Strike the Blood – Tome 3 – Chapitre 5 – Partie 7

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Chapitre 5 : L’Amphisbaena

Partie 7

Affectée par le réveil de Kanon Kanase, une brise de mer mélangée à de la neige poudreuse avait commencé à faire rage.

Des piliers de lumière avaient traversé les fissures des nuages gris, s’étirant jusqu’au sol.

Face à ces rayons de lumière, le Faux Ange planait haut dans le ciel, regardant vers le bas.

« Kyriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii — ! » Le visage de l’ange, d’une beauté idéalisée, s’était tordu en criant.

Il n’y avait plus aucun signe des deux Masqués. Bien que la méconnaissance de la télécommande ait ralenti Yukina, elle avait réussi, d’une manière ou d’une autre, à les éteindre et à les endormir une fois de plus. Le ciel appartenait seulement à Kanon.

Les yeux, à la surface des six ailes, fixaient Kojou avec le visage d’un être suprême.

Ignorant calmement le regard glacial qui semblait capable de transformer tout ce qu’il voyait en glace, Kojou regarda seulement les yeux de Kanon. Même maintenant, les yeux bleu foncé de Kanon pleuraient, des larmes de sang coulaient d’eux.

Kojou cria à Kanon d’une voix douce. « Tu souffres, Kanase ? » Cette voix avait disparu au milieu de la tempête de neige et du cri du Faux Ange. Mais Kojou était sûr que ses paroles atteignaient Kanon.

« Je le sais. Tu ne critiquerais même pas les propriétaires irresponsables de tous ces chats abandonnés, pas même une seule fois…, » continua Kojou.

Elle ne savait pas qui étaient ses parents, elle avait aussi perdu sa terre natale. Elle était plus gentille avec les autres que quiconque parce qu’elle avait goûté à plus de solitude et de tristesse qu’aucun d’entre eux.

Il ne savait pas si elle était née comme ça ou si c’était le résultat de l’amour avec lequel elle avait été élevée par ceux qui l’entouraient. Mais Kojou pensait que sa nature sublime était en effet digne de ceux qui se disaient rois.

Kanon ne voulait blesser personne.

Même si son adversaire était un vampire primogéniteur maudit par les dieux mêmes…

« Si les êtres qu’ils appellent des dieux sont arrogants, mesquins et assez cruels pour détruire tout ce qu’ils n’aiment pas, je ne te laisserai pas être leur fille de course, » cria Kojou.

Les yeux à la surface des ailes de l’ange avaient projeté une épée de lumière.

Mais l’attaque n’était pas de la volonté de Kanon, c’était la réaction défensive de son corps angélique. Un ange ne pourrait pas plus choisir de ne pas attaquer les démons que le feu refuse de brûler du bois ou l’acide refuse de dissoudre le métal. Ce fait avait fait souffrir Kanon.

Un ange ne possédait pas le libre arbitre, elle était un phénomène, pas différent de la chaleur ou de la lumière.

Transformer une personne en ange, c’était la même chose que de considérer la vie elle-même comme un simple phénomène et cracher sur elle.

Il ne fait aucun doute que certains appelleraient cela le salut. Certains penseraient qu’il s’agit d’une libération de la souffrance.

Mais pour quelqu’un qui ne le désirait pas, ce n’était rien de plus qu’un tourment éternel.

Il n’y avait qu’un seul moyen de libérer Kanon de sa souffrance.

« Je vais maintenant te faire descendre de là ! » cria Kojou.

Kojou avait anéanti les épées de lumière qui s’étaient déversées l’une après l’autre alors qu’il criait. L’aura inquiétante qui jaillissait de tout son corps rétrécissait l’iris des yeux de l’ange comme celui d’un chat.

Kojou avait déplacé son bras gauche vers l’extérieur, en visant droit sur elles. Ce qui avait jailli du bout de son bras, c’était du sang frais.

« Moi, Kojou Akatsuki, héritier de la lignée Kaleid Blood, je te libère de tes liens… ! » cria Kojou.

Le sang frais se transforma en une énorme poussée d’énergie démoniaque, la poussée se condensa, se changea et se matérialisa en une bête invoquée : une bête vampirique, un Vassal Bestial, couverte d’écailles brillantes et argentées.

« … Viens ici, Vassal Bestial Numéro Trois — Al-Meissa Mercury ! »

Il s’agissait d’un dragon qui avait émergé. Il avait un corps serpentin ondulant lentement, quatre serres, et des ailes géantes et inquiétantes : un dragon serpentin recouvert d’écailles d’argent.

Et il y en avait deux.

Les deux dragons qui émergèrent simultanément s’enroulèrent en spirale autour du corps de l’autre, prenant la forme d’un seul dragon géant avec une tête à chaque extrémité, en d’autres termes, la forme d’un dragon à deux têtes.

C’était l’un des vassaux bestiaux que Kojou avait hérité du quatrième Primogéniteur précédent, le sang de Kaleid. Al-Meissa Mercury, le Vassal Bestial à deux têtes, était en réalité deux bêtes fusionnées en une seule.

C’est pourquoi il ne s’était pas réveillé en suçant seulement le sang de Yukina.

Pour les faire obéir complètement, il fallait consommer le sang de deux médiums spirituels différents en même temps. Nul doute que La Folia avait permis à Kojou de sucer son sang parce qu’elle l’avait perçu.

Le corps du mystérieusement matérialisé Al-Meissa Mercury était coloré d’argent. C’était à la fois la couleur de la lance de Yukina et la couleur des cheveux de La Folia.

« Kyriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii — ! »

Le Faux Ange avait lancé des épées de lumière sur le Vassal Bestial de Kojou.

Mais les dragons ouvrirent leurs grandes gueules, avalant les épées de lumière dans les profondeurs insondables de leur gorge. Elles avaient donc été anéanties sans laisser de traces. Les épées de lumière de l’ange avaient été… consumées.

L’iris des six globes oculaires du Faux Ange s’ouvrit en grand avec un choc apparent.

Dans un rugissement tonitruant, le dragon géant à deux têtes, de couleur argent, l’assaillit.

La lumière dorée qui enveloppait le corps de l’ange grandissait en éclat alors qu’il subissait l’attaque. C’était la lumière de l’aura divine qui provenait des plans supérieurs.

Enveloppé dans ce rayonnement, le Faux Ange était simultanément dans le monde, mais pas dans celui-ci. Même la puissance incroyablement destructrice que possédaient les Vassaux Bestials du Primogéniteur ne pouvait pas faire de mal à un ange d’un autre monde… c’est du moins ce qu’il aurait dû être. Mais…

« Ce n’est pas possible… ! » Kensei Kanase éleva la voix avec horreur devant l’impossible scène qui se déroulait devant lui.

Le Vassal Bestial de Kojou, de couleur argent vive, consommait la lumière dorée qui enveloppait les ailes de l’ange — des ailes qu’il aurait dû être incapable de toucher. Le Faux Ange cria alors que la lumière jaillissait à la place du sang.

« Il… a consommé la Membrane Extra-Dimensionnelle du Faux Ange !? » s’exclama Kensei.

Devant les yeux choqués de Kensei, le Faux Ange perdit l’une de ses ailes et tomba.

Mais l’assaut du dragon à deux têtes ne s’était pas relâché. De l’avant et de l’arrière, en haut et en bas, à gauche et à droite, ses deux gueules attaquaient, taillant la membrane défensive dorée.

En voyant cela, Kensei avait finalement réalisé la vraie nature du Vassal Bestial de Kojou.

« Ce Vassal Bestial… C’est un mangeur de dimension ! Il peut consommer n’importe quel espace et la dimension avec lui !? » s’écria Kensei.

En effet. Il était tout aussi spectaculaire que le lion foudroyant, tout aussi sauvage que le bicorne incandescent. Mais dans une pure fantaisie, le dragon à deux têtes de couleur argent était largement au-dessus des deux autres.

C’est un Vassal Bestial qui pouvait consommer, pour ainsi dire, le monde lui-même, infligeant des dommages irrécupérables. C’était l’ennemi mortel de ces êtres de la création connus sous le nom de « dieux ». C’était sûrement le plus horrible, le plus maudit de tous les Vassaux Bestials.

Mais à ce moment-là, ce Vassal Bestial était l’atout de Kojou pour sauver Kanon.

Maintenant que le Faux Ange avait perdu sa grâce dimensionnelle supérieure, les attaques de Kojou allaient l’atteindre. Elle n’était plus invincible.

Cependant…

Comme pour se moquer des vains espoirs de Kojou, l’aura divine qui jaillissait du corps de Kanon s’intensifia encore.

« G... wah !? »

Kojou avait gémi face à l’incroyable rayon de lumière qui brûlait ses rétines.

Le corps de Kanon était en feu. Des flammes d’aura divine jaillissaient de ses ailes géantes, complètement en désaccord avec ses membres trop petits, avant de s’éteindre comme des bougies.

« C’est vrai. Elle est seulement tombée dans la même dimension… Elle n’a pas perdu son flux d’énergie divine des plans supérieur, » murmura Kensei d’une voix d’autoadmiration, ou peut-être de soulagement.

Les ailes rongées de Kanon s’étaient régénérées. Ces ailes avaient lancé d’innombrables épées de lumière sans discernement.

Les attaques du Vassal Bestial s’étaient poursuivies. Le dragon à deux têtes avait avalé l’effusion d’énergie divine et les ailes angéliques ressuscitées en entier. Les membranes d’énergie divine des plans supérieurs perdue ne s’étaient cette fois pas rétablies. Les attaques de Kojou avaient été efficaces contre elle. Mais tant que Kanon elle-même restait indemne, l’énergie divine des plans supérieure avait continué à couler en elle.

« Kanase, arrête ça ! » Kojou cria désespérément vers le Faux Ange qui attendait toujours.

Il n’y avait pas d’autre moyen de vaincre l’ange pouvant se régénérer à l’infini que de détruire les nœuds spirituels à l’intérieur du corps de Kanon…

Mais c’était un choix qu’il ne pouvait pas faire. Kojou se battait pour sauver Kanon. Si la victoire ne pouvait être obtenue qu’en la blessant, ce serait la même chose que la défaite.

D’autant plus que les attaques trop puissantes de Kojou tueraient sûrement une Kanon, désormais sans défense.

Kojou ne pouvait pas la vaincre. Il ne pouvait pas gagner contre elle.

« C’est vrai. Même contre le Vassal Bestial d’un Primogéniteur, un Faux Ange ne sera pas vaincu. Nous l’emporterons, nous devons l’emporter… ! » cria Kensei.

« Merde ! Pourquoi !?? Même cela ne suffit pas, Kensei… !? »

Tandis que Kensei faisait un rire satisfait comme celui d’un martyr, le visage de Kojou se grimaçait de désespoir.

À ce moment, Kojou entendit un son métallique aigu et l’écho d’une voix claire et sereine.

« Non, Senpai. Dans ce combat, la victoire est à nous. »

Une petite fille en uniforme de collégienne était apparue devant Kojou, tenant une lance en argent.

Un sourire éclatant était apparu sur la jeune fille alors qu’elle sautait de terre.

« — Himeragi !? »

Kojou regarda avec stupéfaction la vue de son dos féerique.

Yukina n’avait pas bronché en plongeant sur le champ de bataille alors que l’ange artificiel lâchait des épées de lumière sur le dragon géant en furie. Et sans un bruit, elle s’était envolée en l’air.

« Moi, Vierge du Lion, Chamane Épéiste du Haut Dieu, je vous en conjure, » déclara Yukina.

Répondant au chant solennel de Yukina, sa lance d’argent avait commencé à émettre une lueur.

Cette faible lumière blanche était une onde d’oscillation divine qui pouvait déchirer n’importe quelle barrière. C’était une lumière purificatrice qui pouvait annuler toute énergie magique.

« Ô lumière purificatrice, ô divin loup de la dérive des neiges, par votre volonté divine d’acier, abattez les démons devant moi ! » cria Yukina.

La lance de Yukina avait tracé un bel arc de cercle argenté.

Le Faux Ange, avec ses membranes d’énergie divine des plans supérieures ayant été consumées par le Vassal Bestial de Kojou, ne possédait plus la force de repousser l’attaque.

Yukina n’avait pas besoin d’écraser Kanon.

Tout ce dont elle avait besoin, c’était d’une égratignure — pour ne couper qu’une seule couche mince de sa peau.

Rien qu’avec ça, les runes magiques dessinées sur la chair de Kanon se seraient dissipées.

Avec une frappe du Loup de la Dérive de Neige, la formule mystique d’augmentation spirituelle que Kensei Kanase avait gravée sur sa fille, avait ainsi été effacé par la magie. Cela signifiait que le Faux Ange avait perdu le pouvoir des nœuds spirituels qui l’avaient soutenu.

« Quoi… !? » Kensei avait vu la scène en état de choc.

Kanon, libérée de sa malédiction issue de la sorcellerie, revint à sa forme humaine propre, avec les six ailes qui tombaient du dos de la jeune fille nue. Les nœuds spirituels en forme de globe oculaire, qui n’étaient plus sous contrôle, devenaient fous…

 

 

… ou au moment où il semblait qu’ils le feraient :

« … Mange-moi tout ça, Al-Meissa Mercury ! » cria Kojou.

Les deux dragons volants géants avaient avalé les globes oculaires en entier. L’éclat scintillant s’était dissipé, et l’énergie divine jaillissante de là s’était dissipée.

Comme si sa faim était enfin rassasiée, le dragon géant à deux têtes fit un dernier rugissement avant de disparaître lui aussi.

Yukina soutenait une Kanon inconsciente alors qu’elle tombait en arrière. Voyant cela, Kojou poussa un soupir de soulagement, il fixa Kensei, debout derrière lui. Les doigts de sa main droite se serraient, se durcissant en un poing.

« … C’est fini, vieil homme, » déclara Kojou.

Kensei hocha la tête, comme si on lui avait volé son âme. « Oui, c’est ce qu’il semblerait. »

Voyant que toute volonté avait complètement disparu dans ces yeux, Kojou poussa un soupir exaspéré, baissant son poing posé sans un mot. Kojou avait l’intention de le gifler, mais il n’en avait plus envie, car derrière la déception dans les yeux de Kensei, Kojou était certain de se sentir concerné par Kanon… et l’amour.

Même si c’était une expérience illégale, même s’il avait ignoré ses désirs de la pire façon possible, il agissait toujours par amour pour elle à sa façon. Ce n’était donc pas à Kojou de le punir. Ce n’était pas le devoir de Kojou de décider s’il devait le frapper ou lui pardonner.

« Kanon…, » murmura l’ingénieur sorcier en tenue noire.

La fille aux cheveux argentés, autrefois appelée ange, dormait maintenant sur les genoux de Yukina, le dos courbé comme celui d’un chaton.

Un seul flocon de neige tomba doucement sur sa joue, mais baigné par les puissants rayons du soleil de l’île tropicale, il fondit sans un bruit.

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Claramiel

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