100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons – Tome 3

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Chapitre 52 : Neuf mois et un œuf

***Point de vue de Seryanna***

Alors que le moment du retour de mon bien-aimé Alkelios était imminent, je m’étais retrouvée à tenir la main de Collentra, tout en étant témoin du miracle de la vie.

« Vas-y ! Juste un peu plus, et l’œuf sortira ! Tu peux le faire ! » avait applaudi Kataryna alors qu’elle tenait une serviette propre.

« Je ne sais pas si je devrais être émerveillée ou terrifiée..., » déclara Kléo.

« Ne sois pas impolie. Accoucher n’est pas une mince affaire pour nous toutes, » déclarai-je en lui jetant un regard noir.

« Comme l’indique l’écaille rouge, si tu continues à te glisser dans la chambre d’Iolaus nuit après nuit, tu finiras également par finir lourde ! » taquina Kataryna.

« Q-Quoi ? C-Comment sais-tu… non, pourquoi penses-tu que je… non, penses-tu vraiment que je puisse tomber enceinte ? » demanda Kléo.

La dragonne était un peu confuse sur la première question à poser, mais elle ne semblait pas contre l’idée. Peut-être que je finirais bientôt tante ? Ou peut-être qu’elle le serait ?

« Arrêtez de rêver toutes les deux ? Il est sur le point d’arriver ! » Nous avait crié Kataryna.

« Arrêtez de crier ! OU JE VAIS TOUTES VOUS ÉTRANGLER ! » Cria Collentra.

« Ma chérie… est-ce que ça va ? » Demanda Bayuk.

Il se tenait dans un coin de la pièce, tenant un grand bouclier rond dans ses mains avec un casque sur la tête.

« Non ! » cria-t-elle en lâchant un souffle de flamme vers lui.

« Ah ! Ne me brûle pas ! » cria-t-il en se cachant derrière son bouclier.

Le but de ce bouclier était d’éviter les attaques soudaines de sa femme. Dans des moments comme ceux-là, les hommes étaient absolument inutiles…

« C’EST DE TA FAUTE ! » cria-t-elle.

« La tienne aussi. » Déclarai-je.

Elle me lança un regard noir, et j’avais détourné le regard.

Après quelque temps, l’œuf était en fin sorti. Collentra poussa un soupir de soulagement et Kataryna le nettoya. Kléo regardait ses hanches et secouait la tête, murmurant le mot impossible.

« C’est un gros et en bonne santé ! » déclara la dragonne aux écailles argentées.

Bayuk s’était débarrassé de son bouclier et de son casque et s’était approché de nous.

Elle me l’avait transmis et je l’avais soigneusement tenu dans mes mains.

« Tu n’as pas l’air si mal en tant que mère. » Collentra rigola en me regardant.

« Peut-être que..., » dis-je avec un doux sourire alors que je m’approchais de son lit, puis je le plaçais avec précaution dans ses bras. « Mais c’est ton œuf, pas le mien. » Je secouai la tête et m’éloignais pour permettre à Bayuk de mieux le regarder.

« C’est magnifique, je suis fier de toi, ma chérie, » déclara le dragon en versant une larme de bonheur.

« Oui… je me demande si notre enfant sera un garçon ou une fille, » se demanda-t-elle.

« Tu verras dans deux mois quand il éclora, » leur déclara Kataryna.

Nous avions toutes regardé le couple heureux alors qu’ils tenaient leur œuf fraîchement pondu. Ils étaient très heureux et ne pouvaient pas attendre de voir leur bébé sortir. Jusque-là, le petit continuerait à grandir et à absorber l’énergie magique de l’air l’entourant.

Les dragons, contrairement aux humains, pondaient des œufs, qui ensuite écloraient en bébés. Selon le nombre d’œufs portés par la mère, elle prendra une forme hybride ou complète de dragonne pendant toute la durée de sa grossesse. Une dragonne pouvait pondre entre un et dix œufs.

D’après ce que j’avais appris ces derniers jours, la coquille d’œuf n’était là que pour aider le bébé à absorber l’énergie et le protéger des prédateurs ou maladies éventuelles. Elle pouvait aussi résister à la chaleur d’un four et à une chute de plus de 100 mètres, car elle était imprégnée d’une puissante magie défensive. Le jour où l’enfant était sur le point de sortir de l’œuf, le sort disparaît et sa coquille devient aussi fragile qu’une fine couche de glace. Une mère savait habituellement instinctivement que le moment était venu pour l’enfant de sortir.

Malgré ce moment heureux où j’avais assisté pour la première fois à la ponte d’un œuf, je m’étais retrouvée avec une goutte d’inquiétude dans mon cœur, à la fois pour moi et ceux m’entourant.

Neuf mois s’étaient écoulés depuis le départ d’Alkelios pour qu’il aille s’entraîner. Bien que je sache qu’il était en vie et en bonne santé, il me manquait. Dernièrement, aucun jour ne passerait sans que j’aie une pensée pour lui, et j’étais même un peu jalouse de ma petite sœur qui envoyait souvent des lettres à son bien-aimé à Tomeron. Bien sûr, c’était avant qu’ils ne viennent ici à la demande du roi.

D’après ce que m’avait raconté Kléo, Iolaus et leur grand-père progressaient à merveille avec leur entraînement et leur force grandissait de jour en jour. Mais c’était aussi principalement dû au fait qu’ils étaient tous deux amis avec Alkelios et partageaient les avantages de sa capacité de Dompteur de Dragon.

Pendant ce temps, j’avais aussi changé. Je m’étais enfin éveillée et tout cela était grâce à mon bien-aimé.

Qui savait que j’avais d’aussi étranges exigences pour pouvoir m’éveiller ?

Kataryna avait mentionné une fois qu’il était incroyablement rare qu’une personne avec un Haut Élément atteigne l’éveil. Cela était dû à sa difficulté accrue et aux complots qui leur étaient destinés.

Mes parents et mon grand-père avaient bien fait de cacher mon élément, mais une fois éveillée, j’en avais pris conscience. Utiliser et contrôler le feu était devenue pour moi comme une seconde nature. Je pouvais l’utiliser sans chant et chaque sort que je lançai était bien plus puissant qu’un sort normal.

J’étais heureuse et franchement, j’avais considéré mon éveil comme un cadeau de la part de l’humain dont je suis tombée amoureuse. Avec cela, l’attitude de ceux m’entourant avait changé et peu de gens osaient me parler comme si j’étais encore une enfant. Cela ne voulait pas dire que j’avais oublié leurs anciennes attitudes, mais je n’étais pas non plus du genre à me venger d’eux. Les idiots devaient être laissés avec leur propre idiotie, à moins qu’ils n’osent essayer de mordre. À ce moment-là, ces imbéciles devraient apprendre à marcher sans leur tête.

Bien que je me sois améliorée, beaucoup l’avaient aussi fait. Le roi était sorti de sa chambre et s’était replacé sur son trône, bien que ce ne fût que pour une brève période de deux jours. Beaucoup craignaient qu’il se résigne à l’idée qu’il puisse perdre sa reine, alors que d’autres pensaient qu’elle pourrait se sentir mieux.

Lors de sa première apparition, Sa Majesté avait envoyé un courrier à Tomeron par lequel il avait demandé la présence de grand-père dans la capitale plus tard cette année. Il n’avait pas précisé la date exacte, mais lui avait simplement ordonné de venir, au cas où il déciderait de sortir de sa chambre. En tant que tel, à la fin du neuvième mois après le départ d’Alkelios, il arriva finalement à Drakaria, emmenant avec lui tous ses fidèles serviteurs ainsi que son disciple, Iolaus.

Les nobles de la capitale n’avaient pas montré beaucoup d’enthousiasme lors de leur arrivée et nombre d’entre eux lui jetèrent un regard de pitié. Ils ne savaient probablement pas que grand-père retrouvait rapidement ses forces.

Pour l’instant, il attend l’appel du roi dans sa propre chambre du palais. Il passait le plus clair de son temps à s’entraîner ou à bavarder avec la Troisième Princesse.

Quant à Iolaus, Kléo l’avait kidnappé ce jour-là et personne ne l’avait entendu ou vu pendant quelques jours. Lorsque cela s’était produit, je m’étais souvenue que Kléo avait reniflé puis s’était précipitée vers Iolaus dès qu’elle l’avait vu. Elle n’avait même pas pris la peine de l’embrasser ou une autre chose dans le genre. Elle l’avait attrapé par le col et l’avait tiré dehors alors qu’il implorait pour de l’aide.

Nous lui avions offert une prière silencieuse, car son sacrifice apaiserait la petite démone.

À leur retour, Iolaus était pâle comme un fantôme et pouvait à peine marcher. Il n’avait pas dormi pendant des jours. Kléo était heureuse et toute souriante.

Grâce à la présence de Kataryna, aucun imbécile n’avait osé essayer de s’approcher de nous avec de mauvaises intentions, mais quelques-uns ne l’avaient pas reconnue et l’avaient mise au défi de se battre. Ce jour-là, le Premier ministre Elovius s’était évanoui après avoir constaté le prix de réparation du mur sud. La dragonne ne s’était pas laissé aller, surtout après que l’une d’entre elles l’ait comparé à une prostituée. Il avait fallu trois mois à ses amis pour le sortir du bloc de glace.

Néanmoins, le changement le plus important survenu au cours de cette période était probablement la manière dont Sire Draejan avait commencé à agir. L’ancienne armée de Brekkar avait continué à rassembler des soldats, atteignant le double de ce qu’elle était, mais presque tous étaient des scélérats et des voleurs. Il y avait aussi des rumeurs selon lesquelles une étrange silhouette fantomatique travaillait pour Draejan et ces rapports avaient atteint un nombre assez important. Personne ne connaissait son nom, juste le fait qu’il était souvent vu autour de nobles draconiens ou donnait des ordres aux commandants de l’armée.

Avec une armée accrue, les factions parmi les nobles avaient également commencé à changer. Beaucoup soutenaient le jeune dragon prometteur, d’autres envisageaient de le rejoindre, alors que presque tous répandaient de mauvaises rumeurs sur la Troisième Princesse et les autres membres de la royauté. Avec cela, Kléo avait été très utile. Son habileté avec les ombres lui permettait de les écouter sans être détectée. Si, par hasard, elle trouvait quelqu’un avec des intentions malveillantes, elle pouvait immédiatement en informer Kataryna.

La dragonne aux écailles argentées était considérée comme un symbole de peur. Trois mois après le départ d’Alkelios, plusieurs nobles de rangs de Marquis et Vicomte appartenant à la faction de Draejan avaient tenté de menacer la dragonne afin de la convaincre de venir dans leur camp. Le résultat fut une impressionnante sculpture de glace placée au milieu du jardin devant le palais, où tout le monde pouvait la voir. En dessous, elle y a écrit : Qui va être le prochain ?

Depuis, tout le monde évitait son regard et les nobles agissaient de manière plus furtive.

Quant à ma relation avec Draejan, elle n’avait pas changé. Je le regardais toujours avec des yeux lançant des poignards. S’il osait s’approcher, j’augmentais la chaleur au point que cela devenait inconfortable. Si Kataryna était avec moi, elle dégainait généralement ou créait un pic de glace, le faisant reculer immédiatement. Je ne répondais pas lorsqu’il me parlait, je ne lui ferais pas le plaisir d’entendre ma voix.

Il était regrettable que je ne puisse pas moi-même le battre. J’étais encore trop faible par rapport à lui, mais j’étais beaucoup plus forte par rapport à avant mon éveil.

« Tout va bien, Seryanna ? » demanda Kataryna.

Je clignai des yeux de surprise et je l’avais regardée.

« Oui ? » avais-je répondu en inclinant la tête un peu vers la gauche.

« Tu avais l’air ailleurs. » Elle plissa les sourcils.

« Je m’excuse… je pensais juste à quelque chose... » Je souris avec ironie.

« Ne t’inquiète pas, chérie. Je suis sûre qu’il reviendra bientôt, » me déclara Collentra avec un doux sourire.

J’avais hoché la tête en réponse.

C’est vrai, il me manquait… Alkelios me manquait beaucoup, mais je devais attendre… Si tout se déroulait comme prévu, je devais attendre patiemment pour lui et prier dans mon cœur pour son retour en toute sécurité...

***

***Point de vue de Feryumstark***

« Le temps de son retour est proche... » Je parlai alors que je poussais un soupir.

« Es-tu inquiet ? » Elliessara, ma reine, parla doucement, tout en me faisant un doux sourire.

« Non. Il a promis de revenir demain. Je lui fais confiance même s’il est humain. » J’avais fermé les yeux et je m’étais remémoré de notre première rencontre.

Alkelios Yatagai, un humain amoureux d’une dragonne, détenait les preuves de la confiance de cette dragonne, de mon bon ami Brekkar et de ma propre fille. Un seul d’entre eux suffirait pour lui accorder une audience, mais avec trois, je n’avais pas besoin de douter de ses paroles.

Bien que cela ait été étrange, il n’avait pas demandé d’audience à mon fils, Elovius, mais connaissant le contenu de notre discussion, c’était peut-être mieux.

« Bien sûr que tu lui fais confiance, » déclara Elliessara en riant. « S’il n’était pas là, je serais déjà morte. Penser qu’un humain me permettrait de passer plus de temps à tes côtés. »

« Ses paroles étaient vraies, et moi seul n’aurais jamais découvert la trace d’un tel complot… de penser que quelqu’un a eu l’audace d’empoisonner ton thé médical. » Dis-je avec colère.

« Alkelios nous a promis qu’il allait me trouver un traitement… je me demande s’il y arrivera, » déclara Elliessara en laissant échapper un léger soupir.

Quand j’avais entendu les détails sur le poison tuant ma femme, j’avais pu sentir tout espoir quitter mon cœur. C’était trop puissant, sans remède, c’était ce qui avait toujours été dit. Mais Alkelios était celui ayant brisé ce cauchemar. Il y avait un remède, mais il ne savait pas encore comment le faire. La raison en était…

« Quelle chose effrayante de demander à un Grand Alchimiste Divin de faire le remède... » Dis-je.

« Il va le faire..., » déclara Elliessara.

« J’espère bien, mais d’ici là, je dois aller à sa rencontre dans notre grande pièce de théâtre, comme nous l’avons prévu, » j’avais souri.

C’était un plan plutôt sournois et ridicule. Un type de situation à haut risque et à haute récompense qui nous met tous en danger, mais qui allait amener tout le monde au point de révéler ses vraies couleurs. C’était pour cette raison que j’avais envoyé pour demain une convocation à tous les nobles importants du royaume à ma cour.

Si Alkelios se révélait être un monstre, un traître, un assassin des humains, alors le royaume d’Albeyater cesserait d’exister, mais pour que cela se produise, cela signifierait que non seulement cette dragonne à écailles argentées, mais aussi Brekkar et ma fille avaient eu tort à son propos… Ma fille, peut-être… Brekkar, j’en doute fortement. Quant à Kataryna Georg, cette vieille dragonne qui pouvait tuer toute une armée seule, elle était bien plus sournoise que ce qu’elle laissait montrer et beaucoup trop rancunière pour que quiconque puisse se jouer d’elle.

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***Point de vue de Draejan***

Demain allait être un grand jour ! J’avais l’impression que le roi Feryumstark nous avait tous convoqués dans le but de me proclamer nouveau général de l’armée de Brekkar et de me permettre d’atteindre enfin ma juste place.

Il y avait tellement de choses que je prévoyais de faire dès que je recevrais cette autorité, bien que, pour le moment, il ne s’agisse que d’une formalité. L’armée de Brekkar, de nom, était déjà sous mon contrôle. Chacun de ces soldats a été contraint de m’obéir, à moi, et à personne d’autre, et pas même la famille royale. J’avais eu de grands projets pour ce royaume ! Et demain… ce serait le jour où je ferais le premier pas pour les mettre en lumière et les concrétiser.

« Qui aurait cru qu’une rencontre au hasard avec un aventurier humain quand j’étais jeune allait m’amener si près du contrôle de ce… royaume ? » J’avais souri en regardant par la fenêtre une Drakaria endormie.

À ce stade, même Kataryna n’allait pas être assez puissante pour m’arrêter, quand à Seryanna… elle allait simplement être une décoration jusqu’à ce que j’ai tout entre mes mains.

***

Chapitre 53 : Le retour du héros humain

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Voler dans le ciel était la meilleure des sensations !

Je pouvais sentir le vent lors qu’il passait autour de mes ailes, me soulevant dans les airs, et c’était amusant de contrôler la direction dans laquelle je me dirigeais d’un simple mouvement des muscles de mes ailes et de ma queue. Bien qu’un dragon ne soit pas l’espèce la plus aérodynamique entre toutes, le fait d’avoir beaucoup d’énergie magique pour les aider à maintenir leur masse est un facteur important pour les maintenir dans les airs. Dans mon cas, j’avais besoin de consommer beaucoup plus puisque je volais à l’aide de sorts en forme de demi-dragon. Contrairement à Kataryna et aux autres, je ne pouvais pas prendre une forme complète de dragon.

Lorsque je m’étais transformé pour la première fois, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je craignais de ne plus pouvoir revenir en arrière ou le fait de ne pas pouvoir utiliser mon corps correctement dès le premier essaie. C’était en effet le cas, et j’avais dû rester sous cette forme deux semaines jusqu’à y être suffisamment habitué.

Voler était autre chose cependant. Ce n’est qu’il y a deux mois que j’avais enfin réussi à comprendre le processus. La suite s’était bien déroulée. Voler était devenu mon unique moyen de transport parce que j’appréciais le sentiment qu’il me procurait. C’était relaxant.

En tout cas, à ce moment, je me dirigeai vers Drakaria. Aujourd’hui était le jour de ma réunion avec le roi et mes amis. J’avais dépassé le village de Pertiko et j’approchais de Toros. Il était peut-être 9 ou 10 heures du matin, ce qui voulait dire que j’allais arriver à Drakaria vers midi.

J’avais hâte de revoir Seryanna.

En parlant d’elle, j’utilisais actuellement la dragonne rousse comme balise pour me guider via ma compétence Dompteur de Dragon. Si je n’avais pas cette fonction pratique, j’aurais été obligé de voyager par la voie terrestre ou de partir plus tôt afin de pouvoir y arriver à temps. La façon dont je me dirigeai maintenant était de simplement suivre la flèche verte que j’étais le seul à pouvoir voir en profitant d’un vol du matin.

Dans cette forme, j’étais plutôt rapide. Étonnamment, plus rapide ou peut-être aussi rapide que le poulet géant, donc la vitesse au sol pourrait atteindre les 100 km/h. C’était une vitesse folle pour ce monde, mais un cauchemar pour un passager, car les routes n’étaient pas si bonnes.

Ce n’est qu’après avoir utilisé cette monture plusieurs fois que j’avais réalisé que c’est principalement grâce à la qualité des routes et à la qualité des ressorts que l’humanité pouvait atteindre des vitesses aussi élevées. L’absorption des chocs était la seule chose qui m’avait manqué lors de mes déplacements au sol. En gros, c’était comme voyage avec une voiture de course indestructible, sans ressorts ni ceinture de sécurité sur une route de campagne.

« Hm ? Ce doit être Toros, » avais-je dit en repérant la ville fortifiée au bord du grand gouffre.

Vu d’en haut, ça n’avait pas l’air grand, mais les routes étaient en désordre. Ce modèle était cependant intentionnel. Ce n’était pas comme si les constructeurs n’avaient aucune idée de ce que c’était qu’une ligne droite, mais en cas d’attaque, les routes sinueuses familières leur donneraient un avantage.

Honnêtement, quand j’étais encore humain et que je vivais en Roumanie, je pensais souvent que les ingénieurs en bâtiment étaient des idiots qui ne savaient pas comment construire en ligne droite, mais au cours de mon voyage à travers Albeyater, j’avais développé quelques neurones entre mes oreilles. J’avais compris qu’il s’agissait à la fois de l’histoire et de la « sensation » d’une ville. Il n’était pas si difficile de construire des routes droites, mais chaque ville en Europe, contrairement aux États-Unis, avait une histoire de guerre qui s’étendait sur des siècles. Il n’y en a pas eu beaucoup qui avaient été épargnés par le sang. En tant que telles, elles avaient d’abord été construites dans l’intention de semer la confusion chez l’ennemi, puis avec l’évolution de la technologie et de la civilisation, les nouveaux bâtiments avaient été construits dans le prolongement des anciens, en gardant le même schéma. Si c’était un instinct de la population locale de le faire ou non, je ne savais pas, mais dans ce monde nouveau, tout cela avait du sens.

Après tout, la guerre frappait toujours à la porte du royaume dragon.

Survoler le grand gouffre avait également été une expérience intéressante. J’avais l’impression d’être aspiré dans l’obscurité, mais en même temps, j’étais complètement épargné par le simple fait de me trouver dans les airs.

C’était incroyable, et j’imaginais qu’à l’avenir ce serait une attraction touristique incroyable. C’était le Grand Canyon de ce royaume.

Une fois traversé, j’avais vu l’auberge où nous avions retrouvé Kléo et Kataryna après notre départ de Toros. Cette ville avait aussi un souvenir embarrassant. De là-haut, je pouvais voir de nombreux dragons se diriger vers la capitale ou les villages voisins.

À l’époque, je ne pouvais pas le voir, mais à travers ces plaines, il y avait beaucoup de petits villages. Même en volant jusqu’ici depuis la forêt Seculiar, je pouvais voir de la fumée blanche monter à gaucher à droite, et ma vue aiguisée pouvait capturer la forme de simples bâtiments. C’était dommage que je ne les aie pas remarqués lorsqu’on les avait passés avec Kléo et Kataryna.

Dernièrement, j’avais développé le désir de sortir, de découvrir ce monde. Il y avait beaucoup de choses que je n’avais pas encore vues et être coincé à Albeyater me paraissait vraiment dommage. Je voulais aussi rencontrer d’autres héros humains qui essayaient de rendre ce monde meilleur plutôt que de le subjuguer.

Peut-être une fois que mon travail à Drakaria sera terminé et que tout sera réglé, je pourrai aller découvrir le monde. Après tout, je suis plus ou moins immortel maintenant. Pensais-je.

Être un demi-dragon m’avait accordé une durée de vie similaire à celle d’un dragon. Si je n’avais pas réussi à atteindre l’éveil supérieur, j’aurai probablement juste vécu aussi longtemps que Seryanna, ce qui était déjà très bien. Cependant, avec mon éveil supérieur, j’avais acquis l’immortalité, tout comme Kataryna. Je n’allais plus vieillir, ce qui voulait dire que j’aurai 19 ans jusqu’à la fin.

S’occuper d’une superbe barbe n’était plus qu’un rêve éphémère…

Puis, alors que je me rapprochai de Drakaria, je commençais à voir certaines différences par rapport à la dernière fois où je l’avais vue. La ville était vaste comme d’habitude, magnifiquement construite comme une sculpture de marbre blanc. C’était un symbole de la grandeur d’Albeyater, de sa détermination, de son pouvoir. Mais autour se trouvait une tache appelée, l’« armée de Brekkar ».

Je m’étais arrêté en plein vol et j’avais regardé les innombrables tentes qui s’étalaient dans la plaine. Ils étaient deux, voire trois, fois plus qu’il y a neuf mois. Ils ne semblaient pas accueillants. Si je le désirais, je pourrais les éliminer maintenant, mais tous étaient des dragons employés dans une armée officielle. Tout acte de violence à leur encontre serait traité comme un geste contre le royaume, même si j’avais l’impression que les éveillés supérieurs échappaient à cette règle.

« Cela pourrait être un problème..., » m’étais-je dit en remarquant la grande ligne à l’entrée de la ville.

Ils vérifiaient tout le monde minutieusement, et nombreux étaient ceux souhaitant entrer. Ils ne ressemblaient pas à des réfugiés, mais je me demandais pourquoi la sécurité était renforcée de la sorte.

Quant à la raison pour laquelle cela poserait un problème, eh bien… c’était une longue histoire… une très longue histoire.

« Bah, je vais simplement passer furtivement et les survoler. » Je haussai les épaules puis passai à autre chose.

J’étais moi-même un éveillé supérieur et j’avais une réunion avec le roi. Il était hors de question que j’attende patiemment en ligne.

Alors sans plus tarder, j’avais souhaité qu’aucun dragon ne me voie alors que je me dirigeais en ville et, en même temps, j’utilisais un sort pour me camoufler dans mon environnement.

Je faisais très attention à tout le monde, au sol et dans les airs, puis j’avais choisi un endroit derrière un vieil immeuble où je voulais atterrir. Une fois fait, j’avais replié mes ailes et j’avais regardé autour de moi pour voir si quelqu’un m’avait vu.

C’est bon, pensais-je en poussant un soupir de soulagement.

Marcher dans la ville sous ma forme de demi-dragon ne représentait aucune menace, j’avais un corps anthropomorphique, mais le problème principal était mes écailles. L’or était un signe de royauté, et j’avais un mélange de rouge, d’or, de noir et de blanc, formant des motifs en stries, ce qui me donnait à la fois un aspect imposant et impressionnant. C’était comme si j’étais conçu pour de glorieuses batailles.

Heureusement, la couleur de mes écailles ne représentait pas mon affinité élémentaire. Au moment où j’avais changé d’espèce, j’avais littéralement obtenu TOUTES les affinités élémentaires. Il n’y avait pas de sorts que je ne pouvais utiliser. J’étais une sorte de Jack of All Trades, bon en tout, maître de tout.

En parlant de cela, ce sort de camouflage était aussi un sort de ma propre création, et non pas quelque chose que j’avais obtenu grâce à mes capacités de triches. Cela signifiait également que ce n’était pas facile à développer. C’était dur… Pénible, mais avec un mouton mangeur d’hommes derrière la queue, vous aviez tendance à apprendre rapidement.

Ainsi, j’étais passé à ma forme humaine, qui n’était pas différente d’avant. Je n’avais pas d’écailles sur mon corps et mes yeux étaient comme avant. J’avais l’air un peu plus vieux, autant qu’une croissance de quelques mois le permettait, mais c’était à peu près tout.

Je n’avais pas besoin de changer de tenue, elle s’était adaptée à ma nouvelle taille. C’était une armure que j’avais moi-même enchanté avec ma capacité Pony Power. Le nom, malheureusement, n’était pas quelque chose que je pouvais changer, mais chaque fois que j’utilisais cette compétence, je devais la crier. Moi, un puissant dragon anthropomorphe, tout en fabriquant mon armure dans la chaleur du feu et sous les coups puissants de mon marteau, je devais crier « Pony Power » chaque fois que je voulais faire un enchantement.

C’était vraiment le travail de Dieu, avec un sens de dénomination si mauvais que même le dieu de la mauvaise dénomination en serait ébranlé !

En conséquence, ma contrariété et mon embarras lorsque j’enchantais étaient à leur apogée…

J’avais aussi d’autres compétences d’artisanat qui me permettaient de tirer les meilleurs partis des armures et armes. Bien sûr, ils étaient tous au niveau 5 et j’avais beaucoup d’autres compétences de combat. La seule que je n’avais pas pu trouver était la compétence pour apprendre d’autres langues que le draconien d’Albeyater. Il est fort probable que quelqu’un d’autre l’avait appris, alors je n’ai obtenu qu’une compétence de troisième ordre qui me permettait d’apprendre les langues plus rapidement, mais pas incroyablement vite.

J’avais aussi beaucoup de points en stock. J’avais les compétences les plus importantes : le combat rapproché, le combat à distance, le combat magique, l’artisanat, la collecte, le stockage d’objet et une capacité pour traquer. Le stockage étant l’une des premières que j’avais obtenues. J’en avais désespérément besoin. Après tout, ma bague de stockage commençait à se remplir et je ne savais pas comment en créer une.

Bien que cette compétence soit pratique, chaque utilisation consommait de la magie, allant de 10 de magie à 100 si je sortais un laboratoire d’alchimie. La bague en revanche ne consommait pas de magie à l’utilisation. Je n’avais qu’à la recharger de temps en temps, tandis que ma capacité mangeait ma magie comme un mouton affamé.

En parlant de cela, l’armure que je portais actuellement était probablement à la hauteur de celle que Seryanna utilisait, si ce n’est pas mieux. C’était l’une de mes plus faibles cependant. Si je portais ma dernière armure de combat, c’était un monstre…

En ce qui concerne les armes, je portais une épée courte et une longue. En forme de demi-bête, elles étaient équivalentes à un poignard et une épée courte. Les enchanter les avait rendus incroyablement durables et impossibles à voler. Elles pouvaient aussi amplifier les éléments et me permettre de lancer un sort en pointant mon épée sur ma cible. L’épée longue avait été spécialement conçue pour donner une amélioration physique et son tranchant, tandis que l’épée courte servait davantage à lancer des sorts.

En d’autres termes, la plus grande était destinée au combat de mêlée, alors que la plus courte au combat à distance.

Je n’avais d’arc.

« Le palais devrait être… par là ! » avais-je dit en pointant à gauche en marchant.

Ainsi, j’avais atteint le mur extérieur.

« C’était de l’autre côté, n’est-ce pas ? » m’étais-je déclaré en poussant un soupir.

Quand je n’utilisais pas ma chance, j’avais tendance à me perdre… assez souvent.

Je n’avais jamais eu ce genre de problèmes quand j’étais humain, mais mes sens s’étaient améliorés. Comme Kataryna l’avait dit, je voyais le monde différemment, ou plutôt… je le voyais plus clairement. Les inquiétudes et les peurs que je gardais dans mon cœur semblaient avoir toutes disparu. Ce n’était pas un excès de confiance, mais le simple fait de ne plus prendre ces choses à cœur en les laissant avancer.

***

Partie 2

C’était un vrai éveil supérieur, tout comme Kataryna, et pour être honnête, je l’avais atteint bien avant le niveau 1000. En parlant de cela, dès que j’étais devenu un demi-dragon, mon niveau était retombé à 1, mais j’avais gardé mes compétences.

Cela m’avait tellement surpris que j’avais perdu une journée entière à regarder mon statut et à me demander si je n’avais pas mangé un champignon toxique me faisant voir des choses.

Mes statistiques de base étaient bien plus élevées que lorsque j’étais un humain de niveau 1. Ma force seule était de 300, donc dans l’ensemble, j’étais bien plus fort que lorsque j’étais arrivé pour la première fois dans la forêt.

Par la suite, j’étais entré dans un mode qui ne pourrait être appelé que farm d’un « hack and slash ». Tout ce que je faisais était de monter de niveau, d’améliorer mes compétences, de manger et de dormir.

Après avoir fait un souhait, il ne me fallut pas longtemps pour atteindre la rue principale, mais même à l’intérieur de la grande capitale, l’air avait vraiment changé. C’était lourd et tout le monde se regardait avec prudence. Le nombre de membres de l’armée de Brekkar était également élevé. Leurs armures et bouliers arboraient l’emblème de cette armée : deux épées croisées au-dessus d’une rivière.

Curieux à ce sujet, je m’étais approché d’un magasin à proximité pour acheter quelque chose. J’avais payé avec certaines des pièces que Kataryna m’avait données 9 mois plus tôt. La dette que j’avais accumulée envers ce dragon n’était pas petite…

« Hé, as-tu la moindre idée de ce qui se passe avec tous ces soldats ces derniers temps ? » avais-je demandé avec désinvolture alors que je nettoyais une des pommes que j’avais achetées. « Oh, c’est délicieux ! » déclarai-je en une remarque.

« N’est-ce pas ? Mes pommes sont cultivées avec la meilleure magie ! Elles sont garanties sans problème et sont délicieuses ! » Se vantait le vendeur.

Est-ce qu’il ignore ma question ? Me demandai-je en prenant une seconde bouchée.

« Monsieur, vous êtes nouveau en ville, n’est-ce pas ? » Demanda-t-il après un moment.

« Mhm ! Je suis arrivé ici il y a peu dans l’espoir d’être accepté par la Guilde des Aventuriers, » répondis-je avec un sourire.

« Vraiment ? Cependant, n’êtes-vous pas un peu trop jeune pour ça ? » Demanda-t-il avec un sourire ironique.

« Non, monsieur. Père a dit qu’il est préférable de commencer jeune pour bien se familiariser avant mon éveil ! » Je lui avais fait un sourire enfantin après avoir menti.

« Ah, est-ce le cas ? Vrai, vrai. » Le vendeur croisa les bras sur sa poitrine et hocha la tête.

« À propos de ma question précédente..., » lui avais-je demandé.

« Eh bien, je n’en sais pas grand-chose moi-même, mais apparemment, ce nouveau dragon, qui sera le général de l’armée de Brekkar, a déjà pris les choses en main et a commencé à la réorganiser. Beaucoup de gars que j’ai vus aujourd’hui voulaient en faire partie, mais avec tout le respect que je leur dois, ils ressemblaient juste à des voyous. » Il secoua la tête.

« Donc, c’est mauvais ? » Demandai-je.

« Non, pas exactement… bien, cela dépend de ce que le nouveau général fera une fois officiellement responsable, mais pour le moment, les gens se méfient un peu de ses troupes. Ils ne sont pas les meilleurs. J’ai même entendu dire que certains individus avaient commis des crimes comme des viols et des vols, mais ils n’ont jamais été punis pour cela. » Il laissa échapper un profond soupir.

« Comment ça peut être le cas ? N’est-ce pas une mauvaise chose de ne rien faire ? Qu’est-ce que le palais fait à ce sujet ? » demandai-je en prenant une autre bouchée.

« Rien... » Il haussa les épaules. « Les officiels répètent qu’il faut s’attendre à ce qu’un ou deux soldats disparaissent. Eh bien, les seuls qui font quelque chose à ce sujet sont ces trois sous la Troisième Princesse. » Il acquiesça.

« Ces trois ? » demandai-je avec curiosité.

« Sire Kataryna Georg, Sire Seryanna Draketerus, Sire Thaaraer… Thrakea… Ahem! La sœur de Sire Seryanna, » déclara-t-il.

« Qu’est-ce qu’elles ont fait ou font exactement ? »

« Eh bien, ce sont les seules à ne pas craindre de briser quelques os ou d’en tuer quelques-uns. Dernièrement, quand elles marchent dans la rue, les soldats crachent sur leur chemin. Elles les ont effrayés et il y a une rumeur qui circule que si ce n’est pas un ordre de la Troisième Princesse ou du Roi, il est peu probable qu’elles l’écoutent, ce qui est une bonne chose pour nous, les gens du peuple. » Il acquiesça.

« Vraiment ? Elles le font vraiment, hein ? Bon… on devrait bien s’attendre à ça de ses deux, mais même Kléo ? » Me murmurai-je.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda l’homme puisqu’il ne m’avait pas entendu.

« Rien ! Je me parlais juste, mais merci pour l’information et les délicieuses pommes ! » J’avais souri et étais parti.

« De rien ! Vous êtes le bienvenu ! »

J’avais jeté les pommes restantes dans ma bague de stockage et j’avais sorti de la viande séchée cuite et assaisonnée. Cuisiner était quelque chose que j’avais appris tout seul. Je ne voulais pas perdre de points dans quelque chose comme ça.

Maintenant, il était temps de me diriger vers le palais, mais juste au moment où j’allais prendre un virage, deux soldats m’avaient bloqué. Ils souriaient et me regardaient. L’un d’eux avait des écailles vertes l’autre bleu. Les deux étaient dans leurs formes anthropomorphes.

« Toi ! Es-tu nouveau en ville ? » Demanda celui de droite, ce qui attira les regards des personnes présentes autour de nous.

« Euh, en quelque sorte… » Je haussai les épaules.

« Montre-nous ta plaque d’identification. » Demanda-t-il.

J’avais plissé les sourcils.

« Une quoi, maintenant ? »

« Oh ? Tu n’en as pas ? Alors, es-tu quelqu’un qui s’est faufilé à l’intérieur ? » m’avait-il demandé.

« Oui. » Je haussai les épaules.

« Quoi ? » Il cligna des yeux surpris.

Je suppose qu’ils ne s’attendaient pas à ce que je sois si direct.

« Oi! Oi! Es-tu sérieux ? » Demanda l’autre.

« Je n’en ai pas besoin. » Je haussai les épaules.

« Qu’est-ce que tu veux dire, tu n’en as pas besoin ? Hein ? Tu te moques de nous ? » Demanda le bleu en dégainant son épée.

« Il se moque vraiment de nous ! Il n’a pas de plaque d’identification, alors nous devons le démonter maintenant, n’est-ce pas ? » Sourit-il.

« Garçon ! Ne sois pas arrogant avec nous ! » Il avait essayé de saisir le cou.

J’avais attrapé sa main et puis… je l’avais cassé.

Le bruit avait fait taire tout le monde autour de moi.

« AAARGH! MA MAIN ! » Cria-t-il.

« C’est fini ! Tu vas morfler ! » L’autre me menaça légèrement et tenta de me frapper avec son épée.

Je l’avais arrêté à deux doigts, puis j’avais pris l’épée de sa main.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Un cure-dent ? » demandai-je en la brisant en deux.

Le dragon était devenu pâle.

« Hm… sais-tu voler ? » demandai-je avec un sourire innocent.

Il déglutit. « Non… je n’ai pas d’ailes... » Fit-il remarquer.

« Fais-en pousser. » Je souris. Puis je l’avais saisi par le cou et je l’avais jeté en l’air.

« GYAAAA! » Cria-t-il avant d’atterrir quelque part hors de la ville.

« S’il te plaît ! Je suis désolé ! J’abandonne ! » supplia l’autre soldat en essayant de courir.

« Tu dois aussi voler ! » J’avais souri puis je l’avais saisi par la queue pour le lancer dans la même direction que son ami.

Ce gars avait des ailes, alors peut-être qu’il n’allait pas se blesser lourdement. Ils avaient tous les deux dépassé le niveau 100, alors il était peu probable qu’il meurt de la chute, mais je ne pouvais pas garantir qu’ils n’aient aucun os cassé.

« Eh bien, c’était pour sortir les poubelles ! » déclarai-je avec un sourire alors que je me dirigeais vers le palais.

Ce serait un mensonge de dire que je ne souhaitais pas qu’un tel événement stéréotypé se produise. J’avais pratiquement prié pour que de la chair à canon apparaisse, mais c’était amusant.

Il était midi passé et la flèche me dirigeait vers le château. La raison pour laquelle je ne suivais pas cela était à cause du désordre complexe des routes ici. En outre, la flèche ne me dirigeait pas vers l’entrée de l’enceinte du palais. Si je la suivais, j’atteindrais le mur ou une impasse.

Pendant que je me rendais là-bas, le roi était probablement en train de gérer sa part du marché et de rassembler tout le monde là-bas en ce moment même. La réunion allait être amusante et j’espérais que mon jeu serait agréable pour lui et Kataryna. J’étais aussi à 100 % sûr que Seryanna allait soit me gronder après, soit me traîner dans sa chambre.

***

***Point de vue de Feryumstark***

À midi, j’avais réuni les nobles de mon royaume dans la salle du trône pour une annonce spéciale. Le fils du duc de Doesya était également présent avec son père. Il y avait plusieurs barons et marquis de la périphérie du royaume, en particulier autour du Champ de Bataille qui appartenait à Brekkar. Ma troisième fille, Elleyzabelle, était également présente avec ses assistantes, Seryanna Draketerus, Kataryna Georg et Thraherkleyoseya Draketerus. Brekkar était également présent, debout à ma droite, vêtu de sa vieille armure et toujours aussi vif.

Nombre d’entre eux se demandaient pourquoi un vieux général comme lui était présent à cette réunion et pourquoi il avait l’air de ne pas avoir été touché par la maladie, seulement par son âge. Je connaissais la réponse à cette question, mais jusqu’à présent, je n’avais pas encore parlé avec lui de l’affaire d’Alkelios.

Apparemment, son apprenti, l’ancien paladin Iolaus von Striggnyark, était également présent. Le garçon m’avait fait comprendre pourquoi il avait quitté son poste, mais vu qu’il était le fiancé de la petite-fille à écailles noires de Brekkar, j’avais l’impression qu’Alkelios était également derrière cela.

Les deux petits enfants de ce dragon étaient faits pour la grandeur et n’étaient pas non plus du genre à paraître faibles. Je pourrais parier mes écailles qu’elles étaient assez fortes pour être commandantes sur un champ de bataille.

« Pè… votre majesté, vous sentez-vous bien ? » Mon fils, Elovius me demanda.

Il s’était presque trompé.

Je hochais la tête.

Le garçon était toujours inquiet pour moi et sa mère. Depuis l’empoisonnement d’Elliessara, il avait fait preuve d’un caractère remarquablement fort ainsi que d’un comportement rigide et strict lui permettant de cacher toute faiblesse et tout défaut éventuel. Il gardait sa façade en tout temps, parce qu’il était le plus inquiet pour nous.

« Je me demande quel est le problème, » demanda Kataryna en poussant un soupir ennuyé.

Celle-ci était quelqu’un de dangereux. Elle quitterait cet endroit si elle sentait que ça n’importait pas pour elle, alors je lui jetai un regard et lui fit un sourire narquois.

La dragonne cligna des yeux, surprise, puis sourit en retour.

« Peut-être que je vais rester encore un peu, » déclara-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

Parmi ceux comme nous, il n’y avait pas besoin de mots pour exprimer nos intentions.

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre Alkelios… Je me demande ce qu’il va nous montrer. J’avais réfléchi à ça puis j’avais dirigé mon regard vers les portes en face de moi.

***

Chapitre 54 : Que le jeu commence

***Point de vue d’Alkelios***

J’étais arrivé aux portes du palais tout en mangeant calmement ma pomme. Au lieu de voir les deux dragons habituels, il y en avait six. Ils avaient tous l’air plutôt féroces et portaient de puissantes armures. En guise d’armes, deux d’entre eux portaient des lances et des boucliers, les autres des épées et boucliers. C’était une combinaison intéressante, mais j’aurais aussi ajouté une paire d’archers derrière les portes. De cette façon, l’ennemi aurait besoin d’esquiver les flèches en veillant à ne pas se faire empaler ou couper.

« Salut ! » Dis-je avec une expression joyeuse sur le visage.

Ils avaient répondu avec un regard noir.

« Arrête-toi là ! Qui es-tu ? » Demanda l’un d’eux.

« Avoir ? » J’avais cligné des yeux surpris quand j’entendis le mauvais verbe.

« Qui es-tu ? » demanda-t-il à nouveau.

« JE SUIS un humain… ou l’étais. En quelque sorte, je ne suis ni un humain ni un dragon pour le moment. Mais encore une fois, peut-on vraiment dire qui l’on est alors que les mystères de l’univers n’ont pas été découverts et que les merveilles des dieux bénissent encore notre monde ? » J’avais répondu en toute honnêteté avec une absurdité.

« Hein ? Humain ? À Drakaria ? » déclara-t-il en regardant son collègue, ils éclatèrent tous de rire.

« Ne plaisante pas, garçon ! Éloigne-toi d’ici, sinon nous devrons faire quelque chose ! » Celui à la lance me menaça.

Hm, depuis quand les gardes du palais sont-ils aussi idiots ? me demandais-je tout en les regardant.

Ceux d’il y a neuf mois étaient un peu plus stricts et prudents, à la fois avec leurs mots, mais aussi leur comportement, mais ces gars-là, par contre, étaient pleins d’ouvertures et me rappelaient les soldats débiles de l’armée de Brekkar.

Est-il possible… ? Hm, je me le demande ? avais-je pensé avant de leur demander. « Êtes-vous directement sous les ordres de cet idiot Draejan ? »

« Oui. Hein ? Attends ! Tu viens d’appeler notre chef un idiot ? » répondit l’un d’eux en remarquant mon insulte.

« Nous ne pouvons pas te laisser comme ça après avoir insulté le fils du duc, » déclara un autre alors qu’il dégainait son épée.

Ils prirent tous une posture agressive, oubliant apparemment le fait qu’ils étaient des gardes ici qui ne devaient répondre à aucune insulte ou provocation.

« Imbéciles..., » déclarai-je en secouant la tête.

Celui avec la lance fut le premier à attaquer. Je pouvais voir tous leurs mouvements au ralenti parce que j’avais la capacité de réagir beaucoup plus rapidement qu’eux. Ma vitesse n’était pas une blague.

Attrapant la lance avec ma main gauche, je tirai puis poussai, la retirant de ses mains. Avec celle-ci, j’avais donné un coup à gauche et en avais frappé deux. La lance s’était brisée, mais j’avais utilisé ce qu’il restait comme projectile pour poignarder l’autre lancier à la jambe. J’avais évité le coup d’épée et j’avais bloqué avec mon gant, celui venant de l’autre côté. En frappant le sol, j’avais sauté en avant et j’avais attaqué le dragon sans arme que j’avais envoyé contre le mur. Saisissant son bouclier, je l’avais ensuite jeté à l’épéiste à gauche et couru vers l’autre à droite. Mon lancer avait été efficace et lui avait caché la lumière du jour. Quant au dernier, il m’avait vu venir et avait essayé de se défendre avec le bouclier, mais je l’avais frappé en plein milieu. La force derrière mon coup n’était pas à prendre à la légère, et il avait été envoyé dans la rue avec son bouclier brisé.

« Faible..., » murmurai-je.

En enlevant la poussière de mon armure, j’étais entré dans le palais comme si j’y rentrais après une longue absence, calme et détendue. Pendant ce temps, les témoins de la bataille précédente ne pouvaient en croire leurs yeux. C’était normal. Après tout, selon leurs critères, les gardes étaient forts, peut-être proches du rang Empereur si on les comparait au rang d’aventurier, mais j’avais la force d’un éveillé supérieur. C’était une blague d’envisager la possibilité qu’ils me portent un coup et encore plus de me vaincre.

Dès que j’avais franchi les portes, j’avais été accueilli par un groupe de dix gardes du palais. L’alarme d’intrusion devait avoir retenti à la suite au vacarme à la porte. Eh bien, ce n’était pas comme si cela importait. Entrer après que Draejan m’ait banni était tout à fait impossible à moins d’y aller furtivement ou avec de la force brute. J’avais choisi ce dernier parce que c’était plus amusant et aussi plus bruyant.

« Bien ! Encore plus de chair à canon ! » avais-je dit avec une acclamation alors que je craquais mes doigts.

Les gardes m’approchaient avec l’intention de me tuer sur place, mais cela ne se produirait pas.

Avec un sourire, je m’étais précipité vers eux et j’avais commencé mon massacre. Bien sûr, je m’étais assuré de ne pas les tuer, juste de casser quelques bras et jambes, de leur donner un bon bleu pour qu’ils se souviennent de moi.

En ce qui concerne l’armure, bien que la mienne ressemble à une cotte de mailles avec du cuir dur, elle était beaucoup plus robuste et puissante qu’il n’y paraissait. De leur côté, les leurs semblaient meilleures visuellement, mais leurs enchantements n’étaient pas au même niveau. Pony Power avait un nom étrange, mais c’était l’équivalent de Barman pour l’alchimie, la compétence ultime d’artisanat pour ce métier spécifique.

Mon entrée dans la salle du trône allait être GRANDIOSE !

 

***

***Point de vue de Feryumstark***

Ce jour-là, assis sur mon trône, j’avais vu les dinosaures s’habiller en nobles alors qu’ils murmuraient entre eux sur ce qui allait arriver. Quel genre de décret devais-je donner ou à qui m’adresser ? Tellement de personnes s’étaient rassemblées qu’il était donc clair que j’avais une annonce importante à faire.

Certains de ces imbéciles croyaient même que j’étais ici parce que ma femme bien aimée avait finalement succombé aux effets du poison dans son système. Peu savaient que c’était loin de là.

D’un autre côté, même mes propres enfants semblaient être inquiets. Peu importe comment elle essayait de le cacher, Elleyzabelle ne pourrait jamais cacher de telles choses à son père. Quant à Elovius, il était raide comme un nain pris en train de parler de l’importance de la forêt avec un elfe. Seuls ces deux-là étaient présents aujourd’hui, les autres avaient d’autres problèmes à régler.

Parmi les serviteurs apportés par les nobles, j’avais remarqué plusieurs d’entre eux qui avaient fait de fortes impressions lors de la dernière guerre. Parmi eux, j’avais aussi vu la chevalière de ma fille, Seryanna. Elle était devenue une belle dragonne à écailles rouges et elle faisait partie des rares personnes à ne montrer ni peur ni inquiétude. À ses côtés se trouvait Thraherkleyoseya, la farceuse toujours énergique louée par mon dernier fils, Coshun, comme étant quelqu’un ayant un grand potentiel guerrier et politique. Kataryna était curieuse et peut-être un peu impatiente, mais c’était ainsi qu’était les éveillés supérieurs.

Elleyzabelle était la seule ayant amené ses trois serviteurs. Kataryna n’était pas quelqu’un qui pouvait être arrêté et je souhaitais également voir les deux petites filles de Brekkar. En parlant de cela, ce vieil imbécile se tenait à ma gauche, juste à côté d’Elovius. Il avait également amené un serviteur, son jeune apprenti Iolaus. Je n’avais jamais eu l’occasion de parler avec ce vieux dragon depuis le jour où il était parti pour Tomeron, mais si les choses se passaient bien aujourd’hui, je comptais l’inviter à prendre un verre.

En regardant à ma droite, je vis Draejan et son disciple à la capuche noire, qui se tenaient dans le fond, à côté des gardes. Il ne faisait pas partie des personnes ayant un statut noble dans ce royaume, roturier au mieux, il ne lui était pas permis de s’approcher à une certaine distance de moi. Il en avait été de même pour tous les autres qui étaient serviteurs de membres de la noblesse sans être nobles.

Personne n’était autorisé dans un rayon de trois mètres autour de mon trône, à l’exception de ceux que j’appelais. En face de moi, la noblesse était stratégiquement placée des deux côtés, à gauche et à droite, tandis que tous les membres du personnel sans rang de noblesse se trouvaient à l’arrière.

J’avais ordonné qu’il en soit ainsi à la fois pour induire certaines personnes en erreur et afin de disposer d’un bras puissant des deux côtés par l’intermédiaire de Kataryna et de Brekkar. Une fois que les déchets essayeraient de s’enfuir, j’allais vite les attraper par le cou et les écraser complètement.

Pourtant, un étranger oserait demander : pourquoi ces serviteurs seraient-ils ici en premier lieu ? Eh bien, c’est parce qu’un noble convoqué devant moi était autorisé à en amener un avec lui. Si par hasard je l’exécutais, le dragon qu’il avait amené était censé ramener leurs restes sans âme à leur famille et annoncer mon décret. D’autre part, si je devais les promouvoir ou le féliciter de quelque manière que ce soit, il pourrait leur ordonner de retourner dans leur fief et annoncer ce grand honneur.

Malheureusement, ces jours-ci, la plupart d’entre eux n’étaient que des porte-bagages. J’avais parfois pitié de ces pauvres types.

Cependant, aujourd’hui, cela ne serait ni un jour de promotion ni de rétrogradation. Ce serait une journée de… cueillette.

« Votre Majesté ! Nous avons un intrus ! » Un garde entra dans la pièce et annonça cela.

Tout le monde avait immédiatement commencé à s’inquiéter et avait regardé autour d’eux sans cesse. Des mots d’assassinat et tout le reste avaient commencé à être entendus dans toute la pièce.

« SILENCE ! » J’avais rugi.

Ils se turent une fois de plus et déglutirent en me regardant.

« Votre Majesté, nous devons faire quelque chose. » Un des nobles les plus maigres avait osé demander.

Je lui avais jeté un regard meurtrier, et il avait reculé.

« Si qui que ce soit ose bouger, je lui arracherai la tête. » Je les avais avertis alors que je fermais les yeux et me penchais sur mon trône.

Les plus faibles déglutirent, tandis que les plus forts se crispèrent. Kataryna essayait de retenir un fou rire, alors je l’avais ignorée. Le seul parmi eux ayant une réaction différente était Brekkar. Il laissa échapper un soupir et secoua la tête. Même lui ne savait pas pourquoi il était convoqué, mais il savait que ça ne servait à rien de me demander.

Ainsi, nous avions attendu…

Peu de temps après, les portes s’ouvrirent et deux gardes royaux volèrent dans les airs, tombèrent par terre et roulèrent plusieurs fois jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent. On pouvait entendre des gémissements de douleur et nous avions tous regardé les portes.

« Pardon ! Pardon ! Est-ce que je suis en retard pour la fête ? » Demanda Alkelios avec un sourire éclatant alors qu’il entrait dans la salle d’audience, tirant un garde gémissant par la nuque.

Au moment où je l’avais vu, j’avais su qu’il avait changé. L’air autour de lui était différent. La faiblesse à l’intérieur de lui avait disparu. Cet homme n’était pas du genre à s’amuser, et mon instinct me disait qu’il était dangereux.

Il ne plaisantait pas quand il a dit qu’il reviendrait plus fort que jamais… mais à quel point es-tu puissant, Alkelios ? J’avais réfléchi puis j’avais laissé apparaître un petit sourire narquois sur mes lèvres, mais seulement pendant une fraction de seconde.

Pour dire vrai, je voulais me battre avec lui maintenant… un combat sanglant à travers lequel je pourrais tester ses limites.

« Qui es-tu ?! Comment oses-tu entrer dans cette salle ! » Cria un noble.

Je crois que c’était un marquis du sud.

« Hm ? Je suis Alkelios Yatagai, ancien humain. Voilà, un cadeau. » Il se présenta puis jeta le garde qu’il traînait.

« AAAh ! » Les deux dragons crièrent avant de se heurter et de tomber au sol.

Se frottant les mains, il s’était approché de moi à travers la foule de nobles et serviteurs, indifférent aux personnes qui lui jetaient des regards noirs ou qui avaient leurs mains sur la poignée de leurs épées.

« Votre Majesté, permettez-moi de tuer cette peste. On dirait qu’il n’a pas retenu la leçon de la dernière fois, » déclara Draejan qui commençait à prendre son épée.

« Je pensais avoir dit de tous vous taire, » je lui jetai un regard noir.

Le dragon avait tressailli et avait dégluti.

En regardant Alkelios, je l’avais observé s’arrêter à environ cinq mètres de moi. Un seul pas était nécessaire pour me rejoindre.

« En effet, j’ai quelques affaires en suspens avec cet idiot là-bas, mais pour l’instant, j’ai des tâches bien plus importantes à régler. Alors, Mesdames et Messieurs, si je peux attirer votre attention, s’il vous plaît ! » Cria-t-il.

Les nobles qui ne pouvaient pas sentir sa force se moquèrent et le prirent pour un imbécile bientôt mort. Dans notre société, il avait commis plusieurs péchés en arrivant ici. Parmi tous, rompre sa promesse de duel était le pire. Mais tout cela était également conforme à son plan… après tout, j’avais besoin de certaines conditions pour pouvoir le pardonner et pour que les nobles les plus influents de ce royaume l’acceptent, et il savait ce qu’il fallait pour rendre cela… aussi réel que possible.

« Vous regardez tous ? Bien ! » Il avait souri puis se tourna vers moi.

« Quel est le sens de cette… blague ? » demandai-je avec un grognement.

« Oh, comme c’est effrayant ! Le grand dragon va me mordre ? » Il avait ri.

Insulter le plus haut rang de la royauté d’un pays était un geste insensé, mais c’était pour le mieux. Tandis que les nobles vomissaient des jurons, la queue de Kataryna remuait, révélant son excitation.

« Cet homme est fou ! Que quelqu’un le décapite et le fasse sortir immédiatement ! » déclara l’un baron de l’est.

« Hm ? Vraiment ? Mais je ne suis pas encore à la bonne partie, Kataryna, est-ce que tu vas laisser ça arriver ? » demanda-t-il avant de faire un clin d’œil à la dragonne.

C’était la première fois depuis des siècles que je voyais rougir cette dragonne gelée. Je pensais un instant voir des choses.

« Huhuhu ! Si quelqu’un ose le toucher, je l’embroche ! » Grogna-t-elle.

En regardant autour de moi, je vis que Brekkar souriait jusqu’aux oreilles, Iolaus soupirait et secouait la tête comme s’il voyait quelque chose d’impossible, Seryanna souriait avec ses joues devenues roses et Kléo souriait.

Ils savaient que cela faisait partie de ce retour, mais tout le monde n’était pas au courant de ce jeu, surtout Kataryna.

« Merci ! » déclara Alkelios.

Il se retourna et me regarda droit dans les yeux.

« Maintenant ! Je crois que nous avons quelque chose à nous dire ! Mais d’abord, laissez-moi prendre un selfie ! » Sourit-il.

« Un quoi ? » Demandèrent plusieurs dragons.

L’homme à la capuche noire amené par Draejan fut le seul à réagir en levant la tête. J’avais pris connaissance de cela.

« Soupir. Ça ne fait rien. La blague est trop nouvelle pour vous, mais enfin, comme je le disais. Avant de commencer à parler, je veux m’assurer que Votre Majesté ne fera pas une bêtise, » avait-il déclaré.

« Hm. Qui sait ? » Je haussai les épaules.

« Bien ! Voici ma garantie de ne pas me faire attaquer ! » déclara Alkelios avant de lever la main. « Itsy Itsy BOOM ! »

Au-dessus de sa main, une grande sphère rouge semblable à du magma était apparue. Elle faisait trois mètres de diamètre et m’avait même donné des frissons. Cette chose était sans aucun doute… dangereuse.

Je pensais qu’il plaisantait quand il m’a dit à quel point cette magie était puissante…, pensais-je.

« Maintenant, je n’ai pas encore lancé cette attaque, mais elle peut facilement faire disparaître toute la ville et empoisonner la région, rendant cette terre invivable pour quoi que ce soit pendant plusieurs siècles. Vous ne pouvez pas voir le poison. Vous ne pouvez pas le détecter avec vos connaissances. Vous ne pouvez rien faire à ce sujet. Si vous êtes frappé par elle et si vous survivez, vos futurs descendants auront d’horribles mutations. Ce n’est pas une blague. Ce n’est pas un exercice. Brekkar et Kataryna peuvent le confirmer pour vous, Votre Majesté, si je blague ou non, » nous avait-il dit.

Je savais déjà que ce n’était pas une blague. Je savais que c’était réel. Même moi, j’avais dégluti en voyant cette magie.

« Il dit la vérité… une vérité froide et effrayante..., » déclara — Kataryna avec un sourire narquois.

« En effet. » Brekkar hocha la tête et croisa les bras sur sa poitrine.

À ce stade, cela ne pourrait être considéré que comme une attaque directe contre la royauté. Même s’il se retirait maintenant, je serais obligé d’envoyer l’armée entière après lui et de le tuer. J’imagine que c’était la raison pour laquelle Draejan souriait… Il prévoyait ce résultat. Heureusement, il n’avait pas toutes les pièces du puzzle dont il avait besoin pour faire une vraie prévision. Comme tous les nobles ici présents, ils pensaient qu’Alkelios n’était qu’un fou sans aucune chance de s’échapper ou de survivre après ça.

« Maintenant, je vais dire ce que vous ne pouvez pas faire. Tout d’abord, si vous m’attaquez physiquement, magiquement, ou avec des sorts mentaux, je vais faire exploser ce sort. Si vous m’énervez, je le fais exploser. Si vous essayez d’agir vicieusement ou personnellement, je vais faire exploser ce sort. Si vous mentez, il explosera. Si vous essayez de me tuer ou même réussissez à me tuer, ce sort explosera. Si vous essayez de bloquer ce sort dans une sorte de bouclier, il explosera avant d’être bloqué. Si tel est le cas, tout le monde dans ce château et ses environs immédiats sera littéralement transformé en poussière. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? » demanda Alkelios en plissant les yeux.

J’avais hoché la tête. « Oui. J’ordonne par la présente à toutes les personnes présentes de ne pas lever un seul doigt contre cet homme pour le moment. »

C’est triste de le dire, mais cette démonstration de puissance brute et impitoyable est le meilleur moyen de communiquer avec les nobles idiots coincés qui mentent un peu trop souvent, ou qui essayent de tricher ou de prendre avantage sur les autres. Parfois, pour gagner le respect, vous deviez d’abord les frapper au visage jusqu’à ce qu’ils acceptent. Ce n’est qu’alors qu’ils pourraient vous reconnaître de ne pas oser agir bêtement. Je pensais que lorsque je me souvenais de ma jeunesse, j’avais l’habitude de faire des choses similairement imprudentes…

Il était malheureux que nous ne puissions pas régler les choses avec des mots, mais il y avait trop d’idiots autour du trône et trop de personnes qui refuseraient de le reconnaître. Des années de négligence de la couronne feraient de même pour n’importe quel roi ou empereur, peu importe, sa puissance.

Du bon côté des choses, une fois que cela sera terminé, les pays voisins auraient quelque chose de plus à craindre autre que ma faiblesse inexistante.

***

Chapitre 55 : Neuf mois plus tôt

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Je me tenais actuellement au milieu de la salle du trône du royaume d’Albeyater, tenant une bombe nucléaire au-dessus de ma tête et menaçant d’éliminer toute la capitale aux côtés de ma fiancée et mes amis.

Est-ce que j’étais fou ?

C’était une façon douce de le dire.

Toute cette mascarade avait commencé quand j’avais rencontré le dragon assis sur le trône devant moi pour la première fois neuf mois plus tôt.

Feryumstark Seyendraugher était un homme imposant à bien des égards. Il était un dirigeant juste avec une poigne de fer sur tous ceux pensant aller contre lui, mais ces derniers temps, il était un peu en retrait. La raison principale était son épouse, Elliessara, qui avait été empoisonnée 38 ans plus tôt par un « ambassadeur » humain.

Normalement, on pourrait penser que sa colère contre mon espèce aurait atteint des sommets insurmontables, mais ce n’était pas le cas comme je l’avais appris.

Juste en étant assis devant lui, je m’étais remémoré cette nuit-là…

***

[Neufs mois plus tôt]

Je me tenais devant le roi du royaume d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher, et derrière lui se trouvait sa bien aimée femme malade.

Le dragon lisait les lettres qu’il avait reçues de Brekkar et de sa petite fille Elleyzabelle. Pendant ce temps, j’attendais à la fenêtre, priant dans ma tête de ne pas me faire tuer. J’avais peur, une peur mortelle parce que ce dragon dépassait de loin mon imagination. Il n’était pas seulement puissant, il était en fait un vrai monstre doté d’une force insondable. Pour être honnête, je ne pouvais même pas imaginer Kataryna gagnée contre lui, et ce dragon n’était pas encore apparu dans un combat.

En même temps, moi, un héros humain, me tenais devant lui, attendant…

« Elles sont authentiques, » déclara-t-il en se calmant un peu.

La soif de sang dans l’air s’estompa et je pouvais sentir mon corps commencer à se détendre.

« Je sais… mais ça n’en restait pas moins effrayant, » m’étais-je plaint.

« Mes excuses. Le dernier humain en qui j’ai eu confiance… n’a pas été très honnête. » En disant cela, il se retourna et regarda sa femme endormie.

« Pour être honnête, il est sage d’agir ainsi, peu importe l’espèce. » Je lui fis un sourire ironique.

« C’est vrai. La lettre de Brekkar parle de quelque chose d’intéressant… Vous n’êtes pas ce monde, semble-t-il ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« Ah oui. Voulez-vous entendre mon histoire ? Cela prendra peut-être un peu de temps. » Je souris.

« J’aimerai beaucoup. Asseyez-vous. Je vais aller dire aux servantes de nous apporter une collation et du thé. » Il désigna une chaise à côté de moi.

« J’apprécie, merci. » Je hochai la tête en souriant.

« Honnêtement… j’aime ça. » Il sourit.

Ses mots m’avaient un peu dérouté.

Après que je me sois assis, le roi se dirigea vers la porte et, sans l’ouvrir ordonna au serviteur de l’autre côté de nous apporter du thé et des collations. Lorsqu’il entendit la confirmation, Feryumstark s’approcha de moi et tira une chaise sur laquelle il s’assit.

« Alors, par où devrais-je commencer ? Ah oui ! La Terre ! » déclarai-je avec un sourire.

J’avais alors commencé à lui dire comment j’étais arrivé dans ce monde. J’avais aussi dit comment j’avais rencontré Seryanna, Kléo, Brekkar, puis Kataryna et Iolaus. Je lui avais raconté comment j’avais rencontré le marchand à Tors et même comment j’avais fini par rencontrer Draejan. Je n’avais pas oublié de lui parler de l’événement à Pertiko et de la façon dont j’avais rencontré un autre terrien, mais j’avais laissé tous les détails précis de côté. D’une manière ou d’une autre, je doutais qu’il veuille savoir à quel point il était bon d’embrasser Seryanna.

Pour le dire franchement, je ne lui avais dit que la vérité et pas un seul mensonge.

Certains pourraient dire que c’était une chose stupide à faire. Même moi je l’aurais dit. L’information dans ce monde pourrait faire la différence entre la vie et la mort, cependant, étais-je vraiment dans une telle position où je pouvais cacher des choses ? J’étais devant le plus puissant dragon du royaume d’Albeyater, dont l’épouse avait été empoisonnée par un humain. Si je voulais même avoir une chance de recevoir de l’aide de sa part ou de prouver que j’étais de son côté, je devais lui dire la vérité, toute la vérité.

« Et puis j’ai finalement décidé que je passais assez de temps à attendre. J’ai écarté tous mes soucis et mes peurs, je me suis glissé dans le palais et suis allé rencontrer Seryanna. Après une conversation, je le lui ai proposé. C’était il y a plusieurs heures. Juste après avoir quitté sa chambre, je suis venu ici. » Je hochais la tête alors que je finissais mon récit.

« Alors, c’est son odeur qui s’attarde sur vous. » Il sourit.

« Tout à fait. » Je hochai la tête.

« Que pensez-vous de la possibilité d’épouser une dragonne ? » Me demanda-t-il.

« Pour être honnête, je me sens très excité et heureux. J’aime Seryanna, c’est pourquoi je veux rester à ses côtés aussi longtemps que je serai en vie. » Je hochai la tête.

« Et si les héros humains ou les rois de ce monde vous demandent de la trahir ? » Il plissa les yeux.

« Ensuite, j’espère qu’ils se sont déjà réservé une place dans le cimetière, car il n’y a aucun moyen que je puisse faire ça ! Je préfère devenir un traître envers l’humanité et embrasser la femme de ma vie que de la perdre et de gagner des points avec un roi inconnu ou un héros. » J’avais serré le poing et, sans le savoir, libéré un peu de mon intention meurtrière.

Quand j’avais réalisé cela, je m’étais calmé et avais présenté mes excuses.

« J’aime votre réaction, Alkelios. Si vous aviez menti tout à l’heure ou fait preuve d’hésitation, je me serais peut-être méfié de vous, mais je peux voir que votre cœur et votre tête sont au bon endroit. Seryanna a trouvé un bon compagnon. » Il sourit.

« Compagnon est un peu bizarre, mari peut-être ? » J’avais ri.

« Pour les dragons, c’est la même chose, alors ne le prenez pas comme une offense, jeune homme, » me déclara-t-il.

« D’accord, je m’en souviendrai. » Je hochai la tête.

« Maintenant, vous avez dit avoir guéri Brekkar, et sa lettre le confirme. Bien que ce soit difficile pour moi d’y croire… mais si c’est le cas, vous êtes l’un des meilleurs alchimistes de ce royaume. Non, vous êtes peut-être l’un des meilleurs de ce continent. » Il croisa les bras et baissa les yeux en pensant à quelque chose.

« Pourquoi ne pas essayer de voir si je peux aussi guérir la reine ? » avais-je demandé en haussant les épaules.

Le roi leva la tête et me regarda, surpris.

« Juste comme ça ? Que voulez-vous en retour ? » demanda-t-il.

« Rien vraiment. » Je haussai les épaules.

Il avait penché la tête, confus.

« Hm ! Mais je suppose que ne rien demander serait grossier. Pourtant, c’est la vérité, il n’y a rien de particulier que je veuille comme récompense. Pas maintenant, du moins peut-être plus tard ou peut-être jamais, mais ce que je sais, c’est qu’en la guérissant, je vous aiderai, vous et ce royaume. Ce royaume est aimé et protégé par Seryanna et Brekkar, mes amis. Si je peux les aider, je le ferai. » Je hochai la tête.

« C’est très généreux de votre part. » Il sourit.

« Ce que je veux, sans lien avec cette affaire, c’est si vous pouviez résoudre le problème avec Draejan. » Je lui avais dit ça avec un sourire ironique.

« Hm… je ne peux pas faire ça. » Il revint à sa position de réflexion.

« Pourquoi pas ? Pouvez-vous expliquer ? » avais-je demandé.

« Vous êtes humain de la Terre, alors vous ne savez pas comment les choses fonctionnent ici. Légalement, il n’a pas contredit ma parole ni abusé de son pouvoir selon les normes chez les dragons. D’autre part, vous avez perdu dans un duel contre lui, vous avez brisé la promesse faite lors de ce duel en prenant en plus la chasteté de sa fiancée légale. En plus de cela, vous êtes un humain sans statut, mais il est le fils d’un duc et aussi mon petit-fils. En somme, il a le droit de s’asseoir sur mon trône, tout comme la princesse Elleyzabelle. Sur le plan politique, vous êtes un intrus dans ce royaume en tant qu’humain, une espèce actuellement en guerre contre nous, alors qu’il est un dragon avec du sang royal coulant dans ses veines et un membre respecté de la noblesse de ce royaume. En gros, vous n’avez absolument aucun point me permettant de dissoudre son engagement avec Seryanna, peu importe la manière dont c’est arrivé. En même temps, sans vos amis dragons, en particulier Kataryna et Brekkar, je serais obligé de vous mettre en garde à vue et de vous faire arrêter pour violation de propriété, » avait-il expliqué d’un ton calme, mais froid.

Tout ce qu’il avait dit était absolument correct. Je n’avais rien sur quoi me tenir dans ce royaume et en rencontrant Seryanna, j’avais enfreint plus de règles que je ne pouvais compter. Peut-être me jeter derrière les barreaux était la punition la plus légère qu’il puisse me donner.

« N’y a-t-il pas moyen de tout faire… disparaître ? » avais-je demandé.

« Si vous me demandiez cela comme une récompense pour avoir sauvé ma femme, peut-être. Je donnerais l’impression de forcer les choses, mais votre position parmi les nobles ainsi que celle de ma fille tomberait en conséquence. Vous ne serez pas différent de tout autre être humain à leurs yeux, » déclara-t-il en secouant la tête.

« Ça ! J’aimerais l’éviter. » Je laissai échapper un gros soupir.

En entendant cela, je m’étais senti plutôt découragé.

« Habituellement, dans une telle situation… il est assez difficile de faire annuler des choses ainsi. Il y a aussi la question des pays voisins. Albeyater reçoit un soutien de guerre chaque fois que nous combattons les armées humaines envahissantes. Nous sommes la ligne de front, nous prenons donc la force principale. Nous subissons le plus de pertes, alors les autres royaumes compensent par une offrande d’or, d’armures, d’armes, de nourritures ou de dragons... Ce commerce dépend aussi fortement de la façon dont leurs politiciens me voient, » avait-il déclaré.

« La façon dont leurs politiciens vous perçoivent ? » avais-je demandé en fronçant les sourcils.

Dans mon esprit, je ne pouvais pas voir comment ces deux éléments étaient liés. Les affaires internes d’Albeyater étaient leurs propres affaires, alors pourquoi cela importait-il que le roi semble beau à leurs yeux ou non ? Encore une fois, qu’est-ce que cela impliquait même depuis qu’il s’était isolé dans cette pièce depuis l’empoisonnement de sa femme ?

« Les dragons vivent longtemps et certains ont des mémoires remarquables. Dans le monde extérieur, même si je ne suis pas sur la scène politique depuis longtemps, je suis toujours considéré comme un puissant et dominant dragon. Si un humain venait et me forçait à conclure un accord avec lui, les autres royaumes ne le verraient que comme si je cédais après que ma femme ait été empoisonnée. Ils s’en serviraient pour me désigner comme indigne de confiance et pour supprimer leurs fonds de soutien à la guerre. Cela porterait un coup dur à mon royaume et nous rendrait vulnérables lors d’une future invasion, » déclara-t-il en fermant les yeux.

« Et ce n’est pas tout, n’est-ce pas ? » demandai-je avec un sourire ironique.

Ouvrant les yeux, il me regarda et répondit « non. »

J’avais dégluti.

« Un royaume est soutenu par les roturiers, mais les nobles sont ceux qui les dirigent, tandis que le roi dirige les nobles. Toutes modifications apportées par le roi doivent être approuvées par les nobles avant d’atteindre les roturiers. Ne pas suivre ce processus conduit à la tyrannie et à la rébellion. Bien sûr, cela ne fonctionne pas lorsque le roi est bon, mais les nobles corrompus. Dans une telle situation, le roi et les roturiers vont faire partie de la rébellion, tandis que les nobles sont ceux qui veulent garder les vieilles coutumes, » avait-il expliqué.

« En d’autres termes, perdre la confiance des royaumes voisins signifie perdre la confiance des nobles de votre royaume ? » avais-je demandé.

« Précisément. Si l’extérieur me considère comme faible, il est dans leur intérêt de me remplacer. Par conséquent, une rébellion sera soutenue par l’extérieur par le biais du soutien pour la guerre qui devait aller à mes troupes. Cela ne signifie pas qu’un roi digne de confiance se lèverait pour faire le travail. Il y a de fortes chances que toute la rébellion soit dirigée par des nobles corrompus, ce qui peut conduire à l’ascension d’un tyran sur le trône, » avait-il expliqué.

« Cela rendrait la situation encore pire dans ce cas, hein ? » remarquai-je, laissant échapper un soupir.

« En effet. » Il acquiesça.

***

Partie 2

« Alors… Comment suis-je censé changer les choses ? Comment puis-je ne pas vous faire perdre de votre influence extérieure ? » demandai-je avec désespoir.

« Détendez-vous. Ce n’est pas quelque chose d’impossible, mais plutôt improbable. Avec votre force actuelle, c’est impossible, mais si vous deveniez un éveillé supérieur, cela pourrait changer. » Il acquiesça.

« Donc, il y a une chance, non ? Attendez… éveillé supérieur ? En quoi le fait que je devienne fort serait-il lié à tout cela ? » demandai-je, confus.

« Les humains sont des êtres valorisant davantage leur capacité à être rusé et conscient de leur environnement politique. D’autre part, les dragons valorisent la force individuelle et la force de groupe ainsi que leur assurance dans les affaires critiques, » avait-il répondu.

« Alors, les humains mentent et sont vicieux alors que les dragons se frappent la poitrine et rugissent ? » demandai-je en fronçant les sourcils.

Mes mots avaient fait éclater de rire Feryumstark.

« C’est tout à fait vrai, petit humain ! » déclara-t-il après s’être calmer.

« Hm... » Je m’étais penché en arrière et m’étais frotté le menton.

« Ho ? Y a-t-il quelque chose à laquelle vous pensez ? » demanda-t-il en plissant les yeux.

« Vous avez dit que je devais être sûr de moi et fort, non ? » avais-je demandé.

« Oui, » il acquiesça.

« Disons que j’atteigne ce niveau. Ce que je ne comprends pas, c’est comment cela me sortirait de ma situation actuelle, » demandai-je en fronçant les sourcils et haussant les épaules.

« C’est simple. Vous organisez une démonstration de force dans laquelle vous prouverez votre force. » Il sourit.

« Comme un duel ? » avais-je demandé en haussant un sourcil.

« Comme me lancer un défi directement. » Il sourit.

« Impossible ! Je vais mourir ! » m’étais-je immédiatement plaint.

« Allez ! Si vous avez combattu Brekkar ou Kataryna, alors vous pourriez sûrement lutter contre moi ! Votre chance vous permettra d’assurer votre survie ! » ajouta-t-il.

« Pas en un seul morceau ! » avais-je répondu.

Le regard dans les yeux du roi changea soudainement pour devenir sérieux et se dirigea vers la porte. Il l’ouvrit juste assez pour que son serviteur puisse passer le plateau avec deux tasses de thé chaudes et quelques collations. Sans dire un mot, il le prit et ferma la porte.

« Le thé est ici, » me déclara-t-il.

« Ah… OK. » Je hochai la tête.

Feryumstark posa le plateau sur la table à côté du mur puis m’apporta la tasse de thé.

« Merci ! » Je hochai la tête en l’acceptant poliment.

« De rien. Mais je dois dire que peu de personnes ont la chance de se faire servir du thé par un membre de la royauté, » déclara-t-il en s’asseyant sur sa chaise.

« Eh bien, je vous l’ai dit, n’est-ce pas ? Je ne viens pas d’un pays où la royauté est respectée. » Je souris.

« Cependant, ce n’est pas comme si vous ne connaissiez pas les manières avec les membres de la royauté. Seryanna a dû vous les apprendre, » déclara-t-il avant de prendre une gorgée de sa tasse.

« Oui, elle l’a fait, mais si je devais agir en gardant cela à l’esprit, comment seriez-vous capable de juger de mon vrai caractère et d’avoir une discussion plus simple avec moi ? Je suis bien conscient que vos mots peuvent être les mêmes que des ordres pour moi, mais maintenir une discussion soutenue n’aurait pas été très productif pour nous deux. En plus, c’est embêtant. » Je haussai les épaules puis pris une gorgée de thé.

C’était délicieux, mais malheureusement, je ne buvais pas beaucoup de thé. Je ne savais pas comment l’apprécier correctement. Pour moi, c’était chaud, calmant et délicieux.

« C’est le préféré de ma femme. Rossenrhode mélangé à des blueberries et une pincée de menthe. » Il me fit un doux sourire tout en regardant sa tasse de thé.

Je regardai la reine endormie et lui demandais. « J’avais l’intention de demander, mais n’allons-nous pas la réveiller avec notre conversation ? »

« Impossible. » Il secoua la tête. « Elle peut à peine rester éveillée plus de quelques minutes chaque jour. Quand elle se réveille, je suis habituellement ici, prêt à lui donner les médicaments prescrits par les guérisseurs. C’est la tasse là-bas, sur la table de nuit. » Il pointa du doigt une tasse de thé similaire à la nôtre, mais avec un liquide noir dedans.

« Puis-je regarder ? » avais-je demandé.

« Ne le renverse pas et ne le respire pas, » déclara-t-il en prenant calmement une gorgée de son thé.

Je hochai la tête puis m’approchai du thé.

« Activé..., » murmurai-je alors que je pensais utiliser Identificus Processus Juridicus.

À ce moment-là, le processus d’activation d’une compétence était encore un mystère pour moi. Il y avait des moments où je les utilisais sans dire un mot, tandis que d’autres fois, au lieu de dire « activer », je devais crier le nom de la compétence. Toutes ces options me venaient naturellement et je n’avais jamais remarqué de différence. Ce n’était qu’après avoir passé quelques mois dans la forêt Seculiar à m’entraîner que j’avais enfin compris l’astuce derrière tout cela.

Le système d’activation des compétences prenait en compte le fait que nous, les héros humains, n’avions jamais utilisé de magie sur Terre. C’était une sensation nouvelle et mystérieuse pour nous tous, c’est la raison pour laquelle notre cerveau n’était tout simplement pas prêt pour utiliser la magie et devait donc l’apprendre lentement. Il y avait aussi un facteur psychologique qui jouait. Si nous pensions pouvoir l’activer sans dire un mot, nous le pourrions, nous devions essayer de contourner ce que la peur ou les inquiétudes nous rendaient incapables de faire.

Identificus Processus Juridicus avait été activé avec succès et m’avait envoyé les informations suivantes :

Thé empoisonné de Rossenrhode au Ryumarry ; Thé revitalisant aromatisé à la Rossenrhode pour un goût plus agréable. Il a les propriétés de calmer les nerfs et d’induire une sensation relaxante pour le corps. La préparation a été empoisonnée avec des racines de Ryumarry, une substance inodore et insipide qui affaiblit le système immunitaire, provoque des vertiges, une somnolence intense et une sensation de fatigue générale.

Barman : Ingrédient, feuille de Rossenrhode. Racine de Rossenrhode. Racine de Ryumarry. Feuilles de Playas. Zeste de citron. Racinde d’Adeline. Eau. Sucre. Nécessite un Alchimiste de rang Compagnon pour le créer.

J’avais dégluti après avoir lu ceci.

« Pendant combien de temps avez-vous dit qu’elle a pris ce produit ? » Lui avais-je demandé.

« Un an après son empoisonnement. Pourquoi ? » répondit-il en plissant les yeux.

Voyant le changement dans mon expression, il posa son thé et vint vers moi.

« Avez-vous trouvé quelque chose de suspect ? » me demanda-t-il.

« J’ai juste besoin de confirmer quelque chose. Connaissez-vous la composition de cette... substance ? » lui avais-je demandé en montrant le thé.

« Oui. » Il acquiesça. « Des feuilles de Playas, des feuilles de Rossenrhode, de la racine de Rossenrhode, du zeste de citron, de la racine d’Adeline, de l’eau et du sucre en fonction des goûts de la personne le prenant, » déclara-t-il.

« En êtes-vous sûr ? » Je lui avais demandé cela.

« Oui. Absolument ! J’en ai moi-même bu quand ils ont commencé à en donner à ma femme. Il est destiné à l’aider à se rétablir et à la maintenir en vie dans l’espoir de trouver un antidote au poison. Malheureusement, au cours des huit dernières années, j’ai constaté une détérioration de son état de santé… Dernièrement, elle peut à peine garder les yeux ouverts et elle peine assez pour que je l’aide à boire le thé. » Il baissa les yeux avec tristesse.

« Je ne suis pas surpris. » Je haussai les épaules.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » Il plissa les yeux vers moi.

« Eh bien ! Ma compétence Barman, celle dont je vous ai parlé, me permet de connaître les ingrédients des potions ou quelles potions je peux faire avec des ingrédients. Cela me dit également quel niveau d’alchimie je dois atteindre pour la créer, » expliquai-je.

« Qu’est-ce que vous avez trouvé ? » demanda-t-il d’un ton grave.

« Identificus Processus Juridicus m’a dit qu’il s’agit d’un thé empoisonné. Ma compétence m’a aussi indiqué quel est le poison utilisé. Maintenant, je vais vous lire exactement ce qui y est dit : La préparation a été empoisonnée avec des racines de Ryumarry, une substance inodore et insipide qui affaiblit le système immunitaire, provoque des vertiges, une somnolence intense et une sensation de fatigue générale, » répondis-je en le regardant.

L’intention meurtrière du roi était de retour, mais cette fois, elle ne m’était pas dirigée. Néanmoins, je pouvais sentir la pression de la puissance pure émanant de son corps. Il n’était pas du tout content de ce qu’il venait d’entendre.

« Vous dites que quelqu’un a empoisonné ma femme ? UNE FOIS DE PLUS ?! » Grogna-t-il.

« Oui. » Je hochai la tête. « Et si vous y réfléchissez, les effets du poison, bien que non mortels, coïncident avec ce que vous avez vu : la somnolence et la faiblesse du corps. » Je lui avais dit cela.

Il resta silencieux, ne cessant de regarder la tasse de thé qu’il avait personnellement fait boire à sa femme. Il était impossible pour moi de comprendre l’ouragan d’émotions qui sévissait dans son cœur, alors j’avais continué de parler.

« Le plus troublant est l’affaiblissement du système immunitaire. Celui-ci garantit fondamentalement que la précédente potion agisse plus rapidement et mieux que précédemment. Le fait que vous ayez mis si longtemps à le savoir était également dû au fait que vous avez probablement été amené à croire que cela faisait partie du processus naturel de l’autre poison. Si elle en est nourrie en petites quantités, cette racine de Ryumarry ne servira que de médicaments pour dormir, mais comme la reine en a bu pendant plus de huit ans, elle s’est lentement accumulée dans son corps. Celui-ci étant incapable de le traiter et de l’expulser complètement, cela a fini dans la situation actuelle où elle peut à peine garder les yeux ouverts pendant quelques minutes par jour. Peut-être que si elle n’était pas une dragonne, elle serait morte depuis longtemps. » J’avais hoché la tête.

« Qu’est-ce qui vous fait croire que cela fait huit ans et pas plus ? » avait-il demandé.

« D’après ce que vous m’avez dit, sa santé a commencé à se détériorer il y a environ huit ans. Jusque-là, le coupable n’y avait pas mélangé de poisons. Ils vous ont laissé croire qu’elle prenait quelque chose de bon, testé, jusqu’à ce qu’ils soient certains que c’était devenu une habitude. Juste le médicament habituel. La preuve en est que vous ne soupçonniez même pas que le thé soit empoisonné par autre chose, surtout par quelque chose d’aussi simple que de la Ryumarry, qui a lui seul ne pourra jamais tuer un dragon. Pendant tout ce temps, vous et tout le monde pensiez que c’était en fait le premier poison qui montrait ses effets, » avais-je expliqué.

« Y a-t-il quoi que ce soit que nous puissions faire maintenant ? » demanda-t-il alors que sa colère commençait doucement à se calmer.

Peut-être était-il arrivé à la conclusion que faire rage ici aurait été mauvais pour nous tous. Là encore, il finirait par faire fuir l’empoisonneur avant qu’il ne puisse le capturer.

« En ce moment, si je regarde son statut, je ne verrai que son nom et son niveau de puissance. Si vous pouvez la réveiller et la convaincre d’accepter de devenir mon amie, je pourrai alors voir à la fois le poison en question, ses effets et même comment y remédier, si je suis suffisamment habile, » lui avais-je dit.

« Cela ne devrait pas être un problème… Elle se réveillera bientôt, c’est pourquoi j’avais préparé le thé, » me déclara-t-il. Puis il se dirigea vers la tasse et la versa dans le seau à déchets qui heureusement était vide.

« J’avais l’impression qu’au lieu du seau, vous alliez le verser dans le pot d’une de ces plantes, » avais-je dit.

« Et tuer une plante innocente ? Ma femme me tuerait si elle le découvrait. » Il avait souri.

« Je vois… eh bien, je suppose que nous allons attendre son réveil ? » lui avais-je demandé.

« En effet… et merci. » Il inclina la tête devant moi.

« Hein ? Pour quoi ? » demandai-je, surpris par ce geste.

« Pour avoir découvert le poison dans le thé, » me déclara-t-il.

« Ne vous inquiétez pas pour cela. Maintenant, parlons un peu plus de l’utilité de ma force mentionnée plus tôt. » Je lui fis un sourire.

« En effet, élaborons davantage à ce sujet. Hm, vous pourriez commencer par me dire votre liste de compétences de combat ou tout ce que vous avez pouvant être utilisé à des fins d’intimidations. Votre Barman devrait être gardé secret, pour le moment. » Dit-il en hochant la tête.

Nous étions retournés à nos places et, par mesure de sécurité, j’avais aussi analysé le thé que nous buvions, mais celui-ci n’était pas empoisonné.

***

Partie 3

Pendant que nous attendions le réveil de la reine, nous avions trouvé plusieurs moyens de m’imposer à la cour et de faire en sorte que je devienne un sujet du roi. Malheureusement, aucune solution ne pouvait être appliquée pour le moment parce que je n’avais pas la force nécessaire. Si cela dépendait de lui, nous n’aurions pas besoin de passer par tous ces tracas. Le simple fait que Brekkar et Kataryna m’acceptent lui suffisait, le problème venait, comme il l’avait dit, du reste de la noblesse, qui devait également s’apaiser pour éviter une éventuelle rébellion ou des actes de trahisons.

Cependant, une fois que je lui avais parlé de mon voyage dans la forêt Seculiar, nous avions pris en compte la possibilité que je parvienne à atteindre l’éveil supérieur. Avec ma chance, c’était hautement probable. J’aurai à la fois la force et les capacités nécessaires pour y survivre et atteindre le niveau 1000. Mentalement, j’en étais proche, alors ce n’était pas un problème non plus.

À la fin, Itsy Bitsy BOOM ! s’était révélé être un outil d’intimidation très intéressant et remarquable que je pourrais utiliser, comme un atout pour que tout le monde reste tranquille et m’écoute.

Je lui ai expliqué les détails de cette compétence et il avait frémi à l’idée de la faire exploser dans une zone peuplée. C’était une arme impressionnante avec un effet redoutable sur la région. Il m’avait averti de ne jamais l’utiliser, à moins que les circonstances ne l’exigent absolument. Même dans ce cas, je devais réfléchir à trois fois avant de le faire. Ce ne serait pas drôle si je finissais par faire muter les monstres déjà puissants de ce monde. La plus grande peur du roi était un mouton à trois têtes crachant du feu, d’une hauteur de 60 mètres.

En imaginant ce monstre faire « baa baa » et raser la ville, cela m’avait donné l’impression que j’étais dans une sorte de film d’horreur mal écrit ou peut-être un dessin animé.

Mal dessiné.

« Il ne reste plus que les affaires du tribunal. Qui devrais-je avoir ici pour convaincre les bouffons que vous ne plaisantez pas ? » Demandai-je au roi alors qu’il se frottait le menton.

Il avait vraiment aimé élaborer ce plan avec moi. Sa queue se balançait de haut en bas alors qu’il avait une expression de profonde méditation sur le visage.

« Brekkar, Seryanna, Elleyzabelle et Kataryna ? » avais-je suggéré.

« En effet, ils seraient des témoins dignes. J’appellerai Brekkar peu de temps avant votre retour. Cela lui donnera suffisamment de temps pour augmenter sa force et le rapprocher du niveau d’un éveillé supérieur. Mais devrais-je essayer de reprendre mes activités royales habituelles ? » se demanda-t-il.

« Non. Cela donnerait aux auteurs de cet incident d’empoisonnement une raison de se méfier de vous et d’être à l’abri de “mouvements étranges”. Hm, si c’était un jeu, je pense que vous devriez apparaître deux fois à des moments aléatoires, pour donner l’impression que rien n’a changé, mais que quelque chose pourrait se produire. Ensuite, lors de la troisième apparition, donnez l’impression que vous êtes sur le point de faire une grande annonce, par exemple prendre votre retraite ou quelque chose du genre, » je lui avais suggéré ça en me grattant la tête.

« La retraite n’est pas une bonne solution, Hm… je pourrais utiliser ce Draejan. Faire croire que je suis sur le point de le promouvoir au rang de général ? Si je le plaçai à ma droite et Brekkar à ma gauche, cela pourrait signaler aux nobles de ma présumée intention de faire ce changement. Déclarer l’armée de Brekkar comme faisant partie de l’armée de Draejan nécessiterait leur présence, ce qui alimenterait cette idée de promotion. Cela me donnerait aussi une raison d’appeler les nobles que je trouve… suspects. Je pense que je peux demander à Elovius de se pencher sur la question. Voir avec qui Draejan passe son temps et quelles sont les alliances entre factions qui vont changer au cours des prochains mois. Hm, maintenant que j’y pense, c’est une chose très sournoise à faire. Cependant, tout repose sur votre capacité à atteindre l’éveil supérieur et à arriver à cette heure ce jour-là. Si vous échouez, je serai obligé de mettre Draejan à la position de général. Je n’ai pas à expliquer maintenant ce que cela signifierait pour votre avenir avec Seryanna Draketerus, n’est-ce pas ? » Il me lança un regard noir.

« Ne vous inquiétez pas, je n’échouerai pas. Je parie toute ma chance sur le fait que, non seulement j’arriverai à l’heure, mais que je ferai aussi une grande entrée qui me permettra d’attirer toute l’attention sur moi, » je lui avais fait un sourire narquois.

« Souhaitez ça, maintenant, devant moi, » déclara-t-il.

« Très bien, Votre Majesté. » Je fis un salut poli. « Je souhaite de tout mon être que, lorsque nous nous reverrons, je sois un éveillé supérieur, capable de montrer facilement à la fois ma force et mon assurance devant votre cour. Je souhaite que notre réunion dans neuf mois et 14 jours, lorsque vous apparaîtrez devant la cour, j’arrive au moment idéal pour mettre en œuvre cette dernière partie de votre plan. Je souhaite que tout se passe exactement comme prévu, sans imprévu. Et pendant que j’y suis, je souhaite pouvoir à la fois guérir votre femme et trouver les auteurs qui l’ont empoisonné, » je parlais d’un ton déterminé, sans hésitation.

Le roi avait souri quand il m’entendit et hocha la tête en signe d’approbation.

« C’est l’attitude que vous devez garder ! » déclara-t-il.

Cela allait être un plan très risqué, avec de nombreuses variables inconnues, mais ma chance était certaine de faire en sorte que les choses se passent comme je le souhaite. Tout ce qui restait à faire était de monter de niveau et de devenir aussi fort que je l’avais promis. Pas facile, certes, mais pas non plus impossible à 100 %. Improbable, oui, mais pas impossible, et avec ma chance, totalement faisable.

Environ une demi-heure plus tard, la reine se réveilla. Sa peau pâle et ses cheveux blonds argentés la faisaient ressembler à une poupée de porcelaine. Avec un seul regard, je pouvais dire à quel point elle était affaiblie. Son souffle était doux, mais à peine présent, c’était presque comme si elle se battait avec ses dernières forces pour rester en vie et être éveillée en même temps. Pour autant qu’elle le sache, cela aurait pu être la dernière fois qu’elle voyait sa famille.

« Elliessara, mon amour, ne bouge pas trop. Tu es affaiblie…, j’ai peut-être trouvé quelqu’un qui peut t’aider, mais… c’est un humain, » le roi parla doucement, en lui brossant les cheveux.

« Lui fais-tu… confiance… ? » demanda-t-elle d’une voix à peine audible.

Feryumstark ferma les yeux puis me regarda. À ce moment-là, avec ses paroles, il pourrait envoyer son royaume et sa famille vers une fin certaine si, par hasard, je n’étais pas ce que je prétendais être.

De son point de vue, c’était un risque terrible à prendre et, à ce moment-là, je croyais devoir encore lui prouver que j’étais suffisamment digne de confiance. Cependant, je n’étais pas encore conscient du fait que tout au long de notre conversation, il m’avait testé à maintes reprises. Mon désir d’être honnête avec lui et de refuser son autorité comme protection était deux des principales raisons pour laquelle il pouvait répondre à sa femme.

« Oui, » déclara-t-il.

Quand j’avais entendu ce mot, j’avais poussé un soupir de soulagement. J’étais content que ce soit le cas. Cela signifiait que je pouvais facilement procéder à mon prochain mouvement.

« Votre Majesté, je m’appelle Alkelios Yatagai, je suis un ami de Brekkar et de Seryanna Draketerus, » je m’étais présenté.

« Un humain… ami de ces deux-là ? » Elle cligna des yeux de surprise puis elle leva les yeux vers Feryumstark.

Il acquiesça.

« Afin de découvrir ce qui vous fait mal, je dois devenir votre ami. Je voudrais être votre ami, votre majesté. Accepterez-vous ? » Je lui avais demandé avec un doux sourire.

« Quoi ? Q-quelque chose est apparu… une question ? » Elle regarda d’un air confus devant elle.

« C’est ma compétence. Ce message apparaît pour ceux avec qui j’ai le désir sincère de devenir ami et qui, en retour, souhaitent la même chose, » lui avais-je dit.

Elle m’avait fait un sourire.

[Vous avez une nouvelle amie : Elliessara Seyendraugher]

« De voir… qu’il y a des humains comme vous... qui souhaitent devenir ami avec des dragons… cela me rend heureuse… cela… me donne de l’espoir, » déclara-t-elle avec son dernier moment de conscience avant de se rendormir.

« Elliessara ? » Le roi vérifia si elle était toujours réveillée.

« Elle dort ? » demandai-je.

« Oui. » Il acquiesça puis la laissa se reposer.

« Dompteur de Dragon a été activé avec succès. Je vais maintenant regarder son statut. » Je lui avais dit ça.

Nom : Elliessara Seyendraugher

Espèce : Dragonne supérieure de la Lumière

Conditions d’éveils : 6 sur 6 validées

Niveau : 1206

Force : 12 (6545) + 373,2

Vitesse : 2 (7844) + 373,2

Dextérité : 1 (9328) +359

Magie : 1120 (12 545) + 271,2

Chance : 55

Excellence magique : 43 % + 4,48 %

Bonus actuel :

Dompteur de Dragon <multiplie par 5 l’absorption de force et énergie magique ainsi que la vitesse d’apprentissage. 10 % des statistiques du héros en plus à moins de 100 m de celui-ci>

Sagesse des anciens : Buff obtenu lors de l’éveil supérieur. Offre à l’individu une nouvelle vision du monde. Augmente l’intuition de la personne. Confère à la personne.

Malus actuel :

Empoisonnement au Ryumarry : Provoque une intense fatigue, une faiblesse dans les membres, un affaiblissement du système immunitaire. Guérison : Potion de Bartak, Thé d’Adeline, Potion de soin, Graine de Grayum

Poison de la mort de Dieu : Poison à action lente qui paralyse les canaux magiques de la victime, les amenant lentement à la mort par paralysie. Cela fonctionne particulièrement bien pour ceux ayant atteint l’éveil supérieur. À sa mort, le corps est imprégné de magie absorbée par le poison au fil des ans et en fait une sangsue ayant pour seul but d’éradiquer toute vie à moins de 600 km de son lieu de ponte. C’est l’unique poison connu qui affecte même les immortels dotés de puissantes capacités de régénération. On dit que c’est le poison utilisé pour tuer le dieu qui deviendra par la suite le premier dieu noir. Temps restant jusqu’à la transformation en sangsue : 4 ans 2 mois 9 jours 4 heures 20 minutes. Type de sangsue basé sur l’énergie magique absorbée : Sangsue suprême. Barman : nécessite un grand alchimiste divin pour le préparer. Cure : Potion aux larmes de Lumenos, Lumenya et Nocturnia. Niveau insuffisant pour afficher les ingrédients nécessaires.

J’avais ensuite expliqué ce que j’avais découvert en ce qui concerne les malus. Pour être honnête, j’avais également été surpris, mais ce qui avait attiré mon attention, c’étaient les 6 conditions qu’elle devait remplir pour pouvoir s’éveiller. Si les siennes étaient aussi ridicules que celles de Seryanna, alors Elliessara avait eu une période d’éveil difficile. Selon Kataryna, chaque dragon d’un élément supérieur était dans la même situation. Comme le sien était la lumière, cela expliquait la couleur blanche de ses écailles.

Feryumstark avait pâli en entendant la nouvelle. Il avait perdu la force dans ses jambes et était tombé sur ses genoux. L’expression de son visage me disait qu’il avait perdu tout espoir. Cependant, ce qui était probablement le plus choquant pour lui était la transformation en sangsue. Si cela devait arriver, non seulement il perdrait l’amour de sa vie, mais il devrait la tuer. C’était un destin qu’aucun homme ne devrait vivre.

« C’est bien cependant, » je lui avais dit ça avec un sourire.

« Bien ? COMMENT CELA PEUT-IL ÊTRE BIEN ?! » cria-t-il en me prenant par le col et me soulevant avec facilité.

Le dragon était si rapide que je ne pouvais même pas le voir arriver et son intention meurtrière me faisait trembler de peur. Voici à quoi ressemblait un roi-dragon enragé. Si les autres membres royaux de ce continent lui ressemblaient un peu, l’espère humaine n’aurait aucune chance de gagner la guerre contre eux. Ce roi seul suffirait pour essuyer le sol avec leurs armées.

***

Partie 4

« Argh ! Parce qu’il y a un remède ! » avais-je crié, dans l’espoir de l’atteindre.

À ce moment-là, son emprise s’était affaiblie et j’étais tombé par terre.

« Il y a un remède… vous vous souvenez ? Potions aux larmes de Lumenos, Lumenya et Nocturnia., » lui déclarai-je.

« Oui… mais vous avez dit que vous ne saviez pas comment faire… la compétence n’était pas assez bonne, et il n’y a pas d’alchimiste de ce niveau en vie dans Albeyater… en fait, je n’ai aucune idée de la façon dont les humains ont réussi à mettre la main sur ce poison de la mort de dieu..., » déclara-t-il puis il recula, regardant la pièce d’un air étourdi.

« Votre Majesté, détendez-vous s’il vous plaît… il nous reste encore 4 ans avant que nous n’ayons plus de solutions… cela devrait être plus que suffisant pour que je puisse aller chercher les ingrédients. Une fois que j’aurai atteint le niveau 5 de Barman, j’aurai une chance de réussir. Je ne garantis rien parce que je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais savoir que nous avons une chance est mieux que de sombrer dans le désespoir. » Je lui déclarai ça en me frottant le cou et en me redressant.

« Oui… c’est vrai… et si vous atteignez ce niveau, il ne vous restera plus qu’à obtenir les ingrédients. C’est vrai… oui… je devrais y aller tout de suite et ordonner aux troupes de les récupérer. NON ! Toute l’armée pour vous aider ! » déclara-t-il. Et il se releva aussitôt.

Avant qu’il n’atteigne la porte, je l’avais attrapé par la queue et l’avais tiré, le stoppant net.

« Attendez une seconde ! Si vous faites cela, alors tout ce que nous avons prévu et pour lequel nous avons travaillés jusqu’à présent tombera dans l’eau ! Les dragons qui ont empoisonné la reine seront laissés libres, et ils pourraient envoyer des assassins dans le but de m’arrêter ! Cela deviendrait un problème inutile pour nous tous ! » Je lui avais rappelé ce fait.

Il m’avait écouté et avait ensuite réfléchi longuement à ce sujet.

« Vous avez raison..., » il acquiesça et recula.

J’avais lâché sa queue.

« Ouf ! » J’exhalai, soulagé.

« Néanmoins, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter du fait que cela pourrait ne pas fonctionner..., » déclara-t-il en fronçant les sourcils et en regardant le sol.

« Puis, dans les neuf prochains mois, établissez un plan au cas où je ne reviendrais pas, même si j’en doute fortement, car je veux embrasser Seryanna à nouveau. » Je hochai la tête.

« Vous avez raison… Je connais le nom du poison. Le nom du remède. Tout ce dont j’ai besoin maintenant, c’est un grand alchimiste divin. Un dragon avec une telle maîtrise n’hésitera pas à relever le défi de préparer ce fameux remède, » avait-il déclaré.

« Et vous savez également quelles potions acheter pour aider votre femme à se remettre du poison de Ryumarry : Potion de Bartak, Thé d’Adeline, Potion de soin et des Graines de Garyum. En plus de cela, je recommanderai de lui préparer beaucoup de jus de fruits frais, de soupes chaudes et d’autres choses saines et nutritives comme celles-ci. Bien sûr, étant donné les circonstances, vous devez agir avec prudence. hm, je sais. Appelez Kléo, la petite-fille de Brekkar. C’est une nécromancienne à écailles noires, mais est une personne très capable et qualifiée pour obtenir ce genre de choses. En outre, elle peut agir en tant que garde du corps pour vous. Pour ce qui est de la nourriture, vous pouvez toujours apprendre vous-même à cuisiner si vous craignez qu’elle ne se fasse encore empoisonner, » déclarai-je.

« C’est vrai… mais une nécromancienne… Hm, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée. Personne ne s’attendrait à ce que je fasse autant confiance à quelqu’un comme elle. » Il acquiesça de la tête.

« Faites juste attention à ses farces... » Je lui fis un sourire ironique.

« C’est ce que je fais toujours… je ne veux plus avoir ma paume collée à mon visage... » Soupira-t-il.

« WOW ! Elle est douée..., » avais-je souligné.

« Ahem! Eh bien, je suppose que cela règle nos affaires. Qu’allez-vous faire à partir de maintenant ? » me demanda-t-il.

« Je vais voler directement vers la forêt Seculiar. » Je lui avais fait un sourire narquois.

« Que les dieux soient avec vous et vous protègent, Alkelios Yatagai ! » déclara-t-il avant de s’incliner devant moi.

« Vous aussi, Votre Majesté ! » Je lui avais fait un sourire.

« Une question avant de partir… Pourquoi ne m’avez-vous pas demandé d’être votre ami ? » Il plissa les yeux vers moi.

« Parce que j’avais l’impression que vous déclineriez ? Eh bien… ça ne m’a pas vraiment traversé l’esprit. » Je haussai les épaules.

Il avait sourit.

« C’est vrai. Un roi doit rester impartial, après tout. »

« Et aussi, vous ne voulez pas que je voie vos statistiques, n’est-ce pas ? » Je plissai les yeux.

« Hahahaha ! Je ne sais pas de quoi vous parlez ! » Il détourna le regard.

C’était un vieux dragon sournois.

Ensuite, j’étais parti comme j’étais venu, le reste était de l’histoire…

[Point de vue de Feryumstark après le départ d’Alkelios]

J’étais resté seul avec ma femme. Mes pensées étaient embuées, mais grâce à cet homme, je pouvais en savoir plus sur les conditions de ma bien-aimée. Non seulement cela, mais j’avais aussi trouvé une lueur d’espoir alors qu’il n’y en aurait pas eu sans lui. Au lieu d’attendre qu’elle meure à mes côtés, je pourrais maintenant faire quelque chose pour essayer de la sauver.

À ce moment, mes deux plus jeunes enfants, Shezelle Eska et Ashernitz Kos, étaient entrés dans ma chambre. Ils souriaient et se dirigèrent vers le lit d’Elliessara. Ils étaient nés en tant que jumeaux.

Quand elle avait appris qu’elle était enceinte de leurs œufs, j’avais supplié ma femme de les abandonner, mais elle avait obstinément refusé de le faire, même si cela signifiait de perdre sa propre vie. Cela lui avait pris un certain temps, mais à la fin, elle m’avait convaincu d’accepter sa décision et j’avais prié chaque jour cette année-là auprès des dieux pour l’aider dans cette période difficile.

Leur naissance était un miracle et, heureusement pour eux, ils n’avaient aucune trace de ce poison ignoble dans leurs systèmes. J’avais été soulagé quand j’avais entendu cela.

Si je les avais perdus tous les trois, je serais certainement tombé dans le désespoir.

Peut-être que la chance était de mon côté ?

Ashernitz me regarda avec un sourire et me dit : « Nous t’avions dit qu’il viendrait. »

« Bien sûr, nous le lui avons dit ! » déclara Shezelle avec un signe de tête.

« Cependant, il ne vous a pas mentionné tous les deux. » Je leur avais dit ça.

« Pas besoin. Il ne se souvient même plus de la date où nous sommes apparus devant lui à moins que quelqu’un ne secoue sa mémoire, » déclara Shezelle.

À ce point, les deux se tenaient la main et leurs yeux brillaient d’une couleur éclatante et dorée. L’air autour d’eux changea et l’expression de leur visage devint plus sérieuse.

« Ce sont les mots de ceux que vous ne voyez pas, mais ressentez et priez pour. Faites confiance à Alkelios. Faites-lui confiance et il ne vous décevra pas. Cependant, chaque fois que le message apparaît devant vous, vous demandant d’être son ami, refusez. Soyez son ami, sans l’être en même temps. C’est la meilleure façon pour vous de l’aider. »

La voix semblait résonner dans ma tête et me donnait l’impression que j’écoutais un être beaucoup plus puissant que moi.

« C’est la première fois que vous me laissez entendre un message aussi long… Pourquoi interférez-vous dans le monde des mortels ? » Demandai-je, à la personne ou la chose qui parlait via mes enfants.

« Vous avez prié et j’ai répondu, » répondit-il.

« Ces mots que vous dites… sont-ils des prophéties ? » Demandai-je en plissant les yeux pour regarder les jumeaux.

« Non. » Ils secouèrent la tête en même temps. « Ce ne sont que des suggestions, alors souvenez-vous-en bien. En fin de compte, votre choix vous conduira sur votre propre chemin. »

Les enfants avaient alors fermé les yeux et étaient redevenus normaux.

Cet acte de canalisation les avait vidés de leurs énergies, alors ils s’étaient mis à bâiller et s’étaient dirigés vers le lit pour dormir à côté de leur mère. Je les laissai faire en les regardant.

Les deux étaient un vrai mystère, quant à la raison pourquoi et comment ils avaient acquis cette capacité ? Cependant, je pouvais dire que celui qui parle via eux n’avait jamais essayé de prendre le contrôle d’eux. S’ils avaient le sentiment que cet être avait quelque chose à dire, les jumeaux se serraient la main et le laissaient parler. Sans la volonté et le contact direct entre eux, ils ne pourraient pas analyser ses mots. Des phrases simples de temps en temps, mais jusqu’à présent, ils n’avaient révélé ce don qu’à moi. Pour ce qui est de combien de temps ils allaient l’avoir, je n’en avais aucune idée, pourtant quelque chose me disait que ce ne serait pas toujours le cas.

Je me demande si ce que les prêtres m’avaient dit à propos de la possibilité pour eux de devenir un jour les apôtres de dieu est vrai ? Si c’est ce qu’ils désirent faire, je les soutiendrai, mais je ne le forcerai pas à le devenir simplement parce qu’ils peuvent faire de la canalisation. J’avais souri et doucement caressé leurs têtes.

« Dormez bien, mes enfants, » murmurai-je.

***

Chapitre 56 : Folie à la cour

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Ainsi, je me tenais devant celui considéré et respecté comme étant le dragon le plus puissance du royaume d’Albeyater, le roi d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher.

Sa présence n’était pas à négliger. Même maintenant, je sentais qu’il n’allait pas me laisser faire d’erreurs. J’étais fort maintenant, certes, mais il l’était toujours plus. Pourtant, je me tenais maintenant devant lui, menaçant tout ce qui lui était cher, et avec une seule pensée, je pourrais tout éradiquer.

La réalité était telle : rien ne durait éternellement. Peu importe combien nous gardions certaines choses, elles finiraient inévitablement. Peu importe combien nous voudrions que quelque chose reste le même, un jour cela changera. La technologie était tombée en panne ou était devenue obsolète. Les personnes mouraient, déménageaient ou changeaient. La loyauté évoluait au fil du temps, laissant apparaître de nouvelles guerres ou de nouveaux moments de paix.

Rien n’était certain. Rien ne durerait. Mais… ce changement était absolument parfait. C’était ce qui était merveilleux dans la vie et l’univers même. Le changement était ce qui faisait bouger, ce qui faisait avancer même quand on semblait reculer. Le changement était ce qui créait absolument tout ce qui nous était cher au départ.

Cependant, accepter le changement n’était pas une chose facile à faire, et précisément à cause de cela, Feryumstark et moi avions compris que ceux qui le craignaient seraient les premiers à s’effondrer.

Dans ce cas, j’avais apporté le changement avec mon attaque inconcevable. J’avais exigé des choses en attaquant l’autorité du roi. Je m’étais posé devant tous en tant que... fou, instable et humain.

Ainsi, ne serait-il pas logique que les quelques personnes qui n’avaient pas encore atteint l’éveil supérieur et se souviennent de leur vie prennent la résolution de tenter de la sauver ? N’était-il pas logique que les quelques nobles qui haïssaient ou voyaient l’actuel roi comme faible tentent de se tenir à mes côtés ?

C’était normal, naturel, compréhensible…

Mais jusqu’à présent, rien ne leur donnait une raison de le faire… rien ne leur faisait assez peur pour se dégager de leur propre coquille et sauter sur le rebord qui donnait un sentiment de sécurité.

Ainsi, j’avais parlé… en essayant de faire sortir les rats…

« Votre Majesté, savez-vous qui je suis ? » avais-je demandé en inclinant la tête vers la gauche.

« Non. » Il avait menti.

« BIEN ! BIEN ! Je suppose que vous n’avez pas entendu parler d’Alkelios Yatagai ? » demandai-je.

« Si j’avais su d’avance qu’un élément dangereux comme vous existait, j’aurais tout fait pour vous arrêter avant, » déclara-t-il.

Ce n’était probablement pas un mensonge, mais la condition sous-jacente qu’il n’avait pas énoncée à haute voix était le fait que je devais prouver que j’étais contre ses règles.

« Eh bien, vos sujets n’avaient aucune raison d’expliquer l’apparition d’un ancien petit humain tel que moi, » je m’étais incliné.

« Humain ? » l’un des nobles laissa échapper ce mot.

Lorsque je m’étais présenté, j’avais déclaré être un ancien humain. Ceux qui connaissaient les détails de ma compétence comprirent immédiatement ce que cela impliquait. C’est pourquoi Seryanna s’efforçait de ne pas rougir et de me regarder avec un regard fébrile. Kataryna remuait sa queue comme un chien prêt à sauter sur une friandise…

S’il vous plaît, attendez, vous deux ! J’avais prié dans mon esprit.

Quoi qu’il en soit, le sens commun de ce monde dictait qu’il était absolument IMPOSSIBLE de changer simplement d’espèce. Personne auparavant n’avait rencontré un héros humain comme moi, alors ils ne savaient pas que nos compétences spéciales permettaient à certains d’entre nous de faire exactement cela. J’avais le sentiment que ceux qui avaient une capacité similaire pour les elfes les relliars, les nains et ainsi de suite se voyaient également la possibilité de changer de race au niveau 5 de la compétence.

Mais, comme je l’avais déjà mentionné, cette information était considérée comme absolument absurde par la majorité des habitants de ce monde. La minorité était composée uniquement de quelques-uns qui avaient eu une interaction suffisamment grande avec les héros pour le découvrir.

« Est-ce mauvais que je sois humain ? » demandai-je avec un sourire alors que je regardais le dragon.

Il fit de grands yeux et déglutit. « N-Non… je n’ai pas dit ça ! » Il secoua la tête, refusant de penser, mais quelque chose me dit que c’était autre chose qui l’avait surpris.

« Ha en parlant d’humain, la reine a été empoisonnée par l’un des miens, n’est-ce pas ? » avais-je dit avec un sourire narquois, j’avais plissé les yeux vers le roi.

Immédiatement, une puissante intention meurtrière avait été libérée de son corps, faisant pression sur tous ceux se trouvant dans cette pièce et envoyant des frissons dans le dos.

« Oh ! Terrifiant~ ! Mais arrête, lézard ! » Je lui avais fait signe.

Le roi semblait réticent, alors j’avais pointé la sphère que je tenais au-dessus de ma tête.

Immédiatement, l’intention meurtrière avait disparu.

Les nobles avaient dégluti et avaient commencé à murmurer entre eux.

« Bien… je suppose que je devrais faire part de mes revendications, mais je veux tout d’abord savoir… quelqu’un ici est du côté des humains ? » avais-je demandé.

Moi, un ancien humain, n’étais plus du côté des humains, mais peu le savaient.

Ceux qui me regardaient maintenant le croyaient, alors, quelques individus commençaient à s’agiter.

« Je vais simplement vous rappeler ceci, mais je peux faire exploser toute cette ville en un clin d’œil, alors dites-moi… QUI parmi vous est du côté humain ? » demandai-je avec un sourire.

« Q-Qu’est-ce que vous comptez faire si vous en découvrez ? » Demanda quelqu’un à ma gauche.

C’était un dragon maigre à écailles grises avec une longue barbe, des yeux de dragons, des cornes lisses poussant en arrière, mais ses mains, ses pieds et sa queue étaient ceux d’un lézard. Il avait l’air jeune ? Peut-être 30 ans selon mes estimations soit 200 de dragons ?

« Je pourrais NE pas les attaquer, » déclarai-je.

Je ne le ferais pas, mais le roi allait certainement le faire ensuite. Je n’avais pas menti, mais mes mots ne voulaient pas non plus dire que j’allais les protéger.

« Je le suis ! » Un gros dragon à l’arrière leva la main et s’avança.

« Marquis Belogna ? » Demanda le roi.

« J-j’ai secrètement échangé avec les humains… je suis de votre côté, humain... » Il déglutit et essaya fort d’éviter le regard des autres dragons et celui du roi.

« Bien ! Tenez-vous là-bas, à l’arrière, » j’avais pointé vers ma gauche à un endroit vide de la pièce.

Kataryna était de ce côté et, au moment où je l’avais regardée dans les yeux, elle avait compris qu’elle devait s’assurer de ne pas laisser les rats disparaître de sa vue.

« Je suis du côté des humains ! » déclara un autre dragon, il avait des écailles vertes, était maigre et était vêtu de vêtements assez chers.

« Vicomte Draghun ? » Demanda le roi, mais il fut à nouveau ignoré.

« Bien ! D’autres ? » Demandai-je.

Peu de temps après, plusieurs autres dragons levèrent la main et se séparèrent des autres nobles qui commençaient déjà à leur lancer des regards furieux. Le plus effrayant de tous était Elovius, le Premier ministre.

Je suppose qu’il ne les a jamais soupçonnés d’être des traîtres, hein ? pensais-je.

« Ceux qui ont déclaré être du côté des humains, je tiendrai ma parole, je ne vous attaquerai pas, » avais-je déclaré.

« Alors, vous nous laisserez partir ? » demanda Draghun.

« Pas encore, vous devrez informer vos alliés de ce qui va se passer ici, » déclarai-je en secouant la tête.

« Mais vous ne nous ferez pas de mal, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Je ne le ferai pas, » avais-je répondu en mettant l’accent sur le « Je ».

« Si vous voulez des contacts avec les humains, j’en ai plusieurs, » déclara tout à coup un dragon.

Il ne faisait pas partie du groupe mis de côté, mais de ceux restant encore.

« Vous ? Duc Pallause ? Comment osez-vous ! » Demanda Feryumstark dans un rugissement.

Vous ne l’avez pas vu venir, n’est-ce pas ? me demandais-je.

« C’est simple, Votre Majesté. Ce royaume est en train de pourrir. Depuis l’idiotie venant de la reine à propos de la paix avec les humains, les choses se sont très mal passées pour nous. Non seulement nos armées se sont affaiblies, mais notre commerce en a également souffert. Sans restaurer l’armée de Brekkar et ramener son territoire à son ancienne gloire, vous le laissez pourrir ainsi, niant le droit à une incursion en représailles de l’attaque humaines, » avait-il déclaré.

« Ça ne semble pas être bien pour les humains ? » avais-je souligné en penchant la tête vers la droite.

« Je me suis rangé du côté des humains il y a environ 28 ans. Vous ne le savez peut-être pas, Votre Majesté, mais les humains veulent la guerre parce que c’est rentable. Cependant, en raison de votre réticence à attaquer, des sympathisants des dragons ont commencé à apparaître dans leur population. Si les choses restent ainsi, la guerre pourrait prendre fin, mais nous avons aussi besoin de cette guerre. Le soutien que nous recevons des autres royaumes, la manière dont notre commerce fonctionne, la volonté de notre royaume tout entier est basé sur cette guerre. Albeyater s’est développé pendant la guerre et est resté stable avec elle ! Nos incursions et invasions sont indispensables ! » déclara-t-il en soulignant chaque détail.

« Alors, pourquoi être avec les humains ? » lui avais-je demandé.

« Pour écarter ceux qui souhaitent la paix, le roi et la reine, » répondit-il.

« Quoi ? » Cette fois, ce fut Elovius qui demanda, surprit.

« Avec ces deux personnes disparues, la guerre est garantie. Et il semble que ce soit le moment tant attendu. Je crois que l’empereur d’Akutan vous a envoyé ? Ou était-ce le roi des Dix Épées ? » me demanda-t-il.

« C’est un secret, » j’avais souri.

« Je vois… très bien, je vais aller me tenir là-bas le temps que vous vous occupiez d’eux, » déclara-t-il calmement.

Ce dragon à écailles rouge vêtu d’une élégante robe brodée de fil d’or ne se distinguait pas parmi les autres de mon point de vue. Il avait l’air plutôt fade à mon avis, mais son sourire confiant me déclara qu’il ne craignait pas le moins du monde de trahir le roi. En fait, j’avais l’impression qu’il était heureux de la tournure des choses.

« Intéressant..., » murmurai-je.

En regardant le roi, je l’avais vu à peine contenir sa colère. Bien sûr, il savait qu’il pourrait briser notre petite mise en scène à tout moment, car je n’avais jamais prévu de vraiment lancer cette arme nucléaire sur la ville, mais à part lui et mes amis, personne d’autre ne le savait.

Ce que j’avais trouvé étrangement inconfortable, c’est le fait que Draejan n’avait pas encore quitté son poste. Il ne montrait aucune émotion non plus. Non, ce qu’il faisait, c’était d’analyser calmement toute cette situation, presque comme s’il était au courant de notre petite pièce.

Peut-être que je devrais l’appâter ? Je me demandais en regardant à travers les nobles restants, essayant d’éviter son regard.

« J’ai entendu quelque chose d’intéressant à propos d’un thé… et de racines de Ryumarry ? Celui qui sait de quoi je parle, avancez-vous, » déclarai-je.

Le roi se figea sur place.

Les autres murmuraient.

Pallause plissa les yeux vers moi.

Mais jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’avait réagi.

C’est étrange… N’est-il pas présent ? me demandais-je.

Après un moment, quelqu’un leva la main.

C’était un petit dragon gros qui transpirait beaucoup. Outre une paire d’ailes courtes et les yeux fendus, rien ne pourrait supposer qu’il n’était pas humain.

« Et vous êtes..., » déclarai-je, mais je m’arrêtai.

« Oui, je suis le vicomte Galbarion. J’ai fait ce qu’on m’avait dit et j’ai empoisonné le thé de la reine avec de la poussière de racine de Ryumarry..., » déclara-t-il en essuyant sa sueur avec un mouchoir.

Lorsqu’il rencontra le regard furieux du roi, il se mit à trembler de peur.

Ce dragon… il est terriblement faible, avais-je remarqué.

« Je vois ! Bon travail ! Maintenant, allez vous mettre à côté de Pallause, » déclarai-je en lui montrant du doigt.

« M-merci, merci..., » marmonna-t-il.

***

Partie 2

« Je suis curieux cependant, comment avez-vous réussi à le faire ? » lui avais-je demandé.

« Euh… j’ai menti à la femme de ménage qui avait apporté le thé et lui ai dit que la poussière de racine de Ryumarry devait y être ajoutée par la suite. Bien sûr, elle n’avait aucune idée de la nature réelle de la poussière et j’ai inventé une explication pompeuse qu’elle était incapable de comprendre, mais qui me donnait de la crédibilité. Je l’ai fait plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle cesse d’essayer d’écouter l’explication longue et ennuyeuse. Parce que c’était une conversation étrange, les gardes n’avaient aucune idée de ce que je faisais et ne se donnaient pas la peine d’enquêter..., » avait-il expliqué.

« Bon travail. » Je lui avais fait un sourire.

C’était en fait un bon plan, bien qu’un peu risqué. J’aurai simplement changé le contenu d’une bouteille ou mélangé avec un ingrédient de mêmes couleurs. Bien qu’avec ma compétence Barman, j’aurais simplement pu en faire une goutte concentrée que je pourrais facilement ajouter à tout ce que je voulais.

Néanmoins, le fait qu’un vicomte ait dit et agi ainsi avait dissipé toute suspicion de la part de la femme de chambre. Après tout, elle ne pouvait pas ignorer ses mots. Bien que cela ne soit toujours pas toujours correct de l’accepter comme ça, mais peut-être que c’était la raison pour laquelle il fallait donner l’explication. Parce que le vicomte n’essayait pas de faire preuve de suspicion et venait juste vers elle, elle trouva facile de lui faire confiance.

« Et si tout cela n’avait pas fonctionné ? » avais-je demandé.

« Alors… ç’aurait été la fin pour moi, mais n’importe quelle autre méthode aurait échoué de toute façon. Si je rendais visite aux guérisseurs trop souvent, on se serait méfié de moi. De cette façon, j’ai juste reçu la mauvaise réputation de vouloir charmer les servantes du roi, » répondit-il.

« Hm, je vois. Je vois. » Je hochai la tête de compréhension.

En regardant derrière, je vis qu’il ne restait plus beaucoup de nobles aux côtés du roi, mais il était tout furieux de la trahison des autres. La balance avait étrangement basculé en faveur de la faction humaine. Mais je dois admettre que c’était un plan bien pensé, établissant des liens avec tant de dragons différents de statut élevé et séparément, leur donnant également leurs propres petites missions, tout fonctionnant ensemble comme une grande machine complexe visant à détruire le royaume de l’intérieur.

Celui qui était le cerveau derrière était bon, très bon.

« Et maintenant ? » Demanda l’un des nobles étant pour la faction « humaine ».

Pour être honnête, j’avais l’impression que cela était un peu trop simple, mais j’avais peut-être sous-estimé l’autorité de personnalités importantes comme Brekkar, Kataryna et Feryumstark. Pour moi, ils n’étaient qu’un groupe de dragons parmi tant d’autres, mais avec qui je m’entendais très bien. C’est pourquoi quelque chose me disait que ce n’était pas encore fini.

Il était fort probable que le cerveau devait encore se révéler. Cela m’inquiétait un peu.

Si je ne trouvais pas la cause réelle de tout ça, ils pourraient alors défaire ce sur quoi j’avais travaillé dur pour atteindre aujourd’hui. Soit ça, soit remplacer ces gars-là par d’autres pions.

Mais comment puis-je les faire agir ? m’étais demandé en fermant les yeux un instant.

En analysant la situation, plusieurs choses ne se passèrent pas comme prévu :

– Draejan n’a pas agi et a obéi au roi.

– Il y avait beaucoup plus de traîtres de haut rang, même un duc.

– Celui ayant empoisonné la reine l’a fait d’une manière à laquelle je n’avais pas pensé, parce que c’était trop… suspect de mon point de vue.

– Il y avait une preuve de l’existence d’un cerveau derrière tout cela, mais aucune preuve de leurs actions ou même de leur présence dans cette pièce pour le moment.

Avec les trois premiers, je pouvais vivre, mais le dernier était difficile à résoudre. Si je demandai à ces nobles un nom ou une preuve de cette affirmation, ils pourraient simplement répondre en disant que c’est des idioties ou qu’ils sont le cerveau. En même temps, cela prouverait que je ne suis pas ce que j’ai prétendu être, ou plutôt, qu’ils ont eux-mêmes mal compris.

Peut-être que je réfléchis trop à cela et que la vérité est en réalité juste sous mes yeux ? Je me demandais cela en scrutant la foule.

Kataryna, Elleyzabelle, Seryanna, Kléo, Iolaus et Brekkar étaient hors de question, mais pas parce que j’étais leur ami, mais parce qu’ils avaient prouvé à maintes reprises où se trouvait leur loyauté. Je veux dire, Seryanna a failli m’abandonner pour sa loyauté, et si elle l’avait fait, cela aurait été impossible qu’elle s’éveille.

Draejan était également suspect, mais son objectif semblait plutôt de rassembler une armée qui…

Attends un instant ! Une armée ? Je m’étais arrêté et j’avais réfléchi un peu à la façon dont cette armée s’était présentée, puis je l’avais comparé à l’idéal de base de la fierté des dragons. J’avais également pris note du type à capuchon noir dans le dos qui me semblait familier pour une raison quelconque, ainsi que de nombreux assistants apparemment normaux. Ces gars-là sont entraînés, armées et à en juger par leur statut, tous autour du niveau 500. avais-je pensé en déglutissant.

Ils n’étaient pas réellement une menace pour moi, peut-être juste pour un groupe de bandits. Ils ne représentaient même pas une menace pour un seul de mes amis, en particulier pour le roi, et il leur était impossible d’organiser un coup d’État. Certains commençaient même à s’inquiéter de la situation actuelle, prouvant qu’ils ne savaient pas que leurs maîtres étaient des traîtres au royaume.

Cela ne m’avait laissé qu’avec l’armée de Brekkar, qui était autrefois l’une des plus puissantes et disciplinées du royaume d’Albeyater, et qui n’était plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Le nombre de soldats avait augmenté de façon exponentielle, mais leur force était bien inférieure à celle des soldats de l’ancienne armée. La discipline et l’ordre étaient des notions étranges pour eux, mais ils partageaient tous une idéologie commune… ils suivraient Draejan jusqu’au bout.

Malgré tout cela, ça ne suffisait pas à prouver qu’il soit le cerveau derrière tout ça. Une bonne tactique aurait été d’augmenter le nombre de soldats dans l’armée de Brekkar et d’attirer des partisans parmi la noblesse. Une fois général, il pourrait réduire le nombre de soldats inutiles et l’organiser correctement en une puissante armée.

Normalement, cela ne nécessitait pas que Draejan soit un traître, mais un noble trop zélé qui voulait désespérément le titre de général. En outre, il n’avait rien à gagner par la mort de la reine. Elle était sa grand-mère. Ainsi, sa noblesse et son rang dans le pays étaient assurés.

Supposons qu’il veuille devenir le roi. Que devrait-il faire pour y parvenir ? m’étais-je demandé.

La réponse était simple : tuer tous les membres actuels de la famille royale ou les forcer à déclarer officiellement qu’ils renonçaient volontairement à la couronne. Mais la famille du roi était assez grande, et il y avait probablement beaucoup parmi ses enfants qui ne serait pas intéressé par le trône. Il y en aurait parmi eux qui bénéficiaient également du soutien de forces extérieur des dragons, comme Embryger, Solustia et Merganus.

Il y avait aussi la question de loyauté de tous les dragons ayant atteint l’éveil supérieur. Aux dernières nouvelles, il y en avait 16 dans ce royaume, sans compter moi-même. En effet, il n’avait aucune chance de devenir roi…

Mais si… ce n’était pas son but ? Et si… la guerre était son but ? Affaiblissant suffisamment le royaume pour qu’une force écrasante comme Embryger avait agi et corrigé les choses. Pensais-je.

Dans ce cas, une alliance avec les humains aurait été la solution. Comme l’avait dit Pallause, une guerre était plus ou moins souhaitée par les deux côtés. En d’autres termes, la noblesse pourrait en profiter.

Après tout, une armée nombreuse et puissante n’avait aucune utilité en temps de paix.

Malgré tout, ce n’était qu’une supposition. Je souhaitais que les choses finissent par atteindre une fin pacifique et que les choses soient réglées, mais je ne pouvais pas contrôler de quelle manière ou comment cela pourrait être possible. Plus je souhaitais que quelque chose se produise, plus cela serait rapide et facile à se manifester. D’autre part, un contrôle précis n’était pas nécessaire lorsque je ne souhaitais pas que certains événements négatifs possibles se produisent. Mais même dans ce cas, ce n’était pas garanti à 100 %, car parfois, pour que le souhait se réalise, il fallait que de mauvaises choses se produisent.

C’était comme le dicton disait : si vous voulez acheter une nouvelle voiture, vendez l’ancienne et faites de la place pour la nouvelle. Votre garage ne peut en contenir beaucoup, mais c’est à vous de choisir si vous vous cramponnez à l’ancienne ou si vous êtes prêt à la lâcher et à accepter la nouvelle.

Je suppose que tout est une question de chance maintenant. Les traîtres sont déjà marqués, et avec cela le roi et sa cour accorderont plus d’attention à de tels stratagèmes, mais la découverte du cerveau devra attendre un autre jour… Je laissai échapper un soupir et me gratta l’arrière de la tête.

Jusqu’à présent, j’étais resté silencieux, alors la plupart des personnes ici, n’avaient aucune idée de ce que j’allais faire ou dire par la suite. J’avais aussi une grosse boule de feu au-dessus de ma tête, qui était prête à exploser dès que j’en donnerai l’ordre.

« Je suppose que oui… Eh bien, avez-vous déjà parlé avec le chef ? » demandai-je en regardant les nobles.

Leur expression confuse m’avait dit qu’ils n’étaient pas au courant de l’existence d’un cerveau. Aucun des autres nobles, y compris Draejan, personne n’avait réagi de manière suspicieuse.

« Toi, dans le fond avec la cagoule… découvre-toi. » Lui dis-je.

Il n’avait pas répondu ni ne s’était conformé.

« Sire Draejan dit à ton subordonné de révéler son visage, » ordonna le roi dans un grondement sourd.

« Oui, Votre Majesté ? » Répondit le dragon, puis il acquiesça de la tête.

L’homme avait retiré sa capuche et avait révélé son visage. Il avait les yeux bruns et des écailles sur les joues.

« Hm, me suis-je trompé ? » Me demandai-je dans un murmure.

« Je lui ai ordonné d’utiliser la capuche pour cacher son identité afin de pouvoir facilement espionner les fauteurs de troubles dans l’armée de Brekkar. Je suis conscient qu’il y a quelques… problèmes, et c’est la solution que j’emploie actuellement, » répondit-il d’un ton calme, mais le regard dans ses yeux trahissait sa satisfaction pour quelque chose.

« Vraiment ? Bien que l’armée ne devrait pas avoir de problème si vous suiviez simplement les règles de Brekkar, n’est-ce pas ? » lui avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Même si elle porte son nom, elle portera bientôt le mien. Je ne voyais aucune raison de suivre aveuglément les lois et les règles établies par mon prédécesseur. Si je devais arriver à la même conclusion, eh bien, il en sera de même, mais apprendre et comprendre le fonctionnement des choses est plus utile que de copier le savoir d’un autre et de le revendiquer comme sien, » avait-il déclaré.

Ses mots étaient sages, mais aussi légèrement idiots.

« Il n’y a pas de honte à copier ce que d’autres ont réalisé grâce à un dur travail, aussi longtemps que l’on admette et qu’ils le permettent. Si l’on s’efforce de l’améliorer par la suite ou de proposer de nouvelles solutions, ce sera son propre mérite. Partir de zéro, c’est… un peu irresponsable, » déclarai-je.

Draejan m’avait lancé un regard noir en entendant ce que je venais de dire, alors que Brekkar souriait.

« Alkelios Yatagai, vous avez prouvé à la cour qu’il y avait des traîtres, que comptez-vous faire maintenant ? Tous nous tuer ? » demanda le roi en plissant les yeux.

Je pense que c’est le bon moment pour conclure…, pensais-je.

Après m’être raclé la gorge, j’avais parlé haut et fort. « Moi, Alkelios Yatagai souhaite que les choses suivantes soient approuvées. La première est que mon précédent duel contre Sire Draejan Andrakaryus Doesya soit considéré comme nul et le résultat annulé. »

« Considère cela comme fait, » le roi acquiesça.

« Mais, Votre Majesté ! » Draejan essaya de faire objection.

« Ce n’est qu’un duel enfantin. Cela a toujours été sans importance à mes yeux, » déclara le roi avant de lui lancer un regard noir. « Des objections ? » Demanda-t-il alors en regardant les nobles restants se tenant à ses côtés.

« Aucun, Votre Majesté. » Répondit l’un d’eux.

Ils étaient tous d’accord et l’un d’entre eux était même allé jusqu’à considérer que tous les duels en dragons et humains, sauf approbation du roi, devaient être considérés comme nuls, dans la mesure où ils impliquaient des membres de deux espèces en guerre.

« Deuxièmement, je souhaite que la cour rende le commandement de l’armée de Brekkar à Sire Brekkar Draketerus, » déclarai-je.

Des murmures et chuchotements pouvaient être entendus, tandis que ceux qui étaient de côté en tant que traître semblaient confus.

« Pourquoi devrions-nous accepter un vieux dragon incapable de se battre en tant que généraux ? » demanda l’un des nobles qui, jusqu’à présent, étaient restés silencieux.

***

Partie 3

« C’est une bonne question. » Fit remarquer le roi.

« Qui a dit que ce vieux dragon ne pouvait pas se battre ? » J’avais souri.

« Brekkar. As-tu quelque chose à dire à ce propos ? » demanda le roi.

« Ahem! Oui, Votre Majesté, j’allais l’annoncer tôt ou tard, mais je suis de retour en bonne santé. J’ai été guéri et je récupère rapidement ma force d’antan, » déclara-t-il avec un sourire tandis que sa queue rouge-sombre s’agitait lentement de gauche à droite.

« Est-ce vrai ? Et qui est celui qui t’a guéri ? » demanda-t-il.

« Alkelios Yatagai, Votre Majesté, » répondit-il en s’inclinant.

Les murmures envahirent une fois de plus la salle, augmentant encore le bruit de fond.

« SILENCE ! » Ordonna le roi alors qu’il les fixait tous.

Avec un bruit de prise de respiration par plusieurs d’entre eux, le roi se retourna vers Brekkar et lui demanda.

« Où se situe ta loyauté ? » lui demanda-t-il.

« Avec vous, Votre Majesté, » il s’inclina profondément devant le roi.

La confusion parmi les nobles avait augmenté.

« Hm, très bien. Si c’est comme ça, il n’y a aucun problème à faire de toi le général de l’armée de Brekkar, » le roi acquiesça de la tête, satisfait.

« Des objections ? » avais-je demandé en regardant les nobles.

Personne n’avait répondu.

Brekkar avait une bonne réputation parmi les nobles et son sacrifice 38 ans plus tôt n’était pas à prendre à la légère. S’il était soigné, ils préféreraient attendre qu’il retrouve ses forces plutôt que de remettre l’armée à un jeune dragon sans expérience comme Draejan.

Cette déclaration cependant, avait semblé déclencher quelque chose dans un certain dragon. Il avait l’air calme, comme s’il s’attendait à ce résultat, mais ses poings serrés saignaient presque en raison de la force avec laquelle il les serrait.

« Maintenant, pour ma troisième demande, je veux que Votre Majesté dissolve officiellement l’engagement entre Seryanna Draketerus et Draejan Andrakaryus Doesya, » déclarai-je.

« Je n’ai jamais su qu’elle lui était fiancée pour commencer, » le roi plissa les yeux. « Malgré cela, je ne peux le faire que si les parties impliquées le souhaitent également. »

« Votre Majesté, je ne me suis jamais considérée comme la fiancée de Draejan et on m’a dit que cet engagement était un ordre royal. » Seryanna s’avança et déclara cela.

« Est-ce le cas ? Alors qui l’a ordonné ? » demanda le roi en regardant autour de lui.

« C’était moi, Votre Majesté. » Elovius s’avança.

« Toi ? Pourquoi ? » demanda-t-il en se frottant le menton.

« Afin de faciliter la transition du chef de l’armée de Brekkar. À l’époque, je croyais que Brekkar était toujours malade et incapable de se battre davantage. En tant que tel, je souhaitais au moins préserver la puissance et l’héritage de son armée. Je l’ai également fait en pensant que le fait qu’Albeyater ne soit pas affaibli pourrait être un symbole à la fois extérieur et pour la population, » répondit Elovius en s’inclinant courtoisement.

Normalement, j’aurais pu soupçonner Elovius d’être le cerveau, mais lorsque j’avais rencontré le roi pour la première fois, il m’avait assuré que son fils était tout au plus difficile à comprendre, mais sa loyauté et ses intentions étaient toutes au bon endroit.

« Je comprends. Dans ces circonstances, crois-tu toujours que c’est la bonne chose ? » lui demanda Feryumstark.

Elovius jeta un coup d’œil à Brekkar puis à son père, le roi. « Non. » Répondit-il.

« Je vois. Alors, l’engagement entre Seryanna Draketerus et Draejan Andrakaryus Doesya n’a aucune raison d’être quand l’un des deux ne le souhaite pas, et que la raison d’origine qui la poussée n’est plus, » déclara le roi.

Les nobles hochèrent la tête, tandis que Draejan déglutissait.

« Quelque chose d’autre, Alkelios Yatagai ? » demanda le roi.

« J’aurai vraiment besoin d’un massage du dos, mais je ne peux pas vous le demander, » j’avais ri.

« Ce serait ridicule, » se moqua le roi.

Les autres avaient simplement réagi violemment à ma blague innocente.

« Ahem ! En tout cas, oui ! Je souhaite que Votre Majesté déclare que je suis pardonné de tous les crimes contre la couronne que quiconque pourrait croire que j’ai commis aujourd’hui ou dans le passé, tels que vous menacer et les autres choses du genre, » avais-je déclaré.

« Hm… où est votre fidélité, Alkelios Yatagai ? Déclarez ceci d’abord devant moi et les Dieux, et je vous répondrai. » Répondit le roi d’un ton sévère.

J’avais souri.

« Moi, Alkelios Yatagai déclare officiellement mon allégeance à la Troisième Princesse du royaume dragon d’Albeyater, Elleyzabelle Sojourn Seyendraugher et, par extension, Leurs Majestés le roi et la reine du royaume d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher et Elliessara Seyendraugher ! » déclarai-je d’un ton fort.

À l’exception des rares personnes qui me connaissaient, les expressions choquées sur leurs visages étaient inestimables. Elovius avait même la bouche grande ouverte malgré la grossièreté de ce geste. Même Draejan me regardait avec de grands yeux, comme s’il ne croyait pas ses oreilles. Quant au groupe qui avait ouvertement révélé le fait qu’ils avaient trahi le royaume parce qu’ils pensaient que j’étais un humain envoyé par des humains afin de les aider dans leur complot, ils avaient l’air d’être écrasés par le poids du monde et ils n’avaient pas la force de se relever.

« C-c’est fini..., » déclara Pallause.

Oui, ça l’est…, avais-je pensé.

Le roi ferma les yeux un instant puis éclata de rire.

« Vous l’avez entendu, non ? Avez-vous des objections ? » Demanda-t-il en regardant les nobles choqués qui se tenaient à ses côtés.

« Non, » déclara Brekkar.

« Moi non plus, » déclara Elleyzabelle avec un sourire poli.

« Je ne vois aucune raison pour laquelle il ne devrait pas être pardonné. Compte tenu de tout ce qui s’est passé jusqu’à présent, il mérite vraiment d’être gracié ! » avait déclaré l’un des nobles.

« Je suis d’accord. L’humain a des tripes ! Il pense plus comme un dragon que comme un humain, » déclara un autre.

« Bien que je sois également d’accord, je ne lui fais pas confiance, » annonça un autre.

« Je ne crois pas que tout cela concernait la confiance en premier lieu. Maintenant qu’il a déclaré cela, tout a du sens. J’ai trouvé étrange qu’il n’ait simplement pas utilisé cette capacité pour détruire tout simplement le royaume. Une attaque comme celle d’un humain haïssant les dragons aurait été ce qu’il y avait de mieux pour lui, » un autre avait fait cette remarque.

« Je suis juste déçu d’avoir appris que tant de dragons que je pensais respectables soient des… traîtres, » avait déclaré l’un des nobles en poussant un soupir.

Ils avaient continué à exprimer leurs opinions les uns après les autres, tandis que les traîtres étaient incapables de prononcer un seul mot. Ils étaient dévastés par l’état des choses.

« Bien, comme vous pouvez le voir, il n’y a pas d’objection. Alors oui, je vous pardonne officiellement, Alkelios Yatagai, pour tout crime commis contre la couronne jusqu’à ce moment. J’accepte également votre déclaration de fidélité, » déclara Feryumstark avec un sourire narquois.

« Merci, Votre Majesté ! Eh bien ! Finalement ! Tendre mon bras comme ça tout ce temps était fatigant ! » me plaignais-je en annulant le sort.

L’énorme menace qui pesait sur la vie de tous les habitants de cette ville avait été résorbée en tant qu’énergie magique dans mon corps.

En la voyant disparaître, tout le monde poussa un soupir de soulagement, en particulier les gardes. Cependant, il nous restait encore une chose à faire avant de célébrer le tout.

« Alkelios, voici votre premier ordre. Arrêtez ces imbéciles qui ont essayé de comploter contre moi, » déclara Feryumstark en montrant le groupe de traîtres.

« Avec plaisir ! » Je fis un salut courtois.

« Attendez ! Non ! Il doit y avoir une erreur ! » s’était plaint l’un d’eux.

« Tu nous as trompés ! » déclara Pallause.

Le vicomte Galbarion était déjà dans les pommes, en voyant la manière dont il avait annoncé avoir empoisonné délibérément la reine. Après qu’il ait tout révélé, la seule chose qui l’attendrait était la mort ou la potence, selon la miséricorde du roi.

Mon seul travail jusqu’à présent était de les révéler et les appréhender.

« Je ne comprends pas… pourquoi un humain comme vous nous aiderait-il ? » demanda Elovius alors qu’il s’approchait de moi.

« Pourquoi ne devrais-je pas aider mes amis ? » avais-je demandé en inclinant la tête vers la gauche.

« Pardon ? » Il cligna des yeux confus.

« Allez demander à votre père, je vais m’occuper de ses idiots. » J’avais souri et avais fait craquer mes doigts alors que je me préparais à les assommer puis à les attacher.

Mes cordes étaient enchantées et pouvaient même résister à un chien à quatre têtes que j’avais rencontré en arrivant dans ce monde.

« Ne pouvons-nous pas en parler ? » demanda l’un d’eux.

J’avais souri et l’avais frappé.

Quelques minutes plus tard, le travail était terminé et tous ceux qui se révélaient être des traîtres étaient en train d’être emmenés dans les cellules où le processus d’interrogatoire allait les faire révéler tous les petits secrets qu’ils avaient. C’était s’ils ne mouraient pas lors de l’interrogatoire. S’ils survivaient, une mort rapide les attendait à la place de davantage de tortures.

Avec un sourire, j’étais retourné vers le roi, qui disait quelque chose à Elovius. Quand il m’avait vu, les deux s’étaient arrêtés. Le Premier ministre avait été le premier à prendre la parole.

« Mes excuses, Alkelios Yatagai, si j’avais été au courant de tout cela..., » il baissa la tête.

« Tout va bien. J’ai dû apprendre beaucoup de choses ainsi. En plus, tout s’est bien passé et c’est ce qui est important ! » J’avais ri.

« Je vois. Je m’excuse néanmoins et je vais prendre cette leçon à cœur pour qu’à l’avenir je sois plus conscient de mon environnement, » déclara-t-il avant de revenir à sa place à côté du roi.

Le suivant à s’approcher de moi était Brekkar.

« Je ne t’ai pas vu depuis si longtemps, et tu m’as déjà dépassé en force ! Tu es un miracle marchant ! » Il avait ri et tapota mes épaules avec ses mains.

« C’est bon de te voir, mon ami. Je ne suis plus faible, » déclara Iolaus avec un sourire narquois.

« Si on parle de Kléo en revanche, ce garçon est inutile, » Brekkar laissa échapper un soupir.

« J-J… CE N’EST PAS VRAI ! » Répliqua le dragon.

« Bwahahaha! C’est bon d’être jeune ! » Brekkar tapa le dos du dragon.

« Bon retour, Alkelios ! Comme d’habitude, tu ne manques pas de m’impressionner ! Je savais que j’avais raison pour toi à l’époque ! Tu es vraiment un dragon intéressant ! » déclara Kataryna avec un sourire lorsqu’elle s’approcha. Avant que je ne le sache, elle vola mes lèvres. « Bon retour ! Fufu ! » Déclara la dragonne après que nos lèvres se soient séparées.

« Hey ! Il est à moi ! » Seryanna tira Kataryna en arrière, mais quand elle me regarda dans les yeux, son visage devint complètement rouge. « B-bon retour, » avait elle dit.

« Content d’être revenu, » déclarai-je. Cette fois, j'avais pris les devants pour l’embrasser.

« AHEM! » Le roi nous avait interrompus.

Nous avions tous cligné des yeux de surprise, puis nous avions regardé vers lui. Elovius soupira et secoua la tête. Les nobles levèrent les yeux au ciel et le roi nous regardait.

« C’est bien que vous ayez votre petite réunion juste devant moi, mais il y a des questions importantes qui nécessitent notre attention, en particulier avec la révélation faite aujourd’hui de tant de traîtres au sein de ma cour. De plus, ma femme aimerait aussi vous parler, » avait-il déclaré.

« Mère le ferait ? » Demanda Elovius, surpris.

« Oui, » le roi acquiesça.

Tout le monde recommença à murmurer. Cela devenait un peu ridicule.

« Chose sûre. Oh, mais avant cela, il me reste encore une chose à régler, » déclarai-je avec un sourire narquois.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda le roi avec les sourcils plissés.

« Sire Draejan Andrakaryus Doesya, je vous défie en duel. Si je gagne, il vous sera interdit d’essayer de redevenir général, à moins que je n’approuve officiellement ! » Je le pointais du doigt.

« Tu souhaites me défier, une fois de plus ? » demanda-t-il en plissant les sourcils.

« Oui. » Je hochai la tête.

« Tu es un humain insensé, comme toujours. Et moi qui pensais que tu avais changé, » il secoua la tête et soupira.

« Qui sait ? Eh bien, acceptez-vous ou non ? » lui avais-je demandé.

« Et qu’est-ce que j’y gagnerai ? » demanda-t-il.

« Mon approbation officielle et une armure complète que je ferai personnellement, » répondis-je avec un sourire.

Il plissa les sourcils. « Tu es forgeron ? » Demanda-t-il.

« Parmi beaucoup d’autres choses, je peux aussi faire de belles bagues enchantées. Grâce à ma compétence Artisant Brillant, je peux créer de nombreux bijoux et accessoires intéressants. » J’avais souri.

« Ça me paraît juste. Si je ne peux même pas vaincre un faible humain, comment puis-je oser demander le titre de général ? » se moqua-t-il.

« Un duel équitable. J’aime et j’approuve, » avait déclaré le roi.

« Allons tout de suite au terrain d’entraînement alors ! » déclara Brekkar à voix haute.

« Maintenant, ça va être intéressant ! » déclara Kataryna alors que sa queue se balançait dans les airs.

« J’ai l’impression d’avoir été complètement ignorée..., » Kléo laissa échapper un soupir et baissa les yeux.

« Pas vraiment. Je suis heureux de te revoir, Kléo, » lui avais-je dit avec un sourire avant de suivre Draejan vers le terrain d’entraînement.

***

Chapitre 57 : Duel

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

La dernière fois que j’avais marché sur le terrain d’entraînement, c’était lors de mon premier duel avec Sire Draejan. À l’époque, en raison de mon manque de maturité et de mon manque d’adresse, je m’étais trouvé déshonoré et humilié en dépit de ma grande chance et de mes statistiques exceptionnelles. Peu importait le fait que je puisse invoquer un Phœnix de niveau 999 ou que j’étais ami avec Kataryna Georg. Ce qui importait, c’était ma capacité à combattre en utilisant tout ce que j’avais jusqu’à la dernière goutte de force que je pouvais rassembler.

En ce qui concerne cette humiliation que j’avais subie, j’étais en quelque sorte reconnaissant envers Sire Draejan, car cela m’avait fait comprendre que le simple fait d’avoir du pouvoir n’avait pas de sens si l’on ne pouvait pas l’utiliser correctement. Kataryna m’avait également beaucoup aidé à comprendre et à accepter ce fait.

Certes, j’avais beaucoup de points de statistiques, mais je n’avais jamais été capable de les exercer complètement. Ils représentaient en quelque sorte le maximum que je pouvais atteindre, mais même si je pouvais théoriquement soulever une tonne à une main, je ne pensais pas pouvoir le faire et je ne savais pas comment exactement je pouvais exercer cette force pour commencer. Bien que ce soit quelque chose de facile et naturel, même pour les habitants de ce monde, ceux de la Terre avaient d’autres idées en la matière.

Essentiellement, il s’agissait de la façon dont votre esprit percevait les choses et à cette époque, j’avais beaucoup de blocages mentaux et de peurs qui n’arrêtaient pas de me dire que c’était impossible.

Pendant mon séjour dans la forêt Seculiar, l’un des plus gros défis auquel j’avais été confronté n’avait pas été d’atteindre le niveau 1000 ni d’atteindre ma forme de demi-dragon. Non, le plus gros défi auquel j’avais dû faire face ici était d’accepter que le fait que mon corps était effectivement capable d’exercer la quantité de force et de vitesse affichée dans ma fenêtre de statistique.

C’était le truc, le truc derrière cette capacité unique des héros humains. C’est ce qui ne nous avait jamais été expliqué, y compris par ce Dieu.

Même si l’on obtenait soudainement un gain de 100 points de force, alors au premier essai, un terrien pourrait probablement en utiliser 16-20 points. Lorsque nous courions, notre vitesse moyenne n’était pas de 100 km/h, comme on le pouvait. Non, c’était peut-être un maximum de 30-40 km/h. L’utilisation maximale des points statistiques s’est produite lorsque nous essayions vraiment, lorsque nous luttions et essayions de dépasser nos limites.

Cela étant dit, j’étais dans l’impossibilité de combattre Sire Draejan qui s’était entraîné en repoussant constamment ses limites. Quand il utilisait 1000 points de force, je pouvais à peine en utiliser 800. C’était la vérité lors de cette dernière bataille.

J’avais eu des moments de poussées instantanées à la fois de vitesse et de force, mais je ne pouvais ni contrôler ni les utiliser correctement. Je n’étais donc apparu que comme un amateur chahuteur qui manquait à la fois de talent et de coordination aux yeux d’un guerrier entraîné. Kataryna m’avait montré cela très clairement lors de notre petit combat.

Cependant, j’étais différent de mon moi à l’époque. Je pouvais contrôler pleinement mon pouvoir, mes statistiques et toutes les compétences que j’avais acquises au cours de mes jours dans la forêt Seculiar. Plus encore, j’avais surpassé Draejan en tout. De ce fait, j’étais certain.

« Tu es sûr de ça, Alkelios ? » Me demanda Kataryna avec un sourire narquois.

« Il me reste encore quelque chose à te montrer, alors oui. » Je hochai la tête alors que je me préparais à entrer dans la bataille avec le dragon devant moi.

« En tant que roi du royaume d’Albeyater et de celui qui a approuvé ce duel, je demande aux deux duellistes de faire un pas en avant, » annonça Feryumstark en se tenant tout droit sur le podium qui lui était réservé.

Draejan et moi nous étions approchés du centre du terrain d’entraînement.

« Tous deux, voulez ce duel, n’est-ce pas ? » Demanda-t-il.

« Oui. » Avions-nous répondu en même temps ?

« Selon quelles règles souhaitez-vous vous battre ? » S’enquit-il.

« Avec nos meilleures armes et armures. » Déclara Draejan avec un sourire narquois sur les lèvres.

« Ça me va. » Répondis-je avec un haussement d’épaules.

Même s’il voulait que nous fassions une compétition de lutte de boue en bikini, je l’aurais tout de même approuvé, mais plutôt de voir Kataryna et Seryanna baver sur moi ou rire de moi, en fonction des cas, je préférerais voir Draejan porter ça. Cette image de CE dragon dans cette sorte de tenue était… gênante.

« Très bien. Vous avez une demi-heure pour vous équiper. Revenez ici après avoir équipé vos meilleures armes ! » Déclara le roi d’un ton impérieux.

Comme d’habitude, son aura intimidante et imposante était aussi forte que jamais, peu importe où il se tenait ou ce qu’il disait.

J’avais hoché la tête en confirmation, puis j’étais retourné à mon côté du terrain où mes amis m’attendaient.

« As-tu une armure et une arme utilisable ? » demanda Seryanna, inquiète.

« J’en ai. J’ai acquis une compétence de forgeron appelé Rock Hard ! Elle est au niveau maximum. Je peux littéralement fabriquer n’importe quel type d’armes ou d’armures. » Je hochai la tête.

« Hm, Dregarya sera très intéressée par ça. » Fit remarquer Seryanna.

« Qui ? » avais-je demandé, un peu confus.

« Mon amie forgeronne. » Elle me fit un sourire.

« Je vois. » Je hochai la tête.

« Euh… Tu as dit que tu avais une arme et une armure, mais sont-elles dans ta bague ? » Demanda Kléo.

« Non, elles sont dans ma compétence de stockage. Je vais les sortir maintenant et les équiper. » Je lui avais dit cela puis avais commencé à enlever mon armure actuelle.

« Ici ? En public ? » demanda Kataryna.

« À part toi et Seryanna, qui va être excitée en me voyant à moitié nu ? » Lui avais-je demandé en plissant les sourcils après avoir enlevé mon plastron.

J’avais une chemise enchantée à manches longues en dessous pour agir comme une protection entre ma peau et l’armure. Une chose que j’avais remarquée après avoir porté une armure dans ce monde, c’était le fait que ça grattait partout ! C’était un cauchemar…

« Mais euh... tu portes toujours des vêtements..., » déclara Kataryna, déçue.

« Perverse, » Je plissais les yeux vers elle.

« Moi ? Et elle ? » Elle désigna Seryanna… qui bavait.

« Euh… ça va ? » Lui avais-je demandé.

« Hein ? Oui… je vais bien… je pense… à… à des choses..., » répondit-elle en essuyant rapidement sa bave.

« Tu devrais faire attention ce soir. Verrouille la porte. » Murmura Kléo.

J’avais poussé un soupir en réponse.

Note à soi : faire un souhait contraceptif pour ce soir… Pensais-je en jetant un coup d’œil à une Seryanna gênée.

Avec cette armure enlevée, j’avais activé ma compétence de stockage nommé Trou Noir. Le nom convenait bien parce que ça créait littéralement un trou noir devant moi. Ce n’était pas de la matière ou quoi que ce soit, c’était juste un gros orbe noir qui surgissait de nulle part.

Quand je l’avais acquis, j’étais très inquiet de l’utiliser, car je pensais aux trous noirs trouvés dans l’espace et à l’effondrement d’une étoile. Cependant, le piège à souris caché dedans n’était pas drôle. Il y a eu un clack, et j’avais souffert au moment où j’avais placé ma main dedans. Parmi tous les objets pouvant s’y trouver, pourquoi un piège à souris ?

Quoi qu’il en soit, j’avais activé la compétence et stocké l’armure que je ne portai pas, puis j’avais sorti celle que je comptais utiliser lors de ce duel. Ce qui était sorti de l’orbe noir, c’était une armure élégante qui me recouvrait de la tête aux pieds. C’était une armure composite, ce qui signifiait que chaque plaque était conçue à partir de plusieurs matériaux différents, le tout dans le but d’améliorer l’un ou l’autre attribut. Le premier étant un amortisseur de choc physique, le second un absorbeur d’énergie magique, le troisième utilisait l’énergie magique pour améliorer encore les enchantements existant sur chaque plaque ou écaille individuelle comme je les appelais, celle-ci étant la matrice du matériau. Les couches internes améliorent le mouvement et réduisent les frottements entre certains éléments, rendant l’utilisation des compétences physiques plus faciles et naturelles. Il y avait aussi une couche thermique qui maintenait la température interne à 24 °, ce qui pouvait être ajusté à tout moment. La couche thermique externe se trouvait sous les écailles et pouvait résister aux températures de cuisson d’un four. Les enchantements m’avaient permis d’encore améliorer ces capacités, mais dans l’ensemble, il s’agissait d’une véritable armure optimisée par magie, le genre que l’on pouvait souvent voir dans les films ou les jeux de science-fiction. C’était génial, et elle pouvait même changer de forme et devenir plus grande quand je changeai de forme.

« C’est impressionnant ! » déclara Brekkar derrière moi.

« Gya! » J’avais sursauté quand je l’avais entendu.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-il, un peu confus.

« Tu l’as surpris, grand-père. » Déclara Kléo en essayant de se retenir de rire.

« Ouais… ne te faufile pas comme ça, vieux ! Tu vas provoquer une crise cardiaque à quelqu’un ! » Répondis-je.

« Hey ! C’est méchant ! Je suis toujours considéré comme un beau dragon ! » Répondit-il.

Nous avions tous plissé les yeux vers lui, preuve que nous ne croyions pas ses paroles.

« Bon ! En tout cas, qu’en est-il de ton arme ? » demanda-t-il avec curiosité en changeant de sujet.

« Oh, je vais utiliser ces deux-là, » déclarai-je en réactivant ma compétence trou noir.

De l’intérieur, j’y avais retiré une paire d’épées longues, une noire comme du charbon, l’autre blanche comme de la neige. Les épées étaient aiguisées et brillantes, montrant la qualité de leurs matériaux. De petites runes brillant d’une lumière émeraude pouvaient être vues, et un cristal noir était placé dans le pommeau, enfermé dans le même métal luisant que celui composant l’épée. La poignée était recouverte d’une épaisse couche de peaux de monstres, qui offrait une bonne prise ainsi qu’un meilleur transfert de magie entre l’utilisateur et la lame.

En les sortant, une aura noire apparut autour de la lame noire, tandis qu’une blanche était apparue sur l’autre. Elles vibrèrent comme si elles étaient heureuses que je les utilise.

« Celle-ci est Enfer. Elle contrôle l’élément ténèbres. » J’avais dit ça en levant l’épée noire. « Celle-ci est Paradis. Elle contrôle l’élément lumière. » J’avais soulevé la blanche.

« Impressionnant… mais deux éléments opposés ? Ça ne sera pas difficile à contrôler ? » Demanda Brekkar.

« Pas du tout, » répondis-je en secouant la tête.

« Qui les a fabriqués ? » demanda Kataryna avec un regard curieux.

« Je les ai faites. » J’avais répondu avec un sourire.

« Si je ne me trompe pas, ces deux armes sont assez puissantes pour être appelés armes légendaires ou même artefacts inestimables… n’est-ce pas un peu trop de les utiliser en duel contre ce type ? » Demanda Kataryna en montrant l’autre camp.

« Je vais juste poser cette question une fois. Tu ne veux vraiment pas les voir en action ? » Lui avais-je demandé.

Après un moment de réflexion, la dragonne argentée répondit : « s’il te plaît, libère toutes leurs puissances contre ce dragon. »

« Je le pensais bien. » J’avais ri.

« Est-ce que ça va aller ? » Demanda Seryanna un peu inquiète.

« Si je fais attention et que je ne baisse pas ma garde, tout devrait aller bien pour moi. » Répondis-je d’un signe de tête.

« Vas-tu compter sur ta chance ? » Demanda Kataryna en haussant les sourcils.

« Pas autant qu’avant, » déclarai-je en secouant la tête. « J’ai appris ma leçon. La chance est une arme terrifiante si utilisée correctement, mais il ne faut pas en dépendre. » Répondis-je.

« C’est bien. » Elle acquiesça.

Après avoir correctement mis mon armure et mes armes, j’étais entré dans le cercle marqué de pierre au milieu du terrain d’entraînement, l’arène devant servir de lieu pour notre duel.

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