Wortenia Senki – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 2

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Chapitre 2 : Un messager inattendu

Partie 2

Tout à coup, la toile de la tente s’était déchirée et Meltina s’était précipitée à l’intérieur derrière Lupis. Après tout, même une tente solide, faite pour résister à la pluie et au vent, était en tissu et pouvait facilement être déchirée par une épée.

« Meltina ! »

« Venez, Votre Altesse, nous devons nous dépêcher ! »

Meltina fit sortir Lupis de la tente par la déchirure, dans un périmètre qui était complètement entouré de chevaliers. Alors que la princesse Lupis était encore sous le choc, incapable de suivre l’évolution rapide de la situation, Meltina haussa la voix.

« Seigneur Mikoshiba, j’ai sécurisé Son Altesse ! »

Comme pour répondre à ses paroles, les chevaliers avaient tous incliné les torches qu’ils tenaient en avant.

« Très bien. Faites-le ! »

Sur l’ordre de Ryoma, plusieurs dizaines de torches furent lancées sur la tente, éparpillant braises et étincelles qui s’envolèrent dans les airs.

« Attendez, non, vous ne pouvez pas le tuer… ! », cria Lupis aussi fort qu’elle le pouvait.

« Meltina, s’il vous plaît ! Vite, allez chercher de l’eau ! Éteignez ces flammes ! »

Au moins pas tout de suite ! D’après ce qu’a dit ce Sudou, Mikhail est peut-être encore…

Cette émotion avait fait avancer la princesse Lupis. Elle savait que les chances étaient faibles, mais les gens avaient une façon de s’accrocher à l’espoir qui se trouvait devant eux. Mais ses paroles arrivèrent bien trop tard, et la rafale de torches avait déjà enflammé la tente. En outre, les chevaliers avaient déjà dégainé leurs épées, s’attendant à ce que Sudou sorte de la tente. Toutes les personnes présentes étaient déterminées à livrer la mort à l’intrus qui s’était glissé dans la tente de la princesse.

« Que dites-vous, Votre Altesse ? N’est-ce pas un assassin ? », demanda Meltina.

Elle avait elle aussi du mal à comprendre la situation. On l’avait réveillée de son lit, on lui avait dit que la princesse Lupis était en danger. Elle s’était alors précipitée vers elle après avoir mis son armure. Elle s’était alors contentée de suivre les instructions de Ryoma.

Meltina ne savait pas ce qui se passait, et ne pouvait pas comprendre ce que la princesse Lupis disait. Elle n’avait aucune idée de l’allusion que Sudou avait faite quand à la survie de Mikhail.

« Oubliez tout ça, sauvez-le, sauvez Sudou ! »

Lupis ordonna à ses hommes de sauver Sudou de la gueule de la mort.

Accablée par les cris de colère de la princesse Lupis, Meltina déplaça son regard vers la tente en feu.

« Mais… À ce stade, c’est… »

Le feu avait complètement dépassé la toile qui constituait la tente, qui était maintenant réduite à un énorme feu de camp. Entrer dans cette tente serait se jeter dans l’un des deux destins suivants : suffoquer par manque d’oxygène ou prendre feu et brûler à mort. Peu importe ce qui s’était passé, il était peu probable que Sudou survive.

Mais c’était alors que le son des voix choquées des chevaliers parvint aux oreilles de Meltina.

« Oh ! Il vient de… ! »

« Préparez les lances ! En avant ! En avant ! »

« Ne le laissez pas s’échapper ! »

Les chevaliers de l’autre côté de la tente crièrent.

« Meltina ! »

« Oui ! »

Meltina ne comprenait toujours pas la situation, mais elle savait que la princesse Lupis souhaitait que la vie de cet assassin soit sauvée. Meltina s’était donc mise à réaliser les souhaits de sa maîtresse, bien qu’elle ne comprenait pas les raisons.

« Ma parole… C’était une chose horrible à faire… Je suis peut-être un ennemi, mais vous pourriez faire preuve d’un peu plus de pitié. Brûler une personne vivante… C’est inacceptable. Tout simplement inacceptable. Je dirais que ça va à l’encontre de la décence humaine. »

Sudou était apparu devant Ryoma. Ses vêtements étaient carbonisés ici et là, mais il n’avait aucune blessure visible.

« Es-tu vraiment humain… ? »

Même s’il était calme, Ryoma ne pouvait pas retenir sa surprise à la vue de Sudou sortant calmement de l’entrée de la tente en feu.

« Ah, tu t’es enfin rappelé comment parler, hein ? Comme c’est heureux. »

Mais Ryoma avait simplement ignoré ses mots, dégainant son katana.

« Hmm, tu es redevenu calme ? Même la brusquerie devrait avoir ses limites… »

Mais Ryoma ignora les sarcasmes de Sudou, cachant le katana avec son corps en le tenant dans une position de flanc, il réduisit ainsi l’écart entre eux en un instant. Et puis, le regard fixé sur l’abdomen de Sudou, il fit avancer son épée.

À ce moment, le bruit sourd du métal qui s’entrechoquait retentit, tandis qu’une gerbe d’étincelles s’épanouit entre les deux.

« Pourrait-on régler cela un autre jour, vu la légèreté de mon armement ? Cela devient vraiment trop lourd à porter, même pour moi. »

À un moment donné, un poignard était apparu dans les mains de Sudou. Celui-ci parla tout en l’utilisant pour parer l’attaque de Ryoma. Il était difficile de dire s’il parlait sincèrement ou non, s’il avait vraiment le loisir de rester calme ou non. Aucun des chevaliers environnants ne pouvait dire ce que pensait Sudou, même Ryoma ne pouvait pas le savoir. Mais Ryoma ne se souciait que d’une seule chose en ce moment, et ce n’était pas les intentions de cet homme.

Après tout, les intentions d’un homme mort n’avaient pas la moindre importance.

La jambe droite de Ryoma heurta le sol de plein fouet. Sudou évita de marcher sur l’avant de sa jambe, ce qui fit perdre à Ryoma sa concentration pendant une fraction de seconde, ce que Sudou avait pris comme une chance de creuser l’écart entre eux.

« Hmph… C’est affreux. Tu n’écoutes pas un mot de ce que je dis… Je ne peux pas me permettre de te combattre ici… »

Mais si Sudou n’avait aucune volonté de se battre, c’était tout le contraire pour Ryoma. Il tenait silencieusement le katana au-dessus de sa tête, sollicitant ses muscles pour lui porter une taillade. Ses yeux brillaient d’une sombre soif de sang, qui menaçait Sudou.

« Une position au-dessus de la tête, la position de frappe… C’est problématique… » murmura Sudou de façon presque résignée.

J’ai essayé de le secouer autant que je pouvais, mais rien ne marche. J’ai pensé que ça pourrait faire vaciller son jeu d’épée, mais ça n’a rien fait. Il lit même calmement mes actions… Il a probablement réalisé que tout ce que j’ai, c’est cette dague pour me défendre…

Il avait laissé derrière lui son épée habituelle et les nombreuses armes qu’il avait gardées cachées dans ses vêtements, car elles l’auraient alourdi dans sa nage à travers Thèbes. Sa seule arme était ce poignard, et ayant réalisé cela, Ryoma avait choisi la position du feu. La position la plus agressive, qui était aussi la moins adaptée à la défense, une position qui était à bien des égards imprudente. Mais avec seulement un poignard en main, Sudou ne pouvait pas bloquer le coup d’épée qui arrivait.

Il était évident que même s’il parvenait à la bloquer, il serait maîtrisé. Le katana levé s’abattrait sur lui avec toute la force de Ryoma et son poids, qui était le double de celui de l’homme du commun. Le mieux qu’il pouvait faire était de prévoir sa portée et d’essayer d’éviter complètement la taillade oblique.

Quel ennui… Je ne peux pas me permettre de mourir ici… Mais en même temps, je ne peux pas le tuer sans l’évaluer correctement…

Sudou tourna sa conscience vers ses propres chakras, mais c’était alors que la déesse du destin lui sourit.

« Seigneur Mikoshiba, arrête ! Ça suffit ! »

Meltina s’interposa entre eux, pour finalement apparaître sur la scène.

Elle avait dû sprinter, car sa poitrine bien galbée se soulevait et s’abaissait avec une respiration fatiguée.

« Qu’est-ce que tu fais… ? Pourquoi m’arrêtes-tu ? » demanda Ryoma tout en gardant sa position.

Son regard était toujours fixé sur Sudou.

Sa voix était aussi aiguisée qu’une lame, c’était contraire à son ton habituel.

« Je ne le sais pas moi-même ! Mais Son Altesse l’a ordonné ! »

« La princesse Lupis… ? Est-ce vrai ? »

« Oui, il n’y a pas d’erreur. Elle m’a donné l’ordre direct de l’épargner. »

Sur ses paroles, Ryoma expira et baissa son épée. Mais il avait seulement changé sa position pour se mettre en position basse, afin de pouvoir couper Sudou au cas où il ferait quelque chose de suspect. Il n’avait pas laissé l’insouciance se faufiler dans son cœur.

« Bien. Je ne vais pas l’abattre pour l’instant, mais nous devons comprendre la situation. Je suis désolé, mais pourriez-vous faire venir Son Altesse ? »

« Je suis là ! »

La princesse Lupis s’était précipitée, en courant entre les chevaliers.

Ryoma lui demanda alors. Son attitude était peut-être trop grossière, vu qu’il s’adressait à la royauté, mais personne ne reprochait à Ryoma cette situation. Même si c’était un ordre de la princesse Lupis, personne ne voyait de raison de maintenir en vie un intrus qui s’était faufilé dans le camp sous le voile de la nuit.

« J’ai entendu ce que Dame Meltina a dit… Pourriez-vous expliquer ce qu’elle voulait dire ? »

« Très bien. Mais d’abord, je dois demander quelque chose à cet homme. », dit la princesse Lupis en faisant un signe de tête.

Elle tourna ensuite son regard vers Sudou.

« Vous vous appelez Sudou, oui ? Je voudrais vous parler. Pourriez-vous venir avec moi ? »

« Oui, oui. Bien sûr. »

Sudou avait accepté avec plaisir la proposition de la princesse Lupis.

« J’aimerais que les choses se calment et que nous poursuivions notre conversation de tout à l’heure. »

« Alors, Mikoshiba, faites préparer une nouvelle tente, s’il vous plaît. Meltina, va appeler Helena et les autres. »

« Très bien… Mais faites attention… »

Alors que Ryoma n’était pas du tout convaincu, il était parti avec Meltina pour faire ce que la princesse Lupis lui avait ordonné.

« Votre Altesse… Pourquoi rassemblez-vous des gens ? Je préférerais de loin vous parler en privé, » demanda Sudou avec suspicion après avoir entendu les mots de la princesse Lupis.

Il avait jugé d’après son comportement que la princesse Lupis était intéressée par des négociations, et le fait qu’il n’avait pas été tué signifiait qu’elle était intéressée par l’état de Mikhail. Mais elle avait quand même réuni des gens.

Pourquoi ?

La princesse Lupis laissait ses émotions personnelles s’exprimer, et elle ne voulait pas que les gens le voient.

« Lorsqu’il s’agit de décider des affaires de l’État, même un dirigeant ne peut pas faire de choix arbitraires. Ou me direz-vous que vous ne parlerez que si nous sommes tous les deux ? »

Sudou réalisa qu’il avait pris la princesse à la légère.

Hmm… Il semblerait qu’elle ne soit pas aussi idiote que je le pensais. Mais cela ne m’oblige qu’à reformuler un peu les choses… Ce n’est encore qu’une princesse inexpérimentée… Le problème, c’est cet homme… Je savais qu’il serait impressionnant, puisqu’il a tué Gaius Valkland, mais… Il est vraiment gênant. Je peux comprendre comment il a réussi à échapper à Saitou.

Sudou avait lutté pour contenir la soif de sang noir qui montait dans son cœur. Il n’était pas encore temps de s’impliquer avec Ryoma Mikoshiba. Sudou avait une mission à accomplir.

Même si je finis par le faire tuer, il ne peut pas être traité de la même façon qu’une autre cible… S’impliquer avec lui inutilement serait dangereux… Mais qu’il en soit ainsi. Pour l’instant, je dois me concentrer sur la tâche à accomplir.

Il avait ainsi rapidement calculé ses choix et s’était incliné devant la princesse Lupis pour donner son accord.

Dans une tente nouvellement préparée se tenaient seize personnes. La princesse Lupis, Meltina, Helena et Ryoma étaient naturellement présents, mais aussi les confidents personnels de Ryoma, Laura, Sara, Lione et Boltz, ainsi que le comte Bergstone et d’autres nobles de la faction neutre. En d’autres termes, tous ceux qui constituaient le noyau de la faction de la princesse.

Leurs regards étaient tous tournés vers l’homme mystérieux qui se présentait sous le nom de Sudou, qui avait finalement écarté les lèvres et parlé avec détermination.

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