Strike the Blood – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 5

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Chapitre 4 : Le Bras Droit du Saint

Partie 5

« C’est donc... ce que c’est..., » balbutia Kojou.

Kojou avait lentement baissé son téléphone portable, son appel avec Asagi avait déjà été achevé.

Ils avaient enfin résolu le puzzle. Tous les éléments étaient reliés ensemble.

Il connaissait l’objectif d’Eustache en venant sur l’Île d’Itogami. Et la raison pour laquelle il cherchait le pouvoir de briser les barrières.

Kojou avait tout compris.

Certes, c’était comme l’homme l’avait dit. S’il réussissait dans son objectif, un désastre incroyable arriverait sur cette île. L’île pourrait vraiment couler.

Ce qu’Eustache recherchait était dans la section la plus basse de l’Île d’Itogami, le bloc d’ancrage - et à l’intérieur de celui-ci, la clé de voûte au centre du pilier principal dont la Porte de la Clef de Voûte tirait son nom.

« Senpai... Allons-y. Nous devons les arrêter, » déclara Yukina.

Yukina s’était levée, fixant attentivement Kojou pendant qu’elle parlait. Kojou avait regardé vers elle comme s’il était devenu perplexe en raison de ses paroles.

« Arrêter ? Nous ? Arrêtez ce vieil homme... ? » demanda Kojou.

« Oui. Selon Aiba, il faudra encore un peu de temps avant qu’ils n’arrivent au niveau le plus bas. Nous pouvons probablement encore les atteindre à temps avec la coopération d’Aiba, » déclara Yukina.

Yukina avait l’air très sérieuse. Avec Asagi capable d’accéder au serveur principal de la société de gestion, ils connaîtraient tous les itinéraires de toute la Porte. D’un autre côté, Eustache et Astarte semblaient adopter une approche stupide, directe, cassant toutes les cloisons le long du chemin. Comme Asagi connaissait toutes les routes les plus courtes pour les rejoindre, ils devraient être en mesure d’arriver avant eux avec le temps dont ils disposaient.

« Mais nous deux, on y va, et on fait quoi après ça... ? » il avait parlé avec honnêteté de ses doutes.

Apparemment surprise, Yukina s’était arrêtée de bouger.

Kojou avait alors continué. « Je vais sauver Asagi. En chemin, j’emmènerais Nagisa et ma mère, qui a un style de vie de chat errant, au large de l’île. Mais c’est tout ce que je peux faire. »

« Senpai... qu’est-ce que tu dis ? La Garde de la Cité de l’Île d’Itogami ne peut pas arrêter le Vassal Bestial de cet homoncule ! » s’écria Yukina.

« N’as-tu pas perdu de vue ce pour quoi tu es ici, Himeragi ? J’ai essayé d’attraper le vieux parce que c’était de la légitime défense, mais ce n’est pas nécessaire maintenant, » Kojou avait parlé d’un ton lugubre.

Bien que les coupables dans l’affaire de la chasse aux démons s’étaient dévoilés en provoquant un tel tumulte, il n’y avait plus aucune raison pour Kojou et Yukina de les appréhender.

D’ailleurs, puisque les dommages causés à la garde de l’île avaient démontré à quel point Eustache et Astarte étaient dangereux, les actions de Kojou dans la démolition du quartier des entrepôts seraient acceptées comme inévitables beaucoup plus facilement.

« Je ne peux pas arrêter le vieil apôtre armé... Je le sais trop bien d’après ce qu’Asagi m’a dit. Et même si je ne suis pas d’accord avec ce qu’il fait, ce que fait le vieil homme est dans un certain sens juste... ! » déclara Kojou.

« Même si c’est le cas, mettre en danger tous ceux qui vivent sur cette île, c’est…, » répliqua Yukina.

« Eh bien... Ouais, ça pourrait bien être le cas... mais quant à savoir qui a raison, cela ne peut pas être décidé par moi. Je ne peux pas faire ce choix. Je ne dois surtout pas faire ce choix vu ce que je suis devenu ! » Kojou avait semblé gémir ses paroles comme si quelqu’un les lui arrachait. Yukina avait écouté en silence.

S’il agissait maintenant, cela serait comme s’il se déclarait empereur à la face du monde.

La décision d’un empereur avait le pouvoir de mettre les individus en mouvement. La décision d’un empereur pouvait changer l’histoire.

Mais y avait-il des preuves pour prouver que cette décision était juste ?

Mettre le monde en mouvement signifiait que les conséquences pour le monde étaient uniquement sur vos épaules.

Un être humain normal ne pourrait pas se préparer à cela. Il se romprait sous le poids de ses décisions.

La bataille avec Eustache n’était plus un duel entre lui et Kojou Akatsuki.

Car l’apôtre arméothargien avait déclaré la guerre contre toute la Ville d’Itogami.

Ce n’était pas une bataille dans laquelle un simple lycéen était autorisé à s’impliquer.

Kojou Akatsuki ne pouvait plus le combattre. Pour défier Eustache au combat, Kojou devrait lui-même accepter qu’il n’était plus un simple lycéen, mais qu’il était un être égal à une armée nationale tout entière — un Primogéniteur, lui qui devrait gouverner un Dominion.

Yukina avait préservé son silence, semblant voir à travers tout ce que disait un Kojou troublé.

« ... »

Finalement, sans un mot, elle avait légèrement fait tournoyer la lance d’argent qu’elle tenait.

La lance avait tourné une fois et demie — en tournant la pointe de la lance vers elle.

Yukina avait alors donc posé la lame au niveau de son cou.

Sans un bruit, elle avait pressé doucement sa lance contre son cou.

Une fine ligne rouge était apparue sur la peau de Yukina. Des gouttes de sang avaient finalement commencé à émerger.

« Himeragi... Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Kojou.

Kojou avait été choqué de voir Yukina se comporter bizarrement. Elle semblait avoir perdu la tête, comme si cette expression austère qu’elle avait affichée jusqu’à présent n’était qu’un mensonge. La respiration de Yukina était en lambeaux alors qu’elle le regardait en réponse.

« Senpai. S’il te plaît, tu dois boire mon sang, » sa voix traduisait une détermination tranquille.

Kojou s’était complètement raidi. Il ne comprenait pas pourquoi Yukina disait une telle chose.

« Senpai, tu as dit que... tes Vassaux Bestiales ne t’avaient pas reconnu comme leur seigneur parce que tu n’avais pas encore bu du sang humain, n’est-ce pas ? » demanda Yukina.

« O-Oui. Je l’ai dit, mais…, » répondit Kojou.

« Alors s’il te plaît, bois mon sang, ici et maintenant, » déclara Yukina.

« Attends. C’est juste une hypothèse, il n’y a aucune garantie qu’en buvant de ton sang, ils me serviront…, » répondit Kojou.

« Si la possibilité existe, c’est suffisant pour moi, » déclara Yukina.

« Pourquoi dois-je faire une chose pareille ? ... Même si les Vassaux Bestiales ne veulent pas me servir —, » commença à demander Kojou.

« C’est un problème pour moi, car je ne peux pas arrêter l’apôtre Eustache par ma seule puissance, » Yukina avait parlé, interrompant les paroles de Kojou à mi-chemin.

« Hein ? » s’exclama Kojou.

« Pour vaincre un Vassal Bestial avec une capacité d’annulation magique comparable à celle de ma lance, une masse d’énergie magique plus importante est nécessaire —, un Vassal Bestial de classe Primogéniteur. Senpai, tu es le seul à pouvoir les arrêter, » annonça Yukina.

L’intensité dans les paroles de Yukina ne laissait aucune place à la dissidence, et cela avait fait reculer Kojou malgré lui.

« Euh, mais... Je n’ai pas l’intention de combattre le vieux et la fille. C’est à d’autres que nous d’y penser, n’est-ce pas ? » demanda Kojou.

« Tu mens, » déclara Yukina.

« Ah oui ? » Kojou avait immédiatement commencé à réfuter la réprimande unilatérale de Yukina, mais son argumentation était morte dans les lèvres.

C’était parce que les yeux de Yukina le regardaient doucement pendant que le sang continuait à couler de son cou.

« Je n’ai aucun doute que tu veux vraiment les arrêter, car tu as ce pouvoir, Senpai... Au fond, tu veux toi-même pouvoir utiliser le pouvoir du quatrième Primogéniteur comme bon te semble, n’est-ce pas, Senpai ? » demanda Yukina.

« Aucune chance que cela soit vrai. Depuis quand est-ce que je veux faire quelque chose d’aussi problématique que ça  ? » demanda Kojou.

« Senpai, si tu veux protéger les habitants de l’île, fait donc ce que tu veux. Si tu ne peux pas assumer la responsabilité par toi-même, alors je le ferai avec toi, » déclara Yukina.

« Euh... ? » s’exclama Kojou.

Pour une raison inconnue, Yukina avait souri avec douceur tandis que Kojou la regardait fixement.

« Bien sûr que je le ferai. As-tu oublié ? Après tout, c’est mon devoir de te surveiller…, » alors qu’elle faisait sa déclaration avec une expression imperturbable, Kojou l’avait regardée pendant un moment, stupéfait.

Poussant sa lance dans le sol, Yukina avait desserré le ruban présent sur son uniforme au niveau de la poitrine.

Puis elle avait défait les boutons, exposant ses seins.

Ce faisant, elle avait exposé sa chair blanche, sa clavicule mince et, bien sûr, son mince cou.

Et Yukina s’avança lentement, comme si elle posait pour que Kojou la contemple.

Alors qu’elle regardait Kojou, sa vision s’était déplacée vers les sous-vêtements bien rangés qu’elle portait et le renflement modeste de ses seins. Il avait émis un léger glapissement.

« H-Himeragi... ? » demanda Kojou.

« Senpai, tu as dit tout à l’heure que je suis mignonne, n’est-ce pas ? » demanda Yukina.

« O-Oui... Je pense que je l’ai peut-être fait, mais ceci et cela, c’est…, » balbutia-t-il.

« Alors s’il te plaît, prends tes responsabilités et agis en conséquence, » déclara Yukina.

« Qu’est-ce que... ? Quoiiiii !? » s’exclama Kojou.

« Ou... bien, ne suis-je pas assez bien pour toi ? » Yukina avait pressé doucement ses propres seins en murmurant d’une voix timide.

Kojou s’était rendu compte que ses épaules minces tremblaient petit à petit.

De l’effronterie... ou plutôt, la peur, pensa-t-il. Yukina avait vraiment également peur. Peur d’offrir son propre sang à un vampire et peur d’exposer sa chair devant Kojou de cette manière — .

C’était une Chamane Épéiste de l’Organisation du Roi Lion. Un mage d’attaque anti-démon envoyé uniquement dans le but d’observer Kojou — un vampire qui, à l’origine, n’aurait été qu’une cible à détruire pour elle.

Et maintenant, c’était comme si elle offrait son propre corps à Kojou.

C’était sûrement plus pour que Kojou puisse protéger les habitants de l’Île d’Itogami, afin que Kojou ne regrette pas un jour sa décision — sa décision de ne pas exercer le pouvoir du quatrième Primogéniteur pour sauver l’île.

« S-Senpai ? » Yukina avait crié d’une voix de surprise quand Kojou l’avait soudainement enlacée.

Kojou pouvait sentir une légère chaleur, des senteurs agréables provenant de son corps mince et tremblant. Le parfum propre de ses cheveux, et d’autres parfums doux provenant de son corps. Et l’odeur du sang — .

Ses canines, non, ses crocs affûtés. La luxure était le déclencheur du comportement vampirique. Les vampires ne buvaient que le sang des cibles qu’ils jugeaient désirables. Et sûrement Yukina l’avait séduit de toutes ses forces en pleine connaissance de cause. Mais...

Elle ne comprend pas, pensa Kojou.

« Ah, ow... Sen... pai... »

Yukina ne comprenait pas à quel point elle était désirable. Elle ne comprenait pas du tout à quel point il avait été difficile pour Kojou de contenir ses pulsions vampiriques quand elle était proche de lui.

Yukina avait fermé les yeux avec force, endurant la douleur. Les lèvres de Yukina émettaient de frêles soupirs.

Et enfin, enlacer par les bras de Kojou, toutes ses forces s’étaient vues aspirer du corps de Yukina. C’était comme si leurs deux ombres se fondaient ensemble sous la paisible lumière cramoisie de la lune.

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Claramiel

Claramiel

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