Wortenia Senki – Tome 4 – Chapitre 4 – Partie 7

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Chapitre 4 : La vengeance d’Helena

Partie 7

Mais le problème était que quelqu’un pourrait décider de le faire sans qu’elle le sache. Dans ce cas, tout irait bien si l’assassinat se déroulait sans problème. Si cela dissipait les inquiétudes de Rhoadseria, Helena n’aurait qu’à ravaler ses propres appréhensions et sentiments sur la question.

Mais que se passerait-il si l’assassinat échouait ?

Si cela devait arriver, Ryoma Mikoshiba ne pardonnerait jamais le royaume de Rhoadseria. Il le verrait comme le royaume qui l’avait trahi. Et pourtant, Helena était un chevalier de Rhoadseria. Elle devait combattre quiconque cherchait à nuire à son pays.

« Mais s’il devait se lever contre Rhoadseria… Alors… »

Ce fut une décision terriblement amère pour Helena, et un avenir qu’elle ne souhaitait pas voir se réaliser.

Mais Chris n’avait pas pu entendre Helena finir cette phrase.

« « « Ooooooooh ! » » »

« « « Nous les avons attrapés ! Nous les avons ! » » »

Les acclamations qui s’élevaient du champ de bataille noyèrent ses paroles…

« Vous n’êtes pas blessé, n’est-ce pas ? Nous allons briser l’encerclement ici… Ne lâchez pas mes mains, compris ? Ne vous retournez pas, et gardez les yeux sur moi ! »

Albrecht courait pour tenter de briser l’encerclement, avec sa femme et sa fille dans son dos. Les chevaux de leur voiture avaient été rapidement tués, réduisant le véhicule en une masse de bois immobile. Albrecht avait rapidement aidé sa famille à descendre de la voiture et ils tentèrent de s’enfuir dans la forêt.

Cependant, à ce stade, l’encerclement d’Helena n’était pas un filet déployé autour d’eux, c’était une cage, les enfermant et bloquant tout chemin de fuite. Il n’avait pas d’autre choix que de vaincre les chevaliers qui se rapprochaient de lui. Le monde n’était pas été assez gentil pour permettre à une tactique aussi téméraire de réussir. Ses tentatives d’évasion répétées avaient coûté la vie à quelques-uns des chevaliers qui étaient encore à ses côtés, et il était désormais complètement entouré d’ennemis.

« Père… » Sa fille le regarda avec une expression pâle, sentant la soif de sang qui les entourait.

Il y avait quelques semaines à peine, elle était l’une des jeunes femmes les plus importantes du pays. Elle n’était pas du tout assez endurcie pour résister à la sauvagerie sanguinaire du champ de bataille. Le voyage à Tarja avait également épuisé son endurance.

« Ça va aller, suivez-moi ! Vous n’avez qu’à courir et à garder les yeux sur mon dos ! »

Albrecht éleva la voix pour encourager les deux femmes.

Il pouvait dire que s’il montrait le moindre signe de faiblesse, leur cœur allait probablement se briser.

« Tout ira bien. Crois-en ton père », dit sa femme, à laquelle sa fille fit un signe de tête.

Bien qu’elle n’avait pas vraiment le choix.

« Allons-y ! », dit Albrecht.

Les chevaliers qui l’accompagnaient firent un signe de tête. Seuls quatre d’entre eux restèrent sur les trente envoyés avec sa voiture.

« « « Ooooooooh ! » » »

Tous les quatre chargèrent le mur de soldats qui leur bloquaient le chemin. Ils brandirent leur épée, levèrent leur bouclier, forçant leur corps à passer. La vision de ces chevaliers agitant leur épée et criants était similaire à celle d’un groupe de chiens enragés. Ils avaient complètement abandonné l’idée de se défendre, sachant que la fin du général Albrecht signifierait de toute façon leur propre fin. Cette connaissance les réduisait à tenter des choses téméraires.

« Seigneur, maintenant ! Là-bas ! »

Les soldats de la défense avaient été accablés par leur charge imprudente, faisant s’effondrer l’encerclement pendant un moment.

« Allons-y ! Gardez les yeux en avant et allez droit dans la forêt ! »

La femme et la fille d’Albrecht hochèrent la tête et, après confirmation de sa part, le trio s’était mis à courir.

« Dépêchez-vous, seigneur ! »

Avec les cris de leurs chevaliers qui les poussaient à avancer, le trio se précipitait vers l’avant sans se retourner. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres des bois.

Juste un peu plus ! Si nous pouvons courir dans la forêt, nous pourrons probablement nous enfuir ! Nous devons juste continuer à avancer !

Bien sûr, entrer dans la forêt ne garantissait pas leur sécurité. Mais leurs chances de survie étaient d’autant plus élevées qu’ils pouvaient briser ce blocus.

« Aaaaaaaaah ! »

Sa fille cria dans son dos.

« Comment osez-vous ! Retirez vos mains ! Lâchez-moi… ! »

La voix de sa femme avait également été entendue, mais elle avait été coupée par le son émoussé de la chair battue.

« Mère… ! Arrêtez ! Ne la frappez pas ! »

Le général Albrecht se retourna, mais il était confronté à la vue de sa femme accroupie et de sa fille tourmentée par les soldats. La bouche de sa femme dégoulinait de salive et de vomi. Elle avait probablement été frappée. Lever la main sur une femme était méprisable du point de vue de la chevalerie, mais un tel idéalisme avait rarement sa place sur le champ de bataille. Le général Albrecht hésita.

Bon sang ! Nous étions si près… ! Qu’est-ce que je fais, je les sauve… ? Non, je n’y arriverai jamais. Est-ce que je retourne dans cette situation… ? Mais je ne peux pas abandonner ma fille ici…

Le regard du général Albrecht croisa celui de sa fille. Ses yeux l’imploraient de la sauver, elle et sa mère. Mais le général Albrecht ne bougea pas. Il était à deux doigts, à deux doigts de s’en sortir… !

Sauver sa femme et sa fille ici était tout simplement impossible. Son côté froid l’incitait à privilégier le pragmatisme. Mais cela aussi était impossible. Il ne pouvait pas non plus les abandonner et s’enfuir. Cela lui enlèverait toute chance de faire un retour.

Les abandonner et m’enfuir seul ? Qu’est-ce que cela me donnerait ? Je doute que Tarja me donne même un refuge dans ce cas…

La seule raison pour laquelle le royaume de Tarja lui donnerait asile était que sa femme était la fille d’une famille de nobles de Tarjan. S’il devait abandonner sa femme et s’enfuir, sa famille ne lui pardonnerait jamais. L’instinct de conservation liait son corps. Quel que soit le choix qu’il ferait, il le mènerait tout droit à sa perte.

« Jetez vos armes, Général Albrecht ! »

Un des chevaliers s’avança.

« Faites-le, ou choisissez la mort ! »

L’hésitation du général Albrecht donna aux chevaliers d’Helena la possibilité de l’encercler, rendant sa situation complètement désespérée.

Bon sang !

Les chevaliers lui barraient la route vers la forêt, et il ne semblait pas qu’il soit capable de percer. Toutes les chances qu’il avait de sauver sa famille ou de fuir en toute sécurité s’étaient envolées.

« Que ferez-vous ? Allez-vous rester là à nous regarder décapiter votre femme et votre fille ?! »

Des mots sans aucune pitié avaient été prononcés une fois de plus à l’encontre du général Albrecht. Sa femme et sa fille avaient les mains coincées dans le dos, avec des épées pointées dans leur direction.

« Bien-aimé… »

« Père… »

Leurs deux yeux l’appelaient en tant que mari et père. Cette bataille était déjà bien décidée.

Faire du boucan ici ne me donnera rien. Toute tentative de résistance ne ferait que leur donner une excuse pour nous exécuter. La justification… Tant que j’ai la possibilité de me disculper, je peux faire quelque chose ! Au moins, Lupis n’exécutera pas ma femme et ma fille !

Albrecht jeta son épée au sol.

« Très bien. »

Albrecht fit sortir les mots du fond de son cœur.

« Je… je me soumets. »

Mais tandis qu’il prononçait ces mots, son esprit s’accrochait à l’unique espoir qui lui restait.

« Très bien ! »

Les chevaliers firent un léger signe de tête et levèrent les mains.

Plusieurs chevaliers se précipitèrent sur le général Albrecht, et lui lièrent les mains avec des chaînes.

« « « Ooooooooh ! » » »

« « « Nous les avons attrapés ! Nous les avons ! » » »

Les acclamations résonnaient à travers la forêt. Tous levèrent leur épée en l’air pour célébrer.

« C’est enfin terminé ! Une nouvelle ère pour le Royaume de Rhoadseria commence ! »

« Gloire à Son Altesse ! Prospérité éternelle pour le Royaume de Rhoadseria ! »

Les chevaliers élevèrent la voix dans des acclamations enthousiastes.

« Que vais-je devenir maintenant ? Où aura lieu mon procès ? Garantissez-vous ma sécurité jusqu’au verdict ? », demanda le général Albrecht à un chevalier voisin.

« Un procès ? Vous pensez être en mesure d’exiger un procès ? », répondit le chevalier avec un regard froid et glacial.

« Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ?! »

Le général Albrecht oublia qu’il venait d’être arrêté et essaya d’attraper le chevalier.

« Je me suis rendu ! J’ai droit à un procès équitable ! »

Il s’était rendu uniquement parce qu’il pensait que la princesse Lupis le ferait juger. Il ne serait pas tué sans qu’aucune question ne lui soit posée, et sa sécurité serait garantie jusqu’à ce que le procès soit décidé. Il comptait sur la gentillesse et la crédulité de la princesse, croyant qu’au moins sa famille serait épargnée.

Mais tout cela avait été complètement renversé.

« Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce que la princesse, est-ce que la princesse Lupis a ordonné cela ?! »

Si c’était le cas, alors le général Albrecht avait complètement mal jugé Lupis Rhoadseria en tant que personne.

C’est impossible, cette femme n’a pas la capacité d’ordonner quelque chose comme ça… !

Lorsqu’elle était poussée trop loin, la pitié n’était rien d’autre que de la naïveté, et c’est la raison pour laquelle le général Albrecht n’avait jamais vu en Lupis qu’une marionnette à manipuler. Si elle était vraiment capable de cela, alors le général Albrecht serait volontairement entré de lui-même dans une mort honteuse et exaspérante.

Mais la réalité était encore plus impitoyable qu’il ne l’avait imaginé.

« Non, c’est faux ! »

Les chevaliers entourant Albrecht s’écartèrent, ouvrant la voie. Et le long du chemin qu’ils avaient ouvert, un chevalier en blanc, vêtu d’une armure d’ébène, d’un casque et d’une cape, marchait d’un pas assuré.

« Vous semblez mal comprendre les choses… Général Albrecht. »

« Cette voix… Et cette armure ! »

Le général Albrecht était devenu pâle.

« Tu es Helena… Helena Steiner ! Comment peux-tu être ici… ?! Tu devrais être dans l’attaque d’Héraklion ! »

Le chevalier retira son casque, se révélant en effet être Helena Steiner.

« Dame Helena Steiner ? La déesse blanche de la guerre de Rhoadseria ? »

« Est-ce… vraiment Dame Helena ? »

La femme et la fille d’Albrecht s’étonnèrent de l’apparition soudaine d’Helena. Elles ne s’attendaient pas à rencontrer une héroïne nationale ici. Helena fit un doux signe de tête aux deux femmes et leva un doigt sur ses lèvres pour les faire taire. Elle rendit ensuite son regard au général Albrecht.

« Pensais-tu que je ne pouvais pas prédire ce que tu allais penser ? »

« Tu dis que tu as anticipé ce que je ferais ?! C’est impossible… ! Tu ne pourrais jamais faire ça ! »

Albrecht éleva la voix avec colère.

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