Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 8 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : Le Vampire et l’homme aux cheveux d’argent

Partie 1

J’avais couru dans la direction indiquée par Wolf jusqu’à ce que je rencontre un groupe d’aventuriers cherchant quelque chose. Me demandant s’ils étaient à la recherche de thralls, je les avais écoutés.

« Où s’est enfui le vampire ? Il se battait avec un type costaud aux cheveux argentés, mais ils ont tous les deux disparu ! »

« Comment le saurais-je ? Peut-être qu’ils se sont téléportés ou quelque chose comme ça. Les grands vampires peuvent utiliser des magies folles, d’après ce que j’ai entendu. »

Il semblerait que le vampire soit passé par ici, mais apparemment ces aventuriers l’avaient perdu de vue. L’idée qu’ils aient pu utiliser un sort comme la téléportation dans ce chaos était pourtant absurde. Ils étaient juste en train de se crier dessus de frustration parce qu’ils ne trouvaient pas le vampire. En tout cas, je m’étais approché d’eux pour leur demander s’ils avaient trouvé des indices.

« Hé ! » avais-je dit.

« Oh, tu es ce drôle de type qui est venu à la guilde de Maalt récemment. J’ai entendu dire que tu avais un certain talent. »

J’avais mon masque qui couvrait entièrement mon visage, donc l’aventurier m’avait vu comme Rentt Vivie. Je ne savais pas que les gens disaient ça de moi. Enfin, le côté bizarre, je suppose que je le comprenais, vu mon apparence. Mais j’avais mis cela de côté pour le moment.

« Je vous ai entendu dire que le vampire était dans le coin, » avais-je dit. « Avez-vous une idée d’où il est allé ? »

« Oui, » dit l’aventurier d’âge moyen en hochant gravement la tête. « Le vampire était en fait sur le toit de ce bâtiment. Il se battait avec un type costaud aux cheveux argentés, mais ils sont partis tous les deux quelque part. Je me demande où. »

C’était la même chose que ce qu’un autre aventurier avait dit il y a un moment. Cependant, je ne savais pas qui pouvait être cet homme aux cheveux argentés. Les cheveux de Nive étaient gris, et si les cheveux de Myullias étaient argentés, elle était aussi une femme. Et Nive était aussi une femme, d’ailleurs. Mais ce n’était pas aussi important que de savoir où se trouvait le vampire.

J’avais pensé aux endroits où il aurait pu aller jusqu’à ce que j’entende un gros boum venant de quelque part. Alors que je regardais autour de moi pour voir d’où ça venait, Edel avait sauté de mon épaule et s’était mis à courir.

« Connais-tu l’endroit ? » lui avais-je demandé.

« Sqreak ! » Il avait répondu, alors après avoir regardé Lorraine pour voir ce qu’elle en pensait, nous avions décidé de le poursuivre.

L’aventurier d’âge moyen nous avait jeté un regard empli de curiosité, et j’avais pensé lui dire que nous savions où le vampire était allé. Mais vu mon secret, il vaudrait mieux qu’il y ait moins de monde. Et si la plupart de ces aventuriers étaient des vétérans, ils étaient aussi de classe Bronze. Les thralls étaient une chose, mais un grand vampire serait trop fort pour eux. Mon niveau de compétence n’était pas très différent du leur, mais j’étais aussi physiquement difficile à tuer. Lorraine était également une aventurière de classe Argent, et je pouvais servir de bouclier humain si nécessaire, il n’y avait donc aucun problème. Je n’étais toujours pas certain de nos chances, mais nous devions essayer. Une fois cela réglé, nous nous étions mis à courir.

 

◆◇◆◇◆

Edel nous avait conduits quelque part sous terre. C’était probablement un ancien égout.

« Je n’avais jamais réalisé que cet endroit existait, » dit Lorraine en courant.

Moi non plus. Nous avions utilisé une entrée cachée sous les tuiles d’une vieille maison, mais ce n’était probablement pas la seule façon d’entrer. Maalt avait une longue histoire, mais c’était quand même étrange de voir ça dans une petite ville. Un passage caché comme celui-ci aurait eu plus de sens près de la capitale qu’ici. Il était inutile de se demander pourquoi il existait, alors nous avions continué à avancer.

Le couloir étroit et sombre se termina soudainement par une grande ouverture. La pièce avait la forme d’une demi-sphère avec un haut plafond. Il y avait de nombreuses statues le long du mur. Celles qui se trouvaient dans les coins nord, sud, est et ouest étaient des statues de femmes. Elles avaient été placées de façon à ce qu’elles regardent vers le centre de la pièce. Je n’avais aucune idée de qui étaient ces statues, mais au milieu de la pièce se tenait un homme en robe avec une épée. Il avait le pied sur un homme tombé qui tenait une rapière.

« Oh ? Avons-nous des invités ? » déclara l’homme en robe. « J’arrivais juste à la bonne partie. Ne gâchez pas le plaisir. »

L’homme en robe avait levé sa main libre. J’avais senti le mana se rassembler dans sa main et je l’avais entendu marmonner une incantation. Nous avions immédiatement su qu’il prévoyait de lancer un sort sur nous, et nous nous étions séparés juste au moment où une boule de feu avait carbonisé l’espace où nous nous tenions. L’homme s’était renfrogné, surpris que nous ayons esquivé un sort avec une incantation aussi rapide.

Lorraine riposta avec sa propre magie. Sept lances de glace volèrent vers l’homme. Il les évita frénétiquement, s’éloignant de l’homme au sol. J’étais resté prudent vis-à-vis de l’homme en robe alors que je m’approchais de l’homme tombé pour l’aider à se relever. C’était probablement le puissant combattant dont les aventuriers avaient parlé. J’avais regardé son visage.

« Isaac !? » J’avais sursauté, reconnaissant ses cheveux argentés et ses traits froids.

C’était Isaac Hart, le serviteur de la famille Latuule que j’avais rencontrée au marais de la Tarasque. Je n’avais aucune idée de la raison de sa présence ici, mais il était certainement puissant. Les humains ordinaires étaient intimidés par le marais, mais lui pouvait le traverser avec rien d’autre qu’une armure légère, comme s’il se promenait simplement.

« Rentt, » Isaac chuchota quand il vit mon visage. Je n’avais pas vu de blessures. Quelque chose dans toute cette situation semblait un peu anormal.

« Rentt ! » cria Lorraine. Je savais pourquoi elle le faisait. L’homme en robe s’approchait. Lorraine l’avait retenu avec de la magie, mais elle avait atteint ses limites.

Isaac entendit aussi Lorraine. « Nous parlerons plus tard ! » dit-il. Il ramassa sa rapière et s’éloigna en sautant. Je m’étais aussi rapidement éloigné, juste avant que l’épée de l’homme en robe ne frappe le sol.

Ils étaient trois contre un, et l’homme en robe était encerclé.

« Je vous jure, aujourd’hui n’a été qu’une série d’interruptions, » grommela l’homme.

« C’est ce qui arrive quand tu tourmentes cette ville, Shumini, » dit Isaac.

Si l’on se fiait aux autres vampires, Shumini était le nom de leur chef.

« Êtes-vous le cerveau derrière tout ça ? » avais-je demandé.

« J’apprécierais que vous restiez en dehors de cette conversation avec mon ami, humain. Mais vous semblez être un citoyen de cette ville, alors je suppose que je peux vous offrir une explication. Oui, je suis celui qui a plongé cette ville dans les profondeurs de l’enfer. Je suis Shumini Essel, un vampire et chevalier de la rébellion qui sert le grand souverain. »

Il y avait beaucoup de choses que j’aurais pu contester dans sa déclaration. Je n’étais même pas humain, mais ça ne semblait pas utile d’en parler. Je pouvais lui dire que j’étais un monstre, mais je ne pensais pas que cela le convaincrait. Ce n’était pas le personnage le plus sympathique, alors je ne voyais pas l’intérêt de le mentionner. De plus, ce dont il parlait avec le Grand Souverains et les Chevaliers de la Rébellion ne me disait rien. Mais j’avais l’impression qu’il se mettrait en colère si je le lui faisais remarquer, alors je ne savais pas quoi dire. Parler à ce type, c’était comme marcher dans un champ de mines.

Heureusement, Isaac avait parlé pour moi. « Dans ce cas, Shumini, en te détruisant, vas-tu arrêter les thralls ? » demanda-t-il.

« Eh bien, je suppose que oui, mais j’ai d’autres subordonnés. Ils pourraient me remplacer, » répondit Shumini à Isaac, en ayant l’air plus gênés qu’avec moi.

« Ceux du donjon de la Nouvelle Lune ? Ils ont déjà tous été détruits, » avais-je ajouté.

Shumini avait perdu son sang-froid et des veines avaient commencé à apparaître sur son front. Je suppose que j’avais marché sur une mine. J’avais aussi été surpris de constater que les vampires avaient des veines qui pouvaient se gonfler comme ça. On pouvait se demander si leur cœur fonctionnait, mais le sang coulait à travers eux, c’est sûr. Je saignais aussi quand on me coupait, mais ces blessures guérissaient instantanément. Quoi qu’il en soit, il était logique qu’ils aient des veines gonflées.

« Les avez-vous tués ? » avait-il demandé.

La question de savoir s’il était techniquement possible de tuer les morts-vivants plutôt que de les détruire dépendait de la personne à qui vous demandiez et de ses opinions religieuses et morales. Du point de vue d’un vampire, il semblerait qu’il pensait être vivant et qu’ils pouvaient être tués. J’aurais probablement ressenti la même chose si j’avais été détruit, donc je le comprenais. Mais les humains ressentaient les choses différemment.

« Quand nous détruisons les morts-vivants, nous ne disons pas que nous les avons tués, » avais-je déclaré. « Nous les avons purifiés. »

Ça semblait creux quand je l’avais dit, mais c’était la perspective humaine normale. J’étais aussi un monstre, donc j’aurais été offensé si quelqu’un m’avait dit la même chose, mais je me sentais suffisamment en sécurité pour parler ainsi à quelqu’un qui faisait du mal aux humains. J’étais un bon vampire, donc je serais sûrement épargné. Ou peut-être que c’était un vœu pieux.

Inconscient de ce que je pensais, Shumini avait grincé des dents et m’avait lancé un regard furieux. « Comment oses-tu ! » s’était-il exclamé. « Sais-tu ce que tes idées bigotes ont fait aux vampires ? »

Il tremblait de rage. C’était effrayant, mais je l’avais vu venir.

« Shumini, » interjeta Isaac. « Est-ce que tu rêves toujours de créer un monde juste pour les vampires ? Penses-tu vraiment que c’est possible ? »

Les subordonnés de Shumini avaient dit qu’ils créaient une nation, mais cela semblait plus important que cela. Créer un monde uniquement pour les vampires signifiait sans doute éliminer les humains qui le dominaient. De toute façon, ce sont surtout les humains qui considéraient les vampires comme une opposition. Les elfes et les nains étaient aussi considérés comme des humains, mais ils étaient traités comme une sous-espèce, et ils faisaient rarement de la discrimination envers les autres créatures. J’avais entendu dire que les elfes et les nains ne s’entendaient pas très bien entre eux, mais ce n’était pas tant de la discrimination qu’une différence de disposition.

« Ce n’est pas un simple rêve, Isaac, » répondit Shumini. « Je t’ai dit que la victoire est à portée de main. Tout ce qui n’était qu’un rêve est maintenant possible. Je veux juste partager un peu de cette joie avec toi. »

« J’ai l’impression de me répéter, mais ça ne m’intéresse pas. Quitte cette ville. Si tu le fais, je ne te poursuivrai pas. »

Cette dernière partie était surprenante à entendre. On aurait dit que ces deux-là étaient amis, qu’ils se connaissaient depuis longtemps. Je m’étais demandé si Isaac pouvait aussi être un vampire. J’avais déjà eu des soupçons, mais Isaac ne dégageait pas l’aura d’un vampire. Shumini, d’un autre côté, l’avait fait. Je ne savais pas si Isaac avait une façon spéciale de le cacher, ou s’il y avait une raison totalement différente pour laquelle ces deux-là se connaissaient.

Mais il semblait clair qu’Isaac s’opposait à Shumini et avait l’intention de défendre Maalt. C’était suffisant. Je regardais les gens en fonction de leur position, pas de leur espèce. C’est ainsi que j’espérais que les autres me traiteraient. Cependant, même si Isaac et moi ne chassions pas Shumini de Maalt, Nive n’abandonnerait jamais. Mais j’avais décidé de ne pas lui dire. Il le savait probablement de toute façon et avait ses propres contre-mesures.

« Après tout cela, je ne me laisserais pas avoir aussi facilement, » dit Shumini, comme prévu. « En tout cas, je vois qu’il ne sert à rien de te parler. Très bien, alors je renonce à toi, Isaac. Si c’était possible, j’aurais aimé pouvoir te confier le reste. »

« De quoi parles-tu ? » demanda Isaac en penchant la tête.

Cependant, Shumini avait soudainement sorti un couteau de sa robe et l’avait brandi. Le couteau était noir de la poignée à la lame, et j’avais senti une forte présence. Il avait pointé la lame non pas vers nous, mais vers lui-même. « Je vais compenser ce qui me manque en m’utilisant comme sacrifice ! Adieu, Isaac ! » Il cria et enfonça le couteau dans sa poitrine. Des fissures avaient commencé à se répandre sur son corps, divisant sa peau pâle en écailles. Une lumière bleue brillante brillait à travers les fissures.

« Shumini, » marmonna Isaac, mais ce n’était pas le moment de s’inquiéter pour lui.

« Rentt, ça s’annonce mal ! » cria Lorraine. « Nous devrions courir. »

Il semblait vraiment que quelque chose était sur le point d’exploser. Si on en arrivait là, je ne pouvais pas imaginer l’ampleur de l’explosion, mais il semblait qu’Isaac savait quelque chose.

« Isaac ! Qu’est-ce qui se passe ? » avais-je demandé.

« Je ne sais pas, » dit-il. « Je dirais simplement qu’il vaudrait mieux partir d’ici. Allons-y. »

Nous avions couru vers la sortie. En sortant de la pièce, nous avions entendu une forte détonation et senti une forte rafale nous projeter en avant. Il ne faisait pas chaud. On n’aurait pas dit qu’une bombe avait explosé, mais quelque chose dans ce vent nous avait profondément écœurés. C’était comme un vent tiède pendant l’été. Mais bien que ce soit désagréable, je ne m’étais pas senti affecté négativement par ce vent.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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