Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 1 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Chef

Partie 3

Le lendemain, la place de la rue principale était remplie d’une foule immense qui comprenait tous les membres de Valeria, avec un total de cent douze personnes ainsi que d’autres personnes du bas quartier.

Sur leurs visages, il n’y avait pas la moindre trace de l’humeur joyeuse du festival ou de la fatigue qu’il devrait avoir laissée sur eux.

La ville basse avait assisté à une scène similaire seulement une fois auparavant, et c’était pour les funérailles du fondateur et chef de Valeria, Vatel Famille.

À cette époque, ses camarades et ses subordonnés s’étaient tenus immobiles dans un silence solennel à partir du moment où son cercueil vide avait été descendu dans les eaux de Verna jusqu’à sa disparition au-delà des limites du lac. Comme eux, les habitants de la ville basse avaient silencieusement prié les cieux.

La perte de Vatel avait été un choc pour tout le monde.

Maintenant que l’ambiance était la même que cette autre fois, tout le monde dans la ville basse se demandait avec anxiété si d’autres funérailles allaient avoir lieu.

Certains d’entre eux se tenaient silencieusement avec leur visage coincé dans une expression emplie d’anxiété et de confusion.

Takumi était simplement assis sur un banc de la fontaine, regardant la foule.

« Il est temps... où est notre chef ? » demanda Gaitsu, qui était assis près de lui avec un sourire impatient.

« Une fille a besoin de temps afin de se préparer, » répondit Takumi. « La patience fait partie des vertus d’un homme. »

« Pff, maintenant, penses-tu connaître les femmes ? Tu es vraiment agaçant, » au moment où il avait craché ces mots, la foule avait commencé à remuer.

« Désolée de vous avoir fait attendre, » sa voix si tendre d’habitude semblait froide comme de la glace.

Mirta portait un manteau de fourrure, le préféré de Vatel, sur une robe simple. « M’habiller a pris plus de temps que prévu, » déclara-t-elle.

Cela avait dû être difficile pour elle de le porter, mais elle avait décidé de montrer avec fierté le symbole de Valeria.

Elle se tenait là comme un chef, et non pas comme une fille sans défense.

« Mon Dieu ! Les femmes peuvent-elles autant changer en une nuit ? » demanda Takumi.

« Bien sûr. J’ai fait de mon mieux pour te faire tomber amoureux de moi, Takumi, » répondit Mirta.

« C’est un tel honneur que tu me fais là, » répondit-il. « J’avoue que tu m’as un peu charmé. »

« Juste un petit peu, hein... ? Alors, la prochaine fois, je ferai dans ce cas encore mieux, » répondit Mirta. Dans son sourire, il n’y avait pas trace de doute ou d’inquiétude.

Il hocha la tête face à ces mots, puis se leva. « Nous pouvons maintenant commencer à discuter pour savoir qui sera le prochain chef de Valeria, » annonça doucement Takumi, mais tout le monde l’avait entendu. « Les candidats sont Gaitsu Ejistan, le mandataire de l’actuel chef, et Mirta Famille, l’actuel chef. Voulez-vous dire quelque chose avant le début du scrutin ? »

« Il n’est pas nécessaire de faire quelque chose comme ça, » répondit Gaitsu. « Celui qui se tient au sommet sera suivi sans même avoir besoin de dire la moindre parole. Voilà ce que cela signifie d’être un véritable chef. » Gaitsu riait, sûr de sa victoire.

Le regard de toutes les personnes présentes s’était déplacé afin de voir le visage confiant de Mirta.

« Si vous voulez bien m’excuser. J’aimerais prendre un peu de votre temps, » déclara-t-elle.

Dans les paroles de leur chef se trouvait une certaine humilité, mais ses yeux abritaient une flamme ardente comparable à ceux de son père.

« La ville basse est un endroit difficile, » elle avait affiché à la foule un sourire empli de tendresse. « Un désert de néant... Une vallée où les vents froids privent les personnes de leur chaleur... Et puis, Valeria a fleuri. Une fleur qui colorie et réchauffe sa maison... C’est pourquoi j’aime la signification du nom que mon père a choisi. »

Après quelques secondes, elle continua son discours. « Sourire ensemble dans les moments heureux, réconforter quelqu’un en difficulté, se fâcher quand quelqu’un fait quelque chose de mal... Je veux que notre existence soit comme une famille chaleureuse et colorée face à la froideur de la ville basse. »

Tout le monde savait qu’elle était en train de débiter ses stupides idéaux, mais elle n’avait jamais eu honte de les exprimer.

« En tant que chef de Valeria... je serai toujours avec vous tous, » ses paroles résonnaient bruyamment en raison de sa conviction.

Belle prestation, pensa Takumi.

« ... Maintenant, il est temps de commencer le vote ! » l’avait-elle annoncé bruyamment.

« Choisissez le candidat que vous jugez le plus approprié pour être le prochain chef, » déclara Takumi. « Si vous voulez de Gaitsu, agenouillez-vous et baissez la tête. Si vous voulez Mirta, levez votre bras droit. »

Les membres de Valeria avaient baissé la tête et avaient serré leurs poings, ne sachant pas quoi faire.

Voyant leur doute, Takumi avait de nouveau haussé la voix. « Alors, quel est votre choix ? L’idéaliste stupide et douce... ou l’homme qui vous a payé comme si vous étiez des esclaves !? »

Les spectateurs curieux avaient commencé à murmurer entre eux, tandis que quelqu’un avait perdu son sang-froid. « Bâtard... ! Tu craches des mensonges afin d’éviter... »

Takumi avait poussé un Gaitsu enragé avec un rouleau de parchemin.

Dans celui-ci se trouvaient inscrits les noms de chaque membre de Valeria, et un nombre à côté d’eux. Il y avait une grande disparité entre ces chiffres.

« Il s’agit là du montant que vous avez dépensé pour chacun d’eux, » déclara Takumi. « Un avare comme vous devrait s’en souvenir, non ? »

« D-De quoi parles-tu ? » demanda Gaitsu. « C’est évidemment faux ! »

« Ce choix ne vous appartient pas. Ils doivent choisir par eux-mêmes, » déclara Takumi.

Ignorant l’homme furieux, Takumi regarda la foule.

Ceux qui n’étaient pas du côté de Gaitsu serraient leurs poings alors qu’ils étaient devenus enragés.

Les personnes étaient divisées en ceux qui l’auraient trahi pour de l’argent, qui étaient majoritaires, et les vétérans qui avaient travaillé aux côtés de Vatel et qui adorait leur ancien chef, qui étaient une minorité.

Il s’agissait du fossé entre les nouveaux et les anciens membres.

Ce que Gaitsu avait fait était de décider un prix pour cette appellation.

Exactement comme... s’ils étaient un groupe d’esclaves.

« Dans tous les cas, décidez par vous-mêmes ! » déclara Takumi. « Êtes-vous des esclaves qui attendent d’être achetés ou des gens orgueilleux qui poursuivent un idéal fou !? C’est ce que vous choisissez maintenant ! »

Quelqu’un avait levé son bras droit hors de la foule avec un sac d’argent en cuir à la main.

Quand il était tombé sur le sol après qu’il l’ait lancé, un son aigu avait fait écho dans la place.

Encore et encore, la scène se répétait, et plus de pièces cliquaient autour d’eux.

Mais bientôt, plus de mains imitèrent les autres.

Les lèvres de Takumi se recroquevillèrent en un sourire.

« Qu’il en soit ainsi ! Vous êtes des esclaves crasseux de la ville basse, et ceux qui ont levé le bras sont des gens d’une grande intégrité ! » déclara Takumi. « Rappelez-vous que la fierté ne peut pas être achetée par l’argent ! »

Les membres de Valeria lâchent un rugissement face à ses paroles exagérées. C’était si fort que toute la ville basse semblait trembler, et cela avait peut-être même atteint la partie centrale où se tenait Listina.

« Vous... êtes des idiots ! Êtes-vous vraiment gonflé à bloc par les paroles d’un esclave si dégoûtant !? » Gaitsu était confus et en colère contre ce qui se passait.

Mais pendant qu’il parlait, les spectateurs proches d’eux l’avaient frappé avec des paroles empoisonnées.

« Ferme ton clapet, avare ! Tu ne sais que te plaindre à propos de l’argent ! »

« Tes subalternes sont timbrés ! Ils auraient dû protéger ma boutique, mais ils ont continué à détruire des trucs alors qu’ils étaient en état d’ébriété ! »

« Ouais, va te faire foutre, cochon ! Si tu es si peu fiable, je devrais juste te botter le cul et récupérer mon argent ! »

Au cœur de cette tempête d’insultes, les habitants de la ville basse avaient commencé à jeter des pierres et des ordures sur Gaitsu.

Alors que tout le monde lui tournait le dos et que le désespoir peignait son visage, Gaitsu cria un ordre à ses hommes. « Qu’est-ce que vous attendez !? Tuez-les tous ! Laissez le minable effronté en vie et tuez tous les traîtres ! »

« Oh ! Pensez-vous que vous pouvez le faire ? » Une voix animée lui parvint depuis à côté de lui.

Kunon avait un sourire empli de joie alors qu’elle tenait fermement un poignard dans chaque main.

« Si l’un de vos chiens essaie quelque chose de drôle, je lui arracherai les bras, » déclara Kunon. « Je suis vraiment très rapide, vous savez. Vous ne pourrez même pas dégainer vos armes. Voulez-vous essayer ? »

Son sourire chaleureux n’avait fait que rendre ses paroles plus terrifiantes.

Chaque membre de Valeria connaissait la force du Chien.

Voilà pourquoi les hommes de Gaitsu avaient commencé à frissonner.

La bouche de l’avare s’ouvrit et se ferma en raison de la colère et d’humiliation, tandis que le visage de Takumi était plein de confiance.

« On dirait que vous n’appartenez pas à la ville basse, » déclara Takumi. « Pouvez-vous partir dès maintenant ? »

« Ne... Ne pense pas que c’est la fin ! » cria Gaitsu. « Vous n’avez aucun pouvoir par rapport aux principaux marchands ! Ils vont vous écraser ! »

« Vraiment ? Je suis impatient d’y être, » déclara Takumi.

Le regard de Takumi transperça Gaitsu avec ses iris noirs sans fond. « Retourne à ta porcherie, cochon dégoûtant. »

Le visage de l’homme était rouge de colère, mais comme il était désavantagé, il ne pouvait rien faire d’autre que de partir la queue entre les jambes.

Lui et ses subordonnés s’étaient échappés sous une pluie de pierres, d’ordures et d’insultes, et une fois qu’ils n’étaient plus en vue, la tourmente avait pris fin.

À ce moment-là, Takumi laissa échapper un profond soupir.

« Désolé pour le chahut. Aujourd’hui, Valeria a officiellement choisi son chef ! » déclara Takumi à la population. « Quelle journée glorieuse ! Laissez-moi profiter de l’occasion pour m’excuser et vous demander une faveur ! »

Il avait soulevé du sol un sac en cuir qui était resté tout ce temps à ses pieds puis il l’avait tenu en hauteur.

« Notre chef a dit que la ville basse était comme une famille pour elle, et c’est le devoir d’une famille de célébrer avec ses membres ! » déclara-t-il.

Il avait ensuite mis son autre main dans le sac et en avait extrait son contenu, qui avait été projeté en l’air sans laisser une seule pièce à l’intérieur du sac.

« Utilisons cet argent afin de vous payer de la nourriture et des boissons ! Il est temps de célébrer la nomination de notre nouveau chef ! » déclara Takumi.

Des cris de joie résonnaient dans la place.

Les membres de Valeria avaient imité le geste de Takumi, et les commerçants avaient commencé à apporter du vin et de la nourriture, émus par la scène.

Il semblait qu’un autre festival allait commencer sous peu.

« Aaah... C’est devenu quelque chose, » déclara Karin, s’approchant de Takumi du milieu de la foule.

« Eh bien, c’est mieux comme ça, » répondit Takumi.

« Je suis d’accord avec toi. Cependant, tu as agi de la même manière que Gaitsu, » répliqua Karin.

Cet homme avait acheté de la confiance avec de l’argent, tandis que Takumi avait gagné leur confiance en éparpillant de l’argent.

Il n’y avait pas beaucoup de différence entre les deux hommes. Si l’on devait dire quelque chose, alors cela serait que le jeune marchand d’esclaves corrompait les personnes pour leur bien.

« Eh bien, c’est la différence entre les marchands d’esclaves de première classe et les marchands de troisième zone, » répondit Takumi.

« Dans ton cas, nous devrions ajouter “intrigant” avant le “marchand d’esclaves”, » déclara Karin. « Pauvre Elsa ! Te gérer doit être vraiment une plaie. »

« N’est-ce pas mieux ainsi ? De cette façon, elle peut voir Mirta plus souvent, » répondit Takumi.

« Elle va tomber malade si tu continues comme ça..., » répondit Karin.

Tandis que Karin pensait à son amie et qu’elle affichait une expression pitoyable, Kunon courait vers eux tout en produisant un doux trottinement tout en tenant de la nourriture dans ses mains.

« Regarde Takumi ! Ils m’ont donné beaucoup de nourriture ! » cria Kunon.

« Super pour toi ! Ça doit être bon maintenant que tu as fini de travailler ! » déclara Takumi.

« Ouais ! Sushperrr délishhieux! » répondit-elle avec de la nourriture dans la bouche.

Après quoi, elle avait commencé à se bourrer la bouche avec diverses friandises qu’elle avait obtenues avant. La jolie fille qui se tenait là juste avant ça était introuvable.

« Je vais aussi aller chercher de la nourriture avant qu’ils ne me mettent en prison, » déclara Takumi.

« Euh... Attends un peu. J’ai quelque chose à te dire, » déclara Karin.

Se tournant pour faire face à Karin, Takumi la vit sourire à pleines dents.

« Merci... d’avoir été en colère pour nous contre ce porc, hier, » essayant de cacher son embarras, elle parlait en jouant avec ses cheveux noirs.

« Oui, merci ! Je me sentais aussi très heureuse quand j’ai vu ça ! » déclara Kunon en souriant innocemment, et Takumi avait aussi retroussé ses lèvres.

« Ce fut une action naturelle en tant que votre employeur, » répondit-il.

Il leur tourna le dos et les filles le contournèrent afin de regarder son visage.

« Qu’est-ce que c’est ? Takumi, ne me dis pas que tu es gêné, » déclara Karin.

« Wôw ! C’est encore plus rare que le fait qu’il se fâche ! Laisse-moi-le voir plus longtemps ! » déclara Kunon.

« Je ne suis pas gêné, » répondit Takumi. « Je voudrais plutôt dire, qui était l’elfe rougissante entre nous ? »

« Quoi !? Je ne rougissais pas ! » répliqua Karin. « Je suis plus âgée que toi, alors comment puis-je être gênée en faisant des éloges envers quelqu’un ? »

« Karin, Karin ! Tu ne convaincs personne, tu sais ? » Quand Kunon l’avait souligné, le visage de Karin était de nouveau devenu rouge.

« Allez, nous avons encore quelque chose à faire. Prenons de la nourriture et allons au travail, jeunes demoiselles, » déclara Takumi.

« Grrr... je te jure que je vais te faire pleurer un jour..., » déclara Karin.

« Ah, alors je ferai aussi ça ! J’adorerais faire pleurer Takumi ! » déclara Kunon.

« Kunon, ne prévois pas de me battre, s’il te plaît, » déclara Takumi.

Les trois personnes s’étaient insérées dans la foule et avaient apprécié le festival.

Ils auraient dû prendre cette occasion afin de se reposer, compte tenu de l’épuisement qu’ils allaient subir au cours des prochains jours...

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2 commentaires

  1. L'amateur d'aéroplanes

    Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre

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