Nozomanu Fushi no Boukensha – Tome 3 – Chapitre 4 – Partie 6

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Chapitre 4 : Artisanat magique

Partie 6

Bien que nous ayons longuement parlé d’enseigner à Alize les bases de l’aventure, il y avait d’abord quelques articles que nous devions obtenir.

Les leçons de magie de Lorraine ne nécessitaient qu’Alize elle-même, le manuel que Lorraine avait écrit pour elle, et la tutelle de Lorraine. Par contre, un cours de courte durée sur les rudiments de l’aventure exigeait divers outils, instruments et équipements. Étant donné qu’Alize avait la chance d’avoir une réserve de mana, elle pouvait se battre comme une mage si elle le décidait, mais l’aventure n’était pas si simple. Alize aurait des difficultés si ses réserves s’asséchaient au milieu de la bataille, ou si elle avait rencontré un monstre qui reflétait ou était immunisée contre les sorts. C’était mieux pour elle d’avoir d’autres moyens de défense.

Même les aventuriers mages avaient besoin d’un certain degré de prouesses martiales, ainsi que d’endurance physique. Lorraine n’avait pas fait exception, car elle était suffisamment entraînée pour gérer des situations où sa magie ne pouvait pas être utilisée efficacement. C’est précisément pour cette raison qu’Alize avait besoin du même degré d’entraînement, sous une forme ou une autre d’arts martiaux.

L’entraînement d’un aventurier consistait principalement à se rendre dans des labyrinthes ou à la périphérie des villes et à découvrir les monstres qui y vivaient, ou à comprendre où certains matériaux pouvaient être récoltés. Si les connaissances acquises dans les livres et les études étaient importantes, l’application pratique l’était aussi, ne serait-ce que pour mieux comprendre comment appliquer ses connaissances. Les aventuriers qui s’étaient livrés à leurs activités sans comprendre ces applications étaient souvent, au mieux, inefficaces.

Avec toutes ces pensées en tête, le plan d’action suivant était simple : Alize avait besoin d’une arme. Comme elle était orpheline et qu’elle vivait dans un orphelinat, Alize n’aurait que peu de biens personnels et encore moins d’armes de toutes sortes. Je devais lui fournir l’objet, et il fallait de l’argent pour cette tâche. Heureusement, une débutante comme Alize n’avait pas besoin d’une arme coûteuse. Malgré tout, elle avait besoin d’une sorte d’arme, et j’étais plus que disposé à lui en offrir une. Cependant, Alize, étant la personne qu’elle était, ne serait guère d’accord avec une telle chose, secouant la tête et refusant catégoriquement. Au contraire, Alize exigerait que le coût de l’acquisition de l’arme soit ajouté à son compte.

Alize aurait besoin d’une arme relativement bien forgée, mais abordable. À cette fin, des fonds étaient nécessaires, mais ma situation à cet égard faisait quelque peu… défaut. Il y avait, bien sûr, la pièce que je n’avais pas encore reçue de Laura, parce que je n’avais pas encore livré de fleurs, en plus de tout le matériel que j’avais vendu jusque-là et qui avait été utilisé pour mon propre équipement et mes propres armes. J’avais aussi utilisé une somme douloureusement importante pour acheter une poche magique de grande capacité. Pour empirer les choses, j’avais acheté un étui sur mesure pour mon modèle de dirigeable dans le feu de l’action — maintenant que j’y avais pensé, ce n’était peut-être pas un achat particulièrement judicieux. Compte tenu de ma situation financière actuelle, je n’étais pas en état de payer l’arme d’Alize, et encore moins les frais pour les cours que je devais encore à Lorraine.

Cependant, j’avais mes plans en ce qui concerne l’argent, ou mon manque d’argent.

Il y avait un matériel que je n’avais pas encore vendu — mais bien sûr ! Je parle de la Tarasque. J’avais reçu un avis de la guilde il y a quelque temps, m’informant qu’il y avait certaines discussions à avoir au sujet de la carcasse. Si je devais le deviner, les matériaux avaient finalement été vendus, avec cela, le long hiver dans ma bourse vide serait enfin terminé.

Avec une mélodie sur les lèvres, j’avais fait un signe de la main à Lorraine avant de franchir les portes de sa demeure.

« Ne te l’auraient-ils pas simplement dit si la chose s’était vendue, Rentt ? Une discussion, cependant… Ce n’est pas vraiment une déclaration typique. Quoi qu’il en soit, prends soin de toi au fur et à mesure que tu vas de l’avant, » déclara Lorraine.

C’était peut-être juste son imagination. Il n’y avait pas besoin d’une conversation aussi désagréable.

Sans plus attendre, je me dirigeais joyeusement vers la Guilde des Aventuriers.

 

◆◇◆◇◆

« Ah, Monsieur Rentt ! »

La voix de Sheila avait retenti dès que j’étais entré dans les couloirs de la guilde. On aurait dit qu’elle m’attendait depuis tout ce temps et qu’elle voulait que je la suive.

Combien, exactement, cette carcasse et ses matériaux se vendaient-ils ? Ça valait une sacrée somme, n’est-ce pas ?

Sheila s’était approchée de moi alors que je me perdais dans mes pensées de richesses potentielles.

« La Tarasque s’est vendue, non ? Combien ça a rapporté, Sheila ? » demandai-je.

Sheila ne me regardait que d’un air surpris. « Oh… ? Rentt… Tu parles si… en douceur, maintenant… »

En y repensant, Sheila n’avait pas encore vu ma forme évoluée. Dans son esprit, je devrais encore être un cadavre chancelant.

Déplaçant mon masque pour qu’il montre la moitié inférieure de mon visage, j’avais enlevé mon chapeau, répondant sans mot à sa question. Les yeux de Sheila s’élargirent à la vue.

« Eh… ? Rentt, est-ce que c’est... Comment appelles-tu ça ? Tu as évolué, n’est-ce pas ? » demanda Sheila, d’une voix plus douce que d’habitude. « Évolué » en particulier avait été dit en chuchotant un peu.

« Oui, » j’avais hoché la tête. « Juste la veille. Selon Lorraine, je suis maintenant… Une sorte de petit vampire. J’ai l’air d’un humain maintenant, oui. Cependant, juste un peu pâle. »

Sheila avait ri nerveusement face à mon explication avant de lentement hocher la tête.

« Oui, il y a un manque de… couleur, à ton visage. Mais tu ressembles à ce que tu étais dans la vie, Rentt. Ah… ta peau est aussi… si lisse, » déclara Sheila.

« Oui, Lorraine l’a aussi dit. C’est un étrange effet secondaire…, » déclarai-je.

« Hmm… En regardant cette… douceur, Rentt. Ça me donne envie de devenir comme toi… juste un peu…, » déclara Sheila.

Les questions de teint semblaient toujours être le sujet de prédilection des dames, si l’affirmation quelque peu troublante de Sheila était quelque chose qui allait de soi.

J’avais lentement secoué la tête. « N’y pense même pas, Sheila. J’ai commencé à partir d’une pile d’os, si tu t’en souviens. »

C’était la première étape à partir de laquelle j’avais évolué, après tout. S’il y avait d’autres moyens, je ne les connaîtrais pas.

Avec ce corps qui n’arrêtait pas de claquer, j’avais continué à vaincre des monstres, devenant lentement un cadavre desséché, puis un cadavre avec de la viande suspendue dessus… pour finalement devenir un Petit Vampire après avoir miraculeusement obtenu du sang de Vampire. Même moi, j’avais compris que c’était un chemin extrêmement difficile.

Peut-être que j’avais eu de la chance que ça se soit si bien passé. Même si une personne était compétente, il fallait ne partir de rien au tout début. Peut-être que c’était la partie la plus difficile.

Sheila semblait comprendre mon raisonnement tacite.

Je comprends. Que ferais-je même si je devenais vraiment comme toi ? C’est ce que j’aurais aimé demander, mais… ce serait inapproprié.

« Ah, oui, » continua Sheila. « Puisque tu ressembles plus ou moins à ton être humain, que voudrais-tu faire de tes vieux enregistrements ? Tu pourrais continuer en tant que Rentt Faina… Ou préfères-tu continuer en tant que Rentt Vivie… ? »

Une question valable, cependant, il n’y avait qu’une seule réponse que je pouvais donner :

« On devrait de toute façon continuer à utiliser Rentt Vivie, » répondis-je.

« Pourquoi est-ce que c’est comme ça ? » Sheila semblait un peu perdue par ma réponse soudaine et rapide.

« C’est très simple, Sheila. Pour commencer, ce masque ne s’enlèvera pas… et il y a la question de savoir pourquoi Rentt Faina aurait un tel masque. Ensuite, il y aurait la question de mes… capacités accrues. Si on me demandait soudainement d’expliquer toutes ces choses… Eh bien, ce serait difficile, » répondis-je.

Il y avait toujours une option encore plus simple : je pouvais leur dire que j’étais devenu un monstre. Même si c’était un argument convaincant, je serais quand même traqué et exécuté sommairement, donc, au bout du compte, ce n’était pas la meilleure solution. Tant que je ne pouvais pas dire que j’étais humain sans l’ombre d’un doute, il serait assez difficile de se faire appeler « Rentt Faina » dans la ville de Maalt. Trop de gens me connaissaient ici.

« Je vois… Alors, Rentt. Je m’occuperai de tes demandes et de tes missions comme demandé à partir de maintenant. Ah, oui… Il y avait aussi la question dont nous devions discuter…, » déclara Sheila.

« C’est vrai. La Tarasque, oui ? Je me demande si elle s’est vendue pour une bonne somme…, » déclarai-je.

Mes attentes avaient vite été brisées en deux par les paroles de Sheila.

« Hein ? Non, ça ne s’est pas vendu du tout, Rentt. Il ne s’agit pas de cela — comme nous l’avons dit, d’une discussion ! En tout cas, s’il te plaît, suis-moi dans la salle de dissection…, » elle avait parlé avec une légère expression de surprise.

Mais… qu’en est-il de mes finances… ?

J’avais peut-être compté mes poulets bien avant qu’ils n’éclosent…

Il n’y avait rien que je pouvais faire maintenant, alors j’avais donné à Sheila la meilleure réponse que je pouvais trouver pendant que je hochais la tête :

« Ah… Ah. Oui. C’est vrai, » déclarai-je.

J’avais suivi Sheila avec un sentiment de déception imminent.

 

◆◇◆◇◆

« Oh ! Alors vous êtes passé, hein. »

Dario nous avait accueillis à l’entrée avant les pièces de dissection. Il semblait que Dario avait attendu un peu trop longtemps pour me voir, et je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qui s’était passé pendant la vente de la carcasse. D’après le comportement de Sheila, et d’après ce qu’elle venait de dire, il était difficile d’imaginer que les matériaux Tarasque avaient même été vendus.

« S’est-il passé quelque chose ? » avais-je demandé, en regardant Dario, le maître en dissection de la guilde.

« Eh bien. Vous feriez mieux d’entrer, » déclara-t-il en nous faisant signe d’entrer dans l’établissement en se tournant.

Je n’avais aucune raison de refuser. Je suppose que Dario avait ses raisons, alors j’avais hoché la tête en le suivant rapidement.

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