Strike the Blood – Tome 3 – Chapitre 2 – Partie 7

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Chapitre 2 : La Sainte sur le Toit

Partie 7

La tige de la lance avait glissé sur toute sa longueur, alors que la lame gainée s’était déployée, les lames latérales s’étendant vers la gauche et vers la droite. C’était une belle lance entièrement en métal qui ressemblait à une arme moderne et brillante.

« Un “Schneewaltzer”…, parfait ! Donne-moi un coup de main, Yukina Himeragi. On va les faire tomber du ciel, » déclara Natsuki.

Sans prévenir ni attendre la réponse de Yukina, Natsuki fit un signe de la main droite.

À cet instant, l’espace autour d’elle semblait se déformer avec une ondulation. Puis, une chaîne géante de couleur argentée avait jailli de nulle part comme une flèche, s’enroulant autour du Masqué volant dans le ciel.  

L’instant d’après, Yukina s’était avancée sur une poutre d’acier et avait sauté en l’air.

Kojou retenait simplement son souffle et regardait. 

Yukina avait avancé jusqu’à atterrir sur une chaîne tendue dans le ciel. Sans tenir compte de la hauteur vertigineuse, elle avait sprinté le long de la chaîne.

« … Loup des congères des neiges ! » En réponse à la prière invoquée par Yukina, sa lance s’était enveloppée d’une lumière éblouissante et sainte.

La lance qui lui avait été accordée, surnommée Loup des congères des neiges, était une lance mécanique d’assaut de type 7, alias « Schneewaltzer », une arme secrète de l’Organisation du Roi Lion. C’était leur carte maîtresse pour le combat anti-démon, capable de neutraliser l’énergie magique et de passer à travers n’importe quelle barrière. Aucune sorcellerie de démon ne pouvait se défendre contre son attaque.

Face au Masqué déconcerté par les intrus inattendus, Yukina avait mis en place sa lance et avait enfoncé sa lame brillante et scintillante dans l’une des ailes gauchies… Mais…

« Eh !? »

Au moment où elles s’étaient heurtées, Yukina avait bloqué son souffle à cause des réactions bizarres qu’elle avait senties entre ses mains.

La lumière menaçante qui couvrait le Masque s’était éclaircie. Cet éclat avait repoussé un coup direct de la lance.

Des étincelles férocement se dispersèrent autour de la lame alors qu’elle avait sûrement rebondi face à une barrière tel le mur invisible.

Les ailes noires et mal assorties s’étaient déployées au fur et à mesure que le Masqué criait. Les chaînes qui les liaient avaient été arrachées, Yukina, prise dans l’onde de choc, avait également été envoyée en l’air.

« … Himeragi !? »

« Ils ont coupé le sort… !? » crièrent simultanément Kojou et Natsuki.

Yukina, projetée dans le ciel, balança sa lance, utilisant son corps pour contrôler sa direction, et atterrit une fois de plus en sécurité sur la tour. C’était une technique d’arts martiaux belle et souple digne d’un faucon. Cependant, elle portait une expression d’acier. Son Schneewaltzer, capable de tuer sans faute même un Primogéniteur, fut inefficace contre le Masqué.

« Ça va, Himeragi !? » demanda Kojou.

« Je vais bien. Cependant…, » déclara Yukina.

Hochant la tête à Kojou alors qu’il se précipitait, Yukina leva les yeux vers le Masqué, maintenant libre.

Les deux Masqués avaient cessé de se battre l’un contre l’autre afin de porter leur vigilance contre les attaques du groupe de Kojou. L’un des deux s’était échappé à une altitude plus élevée en regardant Kojou et les autres, l’autre avait tremblé de colère alors qu’il avait chargé la tour. Sous son masque, ses lèvres s’ouvrirent en un cri strident et tout son corps avait émis une lumière rouge.

« Non ! »

L’attaque du Masqué avait creusé un trou hémisphérique à la base de la tour de cellulaires. L’expression de Natsuki s’était figée en voyant cette scène.

N’étant plus capable de supporter son propre poids, la tour de cellulaires s’était penchée et était tombée lentement, les poutres se brisant et se dispersant le long du chemin. Elle tombait en direction d’une voie de circulation pleine de véhicules et d’un amoncellement d’édifices de l’autre côté. À ce rythme, un grand désastre était inévitable.

« Akatsuki, je te les laisse ! Ne te retiens pas — tu mourras si tu le fais ! » déclara Natsuki.

Laissant derrière elle une déclaration unilatérale, Natsuki s’était téléportée.

« Hein !? Attends un…, » commença Kojou.

Kojou avait été stupéfait de voir l’ondulation dans l’espace qu’elle avait laissé derrière elle. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, pensa Kojou, ses mains étaient littéralement pleines parce qu’il s’accrochait à la tour qui s’effondrait pour ne pas en être éjectée.

Mais comme l’inclinaison de la tour d’acier atteignait une trentaine de degrés, sa descente s’était brusquement arrêtée. Sans fanfare, d’innombrables chaînes s’étirèrent du sol, s’enroulant autour de la tour pour la protéger de la destruction.

Bien que son inclinaison le rendit moins stable que la Tour de Pise, la tour d’acier retrouva en quelque sorte son équilibre et resta dans le ciel. C’était sans doute ce qu’avait fait Natsuki. Cependant, il semblerait que même elle ne pouvait pas tenir une tour d’acier pesant plusieurs centaines de tonnes et s’attaquer au Masqué en même temps.

Le Masqué berseker plongea encore une fois vers la tour de cellulaire.

Les yeux de Kojou étaient teintés de rouge en raison de la colère et de la peur.

« Ah, merde ! Vas-y, vassal bestial Numéro Neuf, Al-Nasl Minium… ! » cria Kojou.

Répondant à l’appel de son maître, le vassal bestial s’était matérialisé en raison de l’énorme énergie magique que Kojou avait libérée.

Il était énorme et féroce, un cheval à deux cornes : un bicorne incandescent, scintillant comme un mirage.

Les vampires étaient servis par les vassaux bestiaux issus de leur propre sang. Ils étaient une énergie magique destructrice qui avait pris forme. Les bêtes invoquées de l’autre monde allaient consommer la force vitale de leur hôte par le simple fait d’émerger dans ce monde.

Seuls les vampires, porteurs de forces vitales « négatives » illimitées, pouvaient employer ces vassaux bestiaux… C’est pour cette raison que les vampires étaient les plus redoutables de tous les démons.

Même le vassal bestial le plus faible possédait une puissance de frappe rivalisant avec celle d’un avion de chasse d’avant-garde, alors que les vassaux bestiaux du Quatrième Primogéniteur, le vampire le plus puissant du monde, étaient des menaces au niveau des catastrophes naturelles. Si Kojou perdait le contrôle ne serait-ce qu’un instant, dans le pire des cas, la totalité de l’île d’Itogami pourrait être brûlée.

C’était une bête malveillante, et le vassal bestial, qui le fusillait du regard avait rugi devant le Masqué qui avançait.

Le rugissement s’était transformé en une onde de choc, attaquant le Masqué de face. Les oscillations qu’il avait produites avaient fait grincer et briser la tour de cellulaires et briser les vitres des bâtiments tout autour d’eux. Mais…

« Quoi… !? »

Même en subissant une attaque frontale du bicorne capable de même briser l’atmosphère, le Masqué continua tranquillement à danser dans le ciel. Sa chair était complètement indemne. Même les attaques des vassaux bestiales de Kojou avaient été inefficaces contre les Masqués.

« Oh non… Il résiste même aux attaques d’un vassal bestial du Primogéniteur !? » s’écria Yukina.

La voix de Yukina tremblait lorsqu’elle regardait, stupéfaite, le Masqué déployant ses ailes déformées. Ayant vu de près le pouvoir destructeur d’un vassal bestial à plusieurs reprises, elle était, en un sens, encore plus secouée que Kojou.

Regardant fixement l’ennemi qui avait résisté impudemment à son attaque, le vassal bestial incandescent se déplaça de façon décisive, lançant un coup direct. Cependant, le résultat fut le même, la charge du bicorne, entourée d’une vague d’oscillation féroce, glissa sur le Masqué comme de l’eau sur un canard. Même si la lance de Yukina était capable d’annuler l’énergie magique d’un vassal bestial, cela ne signifiait pas que les deux étaient équivalents en puissance.

Et pourtant, même cela n’avait secoué le Masqué qu’avec une brise légère.

Tout comme le fait de jeter un caillou dans un lac ne pouvait pas nuire à ce qui se reflétait sur sa surface, le vassal bestial de Kojou ne pouvait toucher le Masqué. Ce fait avait choqué Kojou au plus profond de lui-même. Alors…

« Pas bon… ! »

Réalisant que le Masqué était en train de former une gigantesque épée de lumière, tout le corps de Kojou s’était figé. Il ne pouvait même pas calculer le nombre de victimes qu’une attaque de ce genre au milieu d’une zone urbaine comme celle-ci causerait.

Yukina avait soulevé sa lance dans une posture indiquant qu’elle allait la lancer, visant à frapper son ennemi en plein vol. Cependant, il avait déjà été prouvé que sa lance était inefficace contre le Masqué. Kojou se mit aussitôt à essayer d’invoquer son deuxième vassal bestial. Mais si Al-Nasl Minium ne pouvait pas toucher son adversaire, son autre vassal bestial, Regulus Aurum, s’en porterait-il mieux ?

Luttant contre les prémonitions de désespoir, Kojou avait levé son bras droit vers le ciel. C’était le moment suivant où...

« Qu’est-ce que… !? » s’écria Kojou.

… un faisceau de lumière avait volé dans le ciel au-dessus de lui, en passant à travers le Masqué, et son épée de lumière.

Le faisceau de lumière était en fait une petite silhouette aux ailes déformées — l’autre Masqué qui regardait leur combat d’en haut.

Le premier Masqué poussa un cri d’angoisse lorsqu’il fut frappé par l’attaque-surprise d’un angle mort derrière lui.

Le « rayon » l’ayant traversée, il s’était écrasé sur les entrailles de la tour de cellulaires. Il répandait du sang frais éclaboussant tout autour de lui.

Le second Masqué se jeta d’en haut sur lui, utilisant ses bras avec à leur extrémité des griffes pour arracher impitoyablement le corps de son camarade blessé. Les côtes s’étaient cassées, la chair nue s’était déchirée, les ailes déformées avaient été arrachées.

Le premier Masqué continua à résister farouchement, mais la victoire et la défaite avaient été déterminées par le premier coup. Le Masqué grièvement blessé n’avait infligé que de légères blessures à sa camarade avant qu’il ne s’arrête lui-même de bouger.

« Était-il… en train de nous protéger… ? » murmura Kojou en fixant du regard le visage ensanglanté du Masqué.

Ce qu’il avait fait ne pouvait pas être considéré comme une simple attaque-surprise, car il avait choisi son moment en évaluant soigneusement la situation au combat. Il lui était apparu clairement qu’il avait agi dans le but de sauver Kojou et les autres de leur situation difficile.

Même Yukina, gardant sa défense levée pendant qu’elle tenait sa lance, avait eu un léger regard d’égarement.

Juste devant leurs yeux, la plaque qui recouvrait la tête du Masqué s’était détachée. Le masque de métal avait été fendu par les attaques de son camarade.

Des symboles à la surface de sa peau nue, ressemblant à des circuits électriques, illuminaient son visage découvert.

« … C’est de la folie ! Ce visage… Elle est… ! !? » s’écria Kojou.

« Ce n’est pas possible… » s’écria Yukina.

Dès qu’ils avaient vu son beau visage trop jeune, Kojou et Yukina avaient été à court de mots.

Elle avait des cheveux argentés rappelant une plaine enneigée et des yeux bleu pâle qui scintillaient comme un glacier…

Avec ses ailes déformées, sa chair nue couverte de symboles bizarres, c’était Kanon Kanase. La collégienne, qui aimait les animaux et qui avait toujours un sourire doux sur son visage, était complètement trempée par les éclaboussures de sang quand elle regardait sa camarade Masquée.

« … Kanase, arrête… ! » cria Kojou.

Réalisant ce qu’elle allait faire, Kojou avait poussé un cri désordonné.

Le beau visage de Kanon s’était tordu quand sa bouche s’était ouverte. Dans sa cavité buccale poussaient d’innombrables crocs comme ceux d’un grand requin blanc. Les crocs de Kanon avaient mordu le cou nu et exposé de sa camarade, allongée sur la tour de cellulaires…

« Kanase… ! »

Pendant que Kojou criait, une quantité incroyable de sang jaillissait sous leurs yeux.

Avec sa gorge déchirée, le corps du Masqué blessé convulsa lourdement.

Des larmes coulèrent des yeux bleu pâle de Kanase alors qu’elle mordait dans le morceau de chair arraché.

À ce moment-là, Kojou comprit enfin le sens de cette bataille. On les obligeait à se battre les uns contre les autres pour que l’un détruise l’autre. Kanon consommait son compagnon Masqué.

Kanon, ayant finalement atteint son objectif, déploya ses ailes et s’élança à nouveau dans le ciel.

Sa forme, entourée de cette lumière malveillante, se fondit soudain dans le ciel et disparut de la vue.

Kojou et les autres ne pouvaient que la regarder partir, choqués.

Il ne restait plus que de lourdes traces de destruction et la jeune fille masquée grièvement blessée…

Une brise transportant l’odeur du sang avait soufflé dans le ciel sans lune au-dessus de la ville.

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Claramiel

Claramiel

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