Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 2 – Chapitre 18 – Partie 2

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Chapitre 18 : Sécuriser le personnel

Partie 2

Bientôt, Colette arriva dans le comté de Yamano. Pour être précis, c’était Mitsuha elle-même qui l’avait escortée. La jeune fille aurait pu facilement être attaquée par des loups ou des bandits, Mitsuha ne pouvait donc pas la laisser faire le voyage toute seule. Au final, elle avait emmené Willem au village de Colette pour la récupérer.

Quant au groupe de Sven, il était occupé à former les villageois.

« Wôw, alors tu es vraiment une vicomtesse ! » dit Colette avec des yeux brillants.

C’est quoi ce bordel, Colette, tu ne m’as pas crue ?!

Notre comté avait maintenant des gardes qui faisaient office d’entraîneurs, beaucoup de recrues, et un sourire innocent pour leur remonter le moral. Satisfaite de tout cela, Mitsuha reporta son attention sur la manière de réformer ses terres.

Devrais-je utiliser le système des trois champs ? La rotation des cultures ? Le système à quatre champs ? Le système à trois champs est meilleur pour les périodes de transition, alors peut-être que je devrais juste commencer avec Norfolk ? Non, non, non. Je vais demander à un professionnel. Des pois verts, c’est ça ?

Mitsuha était assez triste du fait qu’ils n’aient pas trouvé de ressources naturelles qui valent la peine d’être creusées. Elle avait aussi l’industrie de la pêche à considérer, mais ils avaient besoin de navires appropriés pour s’améliorer dans ce domaine. Pour l’instant, sa priorité était d’acquérir des connaissances et des informations. Elle avait décidé de consacrer plus de temps à la lecture de livres et à l’exploration d’Internet.

Avant de faire de vrais mouvements, je vais avoir besoin de plus de serviteurs.

Mitsuha réfléchissait à qui prendre pour son comté et comment. Les pots-de-vin et les faux sont monnaie courante dans ce monde, donc les références et les recommandations sont généralement peu fiables. Pour autant qu’elle le sache, elle ne pouvait se fier qu’aux recommandations de personnes de confiance et à son propre jugement lors des entretiens, mais même cela pouvait être détourné si la personne interrogée avait de bons talents d’acteur.

Le comte proposa à Mitsuha de lui prêter ses propres vassaux, mais elle refusa. Il avait déjà Alexis à soutenir, et Mitsuha était susceptible de faire un certain nombre de choses que les vassaux trouveraient… peu orthodoxes. De plus, et bien qu’elle fasse confiance au comte Bozes, elle ne se sentait pas tout à fait à l’aise sur le fait de lui laisser savoir tout ce qui concernait son territoire.

Mitsuha avait besoin d’un trésorier, d’un superviseur pour la pêche et l’agriculture, d’un responsable du bien-être et de deux servantes. Elle supposait qu’Anton et les autres serviteurs connaissaient une ou deux candidates prometteuses, mais elle ne voulait pas passer à côté de candidates potentielles dans le reste du comté.

La trésorerie, la pêche et l’agriculture avaient été gérées par trois des six serviteurs que Mitsuha avait renvoyés et un de ceux qui restaient. Cependant, ils s’étaient tous principalement concentrés sur la taxation, la liquidation et les activités illégales; ils ne savaient pas comment faire croître les industries. Il était assez difficile de trouver la bonne personne pour ces emplois.

Elle avait espéré pouvoir trouver des candidats parmi les artisans de la capitale, mais ses recherches n’avaient pas été fructueuses. Elle avait besoin de personnes qui n’étaient pas seulement compétentes, mais qui avaient aussi un esprit ouvert et une large perspective, mais elle savait très bien que personne de ce genre ne serait pas sans emploi.

Je m’en ficherais même s’ils étaient un peu bizarres. Il peut y avoir des gens vraiment talentueux qui sont un peu trop étranges pour être embauchés par des établissements normaux. Si seulement il y avait un endroit où je pourrais trouver des gens comme ça… Attends ! Je sais exactement où chercher ! Une véritable ruche de cinglés bien équilibrés : l’école de scientifiques de Platidus !

Leur espace de recherche était peut-être particulier, mais il était légitime, et Mitsuha était certaine qu’ils sauraient où elle pourrait trouver des personnes aussi enthousiastes et farfelues qu’eux. « Qui se ressemble s’assemble », dit-on.

Je vais aller leur parler tout de suite. Je suis déjà en bons termes avec le vieil homme responsable de l’endroit, alors ce sera un jeu d’enfant.

Ses trouvailles furent presque instantanées. Son premier candidat était un métallurgiste qui avait été renvoyé de son apprentissage pour avoir refusé d’écouter son maître et s’être livré à des activités hors normes. Il était maintenant à moitié fauché, travaillant jour après jour pour joindre les deux bouts tout en essayant de faire des recherches à côté. Platidus lui avait dit qu’il venait souvent commander des choses dont il avait besoin pour ses études indépendantes.

Il montra à Mitsuha les inventions de l’homme et lui parla un peu de lui. Elle avait rapidement conclu que le métallurgiste était un fanatique de technologie stéréotypé, compétent et avec quelques bonnes idées. Mitsuha demanda à Platidus d’organiser une rencontre entre eux.

L’autre personne que Mitsuha pensait utiliser était l’une des disciples de Platidus. La fille se distinguait parmi ses étudiants par son intérêt pour la sociologie plutôt que pour la science. Elle n’était pas tout à fait à sa place à cause de cela, mais elle était douée avec les chiffres et ferait certainement une bonne conseillère. Selon Platidus, elle n’était pas une mauvaise disciple, mais il lui semblait qu’ils n’étaient pas souvent sur la même longueur d’onde, et il pensait que Mitsuha pourrait l’aider à briller. Rien n’avait encore été dit à la fille en question, mais Mitsuha avait aussi demandé un entretien avec elle.

Le jour des entretiens était rapidement arrivé. Le métallurgiste s’appelait Randy, il avait vingt-trois ans. La description de Platidus était exacte, et Mitsuha n’avait aucun problème avec sa personnalité. Il ressemblait un peu à ces maniaques de la technologie qui ne travaillaient pas bien avec les autres. Mais surtout, il était vraiment bon dans ce qu’il faisait.

Je vais vraiment embaucher celui-là, pensa Mitsuha.

Et bien qu’elle ne pense pas pouvoir lui confier des rôles de gestion, il était certain qu’il excellera en tant qu’artisan. En fait, il semblait complètement ouvert aux nouvelles idées, ce qui en faisait peut-être un meilleur choix pour Mitsuha que le maître artisan moyen. Elle pouvait même compter sur lui pour fabriquer des produits en utilisant la technologie de la Terre.

La suivante était la disciple de Platidus, Miriam. Elle avait une personnalité contagieuse et était une penseuse rapide avec une grande perception. Avec son intérêt pour la sociologie, elle serait une bonne candidate pour un rôle politique. Sa maîtrise des mathématiques ne semblait pas aller avec le reste de sa personnalité, mais elle faisait d’elle une parfaite trésorière.

Ouaip, elle a le poste.

Platidus était aussi heureux de leur embauche que les deux personnes interrogées elles-mêmes. Ils étaient à un point stagnant de leur vie, et même s’ils devaient maintenant voyager à la campagne, ils utiliseraient leurs meilleures compétences sous l’emploi d’une vicomtesse. Leur joie était à prévoir. Mitsuha leur avait dit de se rendre au comté de Yamano dès que possible, et les deux s’étaient précipités pour se préparer.

Ils devront probablement tout expliquer à leurs parents, pensa Mitsuha.

Platidus lui avait suggéré de prendre aussi Yorck, mais elle avait immédiatement refusé. Mais il ne savait pas trop pourquoi. Yorck lui avait dit qu’il avait été mis à la porte parce que Mitsuha n’avait pas été capable de comprendre ce qu’il disait. Platidus en avait parlé à Mitsuha et l’avait supplié de lui donner une autre chance.

Oh, non il ne l’a pas fait, pensa Mitsuha avant de lui dire la vérité.

Elle lui avait tout expliqué, depuis ce qui s’était passé dans la voiture jusqu’aux théories de Yorck, notant à quel point elles étaient basiques et assurant Platidus qu’elle les connaissait déjà elle-même, et qu’elle aurait pu déblopper davantage si elle l’avait souhaité.

Mitsuha ne pouvait pas non plus faire confiance à un scientifique qui déformait la réalité pour son profit personnel. Peu importe combien elle était riche, elle ne lui donnerait pas une seule pièce d’argent. De plus, s’il avait essayé de vendre ses semblables pour sauver sa peau une fois, il le ferait certainement à nouveau. Dans un raid de bandits, il serait plus dangereux que les bandits eux-mêmes.

De plus, Platidus avait révélé qu’il n’avait pas envoyé Yorck pour devenir un conférencier invité, mais simplement pour lui demander de devenir un mécène et de faire un don à leur école. En réalisant que la vicomtesse n’était qu’une petite fille, Yorck avait décidé de profiter de sa position.

Il a donc aussi déformé les intentions de son professeur et menti à un noble… C’est une double peine.

Mitsuha demanda à Platidus de ne pas utiliser ne serait-ce qu’une fraction de l’argent qu’elle avait donné pour les recherches de Yorck, et le vieil homme, qui se sentait quelque peu mal à l’aise, avait simplement hoché la tête en réponse.

Après leur conversation, elle fit un saut dans son monde pour retourner dans son comté, fière des progrès qu’elle faisait dans ses efforts d’embauche. Elle commençait à s’inquiéter du fait que l’utilisation imprudente de son pouvoir pourrait conduire à ce que quelqu’un le découvre, mais c’était tout simplement trop pratique.

De plus, comme il y avait une semaine de distance entre son territoire et la capitale, il était difficile pour quiconque de savoir où elle était et quand. Selon toute vraisemblance, personne n’y avait pensé au-delà de « Oh, elle est encore là » ou « Oh, elle est de retour. »

Je vais juste essayer de ne pas trop y penser.

Et même si quelqu’un se rendait compte qu’elle avait voyagé instantanément, elle avait des moyens de le faire oublier. Elle pourrait simplement dire quelque chose du genre : « La voie normale était pénible, alors j’ai utilisé la traversée. » D’un autre côté, le comte Bozes et Dame Iris lui reprocheraient inévitablement de ne pas avoir pris soin de sa force vitale.

Ce mensonge était-il une erreur ? Mais si elle n’avait pas dit quelque chose comme ça, elle aurait eu des nobles et des marchands qui m’auraient demandé l’accès à son pays chaque heure du jour. Ça aurait été bien pire.

◇ ◇ ◇

Au moment où Mitsuha était retournée dans son comté, les serviteurs avaient dressé une énorme liste de candidates à la fonction de domestique, sur la base de leurs propres recommandations. Des gens de partout avaient entendu dire qu’elle était une bonne maîtresse. Attirées par la perspective d’être la servante d’une vicomtesse qui n’aurait pas à faire face aux abus d’un seigneur — ou pire, devenir sa maîtresse — elles avaient postulé pour le rôle.

Dans un grand comté comptant des dizaines de milliers de personnes, obtenir un emploi dans la maison du seigneur régnant serait comme gagner à la loterie, mais ce n’était pas tout à fait le cas lorsqu’il n’y en avait que quelques centaines. Alors que les terres d’un vicomte typique accueillent plusieurs milliers de citoyens, ces terres appartenaient auparavant à un simple baron. Avec un nombre relativement faible de personnes, les chances de devenir le serviteur du vicomte étaient beaucoup plus élevées, et les gens avaient donc afflué pour postuler.

Même certaines personnes du village de Colette voulaient que Mitsuha les engage. Cependant, elle ne pouvait pas se permettre de prendre trop de personnes d’autres comtés. Colette était sa sauveuse et une amie chère, et Mitsuha était allée voir le Comte Bozes personnellement pour lui demander si elle pouvait prendre la fille sous son aile, bien qu’elle ait gardé secrets les véritables talents de Colette. Tout dirigeant souhaiterait garder les personnes talentueuses pour l’amélioration de son propre territoire. Après tout, qui voudrait voir un capital humain précieux quitter ses frontières ?

Heheheh. Comte Bozes, dans quelques années, vous regretterez vraiment d’avoir laissé partir Colette !

Quoi qu’il en soit, Mitsuha avait une tonne de candidates parmi lesquelles choisir. Les servantes qu’elle avait renvoyées comprenaient la responsable des servantes et la préposée personnelle de l’ex-seigneur aussi. Cette dernière avait pensé que son rôle était la preuve qu’elle était une « bonne d’élite », et que cela lui donnait l’impunité. Ses transgressions comprenaient le fait d’emporter de la nourriture et des fournitures comme si c’était les siennes, ainsi que d’agir comme si elle était au-dessus de Mitsuha. Elle avait même été jusqu’à dire : « Je te laisse partir avec un avertissement » avant de partir.

Selon les autres servantes, elle était la préférée du baron et de la baronne. Ils lui avaient même permis de gronder et de discipliner leurs enfants. Mais sous le règne de Mitsuha, rien de tout cela n’avait d’importance, et la femme de chambre du baron avait mérité son expulsion.

Bon sang, je suis le vrai chef ici, pas un enfant ! Elle pense qu’elle peut me regarder de haut ? ! Merde ! Au moins, j’ai pu apprécier la tête qu’elle a faite quand je l’ai virée. C’était inestimable.

Mitsuha avait envisagé d’embaucher deux servantes standards. Elle avait également envisagé de supprimer les spécialisations des domestiques. Pour faire simple, elle ne voyait pas l’intérêt de les diviser en préposés, femmes de ménage, et ainsi de suite. Le système semblait seulement créer une hiérarchie inutile entre elles. Ce n’était pas franchement un métier très spécialisé, il semblait donc préférable de se débarrasser de la différenciation et de les laisser toutes faire diverses tâches.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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