Maou-sama no Machizukuri! – Tome 7

***

Prologue : L’influence du Mal sur Avalon

Nous étions retournés à Avalon.

En arrivant, j’avais demandé aux renards mythologiques travaillant comme servantes de guider Stolas et Enlil à ma résidence secondaire près du premier arbre.

Par la suite, j’avais écouté le rapport de la naine-forgeronne chargée de la défense d’Avalon pendant mon absence. Cette naine-forgeronne était aussi l’adjudante de Duke.

Je pensais que l’ennemi voulait que je me rende au donjon de Stolas pour attaquer Avalon, mais il s’était avéré que cette inquiétude était infondée.

J’avais aussi demandé au corps de renseignement, mais il semblerait que rien d’étrange ne se soit déroulé.

Après ça, je m’étais dirigé vers les magasins.

C’était pour pouvoir donner les récompenses aux démons ayant participé au dernier combat.

Récemment, Avalon était devenue si célèbre qu’il y avait un nouveau magasin presque tous les jours.

C’était au point que chaque fois que je visitais les quartiers commerçants, il y avait un nouveau produit me surprenant.

En tout cas, pour leur récompense, j’avais donné à chacun une somme d’argent que l’on pourrait qualifier d’énorme. S’ils ne trouvaient rien les intéressant, ils pouvaient simplement garder leur argent. Sinon, si jamais ce montant ne suffisait pas, je leur avais dit de me trouver pour que je leur en donne davantage.

Avec cela, tout le monde s’était séparé pour apprécier leurs achats.

« Père, regarde, regarde ! Est-ce que c’est mignon ? » (Kuina)

Kuina était la première à revenir pour me trouver. Elle portait une robe noire que je devinais qu’elle venait acheter.

Dans sa forme adulte, la robe lui allait bien.

« C’est très mignon. Tu ressembles à la fille d’un noble. » (Procell)

« Youpis ! Kuina est tombée amoureuse de cette robe au premier regard. » (Kuina)

Elle était vraiment de bonne humeur. En la voyant comme ça, même moi suis devenu heureux.

« Père, Kuina a encore beaucoup d’argent et veut toujours acheter des vêtements. Alors, viens avec Kuina choisir les vêtements qu’elle portera ! » (Kuina)

« Okay, d’accord, ne tire pas si fort. » (Procell)

Kuina tirait sur mon bras jusqu’à ce que nous ayons atteint son magasin de vêtement préféré.

Après avoir essayé une robe rose pâle avec des volants, Kuina l’avait acheté. Peu de temps après, elle était partie en tenant la robe comme si c’était un trésor.

En la voyant de si bonne humeur, il serait impossible de croire qu’elle boudait plus tôt.

Après avoir quitté Kuina, j’avais repris mon chemin dans les quartiers commerçants. Là, j’avais trouvé Aura. Elle achetait des produits chimiques et des matériaux douteux dans un magasin d’alchimie.

Beaucoup d’aventuriers s’arrêtaient dans la ville, il y avait donc une demande pour un tel magasin. En outre, à cause des marchands qui volaient partout dans le monde, ces magasins pouvaient obtenir n’importe quel ingrédient dont il avait besoin à n’importe quel moment. Grâce à cela, des alchimistes célèbres et des forgerons avaient migré les uns après les autres à Avalon et ouvraient leurs propres magasins.

Et puisqu’ils essayaient de se surpasser les uns les autres, Avalon devenait progressivement célèbre pour leur métier.

Pour les alchimistes et les forgerons, être dans un environnement avec un approvisionnement de partout dans le monde tant qu’ils avaient de l’argent était inestimable.

Et puis, puisque ces alchimistes et forgerons avaient besoin de leurs propres ateliers et magasins, il y avait aussi une forte demande pour les bâtisseurs. Pour aller plus loin, les gens visitaient ou migraient à Avalon pour les marchandises ou les produits des alchimistes et des forgerons ou autres, et plus la demande pour des nécessités et autres choses de ce genre augmentait.

Si c’était laissé ainsi dans un tel cycle, j’étais sûr qu’Avalon se développerait seule. C’était vraiment génial, mais puisque j’aurais alors du temps libre, je pensais ouvrir un magasin que nous pourrions gérer directement.

« Aura, si tu en as besoin pour faire des potions, tu n’as pas besoin d’utiliser ta récompense. Si tu trouves que le budget mensuel ne suffit pas, je peux toujours l’augmenter. » (Procell)

Au début, Aura devait se procurer elle-même les matériaux pour le développement de ses potions, mais maintenant, il y avait des marchands où nous pouvions acheter des matériaux. En utilisant leur réseau, l’on pouvait obtenir n’importe quel matériel de n’importe quelle partie du monde.

« Ce sont effectivement des ingrédients pour la fabrication de potions, mais pour être précis, faire des potions est mon hobby. Je ne peux donc pas utiliser le budget mensuel pour mon propre hobby. Ce serait un détournement de fonds, n’est-ce pas ? » (Aura)

Aura était curieusement ferme et intraitable sur ce sujet.

Après l’avoir entendue parler, j’avais eu une intuition terrible.

Les potions faites par Aura étaient des ajouts importants à l’arsenal d’Avalon. Cependant, de temps en temps, elle ferait aussi des choses absurdes dans le cadre de son passe-temps. Tels que la création d’un aphrodisiaque, de parfums faisant aimer l’utilisateur par les animaux, et une potion pouvant augmenter les niveaux d’hormones féminines jusqu’à cent fois, faisant même passer un homme pour une belle femme.

Pour empirer les choses, elle ne faisait pas que les fabriquer. Elle les vendait aussi pour de l’argent de poche. Parfois, ses produits étaient la cause de problèmes.

« ... Fais-le avec modération, d’accord ? » (Procell)

« Bien sûr ! Aussi, récemment, j’ai trouvé ce livre incroyable et rare. Il s’appelle Curaga. S’il est lu normalement, il s’agit de recette de cuisine, mais si un codage est utilisé, beaucoup de choses étonnantes pouvaient être vues. Certaines de ces recettes étaient magnifiques, elles feraient même douter un fabricant de potions. Elles valent vraiment la peine ! » (Aura)

Il vaut mieux de pas demander.

J’avais choisi de croire qu’elle ne ferait rien de vraiment dangereux.

Après avoir parlé un peu plus avec Aura, j’avais quitté ce magasin.

« Ah ! Chef, ici, par ici. Je suis tombée à court d’argent. J’ai besoin de plus ! » (R’lyeh)

Cette fois-ci, c’était la chanteuse de l’autre monde aux cheveux bleus, R’lyeh, qui m’avait interpellé.

Si quelqu’un devait dépasser le budget, je pense qu’elle était bien le genre à la faire.

Le montant que j’avais donné à mes subordonnés cette fois comme récompense était à peu près équivalent à la moitié du revenu annuel d’un citoyen moyen dans notre ville. Si ce montant ne suffisait pas, la chose qu’ils allaient acheter devait être incroyable.

« ... Est-ce ce que tu veux ? Est-ce vraiment ça ? » (Procell)

« Oui, oui, absolument oui ! Alors, achetez-le pour moi, Chef. » (R’lyeh)

En essayant peut-être de gagner mes faveurs, elle me serra le bras.

Avalon avait une abondance d’argent en stock grâce à la mine, donc l’argent n’était pas un problème. Le problème était lié à ce que Ruru voulait acheter, un crâne de monstre que je ne connaissais pas.

« À quoi est-ce que ça va te servir ? » (Procell)

« On dit qu’une fois broyé, bouilli, puis bu, ce serait merveilleux pour la gorge. C’est un médicament légendaire. Et je suis une chanteuse. S’ils disent que c’est bon pour la gorge, je me dois de l’obtenir. Je peux aussi y ressentir de la puissance magique, alors je ne pense pas que ça soit une arnaque. » (R’lyeh)

Comme elle l’avait dit, il y avait un pouvoir magique émanant du crâne. Ce n’était pas le genre de pouvoir malveillant non plus. Au contraire, c’était un pouvoir magique pur et clair. Si l’on disait que le crâne était bon pour le corps, je serais d’accord.

« Bien, assure-toi de tout utiliser, sans gaspiller. » (Procell)

« Bien sûr, chef. » (R’lyeh)

Avec un soupir, j’avais effectué le paiement.

Je n’avais jamais pensé qu’une pièce de platine serait utilisée dans un magasin relativement petit.

Heureusement, j’avais pris de l’argent par prudence.

« Pour vous remercier, chef, pourquoi ne chanterais-je pas une chanson pour vous ? Si vous le souhaitez, je pourrais même chanter lorsque nous serons au lit. » (R’lyeh)

« À la place, je vais l’écouter. Que dirais-tu dans ce bar que tu fréquentes ? » (Procell)

« Tsk, une réponse si ennuyeuse. Mais dans tous les cas, merci. Avant la fin de ce combat, j’avais trop chanté et cela avait endommagé ma gorge. J’espère que cela pourrait la réparer. » (R’lyeh)

Après avoir posé un baiser sur ma joue, elle posa le crâne sur sa tête puis sortit en marchant habilement et en dansant.

« ... j’étais sûr qu’elle voulait juste quelque chose de cher, mais je suppose qu’elle voulait vraiment cette chose, hein. » (Procell)

Sa joie n’était pas quelque chose pouvant être feint.

Si c’était pour apaiser sa gorge, j’avais pensé que je pourrais demander à Aura de faire quelque chose.

En tout cas, il semblait que mes autres démons aient fini leurs achats. Compte tenu de cela, j’avais pensé retourner à la maison, car il était maintenant improbable que les autres démons soient également hors budget.

Quand j’avais pensé à de telles choses, j’étais tombé sur Duke.

« Qu’as-tu acheté, Duke ? » (Procell)

« Juste des cadeaux pour ma femme. Un gâteau de cette célèbre pâtisserie, des fleurs, une bouteille de vin millésimé et du fromage de qualité. J’espérais que ce soir, ma femme et moi serions en mesure de profiter d’une bonne soirée en couple. » (Duke)

Comme prévu d’un homme marié.

Duke était attentionné non seulement vers ses subordonnés, mais il était très affectueux aussi envers sa femme.

Même si seulement un peu, je devrais essayer d’être comme lui.

« Penses-tu que je devrais aussi prendre un cadeau pour Rorono ? » (Procell)

Rorono était la seule parmi mes démons du Pacte n’ayant pas été amené pour la dernière bataille.

La raison pour laquelle elle avait été laissée à Avalon était parce que le travail de reconstruction des chevaliers d’Avalon était une priorité. En outre, pour les défenses d’Avalon, elle et son unité de golems ne pouvaient être loin de la ville.

« C’est une bonne idée. Rorono-sama n’exprimera pas son mécontentement, mais elle est comme Kuina-sama au niveau du fait d’être gâté ainsi que pour leur susceptibilité... et si elle cache son stress, j’ai peur qu’elle ait plus besoin de soin que Kuina-sama. Elle aime les bonbons, alors lui en donner pourrait aider. » (Duke)

« Merci pour ta perspicacité. Je vais suivre ton conseil et regarder aux alentours. » (Procell)

« Cela pourrait être présomptueux de ma part, mais j’ai quelques recommandations à vous faire. Tout d’abord, le magasin avec la crème fraîche la plus délicieuse est... » (Duke)

Comme ça, Duke avait énuméré les magasins qu’il recommandait.

C’était atrocement détaillé.

Quand j’avais demandé pourquoi il s’y connaissait autant, il avait dit que depuis qu’il était devenu un dragon et avait acquis le sens du goût, il avait pris goût aux bonbons et mangeait souvent dans ces magasins avec sa femme quand ils avaient du temps libre.

Après avoir vu un tel côté de Duke, j’avais inconsciemment souri. Je pensais que je connaissais mes démons, mais apparemment pas assez.

Quoi qu’il en soit, j’étais allé à un magasin recommandé par Duke et acheté des choux à la crème figurant sur l’enseigne du magasin.

Le bon goût de la crème ne ressemblait à aucun autre. Et avec un peu de liqueur, c’était juste parfait pour Rorono qui avait tendance à se surmener.

Comme j’étais rentré à la maison, heureux de manger ce que j’avais acheté, j’avais senti un impact sur mon dos.

C’était une attaque-surprise faite par quelqu’un de petit portant une petite robe et une courte lame.

Cependant, plutôt que de me blesser, la lame s’était brisée.

Le fait d’avoir trois démons de Rang S comme démons de Pacte démoniaque ainsi que mon niveau élevé, j’étais aussi fort qu’un démon de Rang S moyen.

De plus, les vêtements que je portais pouvaient sembler ordinaires, mais en fait, c’était un objet spécial fait par Rorono en utilisant les fils solides d’un certain monstre.

Un simple humain avec un couteau si faible ne pourrait jamais espérer percer cette tenue.

Pour cette raison, j’étais confiant dans le fait d’être seul, sans escorte.

En tout cas, j’avais saisi la main de l’attaquante.

« Que pensez-vous faire ? » (Procell)

« L-La-Laissez-moi partir, démon ! Oui, je sais ce que vous êtes !! » (Vieille dame)

L’agresseur était juste une femme âgée.

Son niveau était bas et n’était évidemment pas entraîné à se battre.

Quant à pourquoi elle m’avait attaqué, je ne pouvais me souvenir avoir fait quoi que ce soit pour gagner une telle animosité.

Mais ensuite, j’avais remarqué une croix en bois pendant à son cou. À ce moment-là, j’avais compris pourquoi.

Encore un harcèlement gênant...

Les golems qui patrouillaient dans la ville s’étaient précipités vers nous et avaient saisi la vieille femme.

Chaque fois qu’un événement violent se produisait, ces golems y répondraient. Ensuite, ils étaient chargés de déposer les auteurs à un certain endroit.

Pour celle-là, j’avais décidé de laisser le reste aux golems.

Je n’avais pas eu besoin de l’interroger, car il lui était impossible d’avoir de significatives informations.

« Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! C’est de la tyrannie ! Vous montrez enfin vos vraies couleurs ! Vous n’êtes pas bienveillant, vous n’êtes qu’un démon ! » (Vieille dame)

Pendant que les golems l’emmenaient, la femme criait de telles choses.

Malgré tout, la plupart des citoyens ne prêtaient pas attention à ses mots. Il y avait beaucoup d’aventuriers dans cette ville et de temps en temps, ils devenaient incontrôlables, alors les golems transportant quelqu’un n’étaient pas une scène si rare.

Cependant, le problème était que seuls la plupart des citoyens ne payaient pas attention à ça. En d’autres termes, quelques-uns le faisaient.

« C’est pourquoi je déteste les religions. » (Procell)

La croix qu’elle portait était la preuve qu’elle croyait à la religion fondée par le Seigneur-Démon Noir.

Les croyants pouvaient être très utiles.

Même si vous n’envoyez pas d’espions, tant qu’il y avait de zélé croyant, vous pourriez facilement les transformer en espion et même en assassins contre les gens avec qui ils vivaient.

Basés sur les réactions de la vieille femme, les croyants disaient probablement que j’étais un démon pour les inciter à me tuer. Elle n’était probablement pas la seule à essayer de faire cela. Vraiment gênant.

J’étais sûr que c’était une autre forme de harcèlement de la part du Seigneur-Démon Noir.

Il n’y avait peut-être pas d’autre Seigneur-Démon plus doué dans le harcèlement que lui.

En répandant de petites épines, il pourrait potentiellement nous détruire de l’intérieur. Si on les laissait tranquilles pendant un certain temps, les imbéciles pourraient être incités à me chasser et à prendre la ville pour eux-mêmes, alors qu’en même temps, quelque chose comme un soulèvement de l’intérieur pourrait être lancé.

« Dois-je commencer ma propre religion ? » (Procell)

En pensant que c’était une bonne idée, j’avais commencé à penser à un plan.

Si c’était bien fait, je pourrais être en mesure d’arracher une partie de son revenu. Non, certainement.

À cette fin, je devrais faire en sorte que ses croyants le dénoncent et méprisent son pouvoir.

« Attaquer March et Stolas ne t’avait pas suffi, n’est-ce pas ? Maintenant, tu essaies d’attaque Avalon. Je vais te faire payer le prix de cela. » (Procell)

J’avais atteint il y a longtemps les limites de ma patience.

Il semblait me prendre de haut parce que j’étais jeune, mais bientôt, il comprendrait enfin la puissance du Seigneur-Démon de la Création.

***

Chapitre 1 : Conflit préliminaire

J’étais retourné à ma résidence principale, j’avais rassemblé les lettres, et m’étais dirigé vers la calèche tirée par un golem proche du premier arbre.

La calèche n’était pas ordinaire. Rorono l’avait créée pour devenir un mode de voyage aérien, mais aussi quelque chose dans lequel nous pouvions vivre confortablement.

Bien que ma capacité de Création soit revenue, je n’étais toujours pas au sommet de ma forme. J’avais toujours besoin de l’environnement fourni par le premier arbre.

« Je suis revenu. Aujourd’hui, cela a été très fatigant — ! » (Procell)

En entrant dans la calèche, mes yeux s’élargirent.

À l’intérieur, il y avait Stolas, toujours endormie. C’était prévu, j’avais demandé aux renards mythologiques de l’amener ici.

Le problème était… qu’Aura embrassait Stolas. Je voyais aussi la gorge de Stolas bouger.

Après le long baiser, Aura se recula.

La vue de deux belles filles s’embrassant était mystérieusement étrange et excitante pour moi.

Aura avait toujours aimé les belles filles et Stolas en était indéniablement une, mais je ne m’attendais pas à ce qu’Aura agisse ainsi.

Me remarquant, Aura se tourna vers moi.

« Euh ! Maître, je peux dire par l’expression de ton visage ce que tu penses, alors laisse-moi te dire ce qu’il se passe, je lui donnais juste des médicaments. La potion est très visqueuse, donc Stolas-sama endormie ne pouvait boire que comme ça. » (Aura)

« Je ne vois pas de quoi tu parles, je pensais que c’était le cas. Aura, merci de lui avoir donné des médicaments. » (Procell)

La seule façon de faire boire la potion curative à Stolas était par le bouche-à-bouche.

Pendant ce temps, Enlil, sous sa forme de chat, était à côté de Stolas et la regardait avec inquiétude.

« Enlil, je me sens mal que tu sois le seul à ne pas avoir reçu de récompense, alors je t’ai acheté quelque chose de bien. Viens ici une seconde. » (Procell)

Autre que les choux à la crème que j’avais achetés pour Rorono, j’avais aussi acheté à Enlil un gros morceau de viande duquel on voyait l’os sortir.

Je n’étais pas familier avec le genre de viande que c’était, mais elle en restait délicieuse.

C’était un article recommandé que j’achetais de temps en temps pour que je puisse le manger en buvant de l’alcool.

Il était venu récupérer la viande avec sa bouche, mais avait rapidement détourné le visage.

Dans sa forme de chaton, il était vraiment adorable. Même s’il était froid, étrangement, cela ne me dérangeait pas. Au contraire, cela me donnait envie de le caresser. Alors que j’essayais de le faire, mon bras tendu avait été repoussé par sa queue.

« Je pense que tu devrais essayer de devenir plus amical, même si c’est juste un peu. » (Procell)

Enlil m’ignora, me tourna le dos, puis recommença à regarder Stolas en étant inquiet.

Il semblerait qu’il faille un certain temps avant qu’il puisse se sentir attaché à moi.

Dans un sens, il ressemblait à un chat.

« Alors, Aura, comment va Stolas ? As-tu prévu de faire un examen plus approfondi sur elle avec les installations présentes ici ? » (Procell)

« Oui, j’ai essayé différentes choses et ai fait une potion adaptée à son état. À ce rythme, elle devrait se réveiller d’ici une semaine. Le retour de ses pouvoirs en revanche, arrivera beaucoup plus tard. » (Aura)

« Je vais considérer cela comme une bonne nouvelle. » (Procell)

J’étais soulagé de savoir que la belle au bois dormant allait se réveiller.

En tant qu’ami, je m’inquiétais pour elle. En tant que rival, l’idée de l’abandonner de cette façon me rendait un peu triste.

« Maître, s’il te plaît, note cela, d’accord ? Si tu devais nommer quelqu’un comme March-sama, il est probable que tu finisses comme elle, voire pire. Si tu venais à nommer quelqu’un comme March-sama, attends que tout soit calme. S’il te plaît, prépare-toi aussi à souffrir autant, voir plus. Je suis sérieuse en te disant cela. » (Aura)

Aura avait un regard plus sérieux que d’habitude sur son visage.

C’était un peu triste qu’elle n’ait pas confiance en le fait que je m’abstienne que je fasse une telle chose.

« Je garderai cela à l’esprit. » (Procell)

De toute évidence, perdre conscience pendant un temps était mauvais, d’autant plus que de nombreux Seigneurs-Démons étaient jaloux et en colère contre moi.

Nommer quelqu’un comme March devrait attendre que je sois devenu bien plus fort que je ne le suis.

Cela dit, je voulais remplir ma promesse envers Ruru le plus tôt possible.

Comparé à Duke, je ne souffrirais probablement pas autant, mais le choix du moment et des préparations étaient encore nécessaires.

« Aura, avons-nous un autre lit ? » (Procell)

« Il y en a peut-être dans la résidence principale, mais pour pouvoir les amener, il faudrait d’abord les démonter. Cela prendra du temps. » (Aura)

« Dois-je en créer un ? … Non, je pense qu’il vaut mieux réserver ce pouvoir magique pour nos explosifs. » (Procell)

Selon la préférence de Rorono, il n’y avait qu’un seul lit dans cette calèche.

Cette fille avait délibérément installé un seul lit, même s’il était très grand, afin que nous puissions dormir tous tous les jours à côté de l’autre. Contrairement à ce qu’il se passait ici, l’arrangement dans ma résidence principale n’était que pour une seule des filles, sélectionné par roulement.

Le lit était large pour Kuina, Rorono, Aura et moi-même. Même si nous ajoutions Stolas, ce serait toujours confortable. La question cependant, était plutôt de savoir si nous devrions ou non la faire dormir dans ce même lit avec nous.

Nah, je suis sûr que ça va.

J’avais conclu que c’était un problème mineur. Ce n’était pas comme si j’avais l’intention de l’attaquer ou autre. De plus, j’avais prévu de placer mes filles entre nous, afin que Stolas soit physiquement hors d’atteinte.

De toute façon, c’était juste pour une nuit. Le lendemain, j’allais acheter un lit chez un marchand de la ville.

« Kuina et Rorono sont en retard. » (Aura)

« Je pense que Kuina-chan est au milieu de son entraînement spécial. Bien qu’elle ait un nouveau mouvement spécial, elle semble penser qu’elle peut encore l’améliorer. Alors, après être revenue et m’avoir prévenue, elle est allée à la Caverne cramoisie pour l’améliorer. Quant à Rorono-chan, elle a travaillé tout ce temps, je suis inquiet. Cette date limite pourrait vraiment avoir raison d’elle. » (Procell)

« Ces deux travaillent dur, n’est-ce pas ? Bien sûr, toi aussi. » (Aura)

« Pas autant que toi ou ces deux-là, mais je ne vais pas refuser ce compliment. » (Procell)

Mes démons faisaient vraiment de leur mieux. Je le devais aussi.

Mes yeux avaient erré puis s’étaient arrêtés sur les lettres que j’avais reçues. Les lettres m’étaient adressées et provenaient des marchands de la ville, mais il y en avait d’autres.

Alors que je regardais les lettres, j’avais continué à parler avec Aura.

« Oh oui ! Alors que je me baladais dans Avalon aujourd’hui, j’ai eu une idée intéressante. Premièrement, je pense que nous devrions augmenter le nombre de magasins que nous gérons directement. » (Procell)

À l’heure actuelle, Avalon gérait directement seulement trois magasins, la forge de Rorono, la boutique des renards mythologiques, et l’auberge de Duke.

Pour harceler le Seigneur-Démon Noir, et pour développer davantage Avalon, je pensais que nous devions créer de nouvelles boutiques.

« Quel genre de boutique ? » (Aura)

« ... » (Procell)

Tout en parlant avec Aura, j’avais inconsciemment froissé la lettre que je tenais.

« Quelque chose ne va pas, Maître ? » (Aura)

« Oui. Une lettre désagréable était mélangée dans celles-là. » (Procell)

Une lettre particulière ne pouvait être ignorée ou prise comme une blague. C’était dans une enveloppe portant le blason de la famille royale d’Axera.

Même avant de la lire, j’avais une prémonition me faisant penser que ça serait ennuyeux, au mieux. En la lisant, mes soupçons s’étaient révélés vrais, et ainsi, j’avais froissé la lettre.

« À quel point est-elle désagréable ? » (Aura)

« Juste un peu. Juste assez pour me donner envie de détruire un royaume. » (Procell)

« Ça semble amusant. Mais si c’est le cas, notre stock de balles ne serait pas suffisant. Il en manque beaucoup. Nous allons encore plus faire travailler Rorono-chan, n’est-ce pas ? » (Aura)

« Aura, je ne pense à ça que de temps en temps, mais même si tu es calme et douce, tu es la plus sanguinaire de nous tous, n’est-ce pas ? » (Procell)

« C’est un non-sens, Maître. Je suis une elfe qui aime la nature et la paix. » (Aura)

Je faisais de mon mieux pour me retenir de lui dire qu’elle était une maniaque de la gâchette.

« Au cas où ce n’est pas évident, je plaisantais juste sur la partie de détruire un royaume. Quoi qu’il en soit, selon la lettre, la royauté d’Axera va personnellement visiter Avalon, la seule et unique ville de cette région reculée. Pour établir une relation amicale qu’ils disent. » (Procell)

Il n’y avait personne d’assez idiot pour prendre ces mots au pied de la lettre. Après tout, il y a quelques mois, nous étions en guerre contre Axera. Et pour couronner le tout, leur religion d’État était celle fondée par le Seigneur-Démon Noir.

En ce moment, ce royaume devrait encore souffrir de la précédente attaque du Seigneur-Démon Dragon.

Bien qu’être amical avec eux soit correct, leur raison de le faire était évidente, obtenir quelque chose pouvant aider à vaincre le Seigneur-Démon Dragon. À savoir l’unité de golems, le corps de bombardement aérien, qu’ils avaient vu lors de notre précédente guerre, ainsi que des informations sur nos vastes fonds.

Je ne pouvais penser à aucune raison pour laquelle les aider à faire tomber Astaroth, quelqu’un à qui je devais beaucoup.

En outre, le choix du moment permettait de se poser des questions.

« Non, ça tombe pile-poil au bon moment. Il ne veut vraiment pas laisser tomber, n’est-ce pas ? » (Procell)

C’était sûrement une autre de ses stratégies.

Si je refusais cette demande de coopération, cela serait considéré comme un signe d’hostilité contre le royaume. Comme Avalon était une ville commerciale, les commerçants qui s’associeraient à nous seraient négativement affectés et seraient peut-être forcés de rester à l’écart, ce qui nuirait à notre économie et à notre croissance.

D’un autre côté, si nous devions coopérer, nous deviendrons ennemis avec le Seigneur-Démon Dragon.

Aucun des choix n’était idéal.

« Mais il me regarde encore trop de haut. » (Procell)

Je pouvais utiliser ce mouvement et le piéger à la place.

Plus que tout, je pourrais deviner ce qu’il comptait proposer lors de notre rencontre deux jours plus tard, selon toute vraisemblance, ce pourrait être bon d’avoir un accord de non-intervention.

Il était convaincu que son camp aurait un avantage énorme si jamais nous nous affrontions, un accord pouvait donc rester attrayant pour nous.

Il semblait aussi convaincu que le royaume d’Axera resterait à jamais son pion. Si c’est le cas, alors exploitons cette conception qu’était la sienne.

Mon plan était d’agir, pour l’instant, en fonction des attentes du Seigneur-Démon Noir afin que je puisse lui faire suffisamment baisser sa garde pour pouvoir le piéger.

Alors que je pensais à de telles choses, j’avais écrit une lettre de réponse.

***

Chapitre 2 : Vie quotidienne joyeuse et les préparatifs pour la contre-attaque

J’avais terminé ma lettre de réponse pour la famille royale d’Axera. Comme il était déjà tard, j’avais prévu de l’envoyer le lendemain.

Il y avait peu de chance que les membres de la famille royale viennent tout de suite sans avertissement. Je m’attendais à ce qu’ils envoient au moins une délégation. Si ma supposition était bonne, ils allaient arriver après ma rencontre avec le Seigneur-Démon Noir.

La question était donc de savoir jusqu'à quel point la famille royale était au courant de la réalité.

S’ils savaient que le dieu de leur religion était en fait un Seigneur-Démon, ma rencontre avec elle serait plus simple. Parce que si c’était le cas, ils devaient ressentir beaucoup d'émotions négatives envers le Seigneur-Démon Noir pour avoir manipulé comme il le souhaitait leur pays.

Eh bien, je m’en occuperai plus tard.

« Kuina de retour ! » (Kuina)

« Je suis de retour aussi, Maître. » (Rorono)

Kuina et Rorono venaient de revenir à la maison.

Kuina ne portait pas la robe que nous avions achetée plus tôt, mais plutôt sa tenue de combat habituelle. Quant à Rorono, son visage était couvert de suie.

Quand j’avais essayé d’essuyer la suie, elle s’était mise à rougir comme si elle était embarrassée.

« Bon retour, vous deux. Devrait-on commencer à manger tout de suite ? » (Procell)

« Youpis ~ un repas a meilleur goût après beaucoup d’exercice. » (Kuina)

« ... J’ai utilisé mon cerveau à la limite, un apport en sucre est nécessaire. » (Rorono)

Oh, les deux semblent avoir très faim.

Nous, les Seigneurs-Démons, pouvions survivre en ne consommant que des émotions humaines. Et aussi longtemps que je restais à Avalon, je n’avais pas besoin de m’en préoccuper. Cela dit, nous mangions trois repas par jour comme une forme de loisir.

« Alors, pour votre travail acharné aujourd’hui, je vais vous faire à dîner. Puisque le bœuf était bon marché, je pensais faire un ragoût de bœuf au vin. » (Aura)

« Du ragoût de vin Youpis~ ! Aura-chan est la meilleure ! » (Kuina)

« Je suis d’accord. Les autres ne peuvent se comparer. » (Rorono)

Aura utilisait librement sa magie de vent pour faire d’un pot classique un pot à pression. Comme ça, elle était capable de faire un ragoût de bœuf avec de la viande tendre en peu de temps.

Certains pourraient dire que c’était un gaspillage d’utiliser la magie du vent pour ça, mais vu le goût, je dirais que ça en valait la peine.

Le ragoût de bœuf au vin d’Aura était l’un de mes plats préférés, alors j’avais hâte d’y être.

☆☆☆

Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais la vue du dos d’Aura alors qu’elle se tenait dans la cuisine était merveilleusement parfaite. C’était vraiment quelque chose à voir. Bien que Kuina et Rorono aient aussi l’air mignonnes en aidant en cuisine, ce n’était pas comme avec Aura.

« Eh bien, mangeons. » (Aura)

Avait annoncé Aura en plaçant un grand récipient plein de ragoût.

De notre côté, il y avait une salade de tomates et de laitues ainsi que de la purée de pommes de terre.

Au fait, les pommes de terre étaient l’une des cultures les plus importantes d’Avalon. Avant d’en créer avec ma Création, elles n’existaient pas dans ce monde. Au fil du temps, nous en avions facilement fait pousser et récolter plusieurs fois.

Grâce aux Elfes bénissant continuellement les terres d’Avalon et qui géraient aussi la météo, les pommes de terre — ainsi que les autres cultures — étaient facilement cultivées et récoltées ici dans la ville d'Avalon. À l’heure actuelle, les plats contenant des pommes de terre gagnaient en popularité et pouvaient être trouvés dans presque tous les restaurants de la ville.

Les pommes de terre étaient également vendues à l’extérieur d’Avalon. Et d’après les histoires que j’avais entendues, on cultivait aussi les pommes de terre à l’extérieur en utilisant les plants vendus par les fermiers.

Cela dit, étant donné que la saveur causée par les bénédictions des elfes rendait les pommes de terres d’Avalon bien plus savoureuses, la popularité de nos récoltes n’en était pas affectée. En outre, si les humains en dehors d’Avalon avaient des pommes de terre, ils prospéreraient et augmenteraient en nombre. Plus il y en avait pour nous nourrir, mieux c’était.

Je pensais à de telles choses alors que nous avions commencé notre repas.

« Comme prévu, le ragoût d’Aura-chan est le meilleur ! Et quand la purée de pommes de terre est trempée dans cette sauce, elle devient encore meilleure ! » (Kuina)

« ... ça va bien avec l’alcool. » (Rorono)

Kuina prit une énorme quantité de purée dans son assiette, tandis que Rorono buvait de l’alcool fort d’une traite.

Étant donné que Rorono était une naine, elle était plutôt friande d’alcool et pouvait en boire beaucoup. Je ne pense pas l’avoir jamais vue saoule avant.

Auparavant, Aura était opposée à ce que les enfants boivent de l’alcool, mais après avoir considéré les traits de races, elle ne s’y était plus opposée.

Quant à Kuina, elle n’aimait pas le goût de l’alcool et n’en buvait pas du tout. Son sens du goût était proche de celui d’un enfant.

« Rorono, si tu bois trop d’alcool, tu ne grandiras pas. Tu grandis encore, n’est-ce pas ? » (Aura)

Après avoir regardé les poitrines d’Aura et de Kuina, Rorono regarda la sienne et rangea la bouteille d’alcool qu’elle buvait.

On dirait qu’elle veut toujours grandir.

« Je comprends. Je vais arrêter de boire de l’alcool. » (Rorono)

Juste après avoir dit ça, elle avait bu du vin à partir d’une nouvelle bouteille.

« Attends ! Qu’est-ce qui est arrivé avec le fait de s’arrêter ? N’est-ce pas aussi de l’alcool ? » (Aura)

« Ce n’est que du jus de fruits. C’est moins de 50°. Pas suffisant pour être appelé alcool. » (Rorono)

Dit-elle avec un regard sérieux.

Comme attendu d’un nain. Une telle force.

J’avais ensuite regardé Aura qui était ravie en regardant Rorono et Kuina manger. Comme elle aimait les jolies filles, la vue de deux jolies filles qui mangeaient devait être un régal absolu pour elle.

Et aussi, même si elle aimait beaucoup les jolies filles, il semblerait qu’elle ait un faible pour Kuina et Rorono.

Et puis, comme si c’était un tour de cirque, l’énorme quantité de ragoût et de purée de pommes de terre avait disparu en un instant.

L’estomac d’un enfant qui grandit était sans fond.

Après avoir fini notre repas et quelques discussions, j’avais sorti mon cadeau pour les filles : les choux à la crème que j’avais achetés.

« Je suis allé au magasin qui, selon Duke, a les plus délicieux choux à la crème et en ai acheté. Rorono, en guise de compensation pour être restée ici, tu en as deux. » (Procell)

J’en avais donné deux à Rorono et un à chacune.

« Woah, sucré~ ! » (Kuina)

« Une pâtisserie avec beaucoup de crème. Ma préférée. Merci, père ! » (Rorono)

« Maître, sont-ils ceux qui sont toujours vendus très rapidement ? Je ne peux croire que vous ayez réussi à en acheter. » (Aura)

« De la chance peut-être ? » (Procell)

En fait, au moment où j’étais arrivé au magasin, ils avaient déjà vendu tout leur stock. En me voyant, cependant, le commerçant m’ayant reconnu avait essayé de m’aider en proposant d’en faire une nouvelle fournée.

Je lui avais dit de ne pas me faire de traitement préférentiel, mais il avait insisté. J’avais des sentiments mitigés, mais vu que cela rendrait les filles heureuses, ça ne m’avait pas vraiment dérangé.

« Wôw, la partie de pain est si croquante. » (Kuina)

« C’est la première fois que je goûte une crème si savoureuse. » (Rorono)

« Ce pain croquant et cette crème moelleuse... Hmmm, c’est super. » (Aura)

Quand elles avaient goûté au chou à la crème, elles étaient devenues fascinées. Bien qu’elles aient déjà tellement mangé, ce n’était apparemment pas un problème.

En tout cas, j’avais décidé d’en manger un aussi. Et c’était incroyable. Un certain temps était passé et pourtant il n’était pas détrempé ou quoi que ce soit du genre. Au moment où je l’avais mis dans ma bouche, j’avais senti son croquant et avais senti sa douceur.

Et puis, la légère crème fouettée s’était répandue dans ma bouche. C’était juste la bonne quantité de douceur. C’était un témoignage de l’habileté de l’artisan.

Récemment, la crème pâtissière gagnait en popularité, mais personnellement, je préférais beaucoup le goût de la crème fouettée.

« Kuina, tu as de la crème sur la bouche. » (Procell)

« Essuyez-là pour Kuina, Père. » (Kuina)

Kuina avait alors dit cela en approchant son visage. J’avais fait ce qu’elle demandait et avais essuyé la crème de son visage, mais dès que je l’avais fait, elle avait léché la crème qui était encore sur le doigt que j’avais utilisé.

« Sucré~~ ! » (Kuina)

Quelle fille gâtée !

J’avais alors senti le regard de Rorono sur moi. Quand j’avais regardé dans sa direction, j’avais vu que son visage était rouge et avait de la crème dessus. Est-ce qu’elle imitait Kuina ?

J’avais fait ce qu’elle voulait, et tout comme Kuina, elle avait aussi léché la crème que j’avais sur le doigt.

Pendant ce temps, Aura était aussi extatique que toujours en regardant Kuina et Rorono.

Pouvoir être décontracté comme ça est si relaxant. J’espère que nous pourrons continuer à être comme ça pour toujours.

« Maintenant que nous avons mangé, maître, allons à la source chaude. » (Aura)

« Youpis~ ! Prenons tous un bain ensemble aujourd’hui aussi. » (Kuina)

« Mhm. Ça m’aidera à diminuer ma fatigue et me permettra aussi de travailler la nuit. » (Rorono)

Prendre un bain dans la source chaude pour mon traitement était devenu un événement quotidien.

Comme les elfes bénissaient la source chaude, elle avait gagné des effets curatifs. Et puisque le bain que j’utilisais actuellement était béni par Aura elle-même, elle avait des effets curatifs encore plus puissants.

Naturellement, nous l’avions utilisé pour m’aider à récupérer plus rapidement.

Après que nous ayons tous accepté de prendre un bain, les filles avaient rassemblé leur accessoire de bain et leurs serviettes, leurs vêtements de rechange, leur savon, et leur seau dans lesquels elles mettaient tous leurs autres accessoires.

En plus de cela, Aura avait étrangement préparé un autre ensemble de vêtements. Après cela, elle avait ensuite porté Stolas pendant qu’Enlil portait le seau dans sa bouche.

« ... Aura, attends. Que fais-tu ? » (Procell)

« Je me prépare à entrer dans le bain avec tout le monde. » (Aura)

« Je sais, mais avec Stolas ? » (Procell)

Comme si c’était évident, Aura me regarda en étant perplexe.

« Afin de la faire récupérer plus vite — même un peu — ne devrions-nous pas utiliser les effets curatifs de la source chaude ? » (Aura)

« ... tout le monde, allez-y alors. Je prendrai un bain plus tard. » (Procell)

Quand j’avais dit cela, Kuina avait gonflé ses joues. Elle avait ensuite commencé à tirer ma manche pendant que Rorono suivait le mouvement et tirait l’autre côté.

« Non ! Tout le monde doit prendre un bain ensemble. » (Kuina)

« On se sent seul sans vous, Maître. » (Rorono)

« Hey, je comprends ce que vous ressentez, mais c’est injuste pour Stolas. Oh, Aura, que dirais-tu d’aller prendre ton bain seule avec Stolas après ? » (Procell)

« Vous être horrible, Maître. Me laisser dehors alors que vous savez à quel point j’aime me baigner avec tout le monde... Mais si vous me l’ordonnez, je le ferai. Je suis votre démone et j’obéirai même si ça me fait pleurer. » (Aura)

Je pourrai certainement le lui ordonner, mais cela ferait de moi un Seigneur-Démon plutôt cruel.

Je n’en suis pas un et je ne veux pas le devenir. Alors on ne peut rien y faire. Je vais essayer de ne pas regarder Stolas autant que possible.

« D’accord, allons-y tous ensemble. » (Procell)

En m’entendant, mes démones étaient devenues heureuses.

En les voyant comme ça, je ne pouvais m’empêcher de me demander si elles n’avaient pas tout planifié.

Ces filles étaient très déterminées.

J’avais souri amèrement et avais ensuite commencé à me préparer pour le bain.

☆☆☆

« Ouais, prendre un bain ensemble comme ça est génial. » (Aura)

« C’est le paradis. » (Kuina)

« Mhm. » (Rorono)

« Oui, comme je le pensais. Kuina-chan et Rorono-chan avec la peau rougie sont assez mignonnes. » (Aura)

Pendant que nous nous relaxions dans le bain, j’avais pu confirmer la croissance des filles.

C’était léger, mais Rorono avait vraiment grandi. En tant que leur père, j’en étais heureux.

« S’il vous plaît, restez tranquille, Maître. Je vais m’occuper de Stolas-sama. Je ne la laisserai pas couler et ne la laisserai pas trop longtemps dans l’eau. » (Aura)

Au fait, Aura tenait Stolas encore endormie pendant qu’elles étaient dans l’eau. J’avais essayé de ne pas regarder autant que possible, mais ce que je pouvais voir de Stolas était magnifique. Sa poitrine ne semblait pas grande, mais ses membres étaient minces et sa peau était belle. Elle avait un charme qui fascinait les hommes.

« Père, lavez la queue de Kuina aujourd’hui aussi. » (Kuina)

« Maître, je vais vous laver le dos. » (Rorono)

Comme d’habitude,  Kuina et Rorono étaient de bonne humeur.

Enlil était aussi avec nous. Son expression faciale ne semblait pas plus détendue que d’habitude. Quand nos yeux s'étaient rencontrés, il avait détourné le visage. Toujours le même.

En mettant cela de côté, je m'étais concentré sur le bain. Mon travail pour l’instant était d’être dans la meilleure condition possible avant ma rencontre avec le Seigneur-Démon Noir.

☆☆☆

Après le bain, je m'étais dirigé vers l’entrepôt à côté de l’atelier de Rorono.

Là, j’avais utilisé ma Création autant que mon pouvoir me le permettait pour créer des matériaux pour une invention récente. Cette invention serait nécessaire dans la lutte contre le Seigneur-Démon Noir. Dans un sens, c’était un outil plus destructeur qu’une bombe.

Après avoir utilisé ma Création, je m'étais dirigé vers l’atelier de Rorono.

Rorono était là et elle était encore en pleine action alors même qu’il faisait nuit.

« Rorono, désolé de te déranger, mais j’ai une faveur à te demander. » (Procell)

Rorono était déjà surchargée de travail, mais j’avais besoin d’elle pour cette invention.

Comme je ne pouvais pas dire qu’elles étaient les cartes dans la main du Seigneur-Démon Noir, je n’avais d’autres choix que d’améliorer les miennes, peu importe l’effet.

Que le combat commence à nouveau.

***

Chapitre 3 : Oracle Divin

Après le bain, je m’étais dirigé vers l’atelier de Rorono.

Afin de surmonter les stratagèmes du Seigneur-Démon Noir, les talents de Rorono étaient absolument nécessaires.

Dès que j’étais arrivé, je lui avais remis un plan. Cependant, ce n’était pas pour une arme.

J’avais essayé de le faire moi-même avec ma Création, mais le résultat n’avait pas été aussi bon que souhaité. Il était clair que l’aide de Rorono était nécessaire.

En examinant le plan que je lui avais donné, elle avait hoché.

« C’est intéressant. Cette chose peut simultanément transmettre la voix et la forme de la personne partout dans la ville. Si le Maître veut devenir un dieu, cette chose transformera votre message en un message d’oracle. » (Rorono)

Comme attendu d’elle, elle était capable de voir ce que je voulais faire tout de suite.

« Rorono, désolée de te donner encore plus de travail. » (Procell)

« Mhm, ça va. Je suis après tout votre fille et une démone du pacte démoniaque. Tant que Père aura des attentes pour moi, je m’efforcerai de continuellement y répondre. » (Rorono)

En l’entendant volontairement m’appeler Père plutôt que maître, j’ai pu comprendre la profondeur de sa résolution.

Et puis, quand j’avais soudainement regardé le mur, j’avais vu que les horaires de ses projets y étaient posés.

Priorité maximum : Réparer et augmenter la production des Chevaliers d’Avalon

Priorité maximum : Développer de nouvelles armes pour Kuina

Priorité maximum : Augmenter la production de fusils d’assaut pour le groupe de R’lyeh

Priorité maximum : Produire à nouveau une MOAB

Priorité maximum : Développer de nouvelles bombes pour le corps aérien

Priorité : Augmenter la puissance de l’armure mécanique

Priorité : Développer l’arme exclusive de Duke

Priorité : Développer l’arme exclusive de March

Priorité : Résolution des problèmes et amélioration de l’arme des chevaliers d’Avalon

Priorité : Création de contre-mesures contre la défaillance des infrastructures provoquée par une augmentation soudaine de la population. Création de plans de reconstruction

Priorité : Améliorer à nouveau les golems de mithril

Priorité : améliorer les chariots spéciaux des Hippogriffes.

Priorité : Entraînement des nouvelles Naines forgeronnes

Le simple fait de regarder la liste de ses priorités était vertigineux.

Et ce n’étaient que les plus urgents. Elle devait encore faire son travail régulier, comme ses fonctions de chef de l’unité de golems.

Il n’était pas exagéré de dire qu’elle portait le poids de l’avenir d’Avalon sur ses petites épaules.

Pour être honnête, l’accabler de plus de travail me faisait souffrir. Mais c’était nécessaire.

« Rorono, désolé je ne peux pas réduire ta charge de travail. Cependant, si cela t’aide, j’écouterai n’importe laquelle de tes requêtes et j’essaierai de te l’accorder… de plus, je veux que tu exprimes d’avantages ton égoïsme. » (Procell)

Dans le cas de Kuina, je n’avais pas à m’inquiéter, car si elle voulait quelque chose, elle le dirait. Rorono, cependant, elle était toujours réservée, et ça m’inquiétait de temps en temps.

« Mhm. Alors, faites-moi un câlin, Père. Juste votre étreinte me suffit pour être heureuse et me sentir bien. » (Rorono)

« Je vois. » (Procell)

Quand je l’avais enlacée par-derrière, elle s’était collée contre moi.

Après un moment, elle s’était relevée.

« La recharge de la chaleur de Père est complète. Je vais retourner travailler. Père, attendez-vous à quelque chose de bien. Je vais faire du mieux que je puisse faire. » (Rorono)

Après avoir dit cela, elle avait commencé à utiliser plusieurs PC à la fois et avait travaillé sur le plan.

Elle était vraiment fiable.

Et s’il y en avait deux comme elle ?

Une fois que Stolas sera réveillée, je pourrais lui demander d’utiliser sa compétence sur Rorono pendant une courte période pour améliorer sa productivité. Si ma demande était acceptée, cela réduirait la charge de travail de Rorono, même si c’était faible.

Pour aider Rorono, j’avais fait du café.

C’était une boisson des pays du Sud qui avait commencé à circuler dans la ville.

Après lui avoir donné le café, j’avais pensé partir. Quoi que ce soit d’autre risquerait de la gêner dans son travail. Pendant que je le pensais, la porte s’ouvrit.

« Rorono-chan, Kuina a fait quelques sucreries ! Tu pourras les manger plus tard, si tu le souhaites ! » (Kuina)

À crier Kuina avant de repartir.

Quand j’étais parti, un panier était à l’entrée. À l’intérieur, il y avait une tarte aux fruits.

Je l’avais ramassé et m’étais dirigé vers Rorono.

En pensant que la tarte irait bien avec le café, j’en avais coupé une part et l’avais servi à Rorono avec le café.

« Merci, Père. » (Rorono)

« Est-ce que Kuina vient souvent ici ? » (Procell)

« Oui. Récemment, elle a apporté des sucreries maison. Afin de ne pas déranger mon travail, elle les laisse devant la porte. Au début, ce qu’elle faisait était affreux, mais au fil du temps, ils sont de mieux en mieux. Aura est très douée pour enseigner. » (Rorono)

Il semblerait que Kuina s’inquiétait aussi pour Rorono et faisait son possible pour l’aider.

« Vous aussi, mangez, Maître. » (Rorono)

Rorono m’avait offert de la tarte tout en tenant sa tasse de café et regardant un PC.

J’avais pris une bouchée. La texture n’était pas superbe, mais c’était délicieux. C’était surprenant que Kuina l’ait fait. En mordant dans la tarte, la confiture de fruit aigre-doux avait éclaté et s’était mélangée avec la couche de croûte.

« Je suis vraiment surpris. C’est vraiment bon. » (Procell)

« Chaque fois que je fais du travail mental pendant une longue période, j’ai tendance à vouloir du sucre. Considérant que c’est Kuina, c’est très bien penser. » (Rorono)

Les coins de sa bouche étaient relevés quand elle le disait.

Le fait que Kuina ait fait cette tarte spécialement pour elle la ravissait probablement plus que le goût.

Les voir si proches était superbe.

Après lui avoir dit qu’elle pouvait le faire une dernière fois, j’étais parti de son atelier.

J’avais décidé que tout comme Kuina, je devais soutenir autant que je le pouvais Rorono.

*

Enfin, c’était le jour de ma rencontre avec le Seigneur-Démon Noir.

Alors qu’en surface, il pourrait sembler que mes seules escortes aujourd’hui soient Kuina et Ruru. J’avais placé mes autres démons dans mon Stockage comme assurance.

En outre, la réunion d’aujourd’hui devait être une discussion et non une bataille, c’était ce à quoi je m’attendais.

Surtout que le Seigneur-Démon Noir était celui choisissant l’endroit de la réunion.

J’avais envoyé Ruru en avance pour examiner l’endroit, et bien qu’elle ait confirmé qu’il n’y avait pas de pièges, je devais toujours rester sur mes gardes.

De toute façon, Aura était venue pour me voir partir.

Elle allait protéger la maison en mon absence cette fois.

« Prenez soin de vous, maître. » (Aura)

« Je le ferai. Prends soin de Stolas, s’il te plaît. » (Procell)

« Oui. Son état pourrait s’améliorer, mais cela ne veut pas dire qu’après tout, nous pouvons nous détendre tout de suite. » (Aura)

Comme Aura l’avait dit, la condition de Stolas s’était améliorée. Elle devrait bientôt pouvoir se réveiller.

Juste quand j’étais sur le point de monter sur un Dragon des Ténèbres et de partir, j’avais entendu des pas pressé venir vers moi.

Quand je m’étais retourné, j’avais vu une silhouette de la taille de Rorono portant une grande sacoche.

Il s’était avéré que c’était Rorono, mais comme elle avait couru pour venir, sa respiration était laborieuse.

« Maître, je l’ai terminé, la chose que vous m’aviez demandé de faire, “Dispositif de Multiplexage Audio Stéréophonique et à Affichage d’Images Spatiales”… l’oracle divin. » (Rorono)

Rorono avait sorti de sa sacoche un appareil séparé en trois unités.

Je n’aurais jamais imaginé qu’elle serait capable de le compléter si rapidement, et pourtant c’était le cas.

Si nous l’utilisions, nous serions en mesure d’envoyer mon image et ma voix à tous les humains de la ville en même temps.

Comme un oracle divin le ferait.

C’était tellement ridicule que je ne pouvais m’empêcher de rire. Après tout, avoir une voix plus forte dans une discussion augmentait les chances d’être entendu.

Surtout dans ce monde où les méthodes de diffusion de l’information à plusieurs personnes en même temps étaient rares voir inexistantes.

Dans une petite ville compacte, cet appareil aurait non seulement un plus grand impact sur les gens, mais la rapidité et l’exactitude du transfert d’information qu’il apporterait étaient bien plus grandes.

En outre, il était plausible pour les gens de ce monde de voir une telle chose comme une œuvre de dieu.

L’invention de Rorono révolutionnerait sans aucun doute le monde.

« Excellent travail, Rorono. » (Procell)

J’avais inconsciemment serré Rorono.

Bien qu’elle parut surprise au début, elle n’avait pas résisté et m’avait rendu l’étreinte.

Elle avait vraiment répondu à mes attentes.

Si nous utilisions cet appareil, je serai sur l’attaque. Quand on l’utilisait avec un autre outil, non seulement on pouvait y arrive, mais on pouvait aussi aller à l’encontre de ce type jusqu’à sa chute.

« Tu mérites vraiment une récompense une fois de retour. Essaye d’y penser. Tu devrais demander quelque chose de plus incroyable que la fois précédente. » (Procell)

« … Mhm. Je vais y réfléchir. » (Rorono)

Nous nous enlacions toujours, donc je ne voyais pas son visage, mais je pouvais voir ses oreilles rougir.

Bien que c’était amusant de penser à la façon dont je pourrais utiliser cet appareil pour harceler ce gars, il n’y avait plus de temps. Je devais partir immédiatement pour ne pas être en retard.

Et ainsi, le Dragon des Ténèbres que je montais avait battu des ailes. Nous étions maintenant sur le chemin pour la réunion. Dès le début, ni le Seigneur-Démon Noir ni moi n’attendions que l’autre soit sincère. Tout ce à quoi nous pensions, c’était des façons de battre l’autre sans en arriver au combat physique.

***

Chapitre 4 : Négociation avec le Seigneur-Démon Noir

J’étais monté sur le dos du Dragon des Ténèbres et étais parti d’Avalon.

Les filles étant avec moi étaient Kuina et Ruru.

Si c’était le duo Kuina et Ruru pour me protéger, j’étais sûr d’être à l’abri de la plupart des menaces, à la fois dans le monde normal et l’autre dimension.

En guise d’assurance, j’avais placé certains monstres fiables dans mon Stockage.

« Père, nous ne sommes pas censés nous battre aujourd’hui, n’est-ce pas ? » (Kuina)

« Oui, c’est vrai. Il vaut mieux ne pas se battre. Mais si jamais l’autre côté commence, je compterai sur vous. » (Procell)

« Nous ferons de notre mieux ! » (Kuina)

Kuina serra le poing et déclara cela.

J’étais content pour ça et tout le reste, mais je préférerais qu’il n’y ait pas de situation pour qu’elle fasse de son mieux en premier lieu.

« Patron, je me demande depuis un moment maintenant, mais pourquoi n’as-tu pas appelé March-sama et ses démons à Avalon ? S’ils étaient là, Avalon serait beaucoup plus sûre. » (R’lyeh)

Ruru appréciait le paysage et chantonnait en pensant à cette question.

March était retournée dans son donjon. Le démon qu’elle m’avait prêté était également reparti.

Dès le début, elle était occupée à reconstruire son donjon et ne faisait que venir pour m’apprendre comment utiliser correctement l’Éveil.

« Peut-être, mais tu vois, ils sont occupés à reconstruire leur donjon. De plus, si nous les invitons pour ça, je ne pense pas que nous pourrons grandir. Les affaires d’Avalon sont celles d’Avalon, et les affaires du donjon de March sont celles de son donjon. Je voudrais séparer nos affaires autant que possible. Bien sûr, quand une crise arrivera, nous coopérerons. » (Procell)

Avalon était finalement ma propre marque. Si je devais amener un tas de démons de March, cela ne serait plus vraiment Avalon.

« Oui, je suppose. Je veux dire, que se passerait-il si un démon inconnu apparaissait soudainement et agissait comme s’il possédait l’endroit ? » (R’lyeh)

« Kuina est d’accord ! » (Kuina)

J’étais content que les deux soient d’accord, mais là encore, pour motiver et stimuler nos forces, échanger des démons entre donjons pourrait être intéressant.

Je pensais à cela quand le Dragon des Ténèbres avait commencé à décélérer.

Le temps de réflexion était terminé. Notre destination était proche.

Le Seigneur-Démon Noir avait choisi notre lieu de rencontre dans le Nord, une ville d’un grand pays. Apparemment, il avait choisi cette ville parce que c’était un endroit que nos deux influences n'atteignaient pas.

Maintenant, qu’est-ce qu’il va essayer de faire ?

*

Environ trente minutes plus tôt que l’heure fixée, nous avions atteint le lieu désigné. C’était le genre de magasin pouvant être appelé un bar élégant. L’éclairage donnait une atmosphère particulière.

À l’intérieur, il y avait un homme portant une mince robe noire.

« Bienvenue, junior. Je suis tellement content que tu sois venu. » (Noir)

L’homme m’avait alors appelé d’une voix amicale. Bien sûr, c’était le Seigneur-Démon Noir. Pour une raison inconnue, il ressemblait au Seigneur-Démon du Temps.

Cependant, son narcissisme, son dédain et son mépris envers l’autre étaient évidents au premier regard.

Tout aussi évident, c’était l’entêtement dans ses yeux.

En un seul regard, je savais qu’il était le type de personne que je n’aimais pas.

« Quand tu me menaces comme ça, peu importe à quel point je ne voulais pas venir, je n’avais pas le choix. » (Procell)

Je parlais humblement comme on le ferait à un senior, mais ce type agaçant ne méritait même pas un tel traitement.

Derrière lui se tenaient deux chevaliers vêtus d’une armure noire.

Comme j’étais actuellement, je pouvais voir la force de ces deux démons. Ils étaient de Rang A ayant été entraîné au maximum.

Ils étaient forts, mais pas absurdement forts. Ils n’étaient pas comme les filles, Duke, ou Enlil qui étaient bien au-delà de la norme.

Si un combat devait commencer, Kuina pourrait probablement les détruire en un instant.

Cela dit, mes instincts m’avertissaient que ces deux n’étaient que là pour décorer, et que les vrais gardes étaient cachés ailleurs. Selon moi, commencer un combat ici pourrait être fatale.

« Désolé de t’avoir menacé. Eh bien, c’était juste que je voulais vraiment te parler, Procell, à tout prix même. Je doute que tu sois venu si je n’avais pas fait quelque chose comme ça. Et il semble qu’il y ait des malentendus à mon sujet. Laisse-moi d’abord aborder quelques-uns de ces points. Je pense que tu le sais, mais cette menace n’était qu’une blague. Je n’avais aucune intention d’attaquer la Seigneur-Démon du Vent. » (Noir)

Il déclara cela avec un sourire vicieux.

Très probablement, il agissait ainsi pour m’énerver. Je ne peux pas le laisser diriger la conversation. Je dois me calmer.

« Était-ce juste une blague ? » (Procell)

« Avant cela, au lieu de rester ici, asseyons-nous. Les cocktails du barman sont superbes. Surtout le Seigneur-Démon Noir que j’ai commandé. C’est tellement bon, ça pourrait t’envoyer au paradis. Donc, barman, deux Seigneurs-Démons Noirs. » (Noir)

« … arrête de parler pour ne rien dire. Tu es mon ennemi. Qu’est-ce qu’il y a avec cette attitude trop amicale ? » (Procell)

Je m’étais assis, mais je n’avais pu retenir mon irritation plus longtemps.

« Ennemi ? Quelle blague ! Procell, je suis un camarade qui te comprend, qui a suivi le même chemin que toi. Nous sommes tous les deux intelligents. Nous ne sommes pas comme les autres Seigneurs-Démons idiots qui aiment tuer les humains. » (Noir)

« Ne me mets pas dans le même panier que toi. » (Procell)

« Haha, ça fait mal d’être aussi détesté… Mais d’abord, laisse-moi me présenter officiellement. Je suis le Seigneur-Démon Noir, Balam. D’accord pour gagner ta confiance, je vais te parler de ma capacité. À l’origine, comme tu peux l’imaginer, je ne partage pas cela avec d’autres personnes, mais puisque c’est toi, je ferai une exception. Ma capacité est Noir. Fondamentalement, je peux utiliser n’importe quel pouvoir associé à la couleur Noir. Aussi, comme toi, j’ai une médaille de Rang A. En d’autres termes, je suis l’un des rares élus. » (Balam)

Il y avait beaucoup de Seigneurs-Démons qui considéraient que le fait d’avoir des médailles de Rang A était quelque chose de très spécial. Il semblerait qu’il était l’un d’entre eux.

J’avais connu de vieux Seigneurs-Démons qui avaient des médailles de Rang A, à savoir Bête, Temps et Dragon, et ils avaient tous un charisme. Cependant, je ne pouvais pas sentir des choses de ce type.

« … Je suis le Seigneur-Démon de la Création, Procell. » (Procell)

« Devrais-je t’appeler Procchi ? » (Balam)

« Arrête de jouer. Je me répète. Pour avoir blessé March et tenté de tuer Stolas, tu es mon ennemi. » (Procell)

Quand j’avais dit ça, le Seigneur-Démon Noir avait un peu ri.

Il avait ensuite pris une gorgée du Seigneur-Démon Noir que le barman a amené.

« Tu te méprends, Procell. Regarde, j’ai essayé de vaincre, le Seigneur-Démon de la Bête en raison de mes propres raisons. Je ne l’ai pas fait pour te contrarier. Au contraire, parce que tu es intervenu arbitrairement, je devais être la victime. » (Balam)

« Il est naturel d’aider son parent. » (Procell)

« Pas vraiment. En fait, je dirais que vouloir tuer son parent est la norme pour les Seigneurs-Démons et que tu es juste une exception. » (Balam)

« Alors, qu’as-tu à dire par rapport à Stolas ? Tu sais que Stolas et moi sommes en bons termes et tu m’as menacé en disant que tu l’anéantirais ainsi que son donjon. Tu as pratiquement manipulé le Seigneur-Démon de la Lame et l’as utilisé pour la tuer ! » (Procell)

Je craignais de penser à quel point Stolas aurait souffert si nous n’étions pas intervenus. Après tout, si Duke n’avait pas aidé, la renaissance d’Enlil n’aurait pas eu lieu.

« Je n’ai aucune idée de quoi tu parles. Je t’ai menacé, oui, mais c’était juste un moyen de te faire venir, Procchi. Je n’ai vraiment rien fait. » (Balam)

« Comme si c’était vrai ! Quelques instants avant sa mort, le Seigneur-Démon de la Lame m’a dit qui le soutenait. Et c’était toi ! » (Procell)

Après avoir été utilisé et manipulé, le Seigneur-Démon de la Lame avait été tué par une malédiction placée sur lui pour le faire taire. Quelques instants avant sa mort, dans un effort pour se racheter, il avait utilisé son propre sang pour écrire le nom de celui dirigeant depuis l’ombre. D’après lui, c’était le Seigneur-Démon Noir.

« Hmm, même si tu me dis ça, je n’en ai aucune idée. Tu peux sûrement imaginer qu’il y a d’autres Seigneurs-Démons qui veulent me renverser. Malheureusement, ce sont les mêmes Seigneurs-Démons qui ont très, très peur de nous voir tous les deux nous joindre parce que ça nous rendra plus forts. Je veux dire, si nous faisons équipe et que les trois pays que j’ai sous mes ordres recevaient le soutien technique d’Avalon, que se passerait-il? » (Balam)

J’y avais réfléchi pendant un moment, mais seule une scène sortant toute droite d’un cauchemar m’avait traversé l’esprit.

À travers ma Création, j’avais accès à la Mémoire de la planète, et je savais ce qui se passerait si les humains obtenaient des outils outrageusement dangereux.

« La réponse, tu vois, c’est que nous aurions l’empire le plus puissant et le plus grand. Un empire qui dévorerait rapidement tous les autres pays. Penses-y, nous pourrions unifier tous les pays en un seul. Et avec une seule nation, il n’y aurait qu’une religion d’État. Une conquête mondiale complète ! Je serais le dieu de cet empire, et tu seras l’empereur. Personne ne serait capable de nous défier. Nous serions capables de rassembler des émotions et des DP, un million de fois plus que ce que nous avons actuellement ! Incroyable, tu ne penses pas ? » (Balam)

Le Seigneur-Démon Noir aimait visiblement parler de ses ambitions.

« Tu sembles apprécier les humains au pouvoir, n’est-ce pas ? Tu as un complexe ou quelque chose du genre ? » (Procell)

Quand je l’avais dit, une fissure était apparue dans son sourire.

Il semblait que ce soit un sujet qu’il n’aime pas.

« Ouais, eh bien, plutôt que de parler d’un complexe, je dirais que je suis juste en train de m’opposer au sort nous étant imposé. Y as-tu déjà pensé ? Nous, les Seigneurs-Démons, sommes tellement supérieurs aux humains, et pourtant, nous ne pouvons pas vivre sans eux. Plus tu y penses, plus tu réaliseras que nous sommes nés dans le seul but d’aider le développement des humains. Nous ne sommes que de simples outils faits pour le bien des humains. » (Balam)

« J’ai entendu quelque chose de similaire du Créateur. » (Procell)

Apparemment, le sens de notre existence était de guider progressivement l’humanité au niveau d’une civilisation ancienne et perdue.

Nous étions là pour faire avancer la planète. Par conséquent, pourquoi le Créateur faisait-il référence aux Seigneurs-Démons en tant qu’enfant de la planète ?

« Et quelle responsabilité c’est ! Nous sommes des êtres fantastiques appelés Seigneur-Démon et nous ne sommes pas les jouets des humains. Je ne vais pas souffrir en silence !! Et donc, mon objectif est de faire en sorte que tous les humains soient rassemblés comme les porcs qu’ils sont. Je ne les laisserai pas grandir et développer plus loin. Je les garderai indolents. Alors que je les garderai de tout mal, c’est seulement pour que je puisse m’en nourrir. Je vais remettre les choses en place. » (Balam)

Ses émotions étaient claires dans sa voix.

Il était obsédé par l’utilisation et la manipulation des humains. C’était une sorte de credo.

« Je n’ai aucun intérêt pour ce genre de choses. Que nos actions profitent ou non aux humains ne m’importe pas. Tant que je peux vivre la vie que j’ai choisi, ça va. » (Procell)

Tant que toutes les parties — humains, Seigneurs-Démons et démons — étaient heureuses, il n’y avait rien d’autre à dire.

Personnellement, même si j’étais fait au bénéfice des humains et que chacune de mes actions améliorait leur vie d’une manière ou d’une autre, tant que je pouvais agir purement de ma propre volonté, je ne pensais pas que je dansais dans la paume d’un dieu.

« … Tsk, tu parles comme le Seigneur-Démon Dragon. » (Balam)

« Eh bien, je respecte cette personne. » (Procell)

Son irritation grandissait. En se calmant un peu, il m’avait regardé et avait continué à parler.

« Je pensais que Procchi se joindrait à moi. » (Balam)

« Comme je l’ai dit au début, tu es mon ennemi. Fais ce que tu veux, mais cette guerre injuste contre Stolas et maintenant les membres de la famille royale qui viennent à Avalon, je suis sûr que ce sont tous des actes hostiles que tu as commis. » (Procell)

Ce n’était pas un argument d’une discussion, mais des faits.

« Alors, Seigneur-Démon de la Création, Procell, vas-tu me faire la guerre ? Dans l’attaque contre le Seigneur-Démon de la Bête, Marchosias, la plupart de mes forces sont restées intactes. Toi, d’un autre côté, tu as utilisé ton atout et ne devrais pas avoir assez de temps ou de ressources pour le remplacer. Oh oui ! Je suis conscient que tu n’as actuellement pas de Pouvoir Magique. » (Balam)

Face à cela, j’avais ri intérieurement.

Donc, c’est comme je le pensais ? Il ne sait toujours pas que mon Pouvoir Magique est revenu ?

Bien que j’avais utilisé mon Stockage dans le donjon de Stolas, c’était seulement dans sa salle de cristal. Pour lui, il devrait encore apparaître que mon Pouvoir Magique avait disparu.

Aussi, il semblait que l’information que March soit devenue ma démone ne l’ait pas encore atteinte.

« Si tu commences, je riposterais. Je n’aime pas me battre, mais je le ferai au besoin. Aussi, ne pense pas que la MOAB est le seul atout que j’aie dans ma manche. Si quelque chose devait être utilisé contre toi, j’aurais du mal à choisir. » (Procell)

Je l’avais dit de cette manière puis l’avais regardé de façon menaçante.

Je bluffais tout simplement. Si c’était limité au champ de bataille, je n’avais pas d’autre atout que la MOAB.

« Oh, je suis tellement effrayé. Mais Procchi, tu me sous-estimes trop. Si je le voulais vraiment, les trois royaumes sous mon commandement peuvent facilement détruire ta ville. En d’autres termes, je peux te tuer sans même devoir me battre. » (Balam)

« C’est effrayant aussi. Mais si je te vois faire quelque chose comme ça, je vais écraser ta base de toutes mes forces avant de me faire tuer. Je suppose que je peux aussi obtenir l’aide des trois Seigneurs-Démons les plus puissants que tu détestes tellement. » (Procell)

Nous nous étions tous les deux regardés. Au bout d’un moment, Balam leva les mains comme pour dire qu’il abandonnait.

« J’ai perdu. Quel junior désagréable, Procchi ! Si nous finissons par nous battre, il semblerait que nous mourrions tous deux. Je ne sais pas pour toi, je voudrais éviter cela. Donc, j’ai une proposition. Faisons un pacte. Ne t’inquiète pas, c’est juste un pacte de non-agression. » (Balam)

« … ça me paraît bien. Je préfère laisser passer l’opportunité de te détruire que de me battre en premier lieu. » (Procell)

Après avoir dit cela, Balam prit un morceau de parchemin dans un sac et y écrivit quelque chose. Une fois cela fait, il mordit son doigt et le pressa sur le papier.

Après avoir lu son contenu, j’avais fait de même.

Fait intéressant, il y avait beaucoup d’échappatoires dans ce contrat. Ces failles nous justifieraient d’ignorer le contrat et d’attaquer l’autre à peu près quand nous le voulions.

« Et donc, cette réunion est terminée. Dommage que tu n’as même pas goûté le Seigneur-Démon Noir, Procchi. C’est délicieux, tu sais. » (Balam)

« Même ainsi, je tiens à ma santé. » (Procell)

J’avais répondu, m’étais levé et étais parti.

Ce pacte n’était qu’une pause. J’étais sûr qu’il ferait des choses dans les coulisses lui permettant de m’écraser.

Gagner du temps était la seule raison de ce pacte.

Ce qui me convenait parce que je voulais aussi gagner du temps.

Comme ça, une fois nos préparatifs terminés, nous serions à la gorge de l’autre.

Je suppose que celui qui termine ses préparatifs en premier gagne.

***

Chapitre 5 : Le conseil du Seigneur-Démon du Temps

Après ma rencontre avec le Seigneur-Démon Noir, j’étais retourné à Avalon. Comme ça avait simplement fini comme une réunion, Kuina était mécontente.

Cela étant dit, la réunion s’était déroulée à peu près comme prévu. Bien que je ne puisse plus reculer de ce conflit maintenant que le Seigneur-Démon Noir et moi continuerons probablement, et cela jusqu’à ce que l’un de nous tombe, je n’étais pas vraiment enclin à le faire.

Je n’avais aucune intention de perdre non plus. Je voulais pleinement protéger à la fois Avalon et mes démons.

***

Ensemble avec Kuina, je m’étais dirigé vers le chariot près du premier arbre.

Je m’y étais dirigé pour commencer à préparer la visite de la famille royale d’Axera, tandis que Kuina s’y dirigeait pour changer de tenue.

Quand elle était sur le point d’ouvrir la porte, ses oreilles de renardes s’étaient dressées.

« Père, il y a quelqu’un à l’intérieur. » (Kuina)

Les sens de Kuina étaient précis. Même sans ouvrir la porte, elle pouvait sentir s’il y avait des gens à l’intérieur. Elle pourrait également dire si les personnes à l’intérieur étaient Rorono ou Aura.

Méfiante face à cet intrus, Kuina avait préparé son fusil et avait ouvert la porte.

« Je commençais à me lasser d’attendre, Maître. Vous m’avez manqué ! » (Fel)

Tout en remuant sa queue de louve blanche, une jeune fille ressemblant beaucoup à Kuina avait bondi vers moi. C’était Fel.

Tout comme Kuina, elle était une démone de Rang S spécial ayant été créée avec des médailles de Rang A. Pour être précis, le Seigneur-Démon du Temps avait utilisé les médailles, Création, Temps et Bête pour la créer.

« Ça fait longtemps Fel. Je sais qu’aujourd’hui était le jour pour ramasser l’alcool, mais j’avais quelque chose à faire. J’avais bien demandé aux renardes mythologiques d’aider pour cela. Tu n’avais pas à attendre. » (Procell)

Il avait été convenu que je devais envoyer du vin au Seigneur-Démon du Temps chaque semaine. Aujourd’hui était le début de cet accord.

Perché sur l’épaule de Fel se trouvait le démon corbeau qui pouvait utilisé la magie de transfert. Selon toute vraisemblance, c’était celui chargé de transporter le vin.

« Uuuuh, vous êtes si méchant, Maître. Je ne peux pas venir à Avalon et vous rencontrer. Donc, vous voyez, j’ai dû attendre ici. » (Fel)

Derrière Fel se trouvaient les renardes mythologiques, elles baissaient la tête à plusieurs reprises.

Je vois.

Il semblait que bien qu’elles aient essayé de faire que cela reste une simple livraison, elles avaient été contraintes de guider Fel ici.

On ne peut rien y faire.

C’était seulement pour une courte période, mais Fel avait combattu comme ma subordonnée.

Un petit service comme celui-ci était très bien.

« En tout cas, bienvenue, je suis heureux de te revoir. » (Procell)

Quand j’avais caressé sa tête, le balancement de sa queue était devenu plus intense. C’était charmant.

« C’est confortable de se faire caresser la tête comme ça, Maître. » (Fel)

« Je ne suis plus ton maître, alors tu n’as plus à m’appeler comme ça. » (Procell)

« Même ainsi, le Maître restera le Maître. » (Fel)

Cela ne me dérangeait pas particulièrement qu’elle soit si attachée à moi.

En tant que tel, j’avais décidé de lui caresser la tête un peu plus longtemps. Pendant que nous étions comme ça, Kuina s’était approchée.

« Ça fait un moment, Fel-chan ! » (Kuina)

« Tu m’as manqué aussi, Kuina ! » (Fel)

Les yeux de Fel brillaient de joie quand elle regardait Kuina.

Les deux firent alors un high five. Comme d’habitude, ces deux filles étaient aussi proches que des sœurs.

En les regardant, une idée m’était venue.

« Oh. Kuina, si Fel venait se joindre à ton entraînement spécial, cela t’aiderait, n’est-ce pas ? Il n’y a pas beaucoup de monstres qui peuvent se battre sur un pied d’égalité comme toi. Je pense que ce serait une expérience formidable pour vous deux. » (Procell)

Duke était à peu près le seul à Avalon qui pouvait rivaliser avec Kuina dans une bataille frontale. Cependant, parce qu’il y avait des inconvénients et des risques quand Duke se battait à pleine puissance, les laisser se battre n’était pas quelque chose que je pouvais laisser faire inconsidérément.

Mais avec Fel comme adversaire, Kuina pourrait probablement se battre autant qu’elle le souhaite.

« C’est une bonne idée ! Fel-chan, si tu veux, on peut s’entraîner ensemble ! J’ai récemment fait une nouvelle technique ! » (Kuina)

« Cela semble intéressant. Ça fait si longtemps que je n’ai pas joué avec toi. Maître, est-ce que je peux emmener Kuina dans le donjon de Père ? Si nous utilisons l’Arrêt du Temps, nous pouvons tout faire. Nous pouvons même nous battre jusqu’à la mort. Je ne pense pas que mon corps puisse supporter cette nouvelle technique sans aide. » (Fel)

J’y avais réfléchi un moment.

L’arène créée par le Seigneur-Démon du temps avait été conçue avec un mécanisme qui inverserait l’écoulement du temps après le combat, ramenant tout à l’état initial peu importe les blessures subites.

Fondamentalement, les combattants pourraient gagner une expérience de combat valable sans risque. Pour Kuina, qui avait combattu des ennemis pour la plupart inférieurs, être capable de se battre contre une ennemie redoutable comme Fel serait sûrement utile.

C’était une installation enviable.

« Ta proposition est intéressante, mais ça ne posera-t-il pas de problème ? » (Procell)

« Bien sûr, nous devons d’abord demander la permission de Père. Mais une fois que je lui aurais dit que j’ai ramené une amie à la maison, je suis sûre qu’il dira oui. D’ailleurs, si je devais combattre Kuina, je deviendrais aussi plus forte ! Ce ne sera pas bon que pour elle. » (Fel)

C’était certainement comme elle le disait. Être capable de se battre avec Kuina serait tout aussi utile pour Fel.

Alors, je vais accepter son offre.

« D’accord, mais toi, Kuina ? Est-ce que tu aimerais y aller ? » (Procell)

« Oui~ ! Kuina a toujours voulu se battre contre Fel-chan jusqu’à la mort pour savoir qui est la plus forte. Je vais lui montrer à quel point grande sœur est incroyable. » (Kuina)

Comme on pouvait s’y attendre du démon le plus fort d’Avalon, elle disait des choses effrayantes avec un sourire.

Je ne pouvais m’empêcher de sourire amèrement à cela.

« Renardes mythologiques, veuillez embarquer le vin d’Avalon. Kuina et Fel, j’ai une faveur à vous demander. Puisque Kuina est imposée, apporter un cadeau pour le Seigneur-Démon du Temps est le moins que nous puissions faire. Alors, avec cet argent, trouvez quelque chose qu’il pourrait aimer. » (Procell)

Je l’avais dit et leur avais ensuite remis à chacune de l’argent.

« Woaaahhhh ! Avec autant, nous pouvons acheter des cadeaux pour l’ensemble des Chevalier Chronos ! Merci ! » (Fel)

« Nous allons sélectionner les meilleurs cadeaux ! » (Kuina)

« S’il en reste, gardez l’argent. » (Procell)

« Compris ! » (Fel)

« Youpis~ ! » (Kuina)

De bonne humeur, les deux se précipitèrent. Pendant ce temps, les Renardes mythologiques transportaient précipitamment le vin d’Avalon en suivant les deux filles.

C’est génial d’être énergique. Maintenant, je devrais faire un peu de travail.

Alors que je pensais à cela, Fel un peu essoufflée était revenue.

« Maître, j’ai presque oublié ! J’ai un message de Père. Ne prends pas le Seigneur-Démon Noir à la légère. Dans le pire des cas, utilise la montre d’argent… C’est ça. Ah ! Kuina, attends ! » (Fel)

Juste après avoir remis le message, Fel était partie.

J’avais ensuite sorti la montre de couleur argentée qui pendait autour de mon cou. C’était une belle montre ornée d’une bonne qualité.

Cependant, ce n’était pas une montre ordinaire.

Cette montre contenait le pouvoir du Seigneur-Démon du Temps.

Je l’avais reçu comme récompense de sa part après qu’Aura se soit portée volontaire et ait réussi à surmonter son défi. (Volume 2 du LN)

C’était l’un des atouts que je gardais. Pour que le Seigneur-Démon du Temps me dise de l’utiliser, il fallait que quelque chose se prépare. Peut-être que cela avait à voir avec les pouvoirs du Seigneur-Démon Noir.

« La grande variété de capacités du Seigneur-Démon Noir est gênante. » (Procell)

Généralement, la puissance et les monstres d’un Seigneur-Démon pouvaient être trouvés à partir du nom de leur pouvoir.

Cependant, le nom du Seigneur-Démon Noir était trop général, trop obscur. Et cela rendait ses actions difficiles à prévoir.

C’était inefficace, mais si ses actions étaient difficiles à prévoir, nous devions simplement nous préparer à tout.

Ma Création, qui était au même niveau sinon plus haut que son Noir nous permettait de le faire.

Et ainsi, tout en préparant toutes sortes de contre-mesures, nous résolvions des problèmes immédiats. Par exemple, l’affaire de la famille royale d’Axera qui vient à Avalon.

***

Après cela, Kuina était fréquemment allée chez Fel pour s’entraîner.

Selon Kuina elle-même, elle avait complètement maîtrisé sa nouvelle technique et gagnait plus que Fel.

J’étais un peu curieux de savoir comment elle surmontait la capacité de contrôle du Temps de Fel.

Aussi, quelques jours après la visite de Fel, nous avions accueilli une délégation en avance de la famille royale.

Après leur avoir offert des délices du monde, les avoir divertis avec les chansons de Ruru, leur avoir offert des divertissements en soirée et leur avoir offert des cadeaux, la délégation était repartie avec des sourires aux lèvres.

Grâce au fait qu’il était connu que nous pouvions écraser unilatéralement l’une de leurs villes dans une guerre, cette délégation s’était comportée de manière différente de la précédente. C’était un signe qui montrait qu’ils faisaient au moins un effort pour construire une bonne relation avec nous.

Aussi, selon eux, la famille royale devait arriver d’ici une semaine.

Je n’étais pas tout à fait sûr et avais demandé au corps de renseignement de confirmer cela, mais le chef de la délégation semblait être conscient de la véritable identité de leur dieu. Il semblait également insatisfait d’être utilisé.

Même si la famille royale était comme lui et n’était pas tout à fait pour cette religion, l’influence de celle-ci était trop forte. Si jamais ils devaient être excommuniés de cette religion, ils perdraient le soutien de leur peuple et leur royaume tomberait vraiment sous le contrôle de l’église.

Si les choses sont ainsi, je peux en prendre avantage. Je peux leur fournir une issue.

Il y avait aussi eu un développement à Avalon récemment.

Peut-être était-ce dû aux instructions de ce type, mais ses croyants étaient plus actifs que jamais.

Chaque jour et nuit, ils faisaient campagne contre moi.

Je devrais bientôt aussi faire quelque chose à leur sujet.

Établir une nouvelle religion dès que possible était une solution. En ayant un groupe de personnes m’adorant et défendant mon nom, cela réduirait les chances que la religion du Seigneur-Démon Noir fasse que les gens se retournent contre moi.

Même si ce n’était pas intentionnel à l’époque, heureusement, nous avions déjà planté de nombreuses graines suggérant qu’Avalon était une ville aimée par un Dieu.

Et maintenant, tout ce que j’avais à faire était de me proclamer comme le Dieu et qu’Avalon était la capitale sacrée de la nation que je fonderais.

ça et penser à un nom pour ma religion. Je devrais consulter tout le monde pour que nous puissions en trouver un bon.

***

Chapitre 6 : La doctrine du Dieu Procell

Si le Seigneur-Démon Noir allait utiliser sa religion et ses croyants contre moi, je ne voyais aucune raison de me retenir en fondant ma propre religion afin de l’utiliser contre lui.

À cet égard, l’ingrédient le plus important dans l’établissement et la diffusion d’une religion était les miracles.

Heureusement, nous n’en avions pas besoin puisqu’Avalon elle-même était un miracle.

C’était un fait connu qu’Avalon s’était construite en seulement une semaine.

En outre, Avalon n’avait jamais été touchée par une catastrophe naturelle, avait toujours eu des récoltes abondantes et avait toujours eu de l’eau pure.

Grâce à la combinaison des bénédictions d’Aura et des hautes elfes, ainsi qu’aux infrastructures conçues par Rorono et les naines-forgeronnes, Avalon était une bien meilleure ville où vivre que d’autres.

Les miracles étaient en abondance à Avalon.

« Cependant, nous sommes assez harcelés. » (Procell)

Même maintenant, les croyants de la religion du Seigneur-Démon Noir venaient toujours à Avalon pour nous harceler.

Ils affirmaient que le chef de la ville était un Seigneur-Démon et que je voulais apporter le malheur à chaque citoyen de la ville.

Pour aggraver les choses, pour une raison inconnue, le Seigneur-Démon Noir avait inclus dans ses enseignements que les êtres humains étaient supérieurs et que les demi-humains étaient sales et inférieurs, conduisant à une discrimination contre ces derniers.

Sur cette base, ils disaient aux autres de m’exclure, le démon exploitant les citoyens d’Avalon, tout en faisant la même chose ou peut-être en asservissant les demi-humains. Ils rajoutaient qu’ils accorderaient à tous ceux qui aideraient à me combattre, la bénédiction de Dieu et une vie meilleure.

Malheureusement, il y en avait qui croyaient à de telles discussions stupides.

Si cela avait été laissé sans contrôle, alors il était possible qu’il y ait une révolte.

« Si seulement c’était aussi simple et direct que de les tuer. » (Procell)

Obtenir cela par la force pourrait être la solution la plus simple pour gérer un tel groupe.

Cependant, si possible, je voudrais éviter de prendre ce chemin. Si je le faisais, des rumeurs exagérées se propageraient sûrement en disant qu’Avalon réprimait la liberté d’expression et que l’on pouvait être emprisonné pour m’avoir simplement critiqué. Et si cela se produisait, la croissance de la population d’Avalon s’arrêterait.

Pire encore, sous prétexte d’aider les autres croyants, les nations contrôlées par le Seigneur-Démon Noir s’uniraient sous une même bannière et se dirigeraient vers nous.

Et donc, je devais trouver une autre solution.

Une donnant la meilleure impression de nous.

Je pense que c’est le moment.

*

En ce moment, je me tenais sur une petite colline surplombant Avalon.

En regardant la ville, j’avais fait quelques préparatifs pour un certain type d’événement.

« Aura, ont-ils déjà commencé ? » (Procell)

J’avais demandé cela, confiant que le vent apporterait le son de ma voix à Aura.

« Oui. Ils distribuent encore aujourd’hui avec enthousiasme des tracts. Parfois, je me sens tellement énervée que je voudrais leur tirer dessus. » (Aura)

Aujourd’hui aussi, les croyants de la religion du Seigneur-Démon Noir diffusaient des informations sur moi et propageaient la haine contre les demi-humains.

« Hé, maintenant, ils sont également victimes de cela. Des victimes trompées par le Seigneur-Démon Noir. Essayons de faire régler cela pacifiquement. » (Procell)

Je m’inquiétais plus des personnes susceptibles d’être trompées par les paroles de ces croyants que les croyants eux-mêmes.

Si nous devions commencer quelque part, ce serait avec ceux n’ayant pas encore été trompés. Nous devions leur faire comprendre que me suivre serait beaucoup plus bénéfique pour eux.

« Est-ce que l’Oracle Divin de Rorono est prêt ? » (Procell)

« Mhm. Pas de problèmes à ce niveau. Prêt à être utilisée à tout moment. » (Rorono)

Rorono venait de terminer son dernier bilan sur le dispositif de multiplexage audio stéréophonique et d’impression spatiale, également connu sous le nom d’Oracle Divin.

C’était un appareil destiné à projeter des images vers le ciel tout en émettant le son permettant à ma voix d’atteindre toute la ville.

Afin de consolider ma position, j’allais l’utiliser aujourd’hui pour la première fois.

Il était possible que son existence ait déjà été divulguée au Seigneur-Démon Noir, mais je doutais fortement que son équipe ait découvert ses fonctions ou comment je l’utiliserais.

Je parie qu’ils ne peuvent même pas imaginer que c’est déplaçable.

« Père, tu es plus cool que d’habitude aujourd’hui. » (Kuina)

Avec une lumière dans les yeux, elle avait dit cela en me regardant.

« Aujourd’hui est un événement spécial. » (Procell)

Dans la religion que j’allais fonder, je serai le symbole. Si le symbole devait paraître négligé, ce ne serait pas un symbole. Pour cette raison, je m’étais mieux habillé que d’habitude.

Grâce à Ruru qui était formidablement douée dans ce genre de choses, j’étais sûr d’avoir le regard de toute l’assemblée.

Et donc, j’avais pris une profonde inspiration.

« Rorono, s’il te plaît. » (Procell)

« Mhm. » (Rorono)

Rorono hocha la tête et activa alors l’oracle divin projetant mon image dans le ciel.

Chaque citoyen regardant le ciel était impressionné.

« Tout le monde d’Avalon peut-il m’entendre ? Beaucoup d’entre vous reconnaissent peut-être mon visage, mais laissez-moi néanmoins me présenter. Je suis Procell, le chef d’Avalon. Je suis aussi le grand sage ayant construit cette ville. » (Procell)

Ma voix résonna dans toute la ville.

Leurs réactions étaient un mélange de curiosité et de peur. Sans délai, les croyants du Seigneur-Démon Noir avaient commencé à crier que c’était de la magie noire de démon ! Etc.

« Récemment, il y a eu un groupe de personnes affirmant que je ne suis pas humain… ces personnes ont raison. Je ne suis pas humain. » (Procell)

La confusion parmi les citoyens avait augmenté au moment où j’avais dit ces mots.

Parfait, j’ai piqué leur intérêt.

« Cependant, contrairement à ce qu’ils disent, je ne suis pas un démon. Je suis un Dieu. Et ces paroles sont celles de mon oracle divin. » (Procell)

J’avais déclaré cela avec force.

Pour que les autres me croient, il était essentiel que non seulement je le dise, mais je devais aussi y ressembler.

Je devais paraître plus grand que normalement. J’avais besoin de ressembler à une voix du ciel dont les mots ne devaient pas être discutés.

Dès qu’ils avaient entendu, beaucoup parmi les citoyens commençaient à vénérer.

À leur tour, les croyants de Noir étaient troublés. Ils criaient et protestaient, mais leurs appels n’avaient aucune influence.

Au fil du temps, le nombre de citoyens pensant que j’étais un Dieu augmentait.

D’accord, voici la partie critique.

« Juste après que je sois descendu sur ces terres, j’ai fondé la cité d’Avalon. Cela devait être un paradis où tout le monde pourrait vivre heureux. N’avez-vous pas trouvé étrange qu’après tout ce temps, cette ville n’ait jamais été frappée par une catastrophe ? Que les cultures soient si abondantes ? Que même s’il s’agit déjà d’une ville assez grande, l’eau qui coule ici soit toujours claire ? Ou bien que la météo est toujours parfaite ? La réponse est simple : tous sont les œuvres d’un Dieu. » (Procell)

Tout le monde s’était probablement posé la question à un moment donné.

Jusqu’à leur arrivé à Avalon, les agriculteurs devaient constamment lutter contre les problèmes climatiques, les ravageurs, les maladies des cultures, les champs stériles et les pénuries d’eau. Souvent, ils perdaient. Après être arrivés à Avalon, ces problèmes ne les hantaient plus, leur permettant de mener une vie beaucoup plus confortable et sûre.

Pendant ce temps, les commerçants qui étaient actifs dans d’autres grandes villes auraient certainement remarqué que ces villes avaient tendance à avoir de l’eau malodorante. Sans parler des niveaux de fumée et de pollution s’y trouvant. Et pourtant, même si Avalon était tout aussi sinon plus prospère que ces villes, elle avait continué à être propre et belle.

Et ici, je leur proposais une réponse à de tels mystères : j’étais un dieu et il s’agissait de mes miracles.

« Tout cela étant dit, ces miracles ne viennent pas seulement de moi. J’ai emprunté le pouvoir des demi-humaines présent à Avalon. Ce n’est qu’en amplifiant leurs pouvoirs avec les miens que cette ville est possible. Pour cette raison, cela m’attriste que certains d’entre vous fassent campagne pour expulser les demi-humains. » (Procell)

À ce stade, j’avais fait une expression douloureuse.

L’oracle divin était vraiment utile. Les convaincre en utilisant l’expression sur mon visage était bien plus efficace que de simplement utiliser ma voix.

« Tout le monde, essayez de vous rappeler les voisins demi-humains avec lesquels vous avez passé chaque jour. Étaient-ils méchants ? Vous ont-ils fait du mal ? Je suppose que non. Plutôt, ne diriez-vous pas qu’ils rendent votre vie ici à Avalon plus riche et complète ? Je souhaite que les humains et demi humains continuent à partager leurs repas, à chanter ensemble, à boire la nuit ensemble et à rire ensemble. Je veux que tout le monde, humain et demi humain, soit heureux. » (Procell)

En m’entendant, l’excitation parmi la foule avait grandi.

Ouais, c’était la bonne approche.

Au lieu d’écouter les informations infondées que les demi-humains étaient inférieurs ou qu’ils ne faisaient rien, les humains fondaient leur jugement sur quelque chose de très réel : les souvenirs de la vie qu’ils avaient partagé avec les demi-humains.

« Franchement, si cela avait été possible, j’aurais continué à cacher le fait que je suis un dieu. Je ne voulais pas que vous attendiez trop de moi. L’étendue de mon pouvoir est plutôt limitée. J’étais à peine capable de faire la ville que vous aimez. Je ne suis pas capable d’éliminer complètement une maladie, ni même de créer une richesse infinie. Soyez rassuré cependant, je suis capable de protéger les citoyens d’Avalon et leur bonheur. Mais je m’égare. La raison pour laquelle je vous parle de ma divinité aujourd’hui est que, apparemment, une certaine foi ne permettrait pas la survie des demi-humains. Ils manipulent leurs croyants et les envoient ici à Avalon pour provoquer sa ruine. » (Procell)

La foi de Rigdold était le nom de la religion du Seigneur-Démon Noir.

Les citoyens qui avaient mis les choses en place avaient commencé à parler avec les autres.

« Pour le dire franchement, sans moi, cette ville cesserait d’être ce qu’elle est et finirait par disparaître. Si les demi-humains étaient chassés, le mode de vie actuel cesserait aussi d’exister. Ces personnes sont pleinement conscientes de ces résultats, et pourtant continuent à le faire, au prix du bonheur de chacun. Ils ne s’arrêtaient pas jusqu’à ce que leurs croyances et leur dieu soient les seuls. D’autre part, je veux protéger votre bonheur et votre vie quotidienne ici. Alors, s’il vous plaît, ne soyez pas trompé par leurs paroles malveillantes. » (Procell)

En plus des expressions faciales, j’avais fait appel aux citoyens en utilisant ma voix.

Pour un dirigeant, peu d’outils dépasseraient la capacité de diffuser des informations à tous vos citoyens immédiatement et simultanément.

Non seulement je venais d’obtenir le soutien des citoyens, mais j’étais également parvenu à les faire se retourner contre les croyants de la Rigdold.

« Alors, je suis arrivé à la conclusion que je devrais commencer une religion pour unir tout le monde. Je n’ai qu’une seule doctrine : que vous soyez humain ou demi-humain, tout le monde devrait vivre en paix et dans le bonheur. Si vous approuvez à cela, vous êtes les bienvenus. Je fournirai les détails à une date ultérieure. Pour l’instant, merci pour votre temps. Continuons à être citoyens d’Avalon. » (Procell)

Après ces mots, l’oracle divin s’était coupé.

Le discours était très efficace. Tout de suite, de nombreux croyants se rassemblaient.

Tout ce qui concernait « tout le monde vivant en paix et dans le bonheur » était en train de devenir tout à fait intéressant.

Je pourrais peut-être en attirer davantage en proposant d’alléger la taxe sur eux. Les marchands sauteront sûrement sur ça.

En tout cas, j’avais assuré qu’Avalon ne serait pas détruite de l’intérieur. Les croyants de la foi de Rigdold allaient trouver plus difficile d’agir dès maintenant.

En dehors de cette menace, je m’étais mis à gagner au moins deux autres choses en fondant cette religion.

Premièrement, si je tenais une réunion de prière quotidienne, je pourrais acquérir une quantité impressionnante d’émotion forte. Cela pourrait en vérité être ma source d’émotions la plus efficace.

Deuxièmement, cela pourrait servir d’atout lors des négociations avec la famille royale.

Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’un début. Les choses vont forcément être très mouvementées à partir de maintenant.

Tout en étouffant un sourire, j’étais rentré.

Maintenant que j’étais sur un pied d’égalité avec le Seigneur-Démon Noir, j’attendais avec impatience son prochain coup.

Alors que j’y pensais, un oiseau bleu s’était perché sur mon épaule.

« Dieu merci. Comme prévu du Seigneur-Démon Dragon, il est si raisonnable. » (Procell)

En plus du plan de religion, j’avais un autre mouvement en cours. Cet autre plan allait apparemment bien se dérouler, je devais l’ajouter à mes projets.

En ce moment, j’étais tout à fait prêt à accueillir et à traiter avec la famille royale.

***

Chapitre 7 : La foi du Saint Graal

Quatre jours s’étaient écoulés depuis que j’avais fondé ma religion.

Le simple fait de déclarer avoir fondé une religion et de ne rien faire d’autre était dénué de sens. L’oracle divin avait sûrement eu un effet merveilleux, mais cela ne suffisait pas.

Et ainsi, depuis quatre jours, les Naines-forgeronnes construisaient une église. Même si elle était officiellement connue sous le nom d’église, j’avais également l’intention de l’utiliser comme salle de réunion pour des événements de grande envergure.

Par ailleurs, cela n’avait pas été assez dit parce que j’avais Rorono, mais les Naines-forgeronnes étaient vraiment formidables.

En tant que démons de Rang B, elles étaient assez rares pour que la plupart des Seigneurs-Démons ne soient pas capables de les créer sans dépenser de médailles d’origines.

Pour couronner le tout, leur artisanat était l’un des meilleurs parmi tous les démons. Utilisant les golems pour de la machinerie lourde, elles pouvaient faire des travaux de construction plus rapidement qu’un groupe d’humains pourrait espérer le faire.

Cela étant dit, pour lancer ma nouvelle religion, j’avais demandé l’aide non seulement de mes démons, mais aussi à des humains.

« Procell-sama, j’ai fini ce que vous m’aviez demandé de faire. Oh, c’était dur. J’ose dire que personne d’autre que nous, la société Curtrude, n’aurait pu terminer cette tâche à temps. Quoi qu’il en soit, comme vous l’avez demandé, nos travailleurs, après avoir travaillé jour et nuit, ont produit 500 exemplaires de votre second projet. » (Conanna)

« Merci, Conanna. » (Procell)

J’avais demandé à la société Curtrude pour avoir leur coopération dans cette opération.

Considérant le fait que c’était la principale société de commerce d’Avalon et que son leader Conanna avait répondu à toutes les attentes que j’avais pour lui, j’étais confiant en leur demandant de l’aide.

« Je dois avouer que j’ai été surpris lorsque vous avez dit vouloir créer autant de livres de haute qualité et les distribuer gratuitement. Mais là encore, c’est vous, Procell-sama. » (Conanna)

« Après tout, ces textes sont essentiels. Le bouche-à-oreille ne suffit pas pour cela. » (Procell)

Ce que j’avais demandé à la société Curtrude de faire était les livres sacrés pour ma religion.

L’enseignement principal de ma religion pourrait se résumer à l’entente entre humains et demi humains, mais n’avoir que ça était trop peu. Pour cette raison, j’avais demandé l’aide d’un poète pour mettre de l’ordre dans les choses… ou plutôt, réécrire mon projet initial pour attirer davantage les gens.

Et maintenant, nous avions produit un grand nombre de ce livre d’environ 20 pages.

Le plan était de le distribuer gratuitement aux croyants potentiels.

Le papier étant cher, il était naturel de supposer que les livres le seraient encore plus.

Mais même ainsi, j’avais décidé de distribuer gratuitement les livres sacrés afin de garantir, même si c’était faible, que ma doctrine soit diffusée plus largement et correctement.

Un peu d’investissement pour une telle cause n’était pas un problème, en particulier compte tenu de nos réserves d’or.

« Ouais, c’est un bon livre. » (Procell)

Je l’avais dit en tenant une copie du livre sacré.

Le cuir qui était utilisé comme couverture avait un léger éclat. Il avait également l’air robuste et le talent de l’artisan était vraiment bon.

En outre, la production du livre avait commencé il y a trois jours seulement, lorsque le manuscrit avait été terminé. Même si la société Curtrude avait sous ses ordres plusieurs ateliers, être en mesure de produire 500 exemplaires en si peu de temps était quelque chose de formidable.

« L’ample budget a certainement aidé. Tôt demain matin, les 500 exemplaires devraient être livrés. » (Conanna)

Dieu merci, ils l’ont fait juste à temps.

Il était prévu que nous tenions le tout premier événement de culte demain. Nous pourrions ne pas en avoir assez pour chaque personne qui assisterait à la réunion, mais nous pourrions en avoir assez pour chaque famille.

« Si vous pouvez garder cette qualité, j’aimerais commander un millier de copies supplémentaires. Ne vous inquiétez pas, je ne dirai pas quelque chose comme les livrer tout de suite et en une fois. Il suffit de les livrer ce que vous avez terminé chaque semaine. Je paierai d’avance et le coût n’a pas d’importance. De plus, je fournirai un bonus à vos travailleurs. » (Procell)

Le travail acharné doit être compensé équitablement.

C’était ma politique.

« Très apprécié, mais cela ne me dérange pas d’être payé plus tard. » (Conanna)

« Un paiement en avance ne serait-il pas plus utile ? » (Procell)

« Fufu. Ce serait certainement utile, mais je préfère le recevoir après être officiellement entré dans la religion que vous fondez. » (Conanna)

« Je suppose que je ne devrais pas être surpris que vous en ayez entendu parler. » (Procell)

J’avais l’intention d’offrir à toute personne qui deviendrait un croyant de ma religion des réductions fiscales.

De plus, j’avais également prévu de donner aux personnes qui travaillaient dans l’agriculture une priorité sur l’utilisation de notre système d’eau. Il y aurait aussi l’engrais gratuit et d’autres choses aussi.

J’avais quelques réserves sur cet appât flagrant, mais c’était nécessaire.

Je savais que je ne gagnerais pas beaucoup de vrai croyant de cette façon, mais j’avais un plan pour transformer tous ceux étant attirés par ce plan pour en devenir de vrais plus tard.

« Bien. À partir de demain, ma religion va accepter les croyants. Continuons nos affaires après cela. » (Procell)

« Oui, faisons ça. » (Conanna)

« En êtes-vous sûr ? Me vénérer signifierait que vous et votre société rompriez vos liens avec la foi de Rigdold. » (Procell)

La foi de Rigdold était la plus grande religion au monde avec le Seigneur-Démon Noir qui était le dieu.

Selon toute vraisemblance, ses croyants n’accepteraient personne croyant à un autre dieu que le leur.

En m’entendant, Conanna se mit à sourire.

« Oh, j’en suis sûr. Même avant, je vous respectai grandement, Procell-sama. De plus, vos enseignements s’alignent sur ce que nous avons cru, nous les commerçants. Qu’ils soient humains ou demi-humains, tant qu’ils peuvent nous apporter du bénéfice, ils sont les bienvenus. Vos enseignements nous conviennent beaucoup mieux que cette idéologie de la suprématie humaine de la foi de Rigdold. » (Conanna)

Comme on pouvait s’y attendre d’un marchand de premier ordre, il y avait déjà réfléchi. Bien que calculé comme tel, cette décision était encore un pari.

D’autre part, à mesure que le commerce d’Avalon se développe, ses profits augmenteront.

« Je suis tellement content que vous soyez venu à Avalon. Conanna, merci pour votre décision de rester, j’approuve votre proposition d’établir un orphelinat. Je veillerai à ce qu’il soit rapidement construit. J’ai été surpris. Vous m’avez toujours semblé être un marchand qui ne pensait qu’au profit, et pourtant, vous faites quelque chose d’altruiste. » (Procell)

Conanna était étonnamment une personne prévenante.

Le lendemain de l’annonce de ma religion, il avait proposé de créer un orphelinat dans l’église.

Il y avait beaucoup d’aventuriers ici à Avalon. Ils gagnaient leur vie en se rendant dans le donjon du Seigneur-Démon du Temps qui était très proche. Malheureusement, les risques de décès accompagnaient leur occupation.

Quand de telles choses se produisaient, ce n’était pas quelque chose de rare pour eux de laisser leur famille derrière.

L’existence d’orphelins avait toujours été une préoccupation.

Pour survivre, ils avaient recours à la fouille des ordures et même au vol à la tire. Cela avait provoqué une détérioration de l’ordre public. La capture de ces orphelins, par contre, n’était pas vraiment une solution.

Les associations d’aventuriers existaient, mais elles n’offraient pas beaucoup d’aide.

Et donc, pour protéger l’ordre public tout en attirant plus d’aventuriers à Avalon, créer un orphelinat semblait être une bonne initiative.

Si ces orphelins grandissaient correctement et fondaient une famille, cela profiterait grandement à Avalon.

« Vous me donnez trop de crédit. Cela aussi ne fait qu’un avec le commerce. Si ces enfants recevaient une éducation appropriée et devenaient des adultes qui occupent d’honnêtes emplois. Ils deviendront des clients précieux pour mon entreprise. C’est juste que je cède la responsabilité à Avalon. » (Conanna)

Donc, la personne elle-même l’avait dit, mais je le savais mieux que quiconque. J’avais découvert qu’il employait autant d’enfants orphelins que possible dans son entreprise et les traitait de manières équitables.

Il avait également fait d’autres bonnes actions dans les coulisses. Ça suffisait pour me faire me demander s’il était un orphelin quand il était enfant.

Je suppose qu’une personne n’est pas ce qu’elle semble apparaître en surface.

« Je voudrais aussi vous demander de vous occuper de la décoration intérieure de l’église. S’il vous plaît, préparez-le avant demain. » (Procell)

« Oui, les arrangements pour cela ont déjà été pris en compte. Rien d’autre qu’un mobilier de grande qualité qui contribuerait à créer une atmosphère de sainteté. Ma compagnie a réuni les plus grands artisans pour réaliser cet événement, alors s’il vous plaît, attendez-le avec impatience. » (Conanna)

Même si les Naines-forgeronnes pouvaient être capables de faire mieux, elles étaient surpassées en ce qui concernait les thèmes et autres choses.

Et aussi, cela servirait d’activité de groupe précieuse entre mes démons et les humains.

Après avoir parlé de deux ou trois autres points, Conanna et moi nous étions alors séparés.

*

J’étais ensuite retourné à mon carrosse placé près du premier arbre.

Dans la cuisine, Aura était en train de fabriquer une sorte de médicaments douteux en fredonnant.

Pendant ce temps, dans une grande pièce, Ruru écoutait et critiquait les chanteurs des profondeurs encore et encore. Les citoyens d’Avalon n’étaient pas encore censés entendre leur chanson, alors ils pratiquaient ici.

« Non, ça ne va pas, il faut y mettre plus d’émotions. Il n’y a pas assez d’amour, de l’amour, je vous dis ! Vous devez leur faire aimer tout le monde et chérir la paix et l’harmonie. Écoutez les sentiments que j’y mets. » (Ruru)

Ruru montra ensuite un exemple.

Il suffisait d’écouter sa chanson pour devenir plus calme.

« OK, maintenant, à partir du troisième couplet ! Nous avons seulement jusqu’à demain ! Tout le monde, faites de votre mieux ! » (Ruru)

Avec ça, les chanteurs des profondeurs ont recommencé à chanter.

Bien que Ruru critiquait encore, les chanteurs des profondeurs chantaient vraiment mieux qu’avant.

En attendant que les chanteurs des profondeurs aient fini de chanter, je m’étais approché de Ruru et je lui avais parlé.

« Ruru, tout va bien ? » (Procell)

« Oui. À ce rythme, nous serons prêts pour demain. J’ai fait un excellent cantique pour vous, patron. Avec les Chanteurs des profondeurs, nous parions notre rôle de chanteurs de l’autre monde dans cette prestation. » (Ruru)

Je pensais qu’une chanson mémorable était bien plus efficace que mille mots. Considérant que Ruru et les Chanteurs des profondeurs pourraient influencer le cœur de leurs publics, les effets devraient être encore plus importants.

Et donc, j’avais demandé à Ruru de proposer à la fois un rythme et des paroles. Le sujet devait être sur le fait que les demi-humains et les humains étaient les mêmes, ainsi que sur la manière dont chacun devrait vivre paisiblement et heureux ensemble, et sur la façon dont j’étais un grand dieu bienveillant, alors je devais être adoré.

La chanson était aussi censée être facile à chanter avec une mélodie simple à retenir.

Le plan consistait à inciter les gens à venir se réunir pour le culte en offrant des réductions d’impôts et des avantages en matière d’agriculture, et à faire en sorte que ces personnes écoutent la chanson. Même si les appâts ne les rendaient pas fidèles, j’avais confiance en la chanson.

Ils inviteraient alors avec enthousiasme d’autres personnes qui inviteraient à leur tour un groupe de personnes à venir. Ainsi, la quantité de mes croyants allait augmenter à un rythme soutenu.

Cette méthode ressemblait beaucoup au lavage de cerveau, mais contrairement à ce dernier, cela n’était pas du tout malveillant. Nous allions juste inculquer des valeurs, donc nous ne ferions rien de mal.

Dans tous les cas, la toute première réunion du culte était prévue pour le lendemain. Après cela, il allait devenir un événement hebdomadaire. Espérons que chaque semaine amènerait plus de croyants alors que le courant religieux grandirait.

« Patron, êtes-vous sûr pour l’équipement sonore ? Il n’est pas conçu par Rorono, donc j’ai quelques inquiétudes. » (Ruru)

« Bien que les Naines-forgeronnes soient celles les ayant conçues, Rorono l’a bien vérifié. Ça devrait aller. Tu vas avoir la plus grande scène du monde. » (Procell)

« Alors, je suis soulagée. En fait, dans ce cas, je suppose que nous devrions améliorer notre performance ! » (Ruru)

Comme ça, Ruru et les chanteurs de profondeurs avaient recommencé à pratiquer.

Après avoir vérifié et les avoir rassurés, je m’étais dirigé vers Aura.

« Tout va bien ici aussi ? » (Procell)

« Oui, j’ai juste créé un produit d’essai pour les humains. Regardez. J’appelle cette potion spéciale “Sourire de Dieu” ! Tout être humain qui boit un verre de vin avec ne serait-ce qu’une goutte de cela dans le tonneau sera en état d’ivresse et incapable de réfléchir pleinement. Dans un tel état, ils accepteront docilement toutes sortes de choses. » (Aura)

Aura avait souri malicieusement.

En dépit d’être une elfe, pourquoi une telle expression lui convient-elle tant ?

« Je suis heureux d’entendre que l’eau bénite est prête. » (Procell)

Les réductions de taxes et les avantages agricoles n’étaient pas les seules choses que nous utiliserons pour attirer les croyants potentiels. Une autre chose que nous allions faire était de la publicité pour quiconque venant à la réunion de culte aurait la possibilité de boire gratuitement notre vin de grande qualité, appelé eau bénite.

Bien sûr, ce vin serait mélangé avec le « sourire de dieu ».

Si les gens écoutant l’hymne de Ruru étaient sous l’influence de l’eau bénite, les effets étaient exacerbés.

Il ne serait pas exagéré de dire que grâce à ces deux choses, les citoyens d’Avalon s’uniraient.

J’étais tellement excité pour demain.

*

Le premier jour de culte pour ma religion était finalement arrivé.

L’inscription pour ceux souhaitant en faire partie avait commencé aux nombreux comptoirs que nous avions installés devant l’église.

Après avoir écrit leur nom ou, pour ceux ne savant pas l’écrire, les avoir donnés, les croyants désormais enregistrés recevaient la preuve de leur foi sous la forme d’un collier et d’un livre sacré. Les Renardes mythologiques les guidaient ensuite vers l’église.

Alors que les croyants se déversaient dans l’église, je m’étais senti heureux d’avoir rendu la salle aussi grande que possible. Si je ne l’avais pas fait, la salle aurait été rapidement remplie.

Après avoir vérifié la foule, j’étais entré dans l’église par la porte arrière.

Maintenant, il est temps de faire mon discours en tant que Dieu.

*

Nous avions conçu l’église pour être un lieu de rituels magiques. Nous avions estimé qu’elle était capable de contenir un millier de personnes. Actuellement, c’était complet.

Heureusement, les Renardes mythologiques avaient judicieusement estimé le point de coupure dans les entrées puis fermé les portes.

À chaque citoyen à l’intérieur, du vin de qualité ou du jus de qualité pour ceux ne pouvant boire d’alcool avaient été donnés. De plus, les boulangeries les plus célèbres de la ville avaient également préparé des sandwichs au jambon avec de généreuses quantités de jambon de qualité supérieure.

Naturellement, les citoyens en étaient ravis d’avoir de si délicieuses choses gratuitement. En vérité, le coût était leur capacité à penser correctement.

Les citoyens avaient commencé à céder à leur état euphorique. Il semblerait que le « Sourire de Dieu » dans le vin fasse un grand effet.

Lorsque certains rideaux avaient été ouverts, le corps de renseignements, y compris Ruru, était apparu sur la scène de l’église.

Après avoir vu de si belles filles sur scènes, les citoyens étaient devenus excités.

Ruru avait souri à la foule. Cependant, ce n’était pas juste un sourire ordinaire, cela faisait déjà partie de sa performance.

Une mélodie apaisante avait alors commencé à se faire entendre. Grâce à l’équipement audio, toute la salle pouvait l’entendre.

La mélodie était tellement captivante qu’aucun autre son ne pouvait être entendu ailleurs.

Au bout d’un moment, Ruru commença à chanter.

Comme prévu, le pouvoir magique inséré dans sa chanson avait gravé le sentiment d’amour et de paix dans le cœur des citoyens. Des louanges pour le Dieu Procell avaient été également ajoutées.

Je dirai qu’environ 90 % des personnes présentes ne partageaient pas les valeurs de l’hymne et étaient probablement des croyants de la foi de Rigdold. La seule raison pour leur présence était de ruiner cet événement.

Cependant, grâce au « Sourire de Dieu » d’Aura et l’hymne de Ruru, ils étaient devenus de vrais croyants.

L’hymne était terminé.

En entendant le chant en état de transe, tout le monde avait l’air perplexe. En d’autres termes, ils avaient reçu un plaisir au-delà de la mesure.

Quand Ruru s’inclina, tout le monde l’avait applaudi. Peu après, Ruru et les Chanteurs des profondeurs avaient quitté la scène.

Cela a bien fonctionné, mieux que prévu même. Leurs émotions coulaient en moi. Je vois. Donc, il s’agit de la raison pour laquelle le Seigneur-Démon Noir est si obsédé par sa religion.

Les Seigneurs-Démons étaient des créatures qui se nourrissaient d’émotions humaines dans leur donjon.

À l’occasion de l’événement, j’avais pu me nourrir d’énormes quantités d’émotions de grande qualité. C’était important, car cela prouvait que les tracas en valaient la peine, même si nous le faisions chaque semaine.

Eh bien, c’est bientôt mon tour.

Alors je le pensais, j’avais commencé à monter sur scène.

Juste par cet acte seul, les citoyens s’étaient déchaînés. C’était un autre avantage du chant de Ruru.

« Bienvenue à tout le monde. Je suis Procell, un Dieu. Je vous remercie tous d’avoir approuvé mes enseignements. À partir d’aujourd’hui, chérissons la paix et l’égalité… dans le cadre de la foi du Saint Graal. » (Procell)

J’avais décidé que ma religion allait s’appeler la foi du Saint Graal. C’était nommé d’après le Saint Graal accordant les souhaits.

« La foi du Saint Graal sera centrée sur le fait d’être heureux et de s’aimer mutuellement, indépendamment de la race. Nous sommes tous de la même famille. » (Procell)

Submergés d’émotions, les citoyens avaient rugi tandis que les larmes coulaient de leurs yeux. Ils avaient vraiment l’air d’être dedans.

« Je veux aussi que les autres soient heureux, alors j’ai une demande pour vous tous. Nous tiendrons une réunion du culte chaque semaine, et pour la prochaine fois, je veux que chacun de vous amène l’une de ses connaissances. Dites-leur qu’il y aura de la nourriture délicieuse et de la bonne musique. Il suffit de les faire venir. Une fois qu’ils auront écouté nos enseignements, je suis sûr qu’ils comprendront. » (Procell)

Par la suite, j’avais parlé comme un dieu et j’avais conclu cette réunion.

Les citoyens, maintenant des croyants zélés, semblaient satisfaits en partant. Cette réaction était plus que suffisante. Et ainsi, le nombre de croyants augmenterait régulièrement.

Les résultats de l’événement étaient favorables. Je pouvais facilement acquérir des émotions fortes et délicieuses tout en facilitant la gestion d’Avalon.

Pour le moment, nous n’avions qu’une église ici à Avalon, mais à l’avenir, je prévoyais de les construire également dans d’autres villes. De cette façon en utilisant les mêmes techniques que nous avions utilisés, la foi du Saint Graal se répandrait même en dehors d’Avalon.

Plus ma religion devenait forte, moins les autres religions auront d’influence à Avalon.

*

Plus tard, une notification officielle était arrivée indiquant que la famille royale arriverait à Avalon trois jours plus tard.

Je prévoyais de leur vendre l’idée de passer d’un état monoconfessionnel à un état pluriconfessionnel. Je dirais que le fait d’avoir plusieurs religions diminuerait le poids de cette religion dans leur politique.

Bien sûr, les mots seuls ne suffiraient pas. J’avais préparé deux appâts.

L’un d’eux nécessitait la coopération du Seigneur-Démon Dragon, mais il avait déjà donné son accord.

Je me demande quelle sera la réaction de la famille royale une fois qu’ils auront appris que j’avais fondé ma propre religion et que j’ai recueilli beaucoup de croyants zélés. J’ai hâte de la voir. En tout cas, préparons la bataille n’impliquant pas de conflits armés.

***

Chapitre 8 : Négociation avec le Prince Léonard

Le jour de la visite de la famille royale était enfin arrivé.

Les préparatifs pour les accueillir étaient achevés.

Nous avions l’intention de leur faire profiter des délices d'Avalon le plus possible. Après tout, cela faciliterait grandement les négociations.

« Il semblerait que la foi du Saint Graal se propage correctement. » (Procell)

Les croyants qui adoraient et me craignaient diffusaient avec diligence ma religion.

Parmi les personnes invitées à participer, beaucoup étaient désireuses de venir pour déguster du délicieux vin et de bonnes chansons lors de la réunion du culte. Le simple fait de les faire venir nous s’assurerait qu’ils deviennent des croyants zélés avec le temps. Ils inviteraient alors les autres, et ces autres inviteraient les suivants, à l’infini.

Tout cela pour protéger Avalon.

Alors que j’étais dans ma chambre et pensais à cela, j’avais fini mes papiers.

Ce sur quoi je travaillais était la création de l’orphelinat de la ville.

Nous allions utiliser la société Curtrude pour embaucher des personnes possédant les compétences nécessaires pour diriger l’orphelinat. Peu importe si ces personnes viennent d’autres villes ou villages. En ce moment, afin d'aider ces personnes, il faudrait des personnes diligentes à Avalon étant bonnes avec les enfants.

Dans un domaine où les experts étaient rares, le recrutement même à partir d’autre lieu en offrant un salaire élevé était la méthode la plus rapide.

Des efforts pour la construction de l’orphelinat devaient être faits aussi vite que possible, non seulement pour les enfants, mais aussi pour attirer encore plus de personnes à Avalon.

Un autre avantage d’avoir un orphelinat était la possibilité de faire entrer des enfants très jeunes dans la foi du Saint Graal et de faire acquérir une loyauté inébranlable envers Avalon.

« Hé, hé, patron, maintenant que j’y pense, pourquoi m’avez-vous dit de faire cette chanson plutôt douce ? Si nous y mettons notre coeur, nous pourrions vraiment leur laver le cerveau au point de les faire tuer d'autres personnes quand on le leur demandera. Est-ce que vous vous en rendez compte ? » (Ruru)

Ruru, qui était couchée dans le lit de ma chambre, me le demanda avec curiosité.

Il avait fait très chaud récemment, alors elle était venue ici où il y avait des systèmes de climatisation.

« Nous ne devrions pas faire cela... Cela peut sembler être de l’hypocrisie à ce stade, mais nous devons faire de notre mieux pour ne pas franchir cette dernière ligne. » (Procell)

Grâce à la combinaison du Sourire de Dieu d’Aura et du chant de Ruru et des Chanteurs des profondeurs, les valeurs de l’amour de leurs semblables, sans distinction de race et de vénération, avaient été inculquées dans le cœur des croyants. Cependant, il devrait être limité à ces seules valeurs. Ni plus ni moins.

Nous n’allions pas les forcer à faire des choses, surtout si c’était quelque chose qu’ils détestaient. C’était très différent de les traiter comme de simples marionnettes.

En outre, si nous les traitions comme des marionnettes, les humains ne seraient pas capables de montrer leur capacité à créer de nouvelles choses. Et si cela se produisait, Avalon ne pourrait plus grandir.

« Hmp, eh bien, vous êtes intransigeant dans les choses les plus étranges, patron. » (Ruru)

« Mis à part cela, ne dois-tu pas partir bientôt ? Tu es la pièce maîtresse pour divertir la famille royale. Est-ce que tous les préparatifs sont finis ? » (Procell)

Plutôt que d’utiliser les chansons de Ruru et des Chanteurs des profondeurs pour influencer l’esprit de la famille royale, je leur avais demandé cette fois de chanter uniquement à des fins de divertissement.

« C’est une question idiote. Je suis une R’lyeh. Je ne compromets rien dans mon métier. Préparez-vous avec impatience. Ce sera un spectacle de chant et de danse unique. » (Ruru)

Si quelqu’un avait le talent d’impressionner les membres de la royauté qui avait probablement assez de chansons et de danses en stock, ce serait Ruru.

Maintenant, je suppose que je devrais changer et me préparer.

☆☆☆

{Maître, les invités sont arrivés} (Aura)

La voix d’Aura était portée par le vent jusqu’à ma chambre.

J’avais fait en sorte qu’Aura surveille l’entrée d’Avalon à l’aide de son vent. Les chances que le Seigneur-Démon Noir profite de cet événement pour envahir Avalon étaient élevées, alors nous étions en pleine alerte.

OK, il est temps d’aller les saluer.

« Kuina, es-tu prête ? » (Procell)

« Oui~ ! Absolument ! » (Kuina)

Kuina, qui portait une robe chic qui convenait à son apparence plus âgée, avait répondu ainsi.

Comme il y avait une chance de danger, je lui avais demandé de rester à mes côtés en tant que garde. Cela étant dit, il y avait une autre raison pour laquelle elle était avec moi : pour montrer que nous étions une ville cherchant la coexistence avec les demi-humains, il était nécessaire d’avoir un individu qui puisse facilement être perçu comme tel à mes côtés.

« Nous en avons parlé hier, Kuina. Je veux que tu changes la façon dont tu t’adresses pour prendre celle d’un adulte. Peux-tu faire ça pour moi ? » (Procell)

Je me sentais un peu mal de lui en avoir parlé, mais la manière habituelle de parler de Kuina pouvait être considérée comme une impolitesse par des personnes de haut rang. Les Seigneurs-Démons étaient une chose, car ils pouvaient comprendre, mais les humains ne comprendraient probablement pas.

« Compris, cher Père. Je vais essayer de me comporter correctement à tes côtés. » (Kuina)

C’était étrange de l’entendre parler comme ça, mais c’était nécessaire.

Elle était intelligente, aussi longtemps qu’elle y mettait des efforts, elle pouvait continuer à se conduire comme ça.

« Oui, ça semble correct. » (Procell)

« Alors, je vais rester ainsi jusqu’à ce que la famille royale parte. Si je fais du bon travail, je voudrais être baignée de louanges. » (Kuina)

Bien que sa manière de parler et ses manières aient changé, je suppose que Kuina restera toujours Kuina.

Face à cette pensée, j’avais souri inconsciemment.

☆☆☆

Lorsque nous étions allés à la porte de la ville, il y avait un chariot à deux chevaux avec le blason de la famille royale. Un groupe de chevaliers chevauchant à côté était également là pour protéger le chariot et ses occupants.

L’un des chevaliers criait fort quelque chose.

« J’annonce l’arrivée du Prince Léonard Mira Axera, le troisième prince du royaume d’Axera, ainsi que ses assistants à la ville d’Avalon ! Son Altesse demande la présence immédiate du représentant de la ville ! »

Dans un effort peut-être pour montrer la grandeur du prince, ils annoncèrent volontairement fort leur arrivée.

Avec Kuina se tenant derrière moi, j'étais arrivé devant le groupe.

« Merci d’être venu. Je suis le Représentant de cette ville. Je suis Procell. Permettez-nous de vous accueillir et de vous divertir au mieux de nos capacités. » (Procell)

Le chevalier m’avait alors regardé ainsi que Kuina.

Son beau visage avait certainement capté son attention, mais en remarquant ses traits demi-humains, il fronça les sourcils.

Comme la foi de Rigdold, la religion d’État d’Axera, suivait l’idéologie de la suprématie des humains, ce type de réaction était tout simplement naturel.

Au sommet de la foi de Rigdold se trouvait le Seigneur-Démon Noir qui régnait en tant que leur dieu et les démons de types anges lui servaient de serviteurs. Ils étaient suivis par des croyants humains fidèles en tant qu’êtres bénits. Tout en bas se trouvait les demi-humains qui ne recevaient aucune bénédiction de la part de leur dieu, et qui étaient donc relégués comme étant des êtres inférieurs.

Construire une religion et donner à un certain groupe un sentiment de supériorité était une approche éprouvée.

Néanmoins, je préférerais que le chevalier ne considère pas Kuina comme telle, alors j’avais décidé de faire avancer la conversation.

« Je crois que tout le monde est fatigué de ce long voyage, alors je pense qu’il est préférable de vous guider d’abord vers votre logement. » (Procell)

Quand j’avais claqué des doigts, les Renardes mythologiques apparurent et s’inclinèrent courtoisement.

Je leur avais ensuite demandé de guider les invités vers la plus belle auberge d’Avalon.

Nous avions préparé des logements non seulement pour le prince, mais aussi pour tous les chevaliers.

Il y avait beaucoup de personnes riches à Avalon, alors les auberges de premier ordre étaient de toute façon en abondance.

Cela étant dit, nous avions réservé la meilleure de ces auberges de premier ordre.

« Hmm, très prévenant. »

« Je suis honoré par de tels éloges. Nous avons préparé des divertissements et des repas que vous apprécierez tous plus tard. Nous enverrons quelqu’un pour venir vous chercher. Jusque là, reposez-vous s’il vous plaît. » (Procell)

Après avoir salué, le groupe qui semblait satisfait avait suivi les renards mythologiques et était parti.

Il était intéressant de noter que le prince ne s’était pas montré.

Eh bien, je suis sûr qu’il se présentera au repas plus tard. Gardons le meilleur pour la fin.

☆☆☆

Après avoir été guidés vers leur logement, y déposer leurs bagages et s’être reposé un moment, nous avions amené leur groupe dans le hall du bâtiment central de la ville. Cet endroit avait été doublé en taille quand nous avions rajouté une fonction d’église et ils avaient pu profiter d’un spectacle musical offert par R’lyeh.

À côté de cela, nous les avions laissés profiter des achats autant qu’ils le voulaient, alors que c'était moi qui payais la facture.

Nous leur permettions également de rincer leur sueur et leur fatigue dans notre source d’eau chaude.

J’avais choisi de ne pas y aller avec eux, pensant qu’ils pourraient mieux apprécier les lieux sans être accompagnés. Néanmoins, je savais ce qu’ils faisaient à travers le vent d’Aura.

Il semblerait qu’ils apprécient leur visite de la ville.

L’objectif était de leur faire connaître les nombreux points positifs d’Avalon avant que les négociations proprement parlées commencent vraiment.

En ce qui concernait Kuina et moi, nous étions allés dans un restaurant que nous avions réservé et avions attendu un moment là-bas.

Le menu du jour avait été préparé avec l’aide de la société Curtrude.

En utilisant leur réseau de marchands, ils avaient découvert les plats préférés du Prince Léonard. En plus de cela, ils préparaient également des plats dont les ingrédients ne pouvaient pas être facilement achetés dans le royaume Axera en raison des problèmes de fraîcheur ou de distribution, mais étaient facilement disponibles à Avalon grâce au service de transport aérien des Hippogriffes.

... Conanna est tellement compétent, ça fait peur.

À l’heure du dîner, Aura rapporta que le groupe du prince se dirigeait vers le restaurant.

Après un certain temps, les chevaliers, les officiers civils et le prince lui-même étaient apparus.

Le prince avait des cheveux blonds, des yeux bleus et de beaux traits. Il semblait avoir environ 25 ans.

Un regard sur lui me permettait de dire qu’il était vif.

« Aucun mot n’est suffisant pour exprimer ma gratitude pour l’accueil chaleureux, non seulement pour moi, mais aussi mes subordonnés. » (Prince)

« Ne le mentionnez pas. Tant que tout le monde est content, cela en valait la peine. Néanmoins, je crains qu’il y ait certaines choses dont on ne peut pas parler devant vos chevaliers. Allons dîner dans une autre pièce pendant que vos chevaliers dînent ici. » (Procell)

C’était maintenant le moment des négociations et cela exigeait une attention particulière.

« Merci de votre aimable considération, Procell-dono. Cela vous dérangerait-il terriblement si un ministre et le chef de mes chevaliers nous accompagnent comme mes conseillers ? » (Prince)

« Pas du tout. Après tout, j’amène aussi cette enfant. » (Procell)

J’avais répondu en posant une main sur l’épaule de Kuina.

Les deux parties étant d’accord, nous nous étions dirigés vers une salle privée.

☆☆☆

Grâce à l’accueil chaleureux, le prince m’avait parlé amicalement.

Notre conversation était aussi plutôt énergique.

« Procell-dono. Cette ville que vous appelez Avalon est incroyable. Elle déborde de choses et de personnes. Tout le monde est aussi très animé. J’ai entendu dire que cette ville existe depuis moins d’un an et pourtant en si peu de temps, elle s’est tant développée. Le seul mot que j’ai pour cela est incroyable. En tant que personne politique, j’avoue que mon intérêt est piqué. Ne voulez-vous pas me communiquer vos secrets ? » (Prince)

Je m’attendais à ce que tous les membres de la famille royale parlent de manière détournée, alors j’avais été surpris de le voir avec une personnalité si modeste.

En réponse à cette personnalité, je lui avais répondu sincèrement.

« J’ai un truc. Je m’efforce d’apporter du bonheur à mes citoyens. Je crois qu’une fois qu’ils seront heureux, ils travailleront davantage pour améliorer leur vie. Naturellement, la ville profitera de leurs succès. » (Procell)

« Ohh, alors le bonheur des citoyens est lié à la richesse du territoire ? C’est en contradiction directe avec ce que pense Père. Selon lui, le peuple existe pour l’état. Pourtant, ce que vous dites a du sens. » (Prince)

Il était aussi très franc.

{Maître, c’est comme nous le craignions. Cette personne est atteinte d’une malédiction. Ce n’est pas une commune non plus, c’est le genre qui se cache et incube dans la personne. Si celui qui l’a maudit envoie un signal, cet utilisateur pourra le contrôler librement.} (Aura)

La voix d’Aura me parvint par le vent.

Je lui avais demandé d’examiner si le prince et son groupe étaient contrôlés ou non.

En réponse à la confirmation d’Aura, j’avais demandé aux Renardes mythologiques de sortir du vin d’Avalon. Il était fabriqué à partir de l’eau-de-vie d’Aura, lui-même doté de propriétés purificatrices.

« S’il vous plaît, profitez du vin d’Avalon comme apéritif. C’est l’un des meilleurs produits d’Avalon. » (Procell)

« Alors, c’est le fameux vin d’Avalon, hein ? Quand j’ai entendu les rumeurs à ce sujet, j’ai immédiatement voulu le goûter. Je veux dire, selon les rumeurs, c’est la boisson des dieux. » (Prince)

Le prince l’avait dit en regardant la bouteille de vin avec une curiosité débordante.

La bouteille mise en évidence n’avait pas été fabriquée avec les pommes dorées du Premier arbre, mais elle avait été fabriquée avec des pommes cultivées par Aura, mais elle devrait toujours avoir une saveur et des effets spéciaux incroyablement bons.

Les Renardes mythologiques en avaient ensuite versé un verre.

Au lieu du prince cependant, le chef des chevaliers était celui qui buvait. Apparemment, il était le testeur du prince.

Lorsqu’il avait bu, le chevalier avait ouvert les yeux, mais était parfaitement immobile autrement.

« Qu’est-ce qui ne pas va, Bernard !? Est-ce empoisonné !? » (Prince)

« N-non, ce n’est pas ça, Prince... Le goût sublime de l’alcool m’a rendu sans voix. De plus, je sens que mon corps devient plus léger. Comme si la lourdeur accumulée depuis des années avait disparu. » (Bernard)

Cette lourdeur dont il parlait était probablement la malédiction de l’un des démons du Seigneur-Démon Noir sur lui.

Il semblait très probable qu’un grand pourcentage des dirigeants du royaume d’Axera était atteint de malédictions.

« Alors, je vais essayer aussi... C’est vrai. C’est délicieux, et cela a aussi rendu mon corps meilleur. Merci, Procell-dono. » (Prince)

« Si ça vous plaît, pourquoi ne pas en prendre pour chez vous ? » (Procell)

« Êtes-vous sûr ? » (Prince)

« Oui, certainement. Cependant, au lieu de les apprécier seul, veuillez les partager avec tout le monde. Avec votre famille et vos subordonnés. » (Procell)

Cela pourrait être plus de travail pour Aura et ce ne serait que temporaire, mais il était important de se débarrasser des pouvoirs de ce type.

« J’en suis très reconnaissant. Comme le seront mon père et mes frères aînés. » (Prince)

Il l’avait dit avec un sourire.

Cela vaut bien l’investissement.

Ensuite, les plats avaient été servis les uns après les autres.

Chacun était parfait. Cela allait des ingrédients utilisés aux techniques culinaires employées.

Même le prince habitué aux repas de luxe était émerveillé.

Bien sûr, Kuina et moi-même en étions très heureux.

Au moment où les desserts avaient été servis, le prince s’exprima sérieusement.

« C’était une cuisine merveilleuse. Il semblerait que les rumeurs disant que les meilleures choses du monde entier soient réunies ici sont vraies. Non seulement cette ville est dotée d’excellentes choses, mais aussi d’un excellent personnel. » (Prince)

Tel était la spécialité d’Avalon.

En utilisant le transport aérien, les commerçants pouvaient se procurer des produits de partout dans le monde.

Et quand les bonnes choses étaient rassemblées, les gens aussi.

À la recherche de meilleur environnement de travail et de recherches, des alchimistes, des sorciers et des forgerons avaient immigré ici. Avec une demande plus forte, bien sûr, les commerçants avaient également augmenté en nombre, répétant ce cycle à l'infini.

« De plus, vous semblez emprunter les talents des demi-humains. Vous avez du travail et une armée permanente sans frais sous la forme d’innombrables golems. De plus, vous avez également des unités aériennes sous la forme d’Hippogriffes et de Dragons des Ténèbres. Franchement, je suis jaloux. Cependant, même si je comprends l’utilité d’employer des demi-humains et les talents des monstres pour enrichir un territoire, la foi de Rigdold a fermé cette option pour mon pays. » (Prince)

C’était comme il l’a dit. Puisque l’idéologie de la suprématie humaine était répandue dans la foi de Rigdold, il était tout simplement improbable d’emprunter les talents de demi-humains.

« En ce qui concerne Avalon, notre politique ici est d’utiliser tout ce que nous pouvons pour grandir. » (Procell)

« ... Je vois. C’est bien, mais ce n’est pas possible pour nous. Même si les enseignements de la foi de Rigdold sont malveillants, il est également vrai qu’ils réunissent le cœur de nos citoyens. Ma voix est noyée par les fondateurs. » (Prince)

Le prince l’avait dit avec une expression compliqué.

« Est-ce bien de m’en parler ? » (Procell)

« Je ne vois aucun problème. Mes expériences me disent que mentir à ce sujet ne ferait rien de bien. Pour cette même raison, je serai franc. Je veux que votre ville Avalon fasse partie de notre royaume d’Axera. » (Prince)

« Et puis, vous allez emprunter nos fonds et notre force de combat ? Plus précisément, notre unité de golems et de bombardement de nos Dragons des Ténèbres ? Tout pour que vous puissiez continuer l’assaut contre un certain donjon ? » (Procell)

Quand j’avais dit cela, le prince était complètement surpris.

Je vois. Alors il ne s’attendait pas à ce que je connaisse déjà leurs objectifs.

« J-juste à quel point connaissez-vous tout cela ? » (Prince)

« Comme indiqué plus haut, les marchands du monde entier se sont rassemblés ici à Avalon, alors il ne faut pas s’étonner que nos informations soient bonnes, à condition que nous les écoutions attentivement. En ce qui concerne votre demande, ma réponse est non. J’ai quelques raisons. La première est que peu importe le nombre de golems et de Dragons des Ténèbres que nous vous prêtons, vous ne pourrez pas gagner. » (Procell)

Leur adversaire était le Seigneur-Démon Dragon qui employait de puissants démons de type dragon.

Il y avait aussi un empereur dragon qui pouvait commander à volonté les dragons rendus fous par Berserk.

Pour ce qui est de l’attaque frontale, même si Avalon devait lancer ses forces contre lui, nous nous ferions écraser. Facilement écrasé, devrais-je dire.

Donc, même si je devais prêter les chevaliers d’Avalon, c’était toujours un effort voué à l’échec.

« ... Mais j’ai entendu dire que pendant notre guerre, Avalon a montré une force extraordinaire. » (Prince)

« Nous avons effectivement une force énorme, mais face à cet ennemi, ce n’est rien d’autre qu’un jeu d’enfant. » (Procell)

Il ne faut en aucun cas prendre le Seigneur-Démon Dragon à la légère. Toute personne pensant pouvoir conquérir son donjon devrait aller vérifier leur santé mentale.

En entendant ma réponse, le prince semblait abattu.

Lançons-lui une bouée de sauvetage.

« Si je ne me trompe pas, votre véritable objectif, Prince Léonard, est d’arrêter les combats le plus rapidement possible. Cependant, même si vous versez tout votre potentiel de guerre, vous n’avez aucune chance de victoire. Au contraire, vos dégâts et pertes ne feront qu’augmenter. Je suppose que votre trésor national est déjà à sa limite. » (Procell)

Pour exercer une pression sur le Seigneur-Démon Dragon, le Seigneur-Démon Noir avait chargé le royaume d’Axera d’attaquer. Cependant, au lieu d’être gêné, le Seigneur-Démon Noir profitait en fait de ses attaquants, il gagnait de grandes quantités de DP et se nourrissait de fortes émotions.

Comme on pouvait s’y attendre de l’un des trois plus grands Seigneurs-Démons.

« Mais d’un autre côté — » (Prince)

« Par contre, si vous reculez maintenant, vous courez le risque de représailles. Vous craignez que si vous relâchez l’offensive, le Seigneur-Démon Dragon envoie ses monstres détruire le royaume d’Axera. Le fondateur de la foi de Rigdold avait dit qu’il vous protégerait, mais vous ne faites pas vraiment confiance en ces mots. » (Procell)

« Comment, comment en savez-vous autant ? » (Prince)

« Comme je l’ai dit, nous avons de bonnes sources d’information. » (Procell)

En fait, c’était pas trop une information, plutôt une déduction logique. La plupart des gens arriveraient facilement à cette conclusion.

L’étape suivante de cette réflexion était cette réunion.

Sans aucun doute, le Seigneur-Démon Noir avait incité une fois de plus le royaume d’Axera et leur avait demandé d’acquérir des fonds et un potentiel de guerre d’Avalon.

En fait, dans le cas où les négociations d’aujourd’hui échoueraient, le prince était résolu à prendre Avalon de force, pensant que ce serait le seul moyen pour la survie de leur royaume.

Il ne sait pas encore que j’ai préparé un autre moyen pour qu’ils s’en sortent.

« Je comprends que vous soyez dans une situation difficile et que vous ayez besoin d’aide sous une forme quelconque. Mais avant d'avoir des idées folles, laissez-moi vous dire d’emblée que prendre de force Avalon sera vain pour vous. Je vous le ferais savoir, les Chevaliers d’Avalon et les Dragons des Ténèbres ne sont qu’une fraction de nos forces. » (Procell)

« Si vous êtes si fort, alors aidez-nous ! Nous n’avons peut-être pas l’argent maintenant, mais à terme, nous vous indemniserons pour votre aide. » (Prince)

« Je refuse toujours. Comme je l’ai dit, vous donnez un potentiel de guerre ne vous serait d’aucune utilité. De plus, moi et votre ennemi sommes en bons termes. En fait, il m’appelle son fils. Il n’y a pas moyen que je fasse de cette personne un ennemi. » (Procell)

Dans la dernière lettre qu’il m’avait envoyée, le Seigneur-Démon Dragon m’avait appelé son fils.

Stolas et moi n’étions que des amis, donc c’était sans doute un malentendu, mais cela ne semblait pas s’arrêter même si je tentais de le corriger.

« ... Le maître du donjon vous appelle son fils ? Je le suspectais un peu, mais êtes-vous aussi un Seigneur-Démon ? » (Prince)

Le corps de renseignements avait confirmé que le Seigneur-Démon Noir avait révélé sa véritable identité, à savoir un Seigneur-Démon à la famille royale d’Axera. Et donc, je n’avais vu aucune raison de cacher les miennes.

« Effectivement, je suis aussi un Seigneur-Démon. Tout comme le Seigneur-Démon Noir qui tire vos ficelles et le Seigneur-Démon Dragon, votre estimé ennemi. Et maintenant, je vais vous proposer quelque chose qui pourrait réellement vous aider. Comme je l’ai dit, le Seigneur-Démon Dragon et moi-même sommes en bons termes. Je lui ai déjà parlé de votre situation. Si vous acceptez mes conditions et, bien sûr, retirez vos forces dès que possible, vous pouvez être assuré qu’il n’exigera pas de rétribution. » (Procell)

« Est-ce... vrai ? » (Prince)

« Oui. Ce n’est pas tout. Je peux aussi vous prêter de l’argent pour aider à la reconstruction de votre royaume. Vous pouvez également envoyer vos soldats blessés à Avalon pour une récupération plus rapide. Tout cela et plus si vous acceptez mes conditions. » (Procell)

Sa réaction semblait suggérer qu’il était intéressé par mon offre.

Le plan du Seigneur-Démon Noir consistait à s’opposer à Avalon, en faisant s’opposer le royaume d’Axera et le Seigneur-Démon Dragon.

Il utilisait le Seigneur-Démon Dragon pour pousser le royaume d’Axera jusqu’à ce que l’attaque contre Avalon semble attractive.

Le royaume désespéré d’Axera était alors censé faire pression sur Avalon de l’extérieur, alors que sa religion menaçait de déchirer Avalon de l’intérieur.

Si la pression sur nous échouait, le royaume d’Axera devait alors procéder à une véritable guerre contre nous. Si même cela échouait, c’était toujours une bonne chose pour le Seigneur-Démon Noir puisqu’à partir de ce moment, le nom d’Avalon serait terni. Et si notre réputation et notre popularité s’effondraient, cela signifierait un arrêt de notre croissance.

C’était une manipulation compliquée et amusante.

Cependant, dommage pour lui, car je l’utilisais contre lui.

En fondant ma propre religion, nous avions consolidé nos défenses.

Et, en proposant une trêve entre le royaume d’Axera et le Seigneur-Démon Dragon, je pourrais à la place mettre Axera à mes côtés.

Tu as été négligent en traitant avec moi. Maintenant, c’est à mon tour d’attaquer.

***

Chapitre 9 : La reddition du prince

Après avoir entendu ma proposition, le visage du Prince Léonard avait changé.

Son royaume, Axera, était dans un état critique en ce moment. Encouragés par le Seigneur-Démon Noir, ils avaient emmené leurs armées dans le donjon du Seigneur-Démon Dragon. Cependant, les démons de Dragon avaient inversé la tendance et les avaient forcés à être les attaquants présumés.

Leurs pertes étaient importantes et elles continuaient à croître de jour en jour.

Outre leur nombre réduit, il fallait tenir compte des frais des traitements médicaux, des pensions pour les familles endeuillées, des coûts de formation des soldats de remplacement, de l’équipement perdu et, bien entendu, de la création et l'entretien des lignes d’approvisionnement de leurs soldats.

Pour empirer les choses, même s’ils gagnaient, ils n’avaient rien à gagner.

Et pourtant, arrêter la guerre n’était pas non plus vraiment une option pour eux. Car si cela était le cas, il n’était pas improbable que le Seigneur-Démon Dragon brûle leurs villes jusqu’au sol dans un acte de rétribution.

Le royaume d’Axera connaissait bien les conséquences de cette guerre : qu’ils gagnent ou perdent, ils allaient souffrir. La seule raison pour laquelle ils étaient dans ce gâchis de ressources était la foi de Rigdold.

Pour cette raison, j’avais décidé de leur donner un coup de main.

« Est-ce vrai ? Est-ce vraiment le cas ? Pouvez-vous vraiment empêcher le Seigneur-Démon Dragon de faire des attaques de représailles ? » (Prince)

« Certainement. Je ne peux que vous demander de me croire à ce sujet, mais le Seigneur-Démon Dragon et moi respecterons notre parole. » (Procell)

En garantissant qu’il n’y aurait pas de représailles, une conclusion pacifique à cette guerre avait été rendue possible.

Bien sûr, il n’y avait aucun moyen que ce soit la seule complication dans tout ce gâchis.

« … Je suis profondément reconnaissant pour votre proposition, mais je suis préoccupé par ce que les croyants de la foi de Rigdold pourraient penser de nous laisser sans le contrôle de leur Dieu. » (Prince)

En premier lieu, cette guerre était des représailles du méchant Dieu ayant attaqué la capitale sainte de la foi de Rigdold.

« Je vous conseille de leur dire que vous avez mortellement blessé l’ennemi et qu’il a fui de peur pour sa vie. Dans ce cas, il n’y a pas de mal à mentir et à bien se faire paraître. » (Procell)

Même si vous aviez perdu dans une guerre, il n’y avait pas besoin d’être follement honnête à ce sujet.

« … mais — . » (Prince)

« Ou est-ce que vous dites que la situation vous va ? Allez-vous continuer à gaspiller de l’argent et des ressources dans une guerre que vous ne pouvez gagner ? Que diriez-vous du fait de laisser tous les soldats mourir inutilement ? » (Procell)

« Je comprends ce que vous dites, mais... » (Prince)

« Non, apparemment, ce n’est pas le cas. Parce que si vous le compreniez, vous ne seriez pas en train de supposer maintenant. En vous souciant de ce qu’il faut faire, la nation que vous aimez est en train de mourir inutilement chaque minute, non, à chaque seconde qui passent. » (Procell)

Pour une raison inconnue, mes commentaires plutôt irresponsables semblaient fonctionner sur le Prince Léonard.

« … je voudrais accepter votre proposition, mais d’abord, quels sont les termes dont vous avez parlé ? Je prendrai ma décision après les avoir entendues. » (Prince)

Oh, il devient plus enclin à accepter.

« Pour commencer, ne pensez-vous pas qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans l’état actuel des choses ? Comment une seule religion peut-elle avoir autant d’effet sur une nation entière ? » (Procell)

« Bien sûr, j’ai toujours trouvé ça troublant. » (Prince)

« À mon avis, c’est parce que votre nation considère la foi de Rigdold comme religion d’État. » (Procell)

Les points forts de la foi de Rigdold étaient leur nombre et leur domination grâce à leur nombre. Pour les battre, ils devaient perdre soit l’un soit l’autre.

« Je suis désolé, mais je ne comprends pas, Procell-dono. » (Prince)

« Je vais les parcourir dans l’ordre. Tout d’abord, je vous propose de supprimer l’idée d’avoir une religion d’état, déclarez d’abord que le gouvernement sera séparé des religions. Ensuite, approuvez l’introduction de la religion d’Avalon. C’est à dire approuver l’introduction de la foi du Saint Graal ! » (Procell)

Il semblait que l’esprit vif du prince lui permettait de comprendre facilement ce que je voulais dire.

S’il y avait une autre religion majeure dans son pays, l’influence de la foi de Rigdold diminuerait certainement.

Et si cela se produisait, la foi de Rigdold ne devrait plus pouvoir manipuler librement le royaume d’Axera.

« Procell-dono, je voudrais confirmer deux choses. Premièrement, à moins que quelque chose de grave n’arrive, la plupart ne changeraient pas de religion. Bien que l’acceptation de la foi du Saint Graal dans la capitale sacrée soit simple, seriez-vous vraiment capable de convertir nos citoyens, qui sont pour la plupart de fervents croyants de la foi de Rigdold ? » (Prince)

« Ne vous inquiétez pas pour cela. Nos bons et justes enseignements en matière de vie heureuse et pour la coexistence des humains et demi humains prévaudront, permettant à notre religion de se répandre rapidement. » (Procell)

En réalité, le plan était de rassembler les humains dans l’église que nous allions construire dans la capitale du royaume d’Axera en leur promettant de l’argent et d’autres choses comme un repas gratuit, puis en utilisant le combo du « Sourire de Dieu » d’Aura et le chant de Ruru. Mais dans ce cas aussi, il n’y avait pas besoin d’être stupidement honnête.

J’avais pensé qu’il serait plus pragmatique d’engager un délégué qui serait régulièrement présent dans l’église. De cette façon, notre religion sera toujours présente même lorsque Ruru et les Chanteurs des Profondeurs ne se produiraient qu’une fois par semaine.

L’église de la capitale n’était pas la seule que je prévoyais de construire. Je voulais construire une église dans au moins trois autres grandes villes. Il était à espérer qu’un système de rotation fonctionnerait de telle sorte que le groupe de Ruru n’ait à effectuer que des performances une fois par semaine.

« Je doute encore que cela se passe bien, mais si Procell-dono le dit, je suppose que ça ira… Pour le moment, passons à ma seconde préoccupation. Même dans le meilleur des cas, la foi de Rigdold sera gênante, mais maintenant que nous allons adopter une nouvelle religion, leur harcèlement ne peut qu’empirer. Que proposez-vous de faire à ce sujet ? » (Prince)

« La seule raison pour laquelle ils peuvent faire de telles choses est précisément parce qu’ils sont la seule religion. Avec une autre religion, ils seraient beaucoup plus prudents. » (Procell)

Le prince comprenait, mais de son point de vue, s’il y avait des avantages à accepter ma religion, il y avait sûrement aussi des inconvénients.

« … cependant, il y a aussi eu des moments où la foi de Rigdold a été utile. » (Prince)

« Peut-être, mais encore une fois, n’est-ce pas à cause de votre confiance en eux et de leur aide qu’ils ont maintenant tant de contrôle sur vous ? Croyez-moi, les choses ne feront qu’empirer si vous choisissez de laisser la foi de Rigdold être la seule religion de votre royaume. À mon avis, accepter la foi du saint Graal serait la décision la plus avantageuse pour vous. Dans tous les cas, votre crise actuelle avec le Seigneur-Démon Dragon serait résolue. En tout cas, s’il vous plaît, suivez-moi. » (Procell)

J’avais dit ça, m’étais levé et m’étais dirigé vers un chariot. Le prince et ses subordonnés s’étaient également levés et m’avaient suivi dans le chariot.

Notre destination était un certain entrepôt. Avalon avait beaucoup d’entre eux sous son strict contrôle. Pour couronner le tout, chacun était aussi grand qu’un manoir.

À mon arrivée, j’avais salué les golems de mihtril gardant l’entrepôt, et leur avais dit de déverrouiller l’entrée et étais entré.

« Quoi ?! Une montagne de trésors ?! C’est suffisant pour égaler la fortune d’une ville entière ! » (Prince)

« Ce n’est pas tout ce que nous avons. Nous avons trois autres entrepôts qui ont la même quantité de trésors, sinon plus, qu’ici. Si cela signifie que vous accepterez notre foi du Saint Graal, je suis prêt à vous remettre le contenu des quatre entrepôts à votre royaume. » (Procell)

Nos golems minaient 24 heures sur 24 sans interruption dans mon donjon. En toute franchise, de notre point de vue, les minéraux comme l’or et l’argent, dont la valeur était inférieure à celle du mithril, avaient été des déchets.

Cependant, les jeter serait du gaspillage, nous les avions alors stockés dans des entrepôts.

De plus, nous avions également gagné de l’argent avec les taxes. Même si nos taxes étaient beaucoup plus faibles que dans d’autres villes, étant donné que nous avions beaucoup de gens à taxer, nous avions tout de même fini par obtenir un montant énorme.

« Donc, qu’est-ce qu’il y a, Prince Léonard ? J’imagine que ce montant est suffisant pour couvrir toutes vos dépenses de guerre et même les retraites, n’est-ce pas ? » (Procell)

En entendant ma proposition, le prince déglutit.

Comme je le pensais, c’est un geste efficace.

En montrant plus que de simplement parler de l’entrepôt, l’effet était d’autant plus grand.

Eh bien, encore une fois.

« Ne vous inquiétez pas. Car ce n’est pas tout ce que nous sommes disposés à vous offrir. Nous sommes prêts à vous donner une centaine de golems qui sont l’un des objets les plus précieux de cette ville. Ceux que nous prêtons ne sont pas destinés à combattre, ils sont spécialisés dans le transport. Pour compléter le tout, j’ajouterai des chariots spéciaux. Je crois que vous êtes familier avec leurs capacités, n’est-ce pas ? » (Procell)

« … Vous nous donnez ces chariots magiques et infatigables qui dépassent même les plus rapides de notre royaume ? Si nous en avons, notre circulation de marchandises dépassera celle des autres pays… et vous avez dit que vous allez nous en donner une centaine ?! » (Prince)

« De plus, comme je l’ai dit au début, vous pouvez envoyer vos soldats blessés à Avalon afin qu’ils puissent récupérer plus rapidement. Les frais médicaux ne sont pas une mince affaire, et vos installations pour traiter tous les blessés devraient être insuffisantes avec la guerre en cours. Si vous envoyez vos blessés ici, nous pourrions tout simplement réduire la perte d’excellents soldats. » (Procell)

À Avalon, plutôt que d’utiliser des chevaux ou de tels animaux pour nos chariots, nous avions utilisé des golems.

Les golems étaient assez forts pour égaler un démon de rang C ou un aventurier de première classe. En d’autres termes, ils étaient assez fort pour se protéger et n’avaient souvent pas besoin d’escorte. Contrairement à un cheval, il pouvait continuer à voyager sans arrêt, sans jamais avoir besoin de dormir, de manger ou même de boire. C’était la parfaite existence en matière de main-d’œuvre.

Cela valait la peine de tuer et de mourir pour ça. Le prince n’était pas si ignorant pour ne pas reconnaître leur valeur.

C’est pourquoi, nous allions seulement donner des golems en argent, et non des golems de mithril ou des Chevaliers d’Avalon. Sinon, cela nous coûterait réellement cher.

En offrant également de soigner leurs blessés, j’avais fait en sorte que le marché leur convienne, si je peux moi-même le dire.

Mais encore une fois, en ayant beaucoup d’humains de haut niveau à Avalon pendant une période prolongée, je pourrais me nourrir de beaucoup d’émotions délicieuses et gagner ainsi que des DP. C’était une aubaine pour nous.

Une fois que les soldats auraient eu connaissance des nombreuses choses formidables à Avalon, ils pourraient décider de déménager et de vivre ici. S’ils le faisaient, ils risquaient d’être influencés par la foi du saint Graal et de devenir des croyants. Si cela se produisait, nous pourrions les renvoyer à la capitale du royaume d’Axera, cette fois-ci comme de fervents croyants de la foi du Saint Graal qui répandraient notre religion avec enthousiasme.

« Il est temps de prendre une décision, Prince Lénoard. Vous avez juste besoin d’accepter notre foi du Saint Graal et rien de plus. Si vous le faites, vous recevrez tout ce que j’ai promis comme soutien. » (Procell)

Il hésitait.

Bien que je l’appelle soutien, c’était essentiellement de l’argent. Toutefois, compte tenu des dépenses de guerre, le trésor d’Axera était quasiment inexistant. La seule autre possibilité d’obtenir de l’argent serait en pillant d’autres pays.

« … Avant de dire oui, qu’est-ce qu’Avalon a à gagner dans tout cela ? » (Prince)

« C’est une étape nécessaire pour répandre notre foi du Saint Graal. En outre, je veux affaiblir l’influence du Seigneur-Démon Noir, peu importe comment. » (Procell)

Je ne l’avais pas dit directement, mais la raison pour laquelle je voulais que ma religion se répande en dehors d’Avalon était que je voulais qu’un jour les humains fassent un pèlerinage à Avalon. De cette façon, je pourrais obtenir les émotions pures de mes croyants à intervalles réguliers.

De plus, certains de ces croyants voudraient sûrement venir vivre à Avalon même, entraînant la croissance de la population d’Avalon.

« … Êtes-vous en conflit avec le Seigneur-Démon Noir ? » (Prince)

« Oui. C’est futile de le cacher, alors j’avoue que c’est mon ennemi. » (Procell)

Ses soupçons se confirmèrent, le prince me regarda droit dans les yeux.

« Je veux que vous promettiez une chose à ce sujet. Ne faites pas du royaume d’Axera un champ de bataille. Si vous pouvez faire cela, alors j’accepte vos conditions. Je vais miser sur ma fierté et convaincre mon père d’accepter. » (Prince)

Je vois. Il s’inquiète pour son pays à sa manière.

Si le Seigneur-Démon Noir et moi nous battions sérieusement, il n’était pas exagéré de dire qu’un pays entier puisse être détruit.

« Je le promets. Mais si je suis attaqué, je devrai contre-attaquer. Dans ce cas, je promets d’au moins essayer de limiter les dégâts. » (Procell)

« Ça me suffit. Ensuite, je demande officiellement une aide financière, le prêt des golems et le traitement médical de nos blessés. » (Prince)

Le troisième prince l’avait dit puis s’était incliné.

Malgré sa position de prince, il était prêt à le faire pour le bien de son pays. Cela me donnait une bonne impression de lui.

Après, nous avions discuté des détails plus précis de notre transaction.

Petit à petit, mon influence se dirigeait vers la capitale, Axera.

Je dois travailler dur pour réaliser mes projets. Les choses vont devenir très agitées, mais aussi excitantes.

Je ne pouvais m’empêcher de sourire. Nous avions obtenu beaucoup de bonnes choses en échange de choses ne nous intéressant pas vraiment.

Ma ville idéale où les humains et les démons pourraient coexister paisiblement et joyeusement devenait lentement mais sûrement une réalité.

***

Chapitre 10 : L’assurance et l’amitié avec le prince

Mes négociations avec le Prince Léonard étaient terminées pour la journée.

Après notre réunion, il était retourné à l’auberge avec ses chevaliers.

Pour ceux qui voulaient participer, nous avions offert les services des meilleures maisons closes de la ville.

Étonnamment, même le prince voulait profiter de la compagnie d’une professionnelle. Cependant, en raison de sa position, il était hors de question pour lui de se rendre dans un bordel. Comme solution, nous lui avions envoyé directement de la visite dans sa chambre à la place.

Afin qu’ils aiment davantage la ville d’Avalon, nous avions préparé des aphrodisiaques basés sur la vase rose utilisée par le défunt Seigneur-Démon du Mal lorsqu’il avait capturé Aura. En outre, les professionnelles dépêchées cette fois-ci étaient en fait d’excellents démons de type succube qui profitait du plaisir des hommes.

J’avais demandé à ces démons de March de veiller à la qualité et heureusement, elles étaient obligées de le faire.

En raison de la récente attaque sur son donjon par d’autres Seigneurs-Démons, il semblerait que le nombre d’aventuriers allant dans son donjon avait diminué, provoquant une sorte de famine chez ce genre de monstres.

Nous avions également envoyé des démons de type succube aux autres humains de haut rang. Nous les avions empêchés de nous faire quoi que ce soit en les faisant se sentir bien.

« Je suis heureux que ça se déroule bien. » (Procell)

En ce moment, les préparatifs étaient en place. Les prochains objectifs étaient de construire une église dans la capitale d’Axera et d’autres choses.

On pourrait dire que la vraie valeur de l’Oracle Divin serait déterminée dans les efforts à venir.

Étant donné que nous entrerions sur son territoire, nous ne devrions pas nous attendre à ce que le Seigneur-Démon Noir soit aussi docile qu’il l’était pour le moment. En fait, nous devrions nous attendre à ce qu’il établisse un contact sous peu... Je vais attendre.

« Père, Kuina a fait de son mieux ! » (Kuina)

« Oui, tu as été très bien. Tu étais vraiment une bonne dame aujourd’hui. » (Procell)

« Youpis~ ! » (Kuina)

J’étais retourné à la voiture garée près du premier arbre. Alors que j’étais sur le lit, je réfléchissais aux choses à faire par la suite.

Et aussi, couchée à côté de moi se trouvait Kuina.

Elle avait enlevé sa robe formelle et s’était déjà mise en pyjama. C’était son pyjama pingouin préféré. Inutile de dire qu’elle avait l’air incroyablement adorable.

Cela étant dit, ce n’était pas exactement celui qu’elle portait toujours. Depuis que son apparence était devenue plus vieille, son ancienne tenue ne correspondait plus et elle en avait acheté un nouveau au design similaire. En dépit de son âge, cette tenue mignonne lui convenait tout autant.

« Père, par quoi étais-tu préoccupé plus tôt ? » (Kuina)

« Hmm, je suppose que c’est afin de limiter autant que possible le nombre de pertes en vies humaines. Si nous nous étions battus directement avec le Seigneur-Démon Noir, il utiliserait les humains pour mener une guerre contre nous. Si cela arrivait, ce serait un génocide. Pour éviter cela, certaines étapes sont nécessaires. En outre, nous avons gagné beaucoup de choses de cet accord. Plus qu’eux, à mon avis. » (Procell)

Selon la façon dont les choses évoluaient, nous pouvions également finir par nous battre contre les trois grandes nations en même temps.

Ce serait sanglant, mais nous devions quand même gagner.

Franchement, si c’était seulement en matière de destruction de nations humaines, alors simplement envoyer des Dragons des Ténèbres bombarder leur ville — plutôt que des combats effectivement dans le champ de bataille — était la voie la plus facile, si les choses arrivaient à ce point.

J’avais gagné des DP beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais, donc j’avais acheté un nouveau Malestorm pour le Graphross. Le nombre de mes Dragons des Ténèbres pouvait maintenant augmenter de deux chaque jour.

De plus, depuis que ma Création était revenue, j’avais été une fois de plus capable de produire des matériaux pour nos explosifs. Et puisque j’avais plusieurs fois monté de niveau, cela signifiait une augmentation de la production de ces matières. En raison de ces facteurs, nos stocks d’explosifs, fabriqués dans l’usine par les squelettes était élevés.

En d’autres termes, nous étions bien préparés pour une guerre contre les humains.

« Nous devrions juste tuer les humains ! » (Kuina)

« Non, nous ne devons pas le faire. Si nous choisissons ce chemin, ça ne mènerait qu’à la ruine. Après tout, les humains arrêteraient de venir à Avalon. Si cela arrive, tu ne serais plus en mesure d’apprécier les desserts et les robes mignonnes faites par les humains. Aimes-tu cet endroit ? Quant à moi, j’aime les humains et les choses qu’ils font. Et parce que je les aime, j’essaie de les rendre heureux. C’est pourquoi nous avons Avalon. » (Procell)

Nous ne devions pas perdre cela de vue.

Nous devrions éviter de tuer les humains autant que possible. En outre, même si j’étais prêt à aller aussi loin que d’instiller les enseignements de notre foi chez les humains, nous ne devions pas franchir la ligne qu’est le lavage de cerveau.

Je n’avais pas le désir de les transformer en poupées. Quoi que ce soit leur permettant de devenir des poupées était nuisible pour nous, car ils perdraient la possibilité de faire des choses étonnantes. Il était vital que nous nous retenions. Car si nous ne nous retenions pas constamment, nous nous serions rapidement éloignés de notre objectif.

« Oh, Kuina veut manger cette délicieuse nourriture et porter ces vêtements mignons ! Donc, je suppose que Kuina protégera les humains vivants dans Avalon ! Les humains sont faibles, donc ils ont besoin de nous pour les protéger afin de ne pas mourir ! » (Kuina)

« Oui, les humains sont faibles et ont besoin de notre protection. Nous allons faire de notre mieux pour rassembler plus d’eux. Plus nombreux ils sont, et plus les choses étonnantes viendront avec. » (Procell)

« Si nous rassemblons plus d’humains, Kuina sera capable de manger de la nourriture encore meilleure ? » (Kuina)

« Oui, bien sûr. » (Procell)

« Les humains sont incroyables ! » (Kuina)

Kuina la gloutonne l’avait dit en salivant.

J’avais souri à la vue de cela et lui avais ensuite essuyé la bouche. Kuina était aussi mignonne que d’habitude.

Peut-être était-elle vraiment fatiguée d’agir différemment que d’habitude, mais après avoir parlé pendant un certain temps, elle s’était endormie tout en enlaçant mon bras. Sa gentillesse débordait.

Les humains étaient importants, mais mes démons l’étaient aussi. Je voulais non seulement que les humains soient heureux, mais aussi mes démons ;

Je vais faire de mon mieux demain aussi. notai-je.

 

☆☆☆

 

Le lendemain matin, je m’étais réveillé tôt et me préparai.

Dans l’après-midi, le Prince Léonard et son groupe se préparaient à repartir vers la capitale.

J’allais avoir une réunion avec eux une dernière fois avant leur départ.

Hier, j’avais discuté avec lui et ses principaux conseillers les détails de mon plan les concernant.

En réponse, le prince avait dit qu’ils voulaient prendre un certain temps pour y réfléchir.

Et donc, j’avais fait mon chemin vers le lieu de notre rencontre.

L’idée était de tenir la réunion tout en ayant un rapide déjeuner.

J’étais arrivé une demi-heure plus tôt que l’heure prévue, mais l’autre partie était déjà là.

« Procell-dono, vous êtes arrivés tôt. » (Prince)

« Je pourrai vous dire la même chose. Avez-vous apprécié votre nuit ? » (Procell)

« Oui. Tellement que si l’amitié entre notre pays et Avalon est confirmée, je reviendrai. » (Prince)

« Ce sera notre plaisir de vous voir revenir. Prince Léonard, vous serez toujours bienvenu ici à Avalon. » (Procell)

J’avais écouté les rapports de mes démons hier soir.

Selon les rapports, le prince avait décidé de lâcher du leste et de s’amuser autant que possible la nuit dernière. Apparemment, il avait vécu une vie très abritée dans le château. En considérant cela, il était compréhensible qu’il ait fait usage de cette opportunité pour s’amuser un peu.

Eh bien, c’était après tout un aphrodisiaque amélioré combiné avec des succubes.

Le seul inconvénient était qu’il n’était très probablement pas satisfait des rapports réguliers.

« Alors, permettez-moi de rendre la pareille. Procell-dono, je voudrais vous inviter dans la capitale de notre nation. » (Prince)

« Cela semble merveilleux. Après que votre nation ait accepté notre foi du Saint Graal, ce serait mon plaisir de visiter votre capitale. » (Procell)

Il était inutile de gaspiller l’invitation. En outre, je pouvais l’utiliser comme un moyen d’observation.

« S’il vous plaît, je me réjouis à cette idée. Je ferai de mon mieux pour vous divertir, mon nouvel ami... en tout cas, après la discussion d’hier, j’ai beaucoup réfléchi, et je voudrais vous poser deux questions. Tout d’abord, je veux voir la foi du Saint Graal de mes propres yeux. Je veux obtenir une grande quantité de richesse, une chance pour un cessez-le-feu, des golems pour le transport et tout ce que vous acceptez de nous donner, mais je ne peux pas, en bonne conscience, laisser votre religion se propager dans mon peuple sans d’abord vérifier que ses enseignements sont appropriés. J’espère que vous comprenez mon point de vue. » (Prince)

Après avoir entendu sa première demande, j’avais un peu souri.

C’est un prince au grand cœur.

Il s’inquiétait vraiment beaucoup pour son peuple. Sans mentionner que sa proposition nous était commode.

« Alors, avant votre départ, voulez-vous participer à une réunion du culte ? Je suis certain qu’une fois que vous aurez vu cela, vous approuverez. » (Procell)

« Oui, s’il vous plaît. » (Prince)

C’était soudain, mais comme cela nous arrangeait, c’était une économie de temps. En vérité, je me demandais hier si je devais faire le proposer ou non au prince.

« L’autre demande que je voudrais ajouter, c’est que je veux rencontrer le Seigneur-Démon Dragon. » (Prince)

« Puis-je entendre la raison ? » (Procell)

« Mon pays a en effet beaucoup souffert dans cette guerre, mais pour le Seigneur-Démon Dragon, il a juste riposté dans une guerre que nous avons entreprise d’une manière unilatérale. En tant que représentant de ma nation, je dois m’excuser. » (Prince)

Je devenais de plus en plus étonné du prince.

Je n’aurais jamais imaginé qu’un tel train de pensée viendrait d’un membre de la royauté.

Pour cela, je l’appréciais un peu plus.

« Je suis heureux de vous entendre dire cela, mais ces excuses ne devraient-elles pas plutôt venir du roi, le Premier Prince, ou même le Second Prince et non le Troisième ? » (Procell)

« Mon père et mes frères plus âgés sont tout aussi têtus. » (Prince)

Il avait dit cela avec un froncement de sourcils. En le voyant comme ça, je commençai à l’inquiéter.

« Il ne faut pas s’inquiéter, Procell-dono. Je vous garantis que je saurai persuader mon père et mes frères. Heureusement, ils vont m’écouter, surtout compte tenu de mes réalisations jusqu’à présent et ma popularité auprès du peuple. Par ailleurs, je suis dans le droit de le faire. Je vais me contenter de leur faire comprendre que c’est la seule façon de sauver le royaume d’Axera. » (Prince)

... Alors, qu’est-ce que je devrais faire ?

Malgré ce que le prince avait dit, je ne pouvais m’arrêter de me sentir inquiet.

Je doutais du fait qu’il puisse les convaincre, mais plus que ça, il pourrait se faire tuer. C’était certainement plus simple pour nous d’agir tant que le Prince Léonard était en vie et dans sa position. Pour cela, nous devions garder un œil sur lui, le protéger, et — dans le pire des cas — nous occuper du roi et des autres princes.

{Ruru, peux-tu m’entendre ?} (Procell)

J’avais envoyé mes pensées à la boucle d’oreille contenant de l’eau.

Par le biais de l’eau, je pouvais communiquer avec Ruru qui était dans l’autre dimension.

{Bien et clairement, chef.} (Ruru)

{J’ai un travail pour toi. Je veux que tu protèges le prince Léonard le plus possible jusqu’à ce que l’église soit ouverte à Axera. Je pense que cette tâche va prendre environ deux semaines. J’ai une totale confiance en toi.} (Procell)

{Attendez une minute ! Me donnez-vous un travail de longue durée 24 h sur 24 !? Boo ! Je demande des fonds de déplacements, des heures supplémentaires payées !} (Ruru)

D’où connaît-elle ces termes ?

{Eh bien, c’est d’accord, tu auras tout cela. De plus, lorsque tu reviendras, je te nommerais. Donc, s’il te plaît fais-le. Le sort d’Avalon risque de se jouer sur ça. Bien sûr, ne le fais pas seule. Prends deux chanteurs des profondeurs avec toi comme aide. Aussi, équipe-toi du fusil d’assaut que Rorono vient de terminer. Il y en a maintenant assez pour toute le corps de renseignement.} (Procell)

{Oh. Rorono-chan est toujours aussi impressionnante. Elle travaille rapidement. Mais avec qui est cet ennemi, est-ce que ça sera suffisant ?} (Ruru)

{Peut-être pas, et c’est pour ça que je vais aussi déployer cinq Chevaliers d’Avalon réparés. Ils seront en attente à la limite de la capitale. Si le besoin s’en fait sentir, utilise le transmetteur développé par Rorono et les Chevaliers d’Avalon te rejoindront.} (Procell)

Rorono avait travaillé sans pause pour cela.

Grâce à ça, nous avions le nombre de fusils d’assaut que Ruru voulait.

De plus, elle avait fini de réparer dix des Chevaliers d’Avalon. Cinq d’entre eux seraient déployés aux alentours de la capitale comme force de secours.

Même si cela signifiait moins de force de défense pour Avalon, protéger le prince valait la diminution de notre défense.

{Compris. Eh bien, avec les chanteurs de profondeurs, je pense que nous pourrons au minimum tenir jusqu’à ce que les Chevaliers d’Avalon arrivent. Je doute qu’une situation arrive où les Chevaliers d’Avalon avec le Burst ne pourront gérer. De plus, je suis aussi inquiète à propos des rencontres de religieux, mais je pense que mes subordonnés pourront s’en sortir. Compris ! Ruru-chan va aller pour un travail de longue durée !}

{Désolé de toujours te donner des travaux peu intéressants. Je te le promets, la prochaine médaille Création sera utilisée pour créer un démon pouvant t’aider. Je suis aussi désolé pour le retard pour ta dénomination.} (Procell)

{C’est bon. Je serai plus inquiète que vous me nommiez malgré la situation. Je ne pense pas vous soyez idiot ou quoi que ce soit. De toute façon, allez-vous participer à la réunion de la foi du Saint Graal aujourd’hui ?} (Ruru)

{Oui.} (Procell)

{Alors, je ferai bien de faire de mon mieux. Vous rendre triste de ne pas pouvoir entendre mes chansons pendant que je ne serai pas là.} (Ruru)

Notre conversation s’arrêta là.

Je déteste le fait de toujours devoir compter sur elle, donc, je devrais lui donner une récompense appropriée.

« Procell-dono, est-ce qu’il y a un problème ? » (Prince)

« Non, ce n’est rien. Je pensais juste à quelque chose. De toute façon, dirigeons-nous vers la réunion du culte. » (Procell)

« Oui, s’il vous plaît. » (Prince)

Nous étions levés avant de nous diriger vers l’église.

Là, les procédures pour une réunion avaient été suivies.

Les participants buvaient de notre eau bénite — qui était en fait le Sourire de Dieu d’Aura — et ensuite Ruru ainsi que les Chanteurs des Profondeurs chantaient sur l’amour, la coopération et aussi les idées de vouer un culte au Dieu Procell.

Après ça, j’avais prêché la bonne parole de la foi du Saint Graal.

Une fois cela fini, des larmes étaient apparues dans les yeux du prince.

« C’était vraiment des enseignements incroyables ! Amour, paix, et coopération malgré les races, je veux propager ces valeurs dans ma nation à tout prix. Procell-dono, excusez-moi d’avoir douté de vous ! Je voudrais devenir un croyant tout de suite, comme ça, je pourrai propager vos idéaux ! » (Prince)

« Je suis heureux que vous compreniez. Alors, pour propager ces idéaux, pour promouvoir la croissance du royaume d’Axera ainsi qu’Avalon, et plus que cela, approfondir la relation entre nous, joignons nos mains afin de pouvoir avancer. » (Procell)

« Oui ! » (Prince)

Ce n’était pas seulement le prince qui était d’accord, mais ses subordonnés étaient ainsi devenus de fervents croyant de la foi du Saint Graal.

Au moment où j’avais réalisé que j’avais gagné mes premiers disciples dans Axera, j’ai inconsciemment souri.

 

☆☆☆

 

Nous avions encore un peu parlé avant qu’ils ne partent.

Je considérais ces négociations comme un gros succès. Non seulement j’avais pu accomplir mes objectifs, de plus j’avais obtenu l’amitié de ce prince.

Comme prévu, Ruru et les autres suivaient le prince tout en étant dans l’autre dimension.

Ruru ne serait pas capable de faire des apparitions lors des réunions du culte, donc c’était quelque peu inquiétant, mais ses subordonnés étaient encore là et devraient pouvoir se débrouiller. Elle les avait entraînés durement.

Pour le moment, je voulais augmenter notre potentiel de guerre.

Le Seigneur-Démon Noir allait sûrement essayer de s’y opposer et chercher des problèmes.

Malheureusement, la production d’une seconde MOAB — l’un de nos atouts — ne serait probablement pas achevée à temps.

Si je ne peux compter sur ça pour augmenter notre potentiel de guerre... Oh, pourquoi n’irais-je pas voir la nouvelle technique spéciale de Kuina ? Je veux voir à quel point elle est devenue forte.

Kuina et Fel s’étaient entraînées dans l’arène du Seigneur-Démon du Temps. Apparemment, Kuina avait obtenu une technique spéciale qui lui permettait d’ignorer le pouvoir Temps de Fel.

Je voulais voir cette technique de mes propres yeux.

« Eh bien, c’est Kuina. Je suis sûr qu’elle a développé quelque chose d’incroyable. » (Procell)

Et ainsi, je m’étais dirigé vers le chariot dans le verger d’Aura, excité à l’idée de parler avec Kuina.

***

Chapitre 11 : L’arène du Seigneur-Démon du Temps

Quelques jours s’étaient écoulés depuis que le groupe du prince Léonard avait quitté la ville d’Avalon.

Craignant le pire, j’avais ordonné à R’lyeh et à deux chanteurs des profondeurs de se cacher dans l’autre dimension et de suivre le prince afin qu’ils puissent l’observer et, au besoin, le protéger.

En outre, j’avais pris des dispositions pour envoyer cinq Chevaliers d’Avalon par transport aérien aux alentours de la ville afin de les faire s’y cacher jusqu’à ce que Ruru ressente le besoin de les faire venir à l’aide d’un émetteur.

Avec ces préparatifs en place, le prince Léonard resterait en vie et en sécurité tant que rien de trop important ne se passerait. Même si d’innombrables assassins étaient envoyés après le prince, personne ne s’en rendrait compte.

D’après Ruru, les préparatifs du prince semblaient bien se dérouler.

Quant à moi...

J’étais dans ma chambre, me préparant pour mon voyage avec Kuina.

« Aujourd’hui, c’est le jour ou Kuina affrontera Fel-chan ! » (Kuina)

« Je te l’ai déjà dit hier, mais je t’accompagne aujourd’hui. » (Procell)

« Youpis~ ! Je vais montrer à Père beaucoup de choses sympas ! » (Kuina)

Notre destination d’aujourd’hui était l’arène du Seigneur-Démon du Temps où Kuina y suivait un entraînement particulier.

Kuina étant la combattante la plus puissante d’Avalon, il était donc primordial que je voie par moi-même la nouvelle capacité qu’elle avait créée.

À ma connaissance, son entraînement consistait en des combats réguliers avec Fel, l’un des démons du Seigneur-Démon du Temps.

Considérant que l’arène du Seigneur-Démon du Temps pouvait faire remonter le temps et annuler les blessures, elle pouvait se battre sans craindre quoi que ce soit. Et comme elles n’avaient pas à se retenir — ce qu’elles devaient normalement faire, parce qu’elles étaient trop fortes —, cela avait apparemment conduit à une croissance extraordinaire pour les deux.

« Kuina a juste une victoire d’avance ! Si Kuina perd aujourd’hui, ce sera de nouveau une égalité, alors Kuina doit absolument gagner ! »

C’était peut-être un signe de sa motivation, mais sa belle queue de renarde était dirigée vers le ciel. Trouvant cela amusant, j’avais souri avec ironie.

Alors que nous étions comme ça, on frappa à la porte du chariot.

« Kuina, je suis venue te chercher ! Tu ferais mieux d’être reconnaissante. » (Fel)

En parlant du diable.

C’était Fel, la fille ressemblant à Kuina, à l’exception de sa queue de louve et de ses oreilles.

Quand elle m’avait vu, un grand sourire était apparu sur son visage.

« Maître, ça fait longtemps ! Kuina m’a dit que vous alliez venir. Je vais vous montrer beaucoup de choses sympas ! » (Fel)

Elle avait déclaré la même chose que Kuina.

Elles ressemblent vraiment à deux sœurs.

Je pensais cela en riant.

« Haha. Dans ce cas, j’attendrai cela avec impatience. » (Procell)

J’étais bien sûr en train d’encourager Kuina, mais ce n’était pas nécessaire que je le dise

Toutes les semaines, Fel venait chercher le vin d’Avalon que j’avais promis au Seigneur-Démon du Temps et quelques autres articles faits à partir des pommes dorées du premier arbre.

Aujourd’hui était le jour de cette livraison.

J’avais parfois échangé des lettres avec le Seigneur-Démon du Temps, alors je savais qu’il avait lui-même apprécié et consommé le vin envoyé. Cela étant dit, d’après lui, il lui restait moins de la moitié de ses stocks après les fréquentes visites du Seigneur-Démon Dragon.

Dans tous les cas, il était temps d’y aller.

Comme prévu, le démon corbeau qui accompagnait Fel allait nous transporter les trois vers l’arène du Seigneur-Démon du Temps.

« Kuina, Fel, attendez. Je viens aussi aujourd’hui. » (Rorono)

« Et ton travail, Rorono ? Sont-ils finis ? » (Kuina)

« Non, ce n’est pas le cas. Mais venir est aussi quelque chose d’important pour mon travail. Prends ça, Kuina. » (Rorono)

Ce que Rorono a remis à Kuina était quelque chose de long qui était enveloppé dans un tissu. Après l’avoir reçue, Kuina avait défait l’emballage.

« Est-ce que ça pourrait être... ? » (Kuina)

« Oui, je l’ai terminé. C’est l’ANS-O5S Claiomh Solais. L’arme faite spécialement pour toi, au point où seule toi es capable de l’utiliser. » (Rorono)

Et donc, la chose que Rorono avait remise était un fusil de chasse. Il avait une certaine teinte argentée, signe de la présence d’alliage d’orichalque et de mithril.

Contrairement aux fusils de chasse de la série AN précédente qui devenaient de plus en plus grands, celui-ci était plutôt petit.

« Rorono chan, je peux sentir l’incroyable puissance de cet enfant. » (Kuina)

« Tu n’es pas la seule à avoir grandi, Kuina. Je suis aussi devenue plus forte après les nombreuses batailles auxquelles j’ai participé. Et plus je suis forte, plus je peux créer de choses. Cette arme a été fabriquée en utilisant cela... et aussi, comme je l’ai dit, cette arme a été fabriquée uniquement pour toi. Je me suis concentrée sur l’augmentation de la puissance, mais en contrepartie, son utilisation est devenue beaucoup plus difficile que les précédents. Si c’est toi, je suis sûre que tu y arriveras. » (Rorono)

« Youpi~ ! Merci, Rorono chan ! » (Kuina)

Kuina l’avait dit et avait fait un câlin à Rorono.

En raison de la différence de leur physique, Rorono avait été déséquilibrée et elles étaient tombées.

« Remercie-moi plus tard. Cela m’amène à la raison de ma venue aujourd’hui, je dois vérifier ses performances dans une bataille réelle. Kuina, utilise-le comme tu le veux. Ne te retiens pas. » (Rorono)

« Compris ! Laisse-moi faire ! » (Kuina)

« Veux-tu des explications à son sujet ? » (Rorono)

« Non, c’est bon ! Au moment où je l’ai tenu, j’ai entendu sa voix ! Il veut se déchaîner ! » (Kuina)

« Mhm. Ensuite, comme tu l’as dit, je vais te laisser faire. » (Rorono)

La nouvelle arme de Rorono rendait certainement les choses plus excitantes.

Quels genres d’effets a-t-il ? Je dois voir cela de mes propres yeux.

Pendant ce temps, Fel avait l’air envieuse.

Je voulais aussi la rendre heureuse, mais de toute évidence, fabriquer et donner une autre arme n’était pas une véritable solution.

Néanmoins, le nouveau fusil de Kuina lui donnait l’avantage dans le combat à venir.

☆☆☆

Et ainsi, le démon corbeau nous avait transportés dans une salle cachée du donjon du Seigneur-Démon du Temps, où se trouvait le cercle de transfert. À partir de là, le démon corbeau avait utilisé le transfert une seconde fois, cette fois pour nous amener à l’arène.

Là-bas, un gigantesque terrain en pierre était placé au centre, servant de terrain de combat. Des sièges étaient également préparés tout autour. C’était vraiment un Colisée.

Tout autour du terrain se trouvait une barrière puissante. En l’activant, tout sauf les souvenirs de ceux à l’intérieur reviendrait à leur état initial. Grâce à cela, les combattants à l’intérieur pouvaient se battre jusqu’à la mort sans risque. Pour couronner le tout, ils pouvaient apprendre et acquérir une expérience précieuse grâce à un tel combat.

« Je suis toujours aussi envieux. » (Procell)

J’en voulais une à Avalon, mais c’était tout simplement impossible. La barrière était un produit de la capacité du Temps du Seigneur-Démon du Temps. C’était impossible à reproduire.

« Kuina, allons-y ! » (Fel)

« Ok ! Père, on y va ! » (Kuina)

Comme ça, les deux filles qui ressemblaient à des sœurs s’étaient dirigées vers le terrain avec leurs queues en mouvement, Kuina avec sa queue de renarde brun clair et Fel avec sa queue de louve blanche.

Même si elles étaient sur le point de se battre à mort, elles restaient amicales.

« Maître, allons-y aussi, jusqu’aux sièges des spectateurs. » (Rorono)

« Oui. Après tout, nous devons bien regarder Kuina et les performances de ton arme... néanmoins, il y a vraiment beaucoup de démons étant venus regarder, n’est-ce pas ? » (Procell)

Les sièges des spectateurs débordaient des démons de Temps. Je savais qu’il y aurait beaucoup de spectateurs, mais je ne m’attendais pas à autant.

Parmi eux se trouvaient des hommes encourageant Fel avec un drapeau sur lequel se trouvait son visage.

« Fel-tan, fais de ton mieux !! Ojii-chan t’encourage ! Si tu gagnes, je te donnerai plein de bonbons ! »

J’ai l’impression de l’avoir vu quelque part.... Ah, c’est le vieux dragon que Fel qualifiait d’ennuyeux.

Ou plus formellement, il s’agissait de l’un des chevaliers de Chronos.

Fel regarda dans sa direction et fit un visage mécontent. Je savais ce que cela faisait d’être le destinataire de cette expression.

Ce démon pouvait sembler misérable en ce moment, mais il avait sans aucun doute un pouvoir énorme.

Les autres démons dans les sièges des spectateurs avaient également des pouvoirs énormes, suffisant pour m’intimider quand je les regardais.

Rien que par leur seul vue, je pouvais dire que les démons assis dans les sièges avaient aussi des pouvoirs énormes et intimidants.

Est-ce que tous les chevaliers de Chronos sont venus l’encourager ? Mais alors, est-ce que ça ne serait pas préférable de renommer leur groupe en Fan-clubs de Fel ?

Alors que je pensais à cela, j’avais senti une présence derrière moi.

« Es-tu surpris, Procell ? Felsias est populaire parmi mes démons et ta Kuina l’est aussi devenue. Les deux ne sont pas seulement mignonnes, mais aussi spectaculaires lors de leur combat. Il n’est donc pas surprenant que mes démons soient autant absorbés par le combat de ses deux filles. Ne penses-tu pas ? Dans tous les cas, elles se sont toutes deux beaucoup entraidées et soutenues. Pour avoir aidé Felsias à grandir, je te remercie de tout mon cœur. » (Dantalian)

Quand je m’étais retourné pour regarder la source de la voix, j’avais découvert que c’était Dantalian.

Il était habillé de manière plus décontractée que d’habitude, avec un pantalon et une chemise noire élégante.

« Oh, Dantalian. Es-tu aussi venu regarder ? » (Procell)

En règle général, je parlais avec respect aux anciens Seigneurs-Démons. Cependant, selon Dantalian lui-même, un rival vis-à-vis de March qui lui parlerait ainsi le mettrait mal à l’aise et il préférait que je parle avec désinvolture.

« Je ne manquerai pas un spectacle aussi amusant. J’ai entendu dire que tu venais aujourd’hui, alors je nous ai préparé des places spéciales. Pourquoi ne pas regarder nos filles se battre de là-bas ? » (Dantalian)

Il me le demanda en souriant.

☆☆☆

Les places spéciales étaient situées dans la partie la plus haute du public.

Grâce à la magie, nous pouvions entendre ce qu’il se passait dans le terrain de combat. L’expérience de visionnage était donc très immersive. Les jumelles étaient aussi utiles.

« Maintenant, Procell, devrions-nous faire un pari sur la gagnante ? Voyons voir. Que dirais-tu que celui qui remporte pose une question au perdant ? » (Dantalian)

Même si je le voulais, je ne pouvais pas refuser ce pari.

Eh bien, je voulais lui demander quelque chose à propos du Seigneur-Démon Noir.

« Cela semble amusant, alors je vais jouer. » (Procell)

« Naturellement, je parie sur Felsias. » (Dantalian)

« Et moi sur Kuina. » (Procell)

Il s’agissait de nos seuls choix possibles. Nous croyions tous deux en nos filles et nous attendions à ce que la nôtre gagne.

Et puis, je lui avais soudainement demandé quelque chose qui m’intriguait depuis un certain temps.

« Est-ce que Fel fait partie des chevaliers Chronos ? » (Procell)

Les chevaliers de Chronos pouvaient sembler être un impitoyable groupe de démons encourageants Fel, amis à l’origine, ils constituaient l’élite des démons du Seigneur-Démon du Temps.

En tant que tels, il semblait naturel que Fel en fasse partie.

« Elle le sera bientôt. Tu vois, pour en devenir un, il faut d’abord vaincre un membre actuel et prendre sa place. Felsias a déjà essayé et échoué. On ne pouvait pas y faire grande chose, car elle avait décidé de défier le plus fort d’entre eux. Une fois que l’on perd, il faut attendre six mois pour pouvoir essayer une seconde fois. Lors de sa prochaine tentative, Felsias affrontera à nouveau le plus fort. Je crois fermement qu’elle l’emportera. » (Dantalian)

Il l’avait dit en regardant Fel qui se concentrait pour son combat à venir. Ses yeux alors qu’il la regardait étaient remplis d’amour, de tendresse et d’attentes.

Je voulais lui reprocher d’être un tel parent, mais cela m’aurait fait paraître hypocrite puisque j’étais pareil.

« S’il te plaît, préviens-moi lorsque Fel sera devenue une membre des Chevaliers Chronos. Je voudrais la féliciter. » (Procell)

« Compris. Je pense que Fel en sera aussi heureuse, alors je vais le faire. Mais laisse-moi clarifier une chose, si tu utilises cette excuse pour lui faire quelque chose de bizarre, je te tuerai. » (Dantalian)

Ses yeux étaient sérieux.

J’avais déjà été vu comme coupable d’une telle chose, alors je ne pouvais vraiment rien dire.

« Le combat va bientôt commencer. Aujourd’hui, voyons qui de Felsias ou de Kuina est la plus forte. » (Dantalian)

Au moment où il l’avait dit, Kuina et Fel venaient de terminer leurs préparatifs pour le combat.

Leur volonté et leur pouvoir magique pouvaient déjà être ressentis sur le terrain.

Les deux étaient des démons de Rang S spéciaux, toutes deux créées avec trois médailles d’origines de rangs A.

C’était un combat entre deux puissants démons.

J’allais assister à quelque chose au-delà de l’imagination humaine.

Je pouvais difficilement contenir mon enthousiasme.

Et ainsi, un son avait retenti dans l’arène, signalant le début du combat entre les deux plus puissantes sœurs.

***

Chapitre 12 : La nouvelle technique de Kuina

Le combat entre Kuina et Fel dans l’arène du Temps avait commencé.

La première à faire un geste fut Kuina en sortant son nouveau fusil, le ANS-05 Claiomh Solais.

Au lieu d’avoir un calibre 12 comme la plupart des fusils à pompe, le sien était 1,5 fois plus gros. En d’autres termes, il s’agissait d’un calibre 4.

Après avoir été tirées, les balles éclateraient et se disperseraient en projectiles métalliques. Cette pluie de balles était presque impossible à éviter.

Jugeant rapidement que tel était le cas, Fel arrêta le temps de l’espace devant elle, créant un mur impénétrable.

Bien que le tir ait été arrêté, la puissance démontrée par la nouvelle arme de Kuina m’avait étonné. C’était beaucoup plus puissant que ses armes précédentes.

« Cette puissance, cette vitesse initiale… sont au moins égales au fusil antimatériel d’Aura. » (Procell)

« Je voudrais dire que c’est la vraie puissance de l’arme, mais c’est en fait celle de Kuina. » (Rorono)

Sur le terrain, tout en maintenant la distance, Kuina contourna Fel dans le sens des aiguilles d’une montre et continua à tirer. C’était peut-être dans l’espoir qu’un tir ou deux du barrage de tir ne seraient pas prit dans le mur du temps de Fel.

« Rorono, peux-tu me dire ce que tu as fait pour rendre le fusil de Kuina aussi puissant ? » (Procell)

« Mhm. Le Claiomh Solais a deux enchantements. Le premier est l’habituelle explosion. En activant l’explosion, la cartouche tirée est accélérée encore davantage. Cela augmente effectivement la puissance sans augmenter le recul. » (Rorono)

« Très bien, c’est la même chose qu’avant. Alors, quel est l’autre enchantement ? » (Procell)

« Seulement le durcissement, ce qui renforce le canon du fusil de chasse. » (Rorono)

Après l’avoir entendu, je m’étais gratté la tête.

Je n’avais aucune idée de la manière dont cela pouvait augmenter la puissance.

« J’avais mal compris quelque chose. Comme tu le sais, j’ai ajouté un double noyau de golems dans l’arme de Kuina et augmenté la poudre dans ses cartouches. Cependant, Kuina n’avait pas besoin de cela. Ce sur quoi, j’aurais dû me concentrer, c’était de veiller à ce que le fusil ne se brise pas, même si Kuina utilise tout son pouvoir magique. » (Rorono)

J’avais finalement commencé à comprendre.

« Les cartouches tirées n’utilisent pas de poudre à canon. Au lieu de cela, il utilise le pouvoir magique de feu de Kuina et le convertit en pouvoir explosif, qui déclenche ensuite la cartouche. Cependant, pour résister à Kuina sérieuse, j’ai utilisé le meilleur métal magique que mes compétences permettaient et j’ai également créé des mécanismes qui ne se briseront pas à cause de l’impact. Cela dit, mon alliage d’orichalque ne pouvait toujours pas résister à la puissance de Kuina, j’ai donc ajouté l’enchantement durcissement. Après cela, l’arme est finalement capable de supporter le pouvoir de Kuina. » (Rorono)

« Incroyable. » (Procell)

« Le plus extraordinaire est Kuina. Si je dois faire quelques choses vis-à-vis d’elles, alors cela ne sera que des excuses pour elle. À l’origine, les armes à feu sont conçues pour augmenter le pouvoir de l’utilisateur. Cependant, le fait qu’ils aient offert un complément constant et immuable à leur puissance d’attaque est devenu comme un obstacle pour Kuina. Claiomh Solais est différent. Il est capable de convertir tout son pouvoir en puissance d’attaque. » (Rorono)

Il semblerait que Kuina apprécie sa nouvelle arme. Elle était aussi heureuse qu’un enfant avec un nouveau jouet ne se brisant pas, peu importe à quel point elle jouait avec.

Mais à ce moment-là, le barrage de tir de Kuina s’arrêta brusquement. Elle était tombée à cours de balle.

Même si sa nouvelle arme — tout comme les versions précédentes — était rechargée automatiquement à partir d’un chargeur attaché, alors que le remplacement du chargeur vide en un nouveau prenait toujours quelques instants.

Fel n’était pas assez facile à combattre pour laisser passer cette chance.

« Tu as finalement arrêté ! » (Fel)

Toujours à environ cinq mètres de Kuina, Fel avait déjà sorti son épée sans lame maintenue dans son dos. Il était clair que cela n’atteindrait pas Kuina.

Ou du moins, ce n’était pas censé l’être. Cependant, une lame de lumière s’était soudainement formée.

Pour esquiver, Kuina baissa le corps autant qu’elle le put. À part quelques cheveux, elle était indemne.

À la suite de cette attaque, Fel avait de nouveau effectué une frappe d’épée.

Comme seule la poignée de son épée pesait quelque chose, la manipulation était très simple.

De plus, étant donné que la lame de lumière mesurait dix mètres de long selon une estimation visuelle, le combat à bout portant avec cette épée était devenu un problème dans cette bataille.

« Comme toujours, Fel est incroyable. Il est assez difficile de former une lame de lumière pour ce prototype. Je pense même que je prendrai une seconde pour le former. En outre, la consommation de magie est assez extrême sur ce modèle. Mais la façon dont elle l’utilise — ne forme la lame que quand c’est nécessaire — ce qui diminue considérablement la consommation. En tant que développeur, cela me rend heureuse de voir une telle maîtrise de mes créations. » (Rorono)

L’épée que Fel utilisait actuellement avait été développée à l’origine en tant qu’arme exclusive des Chevaliers d’Avalon. Cependant, la consommation de magie était si élevée que même avec le système à doubles noyaux, ils ne pouvaient maintenir la lame de lumière en continu. Par contre, il leur avait fallu un certain temps pour former la lame. En concluant par conséquent que l’utilisation de l’épée par Fel était quelque chose d’impossible pour les Chevaliers d’Avalon, nous avions décidé de la ranger dans un entrepôt où elle serait laissée pour ramasser la poussière.

C’était comme ça jusqu’à ce que je la donne à Fel. En un rien de temps, elle l’avait complètement maîtrisé. Malheureusement, cependant, elle utilisait cette maîtrise pour piéger Kuina.

Quant à Kuina, tout en évitant cette rafale de coups en utilisant à la fois sa Précognition et sa Réaction ultra rapide, elle avait en quelque sorte fini de recharger son fusil de chasse.

Son arme maintenant chargée, elle sauta alors haut dans les airs et tira d’en haut.

En réaction, Fel avait de nouveau utilisé sa capacité du Temps pour arrêter les tirs.

Face à cela, le Seigneur-Démon du Temps à côté de moi avait applaudi.

« C’est un grand match, n’est-ce pas, Procell ? Les deux ont des attaques mortelles et également des techniques de défense et d’esquive très efficaces. » (Dantalian)

« Oui, c’est un grand match très serré. En toute honnêteté, cela peut aller. Ce sera plus une guerre dans laquelle elles attendent juste que l’autre fasse une erreur. Ce qui ne devrait pas être long, vu que tous deux approchent de leurs limites. » (Procell)

La précognition de Kuina nécessitait une concentration intense et ne pouvait donc pas être utilisée pendant une longue période.

Pendant ce temps, la barrière du temps de Fel consommait de grandes quantités de pouvoir magique. De plus, même si la lame de lumière ne restait en forme qu’un instant, elle consommait encore une quantité intense de pouvoir magique.

Étant donné qu’elles se battent toutes les deux sérieusement, j’avais dit ça.

Cependant, comme pour dire non, le Seigneur-Démon du Temps se mit à rire.

« … Non, Fel va gagner. Regarde, elle est sur le point de décider de l’issu du combat. » (Dantalian)

Au moment où il avait dit cela, Fel avait disparu.

Elle était soudainement apparue dans l’angle mort de Kuina, la lame de lumière déjà formée.

Il n’y a pas de temps à perdre ! Est-ce qu’elle s’est empressée d’utiliser Temps!

J’avais été maître de Fel, alors je savais qu’elle en était capable.

Sa capacité Temps lui permettait d’arrêter le temps de ceux se trouvant jusqu’à un mètre autour d’elle. Vu que Kuina était encore loin, ça ne marcherait pas.

Cependant, le temps d’arrêt n’était qu’un aspect de la capacité de Fel. Si elle l’utilisait plutôt pour accélérer son temps, la vitesse n’était pas un problème.

« Tout se termine avec ça ! » (Fel)

À travers la magie du terrain, j’avais entendu le cri de Fel.

« Tu as déjà montré ce mouvement. » (Kuina)

La voix de Kuina était calme lorsque la lame de lumière la frappa.

Bien que les statistiques de Kuina soient absurdes, les capacités offensives combinées de Fel et de l’épée signifieraient quand même la mort instantanée si elle se faisait toucher.

Cependant, ce n’était pas ce qui s’était passé lorsque la lame l’avait frappée.

À la place, Kuina était indemne. Le seul changement visible était qu’elle était maintenant vêtue de belles flammes dorées.

Chaque fois que Kuina intensifiait ses flammes au maximum, elle devenait dorée. D’une manière ou d’une autre, les flammes cette fois n’étaient pas dorées comme d’habitude. Il y avait un peu de rouge dedans. Mais cela ne voulait pas dire que c’était la forme imparfaite des flammes dorées.

Le rouge mélangé n’était pas un rouge naturel, c’était la couleur de son âme.

Donc, il était plus juste d’appeler ces flammes rouge dorée.

En fait, j’avais déjà vu ce genre de flamme auparavant.

Il s’agissait des flammes qu’elle avait quand je l’avais nommée. À l’époque, elle se battait contre Enlil avec sa transformation pour atteindre sa forme adulte.

Dans tous les cas, frustrée, Fel claqua la langue et recula.

« Comment est-ce que la lumière peut même être brûlée ?! » (Fel)

Comme le disait Fel, son épée de lumière était brûlée par les flammes de Kuina.

Impossible.

Quelle que soit la température, la lumière brûlante était contraire à toutes les lois de la physique.

« Oh, les flammes primordiales, le concept même de la combustion, hein ? Cela fait des siècles que je ne l’ai pas vu. Ça me rappelle un peu ce gars. Procell, ton démon est vraiment incroyable. » (Dantalian)

Comme l’avait dit le Seigneur-Démon du Temps, les flammes de Kuina étaient le concept même de la combustion. Ainsi, elles brûlaient à peu près tout, même les lois de la physique.

« Fel-chan, Kuina a déjà vu ton accélération, mais tu n’as pas encore vu la technique spéciale de Kuina. C’est injuste, non ? Alors, Kuina va t’en parler. » (Kuina)

Kuina toujours vêtue de ses flammes rouges dorées le déclara en souriant.

« Ces flammes brûlent tout, mais elles sont trop fatigantes pour être utilisées. Je pense que je ne peux les maintenir que pendant une minute. De plus, une fois qu’elles se séparent de Kuina, elles redeviennent des flammes normales, alors les entourer autour de Kuina est la seule manière de les utiliser de manière offensive. » (Kuina)

C’était puissant, mais cela avait son propre ensemble de problèmes.

« Il est impossible pour Kuina d’attraper une Fel qui fuit en moins d’une minute. Donc, Rorono-chan a fait cela. Kuina parie tout sur cette balle contenant ces flammes. » (Kuina)

Kuina déclara ça en chargeant la balle dans le Claiomh Solais.

Ladite balle n’était pas une cartouche normale, mais plutôt une cartouche enchantée par ses effets magiques. En d’autres termes, c’était un atout.

« Jouons, Fel-chan. Si tu réussis à te défendre, c’est ta victoire. Mais si Kuina te fait tomber avec ça, c’est la victoire de Kuina. » (Kuina)

Kuina déclara cela en faisant un sourire féroce.

Elle s’amusait vraiment dans ce combat.

« Bien, viens ! » (Fel)

Répondit Fel avec un sourire.

Fel n’avait pas seulement sa barrière du temps, mais elle avait aussi sa précognition. On pourrait dire que sa défense était parfaite.

Et pourtant, Kuina avait décidé de continuer.

Elle avait préparé son Claiomh Solais, puis elle avait versé toutes ses flammes rouges dorées sur la balle, puis elle avait fait feu.

La balle était trop rapide pour que mes yeux puissent la voir. J’avais même mis autant de pouvoir magique que possible dans mes yeux, mais rien n’avait été possible. Cette vitesse était sans aucun doute le résultat de l’utilisation d’une énorme quantité de magie pour propulser la balle.

J’avais quand même vu des étincelles voler devant Fel. Peu de temps après, j’avais entendu une explosion.

« C’est ma victoire ! Peu importe la force de ta balle, si j’arrête le temps entre la balle et moi… Eh ?! » (Fel)

Avant que Fel puisse finir sa phrase, la balle traversa l’espace gelé et la frappa. Il avait tellement de pouvoir que la balle traversa l’espace gelé. C’était tellement puissant que Fel explosa au-delà de toute reconnaissance.

C’était une mort instantanée.

Le match fut terminé, la barrière autour du terrain s’était alors activée et le temps avait été remonté.

Peut-être se souvenant du moment de sa mort, le visage de Fel était pâle alors qu’elle étreignait son corps.

« C’est étrange. Tellement étrange. Je suis sûre d’avoir arrêté le temps ! » (Fel)

Ne comprenant pas comment elle avait perdu, Fel fixa Kuina avec des yeux larmoyants.

« C’est simple : ma balle a brûlé le temps ! Comme l’a dit Kuina, ces flammes peuvent brûler n’importe quoi. Et cette balle avait ces flammes intégrées ! » (Kuina)

« Brûler le temps, c’est absurde ! Mais, eh bien, je reconnais que c’est ma perte cette fois. Mais tu ferais mieux d’être prête, car je vais gagner la prochaine fois ! » (Fel)

« Kuina a hâte ! » (Kuina)

Et ainsi, la bagarre entre Kuina et Fel s’était terminée.

Après avoir participé à un grand combat, le public avait applaudi les deux. Bien sûr, j’avais aussi applaudi.

C’est donc le nouveau coup spécial de Kuina ? C’est mieux que ce à quoi je m’attendais.

C’était sûrement une attaque fatale si elle pouvait brûler le temps même. Il était difficile d’imaginer que quiconque ne puisse jamais se défendre contre elle.

Équipée de son nouveau fusil, Kuina était vraiment la plus forte.

Je doutais que même Duke sous Berserk puisse gagner contre elle.

« Il semble que j’ai perdu notre pari. Pourquoi ne me demandes-tu pas ce que tu voulais me demander lors d’un dîner ? C’est le moins que je puisse faire pour te remercier. » (Dantalian)

« Alors, merci pour le dîner. » (Procell)

« Je suppose que ce que tu veux me demander concerne le Seigneur-Démon Noir, n’est-ce pas ? » (Dantalian)

« Oui. » (Procell)

Le Seigneur-Démon du Temps m’avait dit de faire attention au Seigneur-Démon Noir et je voulais savoir pourquoi.

Pendant que nous parlions, Kuina et Fel se tournèrent vers nous et agitèrent leurs mains.

En réponse, j’avais aussi salué.

Les deux filles avaient fait un magnifique combat.

Ce dîner ne serait pas juste pour recueillir des informations sur le Seigneur-Démon Noir, mais aussi pour louer les deux. Ou plutôt les trois. Pour le merveilleux nouveau fusil qu’elle avait fabriqué, Rorono méritait tout autant d’éloges.

***

Chapitre 13 : Le potentiel de Kuina

Du jour au lendemain, nous avions été invités par le Seigneur-Démon du Temps à dîner. Selon lui, l’invitation était son remerciement pour le festin à Avalon et nos contributions à la croissance de Fel.

Bien que cela puisse être vrai, il y avait aussi la question de notre pari. Avant que le combat entre Kuina et Fel ne commence, le Seigneur-Démon du Temps et moi avions parié sur la gagnante. Le gagnant de notre pari pourrait obtenir la réponse sur une question posée au perdant.

Naturellement, nous avions parié sur notre propre fille.

Et ainsi, Kuina et Fel s’étaient battues. La gagnante était Kuina, ce qui avait fait de moi le vainqueur dudit pari.

Bien sûr, j’étais heureux du résultat, mais une petite partie de moi se demandait ce que Dantalian allait me demander s’il avait gagné. Considérant qu’il était celui l’ayant proposé, il devait vouloir me poser une question.

« Père, qu’as-tu pensé de ma technique spéciale ? L’as-tu aimée ? » (Kuina)

Après s’être précipitée vers moi, Kuina me l’avait demandé en me regardant dans les yeux. Comme suggéré par sa queue de renarde se balançant énergiquement, elle semblait très heureuse de sa victoire.

Soit dit en passant, nous étions actuellement dans une chambre d’invités dans le donjon du Seigneur-Démon du Temps afin de pouvoir attendre et nous reposer pendant les préparatifs.

« Oui, c’était magnifique. Je ne pensais pas que tu pouvais être si incroyable. » (Procell)

Kuina avait produit de belles flammes dorées. Loin d’être ordinaire, c’était le concept même de combustion. Dans le combat contre Fel, Kuina s’en servait pour brûler à la fois la lumière et le temps, un exploit qu’aucune flamme ordinaire ne pourrait atteindre, quelle que soit sa température.

Kuina avait sans aucun doute obtenu un pouvoir formidable. En termes de capacités offensives, c’était peut-être la plus puissante de tous mes démons.

« Kuina a travaillé très dur ! » (Kuina)

Elle avait ensuite parlé avec enthousiasme de ses difficultés à apprendre à utiliser ces flammes rouges dorées.

Oh, elle veut être félicitée, n’est-ce pas ?

Après avoir compris son intention, je plaçais ma main sur sa tête et la caressais doucement. Sur la base de ses yeux rétrécis, elle semblait ravie.

Toucher ses cheveux et ses oreilles de renardes était agréable.

« Viens plus près, Kuina. Cela fait longtemps que nous n’avons pas fait de brossage. » (Procell)

« Youpiii~ ! » (Kuina)

Il y avait un lit dans la chambre, alors j’avais décidé de l’utiliser.

Je m’étais assis, puis j’avais tapoté sur mes genoux et avais fait signe à Kuina de se rapprocher. En réponse, elle avait sauté sur mes genoux avec sa queue de renarde duveteuse remuant.

J’avais saisi cette queue et ensuite, j’avais utilisé le peigne créé spécialement pour elle. Cela m’avait permis de peigner les poils emmêlés tout en éliminant la saleté et les débris qui s’y trouvaient. En même temps, cela stimulait les pores et améliorait la circulation sanguine.

Cela semblait faire du bien à Kuina.

D’habitude, j’utilisais aussi des huiles et du savon de haute qualité, mais vu qu’il n’y en avait pas pour le moment, j’avais décidé que le brossage serait suffisant.

« Père, ça fait du bien, ah, ici, c’est la meilleure des choses ~~ » (Kuina)

Comme si elle avait sommeil, elle le déclara paresseusement.

Comme toujours, quelle fille adorable !

J’avais continué à brosser sa queue. C’était rendu au point où j’étais en transe, comme si le but de ma vie était de brosser sa queue.

Au milieu de cela, j’avais entendu un tintement, puis un cliquetis.

Cela avait été produit par Rorono qui était également dans la pièce. Elle démontait le Claiomh Solail de Kuina. Elle analysait minutieusement chaque partie puis écrivait ses découvertes dans son ordinateur. De temps en temps, elle ajoutait des notes quant à la conception de l’arme.

« Rorono, quel est l’état du Claiomh Solail ? » (Procell)

« Heureusement, c’est comme prévu : il a résisté au pouvoir de Kuina. J’ai en revanche découvert quelques points à améliorer, grâce aux données que j’ai rassemblées. Cela prouve que parfois, il faut voir en action pour se rendre compte de certaines choses. » (Rorono)

Rorono était une perfectionniste.

En tant que telle, elle était entièrement dévouée à l’élimination de problèmes et au développement d’amélioration de ses créations. Si elle découvrait de nouvelles choses dans le cadre d’une invention elle l’appliquerait si possible aux autres.

Elle était la meilleure alchimiste du monde en grande partie en raison de ses capacités latentes et de ses bonus de races, certes, mais aussi en grande partie en raison de sa diligence.

« Je suis soulagé que tu n’aies trouvé aucun défaut. Ce Claiomh Solail que tu as fait est vraiment un chef d’œuvre, Rorono. J’espère que tu continueras à soutenir Kuina. » (Procell)

Cela l’embêtait probablement, mais franchement, je pensais que le Claiomh Solail était déjà la forme ultime qu’un fusil à pompe pourrait atteindre.

« Oui ! C’est beaucoup plus simple à utiliser que n’importe quel fusil à pompe que Kuina a utilisé ! C’est le meilleur ! » (Kuina)

Kuina — que je pensais endormie — avait fait l’éloge de l’arme avec ses oreilles de renardes bien droites. Elle semble en être contente, n’est-ce pas ?

« Cependant, cet atout, la balle magique, son fardeau sur le fusil est beaucoup plus important que ce que j’avais prévu. Après chaque utilisation, j’aimerais que tu le soumettes à une maintenance. » (Rorono)

« Rorono-chan, cela signifie-t-il qu’après avoir tiré une balle magique, le Claiomh Solail ne pourra plus être utilisé jusqu’à ce que tu aies fait la maintenance ? » (Kuina)

De l’inquiétude pouvait être vue sur son visage.

Le point faible de ses flammes rouges dorées était leur portée.

Pour compenser ce point faible, Rorono avait développé ces balles magiques pouvant être chargées avec.

Cependant, si le Claiomh Solail ne pouvait supporter qu’un tir avec ce genre de balle, sa facilité d’utilisation — toujours impressionnante — diminuerait considérablement.

« Non, ce ne sera pas si grave. La maintenance est plus une recommandation qu’un besoin réel. Je pense que même après trois tirs il restera fonctionnel. Si, au second coup, tu constates une baisse de performance, les chances qu’il tombe en panne au quatrième coup sont incroyablement élevées. » (Rorono)

« C’est bon alors ! Ces flammes utilisent beaucoup de pouvoir magique, alors Kuina peut probablement tirer deux fois avec, mais pas plus ! » (Kuina)

« Tu dis ça, mais tu as la possibilité de stocker du pouvoir magique dans les poils de ta queue, n’est-ce pas ? Si tu le voulais vraiment, tu pourrais utiliser ces flammes un plus grand nombre de fois. » (Rorono)

« Oh oui, tu as cette capacité, Kuina. » (Procell)

Chaque poil de la fourrure de la queue de Kuina pouvait stocker un pouvoir magique équivalent à celui d’un démon mage de Rang B.

Chaque fois qu’elle avait du temps, elle y stockait son pouvoir. De cette façon, elle aurait du stock pour les moments difficiles.

De plus, en raison de sa nature inhérente faisant d’excellentes batteries, Rorono prenait occasionnellement sa fourrure comme matériaux pour ses créations, comme les chevaliers d’Avalon ou le fusil de tireur d’élite d’Aura.

« Kuina a du pouvoir de stocké, mais elle ne les utilisera pas ! Tu vois, quand Kuina est devenue une Renarde Céleste, elle a acquis une nouvelle compétence ! Kuina est actuellement une Renarde Céleste, mais une fois 9999 poils de sa fourrure chargée, elle devient une Renarde Éthérée ! » (Kuina)

Attends, attends, attends. Qu’est-ce qu’elle vient de dire ? Je n’ai jamais entendu parler de démons pouvant changer de race.

« Kuina, c’est la première fois que j’en entends parler. C’est une information plutôt importante, tu sais ? » (Procell)

« Ne l’ai-je jamais dit ? » (Kuina)

« Non, je n’en ai pas entendu parler. » (Procell)

En toute hâte, j’avais utilisé mon autorité de Seigneur-Démon pour regarder ses statistiques.

Quand je l’avais fait, j’avais vu une nouvelle compétence. C’était peut-être une compétence qu’elle avait acquise en devenant l’un de mes démons du Pacte démoniaque.

« Le Rituel du Renard Éthéré ? » (Procell)

« Oui ! La condition pour son activation est d’utiliser toute la puissance stockée dans 9999 poils de la fourrure de ma queue ! Et c’est pour ça que Kuina stocke son pouvoir ! » (Kuina)

Si elle devenait une Renarde Éthérée, sa force augmenterait énormément.

Selon la Mémoire de la planète, un Renard Sauvage pourrait évoluer en un Renard Mythologique, un Renard Mythologique en Renard à neuf queues, puis en Renard Céleste. Et puis, il y avait le cas d’un Renard Céleste renaissant en Renard Éthéré.

Un Renard Éthéré n’était plus seulement un démon, c’était un être ayant atteint l’état de divinité.

« … donc tu vas devenir encore plus forte, hein ? J’attends cela avec impatience. » (Procell)

Comme on pouvait s’y attendre d’une démone née de trois médailles de Rang A.

« D’ailleurs, combien de poil de ta queue est rempli de puissance pour le moment ? » (Procell)

« 50 ! Il en reste encore beaucoup à remplir ! » (Kuina)

« Alors, je vais attendre patiemment. » (Procell)

Comme l’avait dit Kuina, il lui restait encore beaucoup de temps avant de pouvoir satisfaire cette exigence.

Pour le moment, tout ce que je peux faire est d’attendre, c’est ce que je vais faire. Là encore, nous pourrions peut-être faire autre chose pour accélérer le processus de stockage de pouvoir magique.

Et ainsi, j’avais décidé de coopérer activement. Après tout, cela rendrait ma carte maîtresse déjà puissante, bien plus puissante encore.

 

☆☆☆

 

Après un certain temps, nous avions été convoqués par le Seigneur-Démon du Temps. Nous étions donc allés dans la pièce où il se trouvait.

De nombreux plats étaient alignés. C’était comme si le Seigneur-Démon du temps préparait un festin, mais s’il s’agissait d’un étrange Seigneur-Démon, j’aurai supposé qu’il allait faire quelques blagues comme les nobles aimaient faire.

« Père, la nourriture semble délicieuse ! » (Kuina)

« Oui, mais pour une raison quelconque, j’ai l’impression d’avoir déjà vu les ingrédients de ces plats. » (Rorono)

Kuina et Rorono avaient des réactions différentes.

Je comprenais ce que voulait dire Rorono, et apparemment, Dantalian aussi puisqu’il se mit à parler après ça.

« Je suppose que vous avez remarqué. Ces ingrédients ont été achetés par mes démons à Avalon. Avalon est géniale, mais encore une fois, comme il y a de tout, il est facile de trop acheter par inadvertance. » (Dantalian)

De nombreux Seigneurs-Démons de grande classe appréciaient la culture humaine. Ils avaient donc toujours de la monnaie utilisée par les humains. Elle provenait généralement de l’argent et des équipements laissés par des aventuriers morts dans leur donjon.

« Merci d’être devenu un précieux client de notre ville. » (Procell)

« J’utilise simplement quelque chose d’utile. Mais je n’ai pas l’intention d’arrêter de vous parrainer. » (Dantalian)

Après cela, nous avions tous deux ri.

En regardant autour, je vis que ses démons avaient déjà pris leur place. Par ses démons, j’entendais Fel et les Chevaliers de Chronos sous forme humaine.

Dès que Fel avait croisé mon regard, elle m’avait fait signe de m’approcher, puis avait tapé sur le siège à côté d’elle comme si elle voulait que j’y aille.

Je voulais lui faire plaisir, mais je voulais aussi rester discret devant Dantalian, étant donné le précédent incident avec elle.

« Quel est le problème, Procell ? Tu peux t’asseoir à côté de Fel si tu veux. » (Dantalian)

« Est-ce correct ? » (Procell)

« Oui. Tant que tu ne franchis pas la ligne, je n’ai pas à me plaindre. Si elle est contente, moi aussi je le serais. Ou es-tu préoccupé par tes démons ? Veux-tu aussi être assis proche de tes démons ? » (Dantalian)

Après avoir réfléchi un peu, Dantalian parla à nouveau.

« Fel, pourquoi ne vas-tu pas de l’autre côté ? De cette façon, Procell pourra également s’asseoir près de Kuina et de l’Ancienne Naine. » (Dantalian)

« Compris, Père ! » (Fel)

Je l’avais déjà remarqué avant, mais peut-être était-il du genre à faire preuve de considération envers les autres.

Fel était donc venue vers moi et m’avait enlacé. Sa queue de louve remuait de joie.

« Uuuu. Fel-chan, Père est le Père de Kuina ! » (Kuina)

« Mais il est aussi le maître de Fel ! » (Fel)

C’était adorable de les regarder les deux se fixer.

Comme s’il se sentait pareil, Dantalian rit un peu avant de parler.

« Bien alors, commençons à manger. Notre chef est un démon, mais il est très habile en cuisine. » (Dantalian)

« Je peux le savoir rien qu’en regardant. » (Procell)

Tout semblait délicieux. De l’odeur parfumée, j’attendais avec impatience le goût de chaque plat.

Et ainsi, la fête avait commencé.

 

☆☆☆

 

Le dîner, mélanger avec des discussions inutiles était amusant.

J’avais mangé de telles cuisines raffinées seulement de temps en temps, le repas était donc rafraîchissant.

Je mangeais généralement la délicieuse cuisine maison d’Aura et celle des bars et restaurants, sauf occasions spéciales. Ce n’était pas que je n’avais pas d’argent, c’était plus que je n’avais pas le temps. Après tout, les plats sophistiqués avaient tendance à prendre beaucoup de temps à être cuisinés et mangés.

Après avoir terminé nos desserts, une boisson spéciale avait été apportée. C’était une boisson à base de cacao qui était la dernière tendance à Avalon.

Comme on pouvait s’y attendre de Dantalian, il avait un bon discernement.

Je n’avais aucun doute sur le fait que cette boisson et ce chocolat à base de cacao seraient très populaires.

En ayant le monopole de ces produits, nous serions en mesure d’attirer et de rassembler encore plus d’humains de tout le continent.

« Alors, Procell, je pense qu’il est temps de conclure notre pari. Alors, demande-moi ce que tu veux. Sur mon titre de Seigneur-Démon, je répondrais sans mensonge. » (Dantalian)

Son comportement et ses expressions faciales étaient calmes et composés, et pourtant l’atmosphère changea soudainement, mettant ainsi fin aux discussions oisives autour de la table.

C’était la majesté d’un très grand Seigneur-Démon, une qualité que ni moi ni Noir ne possédions.

« Je veux que tu me parles du Seigneur-Démon Noir. Tu m’as une fois expressément averti de ne pas le sous-estimer. J’aimerais savoir pourquoi. » (Procell)

Le Seigneur-Démon du temps croisa les bras et réfléchit un moment avant de répondre.

« Hmm, voyons voir, comment dire ? Tu es conscient que, sauf exception, plus les capacités d’un Seigneur-Démon sont polyvalentes, plus les effets ont tendance à être faibles, non ? Inversement, plus les compétences sont spécialisées, plus ses effets ont tendance à être puissants. Prenons Marchosias comme exemple. Hormis le renforcement des capacités de son corps, il n’y a aucune autre fonction. D’autre part, il n’est pas dangereux de dire qu’il n’y a aucun Seigneur-Démon pouvant l’affronter en combat direct. » (Dantalian)

Même moi, j’étais au courant de ce qu’il venait d’expliquer.

« Les capacités de Noir sont du type polyvalent. Cependant, l’une de ses capacités est beaucoup, beaucoup plus forte que les autres. C’est en fait suffisant pour faire que je me méfie de lui en évitant la confrontation frontale. Ce qu’il fait c’est... » (Dantalian)

Le Seigneur-Démon du Temps m’expliqua quelle était cette capacité.

« Je vois. Et pour cette raison, tu m’as donné la montre en argent ? » (Procell)

Le Seigneur-Démon du Temps m’avait déjà offert une montre en argent en guise de récompense. Ce n’était cependant pas une montre ordinaire, c’était en fait un outil magique du plus haut niveau, car elle contenait ses capacités.

« J’espère que tu n’es pas assez naïf pour penser que cela suffirait. Si c’était le cas, moi, le propriétaire de ces capacités, je ne serais pas si méfiant envers lui. Cependant, je pense que cela conduira à une avancée décisive. Maintenant, je suis impatient de voir ton talent à l’œuvre. » (Dantalian)

Dantalian avait dit cela puis s’était mis à rire.

Sans aucun doute, il m’avait fourni de précieuses informations. Si je n’avais pas eu connaissance de ces informations, j’aurais certainement été vaincu sans pouvoir me défendre.

C’est donc comme se battre contre un vieux Seigneur-Démon.

« Merci. Grâce à cette information, j’ai une chance de gagner. » (Procell)

« Inutile de me remercier. Je ne fais qu’honorer notre pari. » (Dantalian)

Après ça, nous étions revenus aux discussions plus calmes.

De manière détournée, Dantalian m’avait posé des questions sur March. Le regarder pendant qu’il demandait m’avait fait un peu rire.

Je suppose que nous devrions organiser un autre festin avec tout le monde, y compris March.

En pensant à cela, je l’avais à nouveau remercié puis j’étais parti.

Maintenant que je connaissais un peu mieux la main de l’ennemi, il était possible de prendre des précautions et contre-mesures nécessaires. Bien sûr, l’ennemi pourrait bien faire la même chose.

Voilà, maintenant nous sommes sur un pied d’égalité. Le vrai combat va pouvoir commencer.

***

Chapitre 14 : Le Seigneur-Démon de la Création va à la capitale royale

Peu de temps après avoir obtenu des informations précieuses du Seigneur-Démon du Temps, nous étions rentrés chez nous.

Et aujourd’hui, considérant que je ne devrais pas sortir, j’avais fait mon travail dans le chariot garé près du Premier arbre. La raison pour laquelle je ne devais pas sortir était...

« Aura, es-tu sûre que Stolas va se réveiller aujourd’hui ? » (Procell)

« Oui. Son corps a complètement récupéré. En ce qui concerne sa conscience, elle est stable. Un petit câlin devrait suffire à la réveiller. Tout cela est grâce à mes efforts sincères pour la guérir, maître ! Félicite-moi, s’il te plaît ! » (Aura)

Aura le déclara avec un sourire satisfait tout en gonflant sa poitrine.

Je l’avais félicité pour son bon travail en lui caressant la tête. En réaction à cela, elle se mit à rigoler. Hehehe.

Elle a vraiment fait du bon travail. Je devrais lui acheter l’un des gâteaux qu’elle aime tant.

En pensant cela, un son venait de quelque part.

« Gauuuuu. » (Enlil)

C’était Bahamut, Enlil, la tempête, qui était venu à Avalon avec sa maîtresse endormie, Stolas.

Quand j’avais regardé dans sa direction, j’avais vu qu’il léchait la joue de sa maîtresse. C’était peut-être sa façon d’essayer de la réveiller.

Tout comme Duke qui pouvait changer de forme, Enlil était capable de réduire sa taille à celle d’un chaton. Depuis son arrivée à Avalon, il était resté dans cette forme mignonne et restait vigilant aux côtés de son maître.

Et puis, tout à coup, les paupières de Stolas avaient bougé.

« Où suis-je ? Que s’est-il passé... ? » (Stolas)

Après plus d’une semaine. La belle au bois dormant s’était enfin réveillée.

Cependant, s’étant réveillée dans une pièce inconnue, elle était naturellement déconcertée.

« Gauuuu. » (Enlil)

Enlil fit un son affectueux puis frotta sa tête contre la joue de Stolas. Après avoir remarqué que c’était Enlil, Stolas l’enlaça immédiatement.

« Oh ! Enlil, ça chatouille. C’est vrai. Je... je t’ai nommé, et après ça, j’ai perdu connaissance. Et ensuite... » (Stolas)

À ce moment-là, elle avait examiné les environs et avait ensuite établi un contact visuel avec moi.

« ... et ensuite, tu m’as aidé, Procell. Le fait qu’Enlil soit toujours là signifie que mon cristal est toujours intact et que nous avons gagné la guerre, n’est-ce pas ? Dieu merci. Il semble que je te doive beaucoup, Procell. » (Stolas)

« Ouais. Je l’apprécierais beaucoup si tu le fais un jour. » (Procell)

J’avais répondu ainsi en plaisantant. Espérons que de cette façon, elle se sente moins obligée de me rembourser.

« Alors, Procell, peux-tu me dire ce qu’il s’est passé ? Tout d’abord, je ne sais pas où nous sommes. » (Stolas)

« Tu te souviens jusqu’à ce que tu aies perdu connaissance, non ? Eh bien, nommer Enlil a causé tout un désastre. Eh bien, cela a tellement endommagé tes circuits magiques au point qu’il y avait même une chance que ton pouvoir magique et tes capacités de Seigneur-Démon ne reviennent plus jamais. » (Procell)

Enlil était si puissant que le fait de le nommer avait causé un tel fardeau sur ses circuits magiques. Si nous n’avions pas Aura, sa récupération aurait été impossible.

« ... C’est à ce point ? Les risques étaient beaucoup plus grands que je ne le pensais. » (Stolas)

« Oui. C’est la raison pour laquelle nous t’avons amené ici à Avalon afin qu’Aura, une experte en matière de soin, puisse prendre soin de toi. De plus, peux-tu sentir cette énergie de vie chaleureuse et douce ? C’est celle du Premier Arbre, un arbre sacré comparable à un arbre monde. Cette énergie vitale débordante a contribué à accélérer ton rétablissement. » (Procell)

« Je vois. Cela signifie que je dois vraiment beaucoup à Avalon. Je te remercie du fond du cœur. » (Stolas)

« Ne t’inquiète pas pour ça. Nous sommes amis et c’est ce que les amis font, non ? » (Procell)

J’avais sincèrement cru qu’elle aurait fait la même chose pour moi si nos rôles avaient été inversés.

« Alors, ton pouvoir magique et tes capacités de Seigneur-Démon sont-ils revenus ? » (Procell)

« Voyons voir... non, peu importe combien j’essaye, je ne peux rassembler aucun pouvoir magique ni utiliser mes capacités de Seigneur-Démon. Je suis vraiment inquiète maintenant. Ce ne sera pas permanent, non ? » (Stolas)

J’avais compris ce qu’elle ressentait en ce moment parce que j’avais vécu une situation similaire.

J’avais alors regardé Aura pour lui demander d’expliquer.

« Vous n’avez pas à vous inquiéter, Stolas-sama. En combinant mon traitement médical, les potions à base de pommes dorées du Premier Arbre, vous devriez rapidement récupérer. En fait, j’estime le retour de vos pouvoirs de Seigneur-Démon et de votre puissance magique dans une dizaine de jours. » (Aura)

En entendant cela, Stolas se sentit soulagée.

Dans dix jours, hein. La faire seulement se reposer pendant cette période serait une sorte de gaspillage. Nous devrions la laisser profiter des joies d’Avalon autant que possible.

« Dans dix jours ? D’accord. Désolée d’être un fardeau, mais s’il vous plaît continue à prendre soin de ma santé. Et aussi, est-ce que cela irait si je rentrais à la maison même pour un jour seulement ? Je veux voir de mes propres yeux que tout le monde est en sécurité et va bien. Je suis aussi un peu inquiète pour mon donjon. » (Stolas)

Stolas semblait inquiète alors qu’elle demandait. Cependant, c’était parfaitement compréhensible. Si je devais m’absenter d’Avalon pendant une semaine entière, je ne serais pas capable de me calmer.

« Est-ce que cela peut être arrangé, Aura ? » (Procell)

« Si Stolas-sama part maintenant. Je crains que cela ne retarde considérablement sa guérison. Mais si elle devait partir après 4 jours de repos et de traitement, une journée à l’extérieur pourrait être envisageable. » (Aura)

« Très bien. Voilà, Stolas. Tu devrais retarder ton retour temporaire d’au moins 4 jours. » (Procell)

Et sûrement, avec Rozelitte — une sorte de sœur pour Stolas — responsable de son donjon, tout devrait bien se passer.

« Oui. Je serai à ta charge, alors... mes dettes s’accumulent, n’est-ce pas ? Je ne sais pas comment te rembourser. » (Stolas)

J’aurais pu faire une demande de non-engagement, mais compte tenu de sa personnalité, tout ce qui serait trop trivial aurait été rejeté. Heureusement, j’avais eu une bonne idée.

« En fait, j’ai peut-être une idée. Je veux que tu deviennes mon atout. » (Procell)

J’avais décidé d’emprunter ses pouvoirs dans la lutte contre le Seigneur-Démon Noir.

Notre préparation au combat se poursuivrait pendant un moment. Il était difficile d’imaginer que les choses s’aggraveraient assez rapidement avant que Stolas ne puisse récupérer.

Ses pouvoirs étaient parfaits pour surprendre mon ennemi.

 

☆☆☆

 

Dix jours s’étaient écoulés depuis le réveil de Stolas.

Aujourd’hui, je voyageais à l’aide des Dragons des Ténèbres qui transportaient chacun un conteneur rempli d’or et d’argent.

Il y a six jours, j’avais reçu un message du prince Léonard confirmant que son côté avait accepté les termes de notre accord. Nous avions immédiatement envoyé la première moitié de l’aide financière promise au prince. Quant à l’autre moitié, c’était ce que nous apportions.

Outre la livraison, le but de ma visite était d’assister à une réunion. Apparemment, cette fois, le prince n’était pas le seul que j’allais rencontrer. Je rencontrerai aussi le roi.

Les attaques du royaume d’Axera contre le donjon du Seigneur-Démon Dragon avaient cessé. Cependant, les soldats étaient toujours en poste près du donjon, craignant des représailles.

En tant que tel, il avait été convenu que le prince Léonard et le Seigneur-Démon Dragon auraient également une discussion le lendemain sur le retrait de ces soldats, entre autres.

Kuina était bien entendu avec moi pour ce voyage.

« C’est excitant, n’est-ce pas, Kuina ? Pour voir la première fois l’église construite dans la capitale par les humains. » (Procell)

« C’est sûr ! Youpi~ ! » (Kuina)

Grâce à cet accord, nous avions obtenu l’autorisation de construire une église dans leur capitale royale. Les naines-forgeronnes étaient venues dès que l’autorisation leur avait été accordée et en trois jours à peine, elles avaient pu achever la construction de l’église.

De plus, l’église avait été construire de manière à avoir un sous-sol caché. J’avais décidé de déplacer les Chevaliers d’Avalon censés être le soutien de Ruru au sous-sol parce qu’ils seraient plus proches et mieux cachés que s’ils étaient à la périphérie de la capitale comme prévu initialement. Le sous-sol caché avait également été rempli d’arme par la suite.

Selon les rapports, les charpentiers et les membres du clergé étaient sur le point d’achever toutes leurs préparations aujourd’hui. Les charpentiers travaillaient toujours à l’intérieur tandis que les membres du clergé préparaient la cérémonie du culte.

À propos, les ecclésiastiques étaient en fait des escrocs introduits par Conanna. Apparemment, ces acteurs embauchés avec de l’or étaient beaucoup plus convaincants que de vrais ecclésiastiques. Aussi impressionnant qu’un commerçant perspicace puisse être, il avait même des liens avec ce genre de choses.

Bien sûr, les escrocs devenus ecclésiastiques avaient été correctement endoctrinés dans notre foi. Ils ne nous trahiraient jamais. Ils feraient tout leur possible pour répandre la foi du Saint Graal.

« Je me demande comment ils vont m’accueillir. » (Procell)

Je me demandais en chuchotant.

Il n’y avait aucun doute dans mon esprit que le Seigneur-Démon Noir serait certainement prêt à bouger cette fois.

Après tout, il était impossible qu’il reste les bras croisés alors que je faisais ce que je voulais.

Et pourtant, selon Ruru qui surveillait le prince Léonard, aucune tentative d’assassinat n’avait été tentée, à l’exception d’assassins humains. Pas même pour empêcher le prince de convaincre ses frères et le roi de me faire confiance et de faire la paix avec le Seigneur-Démon Dragon. Aucune mesure n’avait été prise pour empêcher la famille royale d’être purifiée par le vin d’Avalon ramené par le prince.

Cette passivité était vraiment suspicieuse. Il semblait vraiment que quelque chose se déroule.

... Pour cette raison, j’avais préparé de délicieux appâts, me permettant facilement de le capturer. Si jamais il devait agir, ce serait aujourd’hui. Si tout se passait bien, nous pourrions coincer et punir le Seigneur-Démon Noir.

« Aussi, Kuina, c’est le prince Léonard qui nous a invités, alors attends-toi à beaucoup de nourriture. » (Procell)

« Les voyages aériens avec Père sont les meilleurs ! » (Kuina)

Ce voyage allait être amusant et excitant de plus d’une manière.

Après un moment, nous avions finalement atteint la capitale royale. Il n’était pas sage d’amener les Dragons des Ténèbres au-delà des murs de la ville. Nous avions donc atterri à un endroit désigné à l’avance par le prince. Nous avions ensuite chargé la cargaison que nous devions livrer dans les chariots préparés par le royaume. Cette fois, au lieu des dragons, c’étaient des golems qui nous aidaient à transporter la cargaison.

Pendant que nous étions occupés au transfert, les oreilles de Kuina s’étaient contractées.

« Père, Kuina détecte la présence de démons. Ils nous surveillent de loin. Ils ont effacé leur présence au point que même Kuina ait du mal à les détecter. Ils sont dangereux. » (Kuina)

« Oui, soit vigilante. La capitale royale est le quartier général de l’ennemi. » (Procell)

« Compris. Mais Père, dans le pire des cas, Kuina seule pourrait ne pas suffire. » (Kuina)

Les ennemis qui étaient assez forts pour que Kuina dise cela étaient déjà présents.

Mais c’était tout à fait dans ce que j’avais prévu. Passons maintenant au prochain travail à faire ici, dans la capitale royale.

***

Chapitre 15 : Le Meilleur Imposteur

Partie 1

J’avais voyagé vers la capitale royale d’Axera.

Après avoir atterri, j’avais envoyé les Dragons des Ténèbres dans mon Stockage, puis j’avais fait un tour plutôt cahoteux dans le chariot fourni par le royaume.

Mon seul compagnon était Kuina. C’était sa première fois dans la capitale royale, alors elle se penchait par la fenêtre et regardait le paysage extérieur.

« Père, il y a beaucoup de chevaux ici ! » (Kuina)

Depuis la banlieue de la ville jusqu’à l’entrée principale, un grand nombre de chariots qui étaient tirés par des chevaux s’y trouvaient alignés.

Les chariots tirés par des golems étaient déjà devenus la norme à Avalon, alors il n’était donc pas fréquent de voir autant de chevaux au même endroit.

« Aimes-tu les chevaux ? » (Procell)

« Oui ! Ils sont vraiment délicieux ! Contrairement aux cochons, ils peuvent être consommés crus en sashimi ! » (Kuina)

Je vois, pensais-je en souriant.

Les plats à base de viande de cheval avaient été l’une des dernières tendances à Avalon. Et comme l’avait dit Kuina, le manger en tant que sashimi était vraiment délicieux.

« Quoi qu’il en soit, je compte sur toi pour tout ce qui se passe aujourd’hui, Kuina. » (Procell)

« Ouais~ ! Laisse ça à Kuina ! » (Kuina)

J’avais pris des précautions contre les pires scénarios.

J’avais trois atouts pour cette occasion :

Premièrement, les capacités de Stolas.

Deuxièmement, la montre en argent que j’avais reçue du Seigneur-Démon du Temps.

Et troisièmement, la récompense que j’avais reçue du Créateur pour avoir remporté ma guerre contre Viscosité, Mal et Acier.

« ... Alors, le temps de l’utiliser est enfin venu, hein ? » (Procell)

Mon dernier atout que j’avais énuméré comportait de grands risques, alors j’avais essayé d’éviter de l’utiliser le plus possible. Cependant, si les choses empiraient, je n’hésiterais pas à l’utiliser cette fois-ci.

En tout cas, le chariot dans lequel nous étions était entré dans la capitale.

J’ai l’impression d’entrer dans le ventre d’une bête mystérieuse.

 

***

 

C’était assez animé dans la capitale.

Si je devais les comparer au niveau de la vitalité des activités, Avalon était bien meilleure. Cependant, la capitale avait une certaine beauté organisée et systématique que n’avait pas une Avalon encore en développement.

« Père, c’est une si belle ville ! » (Kuina)

« Ouais. Les rues sont disposées selon un quadrillage parfait et les bâtiments sont également parfaitement régulés. C’est une vue que l’on ne peut pas voir dans Avalon. » (Procell)

Il était très probable que les bâtiments ici avaient été réglementés pour se conformer à des spécifications assez strictes afin de ne pas perturber la beauté déjà établie de la ville. Après tout, une capitale royale devait être belle.

En parlant comme ça, nous étions arrivés à notre destination.

Par destination, je ne parlais pas du château royal. Nous devions nous arrêter devant une installation qui devait d’abord accueillir les invités de pays étrangers.

Nous y étions restés quelques instants avant d’être guidés dans une chambre.

« Woah ! Cette chambre est si grande ! Le lit est si doux ! » (Kuina)

Kuina avait immédiatement plongé dans le lit.

C’était une belle chambre. Au moins pour le moment, il semblait que nous étions traités comme des invités d’honneur.

Un serviteur était alors apparu et nous avait informés que si nous avions besoin de quoi que ce soit, tout ce que nous devions faire était de sonner et il viendrait à toute heure du jour — ou de la nuit — pour répondre à ce besoin. Il nous avait également informés que le prince Léonard arriverait bientôt.

Selon le programme d’aujourd’hui, après une brève conversation avec le prince Léonard, nous devions rencontrer le roi et les autres princes afin d’inspecter notre église nouvellement construite dans laquelle nous tiendrions une réunion. Après cela, le prince Léonard devait nous accueillir chaleureusement.

Pour le lendemain, avec le prince, nous devions aller au donjon du Seigneur-Démon de Dragon.

J’espérais que tout ce voyage se terminerait sans incident, mais je savais que c’était impossible.

{Yoohoo, chef. Peux-tu m’entendre ?} (Ruru)

La voix de Ruru était alors venue de ma boucle d’oreille contenant de l’eau.

Étant une R’lyeh, elle pouvait utiliser l’eau comme moyen de communication à partir de l’autre dimension.

« Ouais, clairement même. » (Procell)

{Bien. Eh bien ! Vois-tu, il y a des types suspects qui vous surveillent tous les deux.} (R’lyeh)

« Comme nous le soupçonnions. Kuina l’a aussi sentie. Et Aura ? As-tu pu la contacter ? » (Procell)

{Je l’ai fait. Elle dit qu’elle est en position de tireuse d’élite et qu’elle surveille le terrain avec son vent. Elle dit également que, comme certains ennemis peuvent espionner les messages qu’elle envoie par le vent, elle me confie les tâches de communication.} (R’lyeh)

Oh, intéressant. Tout d’abord, Kuina a dit qu’elle seule pourrait ne pas suffire face aux ennemis, et maintenant, elle est plus prudente.

La question était maintenant de savoir d’où et quand ils allaient frapper.

Il était difficile d’imaginer que l’attaque contre nous se produirait pendant les négociations avec la famille royale. Le Seigneur-Démon Noir traitait la famille royale comme des pions commodes. Il ne devrait donc pas vouloir les prendre dans le feu croisé.

Si c’est le cas, l’attaque pourrait avoir lieu en prenant une pause après la négociation. Ou peut-être...

 

***

 

Un serviteur nous avait ensuite invités à une salle de réception. Nous l’avions suivi là-bas et nous étions assis sur un canapé confortable pendant notre attente.

À propos, Kuina et moi avions déjà revêtu notre tenue de soirée. De plus, elle était passée en mode « Demoiselle ».

« Procell-dono, bienvenue ! J’avais tellement hâte de vous revoir ! » (Léonard)

Le prince, les yeux pleins d’enthousiasme, se précipita dans la pièce et déclara une telle chose.

« Je devrais être celui disant cela, prince. Grâce à vous, expliquant les bénéfices de la foi du Saint Graal, elle a commencé à se répandre même à Axera. » (Procell)

« Mais c’est naturel ! En fait, j’ai fait de la diffusion de votre enseignement — que les humains et demi humains sont égaux — la mission de ma vie. À mes yeux, la doctrine qui dit que les humains sont les êtres supérieurs est tout simplement fausse. Pour que notre nation se développe, nous devons employer des individus talentueux, quelle que soit leur race. Alors, voyez-vous, je l’ai fait plus pour ma nation que pour vous rendre service. Il n’y a pas besoin de me remercier. » (Léonard)

Face à cela, j’avais souri avec ironie. Il semblait que je l’avais influencé plus que prévu.

{Chef, j’ai reçu des informations d’Aura. De ce qu’elle peut en dire, le prince Léonard n’est pas manipulé par le Seigneur-Démon Noir.}

Ruru m’avait contacté à nouveau et me l’avait annoncé ainsi.

Lorsque le prince était arrivé pour la première fois à Avalon, il était sous l’effet de la magie du Seigneur-Démon Noir. Nous l’avions dissipée, mais il y avait une chance qu’elle lui soit réappliquée.

Quoi qu’il en soit, comme prévu, le prince et moi avions parlé pendant un moment. J’ai demandé comment il avait persuadé le roi et les autres personnes importantes. J’avais aussi demandé comment il avait fait en sorte que tout le monde assiste à la réunion que nous aurions plus tard.

Nous avions discuté un moment, sans incident.

Une fois que nous avions fini, le prince m’avait guidé à l’extérieur. Nous étions montés dans un des chariots puis nous nous étions dirigés vers l’église. Au moment où nous étions arrivés, j’avais vu un carrosse remarquablement ouvragé qui était entourée d’un groupe de chevaliers.

Il n’y avait que quelques personnes pouvant avoir autant de gardes.

Lorsque nous étions sortis de notre carrosse, l’autre groupe en était également sorti.

« C’est un plaisir de vous rencontrer enfin, Procell-dono. Je vous remercie pour l’énorme richesse que vous nous avez apportée. Bien sûr, je suis également profondément reconnaissant pour le traitement médical de nos soldats blessés et de la médiation entre nous et le Seigneur-Démon Dragon. Vous avez été d’une aide précieuse. » (Roi)

Bien que l’homme d’âge moyen qui en était sorti n’ait pas baissé la tête, il avait adressé des mots de remerciement.

Pour le dirigeant d’un pays qui avait tenu ces propos au dirigeant d’une simple ville dans une région éloignée, c’était sans précédent. Cela montre à quel point le royaume d’Axera était dans un état désastreux.

« Oh non, je devrais être celui vous remerciant. Je vous suis très reconnaissant de nous avoir permis de construire notre église et de mener nos rites religieux. » (Procell)

« ... Juste pour clarifier les choses, je vous ai seulement donné la permission. Moi et le royaume ne sommes liés en aucun cas au support de votre religion. » (Roi)

Dans ce dernier cas, le roi faisait probablement allusion à la protection contre les troubles causés par les croyants de la religion du Seigneur-Démon Noir.

Selon les rapports de Ruru, nous avions déjà reçu une sorte de harcèlement de leur part. Maintenant que notre église avait finalement été construite et que nos activités étaient sur le point de se développer, leur harcèlement ne ferait que s’aggraver.

« Oui, nous sommes clairs à ce sujet. Si je peux être franc, nous n’avons pas besoin de croyants sans conviction devenue des fidèles uniquement parce que le royaume le leur a demandé. Notre désir n’est pas simplement d’avoir plus d’adeptes, mais plutôt d’avoir plus d’adeptes qui croient et pratiquent mes enseignements. » (Procell)

Face à ma réponse, le roi laissa échapper un « Ooh ».

Je n’avais pas besoin de dons ni de croyants superficiels. Ce que je voulais vraiment, c’était de la dévotion.

« Je pense qu’il est préférable de voir par vous-même ce que sont mes enseignements. » (Procell)

Selon Ruru, les préparatifs étaient bientôt terminés. Bientôt, elle sortirait de l’autre dimension pour participer à la messe.

Aura était également en position. Si une ombre lui paraissait suspecte, elle était prête à l’abattre.

L’ancien escroc devenu prêtre semblait lui aussi prêt, en semblant vraiment en être un.

Et ainsi, j’avais guidé le roi et les princes à notre église.

 

***

 

La messe était alors terminée.

J’avais été surpris de voir à quel point l’escroc conseillé par Conanna était génial. Il était capable de raconter mes enseignements mieux que quiconque, en l’embellissant avec des récits étoffés. Ses modèles de discours, ses intonations et l’application des émotions étaient tous très habiles. Impressionnant. Il ne faut pas prendre à la légère une personne professionnelle n’utilisant pas la magie, mais simplement l’art de la persuasion. Néanmoins, nous avions toujours le chant de Ruru et le sourire de Dieu pour avoir une réussite de 100 %.

« ... Merveilleux, Procell-dono. » (Roi)

« Père, tu vois maintenant que tout ce que j’ai dit était vrai, n’est-ce pas ? » (Léonard)

« Hmm, comment le dire ? Franchement, j’ai un peu de préjugés contre les nouvelles religions qui sont trop belles pour être vrais. En tant que dirigeant de mon pays, je ne peux toujours pas vous aider, mais à titre personnel, je pense que je prendrai vos enseignements à cœur et que je les respecterai pour le restant de mes jours. Léonard dit que vous avez des livres saints. Voudriez-vous bien m’en donner un ? » (Roi)

« Ce sera pour moi un plaisir. » (Prêtre)

Le prêtre était descendu de la scène et avait remis des exemplaires du livre saint. Il le passa aux frères du roi et du prince Léonard. Avoir le roi comme partisan — sinon un croyant — était énorme.

À ce rythme, la prochaine réunion se passera bien... Maintenant, utilisons cette assurance ici. Je me sentais un peu maladroit, mais cela pourrait décider de la victoire ou de la défaite.

 

***

 

Nous avions quitté l’église et étions revenus à l’établissement. Grâce en partie aux effets de la masse, l’atmosphère de la réunion était plutôt calme.

Tout se passait bien. Nous avions rapidement déterminé le nombre de soldats blessés qu’Avalon allait prendre en charge et à quel moment.

Au moment où nous allions clore la réunion, l’atmosphère avait soudainement changé.

J’avais eu un frisson dans le dos. Tous mes instincts rugissaient sauvagement, me disant de m’échapper.

« Procell-dono »

« Procell-dono »

« Procell-dono »

Le roi, les princes et les autres hommes d’État s’étaient alors immédiatement levés et avaient sauté sur moi. Étant donné ce qu’ils étaient, je ne pouvais pas les repousser négligemment.

Et à cause de mon ordre de ne pas nuire à la famille royale, la réponse de Kuina fut un peu retardée.

« Qu’est-ce qui vous a pris ? » (Procell)

J’avais essayé de demander ainsi, mais aucune réponse n’était venue.

Leurs yeux étaient flous. Il était clair qu’ils étaient contrôlés même si j’étais sûr que nous avions éliminé toutes les possibilités que cela se produise.

Cependant, plutôt que de savoir comment, la question était de savoir pourquoi ils étaient contrôlés à ce moment.

Il n’y avait simplement aucun sens à me restreindre comme ça.

Pour le meilleur ou pour le pire, la réponse était arrivée tout de suite.

« Père, un énorme pouvoir magique vient du ciel. C’est une magie cérémonielle faite par des centaines de personnes ! » (Kuina)

Kuina avait dit cela alors qu’elle concentrait tout son pouvoir magique dans ses mains qu’elle avait dirigées vers le ciel.

« Cela ne peut pas être. A-t-il l’intention de détruire ce bâtiment même alors que la famille royale est ici aussi !? » (Procell)

Nous nous attendions à ce qu’il y ait une attaque, mais pas à une telle extrémité où tout le monde dans le même bâtiment — y compris la famille royale — serait anéanti.

Néanmoins, l’attaque arrivait. C’était un pilier de lumière qui possédait l’attribut sacré.

Il avait percé le plafond comme si de rien n’était.

« Je ne vais pas vous laisser tuer, Père ! » (Kuina)

Kuina avait érigé une barrière de flammes. Cependant, les flammes n’étaient à l’origine pas conçues pour la défense. En outre, l’attaque en question était une magie cérémonielle qui devait être préparée par plusieurs centaines d’individus. Il était impossible que sa barrière tienne.

Elle avait ensuite utilisé ses flammes rouge-or et s’en était revêtue. Même avec cela cependant, il était impossible que la colonne de lumière soit repoussée. Mais alors, comme conscient de cela, Kuina me regarda et me sourit avec un visage plein de détermination. Elle avait ensuite sauté sur moi, avait repoussé les membres de la famille royale qui me retenaient et m’avait poussé elle-même.

« Même si Kuina meurt, Kuina protégera Père. Père, désolé, je ne pense pas que Kuina puisse rester avec toi pour toujours. » (Kuina)

Après qu’elle l’ait dit, elle s’était transformée en une renarde géante qui me couvrait de toutes part. Utilisant le pouvoir magique qui lui restait, elle avait durci sa fourrure dorée.

Peu après, le pilier de lumière l’avait touché de plein fouet.

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