Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : L’oiseau qui ne pépie pas

Partie 3

Le crépuscule qui approchait commençait à peindre le ciel en rouge.

Comme promis, Takumi et ses camarades ramenaient Lise à la maison, et ils marchaient actuellement dans les rues après être descendus de la gondole.

« Merci de m’avoir raccompagnée chez moi. »

L’archevêque inclina la tête et Takumi lui serra la main.

« Je tiens toujours mes promesses. Je suis désolé d’avoir interrompu vos recherches, » déclara Takumi.

« Ça ne me dérange pas. Si j’avais pu, j’aurais aimé goûter au dessert de Mirta, » répliqua Lise.

« Ouais... elle s’est enfuie précipitamment pour le “spectacle de marionnettes”, » déclara Takumi.

Mirta était contente que Lise ait apprécié la nourriture. Ainsi, elle avait même commencé à préparer un dessert, mais elle avait remarqué qu’il se faisait tard et elle était partie sans le finir.

« Le fabricant de poupées avait terminé son travail, mais elle ne pouvait pas rater la pièce, » expliqua Takumi.

« Je ne m’attendais pas à ce que vous travailliez même comme fabricant de poupées et comme compagnie théâtrale, » déclara Lise.

« Ah, eh bien, nous prévoyons de faire un peu de tout, » répondit Takumi.

« ... Vous êtes des gens étranges. J’ai entendu dire que vous étiez à l’origine une entreprise illégale de la ville basse, alors je pensais que vous ne faisiez que des boulots effrayants, » déclara Lise.

Karin affichait une expression compliquée en regardant les yeux légèrement brillants de Lise.

« ... Takumi, veux-tu vraiment qu’elle le croie ? » demanda Karin en un murmure.

« Pourquoi pas ? De toute façon, elle n’a pas demandé directement, » répondit-il.

Les deux parlaient à voix basse, de sorte que l’enfant ne pouvait pas entendre.

Il avait utilisé un code.

Le spectacle de marionnettes était en vérité une livraison de marchandises de contrebande, le fabricant de poupées était la vente, et les marionnettes étaient la méthode de commerce, qui consistait à cacher les choses dans un faux corps dans un cercueil.

Vatel avait inventé tout cela, et seuls les membres de Suzuran pouvaient comprendre le vrai sens de ces mots.

Karin était désolée de voir que Lise leur faisait confiance, mais ce genre de travail n’était pas quelque chose qu’une enfant comme elle devait savoir. Bien que le cadavre qu’ils utilisaient ne soit pas réel, elle aurait montré son indignation et les aurait grondés pour avoir utilisé des méthodes aussi blasphématoires.

« Alors, Lise, comment s’est passée votre première fois dans la ville basse ? » demanda Takumi.

Après leur repas, Takumi et les autres l’avaient emmenée faire un tour.

Elle ne pouvait pas voir la ville basse depuis la cathédrale ou le château parce qu’elle se trouvait derrière les zones supérieure et intermédiaire. C’est pourquoi, si le temps le permettait, elle voulait visiter autant d’endroits qu’elle le pouvait.

« Vous avez vu quelque chose que vous ne pouvez pas regarder de là-haut, » déclara Takumi.

« ... Tout à fait. J’ai vu l’incarnation de l’enfer sur terre, » répliqua Lise.

Se souvenant de ce qu’elle avait vu, Lise poussa un profond et lourd soupir.

« Beaucoup de gens bourrés qui dorment dans leur vomi et leurs excréments en plein jour... des marchands et marins se battent au hasard entre eux tout en étant entourés d’individus qui les ont poussés à la violence... Les enfants en profitent pour voler des marchandises... La ville basse est-elle toujours aussi chaotique ? » demanda Lise.

« Non, d’habitude, c’est encore pire, » répliqua Takumi.

« Tout à fait. Les personnes qui dormaient crient sur les combattants pour qu’ils se taisent, et les choses finissent dans d’énormes bagarres, » déclara Karin.

« Ouaip ! Puis les gardes se joignent à nous et étouffent tout ! » déclara Takumi.

« ... Certes, je peux facilement l’imaginer, » déclara Lise.

Le ton de l’archevêque indiquait qu’elle était résignée, mais son expression s’était quelque peu détendue à mesure que son regard s’éloignait, comme si elle regardait un pays lointain.

« C’est le pire, le plus horrible endroit que j’aie jamais vu..., » déclara Lise.

Puis, sa voix était devenue un murmure.

« ... mais je ne peux m’empêcher de l’envier, » murmura-t-elle.

Elle vivait dans un monde complètement différent, et bien qu’elle admirait encore le paysage urbain autour d’elle, elle avait fini par baisser les yeux.

« Vous êtes tous si libres. Même l’oiseau pervers et le drakonide sensuel sont, bien qu’étant des demi-hommes, des existences qui ne devraient pas pouvoir s’amuser et être aussi bruyantes étant donné l’environnement hostile qui les entoure, » continua Lise.

Ses lèvres se plièrent légèrement en un petit sourire en se souvenant du comportement insouciant de ce duo.

« Les gens qui vivent dans la ville basse sont pauvres et luttent pour survivre, poursuivant les quelques choix qu’ils ont... mais tout de même, ils n’ont pas perdu la liberté dans leur cœur, » déclara Lise.

Sa réponse avait pris une direction philosophique tandis que son sourire était devenu légèrement plus grand.

« Voir des personnes agir comme ça, c’était... vraiment sympa, » continua Lise.

Sa résignation et une ombre d’envie lui peignirent le visage, ainsi que l’espoir.

En la voyant, Takumi se frotta la tête.

« Si vous êtes jalouse, pourquoi n’essayez-vous pas aussi d’agir comme nous ? » demanda Takumi.

« Parce que... Je ne peux pas le faire, » déclara Lise.

Ses paroles s’étaient répandues sur ses lèvres alors que des larmes coulaient le long de ses yeux.

« L’oiseau en cage... ne pourra jamais gazouiller librement, » déclara Lise.

Dès qu’elle avait regardé vers le bas en bougeant les mains, une voix inattendue s’était fait entendre.

« Vous vous rattrapez vite, Lise Crest. »

Tout son corps avait commencé à trembler.

« Comment cette ordure répugnante ose-t-elle emmener mon invitée faire un tour ? »

Une épaisse arrogance imprégnait ces mots, et bientôt, l’orateur était apparu.

« Lise... nous ne vous avons pas trouvée dans la cathédrale et nous nous sommes inquiétés, » continua l’homme.

« ... Je suis désolée, Seigneur Kiad, » déclara Lise.

En la voyant s’incliner en s’excusant, il lui grogna dessus.

« Maintenant... les voyous qui ont enlevé l’archevêque méritent une punition exemplaire..., » déclara Kiad.

Un simple geste de sa main, et beaucoup de soldats arrivèrent en dégainant leur épée. Ils faisaient la fierté de Richtert : les chevaliers magiques.

« S’il vous plaît, attendez une minute ! Ils n’ont rien fait de mal ! Je –, » commença Lise.

« Qui a dit que vous pouviez parler ? » demanda Kiad.

Il grogna et la saisit par son cou mince.

L’enfant avait lutté en subissant une agonie alors que ses voies respiratoires étaient écrasées.

« Vous êtes très sage malgré votre jeune âge. Je pensais que vous connaissiez votre place, et vous avez même dit tout ça il y a une minute, mais vous n’étiez probablement pas assez instruite... ! » déclara Kiad.

Il l’avait facilement soulevée et l’avait jetée de force loin de Takumi et des autres, qui avaient regardé la scène sans bouger d’un pouce.

« Oh, vous n’étiez pas de bons amis ? Je pensais que vous essaieriez de l’aider, » déclara Kiad.

« ... Croyez-vous vraiment qu’on tomberait dans le piège d’une provocation aussi minable ? Vous devez trouver quelque chose de mieux, » déclara Takumi.

« Haha... Je ne savais pas que les ordures pouvaient être intelligentes. Si seulement vous aviez essayé de me toucher, on aurait lavé les rues avec votre sang, » déclara Kiad.

Un sourire tordu se fendit sur son visage alors qu’il poussait légèrement Lise, qui était allongée sur le sol.

« Regardez ce que vous avez fait en prenant avec vous ce qui m’appartient... C’est dur de la voir faire une telle tête... personne n’a même demandé ça, » déclara Kiad.

« ... Vous avez tout à fait le statut pour la traiter comme quelque chose qui vous appartient, » déclara Takumi.

« Je sais, n’est-ce pas ? Vous appartenez tous à Fortesea. Et tôt ou tard, tout le monde le fera, » déclara Kiad.

Takumi écouta tranquillement tout en le regardant fixement.

« Lise, levez-vous et revenez vite chez vous, » déclara Kiad.

« Oui, Seigneur Kiad... Merci de les avoir épargnés, » déclara Lise.

« Eh bien, je dois considérer un plaidoyer de quelqu’un qui fait toujours ce qu’on lui demande. Aussi... J’ai enfin quelque chose sur le cœur, » déclara Kiad.

Il sourit sadiquement devant elle, dont le corps endolori tremblait de peur.

« On se reverra dans le match. Profitez de vos derniers jours, ordure, » déclara Kiad.

Crachant des mots durs, Kiad tourna les talons et commença à s’éloigner, suivi par ses hommes et Lise, qui regardèrent Takumi et ses amis pendant un bref instant. Une ombre lugubre coupait son visage meurtri tandis que ses lèvres bougeaient en silence.

 

 

« Je me suis bien amusée. »

Puis, elle s’éloigna silencieusement.

« Bravo pour t’être contrôlé, Kunon, » déclara Takumi.

« Je ne suis pas si stupide pour sauter dans une bagarre sans penser aux conséquences ! Tu parles à une louve, tu sais !? Toutefois..., » commença Kunon.

Elle avait saisi la poignée de ses poignards noirs et chuchota d’une voix basse et gutturale.

« ... ce n’était pas agréable à voir, » continua-t-elle.

Une aura de soif de sang s’était formée autour d’elle, tandis que Karin avait replacé ses cheveux vers l’arrière et avait montré qu’elle était irritée.

« Je suis tout à fait d’accord. Même si j’ai l’habitude de voir ce genre de choses, ça me tape encore sur les nerfs, » déclara Karin.

« Ouais, je sais d’où vous venez toutes les deux... mais maintenant il y a quelque chose dont on est sûrs, » déclara Takumi.

Takumi commença à tapoter sur sa tempe en répétant les paroles de Kiad.

« Bien qu’il ait dit qu’ils ne pouvaient pas trouver l’archevêque dans la cathédrale, le reste de la ville était trop calme. Il n’a pas mobilisé les gardes ou son armée personnelle pour la chercher, et ce vantard ne semblait pas du tout inquiet, » déclara Takumi.

« ... Donc, il ne la considère pas comme si précieuse que ça ? » demanda Karin.

« Non, dans ce cas, il ne serait pas venu jusqu’ici. De plus, il l’a forcée à rentrer chez elle avec violence. Tu sais mieux que moi qui est traitée comme ça, n’est-ce pas ? » demanda Takumi.

Il avait utilisé la violence pour la plier à sa volonté.

Même si elle n’était pas esclave, elle avait agi de la même façon, et cela signifiait qu’il y avait une raison pour laquelle elle devait être comme ça.

« Comment a-t-il pu nous trouver ? Une simple estimation du chemin que nous allions prendre ne serait pas exacte, et il a dit que nous étions de bons amis avec elle... Presque comme..., » déclara Takumi.

Il avait ensuite arrêté son doigt.

« Je vois... c’est pour ça que cela avait été écrit, » déclara Takumi.

« Veux-tu parler de cette demande personnelle... ? » demanda Karin.

« Oui. Ce n’était qu’une phrase, » déclara Takumi.

Quelques jours auparavant, ils avaient reçu une lettre.

Il n’y avait aucun détail d’aucune sorte, alors ils avaient dû chercher aveuglément de l’information, mais la seule chose qu’ils avaient trouvée était une phrase qui ressemblait à une demande d’aide :

L’oiselet en cage ne pourra jamais pépier librement.

Takumi n’arrêtait pas de réfléchir à ce que ça pouvait signifier.

« ... Ce n’est pas une demande facile, » déclara Takumi.

« En effet... C’est de l’archevêque dont nous parlons. Contrairement aux esclaves ou aux gens ordinaires, nous ne pouvons pas simplement l’enlever, et elle ne peut pas non plus s’enfuir seule. Quiconque l’aiderait serait considéré comme un traître du pays et exécuté, » déclara Karin.

Être archevêque signifiait avoir une certaine autorité, et aussi être soumis à des règles très strictes.

Même s’enfuir pour une courte période serait difficile, car les ombres de Fortesea peuvent apparaître à tout moment, inspirant chaque jour une peur croissante à l’évadé.

« Elle est vraiment dans une cage d’acier, » déclara Takumi.

« Et ce n’est pas tout, n’est-ce pas ? » demanda Karin.

« Ouais. Ils en tirent beaucoup de profit, » déclara Takumi.

En disant cela, Takumi avait souri d’un air amusé, et les autres le regardèrent et firent la même chose.

« Est-ce faisable, Maître ? » demanda Kunon.

« Bien sûr que oui. Je me demandais pourquoi elle avait agi de façon si détournée, mais maintenant que je l’ai compris, on peut agir quand on veut, » déclara Takumi.

Takumi avait repris le chemin de la ville en tapotant sur sa tempe.

« Karin, une fois à la maison, réorganise les informations que nous avons recueillies. Kunon, tu viens avec moi. Je vais te laisser te défouler un peu, » déclara Takumi.

« ... Tu vas me laisser tuer ce type ? » demanda Kunon.

« Quelque chose comme ça, » déclara Takumi.

« Vraiment !? Supperrrrr ! Takumi m’a enfin dit que je pouvais tuer quelqu’un ! » déclara Kunon.

« Tu sais à quel point les choses vont devenir désordonnées si tu tues l’autorité supérieure de la capitale ? » demanda Takumi.

Voyant Kunon dégainer ses épées et couper l’air joyeusement, il l’attrapa par la nuque.

« Owww... mais je veux l’écraser tellement durreeeement... »

« Je t’ai déjà dit que tuer ne ferait que mettre fin à quelqu’un. Tuer pour se venger fait d’abord du bien, mais au fond de soi, le cœur cherche toujours le pardon..., » déclara Takumi.

Alors qu’il la grondait, ses lèvres se replièrent à nouveau.

« Mais je ne pardonnerai jamais à Kiad. Je n’aurai pas pitié. Chaque cellule de son corps doit crier d’agonie et être oubliée dans le trou le plus sombre de la solitude, sinon je ne me sentirai pas à l’aise, » déclara Takumi.

Le visage douloureux de Lise, alors qu’elle s’éloignait, apparut à nouveau devant les yeux noircis de Takumi, et les mots qu’elle ne pouvait prononcer résonnaient dans ses oreilles.

« Je me suis bien amusée. »

Avec son image encore gravée dans sa vue, Takumi avait fait face aux autres.

« Ça fait un moment qu’on n’a rien à faire dans notre domaine. C’est parti. Allons-y, » déclara Takumi.

« Récemment, nous n’avons dû travailler qu’en tant que grande entreprise... Je suis contente que tu n’aies pas oublié notre activité principale, » déclara Karin.

« Je suis parfaitement d’accord pour tout détruire ! » annonça Kunon.

« N’hésite pas à le faire dans le match. Cette fois, nous devons dire à Mirta ce qui se passe. Nous devons définir certains détails, et elle sait très bien le faire, » déclara Takumi.

« Roger. Comment dois-je lui dire ? » demanda Karin.

« Je suppose que lui dire directement fonctionnera très bien, » déclara Takumi.

Un autre sourire apparut sur son visage.

« Allons sauver Lise Crest, » annonça Takumi.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le travail. La vengeance est un plat qui se mange froid...

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