Rakudai Kishi no Cavalry – Tome Zero

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Introduction

« Bonjour à tous nos lecteurs ! Voici Kagami Kusakabe, journaliste d’investigation pour le Club de Presse de l’Académie Hagun ! »

« … Et voici son amie Nagi Arisuin. »

« Merci, comme toujours, d’avoir lu le journal mural de l’Académie Hagun ! Le numéro d’aujourd’hui est un numéro spécial. J’ai pensé que nous pourrions vous montrer quelques événements d’intérêt à l’école pour lesquels nous n’avons pas eu le temps de faire des publications régulières, » déclara Kagami.

« Hey, Kagami… Je me demandais un truc. Pourquoi m’as-tu recrutée pour cela alors que je ne suis même pas membre du club de presse ? » demanda Nagi.

« Parce que j’ai toujours besoin d’un autre assistant, » répondit Kagami.

« Dans quel but…, » déclara Nagi.

« Ahh, ça fait mal… quand je me souviens de la manière dont Alice-chan m’a poignardée dans le dos, ça fait tellement mal ~, » déclara Kagami.

« D-D’accord ! Je vais le faire. C’est bon, je vais t’assister ! » déclara Nagi.

« Hohohoho. Être agréable, n’est-ce pas génial ? On ne va pas faire notre numéro de comédie habituel, alors passons directement au premier événement. Commençons par le tout début… alors, cela sera un retour au premier tour des batailles de sélection des représentants pour le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. Le Pire, qui était encore un étudiant sans nom, venait de vaincre Le Chasseur, un candidat de premier plan au statut de représentant, » déclara Kagami.

« C’était il y a longtemps, n’est-ce pas ? » demanda Nagi.

« Quelle nostalgie… ! Senpai a commencé à progresser régulièrement après ce match. C’était une période assez étrange où la force du Pire devenait de plus en plus célèbre dans l’académie. Quoi qu’il en soit, amusez-vous bien ~ ♪, » déclara Kagami.

***

Chapitre 1 : L’expérience de la culture étrangère d’une princesse

Partie 1

À l’origine, la guerre n’était pas raffinée. Tout comme le croisement des poings, c’était loin d’être beau, prenant au contraire la forme d’une violence écrasante. En termes simples, il s’agissait simplement d’attaquer et de vaincre un ennemi sans élégance, une réalité flagrante née de la compétition pour survivre. Mais à travers les millénaires de l’histoire, l’humanité avait raffiné la guerre avec beauté et élégance à travers ce qu’on appelle « la voie du guerrier », cristallisant les principes affinés et la sagesse accumulée dans une philosophie humaine soutenue par la raison et la discipline.

En effet, l’art de l’épée d’Ikki Kurogane, qui brandissait actuellement sa lame dans la cour de l’Académie Hagun, pouvait être qualifié de beau et élégant. En ce moment, il utilisait l’une de ses formes de maîtrise de l’épée pour improviser une démonstration d’arts martiaux pour les adversaires auxquels il faisait face. Sauf qu’il en avait cinq.

« Prends çaaaaaaaa ! »

« Tienssssss ! »

Dans la cour, tous les cinq avaient poussé un cri unifié et avaient attaqué Ikki avec les armes à la main. L’épée, la lance et même la hachette, avec le feu, la foudre et d’autres éléments qui s’y trouvaient infusés, n’étaient pas des armes ordinaires utilisées par des gens ordinaires. Les adversaires étaient des Blazers, des utilisateurs de magie des temps modernes qui avaient transformé leur âme en armement. Leur flamme et leurs éclairs avaient le pouvoir de brûler par le simple contact.

Mais il n’avait même pas été touché. Ikki Kurogane traita tous les assaillants ensemble, armé que de son épée.

Quel genre de sorcellerie est-ce ? se demandait l’un des attaquants. Sa lance qui avait été poussée de toutes ses forces avait maintenant été poignardée dans le sol. Sans avoir l’impression d’être paré, son coup avait été détourné comme s’il visait la terre depuis le début, comme s’il s’agissait d’un mauvais rêve.

Mais ce qui était vrai pour les cinq individus avait été vu différemment par les personnes rassemblées aux alentours pour regarder la démonstration. Au milieu de la pluie incessante d’armes, les mouvements de l’épée dansante d’Ikki avaient fait preuve d’une élégance et d’une beauté incomparables, les manipulant avec calme et facilité. Même ceux qui ne faisaient que passer proche de la cour s’arrêtèrent pour jeter un coup d’œil.

« Hein… comment est-ce possible !? »

« Pas possible, il n’y a aucune chance que ça marche ! Haa… haa… Impossible d’avoir la moindre touche ! »

Peu de temps après, les cinq étudiants qui attaquaient crièrent une dernière fois avant de s’écrouler sur l’herbe de la cour.

« Eh bien, alors finissons-en ici. Merci de m’avoir suivi, » déclara Ikki.

« Argh, non, c’est bon. Mais je n’aurais jamais imaginé que même cinq personnes ensemble ne peuvent pas te toucher, » répondit l’un des combattants au sol.

« Gha… ha… et tu ne transpires pas du tout. Es-tu un monstre… ? » demanda un autre combattant.

En réalité, bien que les cinq aient eu des mouvements inefficaces, Ikki lui-même avait fait face aux attaques presque entièrement avec des manœuvres minimes de ses pas, évitant leurs lames avec dix centimètres d’avance sur elles. Il n’utilisait presque pas de force ou d’endurance et n’avait aucune raison de transpirer.

Avec la démonstration terminée, une dizaine de garçons et de filles s’étaient précipités jusqu’à Ikki. Il s’agissait des camarades de classe d’Ikki.

« Wôw, incroyable ! Tu n’as pas du tout l’air essoufflé ! »

« Qui aurait cru qu’une démonstration d’arts martiaux serait si artistique ! »

« Ça ressemblait vraiment à de la danse alors que ces types sont si épuisés. »

« Oh non, je regardais ça et j’ai oublié de prendre des photos ! Quel regret que j’aurais pour toute une vie pour Kagami Kusakabe, présidente du club de presse de l’Académie Hagun ! Senpai, refais-le ! Encore une fois ! C’est pour une séance photo, s’il te plaît ! » déclara Kagami.

« Même si je t’ai demandée de ne pas… Ah, c’est trop embarrassant de voir mon propre visage sur des articles dans les journaux placardés à travers l’école, » déclara Ikki.

« C’est bon ! Ce ne sera pas pour un article pour l’école ! Je ne le vendrai qu’à l’extérieur ! » déclara Kagami.

« Euh… ce n’est pas ce que je pensais que “bon” veut dire…, » déclara Ikki.

Maintenant, la raison qui avait fait qu’il avait effectué une démonstration d’arts martiaux était que pendant qu’il se détendait dans la cour pendant la pause déjeuner, ses camarades de classe étaient venus le supplier pour apprendre quelques techniques d’épée qu’ils pourraient utiliser. Pour une école de Blazers avec des étudiants qui voulait devenir des chevaliers-magiciens, il s’agissait de quelque chose de très inhabituel. Ses camarades de classe avaient naturellement divers talents et ils n’avaient nullement besoin d’arts martiaux. Selon la pensée courante, ils pourraient plutôt utiliser le temps qu’il leur restait pour élargir la portée de leurs pouvoirs individuels. Les seuls qui agissaient comme l’avait fait Ikki étaient également des étudiants inférieurs avec peu de réalisations… ou alors, il s’agissait des individus véritablement puissants qui comprenaient la vérité. Compte tenu de cela, Ikki était très heureux que ses camarades de classe Blazer aient acquis un intérêt dans les arts martiaux. Alors il avait répondu à leur demande et avait fait la démonstration, mais…

« Comme je l’ai dit à tout le monde, c’était la forme la plus classique et la moins ostentatoire que je connaisse, alors ça devrait servir de modèle, non ? » demanda-t-il.

« Non, pour le dire franchement, tout ce qu’on en a déduit, c’est que c’était plutôt génial. »

Je m’en doutais…, pensa Ikki.

Le combat n’était pas si simple qu’on pouvait l’apprendre en le voyant. Même le Vol de Lame d’Ikki avait nécessité des montagnes d’efforts sanglants. Cette réaction était tout à fait prévisible.

« Ce n’est pas comme si je pouvais le voir et m’en souvenir tout comme tu peux le faire, Kurogane-kun, hein ? »

« Mais dans le cas d’Ikki-kun, il pourrait voler les secrets d’un style qu’il n’a jamais vu auparavant en l’observant au cours d’un combat. Ce n’est pas une capacité humaine, n’est-ce pas ? »

« Ce qui veut dire, Senpai, que tu te souviens de toutes les techniques d’épée que tu as vues ? » demanda Kagami.

« Bien sûr. C’est après tout ma planche de salut, » répondit Ikki.

« Euh. Combien de sortes différentes cela fait-il en tout ? » demanda Kagami.

« En incluant les Arts Impériaux de Stella récemment, je pense que cela ferait cent vingt-six, » répondit Ikki.

« C-Cent !? » s’exclama Kagami.

« Je suis surpris que tu en aies appris autant, mais c’est tout aussi étonnant que tant de styles d’épées survivent encore. »

« Il y a des écoles sans dojo, et aussi celles qui n’existent que dans les documents, » répondit Ikki. « Quand j’étais au collège, je voulais devenir fort d’une façon ou d’une autre, et chaque fois que j’avais le temps, je cherchais tous les dojos de la région pour les défier, ou je bouquinais dans les bibliothèques. J’allais aussi fouiller dans les musées pour apprendre à manier des styles d’épées que je n’avais toujours pas appris. Je faisais des choses comme ça dans mes loisirs. »

En entendant ces mots, les camarades de classe autour d’Ikki avaient inspiré collectivement.

« … Si c’est comme ça que tu es devenu si doué, je peux le croire. »

« Une ancienne technique spéciale classique aurait été de la triche. »

« Je suppose que les arts martiaux sont aussi une voie vers un autre genre de talent. »

« En fin de compte, il semble impossible pour des individus comme nous de devenir comme Kurogane-kun, hein ? »

Les camarades de classe étaient découragés par la difficulté que représentait le fait de devenir un autre Ikki. Sa maîtrise de l’épée transcendait déjà le bon sens, si bien que l’admiration à son égard était compréhensible, et ils avaient décidé de renoncer à nouveau à acquérir un nouveau type de talent. Avec ce qu’ils avaient déjà, ils n’avaient pas besoin du même niveau de détermination.

« Vous n’avez pas besoin de vous concentrer autant sur l’art de l’épée, » déclara Ikki. « Vous avez tous des capacités, contrairement à moi, donc vous n’avez pas besoin d’aller aussi loin que moi. En utilisant vos propres Dispositifs extraordinaires, vous pouvez combattre avec une plus grande portée, et je ne pense pas qu’il y ait d’inconvénient à essayer d’en apprendre un peu. Alors si vous en avez envie, je peux vous donner quelques conseils. »

« … Ouais, si on peut ajouter ça à nos capacités, on pourrait faire beaucoup plus. »

« Oui, oui ! Je travaillerai avec ardeur si Kurogane-kun me l’enseigne ! »

« Dans ce cas, vous devez entraîner votre noyau et vos muscles internes, car une stabilité solide est importante peu importe ce que vous faites, » déclara Ikki. « Parlons du genre de formation nécessaire pour cela. Premièrement — . »

Ceux qui avaient demandé la formation avaient été de jeunes garçons et de filles mignonnes plus jeunes, gonflés à bloc à ce sujet, et le cours d’Ikki avait alors duré une demi-heure.

« Ouf… faire des choses auxquelles tu n’es pas habitué est fatigant, hein… ? » déclara Ikki.

Ikki était assis sur un banc dans la cour et il laissa échapper une expiration au moment où une étudiante s’approcha de lui.

« Tu es si diligent, Ikki. Pas seulement ton propre entraînement, mais aussi celui de tes camarades de classe, » déclara la fille.

« Stella…, » déclara Ikki quand il vit la fille.

Stella Vermillion, une jeune fille aux cheveux cramoisis et aux yeux rayonnants, se tenait debout en tenant ses mains derrière elle comme si elle cachait quelque chose. Elle était la colocataire d’Ikki qui était venue d’un pays lointain pour étudier à l’étranger, et depuis quelques jours seulement, sa petite amie. Stella regarda ses camarades de classe dans la cour qui mettaient immédiatement en pratique ce qu’Ikki leur avait appris.

« Tout ce que je vois, c’est qu’ils se tiennent sur une jambe en se tortillant. Y a-t-il un sens à cela ? C’est drôle qu’ils ressemblent à des épouvantails mal faits, mais… oups, quelqu’un est tombé. Comme c’est maladroit ! Ça ne fait même pas encore 30 secondes, » déclara Stella.

« Hahaha. Ils n’y peuvent rien quand ils commencent à peine. C’est plus un exercice qu’une forme d’entraînement, » déclara Ikki.

« Hein ? Donc tu ne vas pas les entraîner ? » demanda Stella.

« Ne dis pas ça ainsi, » répondit Ikki. « À ce stade, je ne peux pas les laisser en faire trop. J’ai juste pensé à leur faire d’abord apprendre l’importance des muscles centraux et internes. Il est toujours plus courant dans une lutte de pousser avec un pied que de se tenir debout de façon égale sur les deux pieds. Tu passes constamment d’un pied à l’autre lorsque tu bouges, déplaçant le centre de gravité, donc ne pas être capable de rester en équilibre sur un pied est une mauvaise chose pour les combattants. Tu le sais déjà sans que je le dise, pas vraie Stella ? »

« Eh bien, c’est vrai, » répondit Stella.

Dans la boxe chinoise, on l’accusait d’être la « maladie des jumeaux ». La maladie était une exagération, mais en vérité, se tenir debout avec le centre de gravité réparti uniformément sur les deux pieds était assez dangereux pour qu’on puisse appeler cela une maladie, car si quelque chose arrivait soudainement, il ne serait pas possible de basculer en mouvement. C’était une position pleine de faiblesses, et la faiblesse menait directement à la mort. C’est pourquoi les artistes martiaux le déconseillaient, une compréhension commune à toutes sortes de styles martiaux et d’art de l’épée. Parmi les arts martiaux, aucune posture n’impliquait de répartir son poids de façon égale entre les deux pieds, et c’est pourquoi Ikki avait demandé à tout le monde de l’apprendre en premier.

***

Partie 2

« Tu veux vraiment que tout le monde devienne plus fort, » déclara Stella.

« Cela dépend de leur volonté, mais je les aiderai dans tout ce qu’ils veulent accomplir, » répondit Ikki.

« Hein. Mais est-ce que c’est correct ? S’il y avait quelqu’un de plus habile avec l’épée, tu en ferais un rival incroyable, non ? Pas tous, mais certains d’entre eux pourraient apparaître dans les batailles de sélection représentatives du Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée, » déclara Stella.

Le Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée. C’est là que tous les chevaliers étudiants du Japon se battaient pour le titre unique de Roi de l’Épée des Sept Étoiles. Ikki et Stella visaient ce sommet. Et comme le sommet ne pouvait accueillir qu’une seule personne, tous les autres étaient des rivaux. Stella l’avait souligné et Ikki avait souri comme s’il s’amusait.

« En vérité, j’en serais ravi. Cela me permettrait à la fois d’enseigner et de me battre… En plus, un jour, nous serons obligés de nous battre avec nos vies en jeu, » répondit Ikki.

Un jour ou l’autre, cela arriverait. En tant qu’étudiants chevaliers, ils avaient des responsabilités. Par exemple, dans le cas où un Blazer effectuait un acte terroriste à l’intérieur de la ville, les chevaliers étudiants seraient chargés de protéger les citoyens en danger, et en fait Ikki et Stella avaient déjà été dans une telle situation, luttant contre un terroriste de la Rébellion au moment des faits. Ikki et les autres l’avaient emporté grâce à leur force, mais il y avait des occasions où les chevaliers étudiants donnaient leur vie en service. De telles tragédies existaient.

« Ne voudrais-tu pas éviter ça ? Si quelqu’un était dans une situation difficile et que mes conseils peuvent aider dans ce cas, rien ne me rendrait plus heureux, » déclara Ikki.

Les paroles de la réponse à la question de Stella n’étaient pas du tout du bluff. C’était manifestement les vrais sentiments d’Ikki. En les entendant, les lèvres rose pâle de Stella s’étaient déplacées en un petit sourire.

« Ça te ressemble bien, » déclara Stella.

« Me ressemble ? » demanda Ikki.

« Cette bonté d’âme, » répondit Stella.

Parce qu’il n’avait pas de talent inné, ses parents et les adultes qui l’entouraient le méprisaient, le traitaient durement et lui avaient même fait perdre une année scolaire pour des raisons absurdes, mais le cœur d’Ikki n’avait pas faibli. Cela rendait Stella heureuse et fière. C’est ce qui avait fait de lui le chevalier qu’elle aimait. Et c’est pourquoi Stella voulait devenir plus intime avec Ikki, alors elle s’était rapprochée.

« … Eh bien, Ikki, tu parles beaucoup et tu bouges beaucoup en ce moment, non ? » demanda Stella.

« Oui, c’est vrai. J’ai soif avec tout ça, » répondit Ikki.

Quand Ikki répondit, le visage de Stella s’illumina.

« Al-Alors —, » commença Stella.

Mais au moment où Stella avait sorti ce qu’elle cachait dans son dos…

« Onii-sama ~♪ »

… une voix douce et enjouée l’interrompit, et une autre fille se glissa dans l’espace entre elle et Ikki.

« Whoa! »

Ikki laissa échapper une voix inattendue devant l’étreinte soudaine sur le côté et se tourna vers la nouvelle fille aux cheveux argentés et à la peau claire, une fille dont tout le corps était aussi pâle qu’éphémère. Elle était — .

« Shizuku ? Tu m’as surpris…, » déclara Ikki.

La seule petite sœur d’Ikki Kurogane, Shizuku Kurogane. Attrapant la main droite d’Ikki dans ses bras, Shizuku avait rapproché son visage comme un chaton gâté.

« Hehe, qu’est-ce qui est surprenant ? Qui d’autre partagerait de tels contacts intimes avec toi, Onii-sama ~ ? » demanda Shizuku.

« Eh bien, ces derniers temps, les filles ont été assez audacieuses, alors…, » commença-t-il à répondre.

Par exemple, même sa camarade de classe Kagami Kusakabe l’avait étreint lors de leur première rencontre. Il se souvenait encore très bien de cette sensation.

« … Hein. De telles personnes existent, n’est-ce pas ? Peux-tu me donner leurs noms ? » demanda Shizuku.

Shizuku sortit un carnet noir de quelque part et l’ouvrit. Avec un sourire qui semblait trop raide pour venir du cœur, elle le regardait avec des yeux qui dévoraient la lumière. C’était très effrayant. Ikki savait instinctivement qu’il ne devait pas donner le nom de Kagami, alors il changea carrément de sujet.

« A-Au fait, Shizuku, ne veux-tu pas t’éloigner un peu ? Je sens la sueur en ce moment, » déclara Ikki.

« Oh, c’est pour ça que je reste si près. Ne comprends-tu pas, Onii-sama ? » demanda Shizuku.

« Je ne peux pas, » déclara Ikki.

Ikki ne pouvait que se sentir troublé par Shizuku, qui pressait son corps encore plus fort sur lui, les yeux se rétrécissant dans un sourire coquet. C’était sa petite sœur qu’il retrouvait après quatre ans d’absence, mais Ikki ne pouvait plus comprendre ce qu’elle pensait.

« Eh bien, ça suffit avec le contact peau à peau. Tiens, Onii-sama, » déclara Shizuku.

En disant cela, Shizuku avait présenté une canette de boisson pour sportifs à Ikki.

« Comme tu as appris les bases de l’épée à tes camarades de classe, je t’ai apporté quelque chose pour te redonner de l’énergie, » déclara Shizuku.

« Ah, ça m’aide beaucoup. Juste au moment où je me sentais assoiffé, » déclara Ikki.

« Oui, je m’en doutais. Onii-sama, tu dois être heureux d’avoir une si attentive et merveilleuse petite sœur, » déclara Shizuku.

« Haha, je t’en suis reconnaissant, » déclara Ikki.

Exprimant ses remerciements à Shizuku pour sa bonne volonté, Ikki avait tiré la languette de la canette et avait étanché sa soif.

« Est-ce rafraîchissant ? » demanda Shizuku.

« Oui, ça me fait beaucoup de bien, » déclara Ikki.

« Est-ce que ça a mon goût ? » demanda Shizuku.

La boisson avait jailli de son nez.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Ikki.

« Hehe, ce n’était qu’une blague. Je n’ai rien fait comme embrasser l’ouverture de la canette. Non, pas du tout, » déclara Shizuku.

« Quel déni terriblement précis…, » déclara Ikki.

« Tu es facile à taquiner, Onii-sama, alors comment quelqu’un d’autre pourrait-il ne pas s’empêcher de te taquiner ? » demanda Shizuku.

« Ne me regarde pas comme si tu attendais un accord, » déclara Ikki.

« Eh bien, mis à part, il y a quelque chose qui m’inquiète…, » déclara Shizuku.

Après avoir dit ça, Shizuku avait tourné la tête, et son visage de bonne volonté envers Ikki s’était transformé en un visage tout en mépris.

« Je me demande pourquoi Stella-san est debout comme une statue avec deux canettes de jus de fruits, » demanda Shizuku.

Elle adressa sa déclaration à Stella, qui se tenait maintenant immobile avec une canette dans chaque main après que la conversation lui eut été arrachée. Face à la question de Shizuku, Stella devint rouge et son regard vacilla en raison de l’inconfort.

« Euh, c-c’est…, » balbutia Stella.

« Oh mon Dieu. Voulais-tu offrir un rafraîchissement à Onii-sama ? » demanda Shizuku.

« Hein ? Vraiment, Stella ? » demanda Ikki.

« N-Non, pas possible ! Pourquoi ferais-je une chose pareille pour quelqu’un comme Ikki !? » demanda Stella.

C’était une chose très ordinaire pour les amoureux, mais Stella ne pouvait pas le dire, parce qu’elle était la deuxième princesse impériale de l’Empire Vermillon, et trouver un amoureux pendant ses études à l’étranger allait provoquer un scandale. Une telle rumeur ne devait pas se répandre dans les médias, c’est pourquoi Ikki et Stella avaient convenu que leur nouvelle relation devait rester secrète. Elle ne pouvait pas le dire. Même si elle voulait le dire, ça ne sortirait pas de sa bouche.

« Alors pourquoi as-tu deux canettes de jus de fruits ? » demanda Shizuku.

« C’est… C’est… c’est vrai ! C’est pour que je puisse boire les deux ! » déclara Stella.

« Je vois. J’ai vraiment eu un malentendu. Puisque tu as perdu contre Onii-sama dans un match, c’est vraiment horrible que vous soyez ensemble, non ? Puisque vous n’êtes pas un couple, il n’y a aucune chance que tu fasses de telles choses, Hmm ? » déclara Shizuku.

« Bien sûr que non ! Ahh, j’ai tellement soif. J’ai tellement soif que je pourrais mourir ! Même deux canettes ne suffisent pas ! » déclara Stella.

Dans cette situation désespérée, Stella avait ouvert les languettes sur les deux canettes. Même si elle avait acheté un extra pour Ikki, il était trop tard pour le dire. Les larmes aux yeux, Stella avait bu le jus d’un seul coup.

« … Pas de cran, » tout en regardant Stella engloutir les boissons, Shizuku murmura cette courte déclaration, les yeux à moitié ouverts.

« Shizuku ? » demanda Ikki.

« Ce n’est rien… au fait, Onii-sama, si ça ne te dérange pas, tu pourrais m’apprendre l’art de l’épée ? » demanda Shizuku.

Ikki cligna des yeux en signe de confusion face à la demande de Shizuku, qui semblait vouloir changer de sujet.

« Hein ? Mais la branche principale n’a-t-elle pas des instructeurs d’épée ? » demanda Ikki. « Ma spécialité est le katana, donc je pense qu’apprendre les techniques de kodachi avec eux serait mieux. »

La maison Kurogane à laquelle ils appartenaient était célèbre pour ses chevaliers-magiciens, une lignée qui avait produit de nombreux combattants forts et de renommée mondiale. Contrairement à ceux qui dépendaient entièrement des capacités surnaturelles, comme c’était courant dans le monde entier, les Kurogane comprenaient l’importance des arts martiaux et leurs enfants étaient tous formés aux arts martiaux en fonction de leurs Dispositifs. Cela devrait inclure Shizuku, à qui on avait dû enseigner les techniques de kodachi du style Kurogane. Pourquoi lui demanderait-elle de l’aide ?

Shizuku répondit avec une franche répugnance sur son visage. « Après que tu aies quitté la maison, Onii-sama, j’ai tout de suite arrêté de suivre leurs instructions. Je n’apprendrai rien de celui qui t’a fait fuir. »

Ahh, je vois, pensa Ikki.

Ikki avait parfaitement compris de sa réponse.

{Si nous produisons un échec, le statut de la famille s’effondrera.}

Il y a quatre ans, Ikki avait quitté la maison Kurogane parce qu’elle l’avait enfermé et lui avait même refusé un seul fragment d’entraînement à l’épée pour la raison indiquée ci-dessus. Ikki ne regrettait pas d’être parti, mais le fait d’avoir causé une brèche entre Shizuku et la maison l’avait rendu coupable. Dans ce cas, il était de son devoir de frère de veiller à l’entraînement des arts martiaux de Shizuku.

« Je me souviens des bases de la technique Kurogane pour le Kodachi, donc si tu es d’accord avec ça, tu peux compter sur moi, » déclara Ikki.

« Merci, » répondit Shizuku.

Shizuku avait exprimé sa gratitude avec un sourire éclatant, et les lèvres d’Ikki s’étaient aussi plissées vers le haut malgré lui. Quel frère se sentirait mal d’avoir la confiance d’une jolie petite sœur ?

« Ikki ! Si tu entraînes Shizuku, entraîne-moi aussi ! » Stella avait lâché soudainement ces mots, après avoir fini de boire.

« Hein ? D-D’accord…, » déclara Ikki.

Mais… le visage d’Ikki s’était plissé face à cette demande.

« Q-Quoi, tu ne veux pas ? » demanda Stella.

« Ce n’est pas ça, je… je ne pense pas pouvoir t’apprendre quoi que ce soit, » répondit Ikki.

« C-Ce n’est pas vrai. J’ai perdu dans notre duel, n’est-ce pas ? » déclara Stella.

« Mais quand même…, » commença Ikki.

Apparemment, Ikki n’avait pas réussi à susciter d’enthousiasme pour l’enseignement de l’art de l’épée à Stella. Voyant cela, les sourcils de Stella se hérissèrent.

« … PPPPPPPourquoi ne fais-tu attention qu’à Shizuku… !? » demanda Stella.

« Hein ? N-Non, ce n’est pas ce que j’essaie de faire —, » déclara Ikki.

« Très bien ! Ce n’est pas comme si j’avais besoin que tu me l’apprennes ! En fait, je ne veux pas du tout que tu m’apprennes ! Je ne faisais que le dire ! Regarde, la prochaine fois qu’on se battra, je te battrai ! Comme si un pervers siscon qui est avare sur l’entraînement me convenait ! Idiot ! » s’écria Stella.

Stella s’était enfuie après avoir dit ça, avec des larmes dans les yeux et la langue qui dépassaient de ses lèvres.

Ah… quelle personne tout à fait différente, pensa-t-il.

Mais c’était sa faute. Ikki avait une raison de faire cette grimace, mais s’il le faisait remarquer avec une attitude mitigée, Stella aurait raison de penser qu’on l’excluait.

« Je m’excuserai plus tard…, » déclara Ikki.

« Onii-sama, » déclara Shizuku.

« Hmm ? » demanda Ikki.

« Onii-sama, ne veux-tu vraiment pas enseigner à Stella-san ? » demanda Shizuku.

« Ce n’est pas ça, » répondit Ikki.

Puisqu’il n’y avait plus personne pour faire des histoires, Ikki l’avait déclaré si clairement.

« Parce que ce n’est pas à moi de le faire, » déclara Ikki.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Shizuku.

« Par exemple, mes camarades de classe et toi avez tous les deux des points évidents d’inexpérience. Je vois ce que tu as besoin qu’on t’apprenne. Mais Stella est différente. Elle a dépassé le niveau de quelqu’un comme moi il y a longtemps. Et plus que tout, nos styles d’épées sont fondés sur des choses différentes, » répondit Ikki.

« Fondée ? » demanda Shizuku.

« Mon art de l’épée est fondamentalement une question de technique, » répondit Ikki. « Mon épée coupe avec adresse. Mais l’épée de Stella est la lame de quelqu’un de vraiment puissant, capable d’écraser l’adversaire d’un geste de la main. C’est la base sur laquelle elle se construit déjà, donc son épée n’a pas besoin du genre de petits trucs et de styles fragmentés que j’utilise. Si j’introduis ces choses avec insouciance, je pourrais avoir une mauvaise influence. Puisque je ne suis pas responsable de lui enseigner, je ne le ferai pas… et de toute façon, même si je le faisais, à quoi bon ? »

Bref, la croissance d’Ikki dépendait entièrement de l’étendue de ses connaissances, mais cela n’avait aucun sens pour Stella, une vraie prodige. Comparée à une personne ayant des capacités ordinaires comme Ikki, elle avait un potentiel caché incommensurable. Pour cette raison, il préférerait qu’elle reste toujours au-delà de son imagination.

« Parce que Stella est ma seule véritable rivale, » déclara Ikki.

Il voulait qu’elle reste sa plus chère et sa plus haute rivale, et Ikki avait donc refusé à sa demande. Shizuku, entendant cette raison, devint un peu boudeuse.

« … Quoi ? Alors c’est nous qui n’avons pas vraiment compris ? » demanda Shizuku.

« Hmm ? Shizuku, qu’as-tu dit ? » demanda Ikki.

« Rien. Rien du tout. Je pensais juste que la truie tenait les choses pour acquises, » déclara Shizuku.

« Quoi ? » s’exclama Ikki.

***

Partie 3

C’est quoi ce bordel, c’est quoi ce bordel avec cette sœurette !? Seulement en faveur de Shizuku ! Même s’il a dit qu’il m’aimait ! Même s’il a dit ça ! Pourquoi ne peut-il pas lui tenir tête !? Je suis ta petite amie, alors fais attention à moi ! Stupide Ikki !

Étincelante et éparpillant des braises, Stella traînait dans le couloir du dortoir, les épaules tremblantes de colère. Sur le chemin, la voix claire d’un grand homme dont le visage était assez beau pour qu’il fasse trembler la fille interpellée se fit entendre.

« Oh, mon Dieu, bonjour Stella-chan. »

Nagi Arisuin se tenait là, et avec lui se trouvait Kagami Kusakabe qui avait quitté la cour à un moment donné.

« Tu lances des tonnes d’étincelles. S’est-il passé quelque chose ? » demanda Nagi.

« Pas vraiment… Et c’est rare de te voir dans ce dortoir, Alice. Es-tu venue pour quelque chose ? » demanda Stella.

« C’est juste pour rendre un jeu que j’ai emprunté à Kagami, » déclara Nagi.

« Tadaa ! C’est le jeu de l’Académie Privée Princesse, le meilleur jeu romantique pour les filles d’aujourd’hui ! Je suis allé à Akiba (quartier spécialisé dans les jeux au Japon) la semaine dernière et j’ai fait la queue toute la nuit pour ça ! » déclara Kagami.

Kagami tenait avec joie le paquet dont la couverture représentait des garçons aux longs cils. C’était un jeu de simulation romantique destiné aux jeunes femmes. Même Stella les connaissait, mais elle manquait de connaissances approfondies et avait un point de vue mitigé sur ces sujets. Quand Stella avait vu la boîte, ses sourcils s’étaient plissés.

« Est-ce pour les femmes seules, non ? Aimez-vous ce genre de choses, toutes les deux ? » demanda Stella.

« Oh, mon Dieu, nous avons là une princesse impériale avec tant de préjugés. Qu’en penses-tu, Kagami ? » demanda Nagi.

« C’est exact, Stella-chan. Au cours des cent dernières années, les romans visuels du Japon ont été notre principale exportation culturelle. Si tu viens au Japon sans vivre nos jeux romantiques, c’est comme si tu allais en France sans goûter leur fromage ! Selon une théorie, il a joué un rôle dans l’éradication du commerce de la drogue en Amérique du Sud ! C’est si incroyable ! » déclara Kagami.

« V-Vraiment… ? N’est-ce pas juste un peu de divertissement paresseux ? » demanda Stella.

Comme c’est simple.

En effet, simple.

Ces deux-là étaient en fait de mauvaises amies.

« Et si tu l’essayais toi-même ? » demanda Kagami.

« Non, je ne suis pas vraiment intéressée… et je n’en ai jamais joué, » répondit Stella.

« Et c’est pourquoi tu devrais le faire. As-tu un garçon à propos de qui tu as besoin de conseils ? Qu’en penses-tu, Alice-chan ? » demanda Kagami.

« Oui ! Et regarde le garçon aux cheveux noirs sur cette couverture. Ne ressemble-t-il pas à quelqu’un qu’on connaît ? » demanda Nagi.

Le paquet de jeu avait été placé devant le visage de Stella, et ce qu’elle avait vu parmi les personnages masculins aux cheveux colorés était en effet un visage qui ressemblait à celui d’une certaine personne.

« Ikki…, » murmura Stella.

« Ça ressemble à ça, hein ? Son nom est Issei-kun, et sa voix est très similaire, assez pour être un sujet parmi les fans cachés du Pire, tu sais » déclara Nagi.

« C’est en partie pour cela que je l’ai acheté, car si j’essayais de faire la moindre avance vers Ikki, Shizuku me tuerait. Quoi qu’il en soit, joues-y avec un casque branché, et c’est comme si Ikki murmurait des mots doux dans tes oreilles… haha, c’est glorieux ~, » déclara Kagami.

« Ikki… dans mes oreilles…, » répéta Stella.

Comme Ikki murmurant des mots doux. Stella avait dégluti de façon audible alors qu’elle l’imaginait. Étant la petite amie d’Ikki, elle pouvait l’obtenir de la source, mais avec les deux novices quant à être un couple, cela ne s’était pas fait facilement. Ils étaient trop timides pour faire quoi que ce soit, et en fait ils n’avaient même pas encore réussi à se tenir la main. Quand ils étaient seuls, ils étaient particulièrement moroses et ne pouvaient pas avoir de conversation. Et donc, Stella était très intéressée par l’idée.

« … Qu’en dis-tu ? Veux-tu essayer ? » demanda Kagami.

« Hein !? Ce n’est pas comme si ça m’intéressait à ça… juste parce qu’on dirait…, » répondit Stella.

Le regard hésitant de Stella se dirigeait avec impuissance vers le jeu que Kagami tenait, et Kagami avait souri en voyant ça.

« Je vois… eh bien, je ne devrais pas te forcer…, » déclara Kagami.

Elle avait commencé à ramener vers elle le jeu, mais Stella s’était soudainement emparée de l’Académie Privée Princesse avec une force étonnante, empêchant le mouvement.

« Eh bien, euh, je n’ai certainement aucun intérêt personnel ou quoi que ce soit, mais… mais tu vois, je viens de dire quelque chose d’injuste à propos de ces œuvres, et ce n’est pas digne d’une célébrité internationale, non ? Si j’en ai l’occasion, je devrais étudier la culture japonaise… C’est ce que je pense, » déclara Stella.

Elle est vraiment simple, hein ?

Et naïve. Mais c’est bien approprié pour toi, Stella-chan.

« D’accord, alors, voilà. Toi et Kurogane-senpai n’avez pas de console, hein ? J’en apporterai une plus tard, et tu pourras la rendre quand tu veux, » déclara Kagami.

« M-Merci…, » déclara Stella.

« Et je vais te dire comment arriver au chemin de l’Issei, puisque tu n’es probablement pas intéressée par les autres personnages, » déclara Kagami.

« Ouais, pas du tout… parce que c’est trop de travail, d’accord ? Pas parce qu’il ressemble à Ikki, compris ? » déclara Stella.

« Oui, oui, je sais, je sais ~♪, » déclara Kagami.

« Kagami et moi connaissons bien cette histoire. Stella-chan joue la comédie comme une fille de la lignée de Vegeta ~ ♪, » déclara Nagi.

« N’appelle pas ça jouer la comédie ! » s’écria Stella.

C’est ainsi que la princesse de l’Empire Vermillon avait été attirée dans son premier jeu vidéo romantique par ses amies maléfiques.

***

Partie 4

L’Académie Privée Princesse avait vu son histoire faite dans une école de garçons pour les fils riches de fonctionnaires du gouvernement qui venait à peine de devenir mixte. L’histoire présentait une situation dans laquelle la jeune fille protagoniste venait d’entrer. C’était l’histoire d’un harem qui profitait du printemps de la vie avec de jeunes hommes élégants, lucides et beaux, de bonne lignée. Avec peu d’éléments d’aventure, c’était un roman visuel classique avec des points de branchement basés sur les choix de l’utilisateur et le reste du contenu était entièrement textuel. Stella, qui n’était pas familière avec les jeux vidéo en dehors des jeux de tir à la première personne et des simulations de course, alors elle ne pouvait s’empêcher de trouver l’introduction ennuyeuse.

« Hé… Quand est-ce que ça va commencer ? » demanda Stella.

« Mais ça a déjà commencé, non ? » répondit Nagi.

« Hein ? Mais il n’y a pas d’ennemi, » déclara Stella.

« Ce n’est pas ce genre de jeu. Eh bien, selon la façon dont les choses se déroulent, le fait d’aller à des rendez-vous peut se transformer en un désordre géant où les bagarres ont lieu, mais… de toute façon, Issei-kun est sur le point d’apparaître, » déclara Nagi.

Et la scène s’était en effet déroulée comme il l’avait prétendu, avec Stella la protagoniste de l’école et le garçon représenté sur le paquet qui ressemblait beaucoup à Ikki — Issei Washimine se foncèrent l’un sur l’autre en tournant au même coin.

Avec une voix qui ressemblait beaucoup à celle d’Ikki, le nouveau venu avait déclaré…

 

« Regarde où tu vas, la moche. Que se passera-t-il si tu me fais une cicatrice, à moi, le prochain chef du Washimine Zaibatsu !? »

> Excusez-vous sincèrement.

> Regarder ailleurs et répliquer.

→ Ne dites rien et lui faire un suplex (prise de catch) allemand. Pas de pitié.

 

Stella avait choisi la troisième option presque par réflexe. L’écran affichait l’image d’art numérique du protagoniste exécutant un suplex masculin. C’était une belle attaque de lutteur.

« Hehe~♪ Bravo, mon autre moi. Une exécution sans faille ! » déclara Stella.

« … Wôw. Lui faire un suplex dans cette situation. Tu n’as pas l’intention de capturer son cœur, n’est-ce pas ? » demanda Nagi.

« Mais il était si irritant. Et tout d’abord, qu’est-ce que c’était !? Son visage et sa voix ressemblent à ceux d’Ikki, mais sa personnalité est complètement différente !? C’est une arnaque, une arnaque ! Les créateurs ne connaissent pas du tout Ikki ! » cria Stella.

« Euh, ce n’est pas comme s’ils avaient utilisé Ikki comme modèle. C’est juste une ressemblance… Mais, eh bien, faire le suplex est en fait le bon choix, » déclara Nagi.

« Hein !? » s’exclama Stella.

Stella cligna des yeux devant les paroles d’Arisuin, et en même temps sur l’écran, Issei se leva lentement.

« Je cherche depuis si longtemps… quelqu’un qui pourrait me corriger avec un suplex allemand… S’il te plaît… sors avec moi ! » déclara Issei.

Une confession d’amour au sang chaud avait été prononcée.

« P-Pervers !? » s’écria Stella.

« On pourrait croire que c’est une blague, mais c’est apparemment le chemin vers la route d’Issei. J’ai été complètement dupé au début, » déclara Nagi.

« C’est compliqué de tomber amoureux parce qu’on s’est fait faire un suplex allemand ! » s’écria Stella.

« Il semble que sa mère, décédée il y a longtemps, le grondait avec ça quand il s’était mal conduit, » déclara Nagi.

« N’est-ce pas juste de la maltraitance d’enfant ? » demanda Stella.

« Mais c’est incroyable, tu es entrée dans la route d’un seul coup. Je n’avais pas besoin d’être ici, » déclara Nagi.

« … Donc tu dis que je suis déjà dans l’histoire de ce type ? » demanda Stella.

« Oui. À partir de maintenant, tu suis un chemin déterminé, donc il n’y aura plus de difficultés, » en disant cela, Arisuin se leva et se tourna vers la porte. « Bon, je m’en vais. C’est mieux de jouer seul, après tout. »

Et il était parti ainsi. En le voyant partir, Stella soupira. Honnêtement, ce serait mieux s’il ramenait cette chose avec lui. Peu importe combien le visage et la voix pouvaient correspondre, une personnalité si différente avait rendu le personnage inintéressant. Ou plutôt, qu’il y ait ou non une ressemblance avec Ikki, qui voudrait d’un tel pervers ?

Je devrais aller rendre ça à Kagami, pensant ainsi, Stella avait tendu la main vers le bouton d’alimentation de la PlayStation…

« Je ne peux regarder que toi ! » La voix, si semblable, venait des haut-parleurs, allant vers les tympans de Stella.

Sa tête s’était levée et elle avait vu le visage triste d’Issei qui ressemblait à un chiot abandonné, avec une expression, tout à fait comme celle d’Ikki.

Stella avait placé un casque sans dire mot.

 

 

Au fur et à mesure que le jeu progressait, il était rapidement devenu évident pourquoi Issei avait son attitude. Il était l’enfant de la tête du Washimine Zaibatsu, qui s’était enfui avec une fille ordinaire. Après la mort de son père, son grand-père, qui voulait un héritier, l’avait enlevé à sa mère contre son gré. Sa mère était aussi morte de maladie sans lui à ses côtés, alors dans son ressentiment, il se pavanait avec arrogance, souillant le nom de Washimine.

« *Sanglots*… tu as aussi eu la vie dure, pas vraie… ? » déclara Stella.

Au début, elle avait été offensée par le comportement d’Issei, mais après en avoir découvert la cause, Stella ne pouvait pas lui en vouloir vu que cela ressemblait beaucoup aux circonstances propres à Ikki. Elle s’ennuyait insupportablement lors de l’intro, mais une fois qu’elle avait commencé à jouer, elle était devenue de plus en plus absorbée par le jeu. Même dans la lenteur de la narration, il y avait des points lumineux à trouver. Marcher ensemble sur le chemin de l’école. Aller dans un parc d’attractions lors d’un jour de congé. Se rendre secrètement à la plage le soir pendant le voyage scolaire. Ni les zombies ni les soldats soviétiques n’étaient apparus, mais l’ennui était loin, et au lieu de cela, chaque moment était palpitant. En effet, si le bonheur était d’avoir des journées remplies d’amour, alors passer du temps avec son bien-aimé était délicieux. Mais cet Ikki regardait Stella droit dans les yeux à chaque instant. Son attention n’avait jamais été détournée, peu importe qui d’autre pourrait être dans les parages. Son regard était toujours tourné vers la personne devant l’écran. (※ c’est la convention des romans visuels.) Ses chuchotements doux étaient toujours à ses oreilles. Il ne parlait jamais de sœur ceci, de sœur cela.

Il est toujours prêt pour moi…, pensa Stella.

Comme c’était merveilleux !

Trois ans passèrent et le jour de la remise des diplômes arriva. Dans une salle de classe déserte, « Ikki » proposa à Stella avec l’expression la plus sérieuse qu’elle ait jamais vue.

« Je t’aime, Stella. Je veux que tu sois avec moi après la remise des diplômes, en tenant mon cœur par le bout du nez. »

« Ah… ! » Entendre les mots romantiques d’une voix comme celle d’Ikki avait rendu ses joues chaudes.

Non, elle le savait. Stella savait que ce n’était qu’un jeu, et ce qu’elle voyait était juste un personnage qui ressemblait à Ikki. Mais… mais… si c’était juste un jeu, ne pourrait-elle pas être honnête maintenant ? Stella était franchement un peu insatisfaite de l’impasse actuelle où ils ne pouvaient même pas se tenir la main. Ils avaient tant souffert pour devenir un couple. Non, pas seulement en se tenant la main — elle voulait toucher Ikki beaucoup plus que ça, faire des choses avec Ikki que seuls les couples feraient.

… Mais elle ne pouvait pas le dire elle-même. Elle ne supportait pas la possibilité qu’il ne l’aime pas parce qu’elle était obscène. C’est pourquoi elle avait attendu qu’Ikki passe à l’étape suivante. Mais si Ikki avait pris cette mesure, pourrait-elle donner une réponse honnête ? Non. Stella était consciente de sa propre nature vaine et contraire. Il n’y avait aucun doute qu’elle trouverait une raison de s’échapper.

Oui, comme le fait qu’elle était une princesse.

C’est… vraiment ce que je lui dirais, pensa-t-elle.

C’était une femme si problématique. Pas mignonne du tout. Même Ikki désapprouverait.

Mais si je m’entraîne en utilisant ce jeu…, pensa-t-elle.

Alors ne pourrait-elle pas lui répondre honnêtement ? Ikki ne serait-il pas encore plus amoureux d’elle ?

De nombreuses secondes s’écoulèrent alors qu’elle hésitait. Stella avait pris sa résolution en main et avait parlé en appuyant sur le bouton.

« Je t’aime aussi, Ikki ! Épouse-moi, et reste avec moi pour toujours ! » déclara Stella.

*Claque*

Elle avait entendu un bruit fort hors de ses écouteurs, et ses yeux s’étaient écarquillés quand elle avait regardé derrière elle vers la porte et avait vu… Ikki s’était écroulé là.

« D-Désolé ! Euh, je n’essayais pas de jeter un œil. C’est juste… J’ai entendu des bruits ici, mais tu n’as pas répondu, même si j’ai frappé fortement… C’est un simulateur de romance pour fille ? Ha… Hahahaha, quelle surprise ! Quand j’ai entendu “épouse-moi”, mes jambes m’ont lâchée. Mais ce n’était qu’une réplique du scénario, non ? Quelle coïncidence incroyable qu’il y ait un personnage avec mon nom, » déclara Ikki.

L’explication troublée d’Ikki se poursuivit alors que Stella ne répondit pas.

« Mais que tu sois si passionnée que tu le dises à haute voix. C’est comme si je voyais une toute nouvelle facette de toi. Ah, ne fais pas attention à moi. Je vais juste sortir d’ici. Désolé de t’avoir interrompu dans le meilleur moment du jeu, » déclara Ikki.

« … N-NOOOOOOONNNNN !! » Le crépuscule tomba sur le dortoir de l’école, et le cri de Stella remplissait chaque recoin.

 

Cher lecteur : si vous jouez à une simulation d’amour coquine dans votre chambre avec un casque, alors vous devez toujours surveiller la porte. Ne l’oubliez jamais, oui, jamais.

***

Entracte

« Le fait de laisser Stella-chan s’amuser me rend aussi heureuse, » déclara Kagami.

« S’il te plaît, ne fais pas cette tête indécente, » déclara Nagi.

« De toute façon, Stella-chan aura probablement plus de succès la prochaine fois. D’ailleurs, le jeu Prin-Aca a été très populaire et une suite est prévue. Après que le scandale de Stella-chan ait été résolu, un nombre incroyable de votes ont été envoyés dans un sondage de popularité pour Issei-kun, le classant au premier rang. Voilà donc ce qui s’est passé, » déclara Kagami.

« Cela nous fait soupçonner l’existence d’un mouvement pour pousser les votes dans ce sens, » déclara Nagi.

« La photo de la page d’accueil officielle est aussi devenue un Issei-kun topless avec un nœud papillon, » déclara Kagami.

« Et pas de pantalon, » déclara Nagi.

« Mais les fans d’autres personnages étaient furieux, et ont apparemment piraté le site web de l’éditeur pour mettre en place un collage de photos, alors, attention, d’accord ? » demanda Kagami.

« Ils essuyaient sûrement leurs larmes avec le pantalon qu’il a enlevé, » annonça Nagi.

« Maintenant, passons au passé, vite, vite ! On s’en occupera plus tard ! » déclara Kagami.

« Le prochain événement est… oh, comme c’est nostalgique. Dans l’ordre chronologique, c’est juste un peu avant l’événement précédent, un conte de la nuit après la victoire d’Ikki contre Le Chasseur, » déclara Nagi.

« Oui, c’est vrai ! Pendant que Senpai était dans le coma, et que Stella-chan était avec lui pour qu’elle ne puisse pas venir, toi et Shizuku-chan êtes allés dans un bar pour une petite fête de victoire, pas vrai Alice-chan ? » demanda Kagami.

« Apparemment, c’était la première fois que Shizuku buvait, alors l’hôte semblait un peu nerveux, » déclara Nagi.

« C’est parce que deux étudiants étaient dans un bar. C’est déjà une scène qui serait coupée dans un anime, » déclara Kagami.

« S’il te plaît, ne rends pas ça trop méta… C’est bon, puisqu’on est déjà adultes, » déclara Nagi.

***

Chapitre 2 : Shizuku et son premier verre

Partie 1

Au lendemain de la bataille entre le Pire et le Chasseur, Nagi Arisuin avait emmené Shizuku Kurogane dans le quartier des divertissements, à quelques arrêts de train de l’académie, pour célébrer modestement leurs premières victoires au Festival des Sept Étoiles de l’Art de l’Épée lors des batailles de sélection des représentants. Shizuku, comme Stella, voulait s’occuper d’Ikki qui s’était effondré à la suite de l’effort de la journée, mais elle s’était retenue pour laisser Ikki et Stella seuls ensemble, et comme Shizuku avait du temps libre, Arisuin l’avait invitée ici.

« Je suis un peu nerveuse…, » devant un mélange de bâtiments commerciaux et résidentiels où leur destination l’attendait, Shizuku, enveloppée d’une robe de style gothique-lolita, marmonnait d’une voix raide. C’était elle qui avait demandé un endroit avec de l’alcool savoureux, mais apparemment elle n’avait jamais bu d’alcool auparavant. C’était aussi la première fois qu’elle entrait dans un endroit qui les servait, et elle semblait un peu tendue.

« Tu n’as pas besoin d’être si tendue. Ce n’est pas comme si on allait dans un club d’hôte, » répliqua Arisuin.

« Si tu m’emmenais dans un endroit comme ça, je ne te le pardonnerais pas, Alice, » déclara Shizuku.

« Oh, mon Dieu, es-tu à ce point contre l’idée ? » demanda Arisuin.

« Je ne supporte pas qu’un homme autre qu’Onii-sama soit si familier avec moi, » répliqua Shizuku.

« Pas de soucis. Je pensais bien que c’était ainsi, alors aujourd’hui, on va dans un bar ordinaire pour boire un verre, » répliqua Arisuin.

Arisuin avait conduit Shizuku à travers les bâtiments. En montant des escaliers étroits, ils s’étaient dirigés vers l’étage le plus élevé de l’un d’eux, vers la porte d’entrée de l’échoppe où Arisuin était souvent allé avec ses fans féminins. Après avoir tourné la poignée de porte en laiton et poussé la porte désormais ouverte, il fit signe à Shizuku d’entrer.

Au milieu de l’espace faiblement éclairé, des meubles aux couleurs apaisantes étaient rangés et des airs de jazz somnolents coulaient à flots. Pour parler moins favorablement, il y avait une atmosphère qui donnait l’impression d’un certain âge, mais c’était le meilleur choix étant donné l’aversion de Shizuku pour la vivacité. Arisuin et Shizuku marchèrent sur le tapis d’un bleu profond et un serveur s’approcha immédiatement.

« Oh, si ce n’est pas Arisuin. Bon retour parmi nous, » déclara l’homme.

« Bonsoir, bonsoir. Une place au bar à côté de la fenêtre serait bien, mais y en a-t-il une disponible ? » demanda Arisuin.

« Oui, en effet. Ah, mais avant ça, n’est-ce pas la première visite de votre compagne ? Puis-je avoir une vérification de son âge ? » demanda le serveur.

« Hmm, est-ce que l’identification des étudiants est acceptable ? » demanda Shizuku.

« Certainement, » répondit l’autre.

À la demande de Shizuku, elle avait sorti son terminal étudiant de Hagun de son sac à main, mais avec sa nervosité à faire cela pour la première fois, ses gestes étaient étrangement maladroits.

« W-Wawawa… »

Manipulant maladroitement son terminal, Shizuku avait finalement ouvert l’écran d’identification, et l’avait remis au serveur.

« Ah, la camarade de classe d’Arisuin-san ? Oui, ça fera l’affaire. Asseyez-vous comme vous voulez près de la fenêtre, » déclara le serveur.

Normalement, ceux de l’âge d’Arisuin et de Shizuku ne seraient pas autorisés à boire, mais les Blazers étaient officiellement reconnus comme ayant atteint l’âge adulte, malgré leurs 15 ans. Ils étaient ainsi capables non seulement de boire, mais de se marier et de voter comme des adultes. Il s’agissait de droits que les Blazers détenaient en contrepartie de leur devoir de se battre sans égard pour leur vie. Le serveur, reconnaissant que Shizuku était assez vieille pour entrer, se retira d’un demi-pas. Arisuin passa devant avant de s’asseoir au comptoir. Derrière lui, Shizuku regarda nerveusement l’intérieur du magasin avant de le suivre. C’était un endroit inconnu pour elle, donc c’était tout à fait normal. Mais après s’être assise au comptoir, Shizuku se mit à parler…

« Wôw… »

Bien qu’elle soit encore nerveuse, ses yeux verts s’illuminèrent, et un souffle s’échappa à la vue devant elle. Ce qui avait captivé son regard, c’était de nombreuses bouteilles d’alcool, alignées derrière le bar et un barman silencieux utilisant un shaker. Les bouteilles de nombreux pays brillaient comme des vitraux.

« Elles sont éclairées par-derrière. Ne sont-elles pas jolies ? » demanda Arisuin.

Le barman était taciturne et pas très hospitalier, mais il avait bon goût. Même l’éclairage un peu trop sombre de la pièce avait été à l’origine de ce spectacle arc-en-ciel. Malgré elle, Shizuku était aussi intriguée par cette boutique.

« Ils sont comme des gemmes. »

C’est génial, pensa Arisuin.

Arisuin se tapota la poitrine de plaisir d’avoir bien choisi l’endroit. Le voyage d’aujourd’hui était censé célébrer leurs premières victoires, mais il avait réservé cette fois-ci pour la douce Shizuku et il allait s’efforcer de lui faire passer un bon moment. Cela sera en partie avec de l’alcool de qualité et en partie avec l’ambiance des lieux.

« Alors, allons-nous commander ? Qu’est-ce que tu veux, Shizuku ? » demanda Arisuin.

« Euh…, » Shizuku avait pris un menu sur le comptoir.

« Mon Dieu, je pense que tu ne le sauras pas rien qu’en regardant, » déclara Arisuin.

Après tout, le menu ne mentionnait que les différents noms de liqueurs et de cocktails. Shizuku, qui n’était pas au courant de ces choses, ne serait pas en mesure de faire une sélection juste en les voyant. Mais le ton d’Arisuin lui donnait-il l’impression qu’il la traitait comme une enfant ?

« Comme c’est grossier. Je connais le nom d’un ou deux alcools ! » s’exclama Shizuku.

Shizuku avait choisi de faire une expression un peu grincheuse.

« Un martini sec, s’il vous plaît, » annonça Shizuku.

*Toux toux… *

Arisuin s’était étouffé, ne s’attendant pas à un choix aussi fort.

« Attends un peu ! Je ne pense pas que ce soit une bonne boisson pour ta première fois ! » déclara Arisuin.

Certes, le martini, un cocktail fait de gin et de vermouth, était bien connu dans divers films. Mais malgré sa renommée, ce n’était pas le genre de boisson qu’un novice pouvait facilement boire. C’était encore plus vrai pour le martini sec, qui était presque entièrement fait de gin.

« Shizuku, je sais que c’est nouveau pour toi, donc tu n’as pas à faire ce numéro ? N’en fais pas trop. Commence par quelque chose de plus facile. D’accord ? » déclara Arisuin.

Arisuin avait essayé d’arrêter le déchaînement de Shizuku avec un ton qui ressemblait à celui d’une sœur aînée qui soulageait une sœur plus jeune qui se comportait mal. En entendant ce ton, Shizuku avait aussi reconnu à quel point elle était têtue.

« O... D’accord. J’ai compris. Mais je ne connais aucun des autres noms ici…, » déclara Shizuku.

« Ce n’est pas grave. Si tu me dis quel genre de goût tu veux, je trouverai quelque chose qui correspond, » déclara Arisuin.

« Vraiment ? » demanda-t-elle.

« Oui, » répondit Arisuin.

« … Alors, je veux quelque chose de sucré, » répondit Shizuku.

« Il y en a pas mal de sucrés, mais ils sont à base de fruits, » déclara Arisuin.

« Je vois. Ils ressemblent à des fruits, mais sont-ils vraiment de l’alcool ? » demanda Shizuku.

« C’est juste du jus de fruits, » déclara Arisuin.

« Alors ce ne sera pas juste boire du jus de fruits ? Tu t’es donné la peine de m’emmener dans un magasin comme celui-ci. Je veux prendre plus de risques, » déclara Shizuku.

« C’est compréhensible, » déclara Arisuin.

Sachant ce que Shizuku voulait, Arisuin donna sa commande au barman. Après une petite attente, un verre à cocktail rempli d’un liquide frais de couleur orange avait été placé devant eux, avec une explication polie du barman qui n’avait pas dit un mot jusqu’à maintenant.

« Ça s’appelle une Valencia. C’est fait de jus d’orange et d’eau-de-vie d’abricot secoués ensemble, assez sucrés pour être facilement buvables même pour ceux qui ne sont pas habitués à l’alcool, » déclara le barman.

« Merci, merci, » déclara Arisuin.

Le regard de Shizuku était assez suspicieux, probablement parce que quelqu’un qu’elle ne connaissait pas s’était soudainement adressé à elle, et l’avait regardé avec un peu de nervosité. Le changement par rapport à son impression d’habitude primaire avait fait sourire Arisuin un peu dans son cœur.

Comme c’est mignon…, pensa Arisuin.

Quand ils avaient commencé à partager une chambre ensemble, Shizuku était aussi instable qu’en ce moment. Quand ils étaient allés au centre commercial pour regarder un film avec Ikki et Stella, l’embarras qu’elle avait montré en voyant Ikki nettoyer la crème de sa joue était quelque chose qui faisait vraiment partie de sa manière d’agir.

« À première vue, c’est un peu comme du jus d’orange trouble, non ? » demanda Shizuku.

Shizuku regarda le verre du cocktail avec beaucoup d’intérêt quand Arisuin prit le verre de whisky qu’il avait lui-même commandé au barman.

« C’est plus de la moitié du jus d’orange. Mais on ne peut pas appeler ça du jus d’orange, ne boit pas tout d’un coup, d’accord ? » répondit Arisuin.

« Je le sais, » répondit Shizuku.

Shizuku se gonfla un peu les joues de frustrations. Était-elle contrariée qu’on lui dise une chose aussi évidente ?

« Hehe, désolée. Alors à tous les gagnants jusqu’à présent — Santé ! » déclara Arisuin.

« Santé, » annonça Shizuku.

Levant leurs verres ensemble, ils avaient fêté l’événement. Shizuku avait tenu le fond de son verre à cocktail du bout des doigts des deux mains, et comme un hamster grignotant des graines de tournesol, avait mis un peu de Valencia dans sa bouche. Son mince cou pâle trembla lorsqu’elle avait avalé l’alcool.

« Ouf…, » un souffle envoûtant s’échappa de ses lèvres. « … Doux et savoureux. »

« Ahh, c’est bon à entendre, » déclara Arisuin.

« La légèreté de l’alcool et le parfum des fruits sont splendides, n’est-ce pas ? » demanda Shizuku.

« C’est vrai. Le jus donne du sucré, et tu peux apprécier le parfum sans trop d’alcool. Si tu aimes ça, alors ça aura le bon effet, » déclara Arisuin.

En regardant Shizuku prendre une seconde gorgée, plus enthousiaste, Arisuin soupira de soulagement et but dans son propre verre.

« Alice, tu bois du whisky ? » demanda Shizuku.

Quand elle l’avait fait, Shizuku avait aussi regardé sa boisson avec beaucoup d’intérêt.

« Oui, c’est vrai. J’aime beaucoup ça, » déclara Arisuin.

« Puis-je aussi en prendre une gorgée ? » demanda Shizuku.

« Euh…, » il était un peu hésitant, non pas parce que ce serait un baiser indirect, mais parce que sa commande de whisky était un peu un choix personnel.

« Euh, Shizuku, ce whisky en particulier est plutôt délicat, et c’est quelque chose que les gens ont tendance à aimer ou à détester, donc je ne peux pas le recommander comme l’une des premières sortes d’alcool que tu devrais essayer. Si tu n’es pas douée avec ça, ça peut être traumatisant. Au lieu de cela, quelque chose comme un Macallan [1] serait…, » commença Arisuin.

« C’est correct. Je ne suis pas intéressée par le whisky lui-même, mais parce que tu aimes ça, » répondit Shizuku.

« Ah… »

Une fois qu’il avait entendu cela, il n’avait pas trouvé de raison de la refuser.

« Eh bien, dans ce cas, » déclara Arisuin.

Tout était expérience. Ce n’était pas comme si elle allait mourir en le buvant. En pensant cela, Arisuin glissa son verre vers Shizuku et il fit un avertissement. « Avant de le boire, tu devrais d’abord sentir une bouffée. Si ça ne te plaît pas, tu peux arrêter. »

« Compris, » déclara Shizuku.

Shizuku ramassa le verre avec les deux mains comme elle l’avait fait avec l’autre, le rapprocha de son nez.

*sniff sniff sniff*

À ce moment-là — .

« Fmhhhh !? »

Choc ! Tous les poils de son corps étaient levés, Shizuku avait fait un visage incrédule.

« Eh, ah, qu’est-ce que c’est !? Teinture d’iode !? » demanda Shizuku.

« Hahaha, eh bien, ce n’est pas une réaction déraisonnable. À l’époque de la prohibition américaine, il était ouvertement vendu comme médicament, » déclara Arisuin.

« … Est-ce sans danger ? Ça ne sent pas bon à boire, » déclara Shizuku.

« C’est pourquoi j’ai dit que je ne pouvais pas le recommander. Tu n’as pas besoin de te forcer, d’accord ? » déclara Arisuin.

« … Non. J’ai dit que je le ferais, » déclara Shizuku.

Après ça, Shizuku avait porté le bout du verre à sa bouche, et en avait siroté suffisamment pour le goûter.

« Je m’en sors mieux que je ne le pensais, » déclara Shizuku.

« Ne dis pas ça avec les larmes aux yeux. Tiens, de l’eau, » déclara Arisuin.

Arisuin lui avait tendu un verre d’eau, et Shizuku se nettoya la gorge avec une expression désolée.

« Ooh... Je ne peux pas me débarrasser de l’odeur des médicaments…, » déclara Shizuku.

« Je te l’avais dit. Ce n’est pas pour les débutants, » déclara Arisuin.

« … Il y a beaucoup de sortes d’alcool, » déclara Shizuku.

« C’est le fidèle compagnon de l’humanité, avec une histoire tout aussi longue. Il y a autant de variétés d’alcool que de personnes. Je dirais qu’en trouver un qui te convienne est quelque chose à attendre avec impatience avec de telles échoppes. Mais aujourd’hui, c’est moi qui régale. Alors, amuse-toi comme tu veux, » déclara Arisuin.

« Es-tu sûre ? » demanda Shizuku.

« Oui, parce que tu es une si gentille fille aujourd’hui, » répondit Arisuin.

Quand Arisuin avait parlé de la vraie raison pour laquelle il l’avait amenée ici, les yeux de Shizuku s’étaient élargis — et un petit sourire était apparu.

« … Je suppose que oui. Alors je vais accepter l’offre. Il est injuste que seule Stella-san ait de bons souvenirs aujourd’hui. Je dois m’amuser aussi, non ? » en murmurant cela, Shizuku avait parlé au barman.

« Excusez-moi, un martini sec, s’il vous plaît, » déclara Shizuku.

Donc, à la fin, tu en obtiens quand même un…, pensa Arisuin.

Si elle s’effondrait, il pourrait la ramener, donc ça devrait aller.

1 Macallan : un whisky écossais single malt.

***

Partie 2

Une heure plus tard…

« Et puis, Onii-sama plongea dans une rivière pendant l’hiver pour me sauver d’une quasi-noyade, nageant frénétiquement vers moi. Il serra mon corps gelé dans ses bras en disant : “Dieu merci”. On était tous les deux trempés, alors on aurait dû geler, mais Onii-sama était si chaud. C’est alors que j’ai réalisé qu’un garçon si merveilleux était avec moi et que je ne pourrais jamais aimer les garçons de la classe, puisque comparés à Onii-sama, ils étaient si vulgaires, et pas du tout des gentlemen. Comme des singes. Quoi qu’il en soit, les larmes douces d’Onii-sama furent le deuxième spectacle le plus merveilleux. Le plus merveilleux, c’est de le revoir après tant d’années, depuis qu’il est devenu si grand avec des bras si solides… mais j’aime toujours le mignon et jeune Onii-sama avec ses yeux si doux… bien que le robuste et cool Onii-sama soit le meilleur… hey, Alice, tu m’écoutes ? » demanda Shizuku.

« Je t’écoute, je t’écoute. Mais disons, c’est la troisième fois que tu me le dis, » déclara Arisuin.

Shizuku était complètement ivre. Sa pâleur d’origine était maintenant d’un rouge rosé jusqu’à ses oreilles, et depuis un certain temps déjà, elle ne cessait de faire l’éloge d’Ikki à maintes reprises. Comme on pouvait s’y attendre, même Arisuin en aurait assez.

 

 

« Euhhh ~ alors essaie de deviner quelle histoire je vais raconter, » déclara Shizuku.

« Celle d’Ikki qui t’a sauvée de la noyade dans une rivière, c’est ça ? » demanda Arisuin.

« Hmm ~… euh ? De quoi parlais-je déjà ? » demanda Shizuku.

Argh…

« Hé Shizuku. Combien en vois-tu ? » demanda Arisuin.

Arisuin leva trois doigts et Shizuku fit une grimace.

« Quoi, tu insinues que je suis ivre ? » demanda Shizuku.

« Peu importe comment je vois les choses, c’est exactement ce que tu es, » déclara Arisuin.

« Ce n’est pas possible. Ne te moque pas de moi… Il y en a six, n’est-ce pas ~ ? » demanda Shizuku.

Ah, elle est sans espoir, pensa Arisuin.

Le martini sec avait après tout été le coup fatal. Comme le gin n’était pas quelque chose qu’un novice de l’alcool pouvait boire directement, cela ne pouvait être appelé que le résultat naturel.

« Et puis il y a la fois où Onii-sama était un Jedi…, » déclara Shizuku.

« Est-on dans Star Wars maintenant ? » demanda Arisuin.

Elle mélangeait déjà réalité et fantaisie. Peut-être qu’ils devraient retourner au dortoir ? Arisuin avait amené Shizuku ici aujourd’hui pour lui faire oublier Stella et Ikki qui passent du temps seul ensemble. Bien que Shizuku ait été celle qui avait choisi de les laisser faire, cette décision avait dû la peiner. Arisuin, sachant que Shizuku aimait vraiment Ikki, l’avait bien compris. S’ils étaient restés dans le dortoir, la tristesse l’écraserait. Tout le monde avait des nuits qu’ils voulaient passer sans réfléchir, et en voyant Shizuku maintenant, il pouvait dire qu’il le lui avait fourni. Shizuku semblait avoir eu beaucoup de plaisir à raconter ses souvenirs d’Ikki. Son succès étant assuré, Arisuin décida de lui proposer de rentrer chez eux.

Mais à ce moment-là, il avait vu de la crème du mille-feuille qu’ils avaient aussi commandé collé sur sa joue.

Oh, mon Dieu, ça ne s’est pas déjà produit avant ? Se demanda Arisuin.

Quand ils étaient sortis avec Stella et Ikki, de la crème était aussi sur la joue de Shizuku, probablement parce que sa bouche était si petite.

« Hé, Shizuku, il y a quelque chose sur ton visage, tu sais, » déclara Arisuin.

Bien sûr, Arisuin n’avait pas léché cette crème comme Ikki l’avait fait. Arisuin n’était pas du genre à ne pas tenir compte de la distance personnelle. Prenant une serviette de table, il essuya doucement la crème de la douce joue de Shizuku.

« Nnn... »

« D’accord, c’est bon… Ton visage est doux comme celui d’un bébé, Shizuku. Je suis jalouse, » déclara Arisuin.

« … Tu es comme une grande sœur, Alice, » déclara Shizuku.

« Grande sœur ? Moi ? » demanda Arisuin.

« Ouais. Je pense que j’ai toujours voulu une grande sœur comme toi, » déclara Shizuku.

« Oh, mon Dieu, est-ce une demande pour que j’épouse Ikki et que je sois ta belle-sœur ? » demanda Arisuin.

« Hein ? » s’exclama Shizuku.

« Désolée. Je suis allé trop loin, » répliqua Arisuin.

Sachant qu’il avait marché sur une mine terrestre, Arisuin avait réfléchi sur la façon dont Shizuku ne prendrait aucune blague sur Ikki.

« Même si c’est toi, Alice, Onii-sama n’est pas accessible, » déclara Shizuku.

« C’est vrai, parce qu’Ikki t’appartient, » déclara Arisuin.

« … Pas vraiment. Je ne crois pas, » à cet instant, le visage de Shizuku s’était assombri, et des mots timides sortirent.

« Shizuku ? » Par inquiétude, Arisuin essaya de deviner ce qui s’était passé.

Face à son regard, Shizuku ferma les yeux. « Alice, j’ai quelque chose à te demander. »

***

Partie 3

Shizuku avait exprimé ses sentiments honnêtes. « Alice… tu sais, je suis très heureuse aujourd’hui. Stella-san a reconnu Onii-sama devant tout le monde. Personne n’a fait ça avant. Personne ne l’a regardé droit dans les yeux et n’a reconnu à quel point il est merveilleux… »

Shizuku parlait du combat entre le Pire et le Chasseur. Au cours de ce match officiel, le Pire était tombé à son plus bas niveau et, depuis les gradins des spectateurs, Stella avait fait des reproches mémorables aux railleries des autres et l’avait ramené à la vie. Sans crainte pour l’opinion publique, Stella avait affirmé les convictions d’Ikki Kurogane. Cela n’était jamais arrivé auparavant à Ikki, qui avait été désavoué par ses propres parents liés par le sang. Shizuku avait reconnu que son frère valait plus que quiconque et voulait que les autres l’apprécient aussi, alors elle était heureuse.

Mais…

« Je pense… Onii-sama était très heureux d’entendre les paroles de Stella, » déclara Shizuku.

Shizuku se souvint du visage d’Ikki. Elle ne l’avait jamais vu comme ça avant. Même si elle le louait, elle ne lui avait jamais donné la même joie. Elle était contente pour lui, mais elle avait aussi réalisé les limites d’une petite sœur. Peu importe ce qu’elle pensait de lui, il ne la voyait que comme une parente… Elle ne pouvait pas devenir la fille qu’il aimait.

« Onii-sama a toujours eu des souvenirs amers, et a été élevé sans amour de personne, alors… Je veux beaucoup l’aimer. Je veux lui donner du bonheur. C’est ce que j’ai toujours pensé. Le plus important, c’est le bonheur d’Onii-sama. Alors… alors, tu sais ? Si Onii-sama est heureux, et si Stella-san rendrait Onii-sama plus heureux que moi, je… je…, » commença Shizuku.

Elle devrait se retirer.

Avant que ces mots mortels n’échappent aux lèvres de Shizuku…

« Shizuku. »

… L’index long et élancé d’Arisuin les toucha.

« Alice… ? » demanda Shizuku.

« Tu n’as pas besoin de te forcer à le dire. Je sais ce que tu ressens, » déclara Arisuin.

En disant cela, Arisuin déplaça son index au coin de son œil et essuya doucement la petite goutte qui s’y trouvait.

« … Tu y as réfléchi pendant un moment, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

Shizuku hocha la tête fortement. Si Stella pouvait rendre son frère plus heureux, devrait-elle se retirer ? Devrait-elle renoncer à l’amour romantique de son frère ? Après avoir vu ce match, cette question était restée au fond de son cœur. Oui, il y avait beaucoup de sentiments contradictoires en elle. Elle ressentait le bonheur que quelqu’un d’autre appréciait son frère ainsi que des sentiments compliqués à propos d’une fille qui serait la seule et unique d’Ikki. Elle aimait Ikki comme son parent de sang et comme quelqu’un du sexe opposé, et c’était donc un dilemme. Shizuku ne savait plus quel chemin elle devait prendre, mais — .

Face à la question de Shizuku, Arisuin n’avait pas donné de réponse définitive.

« C’est une question très difficile, n’est-ce pas ? Honnêtement, ça dépend de tes sentiments. Le bon chemin n’est pas quelque chose vers quoi quelqu’un d’autre peut te conduire, » déclara Arisuin.

« … Je suppose que oui, » répondit Shizuku.

Soudain, le ton d’Arisuin changea. « Mais il y a deux choses que je peux vraiment dire. »

« … Deux choses ? » demanda Shizuku.

« Oui, » répondit Arisuin.

Qu’est-ce que c’était ? Voyant l’expression interrogative de Shizuku, Arisuin avait doucement souri.

« Que dans ce monde, celle qui aime Ikki le plus et le plus profondément, c’est toi. Et une femme qui ne dépensera pas toutes ses forces pour te voler Ikki ne mérite pas de l’avoir. C’est à toi de choisir ton chemin. Mais tes sentiments, et ton amour sont sans doute réels et tu n’as pas à y renoncer. Au lieu de cela, sois plus honnête avec tes sentiments et agis selon ton amour tel que tu le penses et le veux. Chaque fille a ce droit, » déclara Arisuin.

Les paroles d’Arisuin avaient transpercé le cœur de Shizuku.

Ahhh… c’est vrai, pensa Shizuku.

Son cœur avait donné une seule réponse. Il n’y avait aucune raison d’abandonner. Il n’était pas nécessaire de sacrifier ses sentiments romantiques pour le bonheur de son frère. Il était évident que Shizuku ne pouvait confier son frère à aucune femme moins dévouée. Donc… il n’y avait pas besoin de céder. Les sentiments de Stella étaient-ils assez forts pour écarter ceux de Shizuku et prendre Ikki pour elle ? La sincérité de Shizuku brillait comme une pierre précieuse. Stella était-elle assez brillante pour l’éclipser ? La seule qui pouvait tester ça, c’était Shizuku elle-même.

Je vais le découvrir. J’irai aussi loin qu’il le faudra pour savoir si Stella-san peut rendre Onii-sama plus heureux que moi…, pensa Shizuku.

En arrivant à cette conclusion, le cœur de Shizuku s’était déchaîné.

***

Partie 4

« Alice, merci…, » murmura Shizuku.

Le visage de Shizuku était rayonnant, et Arisuin avait légèrement souri… s’émerveillant intérieurement à la pensée qu’elle avait trouvé une réponse.

… C’est incroyable, d’aimer quelqu’un si profondément pensa Arisuin.

Elle pourrait aimer son frère au point d’abandonner ses propres sentiments si précieux. Arisuin… ne pouvait plus faire une telle chose. Aimer les autres — aimer n’importe quel humain… c’était quelque chose qui le dépassait maintenant.

Tout ce que je peux faire, c’est maintenir les apparences, pensa-t-il.

Un corbeau parmi les cygnes. Il ne pouvait ni sentir la bonne volonté ni ouvrir son cœur. C’est pourquoi il considérait ses sentiments comme précieux. Il ne voulait pas les voir disparaître.

… Je suis inutilement sentimental, n’est-ce pas ?

C’était peut-être l’alcool. Un petit sourire ridicule était apparu, et Arisuin avala la dernière gorgée de son verre.

« D’accord. Je pense qu’il est temps pour nous d’y aller, » déclara Arisuin.

Mais il n’y avait pas eu de réponse. Quand il regarda Shizuku à ses côtés — .

*petit coup*

Elle était tombée doucement contre son bras droit.

« Zzzzz... zzz.... »

« Mon Dieu, oh mon Dieu, » s’exclama Arisuin.

Elle était enfin tombée endormie. La tension liée à ce qui l’inquiétait avait disparu une fois qu’elle avait trouvé sa conclusion. N’ayant pas d’autre choix, Arisuin avait réglé la facture, avait mis le petit corps de Shizuku sur son dos et avait quitté le bar. Shizuku était légère comme une plume, donc elle n’était pas du tout un fardeau.

« O... nii-sama…, » murmura Shizuku.

Peut-être que dans ses rêves, c’était son frère qui la portait. Elle murmurait alors qu’elle s’accrochait plus fort à Arisuin.

« Bon sang… ! Quel homme terrible tu es, Ikki, » déclara Arisuin.

Arisuin leva soudain les yeux vers les étoiles qui brillaient dans le ciel, et fit un seul vœu. Il souhaitait que les espoirs de cette gentille fille s’achèvent de la manière la plus heureuse possible.

***

Entracte

« Shizuku-chan est beaucoup trop admirable…, » déclara Kagami.

« Elle aime vraiment Ikki, n’est-ce pas ? » répliqua Arisuin.

« Au fait, Alice-chan, est-ce à cette époque que tu as commencé à te détourner de la Rébellion ? » demanda Kagami.

« … Je pense que oui. C’est quelque chose que j’ai ressenti au fond de moi. Voir quelqu’un de si admirable… attise les sentiments maternels, n’est-ce pas ? » répondit Arisuin.

« Comme on s’y attendait de toi — en tout cas, passons à l’événement suivant ! C’est relativement nouveau, et assez récent. Senpai est devenu l’un des meilleurs élèves de l’Académie Hagun et a écrasé Touka Toudou, la présidente de notre conseil étudiant et quart de finaliste. Il a été dans le coma à cause de la fatigue pendant une semaine, et pendant ce temps, Stella-chan et Shizuku-chan ont eu leur propre match, » déclara Kagami.

« Ah oui, c’est arrivé, » répondit Arisuin.

« En tant qu’instigatrice, bien sûr, tu t’en souviendrais facilement, » déclara Kagami.

« Mais je n’ai pas vraiment joué un tel rôle, donc je n’ai pas non plus beaucoup de détails, » répondit Arisuin.

« Eh bien, pour toi et pour nos lecteurs, votre journaliste Kagami a dû interviewé dur afin d’obtenir l’histoire complète, d’accord ~ ~ ? Maintenant, l’événement numéro trois. Un match à mort !? La Princesse Cramoisie contre la Lorelei ~ ! » déclara Kagami.

***

Chapitre 3 : Match mortel !? La Princesse Cramoisie VS Lorelei

Partie 1

La princesse cramoisie et le Pire étaient désormais dans une relation amoureuse. Au cours de la deuxième moitié des batailles de sélection des écoles, les plans du Comité d’Éthique avaient créé un scandale public et un tumulte, mais après la victoire du Pire et une déclaration du dirigeant de l’Empire Vermillon, le vent avait tourné tout aussi rapidement. Et pourtant, tous les problèmes n’avaient pas été résolus. L’un de ces problèmes était le sujet d’inquiétude pour le jeune homme grand et beau, Nagi Arisuin.

Debout devant la porte de sa chambre de dortoir, Arisuin poussa un petit soupir.

« … Haa. Qu’est-ce que je vais faire ? Eh bien, s’inquiéter ne résoudra rien, » déclara Arisuin.

Arisuin tourna la poignée de la porte et entra dans la pièce, pour voir la scène qu’il attendait devant lui. Bien qu’il soit midi, les rideaux étaient fermés et la pièce était dans l’obscurité totale. Les vêtements étaient éparpillés sauvagement, et les livres étaient éparpillés partout. Sur le lit, il y avait une pile de bouteilles en plastique et d’emballages de bonbons. Et… au milieu des ordures dispersées si largement qu’il n’y avait nulle part où marcher…

« Je t’aime, Shizuku. Même si je vais à Venise, je te veux à mes côtés, attaché à mon cœur comme du velcro. »

« Hehehehe… oui, bien sûr Issei-san. Sale copie d’Onii-sama. »

Se trouvant près de l’éclat pâle et fantomatique de l’écran de télévision, Shizuku était assise dans un maillot de corps, murmurant à elle-même tout cela.

« Shizuku, tu joues toujours à l’Académie Privée du Prince ? » demanda Arisuin.

« … Oh, tu es de retour… Héhé. Ce jeu est très intéressant. Ce n’est pas bon, mais ça a ses mérites, non ? Bien qu’honnêtement, ça devrait juste disparaître, » répondit Shizuku.

Les yeux de Shizuku regardant en réponse vers Arisuin étaient si ternes qu’il pouvait à peine dire si elle le voyait réellement. Arisuin ne pouvait que faire un sourire raide.

« Mais tu n’as pas pris d’autre route que celle d’Issei…, » déclara Arisuin.

« … Bien sûr que non ? Aucun des autres individus ne ressemble à Onii-sama. Eh bien, cet Issei n’a aussi que l’apparence d’Onii-sama, mais… pour une petite sœur sans valeur qu’Onii-sama n’a pas choisie, tout s’arrange, tu ne trouves pas ? Hehehehehehehehehe..., » répondit Shizuku.

C’est épouvantable ! pensa Arisuin.

Arisuin avait légèrement reculé devant le sourire et les paroles sans vie de Shizuku, et la façon dont sa tête grinçait quand elle se tournait. C’était le problème actuel sur lequel Arisuin s’inquiétait. Le choc d’Ikki et Stella déclarant leur amour devant la face du monde avait fait dérailler Shizuku. Concrètement… elle n’entretenait plus sa tenue ou ne gardait plus la pièce propre, et maintenant elle quittait la classe pour jouer à un jeu vidéo. À sa connaissance, elle avait joué vingt fois le même parcours de personnage. Pour Arisuin, c’était plus qu’une gêne extrême en tant que colocataire, car l’aura de défaite rayonnant de tout le corps de Shizuku détruisait aussi sa condition physique.

« Ne savais-tu pas déjà tout sur leur relation ? » demanda Arisuin.

« Oui… J’étais au courant, » répondit Shizuku.

« Mais à la fin, tu ne peux pas supporter de l’entendre de leur bouche, n’est-ce pas ? » demanda Arisuin.

« Ce n’est pas vrai. Si ça rend Onii-sama heureux, ça ne me dérange pas si Stella-san est à ses côtés au lieu de moi, » répondit Shizuku.

« Tes mots et ton comportement ne correspondent pas du tout, » répliqua Arisuin.

« Laisse-moi tranquille. Même si je deviens un poisson séché pendant qu’Onii-sama et Stella-san s’en vont de leur côté pour faire ceci et cela, cela ne te dérangera nullement, non ? » demanda Shizuku.

Shizuku détourna son regard d’Arisuin et retourna à son jeu. Son dos courbé montrait à quel point son cœur était blessé.

… Eh bien, c’est naturel, pensa Arisuin.

Arisuin regardait toujours Shizuku, alors il savait à quel point la fille aimait Ikki de tout son cœur. Bien sûr, elle devait être prête pour la révélation que son frère et Stella étaient devenus un couple sans que personne d’autre le sache. Elle avait toujours toléré qu’ils soient ensemble. Mais maintenant que le jour était venu, le sentiment soudain de vide, de défaite et de jalousie… le poids de la perte avait dû submerger sa résignation… cela devait être une lourde vérité à accepter. Mais n’ayant pas le choix, Shizuku s’était convaincue que c’était le résultat que son frère avait choisi. Rendre son frère Ikki heureux était le désir de Shizuku, et si Shizuku l’aimait inconditionnellement, elle ne trouverait pas de faute à cela.

Mais non. Deux émotions avaient traversé l’esprit de Shizuku. Le plus important était le bonheur d’Ikki. La partenaire qu’il avait choisie… était quelqu’un qu’elle devait accepter. Pourtant… l’affection était devenue de plus en plus forte dans son cœur au fil des ans, et même si elle était désespérée, elle ne pouvait pas simplement s’en défaire. Elle n’arrivait pas à concilier ces deux sentiments, et la réalité l’écrasait.

Peut-être… qu’on peut appeler ça de la force, pensa Arisuin.

Peut-être qu’elle pourrait être plus heureuse si elle oubliait ces émotions, mais Arisuin savait qu’elle ne pouvait pas le faire quand il regardait le dos de Shizuku. Ou plus exactement, même en sachant qu’ils ne seraient jamais justifiés, Shizuku n’avait pas l’intention d’abandonner ses sentiments pour son frère. Et elle souffrait maintenant.

Arisuin aimait Shizuku pour cela. Shizuku, qui aimait Ikki de tout son cœur quoiqu’il arrive, était quelqu’un qu’il respectait. Mais quand même.

La laisser seule est un peu pitoyable, non ? Se demanda Arisuin.

C’était dur de voir Shizuku comme ça. Et revenir dans une pièce frappée par un typhon était déplaisant.

Je dois lui remonter un peu le moral, pensa Arisuin.

Mais ça ne servait à rien de la consoler. Personne ne pouvait égaler Ikki dans son cœur, alors Arisuin ne pensait pas qu’il y avait des mots qu’il pourrait dire pour combler le vide. Au lieu de confort, Arisuin — avait fait à Shizuku une petite provocation.

« Eh bien, je te laisse tranquille si c’est ce que tu veux, mais… tout bien considéré, je suis un peu surprise que tu acceptes si facilement Stella-san, » déclara Arisuin.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Shizuku.

« Stella-san te convient-elle comme épouse de ton précieux frère ? » demanda Arisuin.

« … Onii-sama l’a choisie, » face au ton quelque peu moqueur d’Arisuin, Shizuku répondit d’une voix qui ne cachait pas sa morosité.

Le fait qu’elle ait elle-même reconnu la partenaire choisie par son frère n’avait pas d’importance. Mais face à la réponse de Shizuku, Arisuin avait souri avec une ruse mal cachée.

« Oh mon Dieu ? Je me demande si c’est assez ? » se demanda Arisuin à voix haute.

Shizuku ne semblait pas comprendre, alors il continua.

« Si l’amour mutuel finissait toujours par des mariages heureux, y aurait-il des divorces ? » demanda Arisuin.

« Qu’est-ce que tu dis ? » demanda Shizuku.

Le ton profondément précis d’Arisuin indiquait-il quelque chose de curieux ? Shizuku retourna tout son corps pour demander à Arisuin, et il répondit.

« Beaucoup de gens s’aiment aveuglément, et ceux qui s’aiment n’ont généralement pas les idées claires sur les défauts de leur partenaire, n’est-ce pas ? Et c’est d’autant le cas pour Ikki, qui a eu une vie assez dure pour que son bon sens soit déformé et qu’il fasse trop confiance aux autres, non ? Je me demande si Stella-chan est faite pour être son épouse. Peut-elle nettoyer et s’occuper de la maison ? Peut-elle préparer ses repas correctement ? Pour juger ces questions… plutôt que la personne elle-même, le rôle ne serait-il pas mieux assumé par quelqu’un de plus objectif, comme une belle-mère… ou un parent de sang ? » demanda Arisuin.

Les paroles d’Arisuin étaient à moitié sincères, à moitié trompeuses. Ce qu’il pensait personnellement, c’était que les gens en question avaient déjà assez de problèmes et ils subissaient déjà assez d’aversion de certains. Il n’aimait pas trop les commentaires des curieux qui regardaient une telle relation, et en plus, la situation d’Ikki et de Stella en était une où Stella avait la plus grande latitude pour choisir. Après tout, le clan Kurogane était une famille célèbre au Japon, mais elle était une princesse. Mais Arisuin avait délibérément évité de dire cela pour Shizuku. Le rôle qu’il lui avait suggéré était tout ce qu’elle pouvait faire pour son frère bien-aimé, et il sentait qu’elle en avait besoin pour s’y accrocher en ce moment.

« … C’est vrai, » déclara Shizuku.

Le cœur de Shizuku s’enflamma devant les mots d’Arisuin. La brume sur ses yeux s’était dissipée, remplacée par une lueur d’émeraude.

« C’est vrai, c’est vrai ! Tu as tout à fait raison ! » cria Shizuku.

C’était en effet le devoir d’une parente de sang, et seule Shizuku qui aimait Ikki du fond de son cœur pouvait l’accomplir. Son autre frère capricieux et son père méprisant étaient hors de question. Elle-même… si elle ne l’avait pas fait elle-même… ! Pour son frère !

« Je dois m’assurer que Stella-san puisse rendre Onii-sama heureux ! » déclara Shizuku.

Shizuku avait bondi comme si elle allait s’envoler. Ses yeux brillaient de force et son visage rayonnait de vitalité. Non seulement elle n’avait pas à abandonner son frère, mais elle pouvait agir pour lui.

« Merci, Alice ! Maintenant, je sais quoi faire ! » déclara Shizuku.

« Tu es de bonne humeur, et c’est le plus important, » répondit Arisuin.

Arisuin avait souri avec soulagement. Eh bien, c’était une restauration temporaire, puisque le fait que ces deux-là étaient un couple maintenant ne changerait pas, mais si Shizuku pouvait le faire et trouver une acceptation quant au choix de Stella… son cœur pourrait s’alléger un peu. Arisuin avait prié pour que quelque chose comme ça arrive. Bien sûr, cela pourrait causer des ennuis à Stella, mais c’était pour la jeune fille qui serait sa future belle-sœur, alors elle devrait être prête à s’impliquer et à aider.

***

Partie 2

Bien qu’elle ait été pleine d’émotions fortes et qu’elle n’ait pas beaucoup bougé ces derniers jours, Shizuku avait rapidement agi après s’être relevée. Elle avait immédiatement changé de vêtements, puis avait quitté la pièce pour trouver Stella et confirmer si Stella convenait à son frère. Arisuin, suivant son exemple, s’étonnait de cette vigueur.

« J’ai dit que tu n’avais pas de temps à perdre, mais je ne pensais pas que tu commencerais si soudainement, » déclara Arisuin.

« Il vaudrait mieux finir quelque chose comme ça pendant qu’Onii-sama dort, n’est-ce pas ? » demanda Shizuku.

« C’est vrai… mais as-tu pensé à la façon dont tu pourrais tester Stella-san ? » demanda Arisuin.

Shizuku hocha la tête grandement face à la question d’Arisuin.

« Oui, c’est certain. Je savais ce que je ferais sur le champ, » répondit Shizuku.

« Oh ? Et qu’as-tu trouvé ? » demanda Arisuin.

« Comme tu l’as dit, si elle peut nettoyer et s’occuper de la maison. C’est une princesse, donc je suis sûre qu’elle a été élevée dans une vie facile. Si je ne vérifie pas moi-même, Onii-sama pourrait finir par vivre dans une poubelle. Et peut-elle aussi cuisiner adéquatement ? Je n’accepterai jamais une femme qui ne sait même pas faire à la main un délicieux repas pour son mari ! » déclara Shizuku.

« Bien sûr, ces deux points sont vitaux, » répondit Arisuin.

Et c’était surtout le cas pour la cuisine. La cuisine d’une épouse bien-aimée n’était pas le genre de chose qui pouvait être faite par un serviteur ou compensée par une bonne compétence en entretien de maison.

Hmm, en parlant de ça…, pensa Arisuin.

Soudain, Arisuin interrogea Shizuku sur un sujet troublant. « Au fait, tu sais cuisiner, Shizuku ? »

« Bien sûr. Peut-être pas autant que la famille de Stella-san, mais la nôtre est aussi célèbre. J’ai appris de notre personnel, » répondit Shizuku.

« Oh. Alors ils sont de très bonne qualité ? » demanda Arisuin.

« Oui. La réputation des gens de la maison est superbe. Une critique a dit : “C’était si délicieux que j’étais comme en transe. De plus, rien qu’en mangeant, j’ai réussi à perdre trente kilos. Je suis si bénie !”, » répondit Shizuku.

Elle était si choyée quand elle était jeune !? Se demanda Arisuin.

« As-tu dit quelque chose ? » demanda Shizuku.

« La nourriture devait être très saine si on peut perdre du poids en la mangeant ! » répondit Arisuin.

« Hehe, n’est-ce pas ? Je t’en ferai la prochaine fois, » déclara Shizuku.

« Wôw…, » s’exclama Arisuin.

« Quoi qu’il en soit, j’aimerais avoir la chambre pour moi toute seule pour aujourd’hui. C’est d’accord ? » demanda Shizuku.

« C’est d’accord. Je suppose que je vais déranger Kagami en lui demandant de me laisser rester dans sa chambre, » déclara Arisuin.

« Je suis désolée, » déclara Shizuku.

« Ce n’est pas grave. C’est moi qui en ai parlé en premier lieu, » répondit Arisuin.

Et avec cela, les deux individus avaient décidé de leurs destinations séparées. En ce moment, ils étaient arrivés là où ils croyaient que Stella se trouvait, dans l’une des chambres d’hôpital présentes dans l’académie. C’était quatre jours après la dernière bataille décisive contre Raikiri. En raison des conséquences de l’utilisation d’Ittou Rasetsu au cours de cette bataille et des actions d’ingérence du Comité d’Éthique face à lui, la condition physique d’Ikki s’était effondrée et il ne s’était pas encore réveillé. Stella veillait aussi sur lui aujourd’hui.

« Alors, appelons Stella ? » demanda Arisuin.

« Attends, » soudain, Shizuku avait retenu Arisuin qui avait une main sur la porte.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Arisuin.

« Ça n’arrive pas souvent, alors je voulais voir si Stella-san surveillait bien Onii-sama, » déclara Shizuku.

« Ahh, c’est certainement important aussi, » déclara Arisuin.

Stella n’était pas une aide-soignante professionnelle, mais si elle ne pouvait pas prendre soin d’Ikki comme le ferait un membre de sa famille, alors elle ne serait pas apte à devenir son épouse. Une belle-mère considérerait cela comme quelque chose qui devait être confirmé. Cela dit, Stella avait aussi soigné Ikki avec dévouement après la bataille avec le Chasseur, alors elle avait probablement déjà passé le test. En y pensant, ils avaient ouvert furtivement la porte de la chambre d’hôpital d’Ikki, et là — .

« Merci pour le festin…, » ils entendirent ça.

— Avec les joues teintes en rouge, Stella semblait presser ses lèvres sur celles d’un Ikki inconscient.

En un instant, Arisuin avait senti la température autour de lui descendre au-dessous de zéro, et il se tourna vers Shizuku… mais il était déjà trop tard. Avec une vitesse réflexe qui rivalisait avec la Contre-Attaque Marginale, Shizuku avait formé des projectiles de glace — .

« Meurs ! » cria Shizuku.

« YAAAAAAA !? Quoi, un assassin !? » s’écria Stella.

Ne donnant à Arisuin aucune chance de la retenir, Shizuku avait commencé à tirer à travers la porte sur Stella comme une mitrailleuse.

***

Partie 3

« Qu’est-ce que tu faisais tout d’un coup !? N’importe qui d’autre serait mort, tu sais ! » s’écria Stella.

Après la bataille, le calme physique était retombé sur la chambre d’hôpital d’Ikki, dérangée seulement par les rugissements de rage de Stella pendant qu’elle retirait des aiguilles de glace de son front et les réponses de Shizuku d’une voix sauvage tandis que ses sourcils étaient plissés.

« Et toi, qu’est-ce que tu faisais à Onii-sama !? Quelle partie de tout ça était liée au fait de s’occuper de lui ? » demanda Shizuku.

« N-Non, c’était… Je vérifiais juste sa fièvre ! En utilisant son front ! » déclara Stella.

« Ne fais pas une excuse si nulle ! C’est une chambre de soins ! Il y a des thermomètres, non ? » demanda Shizuku.

« C’est vrai, Shizuku. C’est une chambre de soins, alors sois un peu plus calme, d’accord ? » déclara Arisuin.

« Ah, grr…, » grogna Shizuku.

Arisuin pointait vers la porte, qui était percée de trous. Derrière ces trous, les yeux injectés de sang d’une infirmière de l’école les fixaient tous les trois. Shizuku et Stella avaient endommagé les biens de l’école lors de leur première journée d’école et avaient été suspendues, alors bien sûr, elles feraient mieux de ne pas répéter cela. Shizuku baissa la voix et tourna un regard amer vers Stella.

« … Tch, maintenant j’ai honte à cause d’une certaine personne obscène, » déclara Shizuku.

« Ne m’appelle pas obscène ! » s’écria Stella.

« Comment appellerais-tu une femme qui fait des choses obscènes à Onii-sama alors qu’il est inconscient ? » demanda Shizuku.

« O-Obscène ? Ikki et moi sommes… euh… un couple, donc c’est normal qu’on s’embrasse. C’est vrai, c’est comme un salut. Ouais, » déclara Stella.

« Qui est un couple ? Qui ? » demanda Shizuku.

« Hein ? N’as-tu toujours pas accepté notre couple ? » demanda Stella.

Le visage de Stella avait montré la surprise. Elle pensait probablement à leur conversation précédente dans la salle à manger. Lorsqu’Ikki avait été appréhendé par le Comité d’Éthique, Shizuku avait entendu dire directement par Stella que les deux avaient une relation, mais Shizuku avait dit qu’elle le savait depuis longtemps et ne s’était pas plainte. Pourtant, Shizuku secoua la tête.

« J’ai juste dit que je savais que vous aviez cette relation. Je n’ai pas dit un seul mot comme quoi je l’acceptais, et je n’ai pas non plus la moindre intention de le faire, » déclara Shizuku.

« Ce n’est pas juste ! » s’écria Stella.

« Pas vrai, » répliqua Shizuku.

Niant catégoriquement l’accusation de Stella, Shizuku avait décidé que le moment était venu d’aborder le sujet d’aujourd’hui.

« Mais comme je suis une adulte, et non une personne débauchée, je vais faire un test pour savoir si toi, Stella-san, tu peux vraiment rendre Onii-sama heureux, et si tu mérites d’être son épouse, » déclara Shizuku.

« T-Test ? » demanda Stella.

« Oui. À moins que tu ne produises des résultats qui me satisfassent, je ne te reconnaîtrai jamais comme l’amoureuse d’Onii-sama, » déclara Shizuku.

Stella n’avait pas accepté la proposition de Shizuku. « Quelle blague ! Pourquoi dois-je faire quelque chose comme ça ? Ikki et moi avons déjà décidé de nos sentiments. Ça n’a rien à voir avec le fait que tu m’acceptes ou pas ! »

C’était probablement une gêne inutile pour une fille dans sa position, mais… ces mots n’avaient pas été bien choisis. Prétendre que Shizuku n’avait rien à voir avec des questions qui impliquaient Ikki, c’était comme appuyer sur un bouton.

« Ohh… ? Tu me voles mon Onii-sama, et tu dis que ça n’a rien à voir avec moi ? » s’écria Shizuku.

La température de la pièce baissa encore une fois, mais la voix de Shizuku était encore plus froide.

« Même si je suis la sœur d’Onii-sama qui pense toujours à lui et l’aime plus que quiconque… tu dis que ça n’a rien à voir avec moi ? » demanda Shizuku.

Sa voix était une voix dépourvue de chaleur de vie, comme celle d’un spectre qui parlait depuis les profondeurs chthoniennes. Même Stella avait été repoussée.

« Euh… C’est vrai ! Le plus important, c’est les sentiments des gens en question ! » elle s’était ressaisi et avait répondu sans reculer, mais — ce bluff n’avait duré qu’un instant.

« Je vois… si tu es confiante, qu’il en soit ainsi, » répliqua Shizuku. « Ne fais pas attention à moi, et continue à insister pour être l’amoureuse d’Onii-sama. Mais maintenant… Je détruirai définitivement ta relation avec lui. Peu importe où tu fuis sur cette Terre, peu importe, ce que j’ai à faire, je déchiquetterai ton bonheur en lambeaux. Et pas seulement ton bonheur actuel. Après tout… si tu décides d’emmener Onii-sama sans mon consentement, ne serait-il pas mieux de me tuer ici et maintenant, Stella-san ? »

« A… Argh…, » avait gémi Stella.

Le ton de Shizuku était serein et calme, comme s’il exposait une vérité simple, comme s’il prononçait la peine de mort. Face à cette haine indubitablement vraie, Stella avait cédé.

« B-Bien ! J’ai compris ! C’est bon si tu fais ton test, pas vrai !? » demanda Stella.

Un sourire doux et forcé apparut sur le visage de Shizuku. « Je pense que c’est un bon choix. »

Mais Stella n’avait pas simplement capitulé devant la demande de Shizuku. Elle avait pointé du doigt Shizuku et avait fait une contre-demande unique.

« Si je réussis ce test, tu accepteras qu’Ikki et moi soyons ensemble. Promets-moi de ne plus planer au-dessus de nous, » répliqua Stella.

Shizuku s’était tue. Si elle acceptait ça, et que par hasard Stella réussissait, elle n’aurait d’autre choix que d’accepter Stella comme partenaire convenable pour son frère. Mais si elle n’était pas d’accord, Stella ne passerait probablement pas le test. Après tout, Stella n’avait aucune raison d’accepter un match qui ne pouvait se conclure que par une défaite ou le statu quo.

« Très bien. Je doute qu’on m’oblige à accepter un lubrique qui ne peut même pas soigner un patient correctement, » répliqua Shizuku.

N’ayant pas le choix, Shizuku accepta la condition de Stella d’une voix calme et posée, mais l’hostilité faisait rage, sans autre raison que le spectacle précédent où elle avait vu une femme volant les lèvres de son frère. Impardonnable — .

« Je ne peux vraiment pas laisser Onii-sama à une fille comme ça, » déclara Shizuku.

Et en réponse, les yeux de Stella avaient brûlé d’assurance comme pour s’affirmer — .

« Tu l’as dit ! je te ferai regretter d’avoir pris à la légère la seconde princesse de l’Empire Vermillon ! » déclara Stella.

C’est ainsi que la bataille entre ces deux femmes liées, la princesse cramoisie et la Lorelei avait éclaté.

***

Partie 4

Après ça, Stella et Shizuku s’étaient séparées d’Arisuin, se dirigeant vers l’arène qu’était la chambre de Shizuku dans le dortoir. Pendant le trajet, Stella avait posé une question naturelle. « Au fait, quel sera ton test exactement ? Un match ? »

« Pourquoi ça devrait être ça ? Es-tu une barbare ? » demanda Shizuku.

La réponse de Shizuku était emplie de tant de dégoût que le visage de Stella avait rougi.

« Appelle-moi au moins chevalière ! » déclara Stella.

« C’est un test pour savoir si tu es apte à être l’épouse d’Onii-sama. C’est logique que je cherche des talents d’aide ménagère, non ? » demanda Shizuku.

« Mais une fois de retour au palais impérial, les servantes s’occuperont de tout ça, » déclara Stella.

« C’est peut-être vrai, mais une femme négligente qui laisse tout aux autres et qui n’a pas ses propres compétences est une femme que je n’accepterai jamais comme épouse d’Onii-sama, » déclara Shizuku.

« Grr…, » grogna Stella.

Stella avait fait un visage vraiment mécontent face aux paroles de Shizuku, mais pas parce qu’elle était une femme négligente. Shizuku ne comprendrait probablement pas, mais la situation de Stella était née de la propre famille impériale. Tout faire tout seul priverait de travail ceux qui servaient le palais, un acte qui offenserait même le public. Stella, qui employait ces travailleurs, n’était pas enthousiaste à ce sujet. Mais… elle avait compris le point de vue de Shizuku. Une femme devrait être capable de faire un peu de ménage.

Après tout, « épouse » s’écrit comme « femme » plus « maison », non ? [1] pensa Stella.

À Rome, faites comme les Romains. Si la coutume de ce pays était que les femmes fassent ce genre de travail, elle suivrait son exemple. Alors que Stella avait arrangé ses émotions — les deux jeunes femmes étaient arrivées dans la chambre de Shizuku.

« Maintenant, commençons le test immédiatement, » en disant cela, Shizuku avait ouvert la porte — .

« Wôw, il s’est passé quoi ici… ? » demanda Stella.

Des livres avaient été jetés de leurs étagères comme à la suite d’un tremblement de terre, et les vêtements étaient éparpillés des commodes comme si un volcan avait subi une éruption. Une couche d’emballages de malbouffe et de bouteilles d’eau en plastique surplombait le tout dans une zone sinistrée qui donnait envie aux spectateurs de se protéger les yeux.

« Alice et toi vivez toujours comme ça ? » demanda Stella.

« Quelle impolitesse ! J’ai éparpillé exprès ces choses pour ton test, c’est tout. D’abord, montre-moi ton habileté à nettoyer en rangeant cet endroit, » déclara Shizuku.

« Utilises-tu ce test comme excuse pour que je nettoie pour toi, c’est ça ? » demanda Stella.

« Comment… cela… pourrait… il… être… vrai ? » demanda Shizuku.

« Regarde-moi dans les yeux quand tu dis ça, » déclara Stella.

En voyant le visage de Shizuku tourné vers un avenir lointain, Stella était convaincue que son intuition était juste.

« Eh bien, très bien. Donc je devrais juste ramasser les ordures, ranger les vêtements et les livres, et rendre la pièce agréable, d’accord ? » demanda Stella.

« Oui. Mais pas seulement pour le rendre agréable dans un sens ordinaire, » répondit Shizuku.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » demanda Stella.

« Il y a une limite de temps de vingt minutes, » déclara Shizuku.

« Qu-Quoi ? Tu veux que je nettoie cette chambre en 20 minutes ? » demanda Stella.

« Oui. Ranger et enlever les ordures, bien sûr, et aussi passer l’aspirateur et essuyer le tout, » déclara Shizuku.

Stella regarda de nouveau la chambre de Shizuku, une chambre si encombrée qu’elle ne pouvait pas voir les lits.

Ranger les vêtements et les livres prendra tout ce temps, pensa Stella.

« Tu ne me laisses pas assez de temps pour passer l’aspirateur ou essuyer le sol, » déclara Stella.

Mais Shizuku avait rejeté cette protestation. « Il faut du talent pour résoudre ce problème, et c’est la rapidité et la qualité qui entrent en jeu. Et sinon, même les enfants font le ménage, alors bien sûr, tu peux le faire. »

« J’ai le sentiment que tu n’es pas un des enfants qui peuvent le faire, » répliqua Stella.

« Tu peux continuer à faire des commentaires ennuyeux si tu veux, mais le décompte est déjà commencé, alors tu devrais y aller, » déclara Shizuku.

Shizuku avait sorti son terminal étudiant de la poche de sa jupe. Le chronomètre avec vingt minutes déjà réglées y était affiché, et se déplaçait maintenant.

« Guh ! »

Bien que Stella savait que l’idéal de ce pays consistait à porter son fardeau et à se frayer un chemin à travers les difficultés, elle ne s’attendait pas à le vivre de cette façon.

Est-ce la tradition japonaise que les beaux-parents s’en prennent à la nouvelle femme ? Se demanda Stella.

Mais c’était un duel qu’elle acceptait, et céder serait une tache sur le nom de la famille royale Vermillion.

« Très bien. Je vais le faire ! » d’une voix confiante, Stella commença à nettoyer la pièce.

Notes

  • 1 Épouse s’écrit femme plus maison : est écrit comme plus .

***

Partie 5

Stella avait choisi de commencer par ranger les livres et les vêtements éparpillés. Après tout, elle ne pourrait pas passer l’aspirateur sans l’avoir fait en premier. Elle avait rapidement remis les livres sur les étagères dans l’ordre des volumes, puis elle avait plié proprement les vêtements et les avait rangés. Ses mouvements habiles étaient rapides et très minutieux. Cependant — .

Est-ce que ce genre de rigueur est suffisant ? Se demanda Stella.

Vingt minutes. C’était le problème. De plus, Shizuku voulait que Stella échoue au test, donc… il y avait des pièges, et Stella était tombée sur l’un d’eux.

« Hmm ? Est-ce à toi ? » demanda Stella.

Elle est tombée dans le panneau —, pensa Shizuku.

Stella regarda la couverture verte de l’album photo qu’elle avait pris, et Shizuku ricana.

« Oh, mon Dieu, qu’est-ce que c’est ? Étais-je si irresponsable que j’ai laissé tomber quelque chose d’aussi important sous le lit ? » demanda Shizuku.

« Tu l’as fait. Prends mieux soin d’un album d’enfance, » déclara Stella.

« Non, ce n’est pas à moi. C’est celui d’Onii-sama, et plus exactement de son école primaire, » déclara Shizuku.

Le corps de Stella trembla comme si elle avait été frappée par la foudre.

« Une collection de photos si précieuse, unique en son genre. J’allais le garder comme un trésor pour moi seule, mais… ahhh, quelle erreur ! » s’exclama Shizuku.

« Les photos de I-Ikki quand il était enfant…, » murmura Stella.

« Oui, d’Onii-sama dans son uniforme de gym et son maillot de bain, de lui dormant à midi avec son nombril exposé, et de nombreuses autres photos de mon adorable Onii-sama. Hélas, tu l’as trouvé, donc je suppose que je peux te laisser regarder à l’intérieur une fois, » déclara Shizuku.

« Je peux !? » demanda Stella.

« Oui. Vas-y, vas-y… mais le minuteur ne s’arrête pas, » déclara Shizuku.

Oui, c’était le piège de Shizuku. À l’intérieur de cet album se trouvaient des images du jeune Ikki que Stella ne connaissait pas. Cela ne pouvait pas échapper à son intérêt. Elle le voulait désespérément. Mais… c’est pour ça que le piège était efficace.

« Oh, mais si tu ne veux pas regarder, s’il te plaît, donne-le-moi au lieu de le mettre sur l’étagère. C’est mon trésor, donc je dois le cacher là où personne d’autre ne peut le retrouver, » déclara Shizuku.

« Uuuuuuuuuu... ! » Stella s’était plainte de sa faiblesse qui avait été si parfaitement ciblée.

Guh ! Cette Shizuku, c’est pour que je perds, n’est-ce pas… ! pensa Stella.

Après tout, la limite de vingt minutes était sévère. Même avec le plan de Stella, son rythme ne lui permettait pas de finir à temps. Elle ne pouvait pas se laisser aller une seconde de plus. Mais de voir Ikki lorsqu’il était un enfant et qu’il était en tenue de gym, maillot de bain… nombril…

Je veux… Je veux le voir, je veux le voir, je veux le voir, je veux vraiment le voir ! pensa Stella.

Elle le voulait désespérément. Ikki n’était pas du genre à apporter ses photos d’enfance au dortoir, donc elle n’avait jamais connu de telles choses. Quel genre d’enfant avait-il été ? Un garçon mignon avec un air d’adulte ? Ou serait-il un vaurien avec des bandages collés sur le visage ? Son imagination s’était détournée de la suggestion, mais…

Mais… !

« Tu es un monstre ! » s’écria Stella.

Forçant le désir magmatique qui jaillissait des profondeurs de son cœur, Stella lança l’album à Shizuku. Shizuku l’avait attrapé habilement, et avait fait un sourire d’intimidation.

« Oho… tu es sûre ? Ne veux-tu pas regarder à l’intérieur ? Tu n’auras pas d’autre chance, » déclara Shizuku.

« Non merci ! Une femme capable ne sera pas distraite de son ménage ! » déclara Stella.

« C’est beaucoup de bave là-bas, » s’écria Shizuku.

« C’est de la sueur ! » répliqua Stella.

Il semblait qu’une partie du magma avait émergé. En l’essuyant avec un avant-bras, Stella était retournée au nettoyage. Elle venait de discerner le piège, et le fait que Shizuku avait sérieusement essayé de la faire échouer. Elle ne pouvait plus perdre.

Je ne peux pas faire ce que tu veux ! pensa Stella.

Stella, brûlant d’un feu intérieur, commença à nettoyer la pièce encore plus efficacement qu’auparavant. Et enfin, elle avait fini de ranger les livres et les vêtements éparpillés qui ne laissaient nulle part dans la pièce pour se tenir debout avant ça venue. Voyant cette efficacité, même Shizuku, la juge, avait un peu gémi.

Je pense qu’elle est plus capable que ce à quoi je m’attendais, non ? Se demanda Shizuku.

L’efficacité de Stella et son amour de la propreté n’étaient pas différents de son colocataire Arisuin. Shizuku avait vu Stella comme quelqu’un de grossier, donc c’était une surprise. Que Stella n’ait pas regardé dans l’album, c’était aussi quelque chose que Shizuku avait dû réévaluer.

Mais… elle ne peut pas finir en 20 minutes, pensa Shizuku.

« Il reste 20 secondes. Quoi que tu fasses, on dirait que le test est terminé. Tu as fini de ranger les vêtements et les livres, mais tu n’as pas passé l’aspirateur et essuyé le sol. On ne peut pas appeler ça du succès, » déclara Shizuku.

Mais c’était inévitable. Quand elle avait demandé à Arisuin, qui considérait le nettoyage comme une spécialité, combien de temps il faudrait pour ranger la pièce, il avait répondu pas moins de trente minutes. Shizuku avait à l’origine l’intention de fixer la limite de temps à trente minutes, mais elle ne pouvait oublier cette tentative de baiser. Le crime avait alimenté l’incendie récemment refroidi dans Shizuku. Voler les lèvres de son frère bien-aimé ? Il n’y aurait pas de pardon facile. Seule Shizuku pouvait faire une telle chose. Donc, pénalité de 10 minutes. Stella n’avait aucune chance.

« N’ai-je pas encore vingt secondes ? » demanda Stella.

Stella, n’abandonnant toujours pas, se dirigea vers l’aspirateur qui se tenait près de la fenêtre. Mais…

« Plus maintenant. Cinq, quatre, trois, deux —, » déclara Shizuku.

Shizuku avait compté sans cœur. Et à ce moment-là…

Hein… !?

Stella s’était déplacée d’une manière surprenante. Sans prendre l’aspirateur, elle avait ouvert la fenêtre. Et…

« HAAAAAAAA ! »

« Eeeeekkkk ! »

Un vent enflammé avait jailli de son corps et avait brûlé la pièce en un instant. Seules la poussière et les ordures à l’intérieur avaient été affectées. La cendre fine des ordures brûlées s’était transformée en flamme qui s’était envolée par la fenêtre que Stella avait ouverte. Cela s’était dispersé dans le vent et s’était volatilisé. L’alarme du chronomètre avait retenti au même moment, et Stella se tourna vers Shizuku avec une fière expression.

« … Eh bien ? Il n’y a plus un seul déchet ou microbe dans la pièce. Tu ne peux pas te plaindre, n’est-ce pas ? » demanda Stella.

« Kuh... »

Je n’aurais jamais pensé qu’elle brûlerait les ordures et la poussière avec sa flamme… ! Comme c’est absurde ! pensa Shizuku.

Shizuku n’avait pas pensé à cette démonstration de pouvoir, et elle avait fait une tête amère. Oui, l’élimination simultanée des déchets et de la poussière ne nécessitait pas d’aspirateur et d’essuyage. Mais…

« Appeler cette habileté en nettoyage —, » commença Shizuku.

« Pour les Blazers, les compétences quotidiennes et l’utilisation quotidienne du pouvoir sont la même chose. En quoi est-ce différent de passer l’aspirateur à la main ? » demanda Stella.

« M... Mrgh… »

Elle n’avait pas de réponse. Elle aurait dû commencer par décider qu’aucun pouvoir ne serait autorisé. Sentant la douleur qui provoquait sa propre chute, Shizuku hocha la tête d’un air amer.

« … Eh bien, appelons ça une note de passage, » déclara Shizuku.

Hmph, très bien. Elle n’a passé qu’un seul test, pensa Shizuku.

Stella n’avait pas atteint la victoire totale. Après tout, il y aurait d’autres tests plus essentiels et plus difficiles.

***

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