Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 7 – Chapitre 1 – Partie 1

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Chapitre 1 : Vistelya, la capitale

Partie 1

La foule avait afflué aux portes de la capitale. C’était tout naturel. Le royaume de Yaaran, aussi petit soit-il, était encore un pays à part entière, et il devait recevoir un nombre important de visiteurs. Cependant, en tant que pays moins avancé, leur sécurité était insuffisante à certains endroits.

« Où sont vos papiers d’identité ? » demanda l’un des gardes de la porte à un homme qui faisait la queue devant nous. Ses vêtements étaient usés, un chapeau de paille était posé sur sa tête, et il portait des légumes enveloppés dans du tissu. Il avait l’air de venir d’un petit village.

« Oh, euh, je n’ai rien de tout cela, » dit-il, mais son accent était épais et difficile à analyser.

Le garde semblait cependant y être habitué. Il soupira, secoua la tête et demanda. « D’où venez-vous ? »

« Je viens de Yanga. Je suis venu en ville pour vendre ça. » L’homme avait ouvert le tissu pour montrer ses légumes, affirmant qu’il ne possédait rien de suspect.

« Je pense que tout est en règle. Passez, » déclara le garde d’un signe de tête, en le laissant entrer par la porte.

« Pensez-vous qu’il aurait dû faire cela ? » demanda Lorraine. « Il aurait pu facilement cacher du matériel illégal à l’intérieur de ces légumes. » Elle jugeait en fonction de son point de vue de citoyenne de l’Empire.

« Je ne sais pas. Je suis sûr que c’est bien. Lorsque vous entrez dans le quartier aristocratique près du château, ils effectuent apparemment une inspection plus stricte. En outre, les gardes ont des chiens qui sentiraient probablement tout ce qui est illégal, » avais-je dit en regardant autour de moi, sans savoir si j’avais raison ou non. En vérité, les aventuriers plus âgés m’avaient toujours dit à quel point la sécurité de la capitale était laxiste. Ils semblaient avoir raison.

« Je suis impressionnée qu’ils aient tenu si longtemps sans être détruits par les nations environnantes, » marmonna Lorraine.

« Ce n’est pas comme si la destruction de Yaaran était d’une grande utilité. Ils pourraient étendre leur territoire, peut-être, mais il n’y a guère de terres décentes par ici, » répondis-je.

Certaines des villes de Yaaran étaient en fait assez grandes pour mériter d’être attaquées, mais les autres pays de la région n’étaient pas très différents d’une terre vierge. Ils étaient trop décontractés pour s’engager dans le genre de luttes de pouvoir grandioses qui se déroulaient au centre du monde. Peut-être n’étaient-ils pas si décontractés que ça, mais ils étaient vu ainsi si on les compare aux lois et règlements stricts de l’Empire. Ce n’est pas pour rien que ces pays n’étaient pas l’un des acteurs majeurs sur la scène mondiale.

« Suivant ! » dit le garde, alors je m’étais levé. Il avait jeté un coup d’œil à mon visage. « Avez-vous une pièce d’identité ? » demanda-t-il, sans mentionner mon masque. Beaucoup de gens avaient des visages blessés qu’ils voulaient cacher, et ce garde était évidemment assez poli pour ne pas poser de questions. Je lui avais montré la carte d’identité où figurait mon nom, Rentt Vivie. « Je vois, un aventurier ? Et qu’est-ce qui vous amène dans la capitale ? »

Pour être honnête, je n’avais aucune raison d’être ici, si ce n’est que je suis venu avec un groupe qui s’est immédiatement séparé. « Je suis ici pour voir la ville, » avais-je dit, faute d’une meilleure excuse. « Je fais du travail d’aventure dans une autre ville, mais je veux éventuellement travailler dans la capitale, donc je me suis dit que je devrais aller voir. »

« Je vois. Êtes-vous de rang Bronze ? Une fois que vous aurez atteint la classe argent, vous devriez être plus que capable de travailler dans la capitale. Continuez à travailler. Très bien, vous pouvez passer ! » dit le garde en me tapotant l’épaule.

Il semblait prendre son travail au sérieux, mais pour autant que je sache, il ne tenait aucun registre des allées et venues. Je devais supposer qu’il en tenait pour ceux qui se rendaient dans le quartier aristocratique, mais peut-être que noter les noms de tous ceux qui entraient dans la ville extérieure prenait trop de temps. Cela semblait un peu négligent, mais Yaaran était ce genre de pays.

Après avoir terminé, Lorraine avait aussi été interrogée par le garde. J’étais déjà assez loin d’eux, mais mes oreilles de vampire étaient assez fortes pour les entendre clairement.

« Où sont vos papiers d’identité ? » demanda le garde, alors Lorraine présenta une pièce d’identité de l’Empire. « Vous êtes de l’Empire ? » déclara le garde avec beaucoup de respect.

L’Empire était loin de Yaaran, mais tout le monde savait qu’il s’agissait d’une grande et puissante nation. En tant que citoyen de Yaaran, je pouvais voir pourquoi il aurait du mal à tenir tête à un visiteur de l’Empire. Un seul faux pas pourrait déclencher une guerre.

« Oui, mais ne vous en faites pas. Je ne suis là que pour voir les curiosités. Ça ne vous dérange pas de me laisser passer, n’est-ce pas ? » demanda Lorraine avec confiance.

« Bien sûr que non. Sachez simplement que, quel que soit votre pays d’origine, vous n’avez pas le droit de causer des ennuis, » affirma le garde, tout en conservant une certaine fierté.

« Je sais, je serai correct. Adieu, » dit Lorraine, qui s’approcha de moi. « Ce garde est un peu trop humble pour son propre bien. »

« Oui, probablement. Mais personne de l’Empire ne vient à Yaaran. C’est comme ce que Riri et Fahri ont ressenti quand nous leur avons rendu visite depuis Maalt. »

« Parce que je viens d’une métropole ? Je ne suis même pas particulièrement citadin par rapport à d’autres dans l’Empire, mais bon. Nous voici dans la capitale, alors autant jetés un coup d’œil. Y a-t-il un endroit en particulier où tu aimerais aller voir ? »

« Je suppose que je veux vérifier la guilde. Mais peut-être que je ne devrais pas, » déclarai-je.

Le simple contrôle d’identité à l’entrée était une chose, mais si je me rendais au siège de la guilde habillée comme ça, je devais imaginer qu’ils en garderaient une trace. Non pas que les robes et les masques soient si rares, mais mon masque faisait plus pour décourager les gens vu qu’il ressemblait à un crâne.

« Et si tu changeais la couleur de ta robe et que tu couvrais le masque avec un tissu ou autre chose ? » suggéra Lorraine. « Je peux changer la couleur avec de la magie. Cependant, ta robe est très résistante à la magie, donc je ne sais pas si même la surface sera affectée. »

Au moins, si je leur rendais visite en ressemblant à cela, ils pourraient ne pas me reconnaître la prochaine fois. Cela valait la peine d’essayer, et nous ne pouvions tout simplement pas rendre visite à la guilde si cela ne marchait pas, alors nous nous étions dirigés vers une ruelle vide.

 

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« Je pense que ça va le faire. Pas mal, non ? » déclara Lorraine. Heureusement, la magie semblait au moins opérer sur la surface de la robe, donc la couleur avait été changée partout. Elle était noire comme le vide avant, mais maintenant elle avait une base violette avec un motif compliqué et fantaisiste dessiné sur le dessus.

« Je ne savais pas que tu avais un don pour la création de vêtements, Lorraine. » Je pensais qu’elle allait juste faire la robe rouge ou jaune ou quelque chose comme ça, pas lui donner un design approprié.

Lorraine avait secoué la tête. « Je n’en ai pas. Ce genre de vêtements est très populaire dans la capitale impériale depuis quelque temps. Je ne les porte pas, mais ils semblaient appropriés pour l’occasion. »

Si ce style était important dans la capitale impériale, cela en faisait le style le plus avant-gardiste du monde. Yaaran ne le connaîtrait pas encore. Peut-être que je pourrais me pavaner et faire comme si j’étais branché et à la mode. Ce n’était pas mon genre, mais il y avait un bon moment pour tout.

Des pensées étranges me traversaient l’esprit jusqu’à ce que Lorraine dise quelque chose pour me ramener à la réalité. « Bref, on va au siège de la guilde ou pas ? »

« Oh, c’est vrai. En parlant de ça, ne devrais-tu pas faire quelque chose toi aussi ? Contrairement à moi, tu es déjà passée par là plusieurs fois, n’est-ce pas ? » demandai-je.

Lorraine était une aventurière de classe argent, elle pouvait donc prendre des emplois en escortant des clients de Maalt à la capitale. Il y avait aussi des matériaux d’alchimie qui ne pouvaient pas être obtenus à Maalt, alors elle se rendait occasionnellement à la capitale pour ceux-ci. Bien entendu, elle se rendait au siège de la guilde pendant ces visites, ce qui pouvait poser des problèmes si elle y allait sans déguisement.

« Je ne sais pas, que penses-tu de cela ? » dit-elle en se jetant un sort. Soudain, elle avait dégagé une tout autre vibration. Ses cheveux étaient ondulés, et elle avait un maquillage qui mettait fortement en valeur ses traits. Elle portait aussi des lunettes, mais cela ne faisait qu’améliorer son allure. Même ses vêtements n’étaient plus la robe démodée qu’elle portait habituellement, elle avait été remplacée par des vêtements tape-à-l’œil, monnaie courante dans les grandes villes. Ces vêtements étaient probablement aussi populaires dans la capitale impériale. Je n’avais jamais rien vu de tel à Yaaran, mais même moi je pouvais dire que c’était une mode raffinée. Mon impression générale était qu’elle ressemblait à une riche et puissante magicienne d’âge inconnu qui avait peut-être une ou deux manies. J’avais l’impression que si vous vous approchiez d’elle, vous ne seriez plus que des os, comme moi il y a deux ou trois ans.

 

 

« C’est assez, euh, différent. La magie d’envoûtement a des applications diverses, » avais-je dit.

Les sorts destinés à changer d’apparence ou de vêtements étaient généralement appelés magie d’envoûtement ou magie de transformation. Ils n’étaient pratiquement d’aucune utilité lorsque vous les avez appris pour la première fois, mais à mesure que vous les maîtrisiez, leur utilisation allait s’accroître en fonctionnalité. À la fin, vous pouviez tout changer dans votre apparence, y compris votre taille. Il était aussi crucial pour les magiciens de scène que la magie d’illusion, mais il était assez difficile de changer toute votre apparence pendant une période prolongée, donc cela se limitait à bricoler des tenues pour la plupart. Lorraine, cependant, s’était complètement relookée. Plutôt que d’être une érudite ou une aventurière, je pense que ses talents auraient pu lui offrir de plus grandes possibilités en tant qu’artiste.

Mais Lorraine avait secoué la tête. « De quoi parles-tu ? Je n’utilise pas de magie d’envoûtement. J’ai juste changé de vêtements et de coiffure, et je me suis maquillée, » dit-elle.

Je n’avais pas vu comment c’était possible, alors je l’avais regardée droit dans les yeux. « Oh, c’est vrai. Rien d’autre n’a changé, » avais-je dit. Sa couleur de cheveux n’avait pas du tout changé, bien qu’elle ait été coiffée de façon plus extravagante. La magie avait accéléré le processus, mais elle avait en fait physiquement changé d’apparence. « Une véritable transformation. Incroyable. »

« S’il te plaît, je sais comment m’habiller si je veux, » déclara Lorraine.

« Je ne dis pas que tu ne peux pas. Je veux dire que tu as un joli visage, je sais que tu peux être magnifique si tu le veux. J’ai juste pensé que tu ne pensais pas que cela en valait la peine, donc je suis impressionné. Hé, qu’est-ce qui ne va pas ? » Je le lui avais demandé ainsi. Pour une raison quelconque, elle m’avait tourné le dos pendant que je parlais. Peut-être que j’avais dit quelque chose de mal, mais je ne pense pas avoir dit quelque chose de si problématique ? Je me souvenais que des aventuriers de Maalt avec des femmes ou des petites amies me disaient qu’il ne fallait jamais dire à une femme qu’elle avait l’air si différente avec ou sans maquillage, alors peut-être que c’était ça.

« Oh, ce n’est rien de particulier. Allons à la guilde, » dit Lorraine, qui s’éloignait.

Je suppose qu’elle n’avait pas été particulièrement blessée, à en juger par le son de sa voix. Au contraire, elle avait l’air un peu vive. Je ne savais pas de quoi il s’agissait. Elle avait dit que ce n’était rien, alors j’avais décidé de ne pas poser de questions.

J’étais passé à côté de Lorraine en quittant l’allée, et contrairement à ce qui s’était passé quand nous étions entrés, j’avais remarqué que nous recevions des tonnes de regards. Je pensais que leur attention était attirée par la beauté éclatante de Lorraine, mais les magiciens semblaient me regarder. Cela avait probablement un rapport avec la façon dont nous portions la dernière mode. Nous devions nous démarquer, mais si c’était juste nos vêtements qu’ils regardaient, alors nous étions encore en sécurité. Ce serait mauvais si nous causions des problèmes, mais je n’avais pas eu ce sentiment.

Nous étions arrivés à la guilde. Elle était beaucoup plus grande que celle de Maalt, alors le simple fait de me tenir devant elle me faisait frissonner. Après une décennie d’efforts, je n’avais jamais pu arriver ici. D’étranges circonstances m’avaient maintenant amené à cet endroit, mais j’étais quand même heureux d’avoir la chance de la visiter.

« Allons à l’intérieur, » déclara Lorraine, qui avait poursuivi son chemin. Je l’avais suivie.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

  2. Déjà 3 ans depuis le début de l'histoire ? Le temps passe vite.

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