Shiniki no Campiones – Tome 3 – Chapitre 4 – Partie 3

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Chapitre 4 : Les morts qui marchent sur la route Keihan

Partie 3

Le soir automnal arriverait bientôt. Le ciel était teint en rouge garance.

Ren était arrivé au château d’Osaka à ce moment-là.

À partir de maintenant, seul un tueur de dieux pouvait monter sur le ring. Ren traversa seul les douves extérieures, passa devant le sanctuaire de Hokoku et s’approcha de la citadelle intérieure et du donjon.

Il avait aperçu plusieurs cadavres humains en chemin.

Leurs membres et les parties de leur corps avec de la viande molle avaient été déchirés — ce genre de cadavre n’était pas rare. Ils devaient avoir été attaqués par des Yomotsu Ikusa et des Yomotsu Shikome.

Bien sûr, il ne pouvait pas dire qu’il trouvait ça plaisant.

Mais ce n’était pas le moment de laisser ce sentiment éclater. Rokuhara Ren était une existence qui devait être légère et agile non seulement dans sa vie quotidienne, mais aussi en tant que guerrier.

Parce que s’il n’était pas comme ça, cet homme serait incapable d’afficher son plus grand pouvoir…

« Danser comme un papillon et piquer comme une abeille, était-ce bien ça ? » murmura Ren.

Quand il était enfant, on le lui avait alors dit dans un gymnase qu’il imitait ce type de mouvement avec ces coups de poing.

Se sentir désoler avec ses émotions qui le poussaient dans une certaine direction n’était pas le style de Ren. Que ce soit au présent, au passé ou à l’avenir. C’est pour cela qu’il poursuivit sa marche avec légèreté et arriva finalement jusqu’en face du donjon.

Sa hauteur était de 55 mètres. En fait, il avait été reconstruit après l’entrée du Japon dans l’ère Showa (1926-1989).

« Hou, comme c’est mystérieux, » déclara une femme.

Une belle femme se tenait debout avec le donjon du château d’Osaka derrière elle.

Elle portait un vêtement d’une époque encore plus ancienne que le château. Elle fixa Ren d’un regard empli de doute.

« Baignant dans le parfum du monde souterrain que j’ai dispersé, les gens de la surface ne devraient même pas être capables de se tenir debout. Et pourtant, vous avez tranquillement visité la zone jusqu’à arriver en présence d’Izanami…, » déclara Izanami.

« Je suis Rokuhara Ren. Si je dois l’avouer, je ne suis pas une personne ordinaire, » répondit Ren.

« Cela semble être le cas. Cependant, vous n’êtes pas non plus un dieu. En fin de compte, vous êtes un enfant de l’homme. Dans ce cas, il n’y a qu’une seule réponse. Vous êtes notre ennemi juré, une bête tueuse de dieux, n’est-ce pas ? » demanda Izanami.

« Correct. Ça aide que tu comprennes vite, » répondit Ren.

Izanami avait souri élégamment face à la réaction de Ren. « Hohohohohoho. Avez-vous l’intention de me vaincre ? »

« C’est également exact, » répondit Ren.

« Très bien. En tant que l’un des dieux célestes, je ferais perdre la bête ! » déclara Izanami.

« Hahahahahaha. Les choses vont si bien que c’est effrayant. C’est plus simple et plus facile que la fois où je suis allé pour arrêter la destruction d’un monde mythologique, » déclara Ren.

La déesse Izanami avait émis des étincelles noires de tout son corps. Rokuhara Ren avait souri sans crainte.

Dieu et tueur de dieux. On pourrait dire qu’ils s’installaient facilement dans leur propre relation. Si le voyage habituel dans un sanctuaire était un RPG, alors celui-ci serait un jeu de combat.

Et puis, la bataille avait commencé instantanément !

« Ooikazuchi, Honoikazuchi ! » cria Izanami.

« Oups ! » s’exclama Ren.

Deux traînées de foudre tombèrent du ciel nuageux. Ren avait facilement esquivé ça.

« Kuroikazuchi, Sakuikazuchi ! » continua Izanami.

« Un méfait doit être accompagné d’une punition divine. Pécheurs, tremblez devant l’avatar de la justice —, » déclara Ren.

Même lorsque les deux tirs suivants étaient tombés, Ren s’était facilement glissé entre les éclairs.

Bien sûr, cela n’avait été possible que grâce à la rapidité de la déesse Némésis. Ren chantait les paroles de la puissance de la justice et du châtiment tout en fixant la reine du royaume des morts.

Izanami regarda froidement avec une expression comme si elle regardait des déchets.

« Wakaikazuchi, Tsuchiikazuchi, Naruikazuchi, Fushiikazuchi — mes enfants, les huit dieux de la foudre ! » déclara Izanami.

Les frappes de foudre noires tombaient sans interruption.

Ren sauta à l’avant, à l’arrière, à gauche, à droite, avec une rythmique intense comme le flamenco tout en esquivant les attaques. Au cours de cette période, Ren avait rapidement obtenu une certaine confiance. Ce qu’il avait obtenu après avoir traversé de nombreux voyages et batailles mortelles, en croisant le fer avec de féroces guerriers des sanctuaires — un instinct animal. Il pourrait le faire.

Il se déplaça sur un chemin elliptique en utilisant ses pas divins et il tourna en rond en un instant.

Il arriva juste derrière la déesse qui avait continué à faire tomber la foudre. Au moment où il pourrait l’attaquer alors qu’elle était sans défense.

« J’ai compris, » déclara Ren.

« … !? »

« Onee-san est la mère de ce pays. Tu n’as pas vraiment l’habitude de te battre. Tu n’as pas non plus d’arme importante. Désolée, mais tu ne peux pas rivaliser avec moi comme ça, » chuchota Ren derrière elle tout en libérant son « stock » en même temps.

« Vengeance divine ! Je souhaite le jugement de justice ici même ! » déclara Ren.

« A — AAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaah !? »

La déesse fondatrice du pays, Izanami, avait hurlé.

C’était parce qu’elle avait été frappée dans le dos par l’autorité de Ren, la justice de la rétribution.

Les frappes de foudre que la déesse avait lâché au hasard jusqu’à présent — Ooikazuchi, Honoikazuchi, Kuroikazuchi, Sakuikazuchi, Wakaikazuchi, Tsuchiikazuchi, Naruikazuchi, Fushiikazuchi, les huit dieux de la foudre. Les armes que Ren avait obtenues de Midgard y avaient également été ajoutées.

Il s’agissait des éclairs que le marquis Voban avait fait pleuvoir sur lui comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Le loup tueur de dieux avait libéré une autorité qui venait d’une sorte de dieu de la tempête. C’était l’attaque d’éclair du pire Roi-Démon.

Pour le dire franchement, le niveau de l’attaque était différent de l’attaque de quelqu’un comme Izanami. Puissance, nombre, densité, intensité, la foudre de la déesse était inférieure en tous points.

C’est pourquoi il était naturel que la déesse mère cède et tombe contre cette attaque foudroyante d’une puissance maximale.

« Haaaaaaaaaaa... »

« Comme je pensais, le stock était un peu insuffisant. Si le stock avait été rempli d’une ou deux poussées de plus, cela devrait déjà être terminé…, » déclara Ren.

Le beau visage et le vêtement blanc de la déesse étaient souillés de suie noire. De la fumée s’échappait de son corps fumant.

Avec les dégâts infligés, ça ne devrait pas être étrange, même si tout son corps avait été brûlé et qu’elle serait devenue un cadavre laid.

Mais, la mère Izanami était toujours aussi belle qu’avant. Ce miracle devait être dû à l’autorité de la déesse. Ren l’avait regardée d’un air méprisant.

Même s’il stockait plus d’éclairs noirs d’Izanami, le résultat serait toujours le même.

Plutôt que de tuer son élan au départ, la faire tomber, puis lui donner le coup de grâce d’un seul coup serait plus efficace — .

« Je te laisse le reste, Riona, » déclara Ren.

« Laisse-moi faire, Goshujin-sama ! » répondit Riona.

Tout en appelant Ren comme son maître avec son ton sarcastique habituel, Riona qui s’était transformée en Yatagarasu s’était envolée vers le haut du donjon.

« Flamme sacrée pure et claire —, » déclara Riona.

Ce que le bec de l’oiseau sacré récitait, c’était les mots de la puissance du soleil.

Douze « sphères de feu » étaient apparues autour d’elle. Elles avaient entouré le Yatagarasu d’or en tournant autour d’elle. Ils étaient les douze généraux divins, les shikigamis qui servaient Riona.

Les esprits du feu et du soleil avaient commencé à émettre de la lumière argentée du ciel.

« Ce vilain désir d’affirmer avec révérence en présence de Sume-Mikami… dieu céleste du soleil illuminant, manifeste-toi ici ! »

Un éclat pur, brillant et chaleureux, se répandit sur le sol.

Non seulement sur le château d’Osaka, la lumière avait été émise jusqu’à chaque coin du Kansai. Yatagarasu et les serviteurs n’étaient déjà pas différents d’un petit soleil.

Sous cette lumière brillante, celle qui se tortillait, c’était — .

« O, OOOOOOOOH !? Arrêtez de disperser cette lumière gênante, cessez immédiatement, ô esprits ! C’est l’ordre de cette grande déesse des Enfers que vous connaissez !? » s’écria Izanami.

« C’est parce qu’une déesse du monde souterrain — quelqu’un qui devrait être au fond de la terre est remonté à la surface ! » répliqua Riona.

« Kuuuuuuh ! »

Izanami avait gémi en entendant ce que Riona disait depuis le ciel.

La déesse-mère était encore allongée sur le sol. On aurait dit qu’elle n’avait même pas la force de se lever. Le Ki spirituel du soleil qui était la source de la vie avait été amplifié et étendu, pleuvant jusqu’au sol. C’était devenu un coup exceptionnellement écrasant vers la déesse de la mort, une existence négative.

C’était la technique de finition qui avait été décidée par Riona et Julio, les deux intellectuels. Comme prévu, cela avait été efficace.

À ce moment-là, avec le château d’Osaka comme centre, la terre corrompue à l’intérieur de la ville d’Osaka avait été entièrement purifiée. Même les zombies japonais qui s’étaient échappés auparavant devraient être exterminés — .

C’était un résultat que Riona avait prédit.

Ça avait l’air bon. La croyance que l’ennemi avait été maîtrisé s’était répandue et Ren avait souri sans crainte.

C’était le visage d’un guerrier qui n’offrirait un sentiment d’inconfort qu’à ceux qui ne connaissaient que l’habituel côté heureux et chanceux de Rokuhara Ren — .

Mais à ce moment-là.

Le ciel avait été déchiré et une flamme ardente avait volé avec une aura rayonnante. De plus, ils étaient au nombre de huit.

Cela avait été tiré du nord du château d’Osaka, en direction du pont Neyagawa qui traversait la rivière Okawa.

Huit flammes s’étaient soulevés de l’intérieur de la large rivière Okawa… les flammes avaient été crachées par un monstre. Il semblerait qu’il se cachait sous l’eau jusqu’à maintenant.

Huit traînées de flammes ardentes avaient été projetées par les huit bouches du monstre avec huit cous.

Le pont ferroviaire de la ligne principale de Keihan et le pont de Neyagawa avaient été frappés huit fois par les flammes rayonnantes et avaient fondu comme des bonbons.

Et puis les huit bandes de flammes avaient attaqué Yatagarasu et ses serviteurs !

« Attention Riona ! » cria Ren.

« Dispersez-vous ! »

Ren l’avait prévenu et Riona avait ordonné en conséquence.

Yatagarasu et les douze généraux divins shikigamis s’étaient étendu dans les airs et avaient esquivé les huit flammes de la largeur d’un cheveu. Puis ils s’étaient dirigés vers la rivière Okawa où se trouvait l’agresseur.

Le monstre qui leva la tête sous l’eau était un serpent géant à huit cous.

Il avait aussi huit queues. Cependant, il n’y avait qu’un seul corps auquel les huit têtes et les huit queues étaient reliées. La longueur totale de sa tête jusqu’à l’extrémité de sa queue était d’environ 40, 50 mètres.

Huit têtes de gros serpent — son unique estomac était rouge comme du sang frais.

« … Hein ? » Ren inclina la tête en regardant le serpent monstrueux à huit têtes et à huit queues du château d’Osaka. « Ai-je entendu parler de ce genre de monstre quelque part ? »

« Il semble que ça s’appelle Yamata no Orochi dans ce Japon, » une voix digne d’une fille lui avait dit cela.

Ren s’était mis sur ses gardes. La personne avait fait son entrée comme un vent nocturne soufflant dans l’obscurité de la nuit.

À côté d’Izanami qui s’était effondrée et était au sol — une vieille connaissance et déesse se tenait debout.

Elle avait des cheveux argentés qui ressemblaient à l’éclat de la lune et des yeux d’une couleur sombre. Elle portait un vêtement blanc de la Grèce antique. Sa main tenait un bâton décoré avec un serpent croisant ses crocs à l’extrémité.

« Moi aussi, j’ai une petite connaissance des dieux serpents. Je suis aussi consciente des connaissances nécessaires pour les réveiller. Je me demandais si cela pouvait m’aider avec la magnifique Izanami, j’ai essayé d’appeler le dieu serpent du Japon, » déclara-t-elle.

La déesse de la sagesse et de la guerre, la rivale de sa partenaire Stella.

Ren avait demandé à son ennemi juré lors de la guerre de Troie. « Athéna-san, hein. Que nous nous rencontrions dans ce genre d’endroit… une coïncidence ? »

« Non, c’est inévitable, » Athéna avait souri et s’était accroupie.

Elle aida la déesse effondrée du monde souterrain à se lever alors qu’elle parlait d’une voix douce. « Vous vous êtes bien battu, Izanami-dono. Mais, il est impossible pour ce corps sauvage de lutter à travers une bataille difficile. Parce que je suis au milieu d’un voyage, je ne suis pas en mesure de donner de l’aide personnellement, mais — j’ai essayé de l’inviter. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Ça suffit, princesse et déesse aux yeux brillants » Izanami parlait d’une voix qui tremblait d’émotion profonde. « Je ne sais pas comment vous remercier pour votre gentillesse ! »

« Pas besoin. Maintenant, allons-y. Ce sera pour le mieux si vous reposiez votre corps derrière ce grand serpent. Quant au meurtrier maudit, je vais l’éloigner un moment, » déclara Athéna.

« Oh, mes sincères remerciements à vous ! » déclara Izanami.

Izanami avait accepté la recommandation d’Athéna et s’était soudainement transformée.

D’une beauté sauvage à un cygne — . Elle s’était envolée et avait battu des ailes vers Yamata no Orochi qui était apparu à la rivière Okawa.

Mais Ren n’avait aucune marge de manœuvre pour l’intercepter.

Parce que la déesse Athéna lui avait fait face et l’avait retenu avec ses yeux noir de jais.

« Comme prévu, es-tu rancunière de ce qui s’est passé à Troie ? » demanda Ren.

« Il y a aussi cela, mais ce n’est pas tout. De toute façon, je suis heureuse de pouvoir vous rencontrer après si longtemps, Rokuhara Ren, » déclara Athéna.

C’était la rencontre fortuite pour la nième fois entre la terrifiante fille de Zeus et le tueur de dieux.

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