Un nouveau jeu dans les profondeurs de la captivité! – Tome 1 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Un monde d’esclaves

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Chapitre 1 : Un monde d’esclaves

Partie 1

Il avait l’impression que quelque chose le comprimait. Quand ses yeux s’ouvrirent, il vit qu’il s’était retrouvé dans une petite pièce humide, entourée par une obscurité totale.

Il pensait qu’il avait été transféré avec succès depuis où il était avant ça et qu’il s’était réincarné avec succès.

Ceux présents n’étaient rien d’autre que des enfants.

Il compta qu’il y en avait une dizaine présent dans la pièce. Ils s’étaient tous assis, impuissants sur le sol. Certains frissonnaient alors qu’ils serraient leurs genoux, et d’autres pleuraient en silence.

Ils partageaient tous un trait commun : un collier noir.

Même s’il ignorait son utilité, cela ne semblait pas très prometteur.

« ... Elle a vraiment accordé mon vœu... une telle déesse bienveillante..., » il avait marmonné ça, de sorte que personne ne pouvait l’entendre.

À en juger par le ton aigu de sa voix et de ses membres, il avait estimé son âge à environ huit ans.

Il décida de parler à une jeune fille qui tenait ses genoux avec un visage empli de tristesse. « Salut. Si tu gardes ce visage triste, tu vas faire apparaître des rides. »

Il ignora la raison pour laquelle elle sursauta de surprise, mais maintenant que ses cheveux blonds et sales ne couvraient plus son visage...

« M-Mon Dieu, merci... tu avais arrêté de bouger... alors je pensais que tu étais mort..., » déclara la jeune fille.

Sa voix tremblait, mais elle avait l’air un peu plus détendue. Il semblerait qu’ils parlaient la même langue.

Mais en même temps, il avait soigneusement réfléchi à ses mots.

Avant de se réincarner... ce corps était probablement mort.

Grâce à l’intervention de la déesse, je suis maintenant dedans, pensa-t-il.

Avant de se réincarner, il ne se serait pas senti désolé à propos de cela.

C’était après tout un monde où mourir comme ça était normal, et où les faibles perdaient leur vie sans raison.

Après avoir légèrement touché sa tête, il avait de nouveau fait face à la jeune fille.

« J’ai faim comme si j’allais me coucher sans souper... Mais en mettant ça de côté, est-ce que cela ne serait pas une bonne chose de se présenter ? » demanda-t-il.

« B-Bien sûr. Je suis Lilia, et toi ? » demanda la jeune fille.

« Je... Mon nom s’écrit comme ça, » dit-il.

Il avait commencé à gribouiller sur le sol afin d’écrire son nom. En regardant les lettres, la fille pencha la tête, perplexe.

« C’est mon nom. D’où je viens, nous nous présentons ainsi à des amis en l’écrivant, » dit-il.

« Oh... j’ai demandé à mon père de m’apprendre à lire et à écrire, mais je n’ai jamais vu ces lettres auparavant, » déclara Lilia.

« Tu as un alphabet différent, hein ? Ce mot se lit “Takumi”, » déclara Takumi.

Il avait remarqué son intérêt, alors il demanda donc une faveur. « Écoute, Lilia, puisque les personnes seront intriguées si je me présente comme ça, peux-tu écrire mon nom ? »

« Oui, je le peux. Hmm... Est-ce que Takumi s’écrit ainsi... ? » demanda Lilia.

Elle l’avait écrit sur le sol avec sa petite main.

Comme prévu, Takumi ne pouvait pas comprendre les caractères.

Il avait essayé de se souvenir de diverses langues de son ancien monde, mais aucune ne ressemblait à cela.

Cependant, satisfait, il sourit amicalement avant de dire. « Je te remercie. Tu sais, je viens d’un endroit magnifique et éloigné. »

« Éloigné... ? Au-delà de la mer ? » demanda-t-elle.

« Oui, dans le genre, » répondit Takumi. « Mais j’ai été capturé dès que je suis arrivé ici, c’est pourquoi je ne sais pas où nous sommes ou comment écrire ou lire ton alphabet. Désolé de te le demander, mais peux-tu me l’apprendre ? »

« Bon... c’est d’accord, mais..., » avant même de finir sa phrase, son expression s’était assombri. « Les esclaves sont tout de suite vendus. Peut-être que c’est mieux si tu ne t’en soucies pas..., » dit-elle tristement, baissant son regard.

Le désespoir était apparu sur son visage comme elle s’était désignée elle-même en tant qu’esclave.

En la voyant agir ainsi, Takumi avait réagi d’une manière calme, ce qui était inapproprié pour un enfant de son âge.

« Peut-être que c’est mieux à la place si je m’en soucie, » déclara Takumi. « Nous ne savons pas qui va nous acheter. Peut-être qu’il va se mettre en colère parce que je ne le sais pas. »

« Peut-être... que tu as raison, mais..., » répondit Lilia.

« Eh bien, nous ne devrions jamais les contrarier, n’est-ce pas ? » demanda Takumi. « Tant que nous avons le temps, apprenons tous ce que nous pouvons. Et aussi, de cette façon, nous allons alléger cette sombre humeur. »

Lilia avait retiré sa main, et Takumi avait commencé à parler aux autres enfants. « Désolé... j’ai quelques questions. »

Il avait brisé le silence en affichant le même sourire. Il y avait dix individus, en s’incluant lui-même et la jeune fille.

Au début, ils avaient tous l’air d’être déprimés tout comme Lilia, mais après avoir un peu parlé, ils étaient tous devenus plus vifs.

Tout le monde avait environ dix ans.

Il y avait des orphelins de guerre, ceux qui avaient été vendus par leur famille affamée, ceux qui avaient été kidnappés par des bandits, ceux qui avaient été abandonnés après que leurs parents s’étaient enfuis à cause d’importantes dettes et ceux qui avaient été attirés par de creuses promesses.

Leurs histoires expliquaient assez bien les conditions réelles de ce monde.

Takumi avait stocké dans son esprit les informations qu’il avait recueillies.

« Maintenant, nous nous connaissons tous. Mais je suis vraiment surpris de penser que Lilia, tu étais une aristocrate, » déclara Takumi.

« Je-je l’étais, mais... nous étions des aristocrates campagnards, » répondit Lilia. « Nous n’étions pas si riches et notre maison était beaucoup plus petite que celle des autres familles aisées. »

Après avoir été interpellée si soudainement, elle agita frénétiquement ses mains.

Le fait d’être vendu était commun, mais il était inhabituel de finir comme esclave depuis une position comme celle-là.

En entendant parler de son ancienne famille, certains enfants n’avaient pas caché leur mépris.

« Tu avais de la terre et une maison, peu importe leur taille, et tu sais lire et écrire, n’est-ce pas ? » demanda l’un des enfants.

« O-Oui, juste un peu. J’ai appris des choses, comme les maths..., » répondit Lilia.

Lilia avait écrit son nom comme Takumi l’avait demandé avant... mais aucun des autres enfants ne pouvait le lire.

Elle avait dit que la maîtrise de la littérature et des mathématiques n’était pas très importante. En premier lieu, ce n’était pas une connaissance nécessaire pour les enfants, qui pensaient que « vivre suffisait ». Les cours étaient réservés aux classes privilégiées, à partir des marchands.

Il était normal d’ignorer comment lire et écrire, ainsi que comment faire des maths, et cela même pour ceux qui n’étaient pas esclaves.

Takumi frappa dans ses mains afin d’attirer l’attention, préservant soigneusement cette précieuse information.

« Très bien, apprenons de Lilia, » déclara Takumi.

« Pourquoi devrais-je apprendre quelque chose si je ne suis qu’un esclave ? » remarqua l’un des enfants agacés.

Il était le chef du groupe. Il s’appelait Killfer.

« À quoi cela sert-il d’apprendre quelque chose d’elle quand les garçons vont travailler jusqu’à la mort et que les filles vont travailler en tant que prostituées ? » Il lança un regard noir à Lilia, qui sursauta en sentant le sang geler dans ses veines.

Mais Takumi avait répondu sans hésitation. « Quand tu sais lire et écrire, tu peux faire d’autres travaux, et si tu connais les mathématiques, tu ne peux pas être trompé quand quelqu’un te paye. Ce n’est pas parce que nous sommes des esclaves que cela n’est pas important de savoir de telles choses, n’est-ce pas ? »

Sa réponse était parfaite et Killfer était devenu silencieux. Les enfants avaient ce genre d’attitude, mais les personnes présentes semblaient intelligentes, car elles semblaient comprendre.

« Nous ne savons pas combien de temps nous resteront ici. Mais il vaut mieux étudier au lieu de se vautrer dans l’apitoiement, » déclara Takumi.

Tandis que Takumi essayait de convaincre les autres, un fort bruit l’interrompit alors que la pièce s’était emplie de lumière.

« Taisez-vous les enfants ! » Les enfants avaient été éblouis, mais ils avaient réussi à reconnaître la silhouette d’un grand homme dès qu’ils furent habitués à la lumière.

Il cracha par terre alors qu’il les regardait, une veine sortant de sa tête.

« J’allais vendre l’elfe, mais si vous faites un tel chahut, oubliez ça, » déclara l’homme. « Au moment où je trouve un acheteur, et c’est déjà foutu. Vous gardez ici est déjà assez pénible pour moi ! Toi, jetez-les dedans ! »

Il renifla, puis pointa du doigt quelqu’un se trouvant à l’extérieur.

Un homme au visage rougi se tenait derrière lui, tenant fermement deux silhouettes.

À l’instant suivants, tous ceux présents dans la cellule pouvaient dire que les deux silhouettes avaient de beaux cheveux. Doré pour la première et d’un noir brillant pour l’autre.

Les enfants avaient deviné que c’étaient des filles, étant donné leurs silhouettes et la longueur de leurs cheveux.

En plus de porter le même collier, elles avaient des chaînes qui leur enserraient les poignets et les chevilles.

Elles semblaient aussi un peu plus vieilles que les autres enfants.

Celle aux cheveux noirs semblait avoir quinze ans, ou peut-être un peu plus, tandis que l’autre qui était aussi un peu plus petite qu’elle l’était, devait avoir treize ans.

 

La plus jeune avait de grandes oreilles et une queue, tandis que l’autre avait de longues oreilles pointues comme des pointes de flèches.

Voyant que les filles les bougeaient légèrement, elles n’étaient pas là pour le spectacle.

Mis à part ces différences, elles étaient également des esclaves.

Elles n’essayèrent pas de se défendre et gémissaient, probablement à cause de la fatigue.

Alors que Takumi analysait ces filles, elles avaient été jetées dans la pièce.

« Dépêche-toi et apporte de la nourriture. Si ces enfants deviennent malades, nous ne gagnerons pas autant d’argent, » cracha l’homme à son subalterne.

Les deux hommes avaient alors jeté du pain comme s’ils nourrissaient des animaux en cages.

Ce n’était pas seulement noir et dur comme du roc étant donné le bruit qu’il faisait en frappant le sol, mais il semblait aussi moisi.

Takumi avait commencé à compter les miches qui étaient au sol.

« Hé, ce n’est pas assez pour tout le monde, » il s’était adressé au dos de l’homme.

« Attends... tu étais presque mort hier, » s’écria l’homme.

« Cela n’a pas d’importance, » répondit Takumi. « La blonde aux oreilles d’animaux semble terriblement faible. Si vous voulez la vendre pour un bon prix, vous devriez nous donner assez de nourriture pour tous. »

Au début, l’homme avait été surpris. Mais bientôt, il ressentit comme si ce gamin se moquait de lui, et renifla. « Oh... je vois. Tu me demandes d’apporter plus pour elles afin que tu puisses l’avoir pour toi, hein ? Les vers comme toi restent fidèles à leur nature. »

« Il vaut mieux survivre comme un ver que de mourir, » répondit Takumi. « Peut-être voulez-vous leur mort ? »

« Es-tu stupide ? » s’écria l’homme. « L’elfe est une chose, mais cette bête peut survivre plusieurs jours sans nourriture. Ils ont de solides corps. Il n’y a donc pas besoin de plus de pains, » puis, riant avec force, l’homme regarda Takumi. « Si elles mangent ou pas n’est pas de tes affaires. »

Un sourire sadique était apparu sur son visage alors qu’il fermait la porte et quittait les lieux.

Se retrouvant une fois de plus dans l’obscurité, le jeune garçon soupira. « Eh bien... ! Maintenant, je suis fâché, mais mangeons d’abord. »

Il se dirigea avec un sourire forcé vers les autres enfants et avait ensuite pris sa part.

Lilia remarqua qu’il s’approchait des filles et elle attrapa immédiatement sa manche. « Non, arrête-toi ! Elles sont dangereuses même quand elles sont affaiblies ! Elles vont te tuer si tu t’approches d’elles ! » Elle le tenait serré avec un visage sérieux.

Dans son ancien monde, les demi-humains n’existaient pas.

Takumi remarqua que tous les enfants avaient peur d’elles et il comprit immédiatement comment les demi-humains étaient traités dans ce monde.

Il lui avait gentiment fait signe de le laisser partir avant de parler aux deux nouvelles filles. « Salut, les nouvelles venues. Cela n’a pas été un bon accueil, mais ici, il y a de la nourriture. » Tout en affichant un sourire amical, il leur avait tendu du pain.

La blonde avait réagi à ses mots. « Puis-je... le prendre ? »

« Eh bien, je n’ai pas faim. Divisez-le en deux et partage-le avec elle, » déclara Takumi.

« À moitié !? Pour de vrai !? Ce sera mon premier repas en cinq jours ! Karin, as-tu entendu ? » s’exclama la blonde.

L’expression épuisée qu’elle avait jusqu’à présent avait disparu et ses yeux dorés avaient commencé à briller comme des étoiles.

L’elfe se plaça entre les deux. « Ne te rapproche pas de Kunon. Retourne dans ton coin comme tout le monde. »

Pendant ce temps, la fille, Kunon, bavait et remuait la queue.

Mais l’autre... Karin lança un regard noir à Takumi. « Kunon, ne lui fais pas confiance. Si nous acceptons, il n’arrêtera pas de répéter que nous lui sommes redevables. »

Elle avait un visage ferme.

Après avoir entendu ses mots, il fronça les sourcils. « Ne sois pas si grincheuse. Je ne pensais pas à quelque chose comme ça. Cette ambiance a juste ruiné mon appétit. »

« Alors, agis-tu toujours amicalement avec nous les demi-humains ? » demanda Karin. « Il est clair que tu mens. Si tu ne veux rien en retour, pourquoi voudrais-tu nous offrir ta nourriture ? » Elle déclara ça avec brusquerie.

Il la regarda pendant un moment... puis haussa les épaules et sourit. « J’abandonne. Oui, je voulais te demander quelque chose en retour. »

Il s’était franchement confessé, alors elle fronça instinctivement les sourcils.

Après cela, il avait jeté le pain devant elle.

« C’est ma façon de m’excuser, » déclara-t-il. « L’eau me suffit. »

« J’ai dit que je n’en veux pas, » déclara Karin.

« D’accord ! Mais dans ce cas, laisse Kunon l’avoir, » déclara Takumi.

« Super ! Je vais tout manger. Merci beaucoup, » s’exclama Kunon.

La blonde se mit à sourire d’une oreille à l’autre, puis elle posa son regard sur son amie avant de déclarer. « Karin... mais si tu n’en manges pas, je ne le ferai pas non plus. »

« Non non. Tout est à toi. Je n’ai pas faim, » répondit Karin.

« Mais je ne veux pas le manger seule... Euhhh ! » s’exclama Kunon.

Après ça, elle avait frappé le sol avec sa queue, ne sachant pas trop quoi faire.

En regardant sa réaction, Takumi devina leur relation et se mit à sourire. « Elle te demande de manger avec toi après que cinq jours se soient écoulés depuis son dernier repas. Alors, regarde ce qu’elle accepte pour toi. La pauvre, et tout cela seulement parce que je t’ai donné du pain. »

« ... Tu es vraiment rusé, » déclara Karin.

« Bien sûr que je suis. Après tout, je voulais quelque chose en retour, » répondit Takumi.

« ... Tu es le pire. Tu ne peux même pas tenir ta langue, » déclara Karin.

« Je pourrais être le pire, mais qui s’en soucie ? Mange avec elle, car si elle arrête de bouger à cause de toi, ce sera un vrai problème, » déclara Takumi.

« Ces singes m’ont forcé avant ça à manger. Les miettes laissées par Kunon me suffiront. Je suppose que les elfes sont précieux, » balayant ses cheveux en arrière, Karin soupira, agacée.

« Les elfes, hein... Je ne les aurais jamais imaginés avec des cheveux noirs, » répondit Takumi.

Takumi les avait imaginés avec des cheveux blonds ou blancs. Après qu’il eut dit ça, elle lui lança un regard meurtrier.

« Un autre commentaire et je te tue, » cracha Karin.

« Calme-toi ! Désolé si j’ai blessé tes sentiments. Je voulais juste te dire que tes cheveux étaient vraiment magnifiques, » déclara Takumi.

Elle avait fait claquer sa langue en signe d’agacement. Karin avait pris note de ses horribles manières, mais au moins il s’était excusé. Peut-être qu’il n’était pas si mauvais que ça.

« Je serais heureuse de fuir cette horrible situation, je reste ici seulement pour Kunon, » déclara Karin. « Mais ce n’est pas comme si je pouvais quand même me mettre en colère contre des enfants. »

« Ne parle pas comme ça, » déclara Takumi. « Même si auparavant j’ai échoué quant aux négociations, je pense toujours à un moyen de nous entraider. J’espère vraiment que tout le monde peut pour le moment s’entendre. »

« Penses-tu vraiment que nous avons besoin de ton aide ? » demanda Karin.

« Bon... alors, je vais te dire mes véritables intentions, » déclara Takumi.

En disant ça, Takumi rapprocha son visage de celui de Karin, regardant droit dans ses yeux.

Elle retint involontairement son souffle, mais ce n’était pas parce qu’il n’avait pas les yeux d’un enfant normal réduit à l’esclavage ou parce que son regard était complètement dépourvu d’émotions.

Ce n’était pas simplement par peur.

« Mon but est..., » commença-t-il à expliquer.

Après cela, Karin se souvint de la manière de respirer.

Elle fronça les sourcils puis le regarda avec méfiance.

« Comment as-tu..., » commença-t-elle.

« Ouah, tu as compris. Mon Dieu... la magie existe vraiment ici. Mais c’est plus complexe que là où j’étais avant, » Takumi sourit comme s’il s’opposait à ses propres mots.

Puis il continua à parler. « S’il te plaît, nous allons être ensemble pendant un moment. Alors je ne demande pas à être ami, mais au moins nous devrions nous entendre. »

Il avait agité sa main et puis, en les laissant avec ces mots, il retourna dans son coin.

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Partie 2

Plusieurs jours plus tard, un autre couple de marchands d’esclaves avait acheté les enfants.

Ils avaient mis des chaînes à tout le monde et les avaient fait monter dans une carriole couverte.

La cellule où ils étaient restés jusqu’à maintenant était petite, mais ils avaient essayé de passer du temps en paix.

Lilia leur avait enseigné les mathématiques et comment écrire et lire.

Ils avaient taquiné Killfer en raison de sa diligence et avaient essayé de diviser le peu de nourriture qui leur avait été donnée en parts égales pour que chacun puisse manger...

Mais au moins, ils avaient fait tout cela en souriant.

Quand ils avaient mis le pied dans la carriole, ils avaient pleuré avec des voix étouffées.

Ils savaient que la vie d’un esclave était dure.

Les personnes normales les traitaient comme des objets.

Ils étaient payés que quelques pièces de monnaie et leurs rations alimentaires étaient réduites. Ils allaient devoir travailler sans relâche et quand quelqu’un n’y pourrait plus, ils étaient abandonnés sans aucun remords.

Les enfants dans cette carriole n’avaient pas de futur.

« Aaah... Chaque fois, c’est la même histoire, mais au fond je me sens un peu désolé, » déclara l’un des deux hommes.

« Tiens-toi tranquille et reste sur tes gardes. Cette fois, nous avons une elfe. Nous devons seulement penser à atteindre Listina, » ordonna l’autre.

Au-delà de l’étoffe qui recouvrait le véhicule, le cocher, qui était plus âgé à en juger par sa voix, parlait à un jeune homme.

Ils discutaient de la façon dont ils allaient vendre les enfants à quelqu’un d’autre, probablement un autre marchand d’esclaves.

« Au fait, ils nous ont donné un petit plus, car il y avait plus de marchandises, mais... Ce n’est pas comme si on gagnait beaucoup pour ces marmots, » déclara le jeune.

« Ne jamais refuser de l’argent. Et aussi, même s’ils n’ont que la peau sur les os, monsieur Gaitsu les vendra tous à coup sûr, » dit le vieux.

« Oui... je me souviens de Gaitsu. Quand il a été payé pour une autre vente, la boîte était trop petite pour tout l’argent, » déclara le jeune.

« ... Écoute ! Pourquoi ne fais-tu pas ton travail au lieu de dire n’importe quoi ? » demanda le vieux.

« D’accord ! Regarde, cette fois, je me suis assuré de tout préparer. Cette boîte n’a pas de clé, donc seuls un génie ou Gaitsu lui-même pourraient l’ouvrir. Es-tu maintenant content ? » demanda le jeune homme.

Le jeune homme avait montré une boîte à son collaborateur, qui avait fait claquer sa langue sous le clair de lune.

« Cache-le à l’endroit habituel, crétin. Tu as vraiment besoin de te taire, » déclara le vieux.

« Hein !? Pourquoi suis-je grondé ? » demanda le jeune.

« Parce que tu es négligent et fais toujours ce que tu veux, comme tu l’as fait avec la clé, » déclara le vieux.

« Mais de cette façon, il n’y a aucun risque de le perdre, n’est-ce pas ? » demanda le jeune.

Leur conversation détendue était le contraire complet par rapport à la façon dont les choses étaient dans la carriole.

Takumi les avait observés tout en restant calme.

« Tu es vraiment bizarre, » une voix lui parvint d’en bas et il tourna son visage vers elle.

Les silhouettes de Kunon et Karin étaient étendues sur le sol.

« Karin, chaque fois que j’essaie de te parler, tu m’ignores. Quoi !? En sachant qu’ils vont sous peu nous vendre, te sens-tu seule ? » demanda Takumi.

« Je t’ignore parce que tu fais toujours le clown, » répondit Karin.

« Mon Dieu... es-tu consciente que les autres gardent leurs distances à cause de tes manières ? » demanda Takumi.

Ni Lilia, Killfer ni aucun autre enfant n’avait osé les approcher. Même maintenant, Takumi était le seul assez courageux pour être près d’elles.

« Sens-toi libre de m’ouvrir ton cœur et d’avoir une conversation pour tuer du temps quand tu le voudras, » déclara Takumi.

« Si je pouvais t’éventrer et coudre tes lèvres pour que je ne t’entende plus parler avec cette odieuse bouche, alors tu peux compter sur moi, » déclara Karin.

« Je ne veux pas répandre dans cette carriole l’odeur du sang, » répliqua Takumi. « Et en passant, où vas-tu ici trouver l’aiguille et le fil ? Je pense que pour l’instant tu devrais abandonner ton idée. »

« Pff... Quelle honte ! Si je n’avais pas ces chaînes, je pourrais te tuer en un rien de temps, » déclara Karin.

« Quoi !? Takumi est gentil ! Il me donne du pain ! Tu ne peux pas le tuer ! » Kunon avait parlé d’une voix chaleureuse et joyeuse alors qu’elle se tortillait sur place.

Elle semblait avoir un faible pour Takumi, peut-être parce qu’il lui donnait tous les jours de la nourriture.

« Au fait, les elfes sont-ils plus forts que les humains ? » demanda Takumi.

« Pourquoi demandes-tu ça ? » demanda Karin.

« Je pensais que si tu l’étais, te libérer de ses chaînes serait du gâteau pour toi, » déclara Takumi.

« Cela dépend d’un individu à l’autre, » répondit Karin. « Parmi les demi-humains, il y a... les hommes-loups, comme Kunon, qui sont forts et habiles au combat, ou les hommes-dragons qui sont couverts d’écailles blindées. Ce serait facile pour eux. »

« Quoi... ? Kunon est-elle vraiment une louve ? » demanda Takumi. « Je pensais qu’elle était une renarde étant donné la couleur de sa fourrure ! »

« Ooauff! Je ne suis pas un renard ! Je suis une louve, sage et puissante ! » Elle déclara ça tout en gonflant sa poitrine avec fierté, mais Takumi ne prêta aucune attention à sa pose extrêmement bête.

« En gros, tu fais partie des loups sages ? » demanda Takumi. « Je me demande... si tu es forte même parmi ton propre genre, pourquoi tu ne t’es pas déjà débarrassé de tes chaînes? »

« Parce qu’elle l’aurait fait si elle pouvait, » répondit Karin. « Les entraves pour les demi-humains sont faites de métaux spéciaux, et donc les casser n’est pas si facile. Si elle était en pleine forme, alors peut-être qu’elle pourrait le faire, mais... comme la nourriture est à peine suffisante pour nous maintenir en vie, il est normal qu’elle n’ait pas d’énergie. »

« Tout à fait... Grâce à ton pain, Takumi, je me sens un peu mieux, mais j’ai encore faim et je ne peux pas utiliser toute ma force..., » déclara Kunon.

Karin ne déclara plus rien et regarda Kunon baisser les yeux.

« Et quand est-il des elfes ? » demanda Takumi.

« Bien sûr, c’est impossible pour nous, » répondit Karin. « Sans notre équipement, nous sommes encore plus inutiles que les humains. »

« Je vois... mais de quel genre d’objets parles-tu ? » demanda Takumi.

« Tu mets vraiment ton nez partout..., » répondit Karin. « Ne pense pas aux arcs, aux couteaux et aux diverses pierres, que tu pourrais t’imaginer dans ton esprit fétide. La magie est la seule véritable fierté et le point fort des elfes. Je parle donc de baguettes magiques et d’objets magiques. »

Quand elle avait fini de l’expliquer, elle avait établi un contact visuel avec Takumi.

« Juste pour être clair, je ne peux pas utiliser la magie. Alors, n’attends rien de moi, » rajouta Karin.

« Hé ! Ne fais pas comme si tu lisais mon esprit, s’il te plaît, » déclara Takumi.

« Je pensais t’épargner une question inutile, » déclara Karin.

« Tu aurais au moins pu le dire avec une expression appropriée, » déclara Takumi.

Il soupira en observant Karin se battre pour garder la même expression.

« Je déteste faire des choses inutiles, mais parler avec toi n’était pas complètement inutile. Maintenant, je suis certain de l’existence de la magie et j’ai compris que tu mentais, » déclara Takumi.

« Oh vraiment ? Dis-moi alors quand j’ai menti, » elle le railla, mais il ne la regarda même pas.

« Je vois. Tu incites les personnes à établir un contact visuel avec toi, de sorte que tu peux “lire dans leurs pensées”... ou quelque chose comme ça, n’est-ce pas ? » demanda Takumi.

L’instant d’après, il avait clairement entendu Karin retenir son souffle.

« Ouah, super ! Personne ne l’a compris avanttttt..., » commença Kunon.

« Kunon, sois une gentille fille et arrête de parler, s’il te plaît, » interrompit Karin.

Karin lança un regard noir à Takumi en posant les mains sur la fille-louve qui commença à se tortiller.

« Je ne sais pas de quoi tu parles, » déclara Karin.

« C’est trop tard maintenant. Je l’avais déjà compris dès la première fois que je t’ai donné du pain, » déclara Takumi tout en bâillant.

« Tu pensais “regarde ! Ce gamin affamé nous offre du pain”, » continua Takumi. « Au début, tu t’étais demandé quelles étaient mes intentions, afin que tu puisses les deviner à partir de ma réponse et de mon expression. Pourtant, tu croyais que j’allais te demander quelque chose en retour. »

« C’est parce que je ne crois pas aux humains, » répliqua Karin. « Il était évident que tu voulais quelque chose de nous. »

« Dans une situation comme celle-ci, il est normal de même douter des enfants... Mais tu n’es pas la seule à pouvoir lire dans les pensées des autres, car la magie n’est pas nécessaire pour le faire, » déclara Takumi.

Fermant un œil, il tapota sa tempe avec un doigt.

« Tout comme tu n’as pas arrêté de regarder mes yeux pendant un moment, j’ai également continué à regarder les tiens, » répondit Takumi. « Tu n’as jamais regardé mes expressions ou les mouvements de mes yeux. Pourtant, tu as cru avec fermeté que j’allais demander quelque chose en retour. Par conséquent, je pensais bien que tu avais dû utiliser une autre façon de le trouver. »

Karin était restée silencieuse.

« J’ai remarqué un tas de choses en parlant avec toi... Par exemple, tu essaies de ne pas me parler si je ne te regarde pas dans les yeux. Tout comme maintenant, » continua Takumi.

Elle soupira, résignée. « Qui es-tu ? »

« Je te le dirai correctement si nous en avons l’occasion... mais je dois confirmer quelque chose. Laisse-moi parler à Kunon, » demanda Takumi.

La réticence était présente sur son visage, mais elle avait alors écarté ses mains de la bouche de son amie.

« Fuah ~ Uuuh... j’étais en train d’étouffer..., » déclara Kunon.

« Karin est un désastre, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, Kunon, peux-tu battre les adultes ? » demanda Takumi.

« Eh bien... je n’en suis pas sûre, mais je ne perdrai pas tant que mes jambes peuvent bouger ! » Elle avait répondu en soulevant avec force ses magnifiques jambes.

Takumi avait deviné qu’elle ne mentait pas et qu’elle était assez confiante dans ses propres capacités.

« Karin, qu’en penses-tu ? Vous étiez tous les deux ensemble avant de finir ici, donc personne ne devrait connaître ses compétences mieux que toi, » demanda Takumi.

« ... Tant qu’elle peut utiliser ses jambes, elle peut gagner même contre un ennemi armé, et cela même si elle est affaiblie, » répondit Karin. « Les hommes-bêtes sont généralement rapides et fortes, il est donc nécessaire de sceller leurs mouvements pour les garder à distance. Voilà pourquoi elle a aussi des chaînes à ses chevilles. »

En entendant ces paroles, Takumi avait essayé de les examiner. Ils étaient vraiment plus résistants comparés aux entraves en bois ou en acier.

« C’est bien. Nous pouvons alors continuer, » déclara Takumi.

« Qu’est-ce que tu manigances ? » demanda Karin.

« Nous avons déjà eu un contact visuel, alors tu devrais le savoir, non ? » demanda Takumi.

« Je voulais dire... Que veux-tu de notre part ? Je sais que tu as besoin de quelque chose, mais je ne sais pas quoi, » elle avait répondu avec une allure boudeuse. Elle avait l’air contrariée parce que Takumi avait découvert son pouvoir.

« Il y a plusieurs façons de sortir d’ici, » répondit Takumi. « Dans le meilleur des cas... »

Alors qu’il allait commencer à expliquer, la carriole s’était arrêtée quand les chevaux avaient commencé à renâcler.

Presque au même moment... des cris d’hommes en colère résonnaient ainsi que les voix perplexes et effrayées des cochers.

« Non, nous ne pouvons pas tous les repousser ! Sortons de..., » la voix du jeune homme fut interrompue et des taches cramoisies irrégulières apparurent sur le tissu du chariot.

« Serge ! Prenez ça ! Non... ! Ahhhhh ! » Après que ce cri agonisant fut cessé, les rires grossiers des hommes avaient secoué l’air.

Takumi voulait jeter un coup d’œil dehors, mais étant donné le sang qui coulait dans la carriole, deviner ce qui venait de se passer n’était pas une tâche difficile.

Les enfants avaient été surpris, et alors qu’ils s’étaient tus, Takumi s’était tourné vers les deux jeunes filles.

« Eh bien... c’est le pire des cas, » déclara-t-il avec une voix monotone.

***

Partie 3

La brise du soir avait poussé dans la carriole la puanteur du sang. Les rugissements de victoire des hommes pouvaient être entendus à l’extérieur de chariot couvert.

À ce moment-là, les bandits décidèrent de déchirer la bâche de tissu servant de toile protectrice contre les intempéries, puis l’un d’eux fit franchir sa tête pour ainsi pouvoir regarder le contenu du chariot.

« Hehe... Cela fait un moment qu’on ne s’est pas vu, les marmots, » put être entendu. Il s’agissait de la voix d’un homme.

Les enfants se souvenaient parfaitement du visage de l’homme qui venait de leur parler. Un grand homme ayant un sourire vicieux qu’il avait déjà vu précédemment.

La seule différence notable était... que ses vêtements étaient tachés par du sang.

« Les elfes sont bien plus précieux que les esclaves normaux. J’ai gagné de l’argent avec vous, mais cette fois, j’ai eu de la chance de pouvoir en avoir encore plus, » déclara-t-il en riant.

L’homme lécha le sang se trouvant sur la lame de son épée tout en ricanant.

Il s’agissait des marchands d’esclaves qui avaient vendu l’elfe et maintenant, ils étaient venus la reprendre pour la revendre.

Ils n’avaient donc pas attaqué un chariot de manière aléatoire. Ils savaient déjà que les marchandises détenues par ces deux hommes étaient précieuses.

S’ils continuaient à faire des choses comme ça, ils pourraient facilement devenir riches en un rien de temps.

Bien sûr, cela n’était pas quelque chose que l’on pouvait faire trop souvent, mais c’était clairement un bon moyen de gagner de l’argent sur le court terme.

« Patron, que ferons-nous avec ces enfants ? » demanda le deuxième homme en pointant du doigt les enfants humains.

« Eh bien... récupérons uniquement l’elfe, » déclara le chef. « Je n’ai utilisé les autres que pour convaincre ces marchands d’acheter l’elfe. Cela a marché, car il y en avait beaucoup. Mais maintenant, les garder en vie n’est qu’une nuisance. »

Alors que l’homme se moquait des enfants avec ses camarades, il leva son épée sur un enfant malchanceux.

« Tuez-nous et vous pourrez dire au revoir à l’argent de ces deux là, » dès que Takumi avait dit ça, l’homme s’était arrêté net.

La rage et la confusion étaient visibles sur son visage alors qu’il se retournait pour voir qui avait osé lui parler avant de rugir ces quelques mots. « Mioche, qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Exactement ce que je viens de dire, » répondit Takumi. « Avant ça, les cochers que vous avez tués parlaient d’argent. Ils parlaient du fait qu’ils recevraient bientôt le reste de leur paiement. Cependant, ils avaient déjà été payés pour l’elfe, et même bien plus que prévu... et ils l’ont caché dans une boîte. Vous en avez entendu parler aussi, n’est-ce pas ? » La dernière partie fut déclarée après qu’il se soit tourné vers les autres enfants.

Faisant face aux enfants qui pleuraient de désespoir, il les avait vus hocher la tête à plusieurs reprises.

« Si tu me le remets tout de suite, je t’épargnerai, » déclara l’homme.

« C’est bon de voir qu’on se comprend... mais ces deux-là ont dit que la boîte avait un étrange mécanisme, » déclara Takumi. « Vous ne pourrez avoir l’argent que si vous le manipulez correctement. »

Les enfants avaient semblé choqués par ce que venait de dire Takumi.

Les cochers n’avaient pas seulement caché la boîte, mais ils avaient également dit que seules quelques personnes seraient capables de l’ouvrir, et ils n’avaient rien dit à propos de l’activation du mécanisme... Néanmoins, Takumi semblait confiant.

« Néanmoins, je sais comment l’ouvrir, » continua Takumi. « Promettez-moi que vous nous laisserez partir une fois que vous l’aurez. »

« Très bien... intéressant. Alors, jouons..., » déclara l’homme, puis il attrapa Lilia et l’attira vers lui alors qu’il posait son épée sur son cou. « Pendant que tu seras chargé de l’ouvrir, je vais tuer quelqu’un toutes les trois minutes. Où est le plaisir s’il n’y a pas de piquant dans un tel jeu ? »

Il resserra son emprise sur elle, alors qu’elle frissonnait et regardait Takumi pour lui demander de la sauver.

Mais Takumi affichait son sourire chaleureux habituel alors qu’il la regardait. « En effet, c’est plus intéressant ainsi. Ces cochers ont dit tellement de choses à voix haute que trois minutes seront plus que suffisantes. »

« Super ! Eh bien, puisque tu es si confiant, que dirais-tu de bouger ton cul ? » cria l’homme.

« Bien sûr, mais j’ai besoin des clefs afin de pouvoir ouvrir la trappe où ils ont caché la boîte, » déclara Takumi. « Et aussi, j’aimerais que vous enleviez ces chaînes, sinon je pourrais trébucher, comme je vais devoir chercher dans l’obscurité. »

L’homme fit claquer sa langue, et alors qu’il farfouillait dans les poches du cadavre, Takumi se tourna vers Karin et la regarda droit dans les yeux.

Elle savait ce qu’ils devaient faire, mais quand même, son visage était vraiment très proche.

Karin fit transmettre silencieusement le message à Kunon, puis le bandit jeta un trousseau de clefs à Takumi.

« Dépêche-toi, ou tes amis mourront, » déclara l’homme.

« Bien. Je ne vois rien, et trouver la bonne clef n’est pas une sinécure, » répondit Takumi.

Takumi avait montré à l’homme une clef accrochée dans le trousseau de clefs et l’avait secoué. « Avec ça, je peux ouvrir la trappe. Ça va prendre un instant pour ouvrir la boîte. Pouvons-nous oublier la règle des trois minutes ? »

« Pff... dépêche-toi, » répliqua l’homme, attendant que Takumi lui donne l’argent.

L’enfant tourna nonchalamment le dos et s’accroupit. Alors qu’il souriait, il fit tourner la clef dans la serrure. Un *Clack*, avait annoncé l’ouverture des menottes.

L’homme était raide et son sourire avait immédiatement disparu de son visage.

Il se sentait paralysé, incapable de saisir ce qui venait de se produire.

« Quoi... ? » Alors qu’il murmurait ces mots, il baissa les yeux.

Il avait alors vu son bras sur le sol. L’épée était toujours dans la main.

« Qu’est-ce... à l’instant..., » il ne pouvait pas dire un autre mot que ça.

Après avoir senti sa cage thoracique s’enfoncer en lui en produisant un important bruit d’os brisés, l’homme fut expulsé hors du chariot.

« Pff, je ne suis pas aussi forte quand je ne peux utiliser que mes mains..., » déclara Kunon avec une expression de déception clairement visible. Sa fourrure dorée s’agitant dut à l’excitation.

Mais à ce moment-là, personne ne s’était vraiment soucié de ses paroles.

Ceux qui assistaient à la scène ne pouvaient pas saisir ce qui s’était produit en cette fraction de seconde. Lilia elle-même, la plus proche des bandits, était trop choquée pour réagir.

La seule chose qui était claire pour tout le monde était... que Kunon était une femme-bête, une demi-humaine puissante dans les compétences martiales. Même si le sang de l’homme l’éclaboussait, elle gardait le même sourire radieux qu’elle avait quand Takumi lui donnait du pain.

« Ils... l’ont libérée ! » L’un des hommes près du chariot avait crié, terrifié.

Sa voix avait figé les bavardages de ses camarades, qui s’étaient tournés pour voir cette horrible scène.

Puis, ne se souciant nullement de ce qui était arrivé à leur chef, les bandits avaient commencé à fuir à pleine vitesse, se dispersant comme s’ils avaient vu un monstre.

Pourtant, la fille continuait à les regarder comme un loup regardant un agneau juste avant de le déchiqueter.

Puis, tout en continuant à observer, elle déclara. « Oh, jouons-nous au chat et à la souris ? Je l’ai déjà joué plusieurs fois ! Les gens m’ont félicité... quand j’ai attrapé et tué toutes les petites souris. »

« ... Stupide chien ! Qui a dit que tu pouvais les tuer !? » Au moment où elle allait bondir, Takumi l’avait attrapée par la peau du cou, puis, alors qu’il resserrait sa prise sur elle, elle s’était raidie et avait arrêté de bouger.

« Outch ! Qu’est-ce que tu fais !? » s’exclama Kunon.

« Il n’est pas nécessaire de les tuer, » déclara Takumi.

« Oh laisse-moi ! C’est ennuyeux si je ne les tue pas ! Ne puis-je pas aller m’amuser avec eux ? » s’exclama Kunon.

Elle ne comprenait pas la raison pour laquelle il l’avait arrêtée.

Une personne normale se serait demandé si elle avait une case en moins... mais il y avait quelqu’un qui pouvait comprendre ce genre de logique.

« C’est vrai, c’est ennuyeux. Alors, amusons-nous, » déclara Takumi.

« Super ! Tu me laisses donc aller les tuer ? » demanda Kunon.

« Non, arrête-toi ! Tuer du monde n’est pas une bonne chose, » répondit Takumi.

Kunon ne pouvait pas comprendre ses paroles et elle pencha la tête tout en le regardant.

Takumi affichait le même sourire tordu qu’elle avait. « Ne les tue pas sans raison, laisse-les vivre. Ne tue pas non plus leur chef. Cela serait beaucoup plus amusant de le voir mourir très lentement. »

Takumi, sur sa même longueur d’onde, avait proposé quelque chose d’encore plus atroce avant de la relâcher.

Kunon était restée gelée, immobile alors qu’elle l’observait toujours.

La laissant seule, Takumi avait commencé à libérer de leurs chaînes les enfants.

Karin fut la dernière, et quand elle fut finalement libre, elle étendit ses membres endolories.

Après ça, elle s’était tournée vers Takumi, et lui avait adressé la parole. « Comment as-tu pu obtenir la bonne clef dès le premier essai ? »

Le trousseau de clefs avait quatorze clefs présentes, dix pour les enfants et quatre pour Karin et Kunon.

Et donc, trouver la bonne clef dans l’obscurité en si peu de temps n’était pas une tâche aisée.

Mais Takumi avait répondu avec son visage de poker habituel. « Puisque les marchands avaient les clefs de nos chaînes, mais pas les vôtres, ils auraient dû les avoir quand ils vous ont acheté. »

Alors qu’il avait dit ça, il lui avait montré le trousseau de clefs.

Un simple fil avait tenu l’ensemble des clefs.

« Dans ce cas, vos clefs auraient dû être les dernières, » rajouta-t-il. « En outre, puisque vos entraves sont faites dans des matériaux différents, leurs clefs auraient dû être également différentes. »

Puisque les humains ne pouvaient pas voir dans l’obscurité, ils devaient affûter leurs sens pour se déplacer dans certaines circonstances.

Une fois qu’il avait compris la position des clefs, les toucher un à un n’avait été qu’une question de quelques secondes.

« De plus, pour lier Kunon, ils avaient besoin de chaînes plus dures, donc je n’avais qu’à comparer la dernière paire de clefs de l’ensemble, » continua-t-il. « Même si je me trompais, j’aurais pu à nouveau essayer, même s’il me semblait que ce mec ne voulait pas continuer à jouer bien longtemps. De toute façon, il était vraiment improbable pour lui de voir ce que je faisais. »

Takumi lui avait souri alors qu’il commençait à faire tourner le trousseau de clefs autour de son doigt.

« D’autres questions ? » demanda-t-il.

En le voyant si confiant, elle haussa les épaules et arbora un sourire ironique avant de lui répondre. « Non. Je te pardonne aussi d’avoir utilisé Kunon, mais seulement parce que nous sommes en sécurité maintenant. »

« Il faut bien remercier ce type, car grâce à lui, nous sommes libres. Maintenant, il est temps pour le prochain mouvement, » déclara Takumi.

Takumi s’était approché des enfants qui étaient regroupés. « Hé, est-ce que l’un d’entre vous est blessé ? »

« Takumi ! Merci ! Je te remercie... ! » Lilia était venue en courant et l’avait étreint, pleurant à chaudes larmes.

Elle devait avoir été la plus effrayée par tous ces événements, puisqu’elle avait été menacée d’être celle qui serait tuée en première.

Les autres enfants avaient également parlé après ça pour le remercier.

Les cochers étaient morts et les bandits avaient tous fui.

Plus personne ne les retenait. Ils étaient enfin libres...

Du moins, c’est ce qu’ils pensaient.

« Allez, on ne peut pas rester ici. Alors, partons tous ensemble, » déclara Takumi.

« Partir... ? Où ? Et aussi, maintenant que nous sommes libres, est-il vraiment nécessaire que nous restions tous ensemble ? » répliqua Killfer tout en jetant un coup d’œil à Kunon et Karin.

Takumi avait deviné que leur présence n’était pas vraiment appréciée par les autres.

« Bien sûr, nous devrions aller là où les marchands nous amenaient en tant qu’esclaves. Les chevaux vont bien, alors nous devrions atteindre notre destination sans plus de problèmes, » répondit un Takumi souriant.

Les enfants n’avaient pas compris sa déclaration

Pourquoi devaient-ils redevenir des esclaves, et cette fois de leur propre volonté ?

« Non... Oublie ça ! Pourquoi diable devrais-je redevenir un esclave ? » Dès que Killfer avait exprimé ses pensées, d’autres enfants montrèrent qu’ils étaient d’accord avec lui.

Takumi s’attendait à cela, alors il avait commencé à expliquer. « Il est exact que nous sommes maintenant libres de faire ce que nous voulons, mais où devrions-nous aller ? Nous pourrions être capturés à nouveau, mourir de faim, ou devoir vivre une vie de larcin. »

« Mais pourquoi devrions-nous aller à la rencontre du patron des cochers ? » demanda Killfer.

« Parce que maintenant, ils nous doivent quelque chose. Et je veux négocier avec eux pour que vous puissiez vivre en sécurité pour toujours, » déclara Takumi.

Takumi avait déjà pensé à tout cela, alors il avait souri avec confiance. « Il faut redevenir esclave pour ne plus en devenir un dans le futur... mais nous devons tous rester ensemble pour que cela se produise. »

Bien sûr... les enfants avaient penché la tête alors qu’ils étaient en pleine confusion. Après ça, ils avaient finalement compris ce qu’il sous-entendait par là.

S’ils décidaient de fuir, rien n’aurait changé pour eux. Leur vie serait restée un enfer.

Aussi bien les bandits que les marchands d’esclaves les pourchasseraient jusqu’au bout du monde afin de pouvoir se venger.

Mais tous les enfants n’étaient pas mûrs pour abandonner la liberté qu’ils venaient de gagner, même s’ils avaient compris que c’était le bon choix.

« ... je suis partante, » déclara Lilia alors qu’elle se tenait debout près de Takumi.

Les autres enfants la regardaient.

« Lilia, plaisantes-tu !? Il n’est nullement nécessaire de faire ce qu’il demande ! Nous sommes maintenant libres ! » s’exclama Killfer.

Elle secoua négativement la tête face à son objection. « Takumi a raison. Nous pourrions nous faire capturer à nouveau et si cela n’arrive pas aujourd’hui, cela pourrait arriver demain, après-demain ou encore après... » Elle répondit, et Killfer baissa la tête en serrant les dents.

Ils auraient à vivre avec la peur au ventre par rapport au fait d’être pourchassés. Leur vie ne serait pas si différente d’avant.

« Eh aussi, Takumi m’a sauvé, » continua Lilia. « Il a réussi à surmonter une situation impossible, c’est pourquoi... je crois en lui. »

Killfer fit claquer sa langue après l’avoir vue sourire et se tourna pour faire face à l’enfant près d’elle

Killfer se mit alors à parler à Takumi, résigné. « Euh, peux-tu vraiment faire ça ? »

« Je suis “sûr” que je peux le faire. Je sais que te demander quelque chose comme ça est dingue, mais je tiendrai ma promesse, » répondit Takumi.

Killfer soupira et baissa la tête devant le sourire odieux et condescendant de Takumi.

« Que devrions-nous faire ? » demanda Killfer.

Face à cette question, Takumi répondit. « J’aimerais te dire de tout me laisser faire, mais certains enfants n’ont toujours pas compris ce que nous devons faire, alors je veux que toi et Lilia leur expliquiez tout et que vous les convainquiez de ça. Si quelqu’un refuse, les choses vont se compliquer. »

« Leur expliquer... ? Lilia est sûrement bonne pour ça, mais je ne sais pas comment le faire, » déclara Killfer.

« Je suis sûr que tu peux le faire à cause de ce que tu es, » répondit Takumi. « Laisse Lilia expliquer la situation, tu n’interviendras que lors que cela devient vraiment nécessaire. »

Il avait l’air d’être en plein conflit, mais il avait décidé d’aller avec Lilia. Quand Takumi vit qu’ils étaient prêts à partir, il s’était retourné après avoir senti quelqu’un se trouvant derrière lui.

« Takumi... j’ai une faveur à te demander, » les cheveux blonds de Kunon étaient éblouissants sous le clair de lune. Son visage était figé dans une expression froide. « Les personnes me disaient toujours de tuer, et c’est tout ce que j’ai toujours fait... Je ne lâcherai pas une vie aussi amusante. »

Ses yeux morts et dorés étaient sans émotion.

« C’est pourquoi “les laisser en vie” était... intéressant, » continua Kunon. « Si tu peux penser à quelque chose comme ça, je suppose que tu penseras à beaucoup de choses encore plus intéressantes. »

Son expression s’était adoucie et était revenue à la normale.

« Alors... je vais commencer par te laisser en vie, » déclara-t-elle à la fin.

Un sourire innocent s’épanouissait sur ses lèvres et Takumi lui rendit son sourire.

« C’est sympa. N’hésite pas à me tuer quand tu seras fatiguée de moi, » déclara Takumi.

« Arg... te tuer serait certainement difficile, mais ça pourrait également être amusant..., » répliqua Kunon.

 

« Est-ce vraiment amusant d’écraser une mouche ? Dans tous les cas, garde les yeux ouverts, » répondit Takumi. « Je vais te montrer plein de bons moments, mais tu dois travailler pour moi en retour. »

« Laisse-moi me charger de ça ! J’obéirai à tous tes ordres comme un bon toutou ! » après avoir donné sa réponse, elle était revenue dans le chariot tout en remuant la queue.

« Maintenant que ton amie a fait son choix, que vas-tu faire ? » demanda Takumi à Karin.

« ... Si Kunon reste, je le ferai également, » déclara Karin. « Tu es vraiment intéressant... et il y a d’autres choses que j’aimerais voir. »

Elle pointa du doigt sa tête.

« Je vais te le demander à nouveau. Qui es-tu ? » demanda Karin.

« Eh bien, je ne peux pas dire que je suis une personne normale, » répondit Takumi.

« N’es-tu pas normal... ? C’est dur à croire, » déclara Karin.

« Je ferai de mon mieux pour te le faire croire, » répondit Takumi. « Nous avons beaucoup à discuter et avoir quelqu’un qui peut me comprendre tout de suite peut être utile. »

Comme il n’avait pas assez d’informations sur ce monde, qui sait quelles conséquences il aurait à subir s’il disait qu’il était une personne réincarnée.

Karin pouvait lire dans son esprit grâce à sa capacité. Cela voulait dire qu’au fil du temps, elle pouvait tout découvrir, et qu’il n’avait pas besoin de lui dire directement.

« Remettons à plus tard cette petite conversation. Récupérons les cadavres et allons-nous-en, » déclara Takumi.

« Je suis d’accord, mais... pourquoi devrions-nous les amener avec nous ? » demanda Karin.

Karin avait maintenant l’habitude de voir ces cadavres, mais elle ne comprenait pas pourquoi ils en avaient besoin.

« Avant ça, j’ai dit que personne ne devait manquer. Bien sûr, ils ne sont pas exclus, » déclara Takumi.

Après avoir fermé les yeux des cochers et les avoir repositionnés avec dignité, il les avait traînés dans le chariot.

Ni les enfants ni Kunon et Karin, les cochers ou les bandits qui avaient attaqué le chariot devraient être portés disparus s’ils voulaient que les négociations se déroulent sans encombre.

« Comme c’est assez complexe à expliquer, ce sera plus rapide pour toi de le lire directement en moi, » déclara Takumi.

« Non, lire dans ton esprit est fatigant, » répondit Karin. « Quand je l’ai fait pour savoir ce que nous devions faire plus tôt, j’ai vu tellement de pensées que j’avais envie de vomir. »

« Oh, c’est pour ça que tu as fait ce visage, » répondit Takumi. « Mais à partir de maintenant, je vais souvent te faire lire dans mes pensées, alors il faut s’y habituer. » Il avait dit ça en se regardant dans les yeux. Takumi s’était placé face à elle... et comme c’était un peu trop près, Karin se mit à férocement rougir.

« Je-je ne m’intéresse pas à un enfant... mais j’ai lu qu’il y a un adulte en toi... c’est complexe..., » balbutia Karin, gênée.

« Merci pour la réaction ô combien mignonne ! J’ai aimé ça, » déclara Takumi.

« ... Je te frapperai si tu le dis encore, » s’exclama Karin.

« Eh bien, tu peux quand tu veux lire la réponse que tu cherches, mais ne le fais pas si cela te fait te sentir plus mal, » déclara Takumi. « Il vaut mieux respirer un grand coup, et te reposer. »

« Oui, je vais passer mon tour pour l’instant... Que veux-tu faire quand nous y serons ? » demanda Karin.

« Je veux montrer aux adultes qu’ils ont fait une erreur, » répondit Takumi avec son éternel sourire.

***

Partie 4

Une petite présentation de la ville de Listina, la capitale.

Le Château de Richtert était visible par-dessus les toits de Listina, et la structure de la ville était divisée entre les parties supérieure, centrale et inférieure.

La forteresse et la ville étaient entourées de hautes murailles.

Un immense lac était situé au sud de la capitale, une chaîne de montagnes s’étendait au nord, et des plaines s’étendaient à perte de vue de l’est à l’ouest.

On aurait dit que mère Nature avait béni la ville avec tous ses éléments.

La chaîne de montagnes Meld n’avait pas seulement bloqué les vents froids de l’hiver, mais elle avait également servi de barrière naturelle contre les envahisseurs potentiels.

Le lac de Verne était célèbre en raison d’une certaine caractéristique.

Il s’agissait d’un lac saumâtre. Une partie de son eau provenait directement de la mer, ce qui avait souillé l’eau du lac.

Grâce à cette particularité, les navires pouvaient sans problèmes accéder au lac directement depuis la mer.

Afin de gagner du temps en évitant les difficultés liées au transport terrestre, la ville s’était particulièrement développée dans le domaine du commerce maritime et ceci comprenait également les canaux.

En outre, les plaines Eltern étaient dépourvues de nids de poule et d’autres obstacles du genre, de sorte que même les royaumes voisins les utilisaient comme routes commerciales.

Puisque Listina avait une situation géographique idéale et qu’elle était célèbre en tant que métropole commerciale, une grande variété de marchands ambulants la visitait afin de développer leur commerce. Mais avant de les laisser entrer dans la ville, leur marchandise devait être examinée au préalable.

C’est pourquoi chacune des portes de la ville était protégée par des gardes stationnés pas très loin de leurs casernes.

Ils devaient garder en tout temps les yeux ouverts afin de s’assurer que personne ne contrevenait à la loi.

L’un d’eux était à moitié endormi et laissa échapper un large bâillement en regardant le soleil se lever. « Aaah... c’est enfin le matin. Si seulement les autres se dépêchaient et prenaient le relais, nous pourrions tout de suite rentrer chez nous. »

« Je suis d’accord, mais si tu étais à leur place, ferais-tu ça à ton réveil ? » demanda le deuxième garde.

« Eh bien... non, j’aurais d’abord droit à un gros petit-déjeuner, » répondit le premier garde.

« C’est pareil pour eux. Je comprends que tu aies sommeil, mais sois patient, » répondit le deuxième.

« Oui, m’sieur. Essaye donc de me tenir éveillé en me parlant de quelque chose d’intéressant, car nous allons devoir tuer le temps, » déclara le premier garde.

« Je suppose que je ne peux pas faire autrement... dans ce cas, parlons du “chariot fantôme”, » commença le deuxième.

« Veux-tu parler du chariot qui a été repéré au milieu de la nuit alors qu’il était conduit par un cadavre ? » demanda le premier garde.

« ... Laisse-moi au moins commencer l’histoire, » soupira le deuxième garde.

« Un gars m’a parlé du “vaisseau fantôme” quand je surveillais au port, » dit le premier.

« Je vois. C’était probablement que vous deux n’aviez rien à faire et qu’il a entamé une conversation comme tu l’as fait à l’instant, » déclara le deuxième.

Comme les deux hommes se divertissaient avec ce bavardage futile, ils se mirent tous deux à sourire.

Ils étaient tellement fatigués qu’ils auraient pu s’endormir en mâchant de la nourriture ou en buvant du vin.

La seule façon de revenir à leurs sens aurait été d’avoir une véritable peur.

Au moment où ils entendirent les hennissements d’un cheval au loin, ils regardèrent dans cette direction.

« Je suppose que nous avons du travail à faire. N’avons-nous pas de la chance de pouvoir maintenant examiner un chariot ? » demanda le premier.

« Tu peux le dire ainsi, mais nous devons travailler pour vivre, n’est-ce pas ? » demanda le deuxième alors qu’ils affichaient tous deux des sourires ironiques.

Voyant le chariot se rapprocher de la porte, ils se regardèrent.

« N’est-ce pas un peu bizarre ? » demanda le premier garde.

« On dirait un chariot utilisé pour transporter des marchandises, mais je ne vois pas le tissu habituel... Non, attends, je peux le voir flotter dans le vent ! » s’exclama la deuxième. « Peut-être qu’il a été attaqué par des bandits. »

« Dans ce cas, pourquoi viendrait-il ici de cette manière ? » demanda le premier.

Le soleil projetait l’ombre du chariot dans la direction de la ville, alors ils ne pouvaient qu’attendre qu’il se rapproche pour mieux voir ce que c’était.

« Quoi qu’il en soit, qu’est-ce que c’était que le chariot fantôme ? » demanda le premier garde.

« On raconte qu’un chariot qui transportait des enfants esclaves a été attaqué par des bandits qui ont tué chacun d’entre eux. Après ça, en raison de leur ressentiment, ils sont devenus des fantômes et maintenant leurs cadavres parcourent cette terre, » raconta le deuxième garde.

« Oh mon dieu... Si mes yeux ne me trompent pas, le cocher de ce chariot ressemble à un enfant..., » déclara le premier garde.

Plus le chariot était proche, et plus le cocher était petit par rapport à un adulte.

« ... Sache juste que si c’est la vraie affaire, je ne resterais pas ici. »

« Ne t’inquiète pas. Si c’est vraiment le cas, au diable le travail et nous courons de toutes nos forces, » déclara le deuxième garde.

Ils retinrent nerveusement leur souffle en attendant l’arrivée du chariot... et finalement il commença à ralentir, jusqu’à ce qu’il s’arrête près d’eux.

Le cocher était vraiment un enfant, et il affichait un sourire alors qu’il leur faisait signe avant de parler. « Bonjour ! Le fait d’être de service ce matin est vraiment admirable ! »

En entendant ses salutations amicales, les gardes se sentirent soulagés.

« Eh bien, c’est notre devoir, » déclara le premier garde. « Mais... cette carriole n’est pas le tienne, n’est-ce pas ? »

« Non, ce n’est pas le cas, » répondit l’enfant. « Nous avons été attaqués par des bandits sur le chemin menant ici, donc j’ai pensé à rapporter ceci à son légitime propriétaire. »

Les gardes semblaient perplexes.

Le cocher actuel portait un collier noir... un collier d’esclave.

Ils avaient commencé à se demander pourquoi il n’avait pas fui, puisque les bandits auraient été capables de tuer les marchands.

Le raisonnement de l’enfant était une idiotie.

« ... Je dois vérifier le chariot, » déclara le deuxième garde.

« N’hésitez pas à le faire, » répondit le jeune. « Mais s’il vous plaît, ne réveillez personne. Ils sont tous fatigués. »

Tout en surveillant l’enfant, l’un des gardes avait regardé à l’intérieur du chariot. Il y avait neuf enfants, une fille-bête, une elfe... et deux hommes. Tout le monde était allongé sur le sol.

« Oh, il y a des adultes. J’aimerais parler à..., » commença le garde.

Quand il avait essayé de réveiller l’un d’entre eux, il remarqua que le corps de l’homme était bien trop froid.

Sa tête ensanglantée roula d’une façon désordonnée, et elle arrêta pile comme si elle voulait regarder le garde.

L’enfant à l’extérieur, agissant toujours en tant que cocher, n’avait jamais cessé de sourire.

« Oups, j’ai oublié de vous dire que certains d’entre eux sont morts, » s’exclama l’enfant. « Je voulais les ramener à leurs familles avant qu’ils ne pourrissent, alors... pouvez-vous m’aider à entrer en contact avec le propriétaire de ce chariot, s’il vous plaît ? »

Les misérables cris des deux gardes retentirent à l’extérieur des murs de la ville.

***

Partie 5

Il semblerait que les gardes ne voulaient pas s’impliquer avec le propriétaire du chariot, qui était à la tête d’une organisation de marchands d’esclaves appelée Valeria.

Certains de ses membres étaient apparus dès que les gardes avaient contacté leur organisation, mais ils ne ressemblaient pas à des gens amicaux.

Bien plus que des marchands, ils ressemblaient plus à des voyous.

Après qu’ils eurent vérifié les cadavres de leurs anciens camarades, ils avaient ouvertement montré leur hostilité et leur soif de sang envers Takumi.

Eh bien, penser que Takumi avait induit une rébellion et tué les cochers était normal dans cette situation, puisqu’aucun d’entre eux n’avait été témoin de la scène.

Pourtant... personne n’avait posé un doigt sur les enfants. « Notre patron veut parler avec toi, » était leur seule explication.

Les esclaves avaient été escortés à l’un des salons de Valeria.

Kunon et Karin, ainsi que Lilia, Killfer et les autres étaient tous inquiets quant à la situation.

« Désolé de t’avoir fait venir ici, » devant Takumi, un homme s’était assis sur le canapé avec une de ses jambes croisées sur l’autre, et ses pieds posés sur la table basse.

Oui, peut-être qu’« homme » lui convenait mieux que « marchand ».

Les voyous l’avaient appelé patron, et Takumi avait estimé qu’il était autour de l’âge où il était mort dans son ancien monde. Peut-être même un peu plus âgé, donc juste au-dessus de sa trentaine.

À en juger par les cicatrices sur son visage et ses bras, il avait probablement un corps solide et bien musclé.

« Je suis Vatel Famille, le dirigeant de cette organisation. Avant de commencer à me dire ce qui s’est passé, fais comme chez toi, » déclara-t-il.

Takumi avait suivi ses mots et s’était assis sur le canapé.

« Les gardes m’ont déjà expliqué ce qui s’est passé. Depuis le début, cette situation était louche, compte tenu de l’elfe à bas prix, mais je veux écouter votre version avant d’en tirer mes propres conclusions, » déclara-t-il.

Mais les yeux s’opposaient à ses paroles, car ils s’étaient emplis d’une soif de sang.

« Pourtant, je ne comprends pas pourquoi tu voulais venir ici, » continua-t-il « Je peux comprendre que tu nous retournes nos anciens camarades, mais je ne vois pas pourquoi tu as aussi amené cette elfe. »

L’homme avait analysé la situation tout en allumant un cigare.

« Je veux que tu expliques tout ce qui s’est passé. Essaye de cacher quelque chose ou de me mentir et aucun d’entre vous ne sortira vivant d’ici, » finit-il par dire.

Son regard était ferme alors qu’il examinait Takumi.

L’enfant avait fait de même.

S’il avait été un voyou moyen, il aurait été facile de le tromper et de retourner la situation. En outre, si une bataille avait éclaté, Kunon serait présente pour se battre.

Mais Vatel était prêt pour ce genre de scénario, puisqu’il savait déjà ce qui s’était passé.

La collecte d’informations était plus facile lorsque vous aviez le dessus.

Mettre de la pression sur quelqu’un pourrait leur faire commettre des fautes, ce qui rend encore plus facile cette récupération de données.

Takumi avait commencé à parler en pensant que l’homme n’était pas un imbécile. « Le fait de fuir aurait été inutile pour nous, puisque nous n’avons nulle part où aller. Nous sommes ici pour vous demander une faveur. »

« Vous foutez-vous de moi ? Vous, des esclaves, voulez nous demander une faveur ? » s’écria Vatel. « Vendre des personnes nous fait apparaître comme des individus de merde, mais penses-tu que nous allons vous torcher le cul, à des marmots comme vous ? »

« Vous savez, nous ne serions pas en mesure de conclure un marché si vous n’étiez pas des marchands d’esclaves si merdiques, » répliqua-t-il.

Les yeux de Vatel se mirent à s’illuminer de rage en entendant cette réponse, tandis que les voyous dans le couloir se fâchaient devant une scène aussi scandaleuse.

« Putain de gamin, comment oses-tu parler au chef Vatel comme ça ? » déclara un homme massif avec une voix forte et en colère.

« Tais-toi, Gaitsu. Je sais que tu détestes traiter avec des esclaves arrogants, mais laissons-le faire, » après que Vatel eut grondé son sous-fifre, son regard était revenu sur Takumi. « Désolé pour ça, mais en mettant de côté le chagrin pour nos camarades perdus, nous ne sommes pas des gens qui aimons être insultés ainsi par des gamins. »

« Je vois. Je ne pensais pas que vous pourriez être dérangé par quelqu’un comme moi, » répliqua Takumi.

Takumi était imperturbable pendant que les voyous le regardaient.

Vatel poussa un profond soupir. « Eh bien. Je reconnais ton courage, mais surveille tes paroles. Maintenant, revenons à notre conversation... »

Ses yeux brillaient derrière un nuage de fumée pourpre.

« Avant de conclure un marché, tu devrais t’assurer d’avoir les biens appropriés avec toi. Qu’est-ce que vous avez, des esclaves sans le sou ? » demanda-t-il.

« Eh bien, je n’ai que mon corps et les loques qui le recouvrent, mais nous pouvons aussi échanger des choses intangibles, n’est-ce pas ? » demanda Takumi en tapotant sa tempe avec un doigt. « J’ai les informations qui vous seraient utiles. »

Vatel était devenu silencieux, perdu dans ses pensées.

« Continue. Nous pourrions avoir un commerce équitable compte tenu de la valeur de ces informations, » déclara Vatel.

« Mais chef Vatel ! Crois-tu vraiment ce gamin ? Il va juste essayer de sauver sa propre peau ! » Gaitsu avait encore soulevé une objection quant à la décision de son chef.

« Gaitsu, je t’ai dit de fermer ta gueule, » dit l’homme qui regardait fixement son subordonné.

Le corps musclé de Gaitsu avait commencé à frissonner.

« Je veux savoir ce qu’il a à offrir, » continua Vatel. « Si tu ne comprends pas cela et que tu oses interrompre à nouveau notre conversation, je jure que je te fermerai la bouche pour toujours. »

Gaitsu bougea ses lèvres, mais aucun son ne sortit d’elles.

Submergé par la pression du regard de son patron, il quitta la pièce tout en se mordant les lèvres.

Takumi était resté indifférent et avait recommencé à parler sans changer de ton. « N’avez-vous pas été d’accord trop facilement ? Votre homme pourrait avoir raison. »

« Si tu étais si stupide, je t’aurais déjà enterré dans un champ jusqu’à la tête. Ou bien, tu serais déjà mort de faim sur le bord de la route, » alors qu’il exhalait un autre nuage de fumée violette, son expression semblait un peu s’adoucir. « Continuons. Que penses-tu, qu’as-tu vécu, qu’as-tu vu... dis-moi tout et montre-moi des preuves, pour que je puisse avoir une image claire de tout cela. »

Takumi s’attendait à ce qu’il dise ça.

Vatel pensait que le commerce allait lui profiter, alors il n’avait pas montré le moindre soupçon de honte en faisant un marché avec un esclave ordinaire.

Après avoir inspiré de l’air, Takumi avait commencé à parler. « D’abord, je veux expliquer pourquoi il n’y a pas d’esclaves manquants. Nous étions enfin libres, donc c’est bizarre que nous soyons tous ici en ce moment, mais c’est exactement la raison pour laquelle nous avons de la place pour la négociation. Si vous n’aviez pas arrêté de penser à ça, vous nous auriez au moins écoutés. »

Il avait dit tout cela d’une voix monotone.

« En regardant la boîte que vos anciens camarades avaient avec eux, j’ai pu confirmer qu’il y avait quelqu’un qui utilisait son cerveau ici. C’est pourquoi j’ai préféré venir ici, plutôt que de fuir à la recherche d’un endroit sûr. »

Cette boîte n’avait pas de clé ni de trou de serrure, il était donc impossible de l’ouvrir pour une personne normale.

« Comme elle ne peut être ouverte que par quelques personnes, la façon de l’ouvrir doit être complexe, » continua-t-il. « Mais à en juger par sa dimension et sa forme, il est impossible de cacher un véritable mécanisme en son sein. En outre, ce n’est même pas nécessaire, car il ne doit pas rester longtemps ainsi. Donc... en vérité, n’importe qui peut l’ouvrir. »

Une boîte sans clé et sans serrure était intéressante.

En supposant que « cela ne pouvait être ouvert que par quelques personnes », Takumi pensait que ceux qui appartenaient à cette organisation pouvaient le faire.

Peut-être que seule la magie pouvait l’ouvrir, pensa l’enfant, mais si c’était le cas, l’un des cochers l'aurait clairement dit.

Pourtant, aucun d’eux n’avait mentionné quoi que ce soit à cet égard.

« Les cadavres de vos anciens camarades sont la preuve de notre innocence, » continua-t-il. « Si nous les avions tués, leurs corps n’auraient pas subi ces blessures. La frappe d’un enfant n’irait pas si profondément et avec ces angles. Et aussi, si une bête les attaquait, ils seraient beaucoup plus déchiquetés. »

Takumi expliquait calmement la situation.

Les voyous avaient commencé à avoir peur de lui.

Comment avait-il deviné ?

« J’ai déjà dit que nous pouvons faire un marché parce que vous êtes des marchands d’esclaves, n’est-ce pas ? C’est parce que votre façon de résoudre les problèmes est basée directement sur la force brute, donc la seule chose que je peux vous offrir en tant qu’enfant est l’information, » continua-t-il.

Tout le monde était en train de ressentir de la peur alors que l’enfant continuait avec son explication.

« Maintenant, il est le temps de passer à la partie amusante. Je connais le plan, la physionomie et les traits spécifiques des bandits qui nous ont attaqués, et nous avons aussi l’un des bras de leur chef... Je peux aussi dire que ces idiots ont déjà attaqué d’autres carrioles de la même manière. Ils sont venus pour ramener l’elfe et voler tout objet de valeur. »

Puis, l’enfant avait retroussé ses lèvres dans un sourire effrayant.

« Alors... je suis là pour vous offrir de l’argent et votre vengeance, » annonça-t-il.

La pièce s’était remplie de silence.

Après un moment, le rire de Vatel le traversa. « Bien, tu as bien fait ! Faisons un marché ! »

Pour la première fois, Vatel avait fait face à Takumi avec une expression amicale.

« En tant que Vatel Famille, responsable de Valeria, je promets de prendre soin de vous tous. Dites-nous ce dont nous avons besoin de savoir à propos de ces bâtards, » déclara Vatel.

Il avait gardé le sourire même si ses yeux étaient teintés d’une soif de sang.

« Si je peux les tuer de mes propres mains, je te donnerai ce que tu veux, » déclara Vatel.

Les voyous affichaient des sourires fous tandis que leurs cœurs flamboyaient en raison des douces flammes de la vengeance présentes en eux.

 

Takumi sourit en retour et répondit. « Ils sont toujours dans la ville. Je vous suggère donc de vous dépêcher d’agir. »

« Pourquoi dis-tu ça ? » demanda Vatel.

« J’aurais dû le mentionner avant, » Takumi avait croisé les jambes avec arrogance.

Il s’agissait d’un comportement totalement inadapté à un esclave.

« Courir aurait été vraiment stupide. De plus, grâce à la femme-bête, nous avons maintenant un bras qui appartient à l’un d’entre eux, alors ils nous chassent en ce moment, » déclara Takumi.

Même s’il était juste un enfant, il avait recueilli une énorme quantité d’informations.

« Ils ne penseront pas que tous ceux du chariot sont arrivés ici. Pendant qu’ils nous cherchent, nous resterons ici, et vous serez libre de faire ce que vous voulez, » déclara Takumi.

« Venir ici en sachant qu’ils essaieraient de vous traquer est un geste astucieux, » répondit Vatel. « Mettre la main sur une femme-bête, qui est aussi l’un des loups belligérants et qui a la capacité de gérer une telle bataille est... pas mal. »

« La vie de ces bandits est une grande affaire pour vous, et vous n’êtes pas le genre d’individu qui laisserait passer entre vos doigts une telle occasion en or. Est-ce que j’ai raison ? » demanda Takumi.

« Alors, tu voulais échanger ça depuis le début ? Tu es intelligent, gamin. Pourquoi n’essaies-tu pas de devenir un marchand d’esclaves ? » demanda Vatel.

Le rire de l’homme semblait guttural. Son ton était ironique, mais son expression et ses louanges semblaient sincères.

« Eh bien... dans ce cas, laissez-moi être l’un des vôtres, » déclara-t-il.

Vatel écarquilla ses yeux en raison de la surprise.

« Est-ce que tu... veux travailler pour moi ? » demanda Vatel.

« Exactement. Après tout, j’ai déjà des biens, » Takumi avait dit ça en montrant les enfants derrière lui. « Je vais les vendre et vous apporterais dix fois leur prix. »

Les voyous étaient troublés par cela, et même Vatel affichait une expression agacée.

« Écoute... même moi, je pense que je suis méchant, » répondit Vatel. « Je n’hésite pas quand je dois tuer quelqu’un, et vendre des bestioles ou des humains ne me dérange pas du tout. Mais je défends la logique et la raison. Seul un bâtard jetterait quelqu’un parce que ça ne leur sert plus à rien, tu ne le penses pas ? »

Les enfants qui avaient goûté l’espoir de la liberté et le désespoir de l’esclavage étaient un parfait exemple.

Mais Takumi était resté calme alors que Vatel le regardait.

« Je veux les vendre pour leur propre bien, » répondit Takumi.

« Ce ne sont que de belles paroles, » répondit Vatel. « Tous les esclaves meurent de la même manière. Les hommes meurent en travaillant eux-mêmes jusqu’aux os, et les femmes sont obligées de se prostituer et de mourir de maladies. »

« C’est pourquoi je devrais tout simplement les vendre là où ça ne peut pas arriver, » répondit Takumi. « S’ils sont compétents, les acheter devient pratique, et s’ils sont si bons qu’ils ne peuvent pas être remplacés, ils peuvent avoir une vie normale... non ? »

« Penses-tu vraiment que tu peux réaliser quelque chose comme ça dans ce monde de merde ? » demanda Vatel.

« Bien sûr que je le peux. Rien n’est impossible pour moi, » répondit Takumi.

C’était inconcevable.

Pourtant, quelqu’un voulait essayer l’impossible.

« Je pourrais même... changer l’image elle-même des esclaves, » rajouta Takumi.

À cet instant-là, Takumi avait fait un sourire adapté à quelqu’un de son âge.

Vatel avait souri par réflexe.

« Tu... es vraiment un enfant étrange, » déclara Vatel.

« Vatel, veux-tu vraiment accepter sa demande ? » demanda l’un des hommes présents.

« Pourquoi pas, Jill, » répondit Vatel. « Je veux dire, regarde jusqu’où il est allé pour tout cela. S’il nous apporte du profit, c’est donc fantastique pour nous. »

« ... Je vois. Que dois-je dire à Gaitsu ? » demanda Jill.

« Dites-lui que j’ai un peu de travail pour lui. Quand on parle d’argent, il est sans pareil, » répondit Vatel.

Jill, l’homme de peu de mots, s’inclina respectueusement avant de quitter la pièce.

Alors qu’il sortait, un petit visage encadré de beaux cheveux blond-platine et décoré de deux grands yeux couleur jade apparue de la porte.

« Papa, as-tu fini ton travail ? » demanda la jeune fille.

« Oui ma chérie. Mirta, pourrais-tu amener ces enfants dans la chambre d’amis ? Nous déjeunerons plus tard, » déclara Vatel.

« D’accord papa. Cuisinons bien ! » Mirta sourit innocemment tandis que Vatel lui caressait la tête.

Elle avait piqué l’intérêt de Takumi, alors il avait essayé de demander. « Est-elle aussi une esclave ? »

« Essaie de répéter ça et je te tuerai, » répondit Vatel. « Mirta est mon adorable et innocente fille. Elle m’aide avec le travail. »

Sa présence accablante avait été remplacée par les regards d’un père fou et aimant qui avait caressé son petit bébé.

Takumi voulait lui dire qu’elle ne devrait pas l’aider, mais il s’arrêta et continua à observer la scène, étonné.

Mirta pencha la tête. « Papa, est-il aussi un esclave ? »

« Non, il n’est plus un esclave, » répondit Vatel. « À partir de maintenant, il est notre nouveau camarade. »

« Camarade... ? Est-ce qu’il travaillera avec nous ? » demanda Mirta. « Est-ce ainsi même s’il est encore qu’un enfant ? »

En examinant Takumi, elle inclina de nouveau la tête.

« C’est bien le cas. Il compte aussi sur toi, alors aidez-le s’il en a besoin, » déclara Vatel.

« Il ne ressemble pas à un enfant..., » déclara Mirta.

« Pfuahahah! C’est vrai, il ne l’est pas vraiment ! » Dès que Mirta avait exprimé sa pensée, Vatel avait éclaté de rire. « Tu es maintenant membre de Valeria. Fais ce que tu veux avec les esclaves que tu as amenés ici. J’adorerais mettre la main sur l’elfe et la fille-bête, mais je te les laisserai quand même. Considérez-les comme tes premiers investissements. »

« Merci, je ne vais pas les gaspiller. Je ne vendrais jamais sans elles, puisque personne ne pourrait prendre au sérieux un enfant, » répondit Takumi.

« Eh bien ! Tant que tu es intelligent, il n’y aura pas de problème. N’hésite pas à faire ce que tu veux, » déclara Vatel.

Alors que Vatel souriait, il s’approcha de la sortie, mais s’arrêta devant et retourna son visage vers Takumi.

« Demain, parlons en détail du travail... mais en y réfléchissant, tu ne m’as toujours pas dit ton nom, » déclara Vatel.

« Je m'appelle Takumi. J’espère que nous pourrons nous entendre, » répondit Takumi. Il avait répondu avec sa confiance habituelle.

***

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre sa semble fort intéressant 🙂

  2. Merci pour le chapitre 🙂

  3. Merci pour le chapitre. La déesse la envoyé dans une situation bien pourrie...

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