Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku LN – Tome 16 – Chapitre 89 – Partie 2

Bannière de Saikyou Mahoushi no Inton Keikaku (LN) ☆☆☆

Chapitre 89 : Professeur et marionnettiste

Partie 2

« Ha ha ! Alors, peut-être que je devrais au moins me déplacer avec un peu plus de prudence ? J’ai beau avoir lu les Quatre Livres de Fegel, je ne deviendrai jamais détenteur de siège. Après tout, ce n’est rien d’autre qu’une copie des archives akashiques », marmonna la professeur Kwinska alors qu’elle termine son ascension vers la deuxième couche.

Soudain, elle s’arrêta. Elle regarda vers le bas, là où se trouvait la cellule de Dante. Dante doutait qu’elle soit au courant du plan d’évasion, mais pour la professeur Kwinska, il serait étrange qu’elle ne le sache pas.

La professeur était responsable du stockage du mana et voyait immédiatement clair dans toutes les petites combines. Dans la prison, tout suivait une routine quotidienne stricte. Ainsi, même la plus petite bizarrerie serait remarquée.

« “Professeur folle”, hein… ? Ha ha. »

La professeur Kwinska savait que Dante avait commencé à l’appeler ainsi à un moment donné. En peu de temps, ce surnom désobligeant s’était répandu dans la prison et même Gordon et les gardiens l’utilisaient dans son dos.

« Aussi incompréhensible que cela puisse être, ce n’est rien d’autre qu’une différence d’objectif. Au moment où tu simplifies le phénomène et décides unilatéralement que le cerveau de ton interlocuteur est inférieur au tien, tu es devenu trop arrogant. Tu étais encore si imberbe, Dante. »

La professeur alluma sa dernière cigarette, l’inhalant une fois avant de la jeter dans l’escalier. « Je suppose qu’il est temps d’y aller. »

La professeur Kwinska se dirigea vers l’entrée du personnel, monta un autre escalier et ouvrit la porte de son laboratoire. Comme il avait été construit dans le Monde extérieur, il était dépouillé et ne comportait rien d’inutile.

Elle traversa plusieurs équipements bien alignés et appuya sa paume contre le mur au fond de la pièce où elle entendit le bruit d’une machine authentifiant son identité.

C’était le jardin arrière de la professeur Kwinska, un endroit caché que personne dans la prison troyenne ne connaissait… son deuxième laboratoire. La pièce spéciale se trouvait dans un trou latéral secrètement creusé par les prisonniers qui avaient été libérés pour des recherches.

Rassembler l’équipement n’avait pas été une mince affaire, mais après avoir passé tant d’années en prison, elle avait compris jusqu’où elle pouvait aller. Elle fournissait volontiers une grande variété de matériaux et d’équipements pour n’importe quelle raison, qu’il s’agisse de l’entretien du stockage de mana ou du bien-être mental des prisonniers, du moment qu’elle était payée.

Avec un clic, les lumières s’allumèrent, révélant des cuves alignées remplies de produits chimiques liquides. Chacune était assez grande pour qu’un adulte puisse s’y allonger et, à l’intérieur de chacune d’entre elles, se trouvait une personne identique.

Combien de fois son corps actuel avait-il réveillé l’un de ses clones depuis l’un de ces berceaux ? Cela avait commencé avant la construction de la prison troyenne; il y en avait probablement une dizaine.

« C’est un peu du gâchis, mais vu ce qui s’est passé, il faudra s’en débarrasser avant qu’une équipe d’enquêteurs ne se présente. »

La professeur saisit le code d’autodestruction, provoquant la déconnexion des tubes chimiques et le basculement des récipients. Et, dans un bruit de bulles et de fumée, les clones fondirent et disparurent.

Au même moment, une silhouette au fond de la pièce s’avança en secouant la fumée. Elle portait le même type de chiffon que la professeur Kwinska utilisait lorsqu’elle s’asseyait sur la chaise au fond de la pièce.

La professeur sourit à la femme et prit la parole : « Alors, comment trouves-tu ce corps ? Eh bien, ce n’est pas l’original, mais celui-là est actuellement en train de pourrir dans une cellule tout en bas. C’est la deuxième fois que je t’aide. »

Ramassant une poignée de ses cheveux noirs trempés et les observant, la femme avait l’air quelque peu confuse. C’est sans doute parce qu’elle venait à peine de se réveiller. Son regard était toujours aussi sévère, mais il y avait un soupçon de compassion ou d’affection maternelle.

Elle était grande et mince, mais un seul coup d’œil montrait clairement que son âme n’était pas du côté du bien. Au fond de ses yeux d’apparence calme se cachait une pulsion destructrice frôlant la folie; c’était un équilibre dangereux.

Elle ne semblait pas se souvenir précisément de ce qui s’était passé, mais un incident macabre avait dû la marquer profondément. La voir entourée de sang et de flammes lui rappelait qu’elle était bien la meurtrière de masse à l’origine de l’incident du Vivid Bloodletting.

La professeur Kwinska n’était pas du genre à le dire, compte tenu de ses propres expériences sur les humains, mais il y avait quelque chose de fondamentalement différent chez cette femme.

« Alors, comment sont tes souvenirs, Nox ? »

« Oui, ils vont probablement bien. Non… je me souviens de ce que j’ai à faire. Tout se passe comme prévu, peut-être ? Avec le corps de la marionnette Dakia, qui était si attachée à Mekfis, détruit… il ne reste plus qu’Élise. »

Nox posa un doigt sur sa tempe tandis qu’elle parcourait ses souvenirs les plus profonds. « Avant cela, il y a… Alus Reigin. Il m’a tuée dans le passé… Non, j’ai réussi à utiliser mon art secret avant cela, mais j’ai fini par être capturée et enfermée dans la prison troyenne… ? Ce n’est pas bon, mes souvenirs sont encore flous. La seule chose dont je suis sûre, c’est qu’il s’agit de mon corps. »

La professeur Kwinska, qui l’avait examinée, haussa les épaules comme pour dire que c’était évident. « Tu es un clone, mais tu n’es pas différente du cadavre qui pourrit dans la couche inférieure, à part la jeunesse et la performance. Ce corps vient tout juste d’être créé artificiellement, alors certains trous de mémoire sont inévitables. Mais même s’il a été créé à la hâte, il devrait être meilleur que mon pauvre corps. Il devrait être plus performant qu’avant. »

« Hmm, je suppose que je te dois mes remerciements, professeur », dit Nox. « Même si je ne peux pas dire que j’ai déjà eu un aperçu de ses performances. » Nox semblait avoir assez de mémoire pour suivre ce que disait la professeur Kwinska.

« Dans l’urgence ou pas, je ne fais pas d’économies. J’ai même fait l’effort d’accorder ton corps, tu pourras peut-être même avoir des enfants. »

« Oh. Est-ce une autre portion de la sagesse des Dieux tirée des quatre livres de Fegel ? » Nox s’essuya le corps avec le chiffon et supposa qu’il s’agissait du savoir de quelqu’un d’autre.

La professeur Kwinska se moqua de ce sarcasme, mit ses mains dans ses poches et se vanta : « Les quatre livres de Fegel ne sont qu’une copie. Ce qui m’intéresse, c’est l’original. As-tu oublié cela ? »

Pendant ce temps, Nox, n’hésitant plus, se dirigea vers un casier près du mur et attrapa les nouveaux vêtements préparés pour elle. « Non, je me souviens. C’est pour ça qu’il faut que je mette la main sur “ça” ».

La professeur Kwinska regarda le visage de Nox et sonda ses intentions. « Et qu’est-ce que “ça” serait ? »

« Le quatrième des quatre livres de Fegel, Audeogecht… Il faut d’abord que je mette la main dessus. »

« Pourquoi ? »

« Cela n’a pas d’importance. Je dois aller chercher Audeogecht… Mes souvenirs sont encore flous, mais ça, c’est clair. » Un feu puissant et sombre brûlait dans les yeux de Nox.

C’était un désir profondément ancré, comme quelqu’un d’obsédé par les bijoux, sauf que le sien était absolu. Même si elle ne savait pas pourquoi, une détermination à mettre la main dessus emplissait le corps de Nox.

C’était probablement une conséquence des lacunes dans ses souvenirs. Mais ce n’était pas tant un effet secondaire de son nouveau corps que la conséquence de ses propres capacités.

Nox était ainsi depuis que la professeur Kwinska l’avait rencontrée dans la prison troyenne. La partie centrale de sa mémoire ayant déjà été effacée, ses souvenirs de cette époque étaient douteux.

Transférer la conscience dans un corps mort était une technique unique, que les gens du milieu occulte pourraient appeler une possession. C’était pratiquement impossible à réaliser pour un maître de la magie noire, mais comme cela avait été fait sous ses yeux, la professeur Kwinska s’était intéressée de près à cette femme.

Étant donné que le corps d’origine, auquel il restait la moitié de la conscience, avait été laissé estropié, la plupart de ses informations sur le mana avaient probablement également été transférées dans le nouveau corps. La professeur supposait que c’était la raison de l’écart d’information.

J’imagine qu’il y a aussi d’autres effets secondaires. Après tout, le souvenir sous-jacent à la motivation de Nox pour rechercher Audeogecht a complètement disparu. Cela aussi semble avoir été arraché aux profondeurs de sa conscience. Cela dit, pour l’instant…

Il allait à l’encontre de la nature de la professeur Kwinska de laisser l’incompréhensible en l’état, mais au vu de l’être qui se trouvait devant elle, tout cela échappait encore largement à son contrôle. De plus, cette Nox disparaîtrait sans doute bientôt quelque part. Elle était animée par une envie intense et inépuisable.

Exaspérée, la professeur fouilla ses poches. Lorsqu’elle finit par trouver le paquet, il n’en restait que des mégots de cigarettes. En fouillant les tiroirs du bureau, elle se rendit compte qu’elle n’avait plus de cigarettes. Mais ayant appris de ses expériences passées, elle fouilla minutieusement les tiroirs. Avec un peu de chance, elle pourrait en trouver au moins une.

« Eh bien, fais comme tu veux. Si je trouve des informations sur les quatre livres de Fegel, je te le ferai savoir. Quant à ton nom… Tu utiliseras Nox comme avant ? » demanda le professeur Kwinska.

La femme réfléchit un moment, puis secoua la tête. « Non, je me ferai appeler Dakia Agnois. Nox est morte et je ne me souviens pas de mon vrai nom, alors je n’y suis pas attachée. Et puis, ça ne servirait à rien d’avoir le nom d’un criminel tristement célèbre. Je ne voudrais pas attirer l’attention que le nom de Nox m’apporterait, surtout de la part de militaires de haut rang. »

« Alors, qu’est-il arrivé au corps de Dakia ? J’imagine qu’il doit être en train de pourrir à l’heure qu’il est. J’ai réduit l’embaumement au minimum à ta demande. »

« Oui, le moment est à peu près bien choisi. Son corps était très facile à utiliser, mais Mekfis l’a détruit. Si possible, je voulais qu’il pourrisse dans la nature. »

« Tu devais avoir un certain attachement émotionnel pour elle. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais tu es venuE frapper en tenant le corps dans tes bras. »

« C’est vrai, je l’ai fait », dit Nox.

☆☆☆

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire