Rougo ni Sonaete Isekai de 8-manmai no Kinka wo Tamemasu – Tome 2 – Chapitre 12 – Partie 3

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Chapitre 12 : Cuisine Yamano

Partie 3

Peu après l’ouverture du cinquième jour, le « Paradis » avait été visité par un groupe de cinq hommes. Ils coupèrent disgracieusement la file d’attente à l’extérieur.

« Ah, monsieur, s’il vous plaît, ne… »

Les mots de Stella avaient été coupés court quand elle réalisa à qui elle avait affaire.

« Je vois que les affaires sont en plein essor », déclara l’homme qui se démarquait le plus dans le groupe, le propriétaire du grand restaurant. Son entourage comprenait l’ancien employé du Paradis qu’il avait embauché, deux gardes et un homme corpulent que Stella ne reconnaissait pas. Elle avait rapidement appelé son mari.

« Je peux vous aider ? », lui demanda Bernd en sortant de la cuisine, visiblement de mauvaise humeur.

« C’est bon, c’est bon. Il n’y a pas besoin de montrer une expression aussi amère. Je suis simplement ici pour faire mon devoir de bon citoyen. », dit le propriétaire du restaurant.

« De quoi parlez-vous ? »

« J’ai dénoncé vos actes criminels et je suis venu pour que vous soyez correctement pénalisés ! »

Il pointa Bernd du doigt avec un large sourire sur son visage. Le récent changement dans les opérations du restaurant l’avait conduit à passer à une attaque directe.

« Des actes criminels ? Que voulez-vous dire ? »

« Ne faites pas l’idiot ! J’ai des gardes avec moi ! »

« Écoutez, je ne sais vraiment pas de quoi vous parlez. Vous allez devoir vous expliquer. »

En réponse aux paroles de Bernd, le propriétaire du restaurant pointa le menu sur le mur.

« Ça ! Ça, là, c’est la preuve de votre méfait ! »

« Hein ? »

« Vous prétendez faussement vendre la fameuse “cuisine Yamano”, trompant vos clients et les volant à l’aveuglette ! Gardes, arrêtez cet homme immédiatement ! »

Bernd et Stella étaient stupéfaits. Les trois employés à temps partiel regardèrent avec des expressions d’inquiétude, et les clients se préparaient au résultat.

Finalement, Bernd sortit de sa stupeur.

« Euh, quelle preuve avez-vous pour dire que notre cuisine Yamano est fausse ? »

« Je pensais que vous ne le demanderiez jamais. »

Le propriétaire du restaurant fit un sourire diabolique et présenta un des hommes qui l’accompagnaient.

« Cet homme est le fondateur de la Cuisine Yamano ! Le seul et unique chef cuisinier du Vicomte Ryner, Marcel ! »

Des halètements éclatèrent dans la foule, bien que les plus nobles aient tout simplement été ébahis.

« Marcel, s’il vous plaît, témoignez ! »

« Hé, je ne peux pas faire ça sans goûter la nourriture. Commençons par là. »

Il n’avait pas tort, et les gardes avaient besoin de preuves pour procéder à une arrestation. Le propriétaire du restaurant s’était exécuté à contrecœur.

De toute façon, il pensait que ça ne prendrait pas longtemps.

« Très bien, alors. Je vais prendre cette soupe, le… l’omurice, et le, euh, “steak de Hambourg”, s’il vous plaît. »

Le propriétaire du restaurant souriait d’une oreille à l’autre. Marcel ne semblait pas connaître les noms des plats, preuve supplémentaire que la cuisine Yamano du restaurant était fausse. Bernd cria la commande à la cuisine, et tous les autres attendirent. Les invités reprirent le repas et regardèrent le drame se dérouler en silence.

Peu de temps après, la nourriture était sur la table devant Marcel.

Il fut bouleversé par l’udon, soufflé par son steak de Hambourg et outré par l’omurice.

« Appelez-moi celui qui a fait ça ! » cria-t-il, les poings potelés rougissant et tremblant.

Naturellement, Bernd s’exécuta.

« Bon sang, c’est quoi tout ce bruit ? », dit Mitsuha en sortant de la cuisine.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? ! »

En entendant le cri de Marcel, le ricanement du propriétaire du restaurant prit des proportions démesurées.

Marcel dirigea sa frustration vers Mitsuha.

« Maître ! Pourquoi avez-vous appris à ces gens des plats que vous ne m’avez pas appris ? ! », s’écria-t-il.

« Qu’est-ce que c’était ? ! »

« Hé, c’était de la nourriture de fête. Ces plats sont pour le grand public. Je ne pouvais pas vraiment te les apprendre à l’époque, non ? », répondit Mitsuha.

« Mais j’aimerais vraiment servir ça aux Ryner… »

« Euh, alors pourquoi ne pas apprendre en aidant dans cette cuisine ? Peut-être que tu pourrais même apprendre une chose ou deux au personnel d’ici. Après tout, ce sont tes camarades de classe. »

« Certainement ! »

Marcel s’était enfui vers la cuisine, laissant le propriétaire du restaurant la mâchoire ouverte et les gardes incertains de la suite des événements.

« Alors, qu’est-ce que vous voulez ? »

La voix de Mitsuha se faisait entendre dans tous les coins du restaurant.

« C’est ici que l’on peut manger la cuisine de Mitsuha ? ! »

Soudainement, l’atmosphère tendue fut brisée par une fille qui s’était précipitée violemment vers la porte.

« Ah, c’est Mitsuha ! », s’exclama-t-elle.

« Béatrice… »

La jeune fille fut bientôt rejointe par sa famille : Le comte Bozes, Dame Iris, Alexis et Théodore.

Hé, vous devez faire la queue ! Oh, mais pourquoi je dis ça, pensa Mitsuha alors que la famille entrait tout simplement. Alors que les autres nobles avaient essayé de se faire passer pour des roturiers, les Boz étaient toujours aussi effrontés et tapageurs. Personne n’avait le culot de se plaindre qu’ils coupaient la file. Les clients de la haute société tournaient leur visage dans l’autre sens, espérant ne pas être reconnus.

« Uhhh. Bernd, je les connais et ils me connaissent. Ça ne vous dérange pas si je les laisse couper la ligne ? »

Bernd hocha vigoureusement la tête, incapable de parler.

« Est-ce ici que ma fille travaille ? »

La porte s’était ouverte une fois de plus, et l’homme qui avait parlé n’était autre que…

« Ah, Votre Majesté. »

En entendant les mots de Mitsuha, Bernd s’était effondré.

Attention à ce bras cassé, pensa-t-elle.

Comme je l’avais dit, le restaurant avait quatre serveuses : Stella, Gritt, Ilse… et Sabine.

Sabine n’avait pas pu supporter l’absence de Mitsuha pendant une semaine entière, elle était donc venue au restaurant tous les jours. Mitsuha lui avait demandé de l’aider à gérer la nourriture et d’autres tâches diverses, et la jeune fille semblait apprécier cela. Elle s’asseyait même à côté des clients qu’elle aimait, leur parlait et partageait leur nourriture. En fait, Sabine faisait tout ce qu’elle voulait, mais les clients n’y voyaient pas d’inconvénient, et Mitsuha non plus. Cependant…

Bien sûr qu’ils s’en fichent, quel genre d’homme dirait non à cette jolie fille qui les flatte ? C’est un joli visage, n’est-ce pas ? Les femmes ne valent rien sans cela, hein !

Mais franchement, quand elle parle à ces types nobles, elle prend toujours des notes. Je n’en connais pas la raison, mais ça me fait peur !

Mitsuha était également légèrement impressionnée par les gardes amenés par le propriétaire du restaurant. Elle avait entendu dire que les gardes de la ville étaient tous des roturiers sans formation ni statut social, mais ils s’étaient rués aux côtés du roi avec une loyauté farouche. Le roi était accompagné par le chancelier et le garde du palais le plus âgé, tous deux semblaient très satisfaits de la prestation des gardes de la ville.

J’espère vraiment que cela améliorera leur réputation. Oh, mais j’y pense…

« Hé, les gars. Bernd a été attaqué par des voyous récemment, et je pense qu’il pourrait y avoir plus que ça… Vous pensez pouvoir vous renseigner ? », leur dit-elle en s’adressant directement à eux.

Mitsuha déplaça son regard des gardes vers le propriétaire du restaurant. Le roi le regarda, puis les gardes. Ils hochèrent ensuite la tête en signe d’encouragement.

« Tout de suite, Votre Majesté ! », répondirent rigidement les gardes de la ville.

Ce n’est pas comme s’ils avaient pu dire non, mais c’est une chance d’obtenir de l’avancement dans leur carrière ! Bonne chance, les gars !

Les gardes s’emparèrent du propriétaire du restaurant et de l’ancien employé du « Paradis » et les emmenèrent.

Ils ne vont pas rentrer chez eux, c’est sûr, pensait Mitsuha. Les propres gardes du roi étaient, sur ordre du vieil homme, postés à l’extérieur du restaurant.

De plus, il s’était avéré que l’ancien employé du « Paradis » avait commis un grave péché. La sphère culinaire dans ce monde valorisait les relations, notamment l’affection des seniors pour les jeunes travailleurs, les liens entre les collègues cuisiniers et cuisinières, et la gratitude envers ses instructeurs, le troisième étant le plus important. La trahison de ce principe était si odieuse qu’aucun restaurant réputé ou cuisine noble de la capitale ne l’engagerait plus.

Le réseau des chefs locaux est vraiment quelque chose, se dit Mitsuha.

Après tout ce qui s’était passé, Mitsuha était sûre que personne ne s’immiscerait plus jamais dans le « Paradis ». Une partie d’elle s’inquiétait un peu du fait que le restaurant lui-même était désormais chamboulé.

Imaginez que vous disiez à quelqu’un : « Hé, il y a un restaurant de roturiers que les nobles aiment, le roi y entre de temps en temps, et il y a une princesse parmi ses serveuses ! » Bien sûr, ils vont dire que vous vous foutez de moi. Mais je n’avais pas prévu tout ça, je le jure ! Sérieusement, quand on parle d’exagération. Et en parlant de « tuer », j’espère bien que ce restaurateur ne va pas se faire tuer.

(NdT : Passage intraduisible qui joue sur deux mots anglais overkill [exagération] et kill [tuer])

Alors que le service reprenait, les trois enfants de Bozes insistèrent pour que Mitsuha leur prépare elle-même quelque chose à manger. Sabine avait abandonné toute prétention de travailler et avait rejoint son père pour commander quelque chose en tant que cliente.

Cela va sur votre note, Votre Majesté. Oh, bon. Je suppose que je vais offrir à la princesse un menu enfants improvisé avec un steak de Hambourg et de l’omurice.

Mais cela s’était avéré être une erreur, car tous les autres voulaient alors la même chose.

C’est à peine rentable, c’est pénible à faire, et ce n’est même pas au menu, bon sang !

« Je suppose que vous avez échoué pour ma demande, hein ? », soufflait Aneel, de retour à la cuisine.

« Euh, qu’est-ce qui vous fait dire ça ? », demanda Mitsuha, perplexe.

« Vous ne m’avez pas aidé… à faire l’entremetteuse avec Anel ! »

« Ah. » Cela m’avait complètement échappé.

« Hé, Votre Majesté, pouvez-vous m’aider à faire une union ? »

« NOOON ! »

Bernd s’était mis à crier de désespoir.

Tu es un papa ours quand ça compte, hein, Bernd ? Attends, quoi ? Ça ne te dérangerait pas parce qu’il se marierait dans la famille ? Tu m’as arrêté à cause de « quelque chose de bien plus important » ? C’est quoi ce bordel ?

Et donc, le « Paradis » continua à fonctionner comme un restaurant relativement normal. Outre le fait qu’il vendait de la cuisine Yamano, qu’il avait des nobles caché parmi ses clients, qu’il recevait souvent la visite du roi et qu’il employait une princesse comme l’une de ses serveuses. Chaque nouveau jour, il y avait une autre salle pleine, une autre file d’attente devant.

Vous devriez vous dépêcher d’engager plus de monde avant que l’un de vous ne s’effondre.

Toute l’épreuve du Paradis n’avait finalement pas été très rentable pour Mitsuha. Elle avait simplement aidé un restaurant qui ne se portait pas si bien. Entre les salaires des mercenaires et diverses autres dépenses, il ne lui restait plus qu’un peu plus d’une pièce d’or de profit.

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3 commentaires :

  1. Merci pour cette comédie culinaire 😁

  2. Merci pour le chapitre. Pour un foiré il est magistrale XD

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