100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 2 – Chapitre 34

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Chapitre 34 : La première quête

Aujourd’hui, nous avions décidé d’accepter une demande de la Guilde des Aventuriers. C’était un simple rassemblement de fleurs dans les bois voisins. Si, par hasard, nous rencontrions des monstres le long du chemin, nous étions libres de les vaincre et de récupérer les parties pouvant être vendues ou que nous pensions utilisables. La destruction des restes était généralement faite par le mage du groupe ou en empilant les corps et en soumettant un rapport à la guilde quant à leur emplacement. Ensuite, une nouvelle quête apparaîtrait pour tous les aventuriers ayant les compétences requises. Être sur le continent-dragon ne signifiait pas que tout le monde pouvait cracher du feu. Tout dépendait de leur élément respectif, bien que quand il s’agit de sorts, tout le monde puisse au minimum lancer les sorts de niveau Débutant.

« On est bientôt arrivé ? » demandai-je en suivant Seryanna.

« Nous n’en sommes pas loin maintenant. Je crois que la clairière mentionnée dans la demande devrait être quelque part devant, » répondit-elle en vérifiant une petite carte de la région dessinée à la main.

Parmi les nombreuses choses que les personnes donnant la quête avaient à faire, une carte était nécessaire. Cela pouvait être une carte que les aventuriers pouvaient copier facilement ou alors il devait pouvoir utiliser leurs cartes existantes. Dans le cas où l’emplacement exact n’était pas connu, ils devaient placer une zone dans laquelle ils pourraient trouver leur cible.

Tout comme Seryanna l’avait mentionné, nous cherchions une petite clairière située à l’ouest de Marook. Les plantes qu’on nous avait dit de rassembler s’appelaient des tournesols Lili et étaient utilisées comme épices alimentaires. Pour être précis, les pétales étaient séchés puis broyés en fine poudre. Ça offrait une saveur épicée semblable au piment, mais pas aussi violente que le piment. C’était quelque chose entre le piment et le poivre.

Au moins, c’était ce que ma compétence d’identification me disait, mais selon Seryanna, nous avions mangé de la nourriture utilisant cette épice chez son grand-père. Au début, je pensais que c’était du poivre ou du piment, je ne pouvais pas faire la différence.

« Pourtant, si cette fleur est si importante, pourquoi ne pas la faire pousser plus près de la ville ? » demandai-je en sautant par dessus un grand tronc d’arbre.

Je me débrouillais mieux en contrôlant mon corps que lorsque j’avais reçu le premier bonus de ma compétence, mais les arbres du continent-dragon étaient certainement géants, même s’ils ne constituaient qu’une petite parcelle au milieu des plaines.

Dans ce monde, je devais encore voir un érable de Norvège ou Artar comme on l’appelait en Roumanie. C’était l’une des espèces les plus répandus autour de la Terre. Le Canada avait effectivement cette forme sur son drapeau. Bon vieux sirop d’érable, je te connaissais bien… il semblerait que j’avais très peu de chances de tomber sur ça dans ce monde.

« C’est une épice de nobles. Seuls certains commerçants issus de lignées communes sont autorisés à les cultiver, » avait expliqué Seryanna.

« Pardon ? » clignai-je des yeux en raison de la surprise.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » Elle s’arrêta et fronça les sourcils en me regardant.

« Qu’est-ce que tu veux dire par épice des nobles ? » demandai-je en plissant les sourcils.

« Hm… Tu sais, c’est comme dans ton pays où certaines personnes ne sont pas autorisées à cultiver ou à faire reproduire certains animaux et plantes ? C’est semblable à ça. Il y a des plantes et des animaux que seuls les nobles ont le droit d’élever, » expliqua-t-elle, mais il restait un petit problème…

« Heu, dans mon pays, il n’y a pas de telles choses. Tant que l’on a les fonds, la terre et les connaissances nécessaires pour cultiver ou élever du bétail ou des plantes, on est libre de le faire. Les seules lois sont contre certaines plantes pouvant être utilisées comme drogues ou poisons et que leurs propriétaires ont l’intention de les cultiver dans ce but, » avais-je expliqué.

« Il n’y a pas d’interdictions sur les épices ? » demanda-t-elle, surprise. « Alors, comment savez-vous ce qui est pour les nobles et les roturiers ? » elle demanda à nouveau une chose étrange.

« Parce que pour commencer, nous ne nous soucions pas vraiment des lignées nobles ou roturières ? » lui dis-je.

« Il doit y avoir une anarchie là-bas, » avait commenté Kataryna.

« Seulement quand il y a un match de football important. Mais en laissant de côté les blagues, nous avons simplement un système gouvernemental différent. En tant que tel, il n’y a pas beaucoup d’interdictions sur les marchandises et les produits tant qu’ils ne sont pas nocifs pour la population. Franchement, je trouve bizarre que vous le fassiez… un royaume sans ces ridicules interdictions ne pourrait-il pas prospérer grâce au commerce ? » lui demandai-je.

« Hm, maintenant que tu le dis... » Kataryna était celle disant cela.

« Même si c’est vrai, il n’y a rien que nous puissions faire à ce sujet. Seuls le roi et les nobles peuvent demander un tel changement. » Kléo haussa les épaules.

« En effet, ne gaspillons plus notre précieux temps en politique et trouvons rapidement ces fleurs, » déclara Seryanna.

Pour cela, nous nous étions mis d’accord et avions continué à traverser la petite parcelle de bois.

Lorsque nous étions arrivés à la clairière, ce n’était pas les fleurs que nous avions rencontrées, mais deux méchants dragons. Ils portaient des vêtements de bandits, avaient des visages de bandits, sentaient si fort que les fleurs leur tournaient le dos, et ils étaient vraiment là.

« Oi! Êtes-vous le groupe ayant accepté la demande en ce qui concerne les tournesols Lili ? » celui à gauche avec une massue dans ses mains nous avait demandé cela.

Je suis techniquement dans une zone de haut niveau, alors pourquoi devais-je rencontrer une massue ? me demandais-je.

« En effet, nous sommes. Qui êtes-vous ? » demanda Seryanna en posant la main sur la poignée de son épée.

« Je suis Tennant Patraku, un aventurier ayant accepté une quête d’élimination des Dayuks locaux. Nous deux, avons essayé de les attirer loin du champ de fleurs, mais pas moyen de le faire. Ils ont abattu un cerf à cornes de pierre et se régalent en ce moment même, » déclara-t-il avant de pousser un soupir.

« C’est comme mon frère l’a dit… Puisque nous savions que quelqu’un accepterait la quête des fleurs, nous pensions que faire une bataille de groupe ne serait pas une mauvaise idée, » déclara l’autre.

Frères ? Vous deux ? QUOI ?! J’étais un peu surpris de voir que la seule chose en commun entre eux semblait être leur armure et odeur.

« Je comprends, alors qu’est-ce que vous nous demandez de faire ? » demanda Seryanna.

« Eh bien… nous sommes coincés avec ce problème, vous voyez… moi et mon frère ne sommes pas très intelligents, mais nous sommes bons, alors nous avons réfléchi si peut-être vous aviez une idée sur la façon d’attirer les Dayuks hors de là ? » demanda-t-il en se frottant l’arrière de la tête… avec sa massue.

Alors qu’il disait ça, j’avais regardé le terrain et avais utilisé Identificus processus juridicus sur les monstres qui y étaient rassemblés.

Nom : Dayuk noir

Espèce : Élite élémentaire (Feu)

Niveau : 84

Attaques spéciales : Souffle de feu, pic de feu, rugissement paralysant, morsure venimeuse, charge.

Attends un instant ! Qu’est-ce que c’est que ce monstre ridicule ?! Êtes-vous en train de me dire que ces deux-là avaient l’intention de combattre ce truc avec leur armure et masse ?! criai-je intérieurement après avoir lu les informations m’étant présentées.

Sans hésitation, j’avais utilisé ma compétence sur leur massue.

Grande et solide massue : fabriquée à partir d’écorces de Leyas, cette massue robuste a été enchantée pour résister aux attaques élémentaires et augmenter la force de son utilisateur. Statistiques spéciales : Résistance à toutes les attaques élémentaires augmentée de 40 %. Augmente la force de l’utilisateur de 100 points.

Qu’est-ce que c’est ? Un objet rare ? Non, est-ce un légendaire ? Franchement... Quoi ? 40 % de résistance à tous les éléments ? C’est une blague j’espère ? C’est plus puissant que mon épée ! J’avais l’impression que les rouages dans ma tête s’étaient arrêtés.

Laissant de côté l’armure de chevalière de Seryanna, ce truc était assez ridicule pour qu’une personne ne comprenant rien puisse battre de faibles monstressi fort qu’il briserait tout. Je ne pouvais m’empêcher de me demander en premier lieu pourquoi ils avaient pris la peine de venir ici.

J’avais poussé un soupir en me massant les tempes, essayant de me débarrasser de la pointe soudaine de stress résultant des absurdités dont je venais d’être témoin.

« Est-ce que ça va ? » me demanda Kléo.

« Oui… juste un peu mal à la tête, » avais-je répondu.

« Comment devrions-nous nous débarrasser des monstres ? » me demanda Seryanna.

« Pourquoi ne pas simplement les sniper ? » lui demandai-je en réponse.

« Snipe ? » Elle fronça les sourcils et m’avait regardé en étant confuse.

« Erm… les tuer avec un tir à la tête et cela de loin ? » avais-je gentiment expliqué le terme.

« Oh ! Je peux faire ça ! » déclara Kataryna avec un sourire.

« Très bien, alors nous te laisserons faire. Quant à ces gars..., » j’avais regardé les deux autres.

« Nous allons prendre ce dont nous avons besoin pour accomplir notre quête, » avait déclaré Tennant.

« C’est correct de prendre tout le corps. Nous sommes juste ici pour les fleurs, » avais-je dit.

« Merci ! » Les deux avaient fait un rapide salut et avaient fait un grand sourire.

La dragonne aux écailles argentées s’avança et visa la meute de loups cornus mangeant un cadavre au milieu des fleurs. La beauté du paysage était complètement gâchée par les museaux sanglants des monstres canins. Avec des plaques d’armure dépassant de leur fourrure noire et une corne sortant de leur front, ils ne devaient pas être pris à la légère. En tant que telle, Kataryna avait mis un peu de puissance dans son sort.

Ce qu’elle avait utilisé était une version ciblée de Pic de glace, mais je ne l’avais pas encore obtenu, alors je n’avais aucune idée de la quantité de magie requise ou des détails spécifiques. Je ne lui avais jamais posé de questions à ce sujet, mais d’après ce que je pouvais en voir, c’était une attaque effrayante qui n’était pas plus faible qu’une balle contrôlée.

Quand elle avait tiré, les Dayuks s’en étaient rendu compte, mais trop tard. On pouvait entendre les hurlements de douleur dans tous les sens, alors que les monstres mouraient. Les lances étaient empalées à travers leurs peaux épaisses et leurs points vitaux étaient percés, les tuant rapidement et frappant de peur les autres, mais hélas, il était hautement improbable qu’ils y survivent.

« I-Incroyable..., » déclara Tennant alors que lui et son frère regardaient Kataryna avec leurs mâchoires au sol.

« Hmph ! Ce n’est rien ! » déclara-t-elle fièrement.

C’est vrai, cette dragonne astucieuse savait une ou deux choses à propos de puissantes attaques de glace, elle était après tout une dragonne supérieure de l’étincelle de glace.

« Allons-y, non ? » déclarai-je en m’approchant calmement de la zone du massacre.

Pour être honnête, je m’étais retrouvé à avoir une certaine résistance à voir le gore de toute sorte. Avec les récents événements d’attaques de monstres, de donjons rampants, et quoi d’autre, mon instinct de grincer des dents devant un cadavre avait été considérablement réduit. Je n’avais aucune idée si c’était une bonne ou une mauvaise chose, mais pour l’instant cela m’avait aidé à passer à travers sans montrer mon côté pathétique à mes amis.

« Je vais commencer à rassembler les fleurs, » avait annoncé Kléo en sortant un sac.

Avec une main habile, elle avait commencé à rassembler les fleurs. Dix exemplaires valaient 10 pièces de cuivre. Ce n’était pas beaucoup, mais en pensant à la quantité que l’on pouvait voir, nous pourrions facilement en ramener assez pour gagner plusieurs pièces d’or. Pourtant, la règle imposée à la collecte précisait que si nous en ramenions plus que demandé, nous ne serions pas payés plus. Cela avait été fait dans le but d’éviter que les aventuriers ne gardent les bonnes demandes.

Il était facile de deviner pourquoi les deux frères ne prenaient pas la peine de ramasser les fleurs avec nous et se concentraient plutôt sur les Dayuks. Même s’ils les rassemblaient, une fois en ville, ils ne seraient pas payés pour le lot. Quant à nous, nous devions uniquement en prendre 100, juste assez pour nous faire gagner une pièce d’argent.

Compte tenu de notre potentiel de combat et de nos compétences individuelles, c’était une totale perte de temps, mais nous n’étions pas intéressés par l’argent ou le défi. Ce que nous recherchions était l’expérience et la montée de notre rang d’aventurier. Pour le moment, Kataryna et moi étions au rang Débutant. Quant à Kléo… je n’avais pas eu l’occasion de lui demander si elle était enregistrée ou non. En parlant de ça, j’avais l’impression qu’elle était complètement ignorée à la guilde.

« C’est un peu étrange de demander ça maintenant, mais Kléo fait-elle partie de la guilde ? » murmurai-je discrètement à Seryanna.

« Ma sœur ? Non, elle ne l’a pas encore rejoint parce qu’elle croit que les autres dragons la regarderont avec des regards étranges. Je ne peux pas dire que ce n’est pas vrai, » elle m’avait fait un sourire ironique. « Tu as vu comment ils l’ont regardée là-bas, n’est-ce pas ? Ils n’ont même pas demandé si elle était une aventurière ou non, » déclara-t-elle en secouant la tête.

En effet, c’était le cas. À l’époque, la réceptionniste et le Maître de guilde n’avaient rien mentionné à propos de Kléo. En regardant cela d’un autre point de vue, c’était comme voir un groupe d’aventurier avec leur animal de compagnie ou quelque chose comme ça.

« Cette discrimination est fausse..., » je secouai la tête.

« Ça l’est, mais officiellement, si elle se rendait à la guilde et demandait à s’inscrire, elle n’aurait aucune raison de refuser sa candidature, surtout si elle se révélait assez puissante. Malgré tout, Kléo elle-même doit aller de l’avant et le demander. Même si la plupart des dragons ne regardent pas les nécromanciens d’un bon œil, tant qu’elle n’utilise pas de magie pour enfreindre les lois du royaume, ils n’ont aucune raison de la jeter en prison. Même s’ils essayaient de l’accuser de n’importe quoi, aussi longtemps que je serais là ainsi que Kataryna, elle ne devrait pas avoir de problèmes. »

« Je vois… on dirait que chaque espèce et chaque royaume ont leurs problèmes internes, n’est-ce pas ? » déclarai-je en regardant les fleurs dans mes mains.

« En effet, » confirma-t-elle.

Les humains semblaient haïr toutes les autres espèces, mais ils étaient tolérants pour les espèces humanoïdes comme les elfes. Les dragons avaient un problème pour certains éléments. Ils avaient peur de certains et en adoraient d’autres, mais ils ne voyaient aucune raison de haïr d’autres espèces. Ensuite, il y avait les héros comme moi qui venaient d’un autre monde où la discrimination fondée sur le sexe et la race était illégale et même perçue comme un acte commis par une personne faible.

Bien que je n’avais eu que peu ou pas d’informations sur la façon dont c’était réellement sur Terre, la seule chose qui était certaine était ce que je ne pouvais tout simplement pas comprendre pourquoi ils détesteraient les autres pour quelque chose d’aussi petit que ça ? C’était la même chose que de haïr son voisin parce qu’il avait les cheveux 1 cm plus court que les siens.

Je laissai ma tête refroidir sur des choses compliquées et continuai à rassembler les belles fleurs. Une fois que nous en avions ramassé une centaine, nous avions attendu que les deux frères finissent de rassembler les matériaux de Dayuks et ensuite étions retournés à Marook.

« Encore une fois, moi et mon frère vous remercions de nous avoir aidés ! » déclara-t-il en s’inclinant devant nous.

Son frère fit de même, mais était resté silencieux.

« Ne vous inquiétez pas pour ça, » avais-je répondu avec un sourire poli.

Après leur départ, nous avions tous poussé un soupir.

« Je pensais honnêtement qu’ils étaient des bandits, mais ils sont en réalité de bonnes personnes, » avait déclaré Kataryna.

« Vrai… même s’ils ont besoin de travailler plus sur leurs compétences de conversation, » déclarai-je en hochant la tête.

« En effet, ils étaient un peu ennuyants, » avoua Kléo.

« Laissez-les être ainsi, comme l’a dit Kataryna, ce sont de bons camarades, » remarquai-je.

Avec tout le monde d’accord, nous nous étions dirigés vers un étal de viande en brochette et avions pris un petit repas avant de revenir à la guilde.

Ce serait la toute première quête que j’allais valider dans ce monde. Il m’avait fallu un certain temps pour atteindre ce point, et je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si les autres terriens étaient plus haut rang que moi. Mon esprit est immédiatement parti vers ceux qui aimaient plus que tout jouer aux jeux vidéo.

Là encore, c’était la vraie vie, pas un roman, un jeu ou une fiction d’un auteur fou… je pourrais lourdement me tromper sur qui avait vraiment le plus d’avantages de base dans ce monde.

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8 commentaires

  1. Là j'ai l'impression qu'on va en savoir un peu plus sur les autres terriens... Mais ce n'est peut être qu'une impression ^^ Merci pour le chap !

  2. Merci pour le chapitre.
    PS : Hé bien, C'EST une fiction. Même si je ne pense pas que l'auteur soit fou... (Référence au deux dernière lignes.)

  3. Merci pour les chapitres.

    Je me demande si il va se décider un jour à améliorer sa compétence de Domptage et devenir un Demi-dragon ....

  4. Peut-être que s'il devient "demi-homme demi-dragon" il pourrait voir ce qu'il manque à Seryanna pour s'éveiller.

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