Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 4 – Chapitre 1 – Partie 5

***

Chapitre 1 : Au Labyrinthe de la Nouvelle Lune

Partie 5

Et maintenant qu’il était temps de procéder à la dissection, les soldats orcs devaient être démantelés de façon adéquate. Étant donné que ces orcs étaient au-dessus de leurs frères orcs normaux, le goût de leur chair était presque garanti d’être tout aussi de haute qualité.

On ne rencontrait habituellement les soldats orcs qu’à l’extrémité finale du deuxième étage, ou au troisième étage de ce donjon. Alors pourquoi trois de ces monstres apparaîtraient-ils ici de tous les endroits… ? Tout bien considéré, je suppose que ce n’était pas impossible. Peut-être qu’ils avaient évolué comme moi, avec le temps et l’expérience. C’était du moins l’hypothèse logique.

Il en va de même pour leur équipement et leurs armes. Cela avait peut-être été récupéré sur des aventuriers morts. Après tout, les orcs avaient un certain degré d’intelligence, alors ils en seraient capables.

En retirant les pièces d’équipement métallique des carcasses orcs, j’avais rapidement pris conscience des nombreuses quantités de points de suture sur les corps. En outre, il semble que des trous aient été percés dans certaines parties des carcasses. Si les orcs n’avaient pas évolué, ils auraient pu remonter d’un étage plus profond. Mais la probabilité d’une telle chose était plutôt faible. Les monstres des donjons n’étaient pas connus pour s’éloigner des étages auxquels ils appartenaient, et encore moins pour se déplacer librement vers d’autres étages.

Le concept de ce qu’était un étage était cependant une définition essentiellement humaine. Ainsi, la séparation entre un étage et un autre pouvait parfois être vague. Il fallait aussi tenir compte des actions des monstres en question. C’était peut-être par souci territorial ou pour une autre raison inexplicable, mais la plupart des monstres des donjons se limitaient à une certaine amplitude de mouvement — ce que les gens définissent comme des « étages ». Il n’y avait aucun cas connu démontrant des créatures errant en dehors de cette zone apparemment prédéterminée. En fait, dans certains cas, la division entre les étages était visible à l’œil nu. Les monstres se comportaient comme s’ils ne pouvaient pas voir une telle division du tout, et agissaient de la même manière.

Les soldats orcs dans le Donjon de la Nouvelle Lune, à leur tour, vivaient principalement aux quatrième et cinquième étages, et ils n’étaient pas connus pour quitter ces zones. Il y avait des exceptions, bien sûr, où dans de rares cas, un monstre pouvait franchir cette limite, ou d’une manière ou d’une autre traverser entre les étages, pour finir sur un étage sensiblement différent de son habitat normal. Les orcs que nous venions de rencontrer avaient peut-être très bien fait quelque chose de semblable.

Dans certains cas, un phénomène appelé « horde » ou « vague déferlante » pouvait se produire, provoquant le déversement de monstres à l’intérieur d’un donjon vers l’extérieur de ses limites. À moins que quelque chose de ce genre ne se produise, les monstres quittant leurs étages étaient tout à fait anormaux. L’observation de monstres provenant d’étages inférieurs comme celui-ci était souvent considéré comme une prémonition, un indicateur d’une horde ou d’une vague déferlante imminente. Je suppose qu’il y avait une part de vérité là-dedans, alors j’avais fait une note mentale pour informer à mon retour la guilde de ce que j’avais vu. Ce n’était pas obligatoire, bien sûr, mais je devrais au moins en parler à Sheila.

Dans tous les cas, il ne s’agissait pas du tout d’une situation catastrophique. Si une horde était effectivement sur nous, les signes seraient beaucoup plus visibles. On disait que les hordes se produisaient une fois tous les dix ans ou tous les vingt ans, et la dernière fois qu’une horde se produisait, même moi, j’avais été forcé de participer à la défense de Maalt. Je ne savais pas grand-chose d’autre, étant donné que je n’étais pas à la périphérie d’un donjon à l’époque.

Cependant, d’après les rumeurs que j’avais entendues, des monstres d’étages relativement profonds avaient été trouvés errants au premier étage. La vague s’était produite environ deux jours après cette observation. Ainsi, même si ce dont je venais d’être témoin était un signe d’une vague imminente, cet événement ne se produirait pas avant au moins une semaine, sinon même un mois. Le temps était un luxe que nous avions. Si un tel événement devait se reproduire, je n’avais qu’à me joindre aux autres pour la défense de Maalt, ce qui devrait suffire à empêcher la ville de subir d’énormes pertes. C’est ainsi que Maalt avait survécu à tous les événements passés.

Quoi qu’il en soit, il y avait quelque chose d’autre que je devais faire maintenant — à savoir, la collecte de ressources

Armes et équipements pour Alize…, pensai-je

Je m’étais remémoré de la liste de Lorraine. Les matériaux qu’elle avait demandés étaient des cristaux magiques de monstres habitant le troisième étage, ou plus profonds, et des matériaux en bois d’un Ent Jyulapus. Bien qu’il existe de nombreux types de focalisateurs magiques, le plus célèbre d’entre eux est sans aucun doute la baguette. C’était aussi plus rapide à fabriquer, ce qui était plus que suffisant pour les débutants dans l’art.

Éventuellement, Alize pouvait avoir besoin de focalisation raffinée, telle qu’une bague ou un bracelet, mais la fabrication de tels objets nécessiterait une quantité généreuse de pièces de monnaie. En raison de la nature complexe de la fabrication des focalisations complexes, Lorraine s’était contentée de la baguette, ce qui était suffisant pour nos besoins maintenant, du moins m’a-t-on dit.

Bien que nous avions pris Alize comme disciple, il n’y avait aucune garantie qu’elle devienne une aventurière. Il vaut mieux ne pas l’endetter inutilement. Tant que j’irai chercher des cristaux magiques et des matériaux au troisième étage ou plus profonds chez un Ent Jyulapus, Alize pourrait très bien être capable de fabriquer elle-même les focalisateurs nécessaires.

La principale considération dans toute cette affaire était de savoir si je pouvais même faire tomber un Ent Jyulapus… Je n’aurais jamais affronté ce monstre seul. J’avais fait la lecture adéquate chez Lorraine, en plus de lui faire répondre à toutes les questions sur les capacités du monstre, mais il ne m’avait pas fallu longtemps pour réaliser que ce n’était pas un adversaire facile. Tandis qu’il était assez simple de traiter avec des monstres forts, mais simples comme les orcs, l’Ent Jyulapus était une sorte d’élémentaire du bois, donc ce n’était pas facile de trouver une stratégie pour y faire face. J’étais équipé d’un corps et d’un physique de non-mort, et je ne devais pas souffrir de trop nombreux effets néfastes, mais même ainsi, je ne pouvais pas vraiment mesurer la difficulté de la rencontre avant de l’avoir combattue moi-même.

J’avais continué à réfléchir à la question pendant que mes mains bougeaient, disséquant carcasse après carcasse. Avant même de m’en rendre compte, j’avais déjà fini. Les cristaux magiques avaient été récoltés, et les coupes nettes de viande orc pour l’autoconsommation et la vente étaient clairement marquées, emballées et placées dans ma poche magique. Si je surchargeais mon sac maintenant, je n’aurais plus de place pour les matériaux des Ents Jyulapus plus tard, sans parler des autres matériaux que je pourrais trouver sur le chemin… J’avais donc fini de rassembler le dernier matériel dont j’avais besoin.

« Nous devrions y aller, Edel, » dis-je, en repartant une fois de plus dans le donjon.

Ensuite, c’était le troisième étage. Rester prudent tout en continuant était la seule pensée singulière dans mon esprit pendant que j’avançais.

◆◇◆◇◆

« … Peut-être encore plus gênant que le voile de la nuit du deuxième étage…, » avais-je dit en entrant au troisième étage.

S’étirant devant mes yeux s’étendait ce qui semblait être un océan infini d’arbres. En levant les yeux, nous pouvions voir qu’il y avait une source de lumière par le haut, avec de petits fragments de lumière qui avaient réussi à s’échapper à travers la verdure. Ce n’était pas du tout brillant, car le chemin sur lequel Edel et moi avancions avait autant d’illumination qu’une petite torche pouvait en fournir. Sans parler du fait que notre environnement était d’une noirceur vraiment sombre. Les arbres qui nous entouraient, qui étaient devenus si grands, avaient fini par bloquer la plus grande partie de la lumière d’en haut. Malgré tout, ce n’était guère un problème pour Edel et moi, car nous avions tous les deux des yeux plus aptes à voir dans l’obscurité.

Le problème était tout autre : les branches de ces immenses arbres poussaient et se répandaient dans toutes sortes de directions, obscurcissant notre vue. Peu importe si nous pouvions bien voir la nuit, le fait d’avoir une obstruction matérielle réelle qui bloquait notre champ de vision était tout autre chose. Bien que nos yeux aient aussi la capacité d’identifier une créature vivante par sa température corporelle, cette capacité semblait aussi très inadaptée à cela, donc il ne semblait pas y avoir d’utilité pour elle.

« Kii kii kii !! »

Une voix avait retenti derrière nous. Par réflexe, j’avais dégainé ma lame. Quelque chose était descendu sur le sol de la forêt à l’endroit même où nous nous trouvions il y a quelques instants.

C’était… ce qui semblait être un singe.

C’était un monstre mince, pas particulièrement grand, communément connu sous le nom de Kesem Kofu. Beaucoup vivaient à cet étage particulier. Leur population était nombreuse, tout comme les slimes et les gobelins au premier étage.

Mais on ne peut pas vraiment considérer ces monstres comme faibles. C’était le troisième étage, donc les monstres ici étaient assez rusés. On ne pouvait plus se hisser au sommet simplement en se précipitant la tête la première dans une rencontre, l’épée tirée.

« … Hunh ! »

En tirant mon épée et en me tournant vers le Kesem Kofu devant moi, j’avais senti une présence derrière moi, et j’avais immédiatement baissé la tête. Un léger mouvement d’air m’avait alerté du fait que quelque chose venait de passer au-dessus de ma tête. En me retournant, j’avais vu une autre bête suspendue à l’envers à une vigne, les griffes prêtes. Il avait essayé de me frapper à la tête quelques instants auparavant. Ayant échoué une fois, le monstre semblait comprendre qu’une deuxième attaque perdrait l’élément de surprise. Le Kesem Kofu grimpa avec agilité sur la vigne sur laquelle il était descendu, et il se perdit bientôt dans la canopée.

En me concentrant, j’avais vite remarqué la présence de nombreux êtres autour de nous. Il semblerait que le Kesem Kofu n’ait pas attaqué seul — nous l’avions compris très clairement.

« Fais attention à toi, Edel, » dis-je, seulement pour recevoir une note mentale similaire de mon familier.

Considérant qu’Edel était une souris, et ne ressemblait probablement à rien d’autre qu’une collation pour les singes de cet étage, j’avais trouvé sa réponse suffisamment rassurante.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

Laisser un commentaire