à maintes reprises. Mon désir d’être honnête avec lui et de refuser son autorité comme protection était deux des principales raisons pour laquelle il pouvait répondre à sa femme.

« Oui, » déclara-t-il.

Quand j’avais entendu ce mot, j’avais poussé un soupir de soulagement. J’étais content que ce soit le cas. Cela signifiait que je pouvais facilement procéder à mon prochain mouvement.

« Votre Majesté, je m’appelle Alkelios Yatagai, je suis un ami de Brekkar et de Seryanna Draketerus, » je m’étais présenté.

« Un humain… ami de ces deux-là ? » Elle cligna des yeux de surprise puis elle leva les yeux vers Feryumstark.

Il acquiesça.

« Afin de découvrir ce qui vous fait mal, je dois devenir votre ami. Je voudrais être votre ami, votre majesté. Accepterez-vous ? » Je lui avais demandé avec un doux sourire.

« Quoi ? Q-quelque chose est apparu… une question ? » Elle regarda d’un air confus devant elle.

« C’est ma compétence. Ce message apparaît pour ceux avec qui j’ai le désir sincère de devenir ami et qui, en retour, souhaitent la même chose, » lui avais-je dit.

Elle m’avait fait un sourire.

[Vous avez une nouvelle amie : Elliessara Seyendraugher]

« De voir… qu’il y a des humains comme vous... qui souhaitent devenir ami avec des dragons… cela me rend heureuse… cela… me donne de l’espoir, » déclara-t-elle avec son dernier moment de conscience avant de se rendormir.

« Elliessara ? » Le roi vérifia si elle était toujours réveillée.

« Elle dort ? » demandai-je.

« Oui. » Il acquiesça puis la laissa se reposer.

« Dompteur de Dragon a été activé avec succès. Je vais maintenant regarder son statut. » Je lui avais dit ça.

Nom : Elliessara Seyendraugher

Espèce : Dragonne supérieure de la Lumière

Conditions d’éveils : 6 sur 6 validées

Niveau : 1206

Force : 12 (6545) + 373,2

Vitesse : 2 (7844) + 373,2

Dextérité : 1 (9328) +359

Magie : 1120 (12 545) + 271,2

Chance : 55

Excellence magique : 43 % + 4,48 %

Bonus actuel :

Dompteur de Dragon <multiplie par 5 l’absorption de force et énergie magique ainsi que la vitesse d’apprentissage. 10 % des statistiques du héros en plus à moins de 100 m de celui-ci>

Sagesse des anciens : Buff obtenu lors de l’éveil supérieur. Offre à l’individu une nouvelle vision du monde. Augmente l’intuition de la personne. Confère à la personne.

Malus actuel :

Empoisonnement au Ryumarry : Provoque une intense fatigue, une faiblesse dans les membres, un affaiblissement du système immunitaire. Guérison : Potion de Bartak, Thé d’Adeline, Potion de soin, Graine de Grayum

Poison de la mort de Dieu : Poison à action lente qui paralyse les canaux magiques de la victime, les amenant lentement à la mort par paralysie. Cela fonctionne particulièrement bien pour ceux ayant atteint l’éveil supérieur. À sa mort, le corps est imprégné de magie absorbée par le poison au fil des ans et en fait une sangsue ayant pour seul but d’éradiquer toute vie à moins de 600 km de son lieu de ponte. C’est l’unique poison connu qui affecte même les immortels dotés de puissantes capacités de régénération. On dit que c’est le poison utilisé pour tuer le dieu qui deviendra par la suite le premier dieu noir. Temps restant jusqu’à la transformation en sangsue : 4 ans 2 mois 9 jours 4 heures 20 minutes. Type de sangsue basé sur l’énergie magique absorbée : Sangsue suprême. Barman : nécessite un grand alchimiste divin pour le préparer. Cure : Potion aux larmes de Lumenos, Lumenya et Nocturnia. Niveau insuffisant pour afficher les ingrédients nécessaires.

J’avais ensuite expliqué ce que j’avais découvert en ce qui concerne les malus. Pour être honnête, j’avais également été surpris, mais ce qui avait attiré mon attention, c’étaient les 6 conditions qu’elle devait remplir pour pouvoir s’éveiller. Si les siennes étaient aussi ridicules que celles de Seryanna, alors Elliessara avait eu une période d’éveil difficile. Selon Kataryna, chaque dragon d’un élément supérieur était dans la même situation. Comme le sien était la lumière, cela expliquait la couleur blanche de ses écailles.

Feryumstark avait pâli en entendant la nouvelle. Il avait perdu la force dans ses jambes et était tombé sur ses genoux. L’expression de son visage me disait qu’il avait perdu tout espoir. Cependant, ce qui était probablement le plus choquant pour lui était la transformation en sangsue. Si cela devait arriver, non seulement il perdrait l’amour de sa vie, mais il devrait la tuer. C’était un destin qu’aucun homme ne devrait vivre.

« C’est bien cependant, » je lui avais dit ça avec un sourire.

« Bien ? COMMENT CELA PEUT-IL ÊTRE BIEN ?! » cria-t-il en me prenant par le col et me soulevant avec facilité.

Le dragon était si rapide que je ne pouvais même pas le voir arriver et son intention meurtrière me faisait trembler de peur. Voici à quoi ressemblait un roi-dragon enragé. Si les autres membres royaux de ce continent lui ressemblaient un peu, l’espère humaine n’aurait aucune chance de gagner la guerre contre eux. Ce roi seul suffirait pour essuyer le sol avec leurs armées.

***

Partie 4

« Argh ! Parce qu’il y a un remède ! » avais-je crié, dans l’espoir de l’atteindre.

À ce moment-là, son emprise s’était affaiblie et j’étais tombé par terre.

« Il y a un remède… vous vous souvenez ? Potions aux larmes de Lumenos, Lumenya et Nocturnia., » lui déclarai-je.

« Oui… mais vous avez dit que vous ne saviez pas comment faire… la compétence n’était pas assez bonne, et il n’y a pas d’alchimiste de ce niveau en vie dans Albeyater… en fait, je n’ai aucune idée de la façon dont les humains ont réussi à mettre la main sur ce poison de la mort de dieu..., » déclara-t-il puis il recula, regardant la pièce d’un air étourdi.

« Votre Majesté, détendez-vous s’il vous plaît… il nous reste encore 4 ans avant que nous n’ayons plus de solutions… cela devrait être plus que suffisant pour que je puisse aller chercher les ingrédients. Une fois que j’aurai atteint le niveau 5 de Barman, j’aurai une chance de réussir. Je ne garantis rien parce que je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais savoir que nous avons une chance est mieux que de sombrer dans le désespoir. » Je lui déclarai ça en me frottant le cou et en me redressant.

« Oui… c’est vrai… et si vous atteignez ce niveau, il ne vous restera plus qu’à obtenir les ingrédients. C’est vrai… oui… je devrais y aller tout de suite et ordonner aux troupes de les récupérer. NON ! Toute l’armée pour vous aider ! » déclara-t-il. Et il se releva aussitôt.

Avant qu’il n’atteigne la porte, je l’avais attrapé par la queue et l’avais tiré, le stoppant net.

« Attendez une seconde ! Si vous faites cela, alors tout ce que nous avons prévu et pour lequel nous avons travaillés jusqu’à présent tombera dans l’eau ! Les dragons qui ont empoisonné la reine seront laissés libres, et ils pourraient envoyer des assassins dans le but de m’arrêter ! Cela deviendrait un problème inutile pour nous tous ! » Je lui avais rappelé ce fait.

Il m’avait écouté et avait ensuite réfléchi longuement à ce sujet.

« Vous avez raison..., » il acquiesça et recula.

J’avais lâché sa queue.

« Ouf ! » J’exhalai, soulagé.

« Néanmoins, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter du fait que cela pourrait ne pas fonctionner..., » déclara-t-il en fronçant les sourcils et en regardant le sol.

« Puis, dans les neuf prochains mois, établissez un plan au cas où je ne reviendrais pas, même si j’en doute fortement, car je veux embrasser Seryanna à nouveau. » Je hochai la tête.

« Vous avez raison… Je connais le nom du poison. Le nom du remède. Tout ce dont j’ai besoin maintenant, c’est un grand alchimiste divin. Un dragon avec une telle maîtrise n’hésitera pas à relever le défi de préparer ce fameux remède, » avait-il déclaré.

« Et vous savez également quelles potions acheter pour aider votre femme à se remettre du poison de Ryumarry : Potion de Bartak, Thé d’Adeline, Potion de soin et des Graines de Garyum. En plus de cela, je recommanderai de lui préparer beaucoup de jus de fruits frais, de soupes chaudes et d’autres choses saines et nutritives comme celles-ci. Bien sûr, étant donné les circonstances, vous devez agir avec prudence. hm, je sais. Appelez Kléo, la petite-fille de Brekkar. C’est une nécromancienne à écailles noires, mais est une personne très capable et qualifiée pour obtenir ce genre de choses. En outre, elle peut agir en tant que garde du corps pour vous. Pour ce qui est de la nourriture, vous pouvez toujours apprendre vous-même à cuisiner si vous craignez qu’elle ne se fasse encore empoisonner, » déclarai-je.

« C’est vrai… mais une nécromancienne… Hm, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée. Personne ne s’attendrait à ce que je fasse autant confiance à quelqu’un comme elle. » Il acquiesça de la tête.

« Faites juste attention à ses farces... » Je lui fis un sourire ironique.

« C’est ce que je fais toujours… je ne veux plus avoir ma paume collée à mon visage... » Soupira-t-il.

« WOW ! Elle est douée..., » avais-je souligné.

« Ahem! Eh bien, je suppose que cela règle nos affaires. Qu’allez-vous faire à partir de maintenant ? » me demanda-t-il.

« Je vais voler directement vers la forêt Seculiar. » Je lui avais fait un sourire narquois.

« Que les dieux soient avec vous et vous protègent, Alkelios Yatagai ! » déclara-t-il avant de s’incliner devant moi.

« Vous aussi, Votre Majesté ! » Je lui avais fait un sourire.

« Une question avant de partir… Pourquoi ne m’avez-vous pas demandé d’être votre ami ? » Il plissa les yeux vers moi.

« Parce que j’avais l’impression que vous déclineriez ? Eh bien… ça ne m’a pas vraiment traversé l’esprit. » Je haussai les épaules.

Il avait sourit.

« C’est vrai. Un roi doit rester impartial, après tout. »

« Et aussi, vous ne voulez pas que je voie vos statistiques, n’est-ce pas ? » Je plissai les yeux.

« Hahahaha ! Je ne sais pas de quoi vous parlez ! » Il détourna le regard.

C’était un vieux dragon sournois.

Ensuite, j’étais parti comme j’étais venu, le reste était de l’histoire…

[Point de vue de Feryumstark après le départ d’Alkelios]

J’étais resté seul avec ma femme. Mes pensées étaient embuées, mais grâce à cet homme, je pouvais en savoir plus sur les conditions de ma bien-aimée. Non seulement cela, mais j’avais aussi trouvé une lueur d’espoir alors qu’il n’y en aurait pas eu sans lui. Au lieu d’attendre qu’elle meure à mes côtés, je pourrais maintenant faire quelque chose pour essayer de la sauver.

À ce moment, mes deux plus jeunes enfants, Shezelle Eska et Ashernitz Kos, étaient entrés dans ma chambre. Ils souriaient et se dirigèrent vers le lit d’Elliessara. Ils étaient nés en tant que jumeaux.

Quand elle avait appris qu’elle était enceinte de leurs œufs, j’avais supplié ma femme de les abandonner, mais elle avait obstinément refusé de le faire, même si cela signifiait de perdre sa propre vie. Cela lui avait pris un certain temps, mais à la fin, elle m’avait convaincu d’accepter sa décision et j’avais prié chaque jour cette année-là auprès des dieux pour l’aider dans cette période difficile.

Leur naissance était un miracle et, heureusement pour eux, ils n’avaient aucune trace de ce poison ignoble dans leurs systèmes. J’avais été soulagé quand j’avais entendu cela.

Si je les avais perdus tous les trois, je serais certainement tombé dans le désespoir.

Peut-être que la chance était de mon côté ?

Ashernitz me regarda avec un sourire et me dit : « Nous t’avions dit qu’il viendrait. »

« Bien sûr, nous le lui avons dit ! » déclara Shezelle avec un signe de tête.

« Cependant, il ne vous a pas mentionné tous les deux. » Je leur avais dit ça.

« Pas besoin. Il ne se souvient même plus de la date où nous sommes apparus devant lui à moins que quelqu’un ne secoue sa mémoire, » déclara Shezelle.

À ce point, les deux se tenaient la main et leurs yeux brillaient d’une couleur éclatante et dorée. L’air autour d’eux changea et l’expression de leur visage devint plus sérieuse.

« Ce sont les mots de ceux que vous ne voyez pas, mais ressentez et priez pour. Faites confiance à Alkelios. Faites-lui confiance et il ne vous décevra pas. Cependant, chaque fois que le message apparaît devant vous, vous demandant d’être son ami, refusez. Soyez son ami, sans l’être en même temps. C’est la meilleure façon pour vous de l’aider. »

La voix semblait résonner dans ma tête et me donnait l’impression que j’écoutais un être beaucoup plus puissant que moi.

« C’est la première fois que vous me laissez entendre un message aussi long… Pourquoi interférez-vous dans le monde des mortels ? » Demandai-je, à la personne ou la chose qui parlait via mes enfants.

« Vous avez prié et j’ai répondu, » répondit-il.

« Ces mots que vous dites… sont-ils des prophéties ? » Demandai-je en plissant les yeux pour regarder les jumeaux.

« Non. » Ils secouèrent la tête en même temps. « Ce ne sont que des suggestions, alors souvenez-vous-en bien. En fin de compte, votre choix vous conduira sur votre propre chemin. »

Les enfants avaient alors fermé les yeux et étaient redevenus normaux.

Cet acte de canalisation les avait vidés de leurs énergies, alors ils s’étaient mis à bâiller et s’étaient dirigés vers le lit pour dormir à côté de leur mère. Je les laissai faire en les regardant.

Les deux étaient un vrai mystère, quant à la raison pourquoi et comment ils avaient acquis cette capacité ? Cependant, je pouvais dire que celui qui parle via eux n’avait jamais essayé de prendre le contrôle d’eux. S’ils avaient le sentiment que cet être avait quelque chose à dire, les jumeaux se serraient la main et le laissaient parler. Sans la volonté et le contact direct entre eux, ils ne pourraient pas analyser ses mots. Des phrases simples de temps en temps, mais jusqu’à présent, ils n’avaient révélé ce don qu’à moi. Pour ce qui est de combien de temps ils allaient l’avoir, je n’en avais aucune idée, pourtant quelque chose me disait que ce ne serait pas toujours le cas.

Je me demande si ce que les prêtres m’avaient dit à propos de la possibilité pour eux de devenir un jour les apôtres de dieu est vrai ? Si c’est ce qu’ils désirent faire, je les soutiendrai, mais je ne le forcerai pas à le devenir simplement parce qu’ils peuvent faire de la canalisation. J’avais souri et doucement caressé leurs têtes.

« Dormez bien, mes enfants, » murmurai-je.

***

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