Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 2 – Chapitre 14 – Partie 2

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Chapitre 14 : La marche de l’archiprêtresse

Partie 2

Le cavalier s’était arrêté une centaine de mètres devant les véhicules et éleva la voix.

« Je suis un noble du vénérable Empire Aldar, le Comte Tristan von Lotz ! Actuellement, nous… »

« Tirez-lui dessus. »

BAAANG !

Le cavalier était tombé de son cheval.

« Comment osez-vous… ? Vous avez fait du mal à un messager ? ! Connaissez-vous l’honneur et la fierté, barbares ? ! »

Le commandant ennemi avait rougit de rage.

Soudainement, la voix de Mitsuha se fit entendre par des haut-parleurs, atteignant les 20 000 soldats impériaux, et peut-être même tous les recoins de la capitale.

« Vous ! Chiens sans honneur et sans fierté de l’empire ! »

« Qu-Quoi ? ! »

En entendant ses propres mots redirigés vers lui, le commandant commença à trembler.

Mitsuha continua son agression verbale.

« Vous avez violé le traité, vous vous êtes faufilés dans ce pays avec l’aide de quelques traîtres, vous avez ajouté des monstres à votre armée, et vous avez tué des civils sur votre chemin. Des bandits glorifiés comme vous n’ont pas le droit de parler d’honneur ou de fierté !

Dieu est en colère. Peu importe le courage avec lequel vous vous battez ou le genre d’actions que vous faites ici, vous, les chiens impériaux, n’irez pas à ses côtés ! L’enfer est l’endroit auquel vous appartenez tous ! »

Le commandant voulait répliquer, mais il avait beau crier, il ne pouvait pas parler à la fille. Alors que sa voix atteignait tous ses soldats, la sienne ne pouvait être entendue que par ses proches. Il serra les dents, impuissant et frustré.

Mitsuha, par contre, ne faisait que commencer.

« Vous voulez savoir pourquoi j’ai raison ? Parce que je l’ai dit ! Maintenant, ressentez la colère du seul vrai Dieu ! »

Elle retourna à son micro de gorge.

« Mitrailleuse ! De dix heures à deux heures, descendez-les en cinq secondes ! Feu ! »

L’ordre avait été donné, et l’exécution avait eu lieu peu après.

BA-BA-BA-BA-BA-BA-BA-BA-BA-BANG !

C’était des sons forts et tonitruants que les soldats n’avaient jamais entendus auparavant, et ce qui suivit n’était autre que la destruction complète et brutale de dizaines de leurs frères d’armes. Les corps avaient été déchiquetés, pulvérisant de la chair et du sang dans toutes les directions.

« AAAAAAAAHHHHH ! »

L’enfer existait vraiment dans ce monde.

« Qu-Quoi ? Qu’est-ce qui se passe… ? »

Le commandant impérial était perdu. Ni son cœur ni son esprit ne pouvaient suivre la violente réalité qui s’était ouverte devant lui.

« Madame, on dirait que chaque monstre a une personne qui s’en occupe », fit remarquer le capitaine.

« Tuez-les un par un. »

« Entendu. »

BANG, BANG, BAAANG !

D’autres coups de feu fusèrent à travers le champ.

Le commandant reprit ses esprits et commença à donner des ordres.

« Attaquez ! Faites charger les monstres ! Dépêchez-vous de les écraser ! Suivez-les avec des recrues ! »

Cependant, ses forces n’avaient pas bougé.

« Qu’est-ce qui vous arrive ? ! Dépêchez-vous ! Et si cette attaque se reproduit ? ! »

« Commandant, tous les officiers qui s’occupent des monstres sont à terre ! »

« Quoi ? ! »

Nos hommes ont travaillé dur pendant des années, apprenant à communiquer avec ces monstres par des gestes et des sons. Ils étaient irremplaçables… inestimables. Nous avons eu de nombreuses victimes, mais ils ont refusé d’abandonner. Le fait que nous ayons eu les monstres à nos côtés était le résultat de sang, de sueur et de larmes. Et maintenant, ils meurent ici, sans rien obtenir !

« Très bien, tout le monde, quittez vos véhicules et préparez les armes ! », ordonna Mitsuha.

Tous les mercenaires, à l’exception de ceux qui étaient armés, sortirent de leurs véhicules, se dispersèrent et préparèrent leurs mitrailleuses légères. Les autres préparaient les fusils d’assaut et les lance-roquettes qu’ils avaient sous la main.

« Forcez les monstres à venir au front ! Nous les submergerons une fois que nous aurons l’élan nécessaire ! Faites sortir les nouvelles recrues aussi, mais rappelez-vous, ce ne sont que des fermiers remplaçables ! »

« Mitrailleurs légères, harcelez les monstres et les conscrits, mais ne les tuez pas, à moins qu’ils ne chargent ! Vous rejoindrez alors les mercenaires armés de fusils d’assaut afin de viser les vrais soldats ! »

« Hein ? On ne s’occupe pas des monstres ? », demanda le capitaine.

« Non. On va leur faire croire qu’ils ont été dupés, pour qu’ils ne fassent plus jamais confiance aux humains. Ensuite, on les chasse jusqu’à l’empire. Peut-être que les monstres de ce territoire les rejoindront aussi… Mangez beaucoup de leurs soldats sur le chemin du retour, mes chéris !

Et quand tous ces fermiers conscrits seront terrifiés, ils se retourneront contre l’empire avec haine. Ils s’assureront que personne ne soit plus jamais forcé de s’allier avec l’empire. »

« Ma petite dame, puis-je vous dire quelque chose ? »

« Bien sûr. Qu’est-ce que c’est ? »

« Vous me faites peur ! »

BANG !

B-B-B-BANG !

B-B-B-B-B-BANG !

Les coups de feu coûtèrent la vie à des soldats ennemis les uns après les autres : ceux qui donnaient les ordres, ceux qui étaient bien armés et ceux qui étaient à cheval. Perdre ceux qui se trouvaient au milieu de la pyramide de commandement était particulièrement dommageable, car ils ne pouvaient plus contrôler l’armée.

Les paysans, qui ne portaient que des lances bon marché, refusaient d’avancer. Quant aux monstres, ils avaient vu leurs chefs tomber un à un, et l’odeur du danger imminent alimentait leur désir de fuir chez eux.

Naturellement, ce combat ne se limitait pas à tuer 20 000 soldats. Les faire se retourner afin qu’ils battent en retraite était tout aussi efficace. Même dans les guerres qui avaient eu lieu sur Terre, il était rare que la plupart des gens du côté des perdants meurent. Une bataille où même la moitié d’une armée était tuée au combat serait considérée comme catastrophique. En fait, la défaite survenait souvent une fois qu’un camp avait perdu environ un tiers de ses forces.

C’était pour cette raison que Mitsuha avait choisi de cibler les soldats de carrière. Ils étaient le cœur de l’armée et les seuls à avoir une solide maîtrise de ce qu’ils faisaient.

Mitsuha se demandait s’il y avait des mercenaires parmi les professionnels. Si c’est le cas… Oups. Désolé, les gars. Vous aviez une chance de gagner de l’argent dans cette guerre, mais maintenant vous allez vous faire descendre juste parce que vous avez un meilleur équipement et que vous vous battez mieux que les paysans.

Hmm, je me demande si l’équipe de Sven avait aussi été engagée. Ils se sentent probablement chanceux d’être payés sans avoir vraiment à se battre. Peut-être que vous vous ferez encore plus d’argent dans la poursuite qui aura lieu par la suite.

Quoi qu’il en soit, le commandant ennemi fait un travail solide pour maintenir la cohésion de ses hommes, mais j’ai l’impression que de plus en plus d’entre eux battent en retraite, et… qu’est-ce que c’est que ça ?

« Ils sont là ! Maintenant, nous pouvons riposter ! », cria le commandant de l’empire, en regardant vers le haut.

Au-dessus de lui, obscurcissant le ciel du matin, se trouvait un essaim de wyvernes. 36 d’entre elles, pour être exact.

En regardant les créatures, il pensa à la lutte qu’il avait dû mener pour les élever. Un bon nombre de soldats avaient été tués lors de tentatives de vol d’œufs de wyvernes, mais quelques-uns avaient finalement réussi, et le processus d’incubation commença. La première série d’éclosions échoua, les jeunes mourant prématurément, ce qui avait conduit l’armée à sacrifier d’autres soldats pour voler plus d’œufs.

Un homme avait même perdu la vie à cause d’un juvénile en bonne santé. La chose l’avait dévoré.

Cette réalisation majestueuse est le résultat de centaines de sacrifices et de décennies de travail ! Les cavaliers et les wyvernes sont maintenant réunis en un seul : ce sont les premiers cavaliers volants du monde !

Les hommes montés sur les wyvernes brandissaient des épées et des piques pour les combats rapprochés ainsi que des javelots pour les attaques à distance, ce qui en faisait une force redoutable. Ils pouvaient facilement faire pleuvoir des lances sur les ennemis, puis voler derrière les portes pour les combattre avec des épées, des lances, et même les puissantes griffes et le bec de la wyverne, ce qui permettait de forcer les portes et de laisser le reste de l’armée entrer.

C’est magnifique, pensa le commandant, tout bouillonnant de joie. Ohh, comme je suis béni de voir ce moment de mes propres yeux !

La voix de Mitsuha coupa brusquement son excitation.

« Dieu ! C’est ton tour ! »

« Entendu ! »

B-B-B-B-B-B-B-B-B-B-B-BANG!

« Hein… ? »

Quelques secondes.

Il n’avait fallu que quelques secondes pour éradiquer vingt ans de fonds, de corps et de travail. Les premières forces aériennes de ce monde avaient été réduites à de simples morceaux de chair en l’air.

Le commandant ennemi s’effondra, ses yeux se remplirent de larmes. Notre bataille ne fait que commencer, je le sais. Mais j’ai perdu mes supérieurs, mes subordonnés, mes camarades d’académie, et même mon cousin pour créer cette armée de wyvernes. Et tout cela a été mis en pièces en quelques instants. Pardonnez-moi, mais permettez-moi de faire mon deuil un instant…

BOOM. BOOM. BOOM. BOOM.

Le sol tremblait au moment où quelque chose apparaissait derrière eux.

« Que faites-vous, créatures pathétiques ? »

Les dragons étaient venus.

D’anciens dragons, pour être précis, et ils étaient trois. Ces êtres avaient une intelligence bien supérieure à celle de l’humanité et la capacité d’expulser le souffle magique. Ils étaient la raison même de l’absurde invasion de l’empire.

◇ ◇ ◇

Il était né dans la Valée des Dragons il y a 328 ans. Les Dragons ayant un taux de natalité terriblement bas, il avait donc été gâté et traité comme un enfant pendant assez longtemps. Cela s’était terminé lors de la naissance d’une petite fille, suivie d’un autre garçon. Ces deux-là avaient maintenant respectivement 127 et 76 ans.

Ils étaient les premiers dragons nés depuis plus de 200 ans, et le nouveau duo avait apporté une joie immense au reste de leur village. L’aîné des trois était heureux de ne plus être bébé et se plaisait à jouer le rôle de grand frère pour les deux oisillons.

Aucun nouvel enfant n’était né après ces deux-là, et les autres dragons semblaient tenir pour acquis qu’ils allaient s’accoupler. Ils en étaient conscients, surtout la fille, Lewlieu. Après tout, les filles étaient toujours les premières à mûrir.

Le dragon mâle le plus âgé n’avait pas protesté. Je peux toujours m’entendre avec la fille plus âgée avec les jolies écailles, ou celle qui a une queue parfaite, ou n’importe laquelle des autres. Ça va aller, pensait-il.

Maintenant, le plus jeune garçon, T’elli, avait récemment attrapé une certaine maladie courante chez les jeunes dragons : « Je suis un dragon ancien, fort et sage. Je vais aller dans le monde et guider ces fous. »

Il est adorable, avait pensé le garçon plus âgé. Et puisqu’il me respecte comme un grand frère, je suppose que je devrais lui faire passer un bon moment.

Chaque fois que quelqu’un voulait jouer avec les humains, ce vieux dragon étrange et grincheux de la grotte de la montagne hurlait à tue-tête. Il disait : « Ne jouez pas avec les humains ! » et « Ne posez pas la main sur eux ! ». Mais il est mort il n’y a pas si longtemps, alors il ne sera plus un problème.

De nos jours, les dragons pouvaient faire ce qu’ils voulaient sans crainte d’être réprimandés. Ils pouvaient donner du pouvoir à un seul pays, en riant alors que les humains s’emportaient et utilisaient leur pouvoir de façon étrange. Ou bien les dragons pouvaient simplement manipuler secrètement plusieurs nations à la fois, se délectant du sentiment de domination interespèces.

Je voulais essayer de tels jeux quand j’étais enfant, mais ce tas d’écailles ne se taisait jamais. De plus, tous les dragons proches de mon âge étaient des filles, et aucun d’entre eux n’aurait participé. Non, je n’ai pas cette maladie, je veux juste essayer ce genre de choses.

Ainsi, il avait décidé d’inviter T’elli à jouer. Lewlieu avait également insisté pour participer, à sa grande joie.

Sa grande idée avait été d’enseigner quelques techniques de monstres à un pays humain ambitieux, puis de s’asseoir et de regarder les choses se dérouler.

Les choses ne vont pas très bien en ce moment. Sérieusement, comment ont-ils pu se tromper au début ? Ce serait vraiment ennuyeux si vous ne pouvez pas prendre cette capitale, vous, créatures impuissantes et pathétiques. Comment T’elli et Lewlieu sont-ils censés s’amuser ? Très bien. Je vais au moins les aider à démarrer. Je vais juste écraser ce tas, puis détruire la porte avec mon souffle.

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